Disclaimer : Les personnages de Bleach ne sont pas à moi, ils sont à Tite Kubo.

Couple : Grimmjow Jaggerjack & Ichigo Kurosaki, Uryuu Ishida & Ichigo Kurosaki, Ulquiorra Shiffer & Ichigo Kurosaki.

Note : Cette histoire est totalement inventée. A ne pas prendre au sérieux.

Remerciement :

Merci à Angelyoru comme toujours. Je te l'ai dit. Les choses ne sont jamais aussi simple alors tu vas encore grincer des dents.

Merci à Trolocat pour ses avis particulièrement détaillés et constructifs. Nous tu ne poste pas une review un peu tard, après tout cette fiction n'est clairement pas finit. Il reste encore pas mal de chapitre alors tu auras encore pas mal de temps. J'espère que ce chapitre te plaira aussi.


Chapitre 24 : Le diable dans les veines

Je croise le regard de Shuuhei qui me sourit avec assurance après avoir prononcer cette phrase. Je le regarde comme si il m'avait proposé d'aller sur la lune. Ce qu'il me dit ressemble à un doux rêve. Mais un rêve qui semble inaccessible et pourtant si merveilleux. Un rêve qui serait tellement agréable à atteindre.

Je pourrais alors effacer cette partie de ma vie. Tout redeviendrait comme avant.

Encore une fois les larmes se mettent à rouler sur mes joues sans que je ne puisse les retenir. Je sens les tremblements reprendre possession de mon corps et je réalise seulement maintenant qu'ils s'étaient calmés. Mais soudainement un sanglot me serre la gorge. Pourquoi est-ce que je me sens si mal? Ce que disent Renji et Shuuhei me fait plaisir pourtant, j'en suis sûr. Alors pourquoi je n'arrive pas à retenir les pleures qui secouent mon corps sans que je n'ai la moindre idée de la raison? De plus en plus secoué par des sanglots, j'essaye sans succès de prendre des inspirations pour me calmer. Je n'ai l'impression que je ne fais que pleurer. Encore et encore.

À la place un frisson me parcourt et je me rends compte que j'ai soudainement froid. Pourtant là aussi je sens des vagues de chaleurs désagréables courir dans mes veines.

Je lève un regard suppliant vers le rouge et le brun qui sont face à moi et qui me regardent sans comprendre ce qu'il m'arrive. Je ne comprends pas plus qu'eux par ailleurs. Les larmes continuent de dévaler mes joues, toujours plus vite les unes que les autres. Une douleur insupportable me prend à la gorge. Elle me brûle, tout autant que mes poumons d'ailleurs. Je pose une main tremblante là où se situe mon cœur pour enserrer durement le tissu entre mes doigts crispés et tremblants. Mes ongles se plantent dans ma peau à travers mon vêtement que je déchire sans y prêter attention. Des gémissements pitoyables réussissent a franchir mes lèvres fermées et les sanglots secouent mon corps un peu plus violemment alors que je manque de m'étouffer après avoir essayer de me calmer avec une nouvelle inspiration.

"- Hé ! Ichigo ! Qu'est-ce qui t'arrive?"

J'entends à peine la voix pourtant paniquée qui me parle. Par contre je sens la pression contre mon épaule droite disparaître. Mon sang semble s'être regroupé à certains endroits stratégiques pour me faire souffrir un peu plus. Je le sens tambouriner à mes tempes. Tout comme je sens les veines dans mon cou se gonfler et se dégonfler à chaque pulsation de mon cœur. Quelle sensation désagréable. Mais pas autant que celle de mon cœur qui semble vouloir sortir de ma poitrine au point de pouvoir en voir les battements qui repoussent mon vêtement, mes mains et mon torse.

Une main se pose sur mon épaule et je sursaute. Mais une pointe de douleur me parcoure rapidement et je tends tout mon corps sans que je ne puisse remonter la tête pour voir qui c'est, crispant ma mâchoire, mon ventre et mes doigts. Lorsque la douleur me laisse un faible répit en diminuant quelque peu j'en profite pour remonter mes mains vers ma tête. Mais à nouveau la douleur me reprend, fulgurante, et je crispe mes doigts dans mes mèches flamboyantes. Je tire dessus sans vraiment m'en rendre compte. Je ne me fais pas mal, ou sinon comparé à la douleur qui parcoure mon corps celle de mes cheveux est insignifiante.

J'entends un bruit. Le son d'une voix : un cri faible mais présent et remplit de douleur caché sous un sanglot douloureux. Encore un autre. Je n'ai pas le courage de lever la tête pour voir de qui il peut venir. La douleur est trop grande. Je serre les dents. Un troisième cri de détresse retenti. Cette fois j'ouvre grand les yeux. Je viens de réaliser que c'est de moi que viennent ces bruits. Et je n'arrive pas à les retenir.

Je me penche alors en avant, refermant les yeux lorsque la douleur se fait encore plus forte. Est-ce possible de ressentir encore plus de douleur? Je sens quelque chose couler dans mon dos en même temps qu'une vague de chaleur répugnante parcoure mes veines. Mes doigts qui sont en contact avec mon crâne, alors que je tire toujours un peu plus fort sur mes cheveux, sont froids.

Soudain une douleur se fait sentir à mon épaule droite. En réalité j'ai mal sur toute la partie droite de mon corps. J'ouvre les yeux pour essayer de comprendre pourquoi. Je constate que je suis allongé par terre, les genoux repliés vers ma poitrine, la tête toujours entre mes mains. J'écarte une de mes jambes, la dépliant quelque peu pour essayer de me redresser mais je suis une nouvelle fois couper par une douleur lancinante et je retombe sur le sol du bateau en me tortillant. Alors c'est pour ça que j'ai mal. J'ai du tomber de la banquette.

Encore une fois ma mâchoire se crispe, mon ventre se contracte, et une envie omniprésente de vomir se fait de plus en plus impérieuse en moi. Je tente de la refouler mais peine perdue. Je m'étouffe presque alors que je n'ai pourtant rien à régurgiter. Je suis incapable de bouger plus. Le goût de bile se fait désagréable sur mon palet.

" Courage" font en cœur les deux voix dans ma tête. Et si la plus grave enchaîne avec un "c'est juste un mauvais moment à passer." La deuxième qui est habituellement emplie d'ironie, de moquerie, de cynisme est cette fois ferme mais douce quand elle me dit "t'es plus fort que ça, tiens bon."

"- Ichigo ! Crie une autre voix que j'entends à peine comme étouffée à travers plusieurs couches de coton alors que des bruits de ce que je crois être des pas se font de plus en plus proches."

Je sens une main secouer mon épaule droite. J'ouvre difficilement les yeux pour comprendre se qu'il se passe. Le rouge envahit mon regard. Je ne vois rien sauf ce rouge. Ma vision est floue et incroyablement sombre, ce qui ne me laisse la possibilité de ne voir que cette couleur. Ce rouge. Que m'arrive-t-il encore ? Pourquoi je vois du rouge ? Je referme les yeux pour ne plus le voir. Ce rouge qui me paralyse, ce rouge qui m'inquiète, ce rouge qui me rappel tant de choses désagréables. Comme pour me faire peur un peu plus, la douleur se fait plus grande encore. L'impression qu'on me plante des aiguilles dans le ventre s'empare de moi et je m'entends pousser un nouveau cri douloureux.

Cette fois je sens quelque chose dans mes cheveux. Mais ce n'est pas comme avant. Cette fois je ne me sens pas secouer, la main parcoure simplement mes cheveux. Elle écarte mes doigts pour me faire lâcher prise sur mes mèches orangées que je tire toujours fermement. L'opération est difficile, je ne veux pas lâcher et cette main elle, veut à tout prix me faire lâcher.

Pourtant quand elle y parvient, je sens des doigts continuer de fourrager dans mes cheveux. Ce ne sont plus les miens. Ce sont ceux de cette main. Je soupire sous le réconfort que m'apporte cette main. Cette main que je semble connaître. Je sens alors qu'on me redresse et je me retrouve contre un corps chaud et accueillant. Je me blotti un peu plus contre cette protection même si la douleur ne diminue en rien. J'ai déjà bien trop chaud mais je m'en moque. C'est si agréable. Si confortable.

Mais malgré cette impression de chaleur étouffante et réconfortante tout à la fois, le froid semble s'insinuer en moi de plus belle et la chaleur insupportable parcoure mes veines avec plus de vigueur comme un feu liquide telle de la lave coulant sous une couche d'épaisse glace.

Un nouveau gémissement douloureux franchit mes lèvres. Il est bien moins fort que les autres, étouffé par la douleur qui semble me prendre mon énergie. Je me sens si fatigué. Et le martèlement assourdissant à mes tempes me fait tourner la tête.

Une chose froide se pose contre ma bouche et je sens un liquide couler entre mes lèvres, chassant le goût désagréable qui avait élu domicile sur ma langue et mon palet. Puis une deuxième main passe sur ma joue en une caresse apaisante tandis que la première est devenue immobile à l'arrière de ma tête. Les doigts glissent jusqu'à mes lèvres qu'ils écartent doucement. Le touché disparaît pour revenir une seconde plus tard. Deux doigts franchissent la barrière de ma bouche pour venir dépose quelque chose sur ma langue. Je reconnais immédiatement la forme. Une pilule. Une soudaine envie me parcoure. J'avale le cachet sans attendre et une nouvelle fois une fois je sens une chose froide contre mes lèvres avant de sentir un liquide emplir ma bouche. J'avale sans vraiment y faire attention.

Puis je me sens serrer et bercer contre le corps qui me maintient fermement. Les minutes défilent lentement. La chaleur de mon corps semble se stabiliser et le froid s'efface pour laisser place à une température agréable. La douleur s'estompe peu à peu pour être remplacée par une fatigue lourde. Je parviens malgré tout à ouvrir les yeux et je constate que ma vision qui s'était dégradée est revenue. Je distingue alors Kensei entre mes paupières à demi-closes. Elles me paraissent si lourdes.

Alors c'est lui qui me serre si fort ? C'est lui qui me réconforte. C'est lui qui m'a sauvé de ce mal qui me rongeait? Je vois un sourire qui se veut rassurant étirer ses lèvres quand il remarque que j'ai ouvert les yeux et semble m'être calmé.

"- Kensei, dis-je dans un souffle difficilement audible mais plein de reconnaissance."

Pour toute réponse je le sens me serrer un peu plus contre lui. Je ferme alors les yeux lentement, savourant cette chaleur protectrice qui m'enveloppe dégagée par le corps imposant de l'homme aux cheveux argentés.

Puis je me sens être soulevé et je comprends qu'il me déplace. Je ne sais pas combien de temps ça dure mais je finis par être posé sur quelque chose de moelleux et doux. Je sens qu'on bouge autour de moi et qu'on me fait bouger. Mes chaussures me sont retirées avant que quelque chose d'agréable mais de légèrement froid soit posé sur mon corps. Je réalise qu'il s'agit d'une couverture quand une douce chaleur réchauffe ma peau petit à petit.

La drogue se dissipe lentement dans mon organisme, détendant chacun de mes muscles et plaçant un voile sur mes pensées. Avant de sombrer, ma dernière pensée est pour le soleil qui caresse ma peau avec douceur. Je finis par disparaître dans le pays des rêves sans parvenir à lutter tandis que les bruits de pas étouffés de l'argenté et la porte qui se referme me parviennent de plus en plus faiblement.

Lorsque j'émerge, une douce chaleur se propage sur ma peau. Je suis dans quelque chose de doux et moelleux. Je me rends vite compte que je suis allongé dans un lit dont le matelas doit certainement être fait en nuage tant c'est agréable.

Je papillonne des yeux quelques instants avant de les ouvrir finalement. La pièce dans laquelle je me trouve est spacieuse et bien éclairée. Les très larges fenêtres sur le mur à ma droite laissent entrer de très larges puits de fenêtre. Une pureté apaisante s'en dégage facilement pour venir reposer sur chaque partie de mon corps. Je soupire de plaisir en profitant encore un instant de ce bien être si simplement créé.

Un cliquetis me sort de mes pensées et mon attention se tourne vers la porte en même temps que mon regard. J'y découvre Kensei, dans un pantalon de costume bleu marine et une chemise grise dont les manches sont retroussées sur ses bras. Il tient entre ses mains un plateau remplit de victuailles plus délicieuses les unes que les autres. Après avoir refermé la porte, il s'approche à pas lents et mesurés pour venir s'asseoir sur l'immense lit tout en déposant son paquet sur mes genoux. Sa voix brise alors le silence de la pièce dans une douce parole calme.

"- Bonjour, bien dormi?"

Je hoche la tête pour lui répondre alors que je regarde le plateau devant moi sans trop savoir si je peux y toucher. Après tout Maître Schiffer me faisait ça des fois, me mettre de la nourriture sous le nez et m'empêcher d'y toucher.

"- Mangez si vous avez faim. Tout est pour vous et il y en a encore plein. Hisagi, Abarai et les autres sont allés les acheter pour vous, et la jeune dame Hinamori."

Pourtant je ne touche pas à la nourriture pour autant. Peu importe combien mon ventre m'intime silencieusement de manger.

"- Vous n'avez pas faim ?"

Je hoche la tête dans un "si" silencieux mais une fois de plus je ne touche pas à la nourriture. A la place je reste bien droit assis sans bouger. J'entends le plus âgé finir par soupirer et la seconde suivante sa main passe dans mes cheveux.

"- Vous n'êtes plus avec Monsieur Schiffer. Ici personne ne vous punira parce que vous avez manger ce que l'on vous donne. Vous n'avez rien à craindre. Et pour vous le prouvez je reste là pendant que vous mangez et vous resterez avec moi après. Vous avez confiance en moi n'est-ce pas ? Me demande-t-il et je fixe mon regard dans le sien avant de hoche la tête. Alors je vous protégerez comme je l'ai toujours fait."

Rassuré, je pioche dans le plateau face à moi pour guider un petit pain encore chaud à mes lèvres. L'odeur est alléchante à tel point qu'elle fait gronder mon estomac. J'apprécie le moelleux quelques minutes avant de me stopper brutalement et de parcourir la pièce du regard.

"- Un problème ?"

J'hésite quelques secondes avant de reposer mon regard sur lui.

"- Hinamori ?

- Elle va bien, rassurez-vous. Elle doit être avec les autres actuellement."

Je reprends la dégustation de mon petit pain en hochant la tête. Le silence reprend ses droits dans la pièce, seulement coupé par le bruit du portable de Kensei qui se met à sonner quelques secondes avant que ce dernier ne raccroche sans même avoir répondu.

"- Dans le salon, il y a beaucoup de personnes que vous avez déjà rencontré."

J'écarquille les yeux de surprise à cette nouvelle. Beaucoup de gens? Mais... Comme si il comprenait mes tourments, Kensei répond à ma question muette d'une voix toujours parfaitement calme et des plus rassurantes.

"- Ils sont là pour vous. Inutile de vous dissimuler la vérité. Le boss les a envoyé dans le but de vous protéger, mais aussi de vous aider à aller mieux. Vous n'avez pas à avoir peur d'eux."

Je fronce faiblement les sourcils en réfléchissant. Le boss, ce n'est pas la première fois que j'en entends parler. Et j'ai même déjà entendu son nom.

"- Grimm... jow.., souffle-je inconsciemment, plongé dans mes pensées.

- Vous vous rappelez de Monsieur Grimmjow Jaggerjack n'est-ce pas?"

Encore une fois je hoche la tête tout en fixant une part de fraisier de la taille d'un pouce qui me tente terriblement. N'y tenant plus je finis par la prendre entre mes doigts pour la porter à mes lèvres, aspirant un fruit rouge que je savoure lentement. Puis à nouveau je ramène mon attention sur l'argenté.

"- Je lui ai fait une promesse. Celle de tenir jusqu'à qu'il revienne, finis-je d'une voix proche du chuchotement alors que je fronce les sourcils plus durement tandis que je fais marcher au mieux ma mémoire qui me revient difficilement et par brides.

- C'est une bonne chose. En attendant que les choses se calment, et qu'il règle les problèmes, il nous a demandé à tous de vous protéger. Finissez de manger et ensuite habillez vous, nous rejoindrons les autres juste après."

Aussitôt je m'exécute et déguste les petites sucreries. Puis je sors des draps chauds et confortables pour m'habiller. La tenue que je découvre placée à ma disposition n'a plus rien à voir avec celle que je portais jusqu'à maintenant. Cette fois il s'agit d'un jean simple bleu pale, d'un t-shirt blanc et bleu très pale façon brouillard. Alors que j'enfile le tout, je découvre un petit pull gris en laine moelleuse. Il possède une capuche et une grand poche centrale sur le ventre. Je le passe sur mon corps, m'observant dans la glace face à moi. Et pour la première fois j'ai l'impression de ne pas être qu'un simple animal de compagnie.

Lorsque je me retourne, Kensei m'attend près de la porte par laquelle il est entré. Je le rejoins alors qu'il approuve ma tenue d'un regard neutre et d'un hochement de tête. Nous sortons ensuite de la seule pièce que je connaisse et nous passons dans un couloir étroit fait tout de bois du sol au plafond avec pour seule lumière une applique murale faiblarde. Ce couloir me parait interminable tant il est long. Mais nous parvenons tout de même à une porte que Kensei pousse dans un grincement plaintif des gonds.

La lumière vive d'une pièce tout aussi lumineuse que la chambre dans laquelle j'étais agresse mes yeux qui s'étaient habitués à la semi-pénombre du couloir. Il me faut quelques secondes pour que mon regard se fasse à cette nouvelle lumière. Devant moi des personnes se dessinent une à une dans une pièce aux tons bleu-gris, taupe et beige. Des visages familiers, certains dont je me rappelle et d'autres que j'ai oublié. Je retrouve Renji et Hisagi. Une jeune fille aux cheveux blond-verts écoute de la musique avec un casque pendant qu'un homme aux longs cheveux blonds dort sur ses genoux tout deux installés sur un grand canapé en cuir blanc mit au centre de la pièce.

Derrière le meuble légèrement sur la droite se trouve un piano noir brillant. J'y trouve Hinamori en train de jouer avec un air serein. Harribel est appuyée sur le mur à sa droite et me fixe de son regard vert. Sur la gauche, dans un fauteuil œuf blanc casé dans un coin de la pièce, une jeune fille brune bien plus petite que les autres est occupée à coudre un lapin visiblement pour la seule enfant de la pièce. La petite en question gambade un peu partout autour des adultes en rigolant, donnant une tape à un deuxième homme en train de dormir sur un deuxième canapé identique au premier. Il est grand, fin et à des cheveux châtains ondulés qui lui arrivent au niveau des épaules.

Je regarde la scène une seconde mais elle semble se figer quand la musique du piano s'arrête. Tout les regards se fixent sur moi et je déglutis péniblement en reculant. Mais je n'ai pas le temps d'essayer de me soustraire à la vue d'avantage que j'entends quelqu'un courir. L'instant d'après un petit corps percute le mien et de grands yeux chocolats me fixent avec une bouille soulagée.

Je croise le regard de Hinamori qui vient cacher son visage dans mon torse. Entre mes mains son corps commence a trembler doucement et je la sens sangloter. Alors naturellement je l'entoure de mes bras comme je l'ai fait de nombreuses fois par le passé quand elle était punie par Maître Schiffer. Ma main va libérer ses cheveux qui sont retenue en un chignon et je glisse mes doigts dans les mèches chocolats foncés qui glissent jusqu'à ses épaules.

"- Tu es là, me parvient sa petite voix dans un murmure si bas et tremblant que je dois tendre l'oreille pour la comprendre.

- Oui, je te l'ai dit: je ne te laisserai pas, Momo."

Elle relève la tête et son regard croise le mien. Des pouces j'essuie les perles d'eaux qui sont apparues à ses yeux et je la vois m'étirer un sourire.

"- Nous sommes libres Ichigo."

Son affirmation me surprend autant qu'elle me tend. Mon corps entier se crispe tandis que j'avale difficilement ma salive. Dans les orbes chocolats face à moi, je cherche une trace de mensonge. Mais je ne vois qu'un soulagement profond. Pourtant je ne peux empêcher mon regard de glisser vers le cou fin de la jeune femme où je vois sans surprise que le collier est toujours là. Alors je secoue la tête négativement.

"- Non Momo, pas encore."

Elle fronce les sourcils à ses mots et je vois déjà la souffrance revenir dans son regard.

"- Nous sommes toujours ses animaux. Nous lui appartenons toujours, dis-je en touchant le collier qu'elle porte autour du cou, réplique identique du mien. Nous ne sommes pas libres, pas en étant encore sous son emprise. Tu le sais n'est-ce pas?"

Elle baisse la tête en se mordant la lèvre avant d'acquiescer silencieusement. Ses petites mains qui se sont cramponnées à mon pull, tremblant toujours, et la sueur qui entreprend déjà de coller les mèches libres de ses cheveux à son visage ne font que donner une confirmation à mes paroles. Je relève la tête pour poser mon regard dans celui de Kensei. La salle autour de nous est entièrement silencieuse.

L'argenté soupire avant de passer une main dans la poche de son pantalon pour en sortir un sachet contenant plusieurs comprimés blancs. Il en tire trois qu'il prend dans une main avant d'en prendre quatre autres. Puis tandis qu'il range le sachet il s'approche de nous et nous tend une main à chacun.

Les larmes dévalent les joues du petit brin de femme toujours contre moi tandis qu'elle fixe un regard, mélange de contradictions, sur la main de l'argenté. Je sais exactement ce qu'elle éprouve à cet instant : envie, besoin, joie, malaise, haine, dégoût. Tant de choses créées par ces seules comprimés au creux de la paume de Kensei.

"- Momo. Prends les. Ne fais pas comme moi hier. Nous en avons besoin, lui dis-je avec douceur. Pourtant elle ne bouge pas d'avantage. A la place elle se mord la lèvre à sang avant de détourner la tête. Je soupire silencieusement avant d'aller chercher son menton d'une main douce mais ferme pour ramener son regard au mien. Je sais ce que tu pense. Je pense la même chose. Je me dégoutte tout autant. Mais laisse moi te dire à mon tour les mots que tu m'as déjà dit, même si je sais que comme pour moi ça ne t'empêchera pas de le penser : tu n'es pas un monstre Momo. Ce n'est pas de ta faute. Il le fallait. Maître Schiffer nous l'a apprit. Nous l'a montré. Il a fait en sorte que nous en aillons besoin pour survivre. Il a fait de nous des monstres. Des animaux ne répondant qu'à ses ordres et à la drogue."

Elle détourne une nouvelle fois les yeux des miens avant d'essayer de se dégager soudainement violente. Je la retiens contre moi et nous glissons au sol. Elle frappe mon torse en se mettant à hurler. Je la laisse faire en serrant les dents. Elle n'a pas beaucoup de force mais je ne suis pas assez fort actuellement pour pouvoir tout encaisser sans mal.

Il lui faut plusieurs minutes pour que la crise de colère passe et qu'elle ne retombe contre moi comme une poupée de chiffon. Les mouvements brusques et les cris sont remplacés par des sanglots et des pleures. Je passe ma main dans son dos dans un mouvement lent et rassurant.

"- Momo, il faut que tu prennes les comprimés. Tu le sais. Tu sais pourquoi tu es comme ça. Ils calmeront ta douleur, continue-je. Pourtant elle se relève et me fusille du regard et j'échappe un rire sans joie. Ne me regarde pas comme ça. Tu sais très bien que je sais ce que c'est. Tu m'as déjà ramassée dans un état pire que ça."

Son regard se fait plus doux à mes mots et elle se redresse sur les genoux avant de tendre une main vers moi pour venir la poser contre ma joue.

"- Prends les Momo, et je prendrai les miens. On s'est promis de veiller l'un sur l'autre non?"

J'use clairement des cordes sensibles, faisant appel au chantage. Mais ça semble marcher vu qu'elle ferme les yeux dans un soupire de résignation avant de rouvrir ses paupières et de poser son regard sur Kensei. Ce dernier s'accroupit près de nous et lui tend la main contenant trois comprimés. Elle les prend et les porte à sa bouche avant de tendre la main pour récupérer les miens. Il recule sa main pour mettre les petites doses de drogues hors d'atteinte. Le regard de l'argenté croise le mien et je lui fais signe de les lui donner avant de reporter mon attention sur Hinamori. La jeune femme les prend et les guide alors un par un à mes lèvres. Je me laisse faire et les avale docilement sans jamais lâcher son regard. Elle se coule alors à nouveau contre moi et ses petits bras viennent entourer mon corps tandis que son visage s'enfoncer dans mon torse.

Je nous supporte tout les deux quelques minutes mais quand la drogue commence à se faire vraiment sentir dans mon corps mes bras faiblissent. Je manque de basculer en arrière, entraînant la petite brune avec moi, mais Kensei me retient par le bras. Harribel s'approche de moi et vient soulever Hinamori tandis que je me laisse porter par Kensei.

"- Stark, dégage de là."

Sa voix claque dans le silence de la pièce et le châtain se lève en grommelant. Dans les bras de la blonde Hinamori commence à se débattre d'abord mollement. Elle tend la main vers moi et je fronce les sourcils de douleur. Kensei me guide jusqu'au canapé où il m'allonge. Non loin la petite brune se débat plus fortement et ses cris commencent à s'élever de nouveau dans la pièce tandis qu'elle tend ses deux bras vers moi. J'ouvre un bras dans une invitation envers elle.

"- Ok, ok je te pose, lâche Harribel alors que Hinamori se débat de plus en plus violemment. Doucement. "

Cette dernier chute au sol dans un geignement de douleur. Mais elle ne s'en préoccupe pas. A la place elle se traîne vers moi jusqu'à parvenir au niveau du canapé. J'entoure un bras autour de son corps à la façon d'un serpent et l'aide à grimper sur le canapé. Une fois qu'elle y est elle se love une nouvelle fois contre moi et ferme les yeux dans un soupire de bien être. Immédiatement je la sens se détendre. Tandis que je ferme les yeux à mon tour en passant ma main dans ses cheveux d'un geste absent j'entends la voix de Kensei non loin de moi.

"- Bon sang.

- On ne va pas pouvoir les séparer comme on le voulait, fait la voix de Harribel.

- Nan y'a pas moyen.

- Ils sont dépendant l'un de l'autre tout autant que de la drogue en fait, intervient la voix de ce que je crois être Renji.

- Ils sont dans un sale état en tout cas, fait à son tour la voix de Shuuhei."

J'ouvre un œil dans un grognement et le pose sur les personnes dans la pièce une à une.

"- Désolé pour ça.

- Ne vous excusez pas Kurosaki, me dit Kensei en fronçant les sourcils.

- Vous n'y êtes pour rien, vous n'êtes que des victimes, intervient à son tour la petite brune au lapin.

- Et c'est tout les combien la prise de drogue Kensei, demande la femme au casque de musique.

- Toutes les deux heures au plus tard si on veut éviter le manque trop douloureux. Quatre pour Kurosaki, trois pour Hinamori.

- Ouch, à ce rythme on en aura clairement pas assez."

Cette dernière remarque, lancé par l'homme qui dormait sur les genoux de la jeune femme aux écouteurs, me fait grimacer. Contre moi Hinamori semble s'être endormie, mais je sais que ce n'est pas le cas. Je connais trop bien les effets de la drogue. Elle est simplement déconnectée de tout.

"- Je vais prévenir le boss, déclare Renji en quittant la pièce, le portable déjà à la main.

- Ok ! Rose, Mashiro, vous allez aller chercher d'autres sachets.

- Compris, font le blond et la femme aux cheveux vert en cœur avant de quitter la pièce.

- Rukia et Hisagi, vous allez aller chercher des vêtements pour eux. Je vous fais confiance pour leur trouver des trucs bien.

- Roger, fait la petite brune en s'approchant de Hinamori et moi avant de nous tendre sa peluche lapin, vous pouvez prendre soin de Chappy pour moi?"

Hinamori ouvre un œil et prend la peluche pour la ramener contre elle tandis que je hoche la tête. La dénommée Rukia nous sourit avant de partir à son tour, puis c'est Hisagi qui s'approche de nous. Il prend une couverture sur un fauteuil au passage et l'étale sur Hinamori avant de se pencher au dessus de moi et de me fixer droit dans les yeux.

"- Hé. T'as pas intérêt à lâcher ok ? On a un jeu à terminer toi et moi et des crêpes à manger, me dit-il en passant sa main dans mes cheveux."

Je ferme les yeux et soupire de bien être sous le geste. J'ai la sensation que ce n'est pas la première fois qu'il le fait. Lorsque sa main disparaît je rouvre les yeux et fixe mon regard au sien de nouveau.

"- Hisagi, fais-je dans une voix laborieuse.

- Shuuhei. Juste Shuuhei, comme avant Ichi'. Toi et moi on avait dépassé la simple appellation par le nom de famille, termine-t-il en se penchant sur moi pour déposer un baiser sur mon front."

Quand il s'écarte je l'observe partir. La sensation d'être proche de cet homme se fait plus grande en moi et je me retrouve à me sentir triste - je crois, tout du moins se qui s'en apparente le plus - quand il disparaît à son tour derrière la porte.

Je reporte mon attention sur les quatre dernières personnes dans la pièce. L'homme qui dormait à ma place un peu plus tôt est suivit par l'enfant tandis qu'il s'approche de Kensei et Harribel.

"- J'vais aller faire un truc à manger. Vous voulez quoi ?

- Des pâtes, s'exclame la petite sans laisser aux adultes le temps de répondre.

- Okey, mais arrête de brailler, fait le châtain en baillant alors qu'ils quittent aussi la pièce tout les deux."

Je ferme les yeux dans un soupire. La drogue me donne l'impression d'être allongé dans un nuage chauffant. J'ai du mal à nettement discerner chaque chose qui est en contact avec mon corps.

Je rouvre les yeux en entendant des murmures et je découvre Kensei et Harribel très proche l'un de l'autre. Ils parlent tout bas et je ne parviens pas à entendre ce qu'ils se disent. Je sais juste que ça a de près ou de loin un rapport avec moi quand Harribel me désigne d'un regard avant de reporter son attention sur l'argenté.

Pourtant la jeune femme finit par s'écarter et se dirige vers la porte. Mais elle est retenue par la main de Kensei sur son poignet alors que son murmure, plus fort que les précédents, me parvient.

"- Tia..."

La voix de l'argenté et grave, basse, rauque et suppliante. Ils échangent un long regard sans un seul autre mot avant qu'il ne la relâche et la jeune femme quitte la pièce sans attendre. Je vois alors l'argenté s'approcher d'un fauteuil blanc pour s'affaler dedans après avoir tiré son arme à feu que je n'avais pas vue jusque là de son dos et l'avoir posée sur la table basse. Il passe ses larges mains le long de son visage en soupirant avant d'en glisser une dans ses cheveux tandis que son regard se perd par la fenêtre.

Je ferme les yeux sur l'expression de douleur et de contrariété qui est affichée sur le visage de celui qui nous protège, qui me protège, depuis plusieurs semaines. Il ne me faut que quelques secondes de silence, enveloppé par la chaleur du corps de Hinamori sur le mien, pour sombrer dans la semi-conscience que m'offre la drogue.


C'était le chapitre 24. J'espère qu'il vous aura plus comme les autres.

A bientôt pour la suite.

Enjoy.