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Les personnages et l'histoire ne sont pas ma propriété.


Chapitre 25

Lorsque Kyoko ouvrit les yeux, elle entendit vaguement quelques bruits derrière elle. Son corps refusait paresseusement de lui répondre, épousant docilement le contour soyeux des draps, comme une seconde peau, lourd de sommeil et de chaleur. Elle n'avait aucune idée de l'heure ou de la journée, elle n'avait conscience que de son estomac qui se plaignait silencieusement et de cette présence qui manquait près d'elle. Elle entendit quelques murmures derrière elle et le son de la porte qui se referme. Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour apercevoir Ren, vêtu d'un simple pantalon, ramener un plateau bien garnit du couloir. Il était extraordinairement beau. Son corps était à la fois fin et puissant, les épaules larges, la peau ferme sur les muscles bien définis. Elle se remémorait toute la force et la douceur de ce corps qui l'avait enveloppé quelques instants plus tôt. Chacun de ses traits reflétaient un charisme et une sensualité troublante, et leur nouveau lien semblait décupler cet effet sur elle. En l'apercevant bouger, il eu un sourire tendre.

- J'ai pensé que tu ne voudrais pas sauter un autre repas alors j'ai prit l'initiative de commander quelque chose.

Kyoko sursauta en ramenant les draps vers elle.

- Mais quelle heure est-il? C'est vrai qu'il doit être passé midi… Oh j'ai… je suis désolée!

- Nous faisons l'expérience de l'expression « vivre d'amour et d'eau fraiche », la rassura-t-il en la rejoignant pour l'embrasser, mais je me doutais que ton conscience allait vite refaire surface. Et puis d'ailleurs… tu dois avoir besoin de reprendre des forces…

Le visage de la jeune fille s'enflamma à l'insinuation susurré à son oreille et Ren rit de sa réaction. Elle bégayait pour trouver une réponse qui sorte de ce contexte mais il lui avait définitivement embrouillé l'esprit. Depuis le départ de Shô et du président, ils avaient passé toute l'après-midi au lit à se livrer des secrets, à se confesser, à s'aimer, à se découvrir. Kyoko s'était laissé entraîné sur un chemin qui lui était totalement inconnu, complètement ensorcelée, vivant cette nouvelle relation, à la fois, dans une complicité et une passion, qui l'avaient terrifié jusque là. Mais Ren la conduisait et lui enseignait tendrement, l'éveillant comme si elle n'avait vécu qu'à moitié. Elle ne voulait plus avoir peur d'être quitté, savoir qu'il lui était possible de se faire aimer d'un homme tel que Ren lui donnait la force de pouvoir tout affronter. Une incroyable force grandissait en elle, précieusement, avec tout l'éclat de l'amour.

Ren s'était levé un instant et avait ramené avec lui le mystérieux plateau. Outre un repas léger fournit par l'hôtel, une large boite reposait sur le dessus. Visiblement heureux de sa surprise, l'acteur la posa devant son amante avant de venir se placer derrière d'elle, pressé de retrouver le contact de sa peau.

- J'espère que tu as faim, murmura-t-il en la blottissant contre lui, les lèvres déjà perdues dans sur sa nuque.

Curieuse, et un peu intimidée par la grosseur de la boite, Kyoko hésita avant de l'ouvrir, trop consciente que les écarts monétaires de Caïn ne tombaient pas du ciel. Elle ouvrit prudemment le couvercle pour finalement y entrevoir une large sélection de plusieurs petites pâtisseries fines. Des babas au rhum, des petites charlottes, des mille-feuilles, des opéras, des paris brest, des éclairs, des tiramisus, des crèmes, des mousses, des fruits, la boite regorgeait d'un large assortiment de bouchées tentatrices crémeuses et sucrées. Abasourdie et émerveillée, Kyoko contemplait les desserts, sans oser les toucher.

- Ils viennent de cette boulangerie où je nous aie acheté des croissants un matin. J'ai cru comprendre que tu n'avais pas eu beaucoup l'occasion de goûter ce genre de chose, alors j'ai pensé que le moment s'y prêtait bien.

- Je… je… … Je ne pourrai jamais manger tout ça!

- Ne t'en fait pas, rit Ren en prenant un éclair. Je n'ai commandé que des petites portions pour goûter un peu de tout et puis, je ne suis pas particulièrement gourmand mais certaines de ses pâtisseries sont étonnement légères, ça se mange tout seul.

Il posa la petite pâte feuilletée sur le bout des lèvres rosées de la jeune fille, l'invitant à prendre une bouchée pendant qu'il la dévorait littéralement des yeux. Satisfait de l'effet de sa surprise, il admirait inlassablement cette expression de plaisir, cette lueur d'excitation et de reconnaissance qui ne brillait que dans ses prunelles ambrés. Elle prit une bouchée timide du dessert et ses yeux s'agrandirent de surprise devant la saveur mais aussi de découvrir la délicieuse crème cachée au centre. Hypnotisé, il l'observa pendant qu'elle utilisait son doigt pour glisser naïvement un peu de crème pâtissière de l'éclair jusqu'à ses lèvres. Il sentait déjà un puissant frisson le saisir en voyant sa langue nettoyer innocemment la crème au bout de son doigt pour ensuite revenir glisser sur ses lèvres, les humectant avec sensualité. Souhaitant la laisser profiter de sa surprise, il fit un effort incroyable pour plonger la tête dans son cou et s'empêcher de l'observer, convaincu que son regard devait trahir les désirs qu'elle éveillait en lui avec tellement de passion. Totalement inconsciente de l'effet qu'elle produisait, Kyoko butinait les pâtisseries comme une enfant émerveillée, posant plusieurs questions sur ce qu'elle goûtait, capturant chaque saveur en souvenir inoubliable.

- C'est tellement bon, Ren!, soufflait-elle sans remarquer les grincements étouffés de l'acteur pour qui cette simple phrase rajoutait un poids de plus à sa torture personnelle. Je n'avais jamais rien vu de tel…

- C'est de la cuisine française. Je suis étonné que mon père ne t'en ait pas fait découvrir lors de son séjour, il en raffole.

Résigné et déterminé à se calmer, Ren prit une bouchée d'un opéra pour se changer les idées et tomba sur l'expression figée de Kyoko qui ne comprenait visiblement pas ce qu'il venait de dire. Il y eu un moment de silence entre les deux amoureux, l'un cherchant la raison de cette stupeur et l'autre encore sous le choc de ce qu'elle pensait avoir comprit.

- Ne me dit pas que tu as cuisiné absolument tous les repas pendant qu'il était ici? Vous n'êtes même pas sortit dîner une seule fois?

Le visage de Kyoko lentement prenait des allures dramatiques, au fur et à mesure que l'idée se construisait dans sa tête, mais aucune son de sortait de sa bouche. Ren laissa tomber sa tête sur son épaule, découragé, et comprit son erreur.

- Kyoko… tu avais comprit que j'étais Corn… mais tu avais fait le lien entre Kuon et Corn, n'est-ce pas?

- Noooooooooooooooon! Tu… Alors… Non!

- Tu n'avais pas songé aux raisons pour lesquels j'avais changé de nom pour Ren?

- Non! Je … je croyais juste que… Corn n'était peut-être pas le nom le plus flatteur pour le domaine du divertissement…

- Ça, je te l'accorde, affirma-t-il en souriant. Non, en fait, c'est parce que mon père est Kuu Hizuri.

- Père!, s'écria la jeune fille, encore sous le choc, le visage encore dramatique, tentant désespérément de relier les informations dans sa tête.

- Vu les circonstances… je crois qu'il comprendra si tu l'appelles autrement tu sais…

- Oh! Oui! Pardon… Je n'avais pas réalisé… Et quand j'ai joué Kuon devant toi… Tu… Je suis désolée! J'ai…

- J'étais tout à fait sincèrement quand je disais que tu avais bien synchronisé tes sentiments avec ceux du jeune Kuon.

- C'est parce que j'avais basé mon personnage sur Corn…, marmonna-t-elle, en mode Mio. C'est de la triche…

- Absolument pas. Je n'ai jamais parlé de ma famille avec toi et encore moins de ma relation avec mon père, ni en tant que Corn, ni en tant que Ren. Ta compréhension de cette relation n'est dû qu'à toi seule et cette incroyable perception que tu as pour comprendre les gens. Sans mentionner ton talent d'actrice.

- Je suis sincèrement désolée, s'exclama-t-elle en rougissant violemment, tu as du être choqué de me voir interpréter ton propre rôle… devant ton propre père… Oh mon dieu je suis horrible!

- Absolument pas, la rassura-t-il en riant. D'ailleurs c'était son idée. J'étais vraiment étonné de voir que tu pouvais aussi bien me comprendre et je crois que mon père t'a été profondément reconnaissant de lui témoigner certaines pensées que je ne pouvais pas exprimer par moi-même. Je te suis également très reconnaissant d'avoir pu transmettre ce message pour moi, alors que j'en étais encore incapable.

Kyoko rougit et se calma au compliment, mais elle semblait encore pleine de questions qu'elle ne se sentait pas le droit de poser. Conciliant, Ren prit une pâtisserie pour la porter encore une fois jusqu'à sa petite bouche rose.

- Si nous continuons de manger, je pourrais te raconter toute l'histoire si tu veux.

Hochant vigoureusement la tête, Kyoko se fourra la pâtisserie dans la bouche et se positionna face à l'acteur, les yeux ronds et brillants de curiosité, trop enthousiasme à l'idée de retrouver les deux personnages qui lui inspiraient le plus d'admiration dans la même histoire.
Ren s'était retourné les évènements milles fois dans sa tête, et c'était toujours difficile pour lui de repenser à son départ, mais l'expression de Kyoko était d'un tel intérêt qu'il se prit même plaisir à lui raconter. Les zones d'ombre passaient rapidement et il se surprenait à détailler les souvenirs heureux, désireux d'attiser cette petite étincelle de fierté qu'il percevait dans son regard. Il avait de l'estime pour le personnage de Tsuruga Ren qu'il avait créé mais, il commençait à prendre conscience de l'ensemble prodigieusement complexe. La part d'ombre qu'il avait toujours considéré comme étant la base de son existence n'était en fait qu'un fragment et non la source. Quand il eu finit son récit, les pâtisseries avaient presque toutes disparus et Kyoko le regardait fixement, un oreiller blottit contre son ventre, enveloppée dans les draps du lit.

- Et… si tu m'as tout raconté, à moi, c'est parce que tu te sens près à redevenir Kuon?

- Je ne sais pas… je sais seulement que j'étais près à te le dire à toi.

Se sentant soudainement caline, elle vint se blottir contre lui, prenant toute la conscience du poids de cette confession pour lui.

- Tu es réellement la personne la plus forte que je connaisse.

Ren posa un baiser dans ses cheveux en se disant qu'il pensait la même chose à son propos.

- Tu parles beaucoup de Ren et de Kuon comme deux entités profondément à part. Êtes-vous vraiment si différents?

- Sur beaucoup d'aspect, oui. Même leur façon de s'exprimer est différente, leur vision du monde, leur tempérament. Parfois, je dois réfréner certaines réactions qui ne correspondent pas au caractère de Ren.

- C'est troublant… ça me donne l'impression qu'en fait, je ne te connais pas…

- Ren et Kuon sont peut-être différents, mais ils pensent tous les deux à la même chose. Ce qui se passe à l'intérieur de moi est vrai, Ren n'est qu'un filtre du caractère de Kuon. Mais je peux t'assurer que je ne serai pas différent de celui que tu connais, si je redeviens Kuon. Les deux t'aiment profondément, à leur façon.

- Que veux-tu dire?

- Hé bien… disons que Kuon n'a pas la même retenu que Ren, l'amour qu'il a pour toi est beaucoup moins … sage, avoua-t-il avec une expression qu'elle lui reconnaissait bien.

- Alors quand tu fais ses yeux…, s'écria-t-elle en bégaya, intimidé par l'intensité du regard posé sur elle.

- C'est que Kuon n'est pas loin.

Désireuse d'échapper au regard tentateur, elle revint se blottir contre lui, dissimulant son visage contre son torse. Elle se souvenait très bien de cette présence qu'elle avait surprise parfois chez lui, ne reconnaissant ni l'acteur ni le personnage et elle fut à la fois surprise et flattée de savoir qu'elle pouvait ainsi réveiller sa vrai personnalité.

- Que va-t-il se passer à présent? Je veux dire… après le tournage.

- Tu veux dire à propos de mon identité ou à propos de nous deux?

Kyoko se détacha de lui en rougissant. Elle avait posé la question à propos de son identité, se demandant si sa confession était pour lui un pas en avant, mais il était vrai qu'elle n'avait aucune idée de ce que pouvait signifier cette relation pour lui, autant présentement que de retour au travail ou même dans le futur. Elle ne l'avait jamais vu en relation avec quelqu'un d'autre que professionnellement et vu sa position et la sienne, sans oublier le milieu dans lequel ils évoluaient…
Ren prit un moment avant de répondre, trop curieux d'observer la jeune fille tourner trop de questions dans sa tête, montant déjà un scénario immense et tout à fait inutile. Il l'attira de nouveau à lui pour que le tourbillon s'arrête.
Il est vrai qu'il n'avait jamais osé penser à un tel développement entre eux, qu'il ne s'était pas réellement posé les questions d'usage mais… en fait, ça n'avait aucune espèce d'importance…

- En ce qui concerne mon identité, aujourd'hui était une grande étape pour moi. Le président et moi risquons très certainement d'en discuter bientôt pour décider de la suite des évènements En ce qui nous concerne…, continua-t-il en prenant une voix plus douce, tu me rends tellement heureux que j'en aie oublié tout le reste… Je sais que tu n'as pas eu l'occasion de vivre de vrai relation depuis Shô et je veux que tu te sentes à l'aise à chaque étape, c'est pourquoi il est très important qu'à partir de maintenant, nous puissions absolument tout nous dire, d'accord?

Dissimulant son visage derrière les bras de Ren, Kyoko hocha doucement la tête, trop heureuse de comprendre qu'ils allaient vraiment entrer dans une relation à partir d'aujourd'hui, ou après le tournage.

- Quelles sont les questions auxquelles tu penses?, questionna Ren, souhaitant la pousser à révéler ses pensées et ses inquiétudes.

- Alors… nous sommes… ensembles?, demanda-t-elle après un moment d'hésitation, la voix à peine audible.

- Oui, confirma-t-il tendrement contre son oreille.

- Est-ce que… je pourrai en parler à Moko-san?

- Tu pourras en parler à qui tu voudras.

- Il ne faudra pas garder la relation secrète? Pour ta carrière…

- Tous les acteurs ont une vie privée. Certains font le choix de la sacrifier pour s'assurer une meilleure popularité mais c'est un choix qui peut être risqué. En ce qui concerne ma carrière, je n'ai aucune réserve à officialiser une relation mais tu peux prendre le temps d'y penser ou d'en discuter avec le président. Dans les deux cas, il y aura des difficultés.

- Comme quoi?

- Si nous officialisons, les médias vont s'emparer de l'affaire et il faudra affronter le bons comme les mauvais commentaires, il en aura, crois-moi. Mais si nous décidons de dissimuler cette relation, il faudra constamment être caché et feindre la distance. Dans tous les cas, c'est pour toi que le changement sera majeur, le président pourra te donner de bons conseils.

- Mais… toi, qu'est-ce que tu préférerais?

- Je préférerais ne pas avoir à me cacher, pouvoir chercher à te voir quand j'en aurais envie, sans me justifier, mais je ne voudrais rien faire qui puisse te nuire.

- Jamais tu ne pourrais me nuire, voyons! Au contraire, les gens croiront que c'est moi qui profite de toi et…

- Et ton image en sera terni, d'où le fait que je pourrais te nuire.

Kyoko fit la moue, comprenant qu'elle ne gagnerait pas sur ce terrain. Songeuse, elle prit une des dernières pâtisseries pendant que Ren lui demandait si elle avait d'autres questions. Elle réfléchit à la question, lécha distraitement la crème onctueuse d'un paris brest et répondu que non. Elle s'apprêtait à lécher une nouvelle fois la garniture riche de la pâtisserie quand Ren lui saisit le poignet pour attirer la gourmandise vers lui. Surprise, elle se sentit vibrer devant le regard brûlant de désir qu'il posait sur elle. L'atmosphère de toute la pièce avait subitement changé et elle prenait tout à coup conscience qu'elle était encore nue sous les draps et que sa seule façon de la regarder réveillait de délicieux frissons dans tout son corps. Maintenant toujours fermement le poignet près de lui, il passa la langue sur la crème sans la quitter des yeux et se pencha très près de son visage, lui enlevant en même temps la pâtisserie des mains.

- Il va vraiment falloir que tu prennes conscience des gestes que tu poses, Kyoko…

Elle restait muette sous la voix rauque qui se glissait lentement dans son cou, laissant palpiter son cœur pendant qu'elle sentait son souffle la caresser avec envie.

- Lorsque nous serons en public, il faudra être plus prudent… tu ne te rends absolument pas compte de l'effet que tu as sur moi…

Il avait remonté son visage jusqu'au sien pour aller cueillir ses lèvres avec un gémissement retenu en même temps que ses mains s'étaient emparé sa taille. Il l'embrassa d'abord avec un peu de retenu mais elle se sentait répondre de plus en plus avidement aux caresses outrageuses de ses lèvres. Il quitta un instant sa bouche pour parcourir sa gorge, puis descendre lentement pour embrasser fiévreusement sa poitrine en lui arrachant les bruits tellement désirés pendant qu'il sentait ses doigts s'agripper à lui.

- Kuon…

Comme transpercé, il releva la tête pour la regarder, remontant subitement son visage vers le sien, ses mains la maintenant fortement contre lui. Elle le sentait presque trembler pendant qu'il détaillait son visage et qu'il la supplia faiblement, d'une voix rauque, la tête plongeant vers son épaule.

- Encore…

Kyoko sentait tout le trouble de son amant, cette fièvre qui l'avait prit d'assaut, reconnaissant cette passion qui menaçait de l'engloutir avec émoi. Elle glissa ses lèvres presque contre la peau de son cou, submergée par la pression sensuelle de ses mains sur son dos et ses cuisses, elle répondit à son supplice d'une voix qui trahissait son propre désir, presque en un gémissement, appelant lui aussi à cette soif qu'elle avait de lui.

- Kuon…

Les syllabes glissèrent à peine sur ces lèvres qu'elles explosèrent dans son cœur pendant qu'il reprenait possession de ses lèvres avec une avidité insatiable.

- Tu me rends complètement fou, Kyoko!