Hey !
Je vous avais dit que je publierai aussitôt mes partiels terminés, mon dernier était vendredi dernier. Alors ? Promesse tenue ?
Je vous ai scotchés je crois la dernière fois. Pour certains de nombreuses questions se sont posées d'ordre technique. J'en donne une explication dans ce nouveau chapitre, peut-être que certains vont la trouver bancale, mais bon ça reste une fiction hein...
Je dois avouer que j'ai pris encore du plaisir à écrire ce chapitre. J'aime bien créer des nœuds aux cerveaux de mes personnages, ce n'est pas ma faute. Je rappelle que nous arrivons à la fin de la fiction point de vue intrigue, alors profitez bien.
Bon, je vous laisse. Bonne lecture et soyez indulgents, j'ai encore la fatigue de mes examens ! (oui, ils ont beau dos...) A très bientôt !
Lau
Chapitre 25. Si seulement
Je me rappelle encore le jour où c'est arrivé. Je revenais en week-end à Forks. David m'y avait précédé. J'avais hâte de me reposer un peu dans le cocon qui aurait pu être mon Enfer. Quand j'étais venu m'y installer, quelques années auparavant, je n'aurais jamais pensé que je m'y sentirais aussi bien. Loin du soleil, loin du bruit, loin de la véritable civilisation. Exilée en quelque sorte au pays du Géant vert.
Nous avions prévu de nous retrouver sur la plage. Il fallait toutefois que je passe par chez mon père pour déposer quelques livres et en prendre d'autres.
Ma première réaction en voyant sa voiture devant la maison fut l'étonnement. Habituellement il n'est jamais chez lui en journée. Je ne m'en étais pas plus préoccupée, contente de le voir avant d'aller à la Push.
C'est quand je l'ai vu se tenir les cheveux, avachi sur son canapé, que j'ai compris qu'il y avait un problème. Aussitôt une boule était apparue dans ma gorge. « Qui ? ». Je ne le savais pas, mais il y avait un nom.
- Papa…, avais-je alors dit en tremblant.
Il avait levé les yeux. Je ne l'avais jamais vu ainsi. Les yeux rouges, les joues mouillées par les larmes. Quelqu'un était mort. « Qui ? » encore raisonnait dans ma tête. Je m'étais assise à ses côtés. Mes jambes ne me portaient plus.
J'attendis. J'attendis que les mots sortent de sa bouche. Je n'arrivais pas à lui poser la question qui raisonnait en moi comme dans une grotte vide. Une seule syllabe avait le goût de la fatalité.
Et puis, le nom s'était fait entendre. Un murmure. Un murmure qui n'était jamais aussi bien arrivé à mon oreille que ce jour-là.
- David.
Un accident de voiture. Un corps calciné. C'est à cela que se résumait le tournant dans la vie de Bella. La première certitude que la vie était éphémère. Que rien n'était jamais gagné. Que rien ne serait plus jamais pareil et que son enfance était bien terminée.
Ce genre de sentiment ne peut être acquis que par un traumatisme, par un évènement marquant.
Il était mort. C'était sa certitude. Les empreintes dentaires l'avaient confirmé.
Alors, comment était-ce possible ? Qui était cet indien à la peau blafarde devant elle ?
- Bella, va-t-en, ordonna Jacob.
- David…, avait-elle répété.
Le jumeau s'était alors approché d'elle, aussitôt arrêté par le loup.
- Tu ne la touches pas ! Tu ne t'approches même pas ! Bella, va-t-en je te dis. Rentre chez toi.
Elle l'aurait bien fait, mais ses jambes ne répondaient plus, pas plus que son cerveau. Son amour de toujours, celui qui la hantait depuis des années, se tenait devant elle. Il n'avait pas changé. Jacob avait évolué, muri. Mais David, non. Exactement comme dans son souvenir. Seule différence, une peau un peu plus claire. C'était tout.
Non, pas tout à fait. Il y avait une autre différence. Beaucoup plus flagrante. Tellement flagrante qu'elle ne l'avait pas vue au premier abord.
Ses yeux.
Rouges.
Rouge-sang.
Non !
- Tu… Je…
- Je sais que ça peut te surprendre Bella, lui dit-il d'une voix séductrice. Mais c'est bien moi. Je suis vivant et je suis de retour. Nous ne serons plus jamais séparés.
Le cœur de Bella fit un bond. David était là. Vivant.
Vampire.
- Mais c'est impossible ! Les loups ne résistent pas à la morsure de vampires !
- Sauf que je n'étais pas un loup quand ça s'est produit. La transformation n'a jamais eu lieu. J'étais un humain. Je suis vivant ma Bella.
- JE T'INTERDIS DE LUI PARLER AINSI !, hurla Jacob.
- JAKE TA GUEULE !, lui répondit-il immédiatement. Tu as toujours voulu Bella, je le sais ! Tu as bien pris soin d'elle, merci, mais je suis de retour.
L'animosité entre les deux jumeaux était sans pareille. Jamais ils ne s'étaient parlé ainsi. D'inséparables, ils étaient devenus des ennemis. Et une fois encore, Bella était au milieu des conflits.
David se tourna à nouveau vers l'humaine.
- C'est bien moi, Bella. Je suis de retour pour toi, quoi qu'en dise Jacob. N'aie pas peur…
- Tes yeux…
- Ce sont des yeux de vampires Bella. Comme tu l'as deviné. Mais au moins, je suis vivant.
- Non…
Bella essayait de retrouver ses esprits. Elle n'avait jamais vu des yeux rouges comme ceux-là. Elle en avait entendu parler, mais elle n'en avait jamais vus.
- Ce ne sont pas des yeux de vampires… ce sont des yeux de tueurs.
- Bella. Je suis un vampire. Mais je te promets que je ne te ferai aucun mal. Nous pourrions recommencer tous les deux. Je suis toujours le même. Regarde. Je suis là.
Jacob espérait que pour changer sa meilleure amie agirait comme il le fallait. Pour une fois que sa sangsue aurait dû être là, pour une fois qu'il aurait voulu qu'elle soit là, évidemment il était aux abonnés absents.
- Je… Il faut que j'y aille. Je dois partir. Je…
- Je sais que c'est perturbant. Je ne t'ai jamais oubliée. Je t'aime.
Là, le cerveau de Bella se remit en marche. Le « je t'aime » lui donna un coup de poignard au cœur. Tant de fois elle avait souhaité l'entendre à nouveau. Tant de fois elle l'avait imaginé en rêve. Pourtant, l'effet escompté était bien différent de la réalité. En fait, loin du bonheur imaginé, la fureur s'emparait d'elle.
- Tu m'aimes ? Toutes ces années je t'ai pleuré, j'ai hurlé, j'ai vécu comme un zombie et c'est maintenant que tu refais surface ? Tu te fous de ma tête ?
- Bella, supplia Jacob, désespéré. Ne le provoque pas.
- Excuse-moi Jake, mais là je ne suis pas d'accord. Putain David ! Tu n'as pas le droit de débarquer comme ça et de me dire que tu m'aimes ! Pas avec ces yeux rouges ! Tu détruits tout ce qu'on a vécu !
- Je comprends ta colère, Bella. Mais je suis là maintenant. Viens, on pourrait vivre une éternité ensembles. L'éternité ma chérie. Tu imagines ? Toi, et moi, et le reste du monde. Plus rien ne nous séparera, pas même la mort.
- Si. La mort nous a séparés David. Tu n'es plus le même. Tu n'es plus celui que j'ai connu, je le vois à ton regard. Ce n'est pas seulement une question de sang sur les mains. C'est trop tard. Tu n'es plus le même. Je ne suis plus la même.
Elle se souvint de ce qu'elle avait vécu ces derniers mois. Jacob. Son nouveau boulot. Les Cullen. Carlie. Edward.
David.
Edward.
Deux visages, deux personnalités. Deux vampires. L'un végétarien, l'autre prêt à la transformer sur le champ. Deux amours.
- J'ai changé. J'ai tourné la page.
- Quoi ?
Cette fois-ci, la fureur était dans David. Jamais il ne s'était imaginé que Bella ne pourrait pas l'attendre. Ou plutôt, qu'un autre amour prendrait le pas sur celui qu'ils partageaient. C'était une trahison.
- Comment peux-tu dire ça ? Après tout ce qu'on a vécu, toutes ces années durant ? Nos rêves, nos espoirs !
- C'est du passé David ! Des années ont passé ! Je sais que les vampires restent égaux à eux-mêmes, année après année. La transformation forge leur personnalité et leurs sentiments. Mais ce n'est pas la même chose pour les humains. J'ai eu tellement mal, David. Je n'ai été que l'ombre de moi-même des années durant. Aujourd'hui je vais enfin mieux. Je ne veux plus vivre dans le passé, je veux avancer.
- Tu as l'air de connaitre bien des choses sur les vampires, l'accusa-t-il. On dirait que mon cher frère t'a bien informée. C'est comme ça qu'il te protège si bien ?
Jacob, derrière David, fit des gros yeux à Bella et un très léger signe de tête négatif. Elle ne devait pas parler d'Edward. C'était bien trop dangereux.
- Comment je le sais ne te regarde pas David. Ça ne te regarde plus. Tu resteras toujours mon premier amour, mais c'est du passé. Je viens de le comprendre. Je t'en prie. Arrête de tuer.
- Je crois que tu n'as pas tout compris au principe des vampires Bella.
- Si. Tu es bien placé pour savoir que les forêts sont pleines d'animaux sauvages. Si tu es vraiment le même, comme tu dis, arrête de tuer et profite de cette deuxième chance qui t'est donnée avec ton frère. Il t'a pleuré comme personne. Mais je ne serai plus à tes côtés. C'est terminé.
Bella commença à faire demi-tour, mais à peine avait-elle commencé qu'une main gelée avait attrapé son poignet. Aussitôt une vague de chaleur fit valser la glace. La seconde suivante les deux jumeaux étaient à l'autre bout de la pièce.
- Va-t-en Bella, ordonna Jacob.
Ce dernier avait emprisonné son frère contre un mur. Bella lança un dernier regard désolé à David et fit demi-tour. Elle sortit au moment où Sam et Leah entraient. Sachant que c'était la meilleure chose à faire, elle prit sa voiture. Elle démarra et sortit du territoire Quileute.
Trop d'émotions. Edward. Victoria. Et maintenant David. Et ce foutu poignet qui lui faisait un mal de chien !
Sortie du territoire, elle s'arrêta et pleura encore tout ce qu'elle pouvait. Où pouvait-elle aller ? Chez les Cullen ? Elle n'en avait pas le droit. Victoria y était, elle risquerait sa vie. Chez son père ? Comment lui expliquer son état ? A son propre appartement ? Loin de tout et finalement peut-être plus en danger qu'en sécurité. Et puis surtout, seule.
Elle n'avait nulle part à aller. Elle ne pouvait pas aller voir ses meilleurs amis, ni l'homme qu'elle aimait, et pourtant elle ne pouvait pas rester seule, elle ne s'en sentait pas capable. Elle resta ainsi quelques minutes jusqu'à ce que la porte de sa voiture s'ouvre. Elle sursauta alors, tourna la tête et vit… Emmett.
- Salut le moucheron !
- Emmett ? Mais… que fais-tu ici ?
- Mandaté par le lutin. Elle ne peut pas quitter la villa pour pouvoir prévoir au mieux les faits et gestes de l'autre greluche. Jazz gère les émotions des uns et des autres, et on s'est dit qu'il valait mieux que ce soit moi qui vienne s'occuper de toi plutôt que Rosie. Bon, pour commencer, tu descends de voiture et tu me laisses ta place. Hors de question que tu me conduises, j'ai beau être immortel, avec ta poisse tu serais capable de nous faire avoir un accident ! Allez hop hop hop !
Machinalement, Bella sortit de la voiture et échangea sa place avec le mastodonte. Il prit alors le volant et accepta le silence de la jeune humaine. Il conduisit, sortant d'abord de la ville. Ils arrivèrent finalement à Port Angeles. Bella pensa qu'il la ramenait chez elle, mais ce ne fut pas le cas. Ils allèrent se garer à côté d'un grand parc où jouaient des enfants sous les yeux bienveillants de leurs parents. En fait, ce n'était pas loin de là où Bella avait rencontré Carlie pour la toute première fois.
Ils sortirent et marchèrent dans le même silence. Emmett n'était pas très habitué à tout cela. A vrai dire, avec la petite humaine, il essuyait plein de premières fois. Pour une fois, il décida de ne pas faire le clown. D'être un grand frère pour celle qu'il considérait comme une petite sœur douce, frêle et tellement fragile derrière sa force.
- Tu sais que je ne suis pas le mieux placé pour ce genre de truc mais… Je sais pour ton ex. On l'a appris indirectement par la greluche. Ils ont fait route ensembles, c'est pour ça qu'ils sont arrivés en même temps. Tu veux en parler ?
- Qu'est-ce qu'on peut dire ? Je croyais que plus rien ne pourrait me surprendre et que les emmerdes étaient enfin terminées, et voilà. Je crois maintenant qu'on nous ment. La Terre tourne certainement autour de la Lune ou quelque chose comme ça. Ce n'est pas possible autrement. Il s'est passé quelque chose. Tu sais, je suis vraiment certaine d'avoir été un serial kitten killer dans toutes mes vies précédentes.
Emmett éclata de rire, s'imaginant Bella attaquer des chatons.
- Au moins oui. Et de temps en temps tu devais rajouter des chiots.
- Tu sais quel est le pire ? Tout à l'heure, j'étais dans la voiture, et je ne savais même pas où aller. Là, je n'ai plus d'endroit où je peux me sentir bien.
- Dis-toi que c'est l'affaire de quelques jours. On va botter les fesses à la grognasse et le cabot va certainement s'occuper du cas de son frangin. En attendant, on s'est mis d'accord discrètement pour ne pas te laisser seule.
Bella s'arrêta et regarda le vampire, étonnée.
- Comment ça ?
- Tu crois quoi ? Que Monsieur Tête d'enterrement te laisserait sans surveillance et sans défense alors que tu as des canines qui rodent ? Qu'une de ces canines est l'ex de ton cher vampire et que l'autre est le tien ? Mais bien sûr voyons !
Le laïus d'Emmett fit rire la jeune femme, un rire nerveux, mais un rire tout de même. Il avait une manière bien à lui de décrire la situation. Toutefois, il tombait assez juste. Et puis, même si elle ne l'aurait jamais avoué à voix haute, non seulement elle était heureuse qu'il soit avec elle, mais en plus elle était rassurée. Vraiment rassurée.
Ils discutèrent encore un peu, de conversations si banales que compte tenu du contexte cela aurait pu être drôle. Si Bella avait moins mal au poignet. Qu'il était content qu'elle et son frère se soient réconciliés. Que son rêve à lui serait d'avoir un chat, qu'il avait déjà essayé d'en avoir un mais que pour une raison « étrange » ce dernier s'était enfui.
Quand Bella fut suffisamment fatiguée pour ne plus pouvoir penser convenablement, Emmett la ramena chez elle et la borda.
Silencieusement, dans la nuit, il observa la petite humaine. Il éprouvait une réelle admiration pour elle. Supporter autant d'émotions et rester malgré tout, ce n'est pas donné à tout le monde. Et puis, il était soulagé. Tous avaient craint silencieusement que Bella retourne avec son grand amour aussitôt qu'ils se seraient retrouvés. Surtout qu'il était lui aussi un vampire, attrayant, tentant, immortel. Qu'elle soit là, dans cet appartement, montre qu'ils ne s'étaient pas trompés sur elle. Si seulement les choses étaient plus simples. S'il n'y avait pas Victoria, ni David.
Si seulement.
Mais la réalité était toute autre. Vers trois heures du matin, il entendit un léger bruit derrière la porte d'entrée. Il se leva immédiatement et ouvrit.
Edward se tenait là, dans l'embrasure, le visage fermé. Emmett ne put pas s'en empêcher, il le prit dans une étreinte moins virile que fraternelle.
Elle va bien. Elle n'attend que toi.
- Elle sait tout ? Elle l'a vu ?, murmura-t-il si bas que malgré le silence aucune oreille humaine n'aurait pu l'entendre.
Oui. Elle a vu David. Je l'ai retrouvée à la lisière du territoire quileute. Nous n'en avons pas beaucoup parlé, mais c'est flagrant que c'est toi qu'elle veut. S'il te restait des doutes, au moins cette affaire les aura balayés. Tu restes pour combien de temps ? Je te laisse ?
- Je dois être de retour pour le réveil de Carlie.
Alors réveille la. Elle a besoin de toi. Je vais faire un tour dans le quartier, je ne serai pas loin.
Edward hocha la tête. Aussitôt Emmett parti, il observa l'appartement. Il était méconnaissable par rapport à la dernière fois où il était venu. Oh, il était bien propre, on voyait que le ménage était récent. Probablement juste avant son départ. Pourtant, il avait perdu un peu de son âme. Plus aucune photographie, plus de réelle personnalisation. Il vint s'asseoir ensuite sur le rebord du lit avec autant de délicatesse possible. Il observa alors le visage de la femme qu'il aimait. Il était tellement tendu par rapport à la dernière fois où il l'a regardée dormir. Son index vint toucher délicatement le V formé entre les deux sourcils. Puis, il le fit glisser doucement du front vers la joue. Il aimait cette caresse, et surtout voir l'effet qu'il provoquait sur la femme qu'il aimait. Son visage se détendait doucement.
Alors, elle avait renoncé à David ? Il savait, grâce à Victoria, qu'il voulait la reconquérir. Elle n'avait pas essayé de cacher cela puisqu'elle ne connaissait pas l'existence de Bella dans la vie du père de sa fille. Et pourtant, elle connaissait son odeur. Carlisle avait dû dire qu'ils avaient accueilli une humaine qu'il devait soigner, une jeune femme qui avait des ennuis avec la police et qu'ils ne pouvaient pas soigner à l'hôpital. Si jamais elle apprenait la véritable raison… Non, il ne devait pas y penser.
Il se pencha et lui donna un baiser dans le cou pour la réveiller. Ils devaient se parler. Elle bougea doucement et ouvrit ses yeux. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce que représentait l'ombre. Elle se redressa alors d'un bond et se jeta dans les bras du vampire. Elle s'enivra de son odeur, comme pour être certaine qu'il était bien là.
- Je ne pensais pas te voir avant des jours…
Il lui rendit son étreinte, luttant de toutes ses forces pour ne pas la briser. Il comprenait au même moment à quel point il avait besoin de cette femme.
- Je sais… Je me suis enfui pour quelques heures, je ne peux pas rester longtemps. Il faut que je sois de retour pour le réveil de Carlie. Elle a peur de Victoria.
Bella se recula alors, mi-inquiète, mi-furieuse.
- Elle ne l'a quand même pas…
- Tu crois que je l'aurais laissée lever la main sur ma fille ? Non, mais elle a comprit que Victoria n'est pas toi. Elle n'est pas du tout la maman qu'elle s'était imaginée. Par contre, elle est vraiment extrêmement intelligente. Elle a compris toute seule qu'il ne fallait pas prononcer ton nom, ou parler de toi d'une quelconque manière.
- Que veux-t-elle ?
Le visage d'Edward s'assombrit immédiatement.
- Récupérer Carlie. Elle veut l'emmener en Italie.
- Comment ça ?
Bella ne comprenait pas. Il lui manquait nécessairement des éléments.
- Cette règle du secret est régie par trois vampires vivants en Italie. Ils sont très puissants, et les places à leur côté sont chères. Là-bas on est traités un peu comme des rois si on est dans leurs beaux souliers. Victoria veut se faire sa place au soleil en quelque sorte. Et Carlie est son ticket d'entrée. L'un des trois vampires dont je t'ai parlé est un collectionneur. Carlie serait une pièce de choix.
Bella se leva immédiatement pour courir aux toilettes. La nausée s'était emparée d'elle à l'idée qu'on puisse se servir de la petite fille comme cela. Edward la rejoignit avec un gant mouillé et un verre d'eau. Il tira la chasse d'eau et s'assit à côté de la jeune humaine.
- On ne la laissera pas faire Bella. C'est une promesse. Jamais je ne la laisserai emporter ma fille. Notre fille.
Par ce simple mot, « notre », Edward venait de conclure une promesse silencieuse. Celle de passer leur avenir ensembles.
- Mais… comment ? Vous ne pouvez pas faire de la surveillance perpétuelle ! Ce n'est pas une vie…
- Nous trouverons une solution. Et si elle ne nous laisse pas d'autre choix, nous agirons en conséquence.
Le ton froid d'Edward ne laissait aucun doute sur la signification de la dernière phrase. Avec David, Victoria, Edward et Bella, les confrontations n'allaient savoir tarder.
