Salut tout le monde ! Je suis déjà de retour ! Pas de chapitre de Noël cette année malheureusement, mais un petit chapitre que je tenais à publier avant la fin des vacances. Il ne paye pas de mine avec à peine 2000 mots, mais il est très important pour l'histoire.
Suite à un petit bug de ffnet, je n'ai pas pu accéder à la liste de mes lecteurs étrangers, mais où que vous soyez, en France comme ailleurs, je vous remercie sincèrement de continuer à me lire !
Mais j'avais parfaitement accès aux reviews !
Miki : Joyeuses fêtes mon chat-chat ! Et bonne année à toi aussiiii ! Je suis tellement heureuse que ma description de Nice te plaise ! Et non, pas de note, je suis partisane de l'auto-renseignement. On va encore le revoir le Sergio, surtout dans ce chapitre, mais je te laisse le découvrir !
Mayrava : Joyeux Noël à toi aussi, et bonne année ! Haha, oui, tout est une question de gout, j'ai personnellement détesté Diabolik Lovers, mais je suis tout à fait d'accord avec toi sur l'interprétation des vampires. En effet, la fic n'est pas évidente à comprendre, surtout lue en morcelée, mais c'est néanmoins une excellente remarque : n'ayant pas suivi de plan pendant un bon moment, je suis consciente qu'elle part un peu dans tous les sens. Il faudra que je la réarrange à l'occasion.
Poivry : Le chapitre qui suit se concentre essentiellement sur le règlement des problèmes entre Gabriel et son unité. Pour la suite, je vais encore vous faire attendre :p Cependant, je t'avoue que je suis pas totalement certaine d'avoir bien gérée le dénouement, j'attends ton avis sur le sujet ! Quant au Mimawari Gumi… Et bien tu sais à quel point j'aime pousser mes personnages dans les ennuis…
Sur ce, bonne lecture à tous !
Chapitre XVIII : Commencements
Arashiyama 8 Février 1865
Ils allaient mourir. Sergio en était certain. Ils allaient tous mourir ici. La quinzaine d'hommes de la première équipe était presque en pièces, quelles chances avaient-ils encore ?
Ils courraient tous dans la neige, fusil en main, les yeux grands ouverts sur le blanc. La forêt les avait avalés dans le silence de l'aube et de la neige. Les avaient fait replonger dans leurs souvenirs Alpins. Tony courrait non loin de lui à foulée ardues. Son souffle barbouillait sa barbe de gouttelettes de givre. Ils auraient été plus vite avec des chevaux, mais par soucis de discrétion, ils les avaient laissés à l'entrée. Ils courraient. Au hasard dans la forêt, tous leurs espoirs stupidement misés sur la truffe de Cerbère.
Quartier Général du Shinsengumi, 12 Février 1865
Des torches avaient été placées tout autour de la salle de réunion. Les Italiens s'y étaient rassemblé sans discipline ni volonté, ombre hagarde du fier bataillions qu'ils étaient si peu de temps auparavant. Certains étaient absents, d'autre avaient gardé leurs couvertures autour de leurs épaules. Bien que plus petite que le hall principale, la salle qu'on leur avait allouée restait grande et par conséquent moins chauffée, les forçant à se rassembler par grappes. Les uniformes avaient été enfilés par habitude plus que par conviction. Certains étaient froissés, d'autres avaient été mélangés avec des vêtements plus chaud. Même Flavio avait perdu de sa superbe. Quant à Ambrose, il n'avait même pas cherché à fermer sa veste,
Gabriel soupira.
Debout par miracle derrière le shoji entrouvert, sa veste d'uniforme jeté par-dessus ses épaules à défaut de pouvoir l'enfiler, elle observait en silence. Redoutant les minutes à venir.
Ce combat n'avait plus de sens, ce voyage ne rimait plus à rien. Ils allaient tous y passer. Ils ne reviendraient jamais en Italie. Sergio ne reverrait jamais ses parents. Sa fiancée. Que faisait-elle d'ailleurs ? Douce Maria, tendre Maria… Colombe à la peau de soie et aux yeux d'ange… Oh Maria… Que faisais-tu, tandis qu'il courrait dans la neige ?
Devant eux, Cerbère bondissait le nez dans la neige, son petit bout de queue dressé. N'aurait-il pas été noir qu'ils l'auraient perdu depuis ce qui semblait être des heures. Sa quête ne semblait jamais en finir, chaque arrêt lui faisant brutalement changer de direction et repartir de plus belle. Il s'enfonçait toujours plus loin dans ces bois mortels. Se rapprochait toujours plus près de ce qui pouvait être le début des lignes ennemies.
Jusqu'où s'était enfoncé le Capitano exactement ? Comment avait-il pu…Non non, pas il, elle. Jusqu'où avait-elle pu aller alors qu'elle marchait à peine quelques jours plus tôt ? Pourquoi aller si loin ? Pourquoi en faire autant ? C'était une femme non de Dieu ! Et pourtant…
Sergio trébucha. Tomba à genoux à la lisière d'une petite clairière avec un grognement. La neige gifla le haut de ses cuisses, lui rappelant à nouveau l'horrible température. Un autre soldat s'arrêta à sa hauteur l'instant d'après
- " Ça va ?"
- "Oui, oui… J'ai tapé dans quelque chose dans la neige."
L'autre hocha vivement la tête. Cleante, c'était Cleante. Sergio mettait toujours un peu de temps à le reconnaître parce que son jumeau était aussi dans le groupe. Il se tourna à nouveau vers Cerbère. Truffe au vent, le chien s'était arrêté au milieu de la clairière. Tony reprenait son souffle à côté de lui.
Profitant de la pause qu'il savait courte, Sergio jeta à un œil à ce qui l'avait fait tomber. Fronça les sourcils. Ce n'était pas une racine.
C'était un pistolet à fumigène.
- " C'est celui du Signore Okita… !" Souffla Cleante.
C'était mauvais signe.
Le silence se fit dès que Gabriel passa la porte. Pour la première fois, le regard de ses compagnons lui pesait. Elle n'osait même pas les regarder en face.
Elle avança en ligne droite, la tête haute, jusqu'à une place lui semblant correcte. Un peu en retrait du groupe, mais pas trop loin. L'idée de s'asseoir lui effleura un instant l'esprit mais son instinct secoua la tête. Une fois assise elle ne se relèverait plus. Alors elle inspira profondément et se tourna vers eux.
« Bonsoir… »
Silence.
« Je sais que les derniers jours ont été difficiles… »
Non. Non, ça ne marcherait pas. Pas comme ça. Elle soupira. Il y avait tant à dire, tant à régler… Et pourtant tout semblait terriblement compromis. Le Mimawarigumi, les décisions du Shogunat, tout cela les dépassait au plus haut point, elle le savait. Ce n'était pas ça, le choix qu'elle se devait de leur proposer. Si son masque avait tenu jusqu'au bout, peut-être aurait-elle pu, mais le masque était tombé.
Le choix avait changé.
« …Ecoutez. Il y a un grand nombre de choses dont je dois discuter avec vous à présent mais... Je ne pense pas que c'est de ça que nous devons parler en premier. »
Son poing se serra.
« Il est temps de mettre les choses aux clair. Vous avez appris que j'étais une femme et que je vous avais menti pendant trois ans. Angélique nous été arrachée. Plusieurs de nos compagnons ont été tués. » Elle marqua une légère pause avant de reprendre. « En toute honnêteté, cette opération est un fiasco. Nous avons heurté un mur et… Je m'entête stupidement à vous le faire franchir parce que je suis trop bornée pour accepter d'avoir échoué. »
Un rire sec lui échappa, ses yeux se fermant brièvement. Face à elle la surprise se peignait doucement sur les visages.
« Je n'ai pas l'intention de partir. » Reprit-elle en relevant le menton. « Je n'ai pas l'intention de laisser Angélique seule et d'abandonner. Mais, en tant que votre commandant…e, je n'ai pas le droit de vous demander de me suivre, pas après vous avoir trahie. »
Marquant une pause d'intérêt, elle se redressa, fière. Farouche.
« A partir de maintenant, tout homme sous mon commandement sera impliqué dans une mission de sauvetage. Moi, Gabriel Solento, reprend mon rôle de Capitaine de la Couronne Italienne avec pour seul objectif le sauvetage d'Angélique Garibaldi. C'est pourquoi, au vu des changements appliqués à l'objectif de notre mission… Tout homme choisissant de ne pas y participer sera libre de repartir. »
« Ils ont du se rejoindre et fuir ensemble. » Souffla le vice-capitaine.
Bras croisés, assit sur une souche, Flavio observait le pistolet avec attention. Devant lui, le messager haletait encore. Ses arrivées étaient relativement régulières, mais de plus en plus espacées. Cerbère s'éloignait encore…
Le poing du vieil officier se serra. Ils n'avaient surement plus assez de temps…
« Vice-Capitano… » Débuta le messager, interrompu d'un geste de la main.
« Le temps joue contre nous. » Déclara-t-il en lui rendant l'arme. « Si ces Bêtes ne vous ont pas encore trouvés, on peut supposer qu'elles ne rôdent plus dans les bois. Mais nous ignorons combien de temps il leur faudra pour encore redéployer leurs sentinelles. Rejoint-les. Et dit leur que les recherches doivent finir. »
Grondant avec force, il se releva difficilement de son siège de fortune avant de se tourner vers la lisière, le visage interdit.
« Nous n'avons pas le choix. » Ses yeux se fermèrent dans un souffle de buée. « Nous devons l'abandonner. »
Un murmure surpris parcouru l'assistance. Flavio la dévisagea d'un air estomaqué, choqué par le culot de son coup de poker.
« Vous m'avez confié deux ans de vos vies, trois pour ceux m'ayant suivi dans les Alpes. Trois ans au cour desquelles j'ai contracté une dette colossale auprès de vous tous de par mon mensonge. Je ne peux pas exiger de vous que vous vous lanciez dans une mission presque suicidaire. Plus maintenant. »
Ses paupières se clorent sur ses derniers mots, sa nuque se ployant avec respect face à ses compagnon d'arme. Peu à peu un silence ébahi retomba sur la trentaine d'hommes, laissés seuls face à leur choix.
« Quoi ?! »
Les iris d'Ambrose avaient pris un éclat meurtrier. Tellement clairs qu'ils en faisaient concurrence à la neige et au ciel. La nouvelle était tombée comme un couperet, le silence de la neige seulement troublé par les brefs aboiements d'excitation de Cerbère, retenu par Tony.
« C'est une blague ?! » Feula de Lieutenant.
Devant lui le messager rentra la tête dans ses épaules et esquissa un pas en arrière. Le poing de son supérieur se referma son col, le ramenant à quelques centimètres de son visage.
« Répète moi ce que tu viens de dire ?! » Aboya-t-il
« Tenante ! »
Montgomery plaça son bras entre l'officier et sa proie, le faisant reculer de force. L'adrénaline de la bataille de la nuit n'avait pas quitté le soldat blond. Pas plus que la fatigue et la rage. Mais pourtant il était resté, inflexible, revendiquant sa place dans l'équipe de recherches. Personne n'avait pu le convaincre de renoncer et Flavio s'était avéré incapable de le remplacer. Parce que oui, Flavio boitait, salement même, à cause de la blessure qu'il avait reçu à Akashi. Il avait jusqu'alors réussi à le cacher mais les premiers pas dans la neige l'avait démasqué. Le choix n'avait plus été possible et Ambrose avait été chargé du commandement de front.
Cleante le saisit par les épaules, ou bien était-ce Silvio, Sergio n'en savait rien. La Lieutenant se débattit férocement et le tirailleur craignit presque qu'un coup parte, mais l'Anglais fut plus rapide.
« Reprenez-vous, for God sake ! » Aboya-t-il avant de se redresser, regagnant son calme habituel. « Sir Dilvidio a… Raison. Nous ne pouvons pas nous permettre un seconde rencontre avec ces choses ou toute avant-garde de quelque sorte ! Nous sommes à peine armés, Tenante ! »
Un grondement animal monta de la gorge du Lieutenant. Il se dégagea d'une secousse, repoussant le jumeau qui le tenait.
« Donc ça vous convient. Qu'on l'abandonne ici. » Feula-t-il d'un air mauvais.
Sergio pinça les lèvres, incapable de répondre. Même si la Capitano les avait trahis, ce n'était pas la bonne façon de finir les choses. Quelque jour plus tôt la conclusion ne l'aurait pas gêné, mais à présent elle lui laissait un gout amer dans la bouche. Malgré la perte de son masque, la Capitano n'avait au final pas du tout changé. Même blessée, même dépourvue de son autorité.
« CERBERE ICI ! »
Projection de neige. Aboiement joyeux. Silhouette trapue bondissant avec agilité. Le Cane Corso ignora superbement Tony, filant à toute vitesse. Ambrose fut le premier à comprendre. S'il était impressionnant au combat, il l'était tout autant à la course. Sa vitesse semblait parfois à peine humaine. La troupe d'hommes s'élança derrière le canidé et son maitre, comprenant eux aussi.
Il ne fallut alors que quelques foulée pour percevoir ce que Cerbère avait entendu bien avant eux.
« Sale gamine capricieuse… »
Les regards se tournèrent vers Flavio. Le vieil officier se releva avec un grondement ardu, mais personne n'osa tendre la main, craignant un revers. Une fois debout il se tint droit comme un I, tête haute et altière.
« Tu es déplorable, une véritable honte en tant qu'officier ! Jamais dans l'Histoire militaire de notre pays je n'ai vu quelqu'un d'aussi imprudent… » Dégainant son arme avec grâce, il l'écarta sur le côté, puis la ramena devant lui, pointée vers le plafond, et ploya la nuque. « Je t'aurais prévenue. »
L'assistance se tue, observant le vétéran avec stupeur. Plus le silence vola en éclat. Brisé par un lourd soupir.
« Si je pouvais passez ma vie sans revoir l'une de ses choses… Croyez-moi, j'en serais heureux. Mais je sais également que notre présence est certainement la cause de leur apparition. Je refuse de tourner à nouveau le dos à quelque chose que j'ai moi-même provoqué. » Faisant claquer ses bottes, Montgomery se mit au garde-à-vous. « Je reste à vos ordres, Sir Solento. »
« …Vaffanculo Montgomery... » Grommela Tony en se relevant pour lui aussi se mettre en garde. « Vaffanculo… »
« … De toute façon à cette distance de l'Italie, on a autant de chance de mourir sur le chemin du retour… » Soupira l'un des frères Bianco en faisnat de même.
« Je t'interdit de me faire repenser à un bateau. » Grommela le second en l'imitant.
Un à un les hommes se relevèrent. On invoquait Angélique. Le danger du retour. La peur de mourir en lâche ou la simple désillusion. Peu à peu le bataillon en morceau se recolla sous les yeux ébahi de Gabriel, jusqu'à ce qu'une dernière voix se fasse entendre. Impérieuse et froide.
« Par votre faute, nous allons certainement nous retrouver seuls face au monde entier, Signora. »
Ambrose s'avança d'un pas vif, se plaçant entre la jeune femme et le groupe, la dévisageant durement durant de longue seconde.
« Je suppose que ça aurait-été cruellement injuste autrement. » Acheva-t-il en se mettant au garde à vous.
