Bien le bonsoir! Voilà un nouveau chapitre sérieux. Et oui, on approche de la fin, donc il est temps de se concentrer sur le point culminant de l'histoire. Mais ne vous inquiétez pas, il y aura encore au moins 5 ou 6 chapitres avant que ça finisse, voire plus.
Comme toujours, merci pour votre soutien et vos commentaires. Bonne lecture!
Les jours suivants, les jeunes berkiens participent à des exercices de groupe en plus de leur entraînement individuel. Harold supervise les séances où ils sont tous réunis et c'est lui-même qui dirige les exercices. Il s'avère être un professeur exigeant et sévère mais toujours juste. Les jumeaux, qui ne prêtent jamais une grande attention à ce qui leur est dit, suivent à la lettre les ordres d'Harold, après une journée mémorable qui a finit avec Harold s'occupant personnellement des deux fauteurs de troubles. Ces derniers refusent de dire à quiconque ce qu'a fait ou dit l'héritier de Berk, ils se contentent de faire profil bas quand ils sont près de lui, exécutant les figures imposées du mieux qu'ils le peuvent. Les autres jeunes s'en sortent bien et Rustik est fier, et très surprit, quand Harold le félicite devant tout le monde lorsqu'il réagit de façon inattendue mais bien inspirée lors d'un exercice dont le but était d'organiser le groupe face à une attaque surprise. Selon Harold, Rustik a démontré des qualités de meneur et de véritable souci de la sécurité de ses camarades. Sous les encouragements de son cousin, Rustik redouble d'efforts et cesse de fanfaronner ou de harceler les filles du groupe. Comme prévu, Varek a du mal à s'en sortir dans les exercices qui exigent une bonne forme physique, donc presque tous. En revanche, il se débrouille très bien dans tout ce qui touche à la récolte de renseignements ou la réflexion. Lui et Bouledogre se retrouvent donc souvent sur le côté, à observer les autres et prendre des notes. Astrid et Tempête se débrouillent bien dans tous les exercices, montrant des résultats très prometteurs. La jeune viking a encore du mal à ne pas se laisser emporter par son tempérament et fait preuve d'une certaine étroitesse d'esprit. Elle a ainsi un peu de mal lorsqu'il s'agit de faire quelque chose qui va à l'encontre de tout ce qu'elle connaît sur les principes guerriers. Harold se charge peu à peu de guider ses amis et de rectifier leurs défauts. Au bout d'une semaine de ce régime, les jeunes berkiens sont épuisés mais satisfaits des résultats obtenus.
- Très bien tout le monde, dit Harold, c'est du bon travail. Nous attaquerons la dernière partie de l'entraînement dans deux jours, afin que vous soyez bien reposés et prêts.
- C'est la fameuse partie où on va cracher nos poumons et essuyer le sol avec nos boyaux? demande Rustik à Rasemine.
- Oui. Où tu as entendu ça?
- Elénor et Famir en parlait hier. Je dois avouer que l'image ne me rend pas particulièrement impatient.
- Voit le bon côté des choses : après ça, ce sera terminé. Et puis personne n'est jamais mort. Donc ce n'est pas aussi terrible que tu le penses.
- Il vous a fallu combien de temps pour terminer l'entraînement?
- Près de deux mois, donc un peu plus que vous. Mais les circonstances ne sont pas les mêmes. Vous vous débrouillez très bien.
- Et...
- Rustik, Rasemine, la pause est terminée. J'ai dit que nous passerons à la suite demain, mais ça ne signifie pas que c'est finit pour aujourd'hui. En selle, nous allons faire un long vol.
- Ce n'était pas prévu, dit Rasemine. Où veux-tu aller?
- Je pense que nos chers élèves ont besoin d'une petite poussée, d'une motivation supplémentaire.
- Et qu'est-ce que ton esprit tordu a manigancé, au juste?
- Mon père et moi avons parlé de la reine, hier soir. Les seules informations que nous avons sont celles que j'ai communiqué, et elles datent de cinq ans. Il serait temps d'aller voir si le nid est toujours le même, si la reine n'a pas bougé, et en profiter pour observer un peu plus et trouver de nouvelles informations. J'étais sensé y aller ce matin, mais je l'ai convaincu de vous laisser venir avec moi.
- Tu... Tu veux dire que nous allons au nid?! demande Varek d'une voix aiguë.
- Exactement. Allez enfilez vos armures et vos armes, mettez des habits assez chauds et prenez des vivres et de l'eau. Nous devons être prêts en cas d'imprévu. Retrouvez-moi ici dans quinze minutes.
- Mais on aura jamais le temps de faire tout ça! s'exclame Rustik.
- Vois ça comme un nouvel exercice : savoir se préparer en un temps minimum. Vos quinze minutes ont déjà commencées, dépêchez-vous.
Les jeunes, Cueilleurs ou berkiens, partent en courant. Harold et Krokmou, ayant déjà tout de prêt, restent sur place. Quand les jeunes reviennent, Harold passe entre chaque paire pour vérifier que les armures soient bien fixées et les selles correctement attachées. Une fois que tout le monde est prêt, Harold donne le signal de départ et dresseurs et dragons s'envolent. Le vol est calme au départ puis l'ennui commence à s'installer. Les jeunes se lancent dans des discussions hurlées par-dessus les vents jusqu'à ce que Rasemine impose le silence et dise de faire attention. Il leur rappelle qu'il s'agit d'un vol de reconnaissance et qu'ils doivent observer le paysage afin de prendre des repères. Harold, plus haut et plus loin que les autres, entend vaguement ce qui se dit mais ne fait pas demi-tour. Il continue son vol, appréciant la compagnie silencieuse de Krokmou. Après trois bonnes heures de vol, le groupe arrive à la Porte des Damnés, un banc de brouillard cachant de nombreuses colonnes de roches et, bien plus loin, le nid. Harold fait descendre Krokmou et ils guident les autres dresseurs dans le labyrinthe. Le silence est palpable, seuls les battements d'ailes des dragons se font entendre. Ils volent dans le brouillard depuis un moment quand Harold les dirige vers une colonne assez imposante et y fait atterrir Krokmou. Les autres suivent son exemple.
- Pourquoi on s'arrête? demande Astrid. Ce n'est pas le nid.
- Non, répond Harold, mais nous en sommes tout près. Je reconnais certaines formations rocheuses et je préfère vous donner quelques avertissements avant que nous arrivions.
- Comment tu peux reconnaître quoi que ce soit? interroge Rustik. Tout se ressemble ici! Et tu n'es venu qu'une fois, et c'était il y a cinq ans!
- J'ai une très bonne mémoire, grogne Harold, maintenant, tais-toi et laisse-moi parler. Nous allons arriver au nid très bientôt, alors voici quelques consignes : ne pas faire de bruit. Peu importe ce que vous voyez, pas un mot, c'est clair?
Le groupe hoche la tête à l'unisson.
- Bien. Nous allons entrer dans le nid. Une fois à l'intérieur, si vous ne trouvez pas un endroit pour poser votre dragon, partez immédiatement. La sortie le plus facile est le haut de la montagne, elle est ouverte. Ce qui pourront se poser, même consigne qu'au début. Pas un mot, rien. Et quoi qu'il arrive, que personne ne reste au-dessus du gouffre trop longtemps. Si la reine ne nous détecte pas, nous restons quelques minutes pour observer. Regardez-moi régulièrement, pour voir si je donne un signe de retraite. Si la reine nous détecte, on part. Personne n'attaque, ça nous ferait uniquement perdre du temps. Une fois que vous êtes sortis de la montagne, vous revenez ici tout de suite et vous attendez le reste du groupe. Une dernière chose : il y a des centaines de dragons dans le nid. Ils vous laisseront tranquilles si vous ne vous occupez pas d'eux, donc ignorez-les. Des questions?
- Est-ce que la reine ne risque pas de prendre le contrôle de nos dragons? demande Varek.
- Je ne pense pas. Quand je venu, Krokmou a suivi l'appel mais il était toujours lui-même. Il a fait en sorte de me garder en sécurité. Je crois qu'une fois qu'un dragon est lié à un viking, la reine n'a plus de contrôle sur son esprit. Le désir de protection d'un dragon envers son dresseur est plus fort que le contrôle de la reine.
- Attends, tu n'en es pas sûr?! s'écrie Rustik. On se lance là-dedans avec juste une intuition?!
- Rustik, moins fort! dit Harold. Si tu ne veux pas continuer, reste ici. Je n'oblige personne à venir avec moi. Même s'il est dommage de ne pas y aller après avoir fait tout ce chemin.
- Je n'ai jamais dit que je ne venais pas! Je voulais juste une confirmation que tu es complètement fou.
- Ça, tout le monde le sait déjà, dit Astrid.
- Ha, ha, ha, hilarant, se moque Harold. On repart. Et silence!
Le groupe reprend l'air et Harold les mène plus loin dans le brouillard. Il ne tarde pas à apercevoir une île sombre. Aucune vie végétale ou animale ne semble y être présente, du moins à l'extérieur. Des gros galets noirs et gris parsèment la plage, ainsi que des débris se bois, sans doute les restes de drakkars envoyés à la recherche du nid et jamais revenus. La montagne s'élevant au centre de l'île est massive. Les pentes sont abruptes et de gros rochers encerclent la base. Des cavernes se situent au niveau du sol mais elles sont peu profondes. Des ouvertures, en hauteur, permettent d'entrer dans la montagne. Harold fait comprendre au groupe qu'un tour de l'île est prévu avant d'entrer. Ils volent donc autour de la montagne, notant les nombreux écueils et les colonnes de roches. Quand ils reviennent à leur point de départ, Harold les dirige vers une entrée assez grande. Ils s'engagent dans le tunnel en silence et le suivent jusqu'au cœur de la montagne. Les dragons sauvages semblent dormir, ce qui permet aux dragons des Cueilleurs et des berkiens d'atterrir où ils veulent et sans élever l'alarme. Ils scrutent le gouffre en-dessous d'eux. Une épaisse fumée bloque la vue, n'offrant que peu de renseignements. Pendant que la plupart des dresseurs s'intéressent au gouffre, Harold examine les parois intérieures, cherchant des points faibles dans la structure. Un léger tremblement se fait sentir, réveillant les dragons sauvages qui commencent à s'agiter. Du bruit monte du gouffre et une masse sombre s'élève lentement. Captant l'attention de ses amis, Harold leur fait signe de sortir. Avant que le premier des dresseurs puisse prendre l'air, un courant de panique parcourt les dragons sauvages et ils s'envolent tous d'un coup. Un grognement terrible se fait entendre. Comprenant que la situation se gâte, Harold laisse tomber la règle du silence.
- Tout le monde dehors, vite!
Les dresseurs n'ont pas besoin de se le faire répéter. Les dragons s'envolent et se dirigent vers le sommet. Harold et Rasemine restent en arrière afin de veiller à ce que tous leurs amis soient sains et saufs. Un nouveau tremblement, plus prononcé, secoue la montagne. Les dragons sauvages se mettent à hurler tandis qu'une tête gigantesque sort de la fumée. Un malheureux cauchemar, volant trop bas, se fait happer par des mâchoires aussi grandes que la sortie au sommet de la montagne. Profitant de la triste diversion, les dresseurs s'échappent et se dirigent vers la colonne de roches désignée au préalable.
- C'était quoi cette chose? demande Rustik, blanc comme neige.
- La reine, répond Harold. Elle est aussi moche que dans mes souvenirs.
- H-Harold, bredouille Varek, cette chose est énorme! Nous n'arriverons pas à la battre!
- Bien sûr que si, c'est pour ça que vous vous entraînez, non?
- Ouais, dit Kranedur, mais même moi j'ai pas envie de me frotter à ce monstre.
- Il a raison, ajoute Kognedur, c'est vraiment trop gros, même pour nous.
- Alors quoi? Vous voulez laisser tomber? questionne Harold. Vous allez laisser cette chose faire sa loi? Un jour, elle sortira. L'île la plus proche est Berk. Nous serons les premiers à mourir. Et il y en aura beaucoup d'autres par la suite. Si c'est elle qui vient à nous, nous ne pourrons rien faire. Mais si c'est nous qui prenons l'initiative, nous avons une chance de nous en sortir en vie.
- Tu vas poursuivre ton plan? demande Astrid. Même si nous ne t'aidons pas?
- Oui.
- Harold, dit Rasemine, je pense qu'il est préférable de rentrer et de nous calmer. Ce qu'on vient de voir, c'est assez choquant. Laissons passer la nuit et parlons-en demain, d'accord?
- C'est une bonne idée. Rentrons.
- Ouais, on rentre, dit Rustik. Et ne compte pas me revoir à l'entraînement. Je ne suis pas suicidaire.
Harold est sur le point de répliquer mais Krokmou secoue la tête et souffle en direction de Rustik avant de désigner le ciel avec son nez. Comprenant le message, Harold fait décoller le groupe et le ramène à Berk. Le voyage de retour est très silencieux, mais pour des raisons bien différentes de l'aller. Quand l'île entre en vue, Harold et Krokmou accélèrent brusquement et prennent de l'altitude, laissant le groupe sur place. Astrid dirige Tempête pour les suivre mais est arrêtée par Rasemine.
- Laisse-le. Il a besoin de rester seul, enfin, seul avec Krokmou. Voir la reine l'a autant secoué que nous, si ce n'est plus.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Cette chose est la raison, indirecte, pour laquelle il a perdu la mémoire. Mais surtout, elle menace tous ceux qui lui sont chers. Il n'aime pas ne pas pouvoir assurer la protection de ceux auxquels il tient. Il va passer plusieurs heures à voler un peu partout avec Krokmou, à des vitesse folles. Il finira par se calmer et se posera à l'écart du village. Je pense que nous ne le reverrons pas avant demain.
- Nous pouvons certainement l'aider, le rassurer.
- Non, c'est sa façon de gérer les choses. Laisse-le tranquille.
- Mais...
- Si tu insistes tellement, essaie de trouver l'endroit où il va se poser. Il ne doit pas y en avoir cinquante. Et quand tu le trouveras, tu pourras le noyer de câlins, de baisers, voire plus. Qui sait, ça le calmera peut-être. Ou pas, ça dépend de comment tu t'y prends.
- Ferme-la! s'exclame Astrid, rouge d'embarras et de colère, avant de diriger Tempête vers l'île, laissant le reste du groupe derrière.
