Et voila, c'est fini. Le dernier chapitre est enfin posté. C'est bizarre pour moi de terminer cette longue histoire et j'ai l'ai réécrit trois fois pour essayer de faire une fin a peu près potable, et encore, je ne suis pas convaincue. Merci énormément à tous ceux qui ont prit le temps de lire, et surtout à Anaid, Cissyaliza, Bones-NCIS, Jay et CptJackHarkness pour leurs commentaires instructifs et encourageants.
Fini … Comment avait il pu penser une chose pareil ? Rien de tout cela n'était fini. Enfouissant sa tête entre ses mains, David ne pouvait s'empêcher de fixer son équipier qui dormait à quelques centimètre de lui. Colby était en vie, certes, mais comment réagirait' il lorsqu'il se réveillerait… Depuis trois ans qu'il le connaissait, David n'avait aucun doute sur la culpabilité qui rongerait son ami.
Le silence de la petite chambre blanche aurait pu l'aider à se calmer, peut être même dormir quelques heures en attendant que Colby revienne dans le monde des vivants, malheureusement, ce calme atroce lui procurait l'effet inverse. Il ne pouvait pas se reposer alors que tout restait encore à faire… Et si jamais son équipier se réveillait pendant qu'il s'accordait une petite pause …
Il ne l'avait pas revu depuis des jours… D' ailleurs, il ne savait toujours pas ce qu'il s'était passé entre le moment où Colby avait disparut et l'appel de Megan quelques heures auparavant. Il n'avait pas été là pour lui pendant tout ce temps, la moindre des choses était de tenter tout ce qu'il pouvait pour réparer cette absence… Et pour cela, il était hors de question de dormir…
Gibson avait faillit tuer Colby, il avait manquer de tuer Gibson … Mais ils n'étaient pas quittes pour autant et dès que Colby serait remis en état, il ferait tout ce qui est en son pouvoir d'agent fédéral pour que ce psychopathe atterrisse dans le couloir de la mort le plus rapidement possible.
Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas tout de suite Alan s'approcher de lui et ne s'aperçut de sa présence que lorsque la main de celui-ci se posa sur son épaule.
- David, vous devriez dormir un peu. Colby ne se réveillera pas avant demain matin minimum et quand bien même , il vaudrait mieux que votre visage ne soit pas celui qu'il aperçoive en premier.
Instantanément, David se redressa vivement.
- Quoi ? Pourquoi ?
Sachant pertinemment que l'explication aurait du mal à passer avec l'agent fédéral, le visage d'Alan s'assombrit quelques secondes. Il se mura dans un silence pesant, détachant son regard de l'intéressé pour le poser sur le deuxième agent de la pièce, qui dormait d'un sommeil de plomb. Après quelques instants qui parurent interminables, il reprit enfin la parole.
- Il vous croit mort David, comment pensez vous qu'il va réagir s'il vous voit face a lui, alors que vous êtres mort !
- Oh …Je … Balbutia l'agent, confus.
Visiblement, David n'avait pas réfléchit à ce petit détail qui prenait aujourd'hui toute son importance.
- Il va vouloir me tuer pour de bon quand il saura que ce n'était qu'une ruse pour confondre Gibson… Dit-il à voix basse.
- Oh je n'en doute pas, c'est aussi une raison pour laquelle il vaut mieux que vous ne soyez pas là quand il se réveillera David, plaisanta Alan avec légèreté.
- Mais … et Don ?
- Charlie et Robin sont avec lui, je ne voudrais pas les ennuyer avec mes vielles histoires. Non, je vais rester ici et tenir compagnie à Colby jusqu'à demain matin, cela devrait vous laisser le temps de réfléchir à tout ça un peu plus calmement.
Finalement, après cinq longues minutes de négociation intenses et par un quelconque miracle, David fini par capituler et tourna les talons à contrecœur, non sans avoir fait promettre à Alan de l'appeler à toute heure en cas de problème.
Désormais seul avec l'agent endormi, Alan s'installa le plus confortablement possible dans la chaise en bois que David venait de quitter. Il sortit alors un livre de son sac, pensant qu'il pourrait utiliser un peu de son temps pour continuer une vielle lecture commencée il y a quelques semaines. Malheureusement, malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à rester concentré plus de cinq minutes et abandonna rapidement, préférant porter son attention sur l'agent.
Cela faisait maintenant plus de trois ans qu'il le connaissait. Il se rappelait encore leur première rencontre, il ne lui avait pas fallut plus qu'une poignée de main pour savoir que ce jeune homme n'était pas comme les autres. De tous les agents de l'équipe, Colby était celui avec qui il avait le plus d'affinité, excepté Don lui-même. Alors certes, au fil du temps, tous les agents de l'équipe de son fils avaient prit une place importante dans sa vie, dans sa famille, mais, s'il appréciait la présence de David, Liz et Megan, il devait bien admettre qu'il avait plus d'affinité avec Colby, qu'il considérait depuis bien longtemps comme un troisième fils. Souvent, il prenait plaisir à entamer une conversation avec lui autour de quelques bières, et, peu importe le sujet qu'il entamait, l'agent prenait tout son temps pour l'écouter, lui accordant toute son attention, une chose bien rare chez les jeunes de nos jours, pensa t'il .
Comment tout cela avait-il bien pu arriver ? Ce qu'il s'était passé cette dernière semaine réveillait ses vielles convictions de hippie alors qu'une part de lui rejetait la responsabilité au gouvernement et ses ordres stupides. Après tout, si un haut gradé des forces armées américaines n'aurait pas ordonné cette opération à Kandahar, rien de tout ça n'aurais pu arriver, et il ne serait pas assis sur une chaise inconfortable au beau milieu de la nuit dans une chambre d'hôpital.
Malheureusement, il savait aussi que, même si l'envie d'y croire était forte, le gouvernement n'avait pas dicté à Gibson ses actions. L'ancien soldat anglais avait tué une dizaine d'innocents dont le seul crime avait été de faire plus ou moins partit d'une petite opération militaire qui avait tout pour réussir. Malgré son envie de le détester, Alan savait que c'était bien plus complexe que cela. Aucun homme ne peut faire tant de mal sans raison. La folie de Gibson résultait de la mort de son jeune frère… Une disparition qui l'avait détruit au plus profond de son âme, l'empêchant de vivre et le contraignant à réclamer une vengeance afin de prendre une revanche inutile. Pour cela, il avait tué des hommes et femmes, qui chacun d'entre eux faisait partie d'une famille, il avait enlevé et tenter de tuer Don, qui n'avait strictement rien à voir dans tout ça… Simplement par vengeance !
Alors à qui la faute … Qui était responsable d'un tel désastre… Alan secoua la tête, encore une question qui resterait sans réponse.
- Et bien Colby, je pense pouvoir dire avec certitude que vous n'avez pas eut de chance sur ce coup là … Dit il à haute voix.
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Une semaine plus tard…
- Tu es sur que tu veux faire ça ? demanda l'agent Sinclair avec anxiété. T'es pas obligé Colby, je veux dire, ce mec a essayé de te tuer quand même !
- C'est bon, David, j'ai eu beaucoup de temps pour y réfléchir cette semaine et crois moi, je n'ai jamais été aussi sûr de ma vie.
- Laisse-moi au moins venir avec toi au cas où ça se passe mal !
Colby leva les yeux aux ciels. Depuis qu'il s'était réveillé et apprit « la résurrection » de son équipier, celui-ci ne le lâchait plus d'une semelle. Alors certes, il n'existait pas de mots assez fort pour décrire la joie qu'il avait ressentit en découvrant qu'il n'avait pas tué son meilleur ami, ainsi que le reste de son équipe, mais leur préoccupation à son sujet commençait à devenir carrément gênante ! Il ne se passait plus une seconde sans que l'un d'eux ne soit à ses côtés, l'obligeant à s'enfermer dans les toilettes pour avoir un peu de répit et encore, s'il ne réapparaissait pas dans les cinq minutes qui suivait, il était certain de retrouver David posté dans le couloir, près de la porte.
Il ne pouvait pas leur en vouloir, pas après tout ce qu'ils avaient enduré ces dernières semaines, mais David avait besoin de changer d'air et de reprendre le cours de sa vie, ce qui incluait les rendez vous avec Claudia , le médecin légiste qu'il fréquentait depuis quelques mois, ou les festivals de bande dessinée, bref, prendre du recul, une chose qui n'était pas prête d'arriver si l'agent restait collé à lui encore longtemps.
- David, il sera dans une pièce sécurisée avec un garde, y'a rien à craindre ! Je …
- Bien sur que si, il y a quelque chose à craindre ! T'as pas l'air de réaliser, il voulait te tuer Colby ! Pourquoi tu fais comme si ça t'était égal ? Il ne mérite pas que tu lui apporte de l'importance, c'est un psychopathe bon sang ! Coupa David brusquement.
- Je ne réalise pas ? Tu crois sincèrement que je ne réalise pas ? Je sais qu'il voulait me tuer, je sais que c'est un taré, mais… j'ai tué son frère David ! J'ai tué la personne qui comptait le plus à ses yeux ! Alors oui, je sais, j'ai enfin comprit que ce n'était pas de ma faute mais putain, j'ai détruit sa vie ! Je dois aller le voir, je dois lui parler ! C'est peut être dur à comprendre mais je ne peux pas t'expliquer, fais moi confiance s'il te plait ! Je sais que c'est dur pour toi en ce moment mais j'ai besoin de faire ça seul !
Sans laisser le temps à David de négocier une fois de plus, il poussa la porte blindée de la prison d'État de Californie, bien décidé en finir une bonne fois pour toute avec cette affaire. Rapidement, il se dirigea vers le Marshal qui se tenait à l'accueil, lui demandant de parler à Matthew Gibson alias le numéro 52422. Suivant le gardien qui l'emmenait vers une salle d'interrogatoire, il laissa parcourir son regard sur les couloirs sombres du bâtiment, se rappelant des souvenirs qu'il n'oublierait jamais… Après cinq bonnes minutes de marche, le Marshall ouvrit une porte grillagée et s'écarta pour lui laisser le passage.
- Attendez ici, agent Granger, on vous l'amène. Si jamais il y a un problème, appelez Ramirez. Dit-il en désignant son collègue non loin de là.
Seul dans la salle d'interrogatoire, Colby commençait à regretter la présence de David. La dernière fois qu'il s'était trouvé dans un endroit comme celui-là, il avait reçut ses dernières instructions en tant qu'agent triple… Des instructions qui avaient bien faillit le tuer, encore une fois. Il fut heureusement sortit de ses sombres pensées par le bruit grinçant de la porte métallique qui s'ouvrait sur deux Marshals et enfin, Gibson. Celui-ci, vêtu d'une combinaison orange vif, semblait plus pale que la mort. De grandes cernes noires dessinées sous ses yeux et son visage fatigué et éteint le rendaient méconnaissable.
- On vous le laisse, appelez nous quand vous avez fini. Déclara Ramirez avant de tourner les talons et de refermer la porte.
Désormais seul face à Gibson, Colby se mura dans un silence inhabituel. Il n'avait pas prévu de discourt spécial, ni aucun sujet de conversation avant de venir. En fait, il n'était même pas sur que cela soit une bonne idée avant de changer d'avis il y a deux heures. Mais maintenant qu'il était là, il ne pouvait plus revenir en arrière et sortir d'ici avant de parler à Gibson. Prenant une grande inspiration, il commença à parler.
- On devait rester à la base… Cette nuit là, en Afghanistan, on devait rester à la base. Mais on a reçut un ordre qui provenait de l'État Major, ils avaient eut ces renseignements par une source anonyme. Quand on est arrivés sur les lieux et qu'on a vu la lumière, on a lancé l'attaque sans réfléchir. Dans notre esprit, vous étiez des Talibans… Alors on a suivit les ordres et j'ai tué ton frère. C'est pour ça que je suis ici aujourd'hui… Je suis désolé Gibson…
Relevant la tête brusquement, Gibson écarquilla les yeux. Visiblement, il ne s'attendait pas vraiment à recevoir des excuses de la part de l'homme qu'il avait essayé de tuer.
- Tu savais depuis le départ que je n'étais pas celui que je prétendais … ? Demanda t'il inutilement à l'agent qui hocha la tête.
- Une intuition…
- Qu'est ce qu'il va se passer pour moi maintenant ?
Colby resta silencieux quelques secondes avant de reprendre sincèrement.
- Le procureur à passé un accord avec la justice anglaise. Tu va échapper à la peine de mort mais tu passeras très certainement le reste de tes jours ici, sans espoir de remise de peine…
Ce fut au tour de Gibson d'hocher la tête.
- Je suppose que je le mérite bien… Et que cette fois c'est à moi de te présenter des excuses…
Quelques minutes plus tard, la porte de la petite pièce s'ouvrit sur Ramirez, qui intima l'ordre de quitter les lieux à l'agent, les heures de visites étant terminées en l'absence d'une demande d'un juge. Soulagé d'avoir réglé les choses, Colby ne se fait pas prier et, après un dernier regard pour Gibson, il suivit le Marshal… Soudain, alors qu'ils entamaient la marche inverse dans le long couloir, un hurlement résonna derrière eux. Le talkie de Ramirez se mit a grésiller et une voix forte en sortit.
- Tentative de suicide, interrogatoire 3, je demande une unité médicale le plus rapidement possible !
Instantanément, l'agent se figea. La salle d'interrogatoire 3… Si sa mémoire fonctionnait toujours alors c'était bien celle qu'il venait de quitter quelques secondes auparavant. Rapidement, suivit de Ramirez, il fit volte face et courut vers la petite pièce grise, où un gardien s'affairait déjà autour du corps inerte de Gibson.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? S'écria Ramirez.
- Il avait une lame ! Je l'ai lâché des yeux une seconde et …
A la seconde où Colby avait aperçut la longue ligne rouge qui barrait la gorge de Gibson, il sut que c'était terminé. Le flot de sang interminable qui s'écoulait de la carotide percée était le signe assez clair qu'il ne restait plus rien à faire. Alors qu'il s'approchait, la main de Gibson saisit la manche de son tee shirt. Il dût rapprocher son visage pour entendre les derniers mots du mourant avant que celui-ci ne lâche son emprise, sa main retombant mollement au sol, alors que le dernier souffle de vie quittait son corps fatigué.
Autour de lui, un chaos inhabituel avait prit place. Trois infirmiers s'affairaient autour de Gibson, tendant par tous les moyens de le réanimer en le choquant, tandis que de nouveaux Marshals étaient apparut, alerté par l'appel de Ramirez. Accroupi sur le sol gris, Colby ne bougeait plus regardant une scène irréaliste se produire sous ses yeux impuissant.
Une main sur son épaule le fit sursauter… David était là, près de lui…
- C'est fini Colby …
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Le lendemain soir, ils avaient tous accepté l'invitation d'Alan, bien trop heureux d'avoir retrouvé sa famille au grand complet pour ne pas célébrer l'événement. Ne pouvant rien refuser au vieil homme, c'est à contrecœur que Colby avait poussé la porte d'entrée, ayant a peine conscience d'être le dernier arrivé. A la seconde où il fit interruption dans le salon, un grand silence s'installa. Gêné d'être le centre de toutes les attentions, il se força à sourire et salua rapidement tout le monde avant de courir rejoindre David non loin de là. A son grand soulagement, hormis Amita qui l'enlaça si fort qu'il crut entendre se briser une côte, un baiser discret de Liz et l'accolade très masculine de Megan, il n'eut pas d'autre démonstration exagérée d'attention.
Cherchant Don du regard, il le trouva dehors, près du barbecue fumant. Celui-ci, une bière à la main, semblait perdu dans la contemplation du ciel d'ébène. Sans faire de bruit, il s'installa silencieusement à ses côtés, suivant son regard sur l' horizon. Quelques étoiles étincelantes contrastaient avec la noirceur du ciel tandis qu'ils étaient bercés par le crépitement des braises.
- Don je …
- Ne dit rien Colby … Je pensais ce que je t'ai dit au téléphone.
Un grand silence pesant s'installa alors entre les deux amis…
- Il s'est suicidé hier …
- J'en ai entendu parler …
- Avant de mourir, il m'a parlé …
- Si c'était pour essayer de te rendre coupable de la situation tu sais très bien ce que j'en pense ! s'exclama Don.
- Je … Non, il m'a juste demandé de te dire … qu'il était désolé pour tout ça …
THE END
