Me revoilà! Grâce à une review, j'ai réalisé que vous donner un petit résumé aurait été une bonne idée. Avec le délai que je vous ai imposé entre mes derniers chapitres, ça n'aurait pas été de trop. Donc je vous en ai fait un qui reprend toute ma fic et qui résume jusqu'au chapitre 22.

Résumé:

Hermione mène une double-vie. Elle est une miss-je-sais-tout à Poudlard, mais durant l'été, c'est une jeune femme pleine d'hormones, qui fait la fête avec ses trois amies. Avant sa rentrée en septième année, elle va dans un bar sorcier où les gens deviennent aveugles et a une aventure torride avec un homme. Au réveil, elle découvre que son inconnu n'était autre que Drago Malefoy. Elle s'enfuit alors, l'empêchant de découvrir sa double personnalité. Malheureusement, dès son entrée à Poudlard, elle découvre qu'elle devra partager ses appartements avec son nouvel amant. La proximité met ses nerfs à rude épreuve, mais elle finit par s'y habituer. Les mois passent dans une semi-entente, tandis qu'Hermione se rapproche de Ron et qu'ils finissent par former un couple.

Noël arrive et les deux préfets doivent organiser un bal pour les élèves plus âgés. De plus, ils se voient imposer la première danse d'ouverture. Ron devient vite irritable et jaloux à l'idée que sa copine danse avec son pire ennemi et face au temps qu'elle passe avec ce dernier. Lors des séances de danse, l'animosité entre Drago et Hermione ressort, mais elle fait bientôt place à une complicité. Le corps d'Hermione répond trop bien à celui de son homonyme à son goût et des souvenirs de leur nuit de folie refont surface. À la fin du bal, Ron et Hermione passent près de coucher ensemble, mais cette dernière hésite, car elle n'est plus vierge. Ron interprète son hésitation pour une peur de sauter le pas et Hermione n'ose pas lui avouer qu'il se trompe sur sa virginité.

Au retour des vacances, un échange entre les élèves de Poudlard et ceux d'autres écoles est fait. Alicia, l'amie d'enfance d'Hermione, débarque à l'école, ce qui cause tout un choc à Hermione. Ron, Ginny et Harry sont aussi surpris, puisqu'ils ignoraient l'existence d'Alicia. Ron prend très mal cette nouvelle découverte et n'apprécie pas beaucoup la meilleure amie d'Hermione, ce qui semble être réciproque. Alicia, qui est au courant de tout, ne comprends pas pourquoi Hermione est en couple avec Ron et qu'elle n'a rien dit à Drago concernant cette nuit là.

Pour la saint-valentin, Alicia décide d'organiser une soirée à l'aveugle dans la salle commune des préfets en chef. Elle rajoute cependant une consigne spéciale saint-valentin, chaque personne se doit d'embrasser quelqu'un durant la soirée, sinon il restera aveugle le lendemain. Ron et Hermione n'arrivent pas à se retrouver et rapidement, elle commence à s'amuser sans lui. Elle boit beaucoup et laisse sortir la Hermione de l'été. En fin de soirée, elle échange un baiser torride avec un garçon qu'elle sait ne pas être Ron et s'enfuit en lui laissant le ruban vert qui attachait ses cheveux. Bien qu'Hermione retrouve Ron avant son réveil et l'embrasse, un froid s'instaure entre les deux.

Bien entendu, c'est Drago qu'elle a embrassé durant la soirée. Ce dernier devient très morose. Il a reconnu l'inconnue de cette nuit-là et ne comprend pas pourquoi elle est partie. Il confit ses sentiments à Hermione, mais elle n'arrive pas à lui dire la vérité. Alicia est toujours avec eux et désapprouve les agissements d'Hermione. Pour sauver son couple, elle décide de coucher avec Ron, mais elle lui avoue tout de façon maladroite et ce dernier s'emporte et la traite de garce, c'est la fin de leur relation. Elle retourne en pleurs dans son dortoir et y trouve Drago qui l'attendait pour la consoler.

Alicia doit partir, mais toujours insatisfaite des choix de son amie, elle s'arrange pour que Drago découvre la vérité. Il ne veut plus parler à Hermione et se sent trahie. Elle comprend qu'elle l'aime et décide de mettre sa petite robe avec les rubans verts pour réussir à lui parler. Dans le corridor en direction de leurs appartements, Drago la 'baise' sauvagement et la laisse là. S'ensuit une dispute dans la salle de bain où Hermione finit par lui avouer ses sentiments. Les jours qui suivent, ils vivent comme un couple, mais Hermione est convaincue au fond d'elle qui ne l'aime pas, puisqu'il ne lui a pas avoué l'aimer aussi. Alors elle ne fait aucun mouvement vers lui. Drago s'en rend compte et finit par l'interroger. Il lui avoue qu'il l'aime et ils décident de former un couple, mais pas devant Poudlard. Emporté par leurs élans, ils se font surprendre entrain de s'embrasser, les vêtements en bataille, par des jeunes Gryffondors.

J'espère que ce petit résumé vous aura rafraîchis la mémoire et vous permettra de profiter de la suite. Bonne lecture :)


Je veillai sur Ron avec mes deux meilleurs amis pendant quelques heures. En fait, il fallu que madame Pomfresh nous chasse de l'infirmerie. Ginny me proposa de dormir dans sa salle commune, mais je refusai. Par contre, ni elle, ni Harry n'acceptèrent un non de ma part quand ils voulurent me raccompagner. D'un certain côté, je leur en étais reconnaissante. Leur présence était apaisante et rassurante. Malgré cela, j'aurais aimé avoir un moment à moi pour réfléchir tranquillement avant de mettre les pieds dans ma salle commune.

Une fois devant le portrait, Ginny me fit une grosse accolade, aussitôt imitée par Harry. J'attendis qu'ils se soient éloignés avant de me tourner vers Rêverie. J'avais vaguement espoir que la petite fille m'aide à trouver un sens à ce qui m'arrivait. Je ne la vis pas, ou à peine une mèche de cheveux. Je l'appelai doucement, mais elle ne vint pas me voir. Je ne savais trop si je devais le prendre personnel. Je soupirai, peu encline à me poser d'autres questions, et murmurai le mot de passe. La porte s'ouvrit, sans que Rêverie ne vienne.

J'eus une nouvelle déception, j'en avais tellement vécu depuis le début de la soirée que je ne pouvais plus compter, quand je trouvai notre salle commune vide et la porte de la chambre de Drago fermée. Même s'il m'en coûtait de l'admettre, j'avais espéré que Drago m'aurait attendue. Je m'étais trompée, comme sur bien des choses sur lui, je devais croire.

Je montai me coucher dans mon lit un peu chamboulée. Malgré ma fatigue, je ne pus trouver le sommeil ne fusse qu'une seule heure. Je me levais souvent pour changer de pyjama, prendre un verre de lait, aller aux toilettes, me rajouter une couverture. J'avais froid, affreusement froid. Bien que le corps de Drago soit froid, il me renvoyait tout de même une certaine chaleur corporelle. Ce soir, il n'y avait que moi et mon chagrin pour me tenir au chaud.

Vers 5h45, j'entendis Drago se lever et se diriger vers la salle de bain. Je retins mon souffle quelques instants, dans l'espoir de le voir surgir dans ma chambre. Il n'en fit rien. Au contraire, je l'entendis barrer les deux portes, pour ensuite entrer sous la douche. J'écoutai le bruit de l'eau qui gouttait sur sa peau et sur le carrelage de la douche. Je gardai les yeux fermés et les lèvres pincées, me forçant à inspirer et à expirer profondément, et ce, jusqu'à ce que j'entende, beaucoup plus tard, la porte de notre salle commune se refermer derrière lui. Alors seulement, je me levai et je me rendis dans la salle de bain.

Le constat que je pus faire une fois devant le miroir était d'une tristesse affligeante. J'avais les yeux cernés, le teint pâle et les cheveux tout emmêlés parce que j'avais passé ma nuit à me retourner dans mon lit. Quand je partis la douche, je sentis l'eau détendre mes muscles tendus. Je n'avais même pas prêté attention à eux avant. Je pris tout mon temps pour sécher mes cheveux et les brosser. J'en pris encore plus pour me maquiller. Je ne voulais pas que ma détresse paraisse, comme je ne voulais pas pleurer. Pour l'instant, j'avais réussi à retenir mes larmes durant la nuit, ce qui était en soi un exploit.

J'avais trop pleuré cette année pour mon propre bien. Et puis, pleurer pour un homme qu'on considère bon est une chose, mais pleurer pour un adepte de magie noire, je ne me le permettrais pas. Pas après avoir passé tant d'années dans la peur de Voldemort, pas après avoir combattu aux côtés de Harry et surtout, pas après avoir triomphé.

J'esquissai un sourire à mon miroir. Il n'était pas très beau, mais c'était le plus beau que je pouvais faire, évidemment. J'étais tout de même fière de mon œuvre. Avec un peu de fond teint, j'avais réussi à me redonner quelques couleurs aux visages, ainsi qu'à faire disparaître en partie mes cernes avec l'aide d'un bon cache-cerne. Mes cils étaient noirs et outrageusement longs, tandis que mon ombre à paupière crème et verte faisait ressortir mes prunelles noisettes. De mes cheveux, oubliée la touffe, ils étaient bien disciplinés et retombaient en cascades brunes claires souples sur mes épaules.

J'enfilai l'uniforme et ma robe de sorcière par-dessus, parce que j'avais toujours aussi froid que durant la nuit, et je quittai ma salle commune. Je passai en coup de vent dans la Grande Salle pour attraper une brioche bien chaude et un jus d'orange et je filai vers l'infirmerie avant que les cours ne commencent. Quand j'entrai, madame Pomfresh appliquait une serviette humide sur le front d'un Ron toujours inconscient. Son sourire était doux et rassurant, mais ses yeux reflétaient une inquiétude mal dissimulée. Je m'installai sur le bout du lit et pris la main de Ron dans la mienne, priant pour qu'il nous revienne aussi en santé que la dernière fois.


Harry passa à l'infirmerie avec un muffin dans les mains. Il s'installa à mes côtés et me tendit ce qui serait mon petit déjeuner. On resta cinq minutes en silence, le temps qu'on avait avant les cours. Avant de partir, Harry serra la main de son meilleur ami dans la sienne, bien fort. Je grignotai mon muffin sans appétit sur le chemin qui menait au cours de métamorphose. Avec Harry, on s'installa le plus loin possible des Serpentards et j'essayai de donner le change. Je souris aux autres Gryffondors et on se joignit aux conversations, argumentant et blaguant. J'évitai la place de Drago, mais je sentais ses yeux qui me scrutaient. Subtilement, je m'accrochai au bras d'Harry, il ne dit rien.

Je jouai le jeu à la perfection jusqu'à la fin de la journée. Nous étions entrain de souper à côté d'un groupe de quatrième année quand un des garçons se tourna vers moi. Il était préfet pour la première fois et se faisait remarquer de tout Poudlard pour son audace.

-Qu'est-ce qui t'arrives aujourd'hui, Hermione? On dirait que tu rayonnes de bonheur! C'est le fait d'être assise à mes côtés?

Je pouffai de rire et lui ébouriffai les cheveux, geste qu'il n'appréciait pas particulièrement.

-Dans tes rêves, Colin.

J'avais une grande affection pour ce garçon, qui mettait toujours de la vie dans nos réunions de préfets. Même s'il était plutôt audacieux, il respectait les règles que j'édictais et prenait son travail au sérieux. Colin restait un gamin rigolo et était facile à vivre. Il me rappelait Harry et Ron quelques années plus tôt. En beaucoup moins gêné!

Quand je me glissai dans mes draps, le sourire aux lèvres en repensant à Colin et à quelques événements plaisants de ma journée, je m'endormis comme une masse. Quelques heures plus tard, je fus réveillée par d'horribles cauchemars, où Drago était en fait Voldemort, où Ron mourrait et venait me hanter, où je tombais dans un puits noir et sans fin. Je faillis laisser mes larmes couler, mais je me retins de justesse. Au réveil, le corps en sueur et les draps humides, je filai dans la douche et tentai à nouveau de masquer les mauvais traitements de ma nuit.


Ça faisait désormais trois jours que Ron reposait inconscient sur le lit d'hôpital. C'était beaucoup trop long. Je n'avais pas fait part de ma théorie concernant Drago et la magie noire à madame Pomfresh, mais je me sentais sur le bord de craquer. Je ne comprenais même pas pourquoi je n'arrivais pas à en parler. Et si mon mutisme nuisait à Ron?

Sur ces sombres pensées, je rentrai à ma salle commune, prête à m'enfermer dans ma chambre pour y faire quelques devoirs avant de tenter sans succès de trouver un sommeil dont je manquais cruellement. J'allais tourner le couloir qui menait à mon portrait, quand j'entendis la voix de Dumbledore.

-Vous n'auriez pas du intervenir, vous en êtes consciente?

-Il allait tout foutre en l'air! Je ne pouvais pas le laisser faire.

La voix de Rêverie était implorante. Face à Dumbledore, elle redevenait l'enfant dont elle avait l'apparence. Une enfant qui se faisait gronder, pour je ne savais quelle raison.

-Vous n'en savez rien, Rêverie. Et puis, on ne peut pas dire que vous ayez eu les résultats escomptés.

Bien qu'il n'était pas en accord avec la jeune fille, Dumbledore utilisait un ton très doux.

-Je n'y comprends rien! Pourquoi réagir ainsi? Elle doit être stupide.

Elle fulminait. Parlait-elle de moi? M'en voulait-elle? Depuis que Ron était dans le coma, je ne l'avais pas aperçue une seule fois dans son cadre. Pourtant, je n'avais rien fait qui puisse la contrarier.

-Vous y êtes tout de même allée un peu fort.

Il riait.

-Je suis désolée. C'est qu'il m'insupporte tellement!

Tous deux rirent de bon cœur, avant que Dumbledore reprenne, le plus sérieusement du monde.

-Rêverie. Je sais que vous voudriez que tout cela devienne vrai, mais... Vous savez que ce ne sera jamais vous, non?

J'entendis un sanglot étouffé, puis plus rien. Si la petite avait dit ne rien y comprendre, alors j'étais du même avis qu'elle. J'étais complètement perdue! Alors je repris ma marche, saluai le directeur qui repartait, glissai le mot de passe à un portrait vide et disparus dans ma chambre.


Drago ne venait plus dans notre salle commune, ou seulement pour filer dans sa chambre, un peu comme moi. Durant la journée, j'avais décidé que je ferais mes devoirs dans notre salon, avec Harry. Ginny avait préférée passer un moment en tête à tête avec son frère inconscient plutôt que de venir faire ses travaux avec nous. Je la comprenais.

On s'était rapidement installés et mis au travail. J'étais tellement plongée dans mes travaux, que je ne remarquai pas qu'Harry avait cessé de se concentrer et me fixait depuis quelques minutes.

-Mione?

-Hum?

Je relevai ma tête.

-Est-ce qu'on peut parler un peu, sans que tu m'en veuilles?

-Bien sûr, Harry. Pourquoi est-ce que je t'en voudrais?

-J'aimerais qu'on parle de Malefoy.

Je me pinçai les lèvres, ça n'augurait rien de bon.

-Tu sais, avant qu'on tombe sur Ron à l'infirmerie, tu m'as dit que tu l'aimais. Tu as essayé de me faire comprendre pourquoi... Mais, si tu l'aimais vraiment, pourquoi tu ne lui as pas laissé le temps de s'expliquer? Pourquoi tu as préféré Ron à lui?

Mes yeux me piquaient.

-Mais Harry...

Ma gorge se serrait, j'avais de la difficulté à parler.

-Ron c'est... Mon meilleur ami... Comment est-ce que je pourrais préférer un adepte de magie noire à mon meilleur ami?

-Mais tu n'es pas sûre qu'il soit vraiment le responsable. Et puis... Qui te dit que c'est de la magie noire? Et si Ron avait attaqué Malefoy? Ou s'il t'a dit la vérité?

-Mais... Drago n'était pas blessé! Si Ron s'en était pris à lui...

-Comment tu fais pour sourire et agir normalement?

J'éclatai en sanglots. Harry voulut me prendre dans ses bras, mais je me retirai. Il resta immobile à mes côtés, les bras ballants.

-Je suis désolé, je n'aurais pas du te dire ça. Ce n'est pas parce que tu ne le montres pas, que tu ne souffres pas. C'est juste que si Ginny et moi... Je ne pourrais pas me comporter comme toi.

Je cessai de pleurer après quelques minutes et on se remit tous les deux à travailler. Harry partit rejoindre Ginny une heure plus tard pour qu'ils passent un moment en amoureux . Quand il fut assez loin, je sortis de ma salle commune. J'avais besoin de prendre l'air et de réfléchir. Je sortis à l'extérieur du château et me promenai pendant une demie heure. Puis je laissai mes pas me guider vers l'infirmerie.

-Elle pense que c'est de ma faute.

Je m'arrêtai net. C'était la troisième fois en une semaine que je surprenais une conversation.

-Pourquoi?

Mon cœur cessa de battre. Je venais d'entendre la voix érayée de Ron. Il était réveillé!

-J'ai demandé à ta sœur, parce que je ne comprenais vraiment rien. Hermione pense que je t'ai jeté un sort de magie noire. Tu ne te souviens de rien?

Drago. Que faisait-il là?

-De rien. Sauf que... Je voulais me battre avec toi.

Il y eu un moment de flottement.

-Pourquoi?

-Parce que tu l'as embrassée... Elle t'aime. Enfin, c'est ce que je pensais.

-C'est ce que je pensais moi aussi.

-Je ne pensais pas que c'était ton cas aussi.

Silence. Un ange passa, puis deux et trois.

-Tu ne te souviens vraiment de rien?

-Je suis arrivé devant ton portrait, j'étais convaincu que tu étais à l'intérieur. J'étais dans une rage noire. Et puis plus rien. Après il y avait Ginny qui pleurait en me serrant la main très fort. Et toi, debout derrière elle, avec une main qui pressait son épaule. C'est le monde à l'envers.

Les deux garçons éclatèrent de rire. Ce n'était pas fort, presque timide.

-J'avais raison de me méfier de toi, quand j'étais encore avec Mione.

-Tu lui as brisé le cœur.

-Je sais... Parfois je lui en veux, d'avoir une autre vie, d'avoir d'autres amies, de ne plus être vierge... Et d'autres fois, je m'en veux tellement que je n'ose pas la regarder en face. Elle a le droit d'avoir vécu tout ça et moi je n'avais aucun droit de lui dire ces choses-là.

-Elle voulait trouver un sortilège, pour être vierge à nouveau.

Ron s'étrangla tellement fort que je l'entendis.

-Je ne savais pas... Elle t'a dit ça?

-J'étais devenu, je ne sais pas trop, son confident?

Le silence, encore.

-Tu ne m'innocenteras pas auprès d'elle, je me trompe?

-Je ne sais pas. C'est toi qui m'a trouvé les deux fois, non?

-Oui.

-Madame Pomfresh me l'avait dit la première fois, mais je n'y croyais pas. Je ne l'ai jamais dit.

-Tu voudrais la ravoir? Hermione?

-Je... Je ne crois pas. On est mieux en tant qu'amis, je pense...

Il prenait tout son temps pour parler, alors que j'avais le cœur qui débattait.

-Comment je peux être sûr que ce n'est pas de ta faute, Malefoy?

-Je suppose que tu ne pourras jamais en être sûr. Vous n'avez jamais voulu croire que j'avais un bon fond. Mais ce n'est pas moi. Je ne l'aurais pas fait, même si j'ai eu des envies de meurtre sur ta personne. Hermione t'aime et je...

Il toussota.

-tu sais...

-Je vais peut-être plaider en ta faveur. Mais si elle doute si facilement...

Je rebroussai chemin. J'avais épié leur conversation. J'en avais tellement appris en l'espace de quelques minutes. Pourquoi m'étais-je compliquée la vie ainsi? Drago m'aimait. Pourquoi avais-je eu besoin de tout compliquer?

La réponse était simple. Je ne pouvais pas croire à mon bonheur. C'était tellement improbable, surtout avec Drago Malefoy, que je m'étais jetée sur la seule preuve qui l'incriminait. En fait, ce n'était pas seulement avec Drago. Dans toutes mes relations, je réagissais de la même façon. Avec les garçons, en première année, quand j'avais surpris leur conversation et leurs propos dirigés envers ma personne; avec les filles, quand j'étais revenue de ma première année à Poudlard, convaincue qu'elles ne voudraient plus de moi; avec Alex, refusant d'envisager l'idée d'une relation à distance; avec Ron, en pensant à tout ce que je lui avais caché et à ma nuit avec Drago... J'en oubliais sûrement, parce que ça faisait partie de mon caractère, cette peur, cette incapacité à accepter le bonheur avec facilité.

C'était sûrement la première fois que je prenais pleinement conscience de ce trait de personnalité qui était le mien. Je savais que j'étais une miss-je-sais-tout. Je savais aussi que je pouvais être frivole et fofolle. Mais nos défauts, surtout quand on les retrouve dans les deux parties de nous, on ne veut jamais se les avouer.

J'étais de retour dans mon dortoir et je contemplais le feu en essayant de me vider la tête. Maintenant que je savais que j'étais une anxieuse compulsive, je pouvais tenter de régler ce vilain défaut. J'allais parler à Drago. J'allais lui expliquer mes peurs et si j'y parvenais, lui avouer le fin fond de ma personne imparfaite.


Ma tête dodelinait lentement et mes paupières étaient lourdes. Mes pensées étaient brumeuses. Le bruit d'une porte s'ouvrant me fit sursauter. Je me relevai vivement et je me plantai devant Drago, qui fut pris par surprise. Quand il posa ses yeux sur moi, son visage était fermé. L'éclairage du foyer faisait danser des flammes sur sa peau blanche.

-Je suis désolée.

Il ne bougea pas, son visage ne trahissait aucune émotion.

-J'aimerais te parler, me faire pardonner. Je...

Devant son regard vide, je perdais tous mes moyens. J'aurais voulu qu'il réagisse. À ce moment là, je souhaitais presque que la rage qui l'avait animé plusieurs jours de cela refasse surface. Cette fois où il m'avait baisé dans un corridor. J'étais désespérée pour en venir à un tel constat, car l'expérience avait été plutôt salissante.

-Comment l'expliquer. Je... Ne voulais pas croire que c'était possible. Ou plutôt, je ne pouvais pas. J'avais entendu Ron dire qu'il voulait ta peau... Et puis la dernière fois, quand il avait perdu connaissance, tu l'avais injurié la journée même. Alors j'ai cru que c'était toi. Je ne pouvais pas... Choisir un mangemort...

-Il passe toujours avant.

Une voix sans ton, sans expression. Il me contourna et se dirigea vers sa chambre.

-Mais c'est toi que j'aime.

Un sanglot m'échappa. Il continua à marcher, deux secondes. Avant de s'arrêter. Il était toujours dos à moi.

-Tu en es sûre? Parce que quand on aime quelqu'un, on lui fait confiance, on le fait passer en premier... Et on souffre de sa perte, non?

Je fis quelques pas vers lui.

-Pourtant, tu n'as fait aucune de ces trois choses. Par contre, envers Ron...

Deux pas encore, et je me collais contre son dos, passant mes mains autour de sa taille. Il tressaillit. Je profitai de l'instant pour humer son parfum.

-Je ne suis pas comme toutes les filles. Je suis pleine de problème, je me fais des films et je suis incertaine. J'ai une grosse tête dure et je déteste montrer mes émotions négatives. Je veux être forte, je veux faire les bons choix du premier coup et résultat, je fais tout foirer. Mais je t'aime, Drago.

Je le sentis se détendre dans mes bras.

-Dis, est-ce que tu veux encore de moi?

Il rit, très bas, mais il rit. Et il se retourna vers moi, avec ces beaux yeux gris un peu tristes, quelques peu rassurés, où pointait une once de malice et peut-être une goutte de désir.

-Je suppose que je ne suis pas mieux moi non plus... Quoique... Si!

Je lui tirai la langue. Monsieur était sans conteste un petit Serpentard prétentieux, mais c'était mon préféré. Pendant que je me faisais cette réflexion, il pencha la tête vers moi et m'embrassa. Un nouveau brouillard m'envahit et je m'abandonnai à lui.

-Si tu savais comme tu m'as manqué...


Le lendemain matin, après avoir pris un copieux déjeuner que les elfes nous avaient gentiment préparé, je partis vers l'infirmerie. Drago avait été super. Pendant que je grignotais mon croissant, il m'avait annoncé que Ron était sorti de son sommeil comateux, une certaine appréhension dans les yeux. Je n'avais pas eu le courage de lui mentir, me souvenant que je l'avais trop souvent fait par le passé et que ça ne nous avait jamais été bénéfique. Alors j'avais été honnête, je lui avais dis que j'avais surpris leur conversation. J'avais vu son morceau de fraise passer de travers dans sa gorge en lui annonçant. Pourtant, il ne m'en voulait pas.

Il aurait sûrement du, parce que je m'étais permise d'écouter aux portes, mais surtout parce que j'avais eu besoin de cette discussion pour revenir vers lui. Je lui avais dit ce que je pensais de moi, ce que j'étais sûre qu'il pensait. Il m'avait dit que l'important, c'est que je l'ai choisi lui. Selon lui, j'aurais pu rentrer dans l'infirmerie pour m'occuper de Ron. Il avait peur que le rouquin soit plus important pour moi que lui l'était. Il avait peut-être raison d'avoir peur, vu mes actes, mais ce n'était pas vrai. Moi aussi, j'avais douté de moi, tout comme Harry, mais je ne pouvais pas m'y résoudre. C'était là, en dedans de moi, c'était fort et c'était pour Drago.

Malgré tout, je devais aller voir Ron. Parce que je voulais m'assurer qu'il aille bien, mais aussi parce qu'il était temps qu'on parle sérieusement et qu'on mette les choses au clair. Quand j'entrai dans l'infirmerie, Ron essayait (vainement) de négocier une sortie rapide du lit et un retour à sa vie normale. C'était peine perdue, madame Pomfresh était beaucoup trop mère poule pour le laisser filer. J'allai m'installer sur le lit de Ron, pendant que l'élève et l'infirmière finissaient d'argumenter. Puis Pomfresh nous laissa seuls.

-Alors, comment tu vas?

-Ça va... Et toi, Mione?

Je lui souris, comprenant le sous-entendu.

-Ça va aller une fois qu'on aura parlé, tous les deux.

Il hocha la tête.

-Je suis désolé, pour tout ce que je t'ai dit... Tout ce qui s'est passé entre nous... Mais, j'aurais aimé savoir, tu comprends? C'était comme un rêve de gosse, que toi et moi ça fonctionne, et j'avais idéalisé le tout. Ça me semblait improbable qu'on ne vive pas ça ensemble... Et peut-être tout le reste aussi.

-Oh, Ron! Si tu savais comme j'aurais voulu. On aurait fait un beau couple, mais...

-On fait de bien plus beaux amis il faut croire.

-Je suppose, oui.

Quelques secondes passèrent avant qu'il reprenne la parole, timidement.

-Est-ce que je peux te demander ce que tu lui trouves de plus que moi?

-Tu es sûr que tu veux savoir Ron?

Il prit le temps d'y réfléchir, et hocha affirmativement la tête. Je me pinçai les lèvres et tournai ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler. Je devais bien peser chacun de mes mots.

-On parle très facilement ensemble. Il ne me connait pas comme toi ou Harry et j'ai l'impression de pouvoir être entièrement moi-même avec lui. On a joué à se blesser tellement de fois ces dernières années, qu'il n'y a pas grand chose qu'on a honte de se dire.

-Comme de lui dire que tu n'étais pas vierge et que tu envisageais la possibilité de le redevenir.

On fut tous deux surpris par ses paroles. Je ne savais pas trop si je devais en être choquée, surtout que j'avais bien senti le reproche. Pourtant, je voyais bien qu'il regrettait d'ores et déjà ses paroles.

-Comme ça, oui. Tu m'as posé la question, Ronald.

Mon ton était le plus neutre possible. Je ne voulais pas lui faire des reproches à mon tour, mais je ne voulais pas non plus passer son commentaire sous silence.

-Désolé. Autre chose?

-Que tu n'as pas? Ses cheveux, ses yeux...

Je le regardais malicieusement tout en additionnant les différences inutiles qu'il y avait entre eux, les comptant avec mes doigts. Il me sourit en retour.

-Ron... Qu'est-ce qu'on devient? On était amis, on était un couple, on était en froid... Et maintenant?

-Amis, si tu veux bien.

Il releva un sourcil, peu sûr de lui.

-Bien sûr que oui, espèce d'idiot!

Je lui ébouriffai les cheveux, parce qu'il avait l'air d'un enfant et que ça me semblait tout naturel à faire. Ses cheveux roux étaient en broussaille, ses yeux verts étaient fatigués, mais ils étaient aussi rieurs, sa bouche s'étirait en un doux sourire et ses tâches de rousseur le rajeunissaient. J'étais heureuse de retrouver mon meilleur ami. J'étais prête à partir et à le laisser entre les mains de madame Pomfresh, quand la voix de Ron me retint.

-Il est venu hier. Ginny s'est déjà accoutumée à lui on dirait. Il m'a dit que tu m'avais choisi. Ça me fait chaud au cœur, mais je ne crois pas que tu doives te faire autant de mal. Il t'aime, même si ça m'en coûte énormément de le dire.

Il se passa une main dans les cheveux en riant un peu jaune.

-Est-ce que tu vas te remettre avec lui?

-C'est déjà fait.

Il hocha la tête et la cala dans son oreiller.

-Tu m'en veux?

-Je n'ai pas vraiment le droit, non? Franchement, j'aurais préféré que tu n'aies personne d'autre avant... Une éternité! Mais c'est un peu irréaliste et surtout égoïste de ma part. Et puis, je n'aurais jamais cru que Malefoy... Il t'aurait fallu un garçon doux et super attentionné, ce que je n'associe pas à Malefoy. Mais il te rend heureuse, alors non, je ne t'en veux pas.

J'avais envie de pleurer, parce que ce que Ron disait me touchait. J'avais eu besoin, durant ces derniers mois, de l'entendre prononcer de tels mots. Mon meilleur ami m'avait manqué, je n'étais qu'humaine, j'avais besoin de l'acceptation de mon meilleur ami pour me sentir bien et pour profiter pleinement de mon bonheur. Maintenant je l'avais.

Je retenus mes larmes de mon mieux, déposai un chaste baiser sur sa joue et je partis affronter la journée qui commençait.


Alors, comment avez-vous trouvé ce chapitre?