EPILOGUE

Quelque part dans Londres, les doigts de Severus Snape se crispèrent violemment sur la main de Julie Casadano. Il neigeait fort, le temps était maussade ; un parfait reflet de l'atmosphère qui régnait dans la ville. Les « accidents », les agressions, les disparitions se multipliaient de plus en plus. « Il t'appelle, c'est cela ? Demanda-t-elle en connaissant par avance la réponse.

La mâchoire de l'agent double était tendue à l'extrême. Elle lui avait pourtant maintes fois répétés qu'il n'avait pas à ravaler sa douleur devant elle lorsque la Marque se faisait sentir mais il était borné. Elle se pressa contre lui.

-Ils ne devraient plus tarder, je peux attendre seule, le rassura-t-elle. Ne le fais pas trop attendre. Et puis, c'est mieux que tu ne viennes pas, ça te fera moins de souvenirs à occluder.

Il tourna la tête vers elle: dans son regard se mêlait la gratitude qu'elle s'inquiète pour lui, l'appréhension de la laisser ici mais, surtout, l'amour qu'il ne cessait d'éprouver. Ils échangèrent un rapide mais brûlant baiser et Severus transplana.

Pour ne pas congeler sur place, Julie se mit à faire les cent pas. Comme Severus l'avait craint, leur voyage dans le temps avait bouleversé les évènements. Tout d'abord, Nathaniel Malfoy n'était plus un prisonnier d'Azkaban comme autrefois, il courait dans la nature, sans doute caché dans le Manoir familial. Julie s'était jurée qu'elle l'affronterait de nouveau et qu'elle lui règlerait son compte un jour prochain. Ensuite, puisque la Chambre des Secrets avait été découverte et le Basilic tué, la deuxième année du célèbre Harry Potter s'était déroulée sans la moindre anicroche ni la moindre attaque de Voldemort. Même si cela était plutôt positif, cela voulait dire que le journal ensorcelé- dont seuls Mélanie, Severus et elle pouvaient se souvenir désormais- traînait quelque part, Merlin savait où, et cela ne la rassurait pas. Signe que le destin s'attardait tout de même à conserver quelques détails secondaires, Gilderoy Lockhart avait été démasqué pour sa fraude malgré tout : une cousine éloignée d'une des victimes s'était manifestée et le scandale avait pris des proportions inégalées. En-dehors de cela, rien ne semblait avoir trop bougé ; et heureusement, car le peu de fois où quelqu'un faisait référence à une anecdote d'un passé que ni Severus, ni Julie, ni Mélanie ne connaissaient, on les regardait avec suspicion ou étonnement devant leur « amnésie ».

Enfin, les silhouettes attendues apparurent au bout de la rue. Chose nouvelle, Mélanie et Sirius se tenaient par la main. Les deux femmes auraient des choses à se raconter ce soir ! Julie salua Dumbledore, Maugrey, Tonks et Lupin. Elle leur fit prendre deux petites rues avant de ralentir au milieu de la troisième, entre deux poubelles fortement odorantes. Le mur était taggué d'un graffiti somme toute banal mais Julie marmonna une formule inintelligible. Les lignes du graffiti se mirent à bouger sur le mur et s'alignèrent pour former les contours d'une porte. En posant sa main dessus, le mur bascula et ouvrit un passage dans lequel l'Ordre s'engouffra. Il leur fallu à tous un Lumos pour se diriger à travers le labyrinthe de couloirs, construit exprès pour égarer les non-initiés. Enfin, ils débouchèrent sur une nouvelle porte en métal, nécessitant elle aussi un mot de passe. Ils arrivèrent sur un balcon surplombant une énorme salle voûtée en pierre. « Par Merlin ! » Jura Maugrey en regardant en contrebas la centaine de têtes pivotant vers eux. « Vous avez un Ordre, Dumbledore, lança Julie à voix basse. Mais nous avons une Armée. ». Une centaine d'hommes et de femmes se tenaient là, arborant tous la même tenue de combat mais par catégories de couleur : bleu et blanc, rouge et noir, vert et noir, pourpre et doré et tant d'autres combinaisons.

-Voici FALCONE, déclara l'Auror aux cheveux bouclés d'un ton fort et solennel, les Forces Alliées Libres du Continent Européen. Et nous sommes prêts pour la guerre.


Cette fois, c'est bel et bien la fin ! Mais une fin ouverte laissant de grandes possibilités ;)

Si vous avez réussi à lire jusqu'ici, je vous félicite et vous remercie GRANDEMENT.

J'espère que mon histoire vous aura plu, vous aura fait passer par toutes les émotions possibles et que vous en garderez un bon souvenir !