Bonjour à tous, voilà le chapitre 25, comme toujours merci à vous tous de me lire et j'espère que la suite continuera de vous plaire ! Dans ce chapitre... et bien je ne sais pas quoi dire, de peur de trop en dire justement, alors je vais juste vous souhaiter une bonne lecture et vous dire que c'est encore et toujours un plaisir d'écrire cette histoire et de vous la partager ^^
IKNOX3 : enjoy ; )
Charliee3216 : Je suis contente qu'ils fassent palpiter ton coeur c'est aussi mon cas quand j'écris ces passage x) Je suis super contente de ce que tu dis, c'est exactement que ce je veux monter, qu'il tient à elle sans oser le dire ou vraiment le montrer. Et oui Zabini... et bien... c'est maintenant que je te dis merci beaucoup et que je te souhaite une bonne lecture !
Swangranger : Merci à toi !Je suis contente que l'action t'es plu ! Oui j'aime les moment tout doux tout chou ! J'espère que la suite te plaira, bonne lecture et à bientôt !
ChristinePotterHead : Merci beaucoup ! Moi aussi j'adore Zaibini :3 merci beaucoup ça me touche vraiment ce que tu dis (et ca me gêne aussi je l'avoue je sais pas trop quoi dire) En tout cas je te souhaite une bonne lecture, à très vite !
Lisou (chap 23) : Tu m'étonnes, ma famille est italienne, et si je n'avais pas travaillé cet été je serais partie dans ma maison en Sardaigne ou ma mère y est avec mon frère et pareille elle me dit il fait trop beau et chez moi il pleut tout les jours en fin de journée x( En tout cas bon appétit même si c'est passé depuis un moment maintenant j'espère ton burger était bon ! Merci beaucoup en tout cas ta review me fait super plaisir ! Moi j'adore Sevrus depuis la lecture des livres (que j'avais commencé à lire avant de voir les films) et du coup mon coeur à battu fort pour lui de rage et l'amour et maintenant je l'aime fort ! Comme tu dis, son perso n'est pas travaillé sur toute ses facette et tout le temps un mystère plane autour de lui, il est très complexe et en même temps, son caractère se prête à toute forme d'interprétation... je ne sais pas si je suis très claire mais bref, j'adore Rogue moi ! Merci beaucoup encore une fois !
Lisou (chap 24) : Merci beaucoup ! je suis super contente que tu ai "triper truc de gros malade" ça me fait super plaisir (avec un sourire niait) merci merci ! Je suis également contente de t'avoir surprise avec Blaise ! Je suis désolée de t'avoir fait t'ouvrir les mains bisous magique dessus ! Bonne lecture et à très vite, merci encore et toujours :3
Ils étaient ensemble, dans les bras l'un de l'autre. Il tenait sa main droite à hauteur d'épaule, leurs doigts enlacés. La valse était lente, douce et belle. Comme elle. Elle posa sa tête sur son torse et il soupira d'aise. Il avait le nez dans ses cheveux, son odeur l'enveloppait de tout son être. Il lâcha sa main, pour passer la sienne dans sa nuque. Il caressa la peau de son cou. Des petits cheveux, courts, fin, doux, comme ceux d'un bébé, lui chatouillait le bout des doigts. Il huma encore une fois son odeur sucrée et sourit. Elle ne pleurait pas. Il la sentait sourire contre son torse. Ils ne dansaient plus. Ses phalanges s'enroulaient autour des petits cheveux, comme pour en redessiner les boucles. Il embrassa le haut de son crâne et se recula quelque peu, prenant son visage en coupe pour la regarder. Elle était belle. Incroyablement belle. Sa peau brillait sous la Lune, ses yeux marron-jaunes en amandes pétillaient, elle avait l'air heureuse. Elle portait la robe. La robe du bal de Noël de quatrième année. Sa robe lilas tirant sur le bleu. Elle avait la même coiffure aussi. Mais, elle n'avait plus quatorze ans. Elle en avant dix de plus. C'était l'Hermione qu'il avait appris à connaitre. Qu'il avait découvert. Et Merlin, Merlin, qu'il avait envie de l'embrasser.
Elle passa une main sur la joue du garçon qui eut encore plus envie de s'emparer de ses lèvres. Il lui sourit, elle aussi. Son pouce caressa sa joue. Il se pencha vers elle, elle leva légèrement la tête vers lui. Elle souriait encore quand leurs lèvres entrèrent en contact. Leur bouche semblait être faite pour s'embrasser. Le balai qu'elles avaient entrepris était féerique. Fantastique. Extraordinaire. Explosif. Magique. Il sentait son corps se réveiller. Il la voulait. Et quand il passa une main légèrement entreprenante sur sa hanche, elle gémit. Encouragé, il la souleva le Terre et après quelque pas en arrière, il tomba assit sur le canapé avec la brunette sur ses genoux. Pas un seul instant ils n'avaient rompu le contact de leurs lèvres. Il avait une main sur sa cuisse et quand il la remonta un peu plus haut, elle lui mordit suffisamment fort la lèvre pour le faire saigner. Il s'écarta légèrement surpris. Elle ne souriait plus. Plus du tout. Elle avait l'air tétanisé. Ou plutôt, pétrifié. Sa peau était devenue froide. Elle était pâle comme la mort.
-Hermione ? Demanda-t-il légèrement effrayé.
Elle ne répondit pas et tomba en arrière, trop vite pour qu'il la rattrape. Elle heurta le sol dans un bruit exagéré et il entendit le craquement d'un os se briser. Le son le révulsa mais il se jeta sur elle. Il la retourna et vit que l'arrière de son crâne était ouvert. Elle saignait beaucoup trop pour que ce soit vrai, mais il sentait la panique le saisir. Il allait hurler d'effroi, de colère, de peur, mais c'est elle qui cria. Ces cris… Il plaqua ses mains sanglantes sur ses oreilles. Mais cela n'eut aucun effet. Les cris venaient de l'intérieur de sa tête. Il ferma les yeux et appuya encore plus fort. Il ne voulait pas les entendre. Il voulait qu'elle se taise. Il en avait trop entendu déjà. Ces cris étaient déjà gravé dans sa mémoire, il ne voulait plus les entendre.
-TAIS-TOI ! Hurla-t-il en ouvrant les yeux.
Mais elle ne fit rien de tel, au contraire, elle sembla crier plus fort. Il eut un mouvement de recul et il tomba au sol. Elle n'avait plus de robe, plus de chignon travaillé. Elle était au sol, dans des vêtements déchirés, pleins de sang. Elle se tordait dans tous les sens. Elle pleurait, criait. Sa tête frappait le sol à la mesure des soubresauts de son corps. Il plaqua ses mains sur son visage.
-PITIÉ TANTE BELLA ! STOP ! LAISSE-LA ! PREND MOI A SA PLACE, NE LUI FAIT PLUS DE MAL ! Cria le blond, recroquevillé au sol à son tour.
Lui aussi pleurait, et le visage à quelque centimètres de celui de la brune, il voyait une larme couler le long de sa joue. Il voulut tendre le bras vers elle, mais son corps ne lui répondait plus.
-FERME-LA TRAÎTRE ! Répondit la voix grave et caverneuse de sa tante. Il leva les yeux, elle était penchée sur lui et son visage était déformé par la colère. Tellement près qu'il sentait son souffle contre sa peau. COMMENT OSES-TU APPROCHER PAREILLE IGNOMINIE ?! COMMENT OSES-TU SALIR DE SANG DES BLACK AVEC CETTE SALE SANG DE BOURBE ?! TU MÉRITES DE MOURIR, AU MÊME TITRE QUE CETTE ERREUR DE LA NATURE VOLEUSE DE MAGIE !
Il allait répliquer, mais les mots le sortaient plus. Il essayait de crier mais son cri s'étouffait dans sa gorge comme si on lui avait lancé un sort. Paniqué il tourna la tête vers la brune. Elle avait l'air morte. Le sang, les larmes, la terre et la bave se mélangeaient sur son visage. Il senti son cœur se serrer. Il tâtonna à la recherche d'un contact avec elle mais quelque chose lui écrasa la main.
-ENDOLORIS !
Hermione cria de plus belle et il éclata dans un nouveau sanglot.
-J'en croquerais bien un bout.
La voix de Greyback lui arracha un cri de surprise et d'horreur. Il se redressa. Une vingtaine de silhouette sans visages formaient un cercle autour de lui, et du corps tremblant d'Hermione à ses côtés.
-Endoloris ! Cria à nouveau sa tante, bientôt rejoint par les hurlements déchirant de la brunette, et les rires grossiers des autres.
-Moi je lui couperais bien la langue !
-On pourrait lui crever les yeux ?
-Lui couper la tête !
Tout le monde se mettait à proposer quelque choses et il avait beau essayer de répondre, rien ne sortait de sa bouche. Même l'air semblait avoir du mal à passer. Il s'étouffait avec ses paroles, c'était atroce, la douleur était lancinante. Tout à coup il fut pris d'une colère, une colère sans nom, sans précédent. Une rage terrible. Un homme avait proposé quelque chose de tellement ignoble qu'il perdit tout contrôle de son corps. Il se voyait, comme spectateur de son propre carnage, tuer tous ceux qui menaçaient la vie d'Hermione. Il détruisait toute vie, il réduisait tous les corps à de la charpie. Plus il tuait, plus la foule semblait se densifier.
A chaque coup, il sentait son corps devenir plus gros, plus fort. Chaque griffure, revers de queue et coup de dents devenaient plus violent, animal, sauvage. Et en même temps, plus précis, plus net, plus calculé. Il n'avait même pas calculé sa transformation, il ne savait pas quel forme il avait vraiment. Il voyait juste ses pattes aux énormes griffes et ses crocs énormes lacérer la chaire devant lui.
Le corps de la brunette, au sol, se recouvrait lui aussi de sang des victimes de Drago. Ses vêtements en étaient imbibés, comme ses cheveux. Elle présentait tellement d'éclaboussures rouges qu'on ne distinguait plus la couleur de sa peau.
-Rassure-moi, tu le sais, que tu es ridicule ?
Il sursauta et chercha d'où venait cette voix. Blaise Zabini, penché sur lui, le regardait avec un air de totale incompréhension. Il sauta sur ses pieds et chercha Hermione des yeux. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait. Il se souvenait pourtant parfaitement ce qu'il venait d'arrivé. Mais là, il était dans la salle commune des Serpentard. Vide. L'horloge affichait 4h30. Il avait une bouteille de Whisky Pur Feu dans la main. Vide. Il reporta son attention sur l'italien qui le dévisageait avec un air inquiet. Drago fronça les sourcils. Il se rappelait plus ou moins de ça. C'était comme un souvenir. Une sensation de déjà-vu.
-Pourquoi tu fais ça ? Je commence à en avoir marre de te ramasser à la petite cuillère toutes les nuits. Se la coller à plusieurs, O.K. mais seul, au milieu de la nuit… Ça signifie que des problèmes.
Il ne répondit pas. De toute façon il ne pouvait pas, il tenait à peine debout. Il s'en souvenait. Ou plutôt, son subconscient s'en souvenait, maintenant qu'il en rêvait. Plus ou moins. En vrai, dans le souvenir, il n'avait pas répondu non plus. Appuyé sur son camarade, ils avançaient dans le couloir du cachot menant au dortoir des garçons. Il ne contrôlait plus rien. Enfin, ce n'était pas comme si c'était le cas avant.
-La prochaine fois, ais au moins la courtoisie de me réveiller quand tu prends une cuite avec mes propres bouteilles. Rajouta Blaise d'une voix plaintive. Cette bouteille était un cadeau de mon oncle pour mon anniversaire, je vais boire quoi moi, maintenant ?
Drago ne répondit toujours pas. Il était bourré. Conscient d'être en plein rêve, mais bourré quand même.
-T'as le droit d'être mal. Je suis désolé pour ton père mec, mais c'est Potter qui l'a fait mettre en prison. Te mets pas minable à cause de Potter, c'est tellement contre-productif !
-Potter. Répéta la voix ivre de Drago, crachant au sol. La bouteille vide explosa dans sa main, sous la pression qu'il lui imposait, lui déchirant la chair.
Il se réveilla en sursaut avec un mal de crâne fulgurant. Les yeux à peine ouverts, il les referma aussitôt. Ses pensées étaient vagues, comme ses souvenirs de la veille. Le souvenir de son rêve était cuisant. Il avait mal au cœur, mal au ventre, envie de vomir. Il avait plusieurs fois rêvé du jour où elle s'était faite torturée devant lui, mais pourtant, cette fois plus que jamais, il en était touché. Plus ou moins normale, si l'on prenait en compte la suite du rêve, et que cette fois, il ne se contentait pas de revivre la scène de loin. Il y était en plein cœur.
Et Zabini. Il avait oublié ça. Enfin, il avait probablement décidé d'oublier. Et l'alcool l'avait amplement aidé. Il ne comprenait pas la signification de ses rêves. Le manoir, les hommes voulant la tuer, la salle commune. Un an séparait ces deux souvenirs et pourtant, maintenant il s'en rappelait incroyablement bien, l'un comme l'autre. Malgré l'alcool pour l'un des deux.
Après ce soir-là, où pour la dixième fois, peut-être plus, Blaise Zabini l'avait retrouvé ivre mort sur le tapis, devant la cheminé, il lui était arrivé de boire avec lui, une fois. Peut-être parce qu'il avait, en effet, prit la bouteille de l'italien sans aucun état d'âme, enfin, sur le coup. Mais le lendemain, quand il avait déjà bu une grande partie de la nuit, il avait posé une de ses bouteilles nouvellement acquises sur la table de nuit de son camarade qui, le lendemain, était venu la boire avec lui. Sans un mot, sans une question, juste une présence. Comme avec Hermione au début, songea-t-il.
En vérité, il buvait à cause de la mission que Voldemort lui avait confiée. Pas pour son père. Enfin, pas vraiment. Car s'il n'avait pas été en prison, il n'aurait peut-être pas été marqué si vite. Même si bien sûr, son père en avait été fier. Drago avait compris que l'échec de son père au ministère avait été reporté sur lui, et que c'était pour ça que Voldemort lui avait confié une mission si dure en le menaçant. Il buvait comme un trou, pour oublier. Oublié que son père était loin et qu'à cause de lui, sa mère était seule au manoir, avec Voldemort et ses sbires, Bellatrix incluse. Il buvait pour dormir. Enfin, pour s'assommer, serait plus exact, puisqu'il n'arrivait pas à dormir, justement. Mais, ça, personne ne le savait, pas même Blaise.
Il avait mal à la tête et il ne comprenait pas ce qu'il était censé déduire de ses rêves. Et pourquoi avait-il rêvé de ça ? Les souvenirs se mélangeaient. Avait-il vraiment vu son ancien camarade chez son parrain décédé ? Ou était-ce un mélange de rêve et de réalité provoqué par son cerveau blessé.
Il se rappelait ce qu'il s'était passé chez Rogue... jusqu'à Blaise Zabini. Mais pas de la manière dont ils avaient fuis ou arrivé ici. "Ici" était d'ailleurs un terme un peu vague. Il se savait dans la tante, ça c'était un acquis dont il était sûr, sans avoir besoin d'ouvrir à nouveau les yeux. Mais de là à savoir où la tante avait été plantée...
En revanche il avait une certitude : sa tête avait pris un coup violent. Très violent au vue de la douleur dont il était victime. Assez violent pour qu'il oubli comment est-ce qu'ils s'en étaient sortis. Pas en transplanant. Ça aussi c'était un fait.
Tout à coup il se redressa, prit de panique. Ou était-elle ?! Sa douleur, momentanément annihilé, il ouvrit les yeux et bondit sur ses pieds en tâtant ses poches à la recherche de sa baguette. Il fut pris d'un vertige mais il était trop terrifié à l'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose pour vraiment s'en rendre compte. Il sortit sa baguette magique et tout en s'appuyant sur ce qu'il y avait sur son chemin, il se dirigea vers l'entrée de la tante qui lui semblait s'éloigner de plus en plus. Il essaya d'activer le lien ou même de ressentir sa présence par la magie, comme ça avait pu arriver, mais cela n'eut pour effet que d'intensifier son mal de tête ainsi que de le faire saigner du nez. Il était lent et maladroit.
Il ne comprenait rien. Et la sortie lui semblait si dure à atteindre... S'en était-il sorti... sans elle ? Non. Impossible. Jamais il n'aurait fait une chose pareille. Alors pourquoi ce mal de tête ? Si elle avait été là, elle l'aurait soigné, non ? Et si c'était bel et bien le cas, qu'elle l'avait soigné, pourquoi avait-il toujours mal ? Est-ce qu'il avait lui aussi reçut un sort qu'elle ne connaissait pas et donc, qu'elle était dans l'incapacité de le soigner ? Et s'il s'en était tiré seul, pourquoi y avait-il une odeur de vanille et de miel si forte ?
Il s'immobilisa appuyé sur un petit meuble. Juste à côté de la sortie. Inspira profondément et retient son souffle.
L'odeur était sur lui. Fraîche.
Il expira bruyamment de soulagement.
Fouillant sa mémoire, il ne trouva rien se rapportant à ce qu'il avait bien pu arriver ces dernières heures, mais constata quelque chose. Il n'avait jamais aussi bien dormi de toute sa vie. Malgré la douleur, il avait le sentiment d'avoir passé une nuit douce... agréable. Comme s'il avait dormis avec son patronus couché contre lui. Un hoquet de surprise s'étrangla dans sa gorge. Pas avec son patronus. Avec elle.
Son cœur s'accéléra. Ou était-elle ? Merlin, faite qu'elle aille bien... Il ferma les yeux. Il ne se sentait pas bien, pas bien du tout. Ou était-elle... Hermione...
« Ou es-tu... »
Son cœur, qui battait déjà bien trop vite, s'emballa de plus belle. Il avait peur. Très peur. Mais... ça n'était pas vraiment sa peur. Elle. C'était elle. Il ne savait pas comment, mais il le savait. Et soudain, tout disparut. La douleur à la tête, la sensation d'engourdissement, les nausées, les questions. Il n'y avait qu'elle. Il ne sut pas vraiment que qui le poussa à faire ça, mais il le fit.
-Expecto patronum.
La dragonne était là. Elle avait grandi, elle devait faire la taille d'un gros chien maintenant, et se tenait d'ailleurs assise devant lui, ses ailes ramené contre son corps, la qu'eux enroulé autour de ses pattes avant, battant nerveusement le sol. Son visage habituellement doux, adorable et tendre, était totalement différent. Sérieuse, intelligente, dangereuse, effrayante, prête à agir. Il en resta stupéfait pendant une seconde avant de se ressaisir.
-Guide - moi. Demanda-t-il d'une voix pressante, mais ce n'était en rien un ordre. Plus une supplication.
Elle déploya ses ailes et fila, traversant la toile de tente sans problème. Il courut dehors en glissant sa baguette dans sa poche, se métamorphosant en même temps en aigle. Il s'envola à ses côtés. Ou presque. Elle était plus rapide. Elle était plus grosse que lui, et ses ailes maintenant dépliées, encore plus imposante, battaient l'air avec plus de vivacité que les siennes.
Ses yeux étaient rivés sur son patronus, tandis que ses pensées se focalisaient sur Hermione. Il essayait de la trouver, de repérer sa magie. Même si une partie de lui ne pouvait s'empêcher de remarquer la longueur des griffes qu'elle sortait et rentrait, au rythme de ses battements d'ailes. Elle avait beau être faite de lumière, elle faisait peur et elle était impressionnante.
Et s'il avait pu penser à une troisième chose, il aurait réalisé que plus il la regardait, plus il perdait ses plumes pour revêtir un manteau d'écailles rugueuses et que ses ailes étaient de plus en plus translucide, mais pas moins épaisses, comme celles d'une chauve-souris. Et tout ça, en gardant la forme d'un aigle. S'il avait pu, mais ce ne fut pas le cas.
Elle finit par plonger en pique vers une petite cascade. Mais elle ne se posa pas à côté, elle la traversa, et sans hésité un instant, il la suivit. Là encore, s'il avait pu, il aurait remarqué que l'eau qui, avec la force de la chute, aurait dû le tremper en passant à travers ses plumes, ruissela contre le cuir dur, épais et insensible qu'était devenue sa peau. Il aurait entendu le bruit étrange de l'eau rebondissant contre ses ailes dans un bruit de parapluie. Mais encore une fois, ce ne fut pas le cas.
De l'autre côté il y avait un corridor, plongé dans le noir. La dragonne avança quelque peu avant de se poser. Elle émettait une lumière incroyable et comme ça, dans l'ombre, elle était encore plus impressionnante. Chaque petite pointe le long de son échine brillait comme des lames aiguisées. Il touchait à peine le sol qu'il reprenait forme humaine. Il alluma sa baguette et la pointa droit devant lui. La dragonne lui fit un signe de tête et il la remercia d'un demi-sourire, avant de la faire disparaître. Il ne savait pas ce qu'il l'attendait plus loin, mais une dragonne de lumière attirait bien trop l'attention. Tout comme sa baguette en vérité…
Il la rangea, et hésita quelques secondes sur la forme de l'animal qui pouvait voir dans le noir. Il opta pour la chauve-souris. C'était le plus pratique, d'autant plus qu'il pouvait voler. Dans un bruissement d'ailes il fila dans les profondeurs de la caverne. Ses yeux étaient déjà habitués à l'obscurité. Le plafond était bas et le renfoncement dans la roche semblait naturel, au vu de l'irrégularité du sol, des murs et du plafond recouvert de mousse. Merlin, mais qu'est-ce qu'Hermione faisait ici ? Et comment était-elle venue ici ? Son esprit sonda les environs. Il était légèrement paniqué et il avait du mal à se concentrer. Jusqu'à ce qu'il la sente. Sa peur, encore sa peur.
« HERMIONE ! »
« TOI TU NE VIENS PAS ! TU M'ENTENDS ?! »
Oui, il l'entendait. Mais il n'en avait cure. Il l'avait trouvé. Il sentait sa présence. Et sa peur. Le petit renforcement déboucha brutalement sur un immense précipice et il se félicita d'avoir pris la forme d'un animal volant. Il baissa les yeux. Il n'y avait toujours aucune lumière, le noir semblait devenir encore plus pur et profond, comme s'il prenait forme autour de lui dans une matière lourde et oppressante. Il ne voyait pas le fond mais il fonça quand même vers le sol. Son cœur le guidait, mais il avait quand même peur de se perdre. De la perdre.
« Dis-moi où tu es ! »
« NE VIENS PAS ICI PUTAIN !» Rugit mentalement Hermione d'une voix effrayante.
« Qu'est-ce qu'il se passe putain Hermione ?! Est-ce que tu es blessé, et puis on est où, qu'est-ce que tu fais là, et pourquoi tu es dans cet état ? »
« … »
« Hermione, s'il te plait, dis-moi au moins que tu vas bien… s'il te plait répond moi… »
« … »
« Herm…
« CAVA ! » Cette fois, il crut vraiment qu'elle avait rugit, pas parlé.
Il arrêta brusquement de descendre. Là. Il ne savait pas ce qu'il y avait là, mais il savait que c'était là, son cœur le savait. Il se concentra, utilisa les sens de la chauve-souris pour trouver un passage. Une fissure, large d'à peine vingt centimètre. Il s'engouffra dedans. Le passage était étroit et il eut bien du mal à avancer. S'il avait pris l'habitude de voler, pour ce qu'il était de se faufiler dans la roche, c'était une autre histoire. Le bout de ses ailes tapait, raclait la pierre, lui déchirant la peau à certain endroit. Mais il n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose qu'elle. La douleur ne lui parvenait pas.
Il voyait de la lumière maintenant et il accéléra la cadence pour s'en approcher, s'ouvrant encore plus, l'odeur de son propre sang lui emplissant les narines. Il réussit enfin à sortir de l'étroitesse de la roche. Il déboucha sur le flanc d'un pic rocheux. A deux ou trois mètres du sol. Il avait eu le temps de s'habituer à la lumière, alors il ne fut pas ébloui. Et tout à coup, sans réfléchir, il changea de forme. Il était à nouveau un aigle et il fouillait des yeux le sol à la recherche d'une brunette, ou plutôt, d'une lionne.
Il faisait de grand cercle en prenant de la hauteur et il vit quelque chose bouger. Quelque chose habillé de noir. Il fonça dans sa direction et un hurlement s'échappa de son bec. Le spectacle qui se présentait, trois mètres sous lui, lui donna envie de vomir. Et pourtant, Voldemort en avait fait des représentations d'horreur et démonstration de barbarie devant lui, dans sa propre maison, entre autre. Mais ce qu'il y avait là, une vingtaine d'homme décédé, ou sur le point, relevait du véritable champ de bataille. Certain corps étaient démembrés, éventrés, mutilés. Le sang, les tripes, les vêtements s'étalaient sur le sol, polluant l'air. L'odeur était aussi atroce que la scène.
Et elle, était là. Au milieu du carnage sanglant. La scène le frappa, elle ressemblait très, trop même, beaucoup, beaucoup trop à son rêve. Sa fourrure était rouge, trempée. Elle lui collait au corps, flattant chacun de ses muscles à la manière d'un dessin anatomique. Elle avait la gueule dans un état encore pire, tout comme l'extrémité de ses pattes, devenues noires. La silhouette noire avait disparu. Il allait prévenir Hermione quand elle poussa un rugissement qui lui fit peur, tout en bondissant dans le vide. Au dernier moment elle bifurqua sur sa droite et dans un demi-tour incroyablement rapide, elle sortit ses griffes en se dressant sur ses pattes arrières, elle les planta à la hauteur d'une tête d'homme.
Un hurlement lui perça les tympans, et le sort de désillusion prit fin. Un homme vêtu de noir apparut au bout des griffes d'Hermione. Elle les avait plantés dans son cou. Il ne comprenait rien, tout était arrivé tellement vite. Il n'était là que depuis quelques instants... Elle retomba sur ses quatre pattes et l'homme tomba à genoux. Il porta ses mains à sa gorge et après quelques soubresauts, s'écroula.
« Hey… » Dit-il le plus doucement qu'il pouvait.
Il la vit sursauter au sol et elle leva les yeux. Son regard le transperça comme une lame de gobelins acérée pendant des jours jusqu'à blesser au moindre contact. Il n'avait jamais vu autant de rage, de colère, de tristesse. Son cœur explosa dans sa poitrine. Ou du moins, c'est ce qu'il ressentit.
« Je descends. » Il ne savait pas pourquoi il l'a prévenait, mais il sentait qu'elle en avait besoin, et que c'était surement plus prudent. Ou était-ce lui qui en avait besoin alors ? Actuellement, trop, beaucoup trop d'émotions l'asseyait pour qu'il ne sache à qui d'eux deux elles appartenaient précisément.
Il entreprit une descente lente et il se posa, suffisamment écarté d'elle pour ne pas prendre un coup de patte. Il ne savait pas s'il devait prendre une autre forme, ou toute simplement devenir lui-même. Alors il ne fit rien.
« Qu'est-ce que s'il s'est passé… ? »
Elle retroussa les babines et se replia sur ses pattes arrière en feulant, sa queue fouettant l'air.
Il claqua du bec, et hérissa les plumes par un reflex animal. L'odeur lui prenait le nez affreusement. Il allait lui demander comment et où il partait, mais elle avait déjà commencé à courir. Il s'envola à sa suite et le temps d'un instant, il se demanda s'il ne devait pas vraiment lui demander. Mais il se ravisa. Il vola au-dessus d'elle, de deux mètres environs. Il avait du mal à la lâcher des yeux, mais il devait bien le faire de temps en temps pour regarder devant lui. Après environ dix minutes de vol, elle s'écroula et roula au sol. Durant tout ce temps, il n'avait cessé d'essayer d'entrer dans sa tête, et a défaut d'y arriver, il lui murmurait mentalement les quelques paroles rassurantes qu'il connaissait et osait prononcer.
En un instant, il était à ses côtés. Elle reprit forme humaine en même temps que lui. Il sentait sa magie clairement perturbée, folle, incontrôlable et il hésita un instant à la toucher vraiment.
-MAIS PUTAIN DE MERDE POURQUOI TU NE M'AS PAS DIS QUE TU ÉTAIS BLESSÉE ?! S'époumona Drago, hors de lui.
Il était penché sur elle et la fit rouler sur le dos pour chercher la blessure. Elle souriait.
-JE PEUX SAVOIR CE QUI TE FAIRE SOURIRE GRANGER ?! Hurla-t-il à s'en casser la voix. Il dut se faire violence pour ne pas tousser et garder contenance.
-Tu… es là.
Il tomba totalement des nues. Toute sa colère s'envola, son cœur se gorgea de sang, créant une chaleur agréable dans tout son corps.
-Tu te sens bien ? Fut la seule chose qui sortit de sa bouche.
Et c'était idiot. Il était idiot. Pourquoi avait-il dit ça ?! BORDEL ! Et pour couronner le tout, sa voix avait été plus que niaise, lui provocant un spasme de dégout. Il allait se lamenter sur son sort et ses problèmes de comportement quand elle dit :
-Je suis… épuisée.
-Mais bordel, tu vas me dire, qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'impatienta Drago, se rendant compte qu'elle n'avait toujours rien dit.
Elle ne répondit pas. Il lui examina les bras les jambes et toutes autres parties du corps qu'il osait toucher. Lui demandant « tu as mal là ? », « et si j'appuie ? », « et là ? » « ici ? », allant jusqu'à lui faire plier les articulations. Elle répondait par signe de tête. Elle était couverte de sang, mais il ne voyait pas de blessures graves, seulement quelques éraflures. Une fois qu'il fut sûre de sa santé, il la prit dans ses bras et la serra contre lui, peut-être trop fort car son dos craqua et elle hoqueta.
-Tu… m'ét…ouffes… Suffoqua faiblement la brunette.
Il desserra son emprise, suffisamment pour la laisser respirer, mais la gardant tout de même contre lui. Elle finit, enfin, par passer ses bras autour de lui, et lui rendre son câlin. Son cœur s'emballa, frappant contre la poitrine de la brunette. Mais son étreinte à elle était faible, molle. Il aurait pu rester comme ça un moment si son odeur n'avait pas été souillée par le sang.
-Amène-nous… 4… Horse Guard Street… Demande, et dis à… à Jessie… « Le fou se croit sage… et le sage se reconnaît fou »… je vais m'endor…
Elle ne finit pas sa phrase et sa tête retomba en arrière. Sa respiration était rauque et il lui lança un sort pour dégager ses voies respiratoires. Mais maintenant, sa magie était plus calme. La sienne, en revanche, venait de le devenir. Il ne comprit pas cet étrange transfère, mais au moins, elle s'était calmée, elle allait un peu mieux.
Il se demanda s'il devait transplaner ou voler. Les deux solutions lui paraissaient risquées. Il fouilla les poches de la brune, et une fois son sac en main, il en tira deux nouvelles fioles de polinectar. Il lut la fiche des descriptions physique de chaque fiole et une bu une avant de faire boire Hermione. Cette fois, il avait décidé de prendre l'apparence d'un homme de la même taille que lui, et aussi musclé, brun, mais plus âgé, il avait 38 ans. Il n'eut pas à changer la taille de ses vêtements et elle, prit la forme d'une brune d'une douzaine d'année avec un petit visage mutin. Il avait fait en sorte de prendre des personnes se ressemblant, il pouvait toujours la faire passer pour sa fille en cas de question malvenue. Ils n'avaient pas pris de grosse dose, alors il devait faire vite, dans moins d'une demie heure, ils reprendraient leur forme. Il avait vaguement nettoyé ses mains du sang pour ne pas attirer l'attention. Et légèrement débarbouillé Hermione. Sa robe trop grande maintenant, était parfaite pour l'emmitoufler et la cacher aux yeux du monde.
Il la souleva et cala sa tête dans son cou, pour qu'elle ait une sorte d'oreiller, et s'assurant qu'il avait tout prit, qu'elle ne risquait pas de tomber, il ferma les yeux. Destination, détermination, décision. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Elle ne devait pas être désartibulée.
Il transplana. Ils atterrirent au bout d'une route de campagne. Les maisons, étaient en vérité, surtout des fermes. Entre elles s'étendaient des champs de récoltes, où de vaches ruminantes. Il n'avait jusqu'alors pas vraiment fait attention, mais ils étaient en fin de journée. En face de lui, la seule « maison » des alentours. Une veille ferme qui avait été totalement rénovée en bois blanc avec des volets légèrement plus beiges. Il y avait des fleurs de toutes les couleurs, à toutes les fenêtres, des grandes et hautes haies délimitaient le contour d'un jardin, le cachant à la vue des voisins. Il y avait trois voitures garées dans l'allée, l'une ressemblant étrangement au Magicobus. Mais en plus moldu.
Il traversa la grande cours ou picorait poule, poulet, dinde, et un magnifique paon. Il gravit les quelques marches et se retrouva sur le perron. De près, la maison était plus charmante. Il y avait des plantes en pots de tous les côtés, une balançoire, des chaudrons, et aussi, pleins, pleins de jouet pour enfant. Il fronça les sourcils, énormément de bruits s'échappait de la maison, et certain venait même de derrière la maison, dans le jardin. Des cris d'enfants. Il réajusta Hermione, qui commençait à glisser contre lui, avant de sonner à la porte. Les cris redoublèrent et la porte s'ouvrit à la volée sur trois petits garçons d'environ dix ans. Identique, de la touffe frisé, noir de jais de leur cheveux, aux yeux bleu foncés, jusqu'aux vêtements.
-T'es qui, toi ? Demanda l'un en croisant les bras.
-Tu veux quoi, toi ? Ajouta le deuxième en imitant son frère.
-C'est qui, elle ? Termina le troisième de la même manière.
Ils avaient tout trois, un accent irlandais.
-TIM, THÉO, THOMAS ! Hurla une voix féminine à l'intérieur, se rapprochant de la porte. Non mais c'est quoi ces manières ?! Présentez vos excuses immédiatement ! Depuis quand on ne dit plus bonjour ici ?!
Elle aussi avait l'accent. Il devait être en Irlande.
-Veuillez agréer nos plus plates excuses. Reprit le premier en se penchant en avant, la main sur le cœur.
-Nous ne voulions pas être impoli. Assura le second avec la même courbette.
-Encore moins devant une dame. Termina le dernier en agissant pareillement.
Ils pouffèrent de rire avant de s'enfuir en courant.
Elle arriva enfin à la porte. Grande, blonde, aux allures de Vélane. Sa bouche s'ouvrit en un « o » parfait, mais il se reprit très vite, elle n'avait même pas vu elle s'essuyait la main sur son tablier pour la lui tendre. Il la lui serra, en pliant légèrement le dos en arrière pour ne pas faire tomber Hermione. C'était la blonde dont elle avait pris l'apparence. Elle semblait encore plus belle, en vrai. Comme Fleur Delacour, une espèce d'aura émanait d'elle, rendant tout ce qui se trouvait autour d'elle, plus sombre et plus laid. Elle portait un pull rose ample et un pantalon de jogging sous un tablier trop grand. Elle avait les cheveux attachés en chignon lâche, les mains recouverte de farine dans lesquelles roulait une boule de patte blanche. Elle souriait, mais son sourire avait l'air faux, de façade. Elle n'en était pas moins magnifique.
-Bonjour monsieur, commença-t-elle d'une voix polie, comment puis-je vous aider ? Excusez-les, ils ne sont pas ici depuis longtemps ils ont un peu du mal à s'adapter et ils aiment me faire tourner en bourrique.
Il ne comprenait pas vraiment tout ce qu'il venait de se passer alors il ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, cherchant à se rappeler les paroles exactes de la brunette. Mais la blonde parla avant.
-C'est votre fille ? C'est pour la laisser ici, c'est ça ? Demanda la blonde avec l'air beaucoup moins sympathique maintenant.
-Je dois voir Jessie. Répondit-il simplement.
-Vous l'avez devant vous.
-Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou. Récita-t-il d'une voix assurée.
La boule de pâte tomba au sol en même temps que la mâchoire de la jeune femme. Son regard se posa sur Hermione, puis sur lui. Puis sur elle. Elle lui attrapa le bras d'un air paniqué et le tira à l'intérieur en jetant un regard circulaire dehors avant de claquer la porte. Il était dans une entrée, spacieuse et joliment décorée. Deux doubles portes ouvertes menaient, sur sa droite dans une belle bibliothèque avec beaucoup de fauteuils, canapés, poufs et coussins reposant sur une moquette verte, et sur sa gauche, dans une espèce de réfectoire, capable d'accueillir une cinquantaine de personnes, mais très conviviale. En face de lui, un large escalier desservait deux étages. Tout était en bois beige, le sol recouvert d'un parquet ciré magnifique. Les rares meubles qu'il voyait étaient tous arrondit. Il était relativement scotché par l'ambiance incroyablement sereine et agréable que dégageait l'endroit, malgré le fait que tout était éclairé à l'électricité, la lumière n'était pas agressive.
-On vous à suivit ? Demanda-t-elle en le traînant dans les escaliers jusqu'au premier étage, arpentant des couloirs aux portes fermées des deux côtés, habillé d'un long tapis rouge, jusqu'à une petit pièce, une infirmerie d'isolement en cas de maladie contagieuse d'après le nom. Répond moi ! Insista-t-elle.
-Non, pas à ma connaissance.
-Là.
Elle lui indiqua du doigt un lit aux draps blancs, tout en retirant son tablier pour se laver les mains.
Il la posa dessus, et tout en restant près d'elle, une main sur la sienne, il examina la pièce. Moldu. Tout ici était moldu. Il tourna les yeux vers la blonde. Elle fouillait maintenant un placard et il la vit sortir discrètement sa baguette de sous son pull. Il décida de ne pas faire pareille. Il ne lui voulait aucun mal, il ne devait pas agir comme tel. Même si son instinct lui hurlait de prendre quelque chose, de quoi se défendre, au cas où.
-Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Demanda-t-elle, dos à lui en fouillant toujours le placard.
-Bonne question, elle ne me l'a pas dit. Mais vous-savez qui elle est ?
Jessie se retourna, et ses sourcils se haussèrent quand elle vit le visage encore un peu rougie de sang de la brunette.
-Oui et je sais aussi ce que veut dire cette phrase. Elle pointa sa baguette sur lui, le visage impassible. Mais toi, qui es-tu ?
Il dégluti difficilement. Il n'avait pas, mais alors pas du tout, envie de révéler son identité.
-Un ami.
-Ecoute, ici, t'es dans un orphelinat. Il y a une quarantaine d'enfants, et je refuse de leur faire courir le moindre risque en gardant un inconnu ici. Répliqua durement Jessie, son visage perdant un peu de sa superbe. Si tu ne me dis pas ton identité, je te fou dehors sans ménagement. Si tu es son ami, tu n'as rien à craindre de moi, elle m'a sauvé la vie. Alors parle.
-Le truc, c'est que mon nom, tu risques très surement de le connaitre. Répondit Drago d'une voix calme. Mon histoire et ma réputation aussi. Et j'aurais beau te dire que tout est faux et que tu n'as rien à craindre non plus de moi, je suis prêt à parier que tu me « foutra dehors sans ménagement » quand même.
Elle fronça les sourcils et ses yeux se posèrent sur leurs mains jointes.
-Qui me dit que tu ne l'as pas mise toi-même dans cet état et que tout ceci est un piège ?
-Rien du tout. Hormis le fait que moi, je ne suis pas en train de vous menacer. D'ailleurs, si ça peut vous rassurer…
Il lâcha Hermione pour fouiller ses poches, posant sur le lit à côté de la brunette endormi, ses armes. Magiques et moldu.
-Prenez-les. Je n'en ai pas besoin. Par contre la baguette était à ma mère et j'y tiens beaucoup, donc doucement avec. Rajouta-t-il d'une voix un peu plus sèche. Maintenant, vous voulez bien l'examiner ? Parce que je n'ai que peu de connaissance dans le domaine médicale et je préfèrerais m'assurer qu'elle va bien.
La blonde baissa sa baguette.
-Laisse-moi la place alors. Et arrête de me vouvoyez, je n'ai que 21 ans.
Il ne répondit pas et s'écarta. Mais, pas trop non plus.
Elle retira la cape trop grande de la petite fille qu'était Hermione, même si elle n'allait plus tarder à reprendre sa forme. Jessie passa sa baguette, dont le bout s'éclairait d'un bleu azur, au-dessus de son corps partant de la tête jusqu'aux pieds dans un geste lent, suivant les courbes de son corps. Elle posa la baquette sur son cœur, qui se mit à résonner dans la pièce avec un rythme régulier. Le bruit cessa quand elle la retira. Hermione était en train de reprendre sa forme. Le cœur de Drago s'accéléra, bientôt, lui aussi reprendrait sa forme. Elle lui dit qu'Hermione n'avait rien de physique, mais qu'elle avait utilisé une quantité incroyable de magie et d'énergie et elle rajouta quelque chose d'étrange :
-En tout cas le sort de sommeil réparateur était une très bonne initiative. Mais ça va, ça te vide pas trop de tes forces ? Tu veux un truc à boire où à manger ? Comment tu tiens encore debout ? T'es un putain de costaud.
Il ne répondit pas, totalement abasourdit par ce qu'il venait d'entendre. Mais puisqu'il ne répondait pas, Jessie continua son inspection. La baguette pointée sur sa tête, elle marmonnait diverse formules. Puis elle lança un sort d'attraction et fit boire quelques potions à Hermione. Lui était totalement stupéfait. Il n'avait jeté aucun sort à Hermione, et il ne l'avait pas vu faire non plus. Il était plongé dans ses pensées quand la blonde se retourna vers Drago, qui justement, était redevenu Drago.
Les sourcils de la blonde se haussèrent haut, très haut et sa mâchoire se décrocha. Mais pas un instant, elle ne leva sa baguette dans sa direction. Elle était juste debout, à côté du lit, le bras pendu le long du corps. Il fut tiré de ses pensées par un :
-Bordel de merde !
Drago reporta son attention son Hermione, décidant d'ignorer la remarque. Il connaissait ce sort, il en avait entendu parler. Mais il ne connaissait même pas la formule. Le but consistait à aider quelqu'un à se remettre d'une épreuve physique intense en partageant sa douleur avec lui. Mais il ne sentait rien. Il se rappela vaguement le mal de crâne, plus tôt dans la journée à son réveille. Et le câlin, son cœur… La magie d'Hermione… Le réveille avec des rêves étranges… Il ne comprenait pas tout, mais il avait le pressentiment qu'il existait un lien entre tout ça. Il fixait le visage d'Hermione comme si elle allait se réveiller pour lui donner une réponse, mais encore une fois :
-T'es… putain ! Rajouta-t-elle l'air encore plus choqué.
Il leva les yeux au ciel. Cette fille avait vraiment une manière de parler particulière.
-Je suis quoi ? Demanda-t-il d'une voix sèche.
-T'es le fils de Narcissa ?!
Il sursauta à l'entente du nom de sa mère. Il chercha sa baguette des yeux, toujours posé sur le lit. Avec Jessie entre eux.
-Comment tu sais ça toi ? Sa voix était encore plus sèche et il se tenait trop droit, tous les muscles du corps contractés.
-Hermione a demandé à ma mère de l'examiner. T'as la même forme d'eux qu'elle et tu te tiens exactement pareil ! Ben merde alors je ne savais pas qu'elle avait un fils !
Il fut soulagé de la réponse, et en même temps, il y avait un étrange malaise qui naissait en lui. Même si son visage restait totalement inexpressif, entendre cette fille parler de sa mère, entrecoupé d'injure, il détourna quand même les yeux, mais pour regarder Hermione. Il avait la nausée, mal au cœur. Sa mère, il se sentait vide, seul, perdu. Il avança d'un pas, voulant se rapprocher d'elle, il voulait la sentir près de lui. Jessie le mit en joue et il s'arrêta.
-Je veux juste aller près d'elle. Dit-il, les poings serrés dans ses poches.
Sa voix était glaciale, tout comme son regard.
Jessie baissa les yeux en même temps que la baguette et elle s'écarta. Il poussa ses armes aux pieds du lit et s'assit à côté d'elle. Il regarda son visage, sale de sang sec. Elle sentait encore trop le champ de batail, le sang, la mort. Cela lui soulevait le cœur. Il prit sa baguette et fit venir une serviette et une bassine d'eau savonneuse. La blonde leva les yeux au ciel en marmonnant « Pourrait au moins demander… ».
Il l'ignora, ce n'était surement pas elle qui allait lui apprendre la politesse, et il entreprit de nettoyer mieux son visage, ses mains, ses bras, ses jambes, son cou, ses épaules, son ventre, et enfin ses cheveux. Il dû changer l'eau deux fois et utiliser plusieurs « récuro » sur la serviette. Mais une fois rincée à l'eau claire, il se sentait étrangement mieux, il retrouvait le visage qu'il connaissait. Même si lui, se sentait encore sale. Il prit le sac en perle dans ses poches et chercha des vêtements propres.
-Est-ce que tu veux bien la changer et finir la toilette ? Demanda-t-il en direction de Jessie, d'une voix calme et polie, espérant qu'elle accepte.
-Je peux te poser une question avant ?
-Non. Alors ?
-Attend devant la porte et ne fait pas attention si les gamins sont bizarres. Ne touche à rien et ne fais rien, tu le regretterais. Dit-elle d'une voix froide.
-Je ne suis même pas armé ! Lâcha Drago avec exaspération.
Il sortit en se retenant de claquer la porte. Il s'appuya contre le mur à côté et soupira. Ses mains trouvèrent seules le chemin de son visage quand il se rendit compte combien il était fatigué. L'épuisement tomba d'un coup sur ses épaules, tout à coup, évidemment, quelque chose tira sur le bas de sa cape. Il retira ses mains pour regarder la source de sa gêne, avec un regard glaciale.
Les triplés étaient devant lui et le regardait de la même façon. Il avait l'impression de voir triple et avec la fatigue, c'était très perturbant.
-T'es qui, toi ? Demanda celui du milieu.
-La politesse ce n'est vraiment pas votre fort. Répliqua le blond, se forgeant une expression quelque peu hautaine.
-Pourquoi tu réponds pas ? Fit celui de gauche.
-Tu connais nos noms, à toi de nous dire le tiens. Dit celui de droite.
Il ne répondit pas et tout en les dévisageant un par un, glissa ses mains dans ses poches.
-C'était qui la fille que tu portais ? Reprit celui du milieu.
-Elle est morte ?
-Elle va vivre ici ?
-Pourquoi tu as pris une autre apparence ?
-Il est surement recherché.
-Sa tête me dis rien.
-Silence ! Gémi le blond, exaspéré. Non mais ça ne vous arrive jamais de vous taire ?!
-C'est parce qu'on est trois.
-Ça donne l'impression qu'on parle trop, ça fait l'effet à beaucoup de monde.
-Mais on ne parle pas plus que la moyenne des gens.
Drago soupira de dépit et laissa sa tête tomber en arrière, venant frapper le mur dans un bruit sec. Juste au même moment, la poignée tourna et Jessie apparut. Elle haussa les sourcils en regardant les trois garçons.
-Vous voulez quelque chose peut-être ? Demanda-t-elle avec un petit sourire amusée.
-Savoir qui il est.
-Ce qu'il fait là.
-Et qui elle est.
-Ça ne vous regarde pas.
Ils se tournèrent tous les quatre vers lui.
-Maintenant, veuillez m'excuser, mais je retourne au près d'elle. Rajouta-t-il d'une voix neutre, mais sans appel.
Jessie libéra le passage. Il entra dans l'infirmerie, prit une chaise devant le bureau et s'installa à côté d'elle. Il lui prit la main et posa l'autre sur son front. Elle n'avait pas de fièvre, elle semblait calme et endormie. La couverture avait été étalée sur elle et sa tête reposait sur deux coussins. Il repéra ses biens maintenant posé sur une petite table de chevet blanche, et remis ses armes dans ses poches. Il s'assit sur le rebord du lit, et saisissant à deux mains son visage il colla son front contre le sien.
-Je sais pas comment ni pourquoi, mais je crois que c'est ma faute. Chuchota-t-il pour qu'elle soit la seule à l'entendre, bien que la pièce soit vide, il sentait sa gorge se serrée et il avait beaucoup de mal à parler. Je… suis… enfin, tu sais… de t'avoir mis dans cet état… Hermione… Si tu m'entends, ça va aller, on est là où tu m'as dit d'aller. On s'occupe de tout et tu vas bien, tu es juste… très fatiguée apparemment…
Il se sentait très bête de lui parler ainsi. Peut-être ne l'entendait-elle-même pas. Il ferma douloureusement les yeux. Il était épuisé. Lui aussi avait besoin de dormir. Il redressa la tête. Jessie avait fermé la porte, le laissant seul avec elle. Il hésita un instant, puis céda à l'envie.
Il ferma les yeux et quand il les rouvrit, il était un petit chat blanc. Encore jeune, les poils tout ébouriffés, mais à certain endroit, sale de sang sec. Ses grands yeux bleu-gris brillaient d'une lueur sans nom. Debout sur son ventre, il avança lentement, à pas feutré sur son corps, n'exerçant qu'une minuscule pression avec ses petites pattes touffues. Il trouva refuge au creux de son cou. A moitié sous ses cheveux, il entreprit de faire sa toilette, avant de se rouler en boule. Mais quelque chose le dérangeait. Son odeur. Dans le miel et la vanille déjà bien ténue, il y avait encore un peu l'odeur de sang. Il regarda autour de lui, et vit que derrière son oreille, une tâche oubliée collait ses cheveux à sa peau. Il avança la tête, et à petits coups de langue râpeuse, il lui fit une petite toilette.
Il se tortilla dans sa couche improvisé et se calant de l'angle de son cou et son épaule, il posa sa tête juste sous son menton. Sa queue de poils fins hérissés s'enroula autour de ses pattes et il ferma les yeux.
Il laissa ses pensées dériver vers nulle autre que la brunette contre laquelle il était lové, comme un chaton contre sa mère. Il avait eu tellement peur. Et tout était tellement étrange. Il ne comprenait encore une fois rien du tout et cette fois, plus que jamais il en était effrayé. Car ses problèmes commençaient à influer sur Hermione, et ça, ça… il ne pouvait l'accepter. Ça ne pouvait, ça ne devait pas durer. Il devait comprendre et faire cesser tout ce bordel. Il ne s'endormit pas vraiment. Il somnolait, il la veillait. Il voulait être là à son réveille, et surtout, il faisait le guet. Hors de question de la laisser sous une autre surveillance que la sienne, ou pas de surveillance du tout. Sa magie ne s'était toujours pas vraiment calmée depuis qu'Hermione avait perdu connaissance pour un sommeil profond. Il essaya d'entrer en contact avec la magie d'Hermione là où sa truffe touchait sa peau, et il y parvient sans aucune difficulté. Calant peu à peu le flux de sa magie sur celui de la brunette. Il finit par se sentir mieux après un moment, mais il avait largement perdu la notion du temps.
Il pensa à Blaise à un moment. Blaise Zabini, Suprême. Pourtant... Pourtant ce visage, cette expression de surprise quand il avait reprit son apparence, n'avait en rien été menaçante. Il ne les avait même pas vraiment visé, il avait visé le toit. Il leur avait laissé une chance. Il ne savait pas pourquoi, mais c'est ce qu'il avait fait. Il ne savait pas vraiment pourquoi il pensait à lui. Il ne le connaissait pas vraiment. C'était un gars plus âgé, qu'eux d'un ans, mais de leur année. Parmi tout les Serpentard, c'était bien le seul à ne pas se montrer admiratif de lui, il n'était pas à ses pieds, comme tout les autres. Et sans vraiment savoir pourquoi, ça ne l'avait pas déranger, il avait toujours eu une espèce de distance entre eux. L'un comme l'autre, ne se gênait pas de dire au second ce qu'il pensait de lui, ou de ce qu'il faisait. C'était un peu comme s'ils s'étaient toujours vu comme des égaux. Se connaissant depuis toujours, leur famille étant ami. Il ne se parlait pas plus à l'époque, et comme lui, Blaise s'amusait à faire peur ou raconter des histoires horrible sur Poudlard aux dîners mondains. Mais jamais, ils ne s'en étaient prit l'un à l'autre. A la limite de l'ignorance quand il ne s'agissait pas de chose sérieuse.
Qu'était-il donc censé penser de lui ? De lui dans les rangs adverses ? De devoir l'affronter, peut-être prochainement ? Zabini avait trouvé la solution avec le toit, mais la prochaine fois, qu'en serait-il ? Oserait-il lui faire du mal alors qu'il savait, un peu, comme lui ? Battu par son père pour le faire rentrer dans le moule du parfait héritier, en tout point, comme lui. Il le savait, il l'avait vu, un soir, à un repas, dans les yeux du patriarche Zabini. Quand son fils avait renversé de la soupe sur la table. Et quand le Blaise de six ans avait osé levé les yeux, Drago avait suivit son regard. Et il le connaissait pour avoir tant de fois lancé le même à son père. Mais le reste du temps, silencieux, insensible, insondable, détaché, comme lui.
Il finit par reporter toute son attention sur Hermione, trop perturbé par ses souvenirs depuis bien longtemps refoulé dans son subconscient. Alors qu'il s'occupait à compter les taches de rousseurs sur son nez, elle bougea, avant de porter une main à son cou. Ses doigts entrèrent en contact avec lui, et il vit un sourire se dessiner sur son visage. Elle prit le chaton dans ses bras, et il se laissa faire. Elle le souleva au dessus de sa tête, et il se sentait légèrement stupide, l'arrière train ballant dans le vide. Sa tête rentrait légèrement dans ses épaules et il la regardait les yeux grands ouvert.
Elle papillonna des yeux et le regarda, enfin, d'un regard endormi.
-Salut toi. Souffla-t-elle une voix un peu enrouée, mais secouée d'un petit rire.
Ses yeux brillaient de malice malgré ses paupières encore lourdes.
« Et si je reprends ma forme, là, maintenant, tu fais comment ? » Ironisa-t-il, d'une voix enjouée, trop heureux de la voir réveillé, de lui parler.
Elle lui offrit un sourire magnifique. A côté, celui de la plus belle des Vélane, ne valait rien.
