Aie... Plus je poste de chapitre, plus on approche de la fin et du moment où je tue Clove... J'ai franchement peur de vos réactions pour ce final, j'ai de gros doutes dessus, mais voilà le chapitre 25 !
Merci à Plume-now pour sa review.
Et ENJOY !
Chapitre 25
Je regarde Cato qui profite du temps mort pour reprendre des forces, allongé sur la roche grise, dans notre planque. Il dort, pour cinq minutes. Une petite pause qui fait du bien, avant que le cauchemar ne reprenne. Il est beau, quand il dort. Avec un visage serein comme celui d'un bébé.
Je repense à l'annonce d'avant hier. Deux Vainqueurs. On a une chance sur quatre de rentrer tous les deux à la maison... Sauf qu'il est évident qu'ils ne font pas ça pour nous, les deux Carrières qui ne sont là que pour offrir des beaux combats. Non, ce cadeau est offert aux deux amants maudits du District Douze. Même si on peut toujours gagner. On peut encore gagner. Et montrer à tout le monde qui est le plus fort.
Un rictus étire mes lèvres. J'ai besoin... De me battre. De tuer quelqu'un. Mais nos provisions s'amenuisent tout doucement. Petit à petit. On a été trop habitués à être bien nourris, ces deux dernières semaines, et la faim commence à se faire sentir. Il ne nous reste plus que cinq barres énergétiques, ainsi qu'une misérable pomme. Ce n'est pas ça qui va nous aider à gagner. On n'a pas beaucoup été aidés par les sponsors depuis le début des Jeux, sauf pour l'antidote de Cato. J'ai une dette éternelle envers ma mère, que je ne pourrais rembourser qu'en ressortant vivante de l'arène.
Tiens, il y a quelque chose qui gratte mon cou. Je porte ma main vers l'espace qui me démange et rencontre une cordelette, toute fine, qui me...
J'abaisse ma main en direction de ma poitrine pour ressortir le pendentif de June. De ma petite soeur qui me regarde depuis le début des Jeux. Je n'ai plus pensé à eux depuis longtemps.
J'appuie sur le bouton. Les images de ma mère, de mon père, de June, Vanity et moi, apparaissent dans le paysage. Je regarde les hologrammes, ô combien réalistes. J'essuie brusquement une larme qui coule sur ma joue en priant pour que personne ne l'ait remarquée.
Ensuite, je fais disparaître les hologrammes et cache de nouveau mon pendentif contre ma peau.
Un mouvement à côté de moi m'informe que Cato s'agite et est en train de se réveiller. Je me tourne vers lui, avec un sourire.
- Bien dormi, grand chef ? je demande.
Depuis la mort de Marvel et l'annonce de Claudius Templesmith, on ne se dispute presque plus. Non, on a retrouvé notre relation d'avant les Jeux, celle où on pouvait tout se dire, même si on reste quand même sur la défensive.
- Yep, répond-il en se redressant difficilement. C'est déjà le matin ?
Sa voix désorientée me fait pouffer de rire.
- Malheureusement oui, j'annonce.
- Oh non... Je faisais un rêve génial.
- Ah, comme quoi ?
- Tu sauras jamais. Secret défense.
J'arque un sourcil suspicieux et décide de lâcher prise devant son visage rigolard, mais pâle. Ses joues commencent à se creuser par la pression et le rationnement. Ses yeux sont fatigués, alertes, il est sous pression et a du mal à rester inactif. Comme moi.
Je pousse un très léger soupir.
- Hé, Clove...
Je tourne les yeux vers lui après son murmure à mon intention. Regard interrogatif.
- Tout va comme tu veux, princesse ? demande-t-il.
- Evidemment. Je suis en train de vivre un rêve éveillé, ce que j'attends depuis ma plus tendre enfance. Et toi ?
- On est pareils.
Je pouffe de rire.
- Enfin tu le remarques.
- Je le savais depuis longtemps mais j'aime bien te le dire.
- Idiot.
- Gamine.
Ce sont plus des piques affectueuses que des disputes réelles. Evidemment parce que, nous connaissant, ces disputes auraient tourné en duel à mort. Les Carrières sont en général imprévisibles. Mais je connais Cato par coeur. Léger sourire de ma part.
Il se lève lentement, certainement assailli de crampes.
- Pas de petit-déj' ?
Sa voix est à la fois suppliante et complètement désintéressée.
- Non.
Il soupire.
- Tant pis. Je m'ennuie...
Il se tourne vers le ciel, ouvre les bras pour crier son ennui aux Juges.
- Je m'ennuie !
Je le regarde faire. Ca ne servira à rien... Juste à nous amener, peut-être, des sponsors. Même si je vois mal ce qu'ils pourraient bien faire.
- Viens, j'ordonne, on se tire.
Je me lève, ramasse mes couteaux, commence à avancer sans l'attendre et il me rattrape vite fait.
- Où est-ce qu'on devrait chercher à ton avis ?
Je hausse les épaules.
- Vers la rivière ?
- T'es pas bête, toi, dit-il avec un sourire charmeur. On n'est pas loin en plus.
- J'ai pas envie de me battre contre Thresh, je préfère garder le meilleur pour la fin.
- Ouais, autant commencer par les choses faciles pour s'échauffer !
Je le fixe, sourire aux lèvres. Je me perds dans ses yeux d'un étrange gris-bleu pétillant de malice. «Tout va bien» semblent dire ses pupilles. «On va rentrer tous les deux.»
Mon sourire s'élargit. Il ouvre les bras, j'hésite. Signe de tête de sa part. D'accord, j'ai le droit. Je m'y réfugie.
- On va rentrer, p'tite tête, c'est sûr qu'on va rentrer, et tous les deux, en plus, on va rentrer, ça va aller. D'accord ? Tu me jure qu'on va rentrer, hein ?
Je hoche la tête, le regarde, les yeux rieurs.
- On va rentrer et on va tous les tuer avant.
Sourire carnassier de Cato.
- Mmmh. J'ai faim. J'ai envie de manger du tribut.
- T'es sérieux ?! dis-je avec un mouvement de recul.
- C'était une expression, la gamine, ho ! Tu crois vraiment que je vais devenir cannibale ?
Je hausse les épaules.
- On sait jamais avec toi.
- C'est vrai. C'est mon principal talent.
Je souris et me contente de commencer à marcher.
Bien, un point partout. Je l'entends qui me suit mais ne me retourne pas, ça ne sert à rien, inutile d'espérer un peu d'action, on ne fera rien de plus aujourd'hui.
Les proies se terrent et on est incapables de les trouver.
Je soupire et me plie en deux afin de passer en-dessous d'un tronc couché. Mes pieds s'enfoncent dans le sol spongieux. Il a plu, encore... Je ne m'en suis pas rendu compte. Pourtant la pluie me fait toujours un bien fou. Je hausse un sourcil en me rendant compte que je n'ai pas remarqué qu'il a plu, alors que je ne dors presque jamais. Je suis incapable de fermer les yeux parce que, dès que je ferme les yeux, des images viennent m'assaillir. La mort de Vanity, Glimmer qui s'effondre, couverte de guèpes tueuses. June sur un piédestal de tribut alors que le compte à rebours avance. Elle se fait transpercer par la lance de Marvel. Ensuite, je vois ma mère se faire tordre le cou par Cato.
C'est pour ça que je ne dors pas. Pour ne pas croire que je suis définitivement foutue mentalement. Parce que c'est ma conscience qui travaille tout ça, pour autant que j'en aie encore une.
Est-ce qu'on a toujours une conscience quand on est conditionné depuis son plus jeune âge à savoir tuer des gens ?
Je n'arrive pas à trouver de réponse à cette question et... Je pense que je m'en fiche totalement.
Voilà voilà, c'est fini, du moins pour le moment :)
J'imagine que vous connaissez déjà le fin mot du chapitre, mais : Reviews are love !
A bientôt ^^
