Salutations !
Le chapitre 25 est arrivé et comme toujours depuis ces derniers temps, il est très long (sans vous déplaire, je l'espère).
Ce chapitre comporte beaucoup de nouveaux personnages et j'espère que vous vous y retrouverez.
J'ai amélioré la mise en page comme ne l'avait conseillé ikari-uchiha, l'auteur de "la volonté du feu" qu'il n'est plus nécessaire de présenter.
J'en profite également pour vous conseiller de lire "Les possesseurs" et sa suite "Les possesseurs 2" de Sarhtorian, un auteur talentueux à suivre !
Sur ce je vous laisse lire ce nouveau chapitre !
N'hésitez pas à commentez ! Toute critique est bonne à prendre !
Bonne lecture !
Chapitre 25 – Ramens
Le lendemain de l'attaque du Palais de l'Etoile, la défaite de Ryuk Aburami et le retour sur le trône de l'héritier des Rois de l'Etoile, Sarhtorian, firent le tour de l'archipel. Une clameur parcourut toutes les iles de l'Archipel pour célébrer le retour du roi et la mort de l'usurpateur. Le Quartier des Comètes, l'île la plus riche de l'archipel, retrouva en une seule matinée, sa beauté d'antan. Les commerçants rouvrirent leurs boutiques et les enfants retournèrent sur les plages de sable blanc pour se jeter dans l'eau turquoise et faire voler des cerfs-volants multicolores. Partout dans l'archipel, les taverniers ouvraient leurs échoppes et offraient de grandes tournées d'alcool qu'ils dissimulaient dans leurs plus profondes caves. Les chants et les rires de joies envahirent les rues pour célébrer la nouvelle ère qui commençait pour le royaume.
De nombreux habitants avaient fait le déplacement jusqu'au Palais de l'Etoile pour acclamer le retour du Prince. Les rebelles et les soldats avaient repris ce qui restait des défenses du palais et tentaient comme ils le pouvaient d'empêcher les éventuels débordements. La cour du palais était occupée par cette immense foule qui acclamait le futur roi et la fin de leurs temps de malheurs. Les plus pauvres vinrent réclamer de la nourriture et la générale Lizaado sortit avec ses subordonnées pour distribuer une partie de la nourriture emmagasinée par Janbon pendant l'absence de son maitre. Ils furent accueillis par des cris de joie et de hourra et des sourires dansaient sur les figures de tous.
A travers une fenêtre, Sarhtorian observait son peuple amassé devant les portes qui baignait dans un bonheur qu'il n'aurait jamais pu espérer. Il avait enfilé le long manteau rouge sombre que portaient ses ancêtres avant lui. Etrangement, il reconnut une bride d'odeur qui lui rappelait son père lorsqu'il portait cette tunique.
-Qui aurait cru que ce jour viendrait ? demanda Etsu à ses côtés.
Le conseiller enrobé affichait un petit sourire sous son épaisse moustache alors qu'il regardait le peuple sous les fenêtres.
-Certains n'ont jamais perdu l'espoir de voir ce Royaume renaitre de ses cendres. Des hommes et des femmes braves qui ont versé sur leur sang pendant ces longues années de résistance. Dit solennellement le Prince.
-Le peuple attend quelque chose de votre part pour votre retour. Hitsu a pris quelques initiatives, votre Altesse. Il prépare une grande fête pour la libération de l'Archipel et votre retour. D'après ce que j'ai entendu cela se passera sur la grande place du Quartier des Comètes.
-Il ne perd vraiment pas de temps, rit le Prince.
-Hé ! Hé ! Il est incorrigible ! répondit le conseiller sur son compère. Dès que le soleil avait fait son apparition, il avait déjà disparu pour accomplir tous les préparatifs.
-N'oublions pas les shinobis sans quoi tout cela n'aurait pas été possible. Ajouta Sarhtorian.
-Evidemment, évidemment, ils sont conviés à la fête. Nous leur devons beaucoup. D'ailleurs, qu'en est-il de l'ami qu'ils étaient venus récupérer ? A-t-il récupérer de ses blessures ?
Sarhtorian se frotta le menton et répondit :
-Je crois plutôt qu'il doit récupérer des forces avant qu'ils puissent repartir pour leur long voyage.
-Raaaahhh ! J'ai tellement faim !
-La ferme ! On le sait depuis le nombre de fois que tu l'as dit depuis que tu es réveillé ! Explosa Sakura.
Dans une chambre du palais, les trois membres de l'équipe sept profitaient d'un repos matinal. Assis sur le rebord d'une fenêtre ouverte, Sai peignait la forêt et la mer qui s'étendaient au-delà des murailles sous les cris de la foule. Sakura s'impatientait sur une chaise tandis que le ventre du Jinchuriki de Kyûbi, allongé dans un lit, émit un long gargouillement.
-Faim …. Terriblement faim … ! Cracha Naruto.
Alors que Sai ne prêtait pas attention au blond et se concentrait sur sa peinture, la rose tapotait nerveusement sur les accoudoirs de la chaise et semblait fulminer à l'intérieur. La porte de la chambre s'ouvrit pour laisser apparaitre une silhouette féminine.
-Tsunade-sama, lâcha Sakura à l'entrée de son maitre.
La Godaime Hokage de Konoha entra vivement dans la pièce suivie par Tsuzumi, la subordonnée du général Lizaado.
-Oh ! Baa-chan ! s'écria Naruto. Laisse-moi sortir d'ici ! J'ai suffisamment été enfermé, tu ne trouves pas ?
Une veine apparut sur le front de Tsunade et celle-ci grinça les dents.
-Je ne changerai pas d'avis, tu resteras là sous notre surveillance. Répliqua l'Hokage. Nous serions déjà dans le bateau si d'autres affaires ne nous retardaient pas ici. J'ai déjà cédé pour que nous partions demain matin afin que tu puisses récupérer alors ne me fais pas regretter mon choix.
Naruto fit une moue de dégoût, s'enfouit sous sa couverte et enfonça sa tête dans l'oreiller. Le blond avait été l'otage d'Aburami pendant de nombreux jours sans manger, ni dormir et bien qu'il possédait le pouvoir du Kyûbi, son corps avait finalement lâché après son combat contre le nukenin. L'Hokage avait alors établi qui lui fallait du repos avant qu'ils ne reprennent la route pour le continent. Cela satisfaisait la plupart des shinobis qui désiraient visiter l'Archipel anciennement hostile aux ninjas.
Mais Naruto Uzumaki était coincé au lit avec pour geôliers ses deux coéquipiers. Il était évident que cette situation ne plaisait pas non plus à la rose, coincée avec son agaçant coéquipier pour lequel, elle avait traversé la mer. Sai n'en avait cure. Le soleil faisait de magnifiques reflets dans la mer et il s'interrogeait principalement comment il allait pouvoir le rendre parfaitement sur le dessin.
Devant l'attitude boudeuse du blond, Tsunade soupira avant d'afficher un sourire rassurant.
-Mais vu que je ne suis pas un monstre, je suis venu chercher Tsuzumi. Sache qu'en plus d'être une redoutable combattante, elle est une excellente cuisinière et fait office aux cuisines. Tu peux lui demander ce que tu veux comme plats, elle te les apportera.
-Comptez sur moi ! Annonça la jeune fille.
Naruto se leva d'un bond et accourut pour s'agenouiller devant la Godaime.
-Moi qui pensais …. Moi qui pensais que tu n'étais qu'une vieille emmerdeuse aigrie. Déclara l'Uzumaki en larmes. Aujourd'hui je réalise que tu n'es qu'une vieille aigrie ! Merci pour l'attention, Baa-chan !
-Cela suffit les compliments ! Ragea la blonde.
Sakura se tourna vers Tsuzumi qui avait sorti un bloc-notes et un crayon.
-Pouvons-nous commander quelque chose, nous aussi ? demanda l'Haruno.
-Evidemment ! Répondit Tsuzumi.
-Moi d'abord ! Moi d'abord ! S'imposa le blond devant la cuisinière.
Naruto se frotta les mains et se lécha les babines avant de fermer les yeux et de s'échapper dans ses pensées. Cela faisait plus d'un mois qu'il avait quitté Konoha pour le Mont Myobokû. Un mois qu'il avait laissé les succulentes et délicieuses nouilles de chez Ichiraku. Les gargouillements de son ventre ne pourraient s'apaiser tant qu'il n'aurait pas mangé son met favori. Intérieurement, il savait que les ramens que pourrait faire cette jeune fille ne vaudraient pas celles d'Ichiraku. Et pourtant, il avait attendu. Il avait patienté. Il avait mangé les plats fait maison de la grenouille Shima qui avaient laissé de nombreuses séquelles dans les papilles gustatives du blond. Sa captivité n'avait rien arrangé aux choses et maintenant qu'il était libre à nouveau, il ne désirait qu'une seule et unique chose.
-Je veux un énorme bol de ramens !
Tsuzumi regarda un long moment le blond avec un regard intrigué avant de finalement demander :
-Qu'est-ce que c'est des ramens ?
Un ange passa dans la chambre tandis que le Jinchuriki de Kyûbi ne détacha pas son regard de la cuisinière. Après un silence pesant, Sakura tenta d'éclairer la jeune cuisinière :
-Ce sont des nouilles, des pâtes alimentaires …
-Navré mais il n'y a pas ce genre de nourriture. Les nouilles sont interdites dans notre Archipel.
Naruto resta de marbre, ses yeux rivés sur Tsuzumi. Tsunade, Sakura et Sai se fixèrent sur Naruto qui après un moment, pivota sur lui-même regagna lentement son lit et s'enfouit sous les draps en se larmoyant :
-Pourquoi êtes-vous venu me sauver ? Vous … vous auriez dû me laissez mourir ….
-Arrête de dire des conneries ! s'écrièrent Sakura et Tsunade en chœur.
-Désolé ! Intervint Tsuzumi. Ne vous inquiétez pas ! Il doit bien y avoir de pâtes dans cet archipel. Je vais demander à des commis d'aller en chercher. Nous fouillerons l'archipel de fond en comble pour les trouver pour vous.
Malgré la profonde détermination dans les paroles de la cuisinière guerrière, Naruto resta sous les draps, l'air morne.
-A quoi bon, la vie n'a plus aucun sens, marmonna-t-il. Je veux mourir.
-Sois plus optimiste ! rétorqua Sakura.
Encore plus gênée qu'avant, Tsuzumi ne s'attarda pas et lâcha avant de sortir de la chambre comme une flèche :
-Nous n'aurons aucun répit tant que nous n'aurons pas trouvé vos précieuses ramens.
Naruto ne répondit pas et continua à se morfondre dans son lit. Tsunade soupira de fatigue et se tourna vers la porte.
-Je vous laisse à vos affaires, j'ai des choses urgentes à traiter de mon côté. Déclara l'Hokage.
-Est-ce que ce serait trop de vous demander lesquelles, Tsunade-sama ? Osa timidement Sakura. Cela concerne la guerre ?
La blonde plongea ses yeux noisette dans les pupilles vertes de sa jeune apprentie et répondit :
-Cela ne vous concerne pas, aucune inquiétude à avoir.
Elle sortit de la chambre laissant Sakura dans ses pensées. Normalement, elle lui aurait tout dit. Son maitre avait l'habitude de partager de nombreuses informations avec son élevé car elle savait que ces informations seraient biens gardés et maintenus à la discrétion de tous. Sakura réalisa que c'était bien normal que Tsunade préféra garder ses secrets. Après tout, elle avait désobéi aux ordres pour partir au secours de Naruto avec les autres. Pouvait-elle encore lui faire confiance après ça ? La rose laissa ces pensées de côté et se reconcentra sur celui qu'elle devait surveiller.
-Non mais qu'est-ce que tu fabriques ?! s'écria-t-elle.
Naruto avait quitté son lit et s'était approché de Sai toujours assis sur le rebord à peindre le paysage.
-Excuse-moi Sai je sais que tu es occupé mais pourrais-tu me laisser passer pour que je puisse me jeter par la fenêtre et mettre fin à mes jours ?
-Arrête tes conneries ! S'égosilla Sakura.
-Bien sûr, je t'en prie, répondit Sai.
-Arrête de le soutenir, toi !
Suigetsu Hozûki nettoyait lentement le Tranchoir de Kiri, la lame de son maitre Zabuza Momochi, pendant que Jûgo observait les gens qui grouillaient dans la rue, assis sur le rebord de la fenêtre. Quelques oiseaux virevoltaient autour de lui et se posaient sur son épaule de temps à autre. Suigetsu leva plusieurs fois les yeux sur son compagnon d'armes. Le bretteur gardait toujours un œil sur lui car il savait qu'à tout moment les désirs de meurtres de Jûgo pouvaient réapparaitre et qu'il pourrait succomber à ses pulsions en étripant tous ceux qui croiseraient sa route.
Suigetsu frottait lentement son chiffon contre la lame de son épée, Jûgo nourrissait les oiseaux avec des miettes de pain qu'il disposait sur le rebord de la fenêtre et le silence régnait dans la chambre de l'auberge qu'ils occupaient depuis ce matin. Entre les deux hommes, Sasuke Uchiwa était installé sur un futon à moitié endormi.
Ils avaient été envoyés sur l'Archipel de l'Etoile pour récupérer Naruto Uzumaki, le Jinchuriki de Kyûbi, mais finalement Ryuk Aburami avait été vaincu et Naruto avait été sauvé par l'Alliance Shinobi. C'était le second échec de Taka depuis qu'elle s'était liée à l'Akatsuki. Il n'avait pas réussi à capturer Hachibi et le Kyûbi leur avait également échappé.
Suigetsu n'aimait pas ce sentiment d'échec. L'échec n'était pas acceptable dans l'idéologie du village de Kiri où il avait grandi. Ses mentors ne pouvaient considérer qu'un shinobi ayant échoué dans sa mission puisse revenir au village avec bonne conscience et la tête haute. Un shinobi de Kiri devait réussir sa mission ou mourir en tentant.
Bien sûr, cela ne concernait pas Jûgo. Suigetsu ne l'avait jamais considéré comme un shinobi. C'était un type dérangé avec un pouvoir qui lui avait valu de servir de sujet de laboratoire à Orochimaru. Alors que pouvait-il ressentir de leur échec ? Il n'était redevable de personne. Il ne devait rendre aucun compte sauf à Sasuke. Jûgo n'avait intégré Hebi que pour protéger Sasuke pour lequel Kimimaro avait donné sa vie. Sasuke, que pouvait-il ressentir ? Il était le leader du groupe, l'échec de cette mission lui incombait. Il était un shinobi de Konoha, il connaissait le devoir du ninja d'accomplir la mission qu'on lui avait confié. Et pourtant, lorsqu'ils étaient revenus du palais de l'Etoile, Sasuke avait simplement demandé un peu de repos. Suigetsu connaissait les problèmes qu'avait l'Uchiwa concernant ses yeux. En tout ça, il savait peu de choses dans les détails. Sasuke avait passé énormément de temps en convalescence après avoir reçu les yeux de son frère afin qu'il puisse s'habituer à ses nouveaux pouvoirs. Depuis cela, Sasuke avait connu de nombreux incidents avec ses nouveaux yeux. Du sang coulait de ses orbites et une intense douleur traversait ses yeux lorsqu'il utilisait de manière exagérée son Mangekyou Sharingan. Sasuke s'inquiétait plus pour ses yeux que pour la mission que lui avait assignée Madara Uchiwa. Suigetsu stoppa son geste lorsqu'il vit l'Uchiwa s'éveiller et s'assoir sur le futon.
Sasuke se frotta délicatement les yeux. La douleur était toujours présente mais il sentait quelque chose était différent par rapport à hier. Une présence familière semblait l'habiter. Quelque chose qui lui rappelait son frère. Qu'est-ce que cela signifiait ? Auparavant, il avait trouvé une partie du chakra d'Itachi dissimulé dans celui de Naruto. Il avait pu récupérer ce chakra et grâce à Jûgo et Suigetsu, il a pu s'enfuir avant d'être capturé par l'Alliance. Mais de nombreuses questions lui parcouraient l'esprit.
Ce corbeau possédait les yeux d'Itachi et Sasuke avait réussi à l'extraire du chakra du Jinchuriki pour l'intégrer au sien. Seul Itachi aurait pu céder une partie de son pouvoir. Mais alors pourquoi aurait-il mélangé une partie de son chakra avec celui de Naruto ? Quel était le but d'Itachi en cédant une partie de son pouvoir à Naruto ? L'aîné des Uchiwa savait qu'il devait mourir dans un combat contre son petit frère alors cela se serait déroulé avant leur combat.
Sasuke ferma les yeux pour éclaircir le trouble dans son esprit. La présence qui habitait ses yeux était celle d'Itachi. Il n'avait jamais ressenti cette sensation depuis la greffe. Sasuke sut que les yeux de son frère avaient recouvré la totalité de leurs pouvoirs.
-Sasuke. Comment te sens-tu ? demanda calmement Jûgo qui se leva faisant s'envoler les oiseaux posés sur son épaule.
-Mieux, répondit le brun. Bien mieux.
-Tu es sûr ?! grogna Suigetsu. Tu nous dis toujours ça et il suffit d'un combat pour que tu tombes à moitié-mort et qu'on t'emmène en urgence pour que tu reçoives des soins et du repos. Tu es plus le boulet du groupe au lieu d'être le leader. Si cela continue, je n'hésiterais pas à prendre moi-même ta place de leader ainsi que ta tête.
Sasuke et Jûgo restèrent silencieux devant les menaces du bretteur de Kiri.
-Cela ne se reproduira plus, termina l'Uchiwa. Je te l'assure.
-Tss. Pesta le nukenin de Kiri. Encore des promesses en l'air.
-Lorsque Karin était encore avec nous, son pouvoir nous permettait de récupérer plus rapidement, fit remarquer Jûgo.
-Mais elle n'est plus là. Cracha Suigetsu et on fait avec.
Devant l'humeur noire du bretteur de Kiri, Sasuke se tourna vers Jûgo.
-Combien de temps ai-je dormi ?
-Peut-être neuf ou dix heures, c'est le milieu de l'après-midi. Dit Jûgo.
Sasuke jeta un coup d'œil par la fenêtre pour voir un ciel bleu parsemé de fins nuages. L'air chaud s'infiltrait dans la chambre de l'auberge et on parvenait à entendre les habitants dans la rue vaquer à leurs occupations.
-Nous devons partir dès que possible. Déclara Sasuke. Si les Shinobis de l'Alliance sont sur cette île, ils ne tarderont pas à nous retrouver.
-Surtout que Karin est avec eux. Dit Suigetsu en se relevant. Elle peut reconnaitre la signature de nos chakras.
Soudaine une détonation quasi-sourde se fit entendre. Le serrure de la porte de la chambre fut projetée contre le mur en face et rata de peu l'Uchiwa qui ne vibra point. D'un coup direct la porte s'ouvrit et un individu fort peu commun fit irruption dans la chambre.
-J'eeeeeeeennnnnnnntttttrrrrrreeeeeee !
Avant qu'il ait pu faire un pas de plus dans la pièce, il se retrouva avec l'épée de Suigetsu sous la gorge et le bras transformé en hache de Jûgo sur la nuque. L'individu les regarda d'un œil étonné et joueur alors qu'il commença à dire en raclant la gorge :
-Oh ! Oh ! Calmos ! Les gars ! Je suis avec vous !
Suigetsu et Jûgo se regardèrent avec un air suspicieux tandis que Sasuke toujours installé sur son Futon restait de marbre.
-Je ne t'ai jamais vu, déclara Sasuke.
-Moi non plus, reprit Suigetsu.
-De même, ajouta Jûgo.
-Oi ! Oi ! Oi ! Je suis Kansû Abumi, je viens d'Oto ! Je suis avec vous les gars !
-N'importe qui pourrait dire ça. Siffla Suigetsu.
-Et pourtant, il ne ment pas, fit une voix.
Une silhouette émergea derrière Kansû Abumi et Jûgo. Il s'agissait d'un homme dans une cape de voyage noire avec des petits yeux dissimulés derrière des lunettes rondes noires. Sasuke ne pouvait oublier son adversaire lors de la phase préliminaire de l'Examen Chunin.
-Yoroi Akadô, souffla le brun.
-Tu as bien changé depuis la dernière fois, Uchiwa. Répliqua Yoroi.
Jûgo et Suigetsu reconnurent l'un des shinobis d'Oto qui avaient participé à l'examen chunin il y a trois ans et surtout celui qui fut leur tortionnaire. Il avait la capacité d'aspirer le chakra par simple contact mais cela n'avait pas empêché le jeune Uchiwa de le battre en usant de la technique de la feuille morte qu'il avait assimilée en observant Rock Lee.
Suigetsu et Jûgo retirèrent leurs lames de la gorge et de la nuque du shinobi d'Oto alors que Yoroi les rejoignit dans la chambre. Il fut stoppé dans son geste par l'épée de Suigetsu qu'il avait pointé sur lui.
-Yoroi, je me souviens de toi, sale enflure. Cracha Suigetsu. Tu as été mon tortionnaire pendant plus d'un an.
-Suigetsu, laisse-le parler, déclara Sasuke d'un ton calme.
Le bretteur hésita un instant puis écarta sa lame du chemin du shinobi d'Oto.
-Comment as-tu fais pour nous retrouver ? S'interrogea l'Uchiwa.
Yoroi s'installa à une chaise près d'une table et répondit simplement.
-Kabuto a de nombreuses oreilles sur l'Archipel et il a appris également la mort d'Aburami. Je ne pense pas que tu aies caché le Jinchuriki de Kyûbi sous ton matelas. Je dois en conclure que la mission confiée par Madara est un échec.
Les yeux noirs de l'Uchiwa lancèrent des éclairs vers son ancien ennemi.
-Cet échec est le mien, dit-il sèchement. J'en répondrais devant Madara seul. Je n'obéis pas à Kabuto.
La tension entre les deux était palpable. Yoroi Akadô resta un instant silencieux, jaugeant Sasuke du regard.
-Peu m'importe, dit-il enfin. Sache que je ne suis ici avec Kansû depuis plusieurs jours à la recherche de potentiels recrues pour Oto.
-Kabuto continue d'agir dans la clandestinité tout comme Orochimaru, fit remarquer Jûgo.
-Oto a toujours été un village fantôme, c'est ce qui fait sa force. Aucun shinobi du Son ne désirera agir autrement surtout maintenant où nous commençons à être craint.
-Et lui ? Qui c'est ? Questionna finalement Suigetsu en montrant de la tête l'homme qui accompagnait Yoroi.
Le jeune homme brun aux cheveux noirs en pétard et aux yeux malins s'était installé à la fenêtre de la chambre à la place qu'occupait auparavant Jûgo.
-Moi je suis Kansû Abumi. Dit-il. Je suis d'Oto comme je vous l'ai déjà dit. Tu connaissais surement mon petit frère, Uchiwa. Il se prénommait Zaku.
A l'entente de ce nom, Sasuke revit le gamin vaniteux et cruel qui avait participé à l'examen Chunin de Konoha, il y a trois ans. C'était un pion d'Orochimaru et après cela même dans les rangs d'Oto, il n'avait plus revu le garçon. Il avait supposé qu'il avait péri.
-Tu te souviens de lui, Uchiwa ? poursuivit Kansû. Tu devrais. Après tout, tu lui avais cassé le bras.
La dernière réplique de Kansû sonna avec un ton menaçant. Le regard du ninja d'Oto ne quittait pas l'Uchiwa qui soutint le regard appuyé du frère de Zaku.
-Pourquoi ce regard ? Demanda-t-il d'un ton agressif.
-Pourquoi t'inquiètes-tu ? Plaisanta Kansû. Je sais que tu n'es en rien dans la mort de mon petit frère.
Sasuke fut pris d'une certaine curiosité à l'encontre du shinobi.
-Tu cherches à venger ton frère ?
Kansû fut surpris par le changement du ton de l'Uchiwa.
-Oui, tout comme toi. Je souhaite venger la disparition de celui qui était tout pour moi.
L'Uchiwa eut une empathie pour le shinobi d'Oto qui partageait le même objectif que lui. Et il s'étonna d'éprouver une sympathie pour lui.
-Assez de sentiments, déclara froidement Yoroi. J'ai avec moi un parchemin d'invocation inversée pour le continent. Voulez-vous faire partir du voyage ?
Les trois membres de Taka avaient rejoint l'Archipel de l'Etoile grâce au pouvoir de Tobi mais ils n'entendaient pas lui demander de l'aide surtout avec l'échec de leur mission. La proposition de Yoroi tombait à pic bien qu'ils se méfiaient des plans et des intrigues de Kabuto. Yoroi n'était pas un shinobi redoutable aux yeux de Sasuke, il connaissait la plupart de ses capacités. Pour ce qui est de Kansû, il ne savait rien de lui.
-Nous acceptons ton invitation. Termina Sasuke. Quand comptes-tu partir ?
Yoroi s'adossa à la porte et remit ses lunettes sombres sus son nez.
-Nous devons encore attendre trois autres personnes qui doivent elles aussi faire partie du voyage.
-Ce sont les nouvelles recrues ? demanda naïvement Jûgo.
-Mhm … Plus ou moins. Répliqua Yoroi. Ils ont autrefois combattu pour Oto avant de déserter. Nous avons pu les convaincre de revenir se battre. Vous devez les connaitre. Sasuke, ils t'ont permis de rejoindre Orochimaru alors que Konoha était sur tes traces.
Les shinobis s'étaient installés sur une plage de l'île centrale, à l'endroit même où Shikamaru et les autres avaient débarqué. Les forces de Kumo, Iwa, Konoha et Kiri avaient établis un campement à l'orée de la forêt où le sable et l'herbe verte se mélangeaient. Une cinquantaine de ninjas formaient le corps de sauvetage de Naruto Uzumaki avec à sa tête la Godaime Hokage Tsunade et la Godaime Mizukage Mei Terumi. Le bateau leur servait de baraquements pour soigner les blessés de la bataille de la veille. Par miracle, personne n'avait été tué et face à un ennemi comme Ryuk Aburami ce n'était pas rien. Les plus âgés des shinobis de Konoha se souvenaient de la force du nukenin. Naruto avait été sauvé et aucun shinobi n'avait perdu la vie dans ce combat, un constat comme celui-ci, Shikamaru ne l'aurait pas espéré il y a quelques jours.
Et pourtant, il était bien en vie ainsi que ceux qui avaient désobéi aux ordres des Kages pour aller au secours du Jinchuriki de Kyûbi. Il n'aurait jamais pu imaginer que lui et ses compagnons recevraient de l'aide dans leur quête. Mais il avait pu compter sur le Prince Sarhtorian et les Rebelles pour entrer dans le Palais de l'Etoile. Shikamaru s'était grandement méfié d'eux au prime abord mais ils s'étaient révélés de fidèles alliés. Quel combat inespéré, pensait-il. Et même alors que le combat avait atteint son apogée, les renforts étaient venus de nulle part. Même si ces renforts n'étaient pas ceux auquel il se serait attendu : Sasuke et son équipe ainsi que des shinobis d'Ame. Leur coopération avait néanmoins permis la chute d'Aburami cependant le combat était terminé. Sasuke et ses compères s'étaient enfuis et les shinobis d'Ame menés par un ancien membre d'Akatsuki s'était rendu à l'Alliance.
Shikamaru étala ses bras sur le bastingage du navire. La fatigue le harcelait, le sauvetage de Naruto lui avait pris une nuit, et le combat, l'angoisse ainsi que les sensations fortes de la veille ne l'avaient pas arrangé. Il désirait une seule et unique chose : un lit ou un endroit confortable pour s'allonger. Le bruit reposant des vagues s'échouant sur la plage semblait une berceuse à ces oreilles.
Malgré tout cela, sa curiosité lui disait de rester éveillé. Il gardait ses yeux concentrés sur la mer où il distinguait trois silhouettes sur l'eau entre l'ile centrale et celle du Quartier des Comètes. A sa droite, Neji avait activé ses Byakugans et fixait la même chose que le Nara. Cela faisait quelques minutes que le silence régnait entre les deux garçons. Shikamaru savait que Neji n'était pas bavard mais il n'avait pas la chance d'avoir des yeux permettant de distinguer les choses ou les personnes à très longue distance donc il demande :
-Alors comment ça se passe ?
Neji attendit un instant avant de répondre :
-Elles parlent toujours. Je ne vois aucune animosité dans leur discussion.
-Tu ne saurais pas lire sur les lèvres, par hasard ?
-Non, malheureusement. Répondit-il.
Le Nara tourna légèrement la tête et baissa les yeux sur la plage. D'autres shinobis observaient avec intérêt la conversation. Parmi eux, il y avait Atsui et Samui, le frère et la sœur de Kumo, et non loin d'eux, Kitscuhi et sa fille Kurotscuhi patientaient sur des rochers à demi ensevelis par le sable. Shikamaru leva le regard vers un petit escarpement rocheux au bout de la plage. Sur celui-ci, les shinobis d'Ame restaient immobiles, le regard porté sur les silhouettes au loin sur l'eau.
-Ils attendent également le dénouement de cette conversation, fit remarquer Shikamaru.
-L'enjeu de cette conversation est déterminant. Fit une voix.
Shikamaru regarda par-dessus son épaule et vit Kurenai se placer à sa gauche. Elle croisa les mains et tout comme les deux garçons, ses yeux rouges vifs se portèrent sur les trois silhouettes au loin. Shikamaru soupira de fatigue, ses pupilles étaient lourdes. L'arrivée de la compagne de son ancien maitre le mit mal à l'aise. L'une des trois personnes dont ils surveillaient la conversation était un membre d'Akatsuki. Un membre de cette organisation avait tué Asuma et avait privé l'enfant de Kurenai de son père.
-Qu'est-ce que vous en pensez, Kurenai-sensei ? S'interrogea à haute voix Shikamaru.
-A propos de quoi ? dit-elle.
-Vous savez parfaitement quel a été le rôle cette femme dans l'attaque de Konoha. Elle avait une place importante dans l'Akatsuki.
-Ou veux-tu en venir ? demanda la kunoichi.
Shikamaru se frotta les yeux. Il aurait préféré demander ça à Kurenai en privé mais comme Neji semblait ne pas écouter, il se lança.
-Je m'interrogeais sur votre ressentiment vis-à-vis de la perte d'Asuma.
La jeune femme regarda Shikamaru avec un air étonné et se détourna en souriant. Elle posa ses mains sur la bastingage et leva les yeux au ciel.
-Tu aimerais savoir si je ressens de la rancœur envers cette femme ?
Shikamaru ne répondit point et son silence valu comme un « oui » pour la kunoichi.
-Elle s'est présentée elle-même comme une kunoichi d'Ame. Les personnes qui l'accompagnent semblent compter sur elle. Face à notre ennemi, les anciennes rancœurs doivent cesser. Regarde ces shinobis autour de nous, je suis certaine qu'au travers de générations précédentes, leurs ancêtres se sont rencontrés et combattus sur des champs de bataille pour leurs villages ou clans respectifs. Ils se sont tués et entretués durant les guerres et pourtant aujourd'hui ils coopèrent faisant table rase sur le passé.
Elle marqua un temps d'arrêt avant de finalement reprendre :
-Asuma a déjà été vengé. Aujourd'hui je dois me concentrer sur ce qu'il m'a légué.
La réponse de Kurenai laissa Shikamaru sceptique. Pouvait-on oublier les exactions du passé ? Comment s'organiserait le monde shinobi, une fois cette guerre terminé et cette alliance shinobi rompue ? Enfin, s'ils gagnaient cette guerre.
Kurenai changea de conversation pour détendre l'atmosphère.
-Pourquoi n'êtes-vous pas avec les autres ? J'ai vu Hinata, Ino, Tenten et les garçons partir du campement en direction du Quartier des Comètes.
Neji lui répondit :
-Le Godaime veut nous parler et elle nous a interdit de quitter le campement avant que ce ne soit fait.
-Apparemment les Kages veulent nous punir de notre insubordination même le Kazekage qui était dans la confidence a eu des réprimandes. Poursuivit Shikamaru. Et en tant que jônin, nous prenons toute la responsabilité de la chose.
Kurenai vit que cela affectait plus le Nara que le jeune Hyûga.
-Vous ne devriez pas y penser, votre mission de sauvetage a été un succès, Naruto est sain et sauf comme le reste d'entre nous.
-Depuis le temps, Kurenai-sensei, coupa Shikamaru en ricanant, je pensais que vous me connaissiez. Je ne redoute pas cette sanction. On m'a donné le grade de jônin car j'étais compétent et parce qu'il fallait des officiers dans nos rangs mais je n'ai même pas passé le même examen que Neji et les autres jônins. Cela m'est bien égal s'ils m'enlèvent ce grade. Tout ce qui m'inquiète pour le moment, c'est le rendu de cette conversation.
Il émit un long et bruyant bâillement.
-Quand je pense que Naruto est allongé dans un lit douillet au palais, pesta-t-il.
Les trois femmes s'étaient éloignées du campement afin de pouvoir discuter à l'abri des oreilles indiscrètes. Konan avait dit aux deux femmes Kages qu'il fallait se méfier de la terre car Madara avait parmi ses alliés des créatures pouvant se mêler à la roche et au bois. Tsunade, Mei et Konan s'étaient donc déplacés sur l'eau entre les deux iles de l'archipel et une fois qu'elles n'arrivaient plus à distinguer les silhouettes des ninjas sur le campement, elles débutèrent leur conversation.
-Pourquoi t'être rendu à nous ? Commença Tsunade.
Le soleil de midi frappait de son ardente chaleur les trois femmes. Konan avait ouvert son long manteau noir laissant dévoiler un long justaucorps bleu sans manches mettant en valeur sa poitrine et sa silhouette et qui laissait voir son bas ventre et son nombril entouré par quatre piercings. La chaleur la harassait. Elle n'était pas habitué aux régions chaudes et ensoleillés, elle qui avait grandi dans le pays froid et humide d'Ame.
-Je souhaite m'entretenir d'affaires importantes avec l'Alliance Shinobi. Dit-elle d'un ton neutre.
-Konan, vous étiez dans les affaires d'Akatsuki. Rappela Mei. Pourquoi devrions-nous entendre une requête de notre ancien ennemi ?
-Je suis ici en tant que dirigeante du village caché d'Ame. Répondit Konan. Je ne suis plus mêlé aux affaires d'Akatsuki et mon village et moi-même sommes prêt à coopérer avec vous afin de faire chuter Madara Uchiwa.
-Alors pourquoi êtes-vous venus ici, poursuivit la Mizukage. L'Archipel de l'Etoile n'est régi par aucun ninja de l'Alliance. Etes-vous venus pour le Jinchuriki de Kyûbi ?
-Nous avons appris qu'il avait été capturé et emmené sur cet archipel et j'ai décidé que de sauver Naruto Uzumaki serait le meilleur moyen de montrer notre bonne foi à l'Alliance Shinobi.
-Ou vous auriez très bien pu le livrer à Madara Uchiwa, supposa Mei d'un ton doux mais ferme.
La remarque de Mei fit un froid entre les deux femmes. Tsunade garda son attention sur Konan. Naruto avait défendu la kunoichi d'Ame lors du combat contre Aburami et Tsunade ne pouvait s'empêcher de se rappeler de la petite fille affamée, accompagnée par deux autres garçons, qui avait fait une fleur de papier blanc avec l'emballage de biscuits. Jiraiya avait traité et aimé ses gamins comme ses propres enfants.
-Nous t'écoutons, déclara Tsunade.
Konan reporta son attention sur l'Hokage et commença ses explications.
-Madara Uchiwa était l'éminence grise de l'Akatsuki. Il avait placé à sa tête l'homme aux rinnegans, mon ami Nagato. Il était connu sous le nom de Pain. Nagato avait pacifié le Pays d'Ame grâce à son pouvoir notamment en éliminant Hanzô et tous ses proches. Il était devenu aux yeux des gens du Pays d'Ame comme un véritable dieu. Mais Nagato a perdu la vie après son attaque sur Konoha. Il s'est sacrifié afin de ressusciter les villageois qui avaient péri suite à son raid.
Konan marqua une pause. Malgré sa convalescence, Tsunade avait entendu que Pain, suite à une entrevue avec Naruto, avait finalement usé de son pouvoir pour ramener les villageois morts à la vie. Tsunade avait beau tenté de ne pas y croire mais Naruto avait ardemment défendu les deux shinobis d'Ame.
-Malheureusement, poursuivit la kunoichi aux cheveux bleus, les shinobis d'Ame se sont rendus compte de la disparition de Pain. J'ai pris sa tête à la tête du village mais je n'ai pas pu empêcher d'anciens ennemis de refaire surface.
-Lesquels ? demanda Mei à mi-voix.
-D'anciens partisans d'Hanzô, la Salamandre, qui vivaient dans la clandestinité depuis la chute de celui-ci. Mais avec la disparition de Pain, ils sont sortis de leur cachette et ont décidé de reprendre la Pays d'Ame et ils sont nombreux à rejoindre leur cause.
Tsunade se rappela du combat acharné qu'elle mena avec Orochimaru et Jiraiya contre Hanzô. Ils avaient gagné plus qu'un titre lors de cette bataille, ils avaient gagné une renommée, celle des Légendaires Sannins. Mais cette renommée ne fut jamais aussi grande que celle d'Hanzô la Salamandre. Un homme charismatique et redoutable qui aurait monté une armée de shinobis à sa cause uniquement en clamant son nom et son titre.
-Qui mène ces partisans ? Osa questionner Tsunade.
-Hanzô avait de nombreuses femmes et une multitude d'enfants. Il avait également adopté de nombreux orphelins de guerre pour les former au combat et en faire un corps armé redoutable qui lui serait totalement dévoué. Nagato s'était attelé à tous les éliminer afin qu'aucun d'entre eux ne puisse rallier les partisans de la Salamandre. Quant à ses lieutenants, la plupart avait péri avec lui mais certains ont préféré prendre la fuite et se cacher. Les derniers évènements à Ame nous ont prouvé le contraire. Un homme du nom de Teinou a rallié les shinobis qui autrefois combattaient sous l'égide de la Salamandre.
-Qui est-il ? Je n'ai jamais entendu parler de lui. Déclara Tsunade. Comment un simple inconnu pourrait faire un tel soulèvement ?
-Cet homme a avec lui, un des derniers orphelins de guerre adoptés par Hanzô, le seul qui ait survécu à la purge orchestrée par Pain. Il a présenté cet enfant comme le successeur d'Hanzô celui qui vengerait son père et reprendrait les rênes du pays d'Ame. Teinou rassemble des troupes en utilisant ce « fils » d'Hanzô. Et selon mes craintes, il y a de fortes chances que ces partisans d'Hanzô s'allient avec l'Akatsuki et rejoignent les rangs de vos ennemis.
Mei resta pensive et Tsunade baissa les yeux sur l'immensité bleue et mouvante sur laquelle elles tenaient toutes debout. La Quatrième Grande Guerre Shinobi, son apparition dans un monde calme et en paix depuis une vingtaine d'années, était inopportun et elle savait que celle-ci allait s'étendre à l'ensemble du monde shinobi. C'était inévitable à ses yeux. Comme la goutte qui tombe dans une flaque d'eau et dont les remous s'étendent sur sa surface. La guerre qu'ils avaient déclenchée était une énorme goutte et les remous qu'elle formerait en tombant sur le monde shinobi seraient immenses et destructeurs. Plus celle-ci se poursuivait, plus le continent sombrerait dans le chaos.
Konan déglutit alors que quelques perles de sueur coulèrent sur sa nuque et annonça :
-Voilà ce qui explique tout d'abord ma présence ici. En tant que dirigeante du Pays d'Ame, je voudrais que nos forces rejoignent l'Alliance Shinobi.
Les deux Kages ne furent pas étonnés car elles avaient deviné ce qui motivait la jeune femme.
-Ce n'est pas une décision que nous pouvons prendre entre nous, les autres chefs de l'Alliance doivent être mis au courant de votre proposition, expliqua la Mizukage. Mais en tant qu'ancien membre d'Akatsuki, vous devez savoir que votre passé ne joue pas en votre faveur. Je ne suis pas très enclin à cette idée.
-Il n'est pas question de moi, répondit-elle. Il est question d'Ame. Un pays qui a autrefois été la victime collatérale de vos guerres. Nous avons souffert de vos conflits et nous en avons payé le prix fort. Aujourd'hui, nous voulons nous battre comme l'égal des Cinq Grandes Nations Shinobis et mater les dissensions qui menacent notre contrée.
-Je ne vois pas pourquoi je m'y opposerais, coupa Tsunade.
Mei et Konan se tournèrent vers la Sannin. Celle-ci avait un petit rictus qui surprit les deux autres femmes.
-Si le plan de Madara s'accomplit, il touchera tout ce qui est vivant en ce monde. Notre conflit se résume à combattre et vaincre ou succomber à son illusion. Kiri a également eu des rapports nébuleux avec Akatsuki et malgré cela, le doute ne plane pas sur vos intentions, Mizukage.
Le village de Kiri avait toujours été le plus mystérieux des villages shinobis. Il n'avait pris part à aucune guerre depuis la Seconde Guerre Shinobi et la mort du Nidaime Mizukage contre le Nidaime Tsuchikage qui s'entretuèrent sur le champ de bataille. Le village avait quasiment vécu en autarcie sous les régimes du Sandaime et Yondaime Mizukage bien que de nombreuses rumeurs parvinrent aux autres villages shinobis. L'arrivée de Mei au poste de Mizukage avait permis à Kiri de s'ouvrir de nouveau au monde shinobi et d'afficher une certaine transparence dans les affaires du village. Malgré cela, le passé sombre du village de Kiri ne pouvait disparaitre en un claquement de doigt et Mei Terumi devrait encore payer pour les erreurs de ses ainés. Elle réalisa que la situation de Konan et la sienne n'étaient pas si différentes.
-Cette alliance est envisageable, dit Mei Terumi. Le Kazekage et Mifune pourront être d'accord. Mais il reste encore à convaincre le Raikage et le Tsuchikage, ils sont bornés et méfiants.
-Pour que nous ayons une chance, il va falloir que Konan leur démontre sa bonne foi et celle des siens. Lâcha l'Hokage.
L'étonnement se lut sur le visage de la jeune fille d'Ame et sur celui de la Mizukage. Tsunade affichait un air malicieux comme si elle avait une idée en tête.
-Konan, tu iras avec nous voir les dirigeants de l'Alliance seule et sans tes hommes. A leurs yeux, tu montreras ta volonté de rejoindre l'Alliance en te présentant comme un otage.
-Il y aurait peut-être une autre solution … interrompit Mei.
-Tes hommes sont-ils prêts à rejoindre les nôtres sur le champ de bataille ? demanda la Sannin en se tournant vers Konan.
-Ils sont sur le pied de guerre, Hokage-sama. Mais je ne vous ai pas tout dit. J'ai une nouvelle inquiétante pour l'Alliance.
Un vent soudain balaya la surface bleuté de l'eau et les femmes frissonnèrent sous sa morsure.
-Il y a quelques jours, le caveau qui renfermait le corps de Nagato avait profané. Son corps a été emmené et je suis certaine que Madara Uchiwa est pour quelque chose dans cette affaire. Je crains qu'il ne mette la main sur les rinnegans et cela devrait être aussi votre crainte.
Naruto jeta un œil en biais sur Sai qui, assis sur une chaise, veillait à son chevet tout en dessinant. Le Jinchuriki de Kyûbi mourrait de faim et son estomac ne réclamait qu'une seule chose : ses précieux ramens. Mais il n'y avait aucune trace de ce met délicieux sur l'archipel car il avait été interdit, banni du royaume. Naruto ruminait sa peine. Il déprimait tant sa faim et sa fatigue étaient grandes. Il soupira tout en observant son camarade dessiner sur un parchemin avec un air insouciant.
-Sai. Dit-il d'un ton morne.
Le jeune garçon de la Racine stoppa son fusain et leva les yeux vers le blond.
-Est-ce que tu me considères comme ton ami ? demanda Naruto.
Les yeux de Sai s'écarquillèrent de surprise tant la question de Naruto sortait de nulle part.
-Oui, tu es un membre de l'équipe 7, répondit-il. un coéquipier, un ami, un confident.
-Sache que je te considère aussi comme un ami proche. Alors tu comprends que je ne peux te demander ça qu'à toi.
Le brun fut encore plus intrigué par les propos du blond.
-Qu'est-ce que tu veux me demander ?
-Lorsqu'un homme est déterminé à aller jusqu'au bout, il a besoin d'un véritable ami pour l'assister.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ? S'interrogea Sai.
-Mes forces m'abandonnent Sai. Sans mes ramens, j'ai perdu la volonté de vivre. Répondit-il alors que des larmes montèrent à ses yeux.
Le trouble s'installa dans le cœur de Sai.
-Qu … qu'attends-tu de moi ? Balbutia le brun.
-Je veux me faire seppuku. Mettre fin à mes souffrances. Continua Naruto alors des larmes coulaient sur ses joues et que son visage se transformait en une grimace grotesque et pathétique.
-Mais je ne peux pas faire ça.
-Tu as dit être mon ami ! Je ne peux compter que sur toi pour cette lourde tâche !
Sai sentit un poids peser sur les épaules et resta en émoi devant les larmes pitoyables de Naruto.
-Passe-moi un kunai pour que je m'ouvre le ventre et si tu es un véritable ami tu mettras fin à mon agonie en me décapitant.
Sai sentit son cœur se serrer alors que Naruto s'était déjà préparé en se mettant à genoux sur son lit de convalescence en dévoilant son torse nu, prêt à recevoir l'entaille fatale. Sai ne pouvait se résoudre à aider Naruto à mettre fin à ses jours mais c'était une demande qu'on ne pouvait faire qu'à un très proche ami. Il avait lu cela dans un livre et il serait un bien mauvais ami s'il ne tenait pas un tel engagement. Sai déglutit et posa son parchemin et son fusain au sol. Il sortit un kunai de sa poche et le posa sur le lit face à Naruto. Il se plaça debout dans le dos du blond et dégaina son tantô. Naruto se saisit du kunai et le pointa sur son ventre. Le silence régna dans la chambre alors que les deux shinobis n'entendirent que les hurlements des gens de l'archipel dans la cour du palais.
-Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? demanda Sai.
-Je n'ai plus le goût à rien, déclara Naruto. Je ne tiendrais pas un jour de plus sans manger de ramens et vu qu'ils sont interdits ici alors autant en finir avec la vie.
Naruto tenta de retenir ses larmes et bégaya :
-Tu expliqueras ça à Sakura. Et … et …. Tu diras à Teuchi et Ayame que … que je n'ai pas pu le supporter. Que je suis désolé.
-Ils le sauront. Je te le promets. Répliqua à mi-voix Sai alors que les larmes lui venaient aux yeux.
-Tu es un véritable ami, Sai.
-Merci, Naruto. Mon ami.
Ce fut à cet instant que Sakura entra.
-Naruto, tu vas pouvoir sortir car … MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ !?
Deux énormes gnons plus tard, Sai était assommé contre un mur et Naruto ne voyait plus rien de l'œil droit tant le coup de la rose avait laissé sa marque.
-VOUS ALLEZ ARRETER VOS CONNERIES, MAINTENANT ?
Naruto couvrit sa tête meurtrie sous les draps et marmonna :
-Oui, Sakura-chan mais les ramens …
-JE NE VEUX PLUS EN ENTENDRE PARLER ! C'EST COMPRIS ?!
Sakura fulminait de rage et ses yeux lançaient des éclairs meurtriers sur le Jinchuriki de Kyûbi.
-JE T'AI AMENE KARIN POUR QUE TU PUISSES TE REMETTRE D'APLOMB ET TOI TU DECIDES DE FAIRE LE MARIOLLE AVEC SAI ?! MA PATIENCE A DES LIMITES, NARUTO !
-Dé… dé … désolé, bégaya le blond.
La rose se radoucit et expira longuement.
-Franchement, pesta-t-elle. Faire tout ça pour des ramens. Penses un peu à ceux qui ont risqué leurs vies pour te sauver.
La remarque sembla déplaire à Naruto qui baissa les yeux et soupira et murmura un « ouais » désintéressé.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sakura vivement car elle avait remarqué que quelque chose le troublait.
-Non … rien. Merci de te préoccuper pour moi, Sakura-chan. Dit-il d'un ton neutre.
Naruto se retourna sur son lit en évitant le regard de Sakura. Celle-ci resta quelques instants devant le lit de Naruto, en espérant que celui-ci vide son sac mais après aucune réaction de la part du blond, elle quitta silencieusement la chambre en trainant le corps inanimé de Sai.
Karin fit son entrée dans la chambre et Naruto regarda par-dessus sa couverture, l'arrivée de la rousse. Celle-ci remit ses lunettes sur son nez et retroussa sa manche.
-Bon dépêchons-nous, j'ai énormément de temps de sommeil à rattraper. Dit-elle. Si tu penses être le seul à te remettre du combat d'hier soir tu te trompes.
Elle s'avança vers le lit et tendit son bras marqué par des traces de morsure sous les yeux dubitatifs de Naruto.
-Allez mords, ordonna-t-elle.
Naruto pencha la tête et mordit timidement la rousse à l'avant-bras. Soudain une chaleur envahit toutes les parties de son corps, comme si on avait mis son sang à ébullition. Il sentit son chakra vibrer en lui et ses muscles se compresser. Son œil au beurre noir disparut et sa fatigue disparut tout autant. Une sensation qu'il avait déjà ressentie la veille.
Lorsqu'il finit de mordre la jeune fille, il s'exclama :
-Oui, je me souviens, tu es la fille d'hier soir. Tu m'as déjà remis sur pieds.
-Bravo, gros malin, cracha Karin. Tu aurais pu me remercier pour ça.
Alors qu'elle allait s'écarter du lit pour sortir de la pièce, quelque chose la retint. Naruto la retenait par le bras et Karin ne put cacher la surprise qui se lut sur son visage.
-Attends ! dit-il. Tu faisais partie du groupe de Sasuke, c'est bien ça ?
Les lunettes de Karin retombèrent sur le bout de son nez. Ses yeux orangées montraient bien à quel point, elle se sentait gênée par la question de Naruto. Son attitude était fuyante mais les yeux azur de Naruto la fixaient de manière appuyée. Elle acquiesça d'un signe de tête.
-J'aimerais que tu me parles de Sasuke, annonça Naruto.
-Ahhh ! Cet Archipel est un paradis !
Cela faisait deux heures que des shinobis de Konoha parcouraient les rues du Quartier des Comètes. Ino et Tenten étaient en tête de file allant d'échoppes en boutiques. Hinata suivait timidement ses amies alors que Shino, Chôji et Lee fermaient la marche. Le groupe parcourait l'ensemble des galeries marchandes, des bazars et des armureries du Quartier des Comètes et à chaque fois se déroulait le même manège. Ils entraient dans une boutique ou une échoppe, l'un des clients ou des habitants les reconnaissaient comme les shinobis qui ont aidé la Rébellion à renverser Ryuk Aburami et ils repartaient du magasin avec énormément de choses offertes par le commerçant en guise de remerciements.
Ainsi Tenten et Ino trouvèrent leur compte lorsqu'elles repartirent avec des nouveaux vêtements, des bijoux, des friandises locales ou des armes en ce qui concernait la manipulatrice d'armes. Hinata était tiraillé entre ses deux amies qui la baladaient d'une boutique à une autre, suivi par leurs trois porteurs. Chôji, Shino et Lee tentaient de se frayer un chemin entre les passants portant les nombreux paquets des achats des trois kunoichis. Plus le soleil descendait vers l'ouest, plus la pile de paquets s'empilaient dans les bras du trio, obstruant leur vue. Hinata essayait parfois de les guider mais elle aggravait souvent la direction en menant les trois garçons à l'aveugle.
Le seul répit qu'ils eurent, fut lorsque les kunoichis décidèrent de s'arrêter sur une petite place avec une fontaine en son centre. Ils s'assirent sur le rebord de la fontaine et posèrent la pile de paquets au sol. Ils soufflèrent un peu profitant de l'air frais porté par l'eau qui tombait de la bouche de deux poissons de marbre, trônant au centre de la fontaine. Hinata les rejoignit pendant qu'Ino et Tenten s'étaient éclipsées dans un autre magasin au coin de la place.
-Vous n'êtes pas trop fatigués ? demanda-t-elle soucieuse.
La chaleur avait été suffocante et le trio suait à grosses gouttes. Lee avait ouvert sa veste de chûnin, Shino avait enlevé sa capuche et Chôji haletait comme un chien.
-Il fait chaud, dit Shino à mi-voix.
-Très chaud …, ajouta Chôji.
-Nous pourrions aller boire quelque chose de frais, proposa timidement Hinata.
-Je ne pense pas qu'Ino et Tenten voudraient perdre du temps à s'asseoir pour boire un coup, expliqua l'Akimichi.
-L'après-midi est déjà bien avancé, continua Lee. Elles veulent faire tous les recoins de l'île.
Hinata se sentait mal pour eux, ils avaient trimé depuis la fin du déjeuner sous la chaleur accablante portant les nombreux cadeaux et achats que les commerçants accordaient aux kunoichis. Elle avait remarqué que Shino et Lee n'avaient rien pris pour eux-mêmes et elle avait surpris Chôji à mettre des friandises et des gâteaux dans sa poche lorsqu'ils s'étaient arrêtés à la pâtisserie de la plage.
-Mais pourquoi-êtes-vous venu avec nous ? S'interrogea l'Hyûga. Shino, tu n'aurais pas préféré aller en balade dans la forêt avec Kiba et Akamaru ? Tu n'aurais pas trouvé de nouvelles sortes d'insectes ?
L'Aburame se racla la gorge et remit ses lunettes sombres sur son nez.
-Non. Pour une fois que je fais partie des activités du groupe et que je n'en ai pas été exclu …
-Tu … tu n'as toujours pas tourné la page, Shino, se lamenta Rock Lee.
-Et toi, Chôji ? demanda Hinata.
-Shikamaru semblait occupé et il est resté avec Neji car ils devaient voir l'Hokage. Répondit-il en s'essuyant le front avec sa manche. Je ne voulais pas l'attendre alors je suis venu avec vous.
Ino et Tenten arrivèrent soudainement avec les mains vides.
-On vient d'avoir une discussion intéressante avec le teneur d'un bar à saké. Expliqua Tenten. Apparemment, il y aurait une forêt dans la prochaine île à l'est appelée le Jardin des Météores.
-Elle est célèbre car il y aurait de nombreuses espèces de fleurs et d'animaux exotiques dans cette réserve et c'est donc notre prochaine destination. Annonça la Yamanaka.
Le trio de garçons soupira de désespoir en silence tandis qu'Hinata, voyant la détresse des shinobis, déclara :
-Peut-être que nous pourrions retourner au campement pour déposer vos achats et ensuite nous irons voir ce Jardin.
-Nous avons peu de temps libre sur cet archipel, il faut en profiter pour faire un maximum de choses. Argumenta la blonde.
-Mais … Chôji, Lee et Shino n'en peuvent plus. Ils ne pourront pas aller très loin avec cette chaleur et la tonne de paquets qu'ils doivent porter.
Tenten fit une grimace et se tourna vers son coéquipier.
-Lee, je te croyais plus endurant que ça. Dit-elle dépitée.
-C'est qu'il fait très chaud, on a pas l'habitude de ces températures à Konoha, répondit simplement le jeune fauve de Jade.
Un éclair de malice passa dans les yeux de Tenten.
-Je sais exactement ce que Gai-sensei ferait dans ce cas-là. Dit-elle.
Cela attira l'attention de son coéquipier qui leva les yeux vers elle et demanda :
-Que ferait-il ?
-Il prendrait ça comme un challenge et irait jusqu'au bout de l'épreuve pour prouver la force de sa jeunesse et sa détermination. Répondit-elle avec un sourire malin.
Ni une, ni deux, Lee se releva et saisit tous les paquets au sol et les rassembla en un immense tas qu'il souleva et porta à bout de bras.
-Tu … tu as raison, Tenten ! S'exclama-t-il. C'est exactement ce que ferait Gai-sensei !
-Il serait tellement fier de toi, déclara Tenten avec un sourire faux.
-Tu lui fais honneur, rajouta Ino en minaudant.
Les deux kunoichis échangèrent un clin d'œil tandis qu'Hinata, Chôji et Shino observèrent la scène douloureuse résultant de la naïveté de l'apprenti de Gai et du machiavélisme des kunoichis.
-Elles sont diaboliques, pensèrent-ils.
-Allez ! Assez perdu de temps, on se dirige vers la prochaine île, s'écria Ino en pivotant sur elle-même.
Alors qu'elle tournait le dos à la fontaine, elle percuta quelqu'un d'autre qui émit un grognement. C'était une femme aux longs cheveux rouges portant un léger pantalon noir sur un tee-shirt marron. Ses yeux noisettes, pleins de colère, étaient séparés par une mèche de cheveux qui tombait sur son visage jusqu'à sa bouche qui affichait une moue furieuse.
-Putain ! Regarde où tu vas, grosse truie !
Ceux qui connaissaient Hinata Hyûga sauraient que dans cette situation, elle aurait été profondément embarrassée, se serait excusée un millier de fois et se serait éclipsée en rougissant hors de la vision de l'autre personne. Mais il s'agissait d'Ino ici. Elle n'avait pas la langue dans sa poche et n'avait pas l'habitude de se laisser marcher dessus.
Surtout par les personnes qui la traitaient de grosse truie.
-Qui c'est que tu traites de grosse truie ?!
La blonde fixa de ses yeux bleus la fille aux yeux noisette et les deux femmes se lancèrent des éclairs. Ino avait la lèvre tremblante de rage tandis que la rouge eut un rictus d'amusement.
-C'est toi que je traite de grosse truie, cracha-t-elle. Ça te pose un problème ?
-Tu t'es regardé, laideron ?!
La fille aux cheveux rouge se pinça les lèvres et répliqua avec ironie :
-C'est tout ce que tu as trouvé ? Bravo, tu es très intelligente. Hors de mon chemin !
La rouge poussa Ino d'un geste brut mais la blonde la rattrapa et la saisit par l'épaule.
-Tu crois que je vais te laisser partir comme ça ?! s'écria la blonde.
-Calme-toi, Ino. Laisse courir. Dit à mi-voix Tenten qui ne voulait pas laisser les choses s'envenimer.
-C'est ça, écoute donc l'autre. J'ai plus rien à faire avec les pleureuses, railla la fille.
Hinata se fit toute discrète en se calant entre Shino et Chôji qui ne voulaient pas plus qu'elle se mêler à l'accrochage. Cependant Chôji eut un certain moment d'absence car il lui semblait reconnaitre cette voix et ces cheveux rouges.
-Tayuya ! Ou est-ce que tu es ?!
La fille et les shinobis virent accourir deux énormes sacs portés par deux paires de pieds. Une fois, qu'ils furent assez prêts, les shinobis purent voir qu'ils s'agissaient de deux personnes portant des sacs pleins à craquer. L'une d'entre elle était assez forte pour porter un sac gigantesque qui obstruait sa vue. Le deuxième avait trois paires de bras, et chacune servait à porter un gros sac de lin. Une paire de bras portait un sac dans son dos, un autre sac était maintenu sur sa tête par une autre paire de bras tandis que la troisième paire entourait le sac qu'il portait devant lui, cachant son visage. Le porteur trapu avait de longs cheveux orangés tandis que celui aux bras multiples avait une chevelure frisée et touffue.
-Qu'est-ce que vous foutiez ! S'égosilla celle qu'ils appelèrent Tayuya. Trainez-pas !
-Guide-nous au lieu d'agresser les passants. Répliqua celui-ci à trois bras.
-Abrutis, vous êtes vraiment bons à rien sans moi.
Ino et Tenten continuèrent de défier du regard la fille rouge alors que Shino, Lee, Hinata et Chôji observèrent les deux porteurs d'un œil discret. Chôji semblait bien avoir déjà entendu les voix des trois individus mais il n'arrivait plus à se remémorer où et quand. La dénommée Tayuya de sa voix rauque, se tourna de nouveau vers Ino et Tenten.
-J'ai d'autres choses à foutre que te descendre, la blonde alors tu me lâches ou je te brise.
Tenten posa sa main sur l'épaule pour la forcer à abandonner. La blonde se renfrogna et tourna le dos à Tayuya pour rejoindre les autres sur la fontaine. Tayuya passa devant eux avec un rictus victorieux et moqueur à l'encontre de la Yamanaka et fut suivi par les deux autres porteurs.
-Tachez de suivre les deux merdes ! s'écria-t-elle à l'encontre de ces derniers.
Lorsqu'elle fut assez loin, Ino put rompre le silence et cracha :
-Quelle garce !
-Bah laisse là ! Coupa Tenten. Tu veux toujours qu'on aille au Jardin des Météores.
-Et comment ! On y va. Si vous comptez rentrer au campement, les garçons, est-ce que vous pourriez déposer nos affaires ?
-Cela doit être dans nos cordes, dit Shino d'un ton morne.
Lee continuait de porter à bout de bras l'immense tas de paquets et d'affaires, qui tanguait de gauche à droite menaçant de se renverser. Chôji continuait de se creuser la tête pour se rappeler où il aurait entendu ces voix mais il abandonna vite lorsqu'une voix les interpella :
-Oh, vous êtes là ?
Kiba arriva aux côtés d'Akamaru qui se dirigea vers Hinata pour se laisser caresser le dos par l'Hyûga.
-Alors comment était la balade ? demanda Hinata comme si elle parlait au chien blanc.
-Plus courte que prévue, expliqua Kiba. J'ai senti de vieilles odeurs et elles étaient associées à un mauvais souvenir. J'ai suivi la trace jusqu'à ici mais incapable de me rappeler à qui appartient ces odeurs nauséabondes.
-Alors comme ça mon odeur est nauséabonde ? répliqua Shino sur un ton de reproche.
-Mais non, dit Hinata. Il ne parlait pas de …
-Rah, laisse-le Hinata. Coupa Kiba. Ce type me fatigue vraiment …
Les deux coéquipiers se jetèrent un regard noir alors qu'Hinata et Akamaru tentaient de les réconcilier. Lee souffrait toujours sous le poids des paquets d'Ino et de Tenten et Chôji continuait de manger les biscuits et pâtisseries qu'il avait gardés dans sa poche.
-Bon, annonça Tenten à l'assemblée. Qui veut aller au Jardin des Météores ?
Ino se joignit aux côtés de la kunoichi aux macarons et après avoir vu le regard insistant de ses deux amies, Hinata vint les rejoindre. Aucun des garçons ne montra un certain enthousiasme à vouloir suivre le trio de femmes.
-C'est tout ?
-On va retourner au camp pour ramener vos affaires, dit Chôji pour éviter de suivre les filles jusqu'à l'autre bout de l'Archipel.
-Très bien, on se revoit ce soir à la fête ! Termina Tenten.
Les trois kunoichis s'évanouirent dans la foule alors que les garçons restèrent aux abords de la fontaine. Lee avait finalement déposé la tonne d'affaires pour souffler un peu avant de repartir pour le campement des shinobis sur l'île centrale de l'Archipel.
Alors qu'ils étaient prêts à repartir, ils furent interpellés par un jeune homme à haute stature plus âgé qu'eux :
-Excusez-moi mais vous êtes des shinobis de Konoha, n'est-ce pas ?
Il portait un manteau beige et fin fermé et un petit sac en bandoulière dans son dos ainsi que des mitaines sombres. Sur la bandoulière, ils virent une plaque de fer portant les quatre lignes verticales parallèles du village d'Ame et Kiba se renfrogna :
- Oui, on est de Konoha et on ne fait pas confiance aux shinobis d'Ame.
-Et pourquoi cela ? dit-il en grattant ses cheveux bruns en bataille.
-Le chef de l'Akatsuki était d'Ame et il a détruit notre village. Alors tu ferais mieux de te tirer et ne plus t'adresser à nous. Pesta l'Inuzuka.
-L'Akatsuki a attaqué Konoha, rectifia le shinobi. Pas le village d'Ame.
-Cela ne change rien, ajouta calmement Shino. Votre chef, la femme aux origamis, elle faisait partie de l'Akatsuki. Ame et Akatsuki sont indissociables pour nous.
Chôji et Lee restèrent silencieux alors que la tension devenait de plus en plus tendue entre les trois hommes. Kiba et Shino semblaient les plus remontés. Mais au lieu de se rallier à son maitre, Akamaru observa avec curiosité le shinobi d'Ame.
-Je ne suis pas ici en tant que shinobi d'Ame. Déclara le shinobi d'Ame en gardant son sang-froid devant l'animosité des ninjas de la feuille. J'ai une amie qui désire parler à un membre du clan Inuzuka.
Alors que l'étonnement se dessina sur le visage de Kiba, une petite forme jaune sauta d'un arbre au loin et se faufila avec rapidité entre les jambes des passants jusqu'à la fontaine. Akamaru se mit en position de garde et grogna en direction de l'animal.
-Yudachi, tu l'as trouvé !
Un macaque au poil jaune escalada le dos du shinobi d'Ame et se plaça sur son épaule.
-Merci ! Tu es le meilleur, dit l'animal en embrassant la joue du brun.
Celui-ci fit une grimace amusé alors que les autres furent écœurés et intrigués par cette affinité entre le simien et le shinobi.
-Il est à toi, dit Yudachi.
-Je voulais te rencontrer, déclara le singe à l'attention de Kiba.
Akamaru aboya en direction du singe qui sauta de l'épaule de Yudachi. L'animal jaune explosa en un nuage de fumée sous les yeux perplexes des shinobis. Une jeune femme blonde émergea de la fumée. Ses yeux étaient verts vif et de fines marques rouges coulaient de ses joues jusque sous sa lèvre inférieur. Elle portait un plastron fin en cuir bouilli avec des épaulettes ainsi qu'un pantalon de couleur brune dans des bottes noires. Une longue tresse de cheveux descendait dans son dos tirant ses cheveux en arrière dévoila son front et de petites oreilles.
-Je m'appelle Yaen de l'ancien clan Kozue. Ravi de rencontrer un membre du clan Inuzuka.
Shino, Lee et Chôji se tournèrent vers le maitre-chien qui n'avait toujours pas réagi. Akamaru tournait autour de la jeune fille, renfilant avec intérêt.
-Je cherche depuis longtemps un autre membre d'un clan descendant des Jûnishi. Déclara Yaen.
-Les … Jûnishi ? Balbutia Kiba perplexe.
Yaen regarda Kiba intriguée. Elle était un peu plus grande que lui, elle devait avoir la vingtaine tout comme Yudachi.
-Tu n'as jamais entendu parler des Jûnishi ou bien des Kozue ? dit-elle en caressant le chien blanc.
-No … non, mais j'ai l'impression que … ce truc me dit quelque chose, avoua Kiba. Mais je ne souviens pas où je l'aurais entendu.
La blonde fit une grimace de déception ce qui mit mal à l'aise Kiba.
-Tu es bel et bien un membre du clan Inuzuka, cela se reconnait à tes marques de crocs sur les joues. Déclara-t-elle. Mais je suis étonnée que tu ne connaisses pas l'histoire du clan Jûnishi. Tant pis, tu n'aurais aucune explications de moi la dessus.
-Tu peux te transformer en singe, c'est ça ? Questionna le maitre-chien. Tu étais le gorille au poil jaune d'hier soir qui s'est battu avec nous.
-Comment t'appelles-tu ?
Bien que l'Inuzuka se sentait perdu dans cette histoire, il lui semblait que la blonde le menait littéralement en bateau, répondit simplement :
-Ki … Kiba.
-Eh bien, Kiba, je te conseille d'aller consulter les anciens de ton clan sur les Jûnishi, termina-t-elle en rejoignant Yudachi. Ils en sauront surement plus que toi, je t'expliquerais tout après ça. Nous nous reverrons d'ici là plus vite que tu ne le penses !
Puis elle posa sa main sur la hanche de Yudachi et tous les deux s'éloignèrent de la fontaine sous les yeux intéressés des autres shinobis et laissant Kiba à ses interrogations.
Temari et Kankurô étaient partis tous les deux du campement pour tenter de rejoindre le groupe d'Ino. Ils étaient tous les deux préoccupés par ce que venait de leur dire la Godaime Hokage.
-Il n'aurait jamais dû dire que c'était son initiative. Pesta Kankurô.
-Tu le connais aussi bien que moi, j'étais sûr qu'il prendrait tout sur lui. Répondit sa sœur.
Kankurô avait enlevé la capuche noire de sa tête pour laisser apercevoir sa chevelure brune en bataille. Il avait enlevé ses marques mauves car la chaleur le faisait transpirer et cela faisait couler son maquillage. Sa tenue noire et ample était forte utile contre les vents violents des déserts du Pays du Vent mais sur l'Archipel de l'Etoile, sous le soleil brulant, elle était parfaitement inutile et étouffante. Le marionnettiste avait remonté ses manches et avait ouvert sa tenue pour pouvoir respirer. La tenue de sa sœur lui permettait de supporter la chaleur, elle n'était pas de nature frileuse et avait toujours sa tenue violette courte sans manches et remontant au-dessus des genoux avec un plastron gris fin couvrant sa poitrine et son bas ventre. Elle se rafraîchissait avec une réplique réduite de son éventail avec lequel elle balayait l'air.
-Il aurait mieux fait de la fermer.
-Le mal est fait cela ne sert à rien de le ressasser.
Il venait d'apprendre par Tsunade que Gaara, leur petit frère, le Kazekage de Suna, avait avoué aux autres Kages qu'il était à l'initiative de la mission de sauvetage officieuse de Naruto. Le Raikage était devenu enragé. Il était furieux qu'en tant que Commandant Généra de l'Armée Shinobi, on puisse désobéir à ses ordres. Ônoki Ryûtenbin le Tsuchikage avait infligé à Gaara mille et une réprimandes alors que Mifune et Mei Terumi s'étaient contentés de rester silencieux. Tsunade lui avait rapporté que leur frère était resté très calme et fier. La sanction du Raikage était implacable. Le poids du Kazekage et ses avis dans les décisions seraient maintenant réduit pour avoir désobéi et agi dans le dos des autres Kages. L'Hokage avait expliqué à Kankurô et Temari qu'elle aurait bien défendu leur frère dans son épreuve mais elle avait elle-même perdue de l'influence auprès des autres Kages pour avoir laissé Naruto, Jinchuriki de Kyûbi, disparaitre pendant un mois et réapparaitre en pleine guerre avant de se faire capturer par l'ennemi. De plus, l'affaire du massacre des Uchiwa restait encore dans l'esprit de tous. Les deux ainés No Sabaku ne pouvaient pas s'empêcher de penser à leur petit frère. Il devait affronter les autres Kages seul. Mais Temari et Kankurô devaient reconnaitre qu'il avait changé. Il s'était ouvert aux autres, avait muri et avait atteint le poste qu'occupait autrefois son père. Tout cela encore grâce à Naruto. C'est bien pour ça que les trois enfants du Yondaime Kazekage avaient tout fait pour aller à son secours pour payer la dette qu'ils avaient envers le jeune Uzumaki.
-Rah, ça m'énerve, cracha Kankurô. Quel imbécile ce Gaara, pourquoi il n'a pas mis ça sur notre dos ! Et il fait tellement chaud !
-Arrête de te plaindre, s'agaça sa sœur. Cherchons plutôt un endroit pour boire ou manger quelque chose de frais.
Les rues du Quartier du Comètes étaient animées en ce début d'après-midi. Bien que le soleil assommait les avenues avec ses rayons ardents, les enfants jouaient et couraient entre les ruelles à l'ombre avant d'aller se rafraichir à la plage. Les marchands et les échoppes avaient exposés leurs marchandises et leurs produits sous leurs auvents pour les protéger du soleil. Depuis la libération de l'Archipel, les deux jônins de Suna avaient remarqué que les habitants étaient bien plus sereins et que l'Archipel transpirait d'une nouvelle joie de vivre retrouvée.
Temari et Kankurô marchèrent longtemps à la recherche d'une échoppe de glace ou d'un vendeur de confiseries mais tous ceux qu'ils croisèrent étaient bondés. Soudain, ils aperçurent une petite silhouette qu'ils reconnurent par l'immense arme qu'il portait dans son dos.
-Chôjûrô ! Regarde ces masques ! Ils sont magnifiques !
Un garçon portant une immense et large épée dans son dos accompagnait une jeune fille aux cheveux blonds raides qui descendait jusqu'à la moitié de son dos. Elle portait le plastron gris sans épaulettes de Kiri sur un tee-shirt noir ainsi qu'un pantalon moulant bleu sombre. Un long morceau de tissu rouge foncé ceinturait sa taille et ses avants bras étaient entourés par des bandages. On pouvait voir dans le bas de son dos, un masque d'oinin, celui des ninjas traqueurs du village de Kiri, ainsi qu'une courte épée dans un fourreau.
Temari et Kankurô reconnurent le jeune épéiste de Kiri qui accompagnait la Godaime Mizukage lors du sommet des Cinq Kages au Pays du Fer. D'un simple signe de tête, le frère et la sœur décidèrent de l'approcher. Lorsqu'ils arrivèrent à sa portée, la jeune fille qui l'accompagnait avait disparu et il se retrouvait seul devant un magasin de masques ou et d'autres jouets pour enfants.
-Tu es bien Chôjûrô de Kiri ? annonça simplement Temari.
Le garçon aux cheveux courts bleus et aux lunettes noirs eut un moment de surprise suite à l'approche des deux shinobis de Suna.
-Ou … Oui. Dit-il. Vous … Vous êtes la sœur du Kazekage ?
-Oui c'est exact. Répondit Temari.
-Par contre, je ne pense pas vous connaitre, monsieur.
Kankurô fit une grimace d'étonnement et sa sœur répondit à sa place :
-Il s'agit de mon frère, Kankurô.
-Ah … oui. Le marionnettiste, réalisa Chôjûrô. Je dois avouer que vous êtes méconnaissable sans votre maquillage et sans vos pantins.
Kankurô expira d'exaspération et grogna alors que sa sœur ricanait et jubilait.
-Alors … vous … vous promenez ? Osa timidement demander l'épéiste de Kiri.
-Chôjûrô ! Regarde celui que j'ai pris !
La jeune fille sortit du magasin en trombe en présentant le masque qu'elle avait déniché. Les jônins de Suna purent l'observer plus attentivement. Elle avait des yeux jaunes or avec un visage pâle et fin. Ses cheveux d'une blondeur sombres partaient de chaque côté de son front et cachaient ses épaules. Le masque qu'elle présentait était celui qu'un chat aux yeux jaunes et au long sourire malin. Elle avait une brochette dans la bouche avec une boulette de dango rose qui menaçait de tomber par terre.
La kunoichi de Kiri rejoignit les trois shinobis et dévisagea les deux Suniens avec étonnement.
-Bonjour, dit-elle à mi-voix.
Chôjûrô écarquilla les yeux et s'écria très rapidement.
-Ce sont des shinobis de Suna, Aoki ! Ils ne sont pas censés connaitre ton identité ! Ton masque !
Elle laissa tomber son dango et s'empressa de mettre son masque. Temari et Kankurô se retrouvèrent nez à nez avec un masque de chat au sourire rusé qui les observait avec ses grosses pupilles jaunes. Chôjûrô en resta bouche bée.
-Pas celui-ci, Aoki ! Ton vrai masque ! Paniqua l'épéiste.
-Ils sont pas censés connaitre mon nom non plus ! Alors arrête de le dire ! S'égosilla-t-elle derrière le masque de chat.
Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent sous un auvent, autour d'une table et d'un plat de délicieux dangos frais.
-C'était la chose la plus pitoyable que j'ai vu dans toute vie. Annonça Kankurô en buvant une gorgée de thé frais.
Aoki et Chôjûrô baissèrent la tête, honteux et gênés. Ils s'étaient donnés en spectacle d'une manière ridicule et c'était là le summum de la honte pour un oinin de dévoiler son visage et son nom. Temari reprit une boulette de dango et commença la conversation :
-Allez, ça suffit. Oublions ce que nous venons de voir et repartons du début. Je suis Temari et voici mon frère Kankurô, nous sommes le frère et la sœur du Kazekage de Suna.
-Enchantée, répondit la jeune fille. Je suis Aoki, un oinin de Kiri. Et apparemment vous connaissez déjà Chôjûrô.
-Nous nous sommes déjà vu au sommet des Cinq Kages au Pays du Fer, expliqua Chôjûrô.
-En tout cas merci de nous avoir indiqué cette échoppe de dangos, déclara Temari. Ils sont délicieux.
Les jônins de Suna se délectaient. Kankurô enchainait les verres de thé tandis que sa sœur avalait à la chaine les brochettes de dangos tant cette confiserie était rare à Suna. Lorsqu'elle voyageait et notamment à Konoha, elle s'arrêtait souvent à une échoppe du village caché des feuilles où elle avait dégusté pour la première fois cette confiserie délicieuse. La première fois qu'elle y avait gouté, c'était grâce à Shikamaru qui lui avait proposé un repas-dégustation après une journée longue et épuisante à préparer l'examen chunin.
-Vous étiez parmi ceux qui ont désobéi aux ordres et qui sont allés au secours du Jinchuriki de Kyûbi, c'est bien ça ? demanda Aoki.
-Ouais, c'est ça, répondit immédiatement Kankurô d'un ton bourru en mâchonnant un dango. Ça vous pose un problème ?
-Pas du tout, pas du tout. Répliqua Chôjûrô.
-Tout le monde est en vie et nous avons pu arracher le Jinchuriki de Kyûbi à notre ennemi, ajouta Aoki.
-C'était toi le shinobi masqué avec l'épée en cristal, c'est ça ? fit remarquer marionnettiste.
La kunoichi de Kiri rosit des joues, fronça les sourcils et détourna les yeux.
-L'art de maitriser le cristal, continua Kankurô. Le Shôton. J'en ai entendu parler dans de vieux parchemins. C'est une affinité héréditaire très rare et peu répandue parmi les shinobis. Mais si mes yeux ne m'ont pas joué des tours, je t'ai bien avec vu ton masque de chasseur de déserteur hier soir et tu tenais entre tes mains une épée de cristal.
Les jônins de Suna avaient reconnu le masque d'oinin posé sur la table. Un masque avec les quatre sigles de Kiri sur le front et deux fines ouvertures pour les yeux avec pour couleur un bleu foncé, séparé en son milieu par une bande blanche. Ce même masque porté la veille par le mystérieux shinobi lorsqu'ils combattaient Ryuk Aburami.
-Est-ce que je me trompe ? déclara Kankurô en se délectant de l'embarras de la jeune fille.
La bouche d'Aoki se tordit en une grimace. Elle ne se remettait toujours pas du fait que son identité ait été dévoilée ainsi que son affinité. Chôjurô voyait bien que son amie était gênée mais lui-même il ne savait pas quoi répondre ou comment relancer la conversation.
-Cesse de la tourmenter. Ordonna Temari venant au secours des shinobis de Kiri. Avez-vous des nouvelles du front ? Est-ce que l'Ennemi a attaqué nos positions ?
Chôjûrô se racla la gorge et remit ses lunettes sur son nez.
-Nous sommes partis peu de temps après vous, lorsque votre conspiration a été découverte. Expliqua l'épéiste. Nous savons très peu de choses mais apparemment l'Ennemi est resté tranquille. Et les Kages ont décidé que ce serait à nous de riposter.
-Tu ne sais rien d'autre ? Questionna Kankurô.
-Malheureusement, non. Je suis désolé.
Le marionnettiste fit une moue de déception et se renfonça dans sa chaise. Bien qu'elle ne le montrait pas, sa sœur partageait la même déception. Sentant que l'ambiance devenait morose, Aoki relança la conversation.
-Est-ce que vous saviez que les gens de l'Archipel préparent un grand festin dans le Quartier pour tous les habitants ? Les émissaires du palais sont venus toute à l'heure au campement pour nous annoncer que nous étions tous conviés à la fête.
-Je crois que ça nous changera les idées, avoua Temari. Peut-être que ce sera notre dernière fête avant bien longtemps.
-Vous ne devriez pas être aussi sombre, Temari-san. Dit à mi-voix Chôjûrô.
Kankurô pouffa de rire en avalant un dango et il appela une serveuse pour en commander d'autres brochettes.
Au grand malheur de Naruto, les Rois de l'Archipel avaient interdit les nouilles dans le Royaume de l'Archipel de l'Etoile. Tout cela remonte lorsque le premier Roi de l'Archipel Osa Ier reçut à sa cour un fameux chef cuisinier venant du continent. Ce dernier était un grand spécialiste des nouilles et apprenant que son hôte n'avait jamais goûté à ce met, il décida de préparer pour lui le meilleur et le plus succulent plat de nouilles. Cependant, bien que le plat soit le meilleur qu'ait confectionné le cuisinier, le Roi se serait étouffé avec les nouilles du plat. Osa Ier survécut à cet incident avec les nouilles mais pas le cuisinier qui fut condamné à mort pour tentative d'assassinat sur le roi. Il fallait savoir que le Roi Osa Ier était très rancunier et paranoïaque concernant ses éventuels ennemis du continent. Ainsi il interdit la consommation, la culture, la vente, l'import et l'achat de nouilles sur l'Archipel de l'Etoile. Vous vous rendez compte ? Tout ça pour une fausse route.
Cela n'empêcha pas un marchand de décharger sa cargaison sur les quais en toute inconscience et de se placer à un étal pour y vendre ses denrées et ses marchandises.
-Approchez ! Approchez ! s'écria-t-il. Venez admirer mes produits du continent ! Je suis Yoshi le marchand ! Vous pouvez me faire confiance sur la qualité de la marchandise !
Un homme des quais s'approcha du marchand avec un livre de comptes.
-Excusez-moi mais c'est la première fois que vous vendez ici, n'est-ce pas ? demanda-t-il. Je ne vous ai jamais vu auparavant.
-C'est exact mon bon monsieur, je suis Yoshi le marchand ! Je viens vous vendre les meilleurs produits du continent !
L'employé des quais regarda Yoshi avec suspicion et commença à examiner plus attentivement la marchandise.
-Vous comptez amenez des produits frais du continent alors qu'il faut au minimum deux jours pour relier l'archipel au continent ? Questionna l'employé.
-Malheureusement, mon cher monsieur, commença Yoshi, la guerre fait rage sur le continent ! Les shinobis se querellent et mes récoltes en subissent les conséquences. Mes fruits et les légumes ont été ravagés et pillés par des ninjas. Si je veux faire vivre ma famille, je dois me tourner vers de meilleurs acheteurs comme les habitants de cet archipel. Heureusement, il me reste une denrée que je peux encore vous vendre !
-Laquelle ?
-J'ai pu conserver malgré la guerre, ce qui fait ma fierté ! Mes nouilles ! Mes délicieuses nouilles qui vous retourneront le palais ! J'en ai plein pour le monde ! Continua Yoshi pour attirer les femmes qui passaient à côté de l'étal.
L'employé souleva le couvercle d'une caisse en bois et vit la précieuse marchandise fine et dorée entreposée les unes sur les autres.
-Les nouilles sont interdites dans ce royaume. Je suis désolé, vous allez devoir remettre ces caisses sur votre navire.
-Vous … vous plaisantez ! C'est la seule chose que j'ai en cargaison ! Je ne peux pas revenir bredouille sur le continent ! J'ai besoin d'argent pour nourrir ma famille !
-Navré mais c'est contre la loi …, déclara l'employé des quais mettant fin à la conversation.
Yoshi dû se résoudre à abandonner devant l'impassibilité de l'employé. Il regarda les nombreuses caisses qu'il devait charger de nouveau dans son navire pour prendre le chemin du retour vers le continent. Ses lombaires lui faisaient encore mal et il s'arma de courage. Alors qu'il s'abaissait pour récupérer une des caisses, une jeune femme l'interpella :
-Excusez-moi ! Je me nomme Tsuzumi, je viens d'entendre votre conversation avec le teneur des quais. Je crois que c'est une aubaine que je sois tombé sur vous, j'achète toute votre cargaison.
-Cette journée appartient à tous les habitants de l'Archipel de l'Etoile. Aujourd'hui, les jours sombres de notre royaume sont terminés et une nouvelle aube s'ouvre pour nous. Une nouvelle ère qui verra notre archipel s'ouvrir aux autres nations car notre libération du joug du tyran fut possible grâce aux nôtres qui se sont battus et qui sont tombés pour la liberté mais également à nos anciens ennemis : les shinobis. Sans eux, notre victoire n'aurait pas été possible. Leur bravoure et leur courage doivent être célébrés aujourd'hui et pour l'avenir. Alors faisons la paix et buvons un verre pour ceux qui sont combattu pour une terre qui n'est pas la leur.
-Shinobis ! Shinobis ! Résonna au loin.
-Mes loyaux et nobles sujets ! Ce soir, nous pensons au futur radieux de notre royaume ! Buvez ! Mangez ! Chantez ! Notre contrée est libre à nouveau !
-Vive le Prince ! Vive le Prince ! Hourra !
Le discours du Prince Sarhtorian fut concret et simple. La place s'anima sous les cris de joie et les hourras des sujets du futur roi de l'Archipel de l'Etoile. La grande place du Quartier des Comètes se composait d'une partie surélevée devant le grand hôtel de ville qui surplombait une étendue de dalles de marbre gris. Des escaliers menaient à la terrasse devant l'hôtel de ville où avaient été installées des tables en U pour le Roi et ses convives. Le soleil avait disparu pour laisser place à la lune et des lampadaires éclairaient le contour de la place et un immense brasier se consumait au centre de la partie inférieure où se rassemblait la majorité du peuple. Hitsu avait tout préparé minutieusement. Les gardes mangers de Janbon et d'Aburami avaient été vidés et étalés sur de longues tables au plaisir du peuple affamé. Les cuisiniers s'étaient affairés toute la journée avec l'aide de nombreux habitants pour composer les plats servis. La table du prince était la mieux servie car il se devait d'honorer les shinobis qui avaient permis la libération de son royaume.
Le Prince Sarhtorian s'éloigna de la rambarde de marbre donnant sur le bas de la place sous les acclamations et rejoignit ses convives en s'installant sur la grande chaise du milieu de la table en U. Il leva son verre de vin à ses convives qui répétèrent « Vive le Prince ! » et le banquet put débuter.
Celui-ci était déjà bien avancé que peu à peu des bols s'empilaient dans un coin de la table, Naruto dégustait (enfin !) ses ramens et de chaudes larmes coulaient sur ses joues à chaque bouchée.
-C'est un pur bonheur, lâcha-t-il la bouche pleine.
A ses côtés, Sakura et Sai furent satisfaits de voir Naruto enjoué et comblé. L'agitation était totale autour des tables. Entre les serviteurs qui faisaient transiter les plats et les tonneaux de bière ou de vin, et les shinobis et convives qui passaient d'une table à l'autre, ce banquet n'avait rien de protocolaire mais avant tout d'un grand festin populaire.
En face d'eux, Chôji arrachait à pleine dents, le blanc d'une cuisse de poulet en compagnie de Kiba, Lee et d'Akamaru qui rongeait un os. Tenten était avec eux et buvait une petite coupe qui semblait être du saké.
Un peu plus loin, Sakura aperçut le fils du Sandaime Tsuchikage, Kitsuchi, qui partageait une coupe d'alcool avec Ushi le capitaine de la garde encore blessé. A leurs mines réjouies et enivrées, la Haruno sut qu'ils n'avaient pas attendu le discours de Sarhtorian pour entamer la boisson. Bientôt, la bruyante Anko Mitarashi les rejoignit avec deux bouteilles pleines et les trois s'exclamèrent de bonheur.
Bien que la Godaime Mizukage ne fût pas de la fête, les shinobis de Kiri s'étaient laissés entrainés dans la célébration de la libération de l'île et commencèrent à chanter une chanson très répandue dans les régions de l'est du continent surtout dans les iles qui constituaient le grand océan :
Il était, en ces terres, un jeune garçon
Errant sur des chemins dangereux
Qui traversait le pays jusqu'à la mer
Armé d'un bâton et de pierres
Il était robuste, téméraire et impétueux
Impétueux comme un tourbillon
Sakura avait déjà entendu cette chanson au pays des Vagues (Nami no Kuni) lors de sa première mission avec Kakashi, Sasuke et Naruto. Elle se souvint d'une taverne où ils avaient séjourné avec Tazuna avant d'embarquer pour Nami no Kuni. La balade chantée par des marins de retour d'un long séjour en mer avait plu à ses oreilles et elle avait demandé au vieux charpentier quelle était la signification de cette chanson. Tazuna lui avait expliqué que cette histoire racontait la légende d'un simple garçon qui s'aventura jusqu'à l'océan et comment il rencontra un village de pécheurs soumis au joug d'un terrible monstre marin. L'enfant avait affronté le monstre et le tua. En récompense, le chef du village lui permis d'épouser sa fille et le jeune garçon devint le plus grand chef que le village ait connu.
Naruto et Sasuke n'avaient prêté aucune attention à l'explication du charpentier tant ils se chamaillaient mais Sakura fut marqué par cette chanson et aujourd'hui encore elle s'en souvenait clairement.
Des habitants de l'Archipel de l'Etoile reprirent la chanson de « L'enfant tourbillon » aux cotés des ninjas de Kiri mais leurs voix disparurent sous la clameur des cris de joie.
Soudain, entre tous les convives, le jeune épéiste de Kiri, Chôjûrô, passa devant Sakura avec un bol brûlant de ramens, un met qu'il affectionnait tout comme le coéquipier de la rose. La chaleur dégagée par le bol fit apparaitre de la buée sur les verres des lunettes du garçon, lui obstruant la vue. Sans crier gare, Hinata se trouva sur le chemin de Chôjûrô, portant un plateau de fruits de mer qu'elle comptait amener pour ses amis. Les deux se percutèrent avec un cri de surprise et les aliments qu'ils transportaient, se retrouvèrent au sol. Les lunettes de Chôjûrô chutèrent de son nez et se retrouvèrent sur ses nouilles au sol. Hinata vit le jeune épéiste ramasser ses binocles et s'empressa de déclarer en rougissant :
-Je suis … je suis désolé. Je ne regardais pas où j'allais.
-Non, non, non. C'est moi, répondit Chôjûrô en nettoyant ses lunettes pleines de bouillon de nouilles. J'aurais dû faire plus attention.
-J'ai renversé votre bol, je suis navré.
-Vous aviez aussi un plat que j'ai renversé dans ma maladresse. Veuillez accepter mes excuses.
-Comment … comment puis-je acceptez vos excuses, alors que c'est entièrement ma faute ?
-Je vous demande pardon pour ma maladresse.
Sakura étouffa un rire devant le comique de la situation. Tenten se leva de son banc pour mettre fin à la mascarade, presque sans fin, entre les deux introvertis et emmena Hinata à sa table où ils furent rejoints par Shino, Neji et Yamanaka fit un signe à Sakura et Sai de venir les rejoindre à la table d'en face. Naruto continuait de dévorer ses ramens pour reprendre des forces.
-On rejoint les autres ? Tu viens avec nous ? demanda Sakura.
-Je finis tout ça et j'arrive ! répondit Naruto en montrant la demi-douzaine de bols de ramens qui lui restait.
Sakura et Sai rejoignirent les autres à la table opposée au blond qui resta seul un instant dans ses pensées. Tous les shinobis ici présents étaient venus sur l'Archipel de l'Etoile pour le sauver d'Aburami. Mais combien étaient venus pour récupérer le Jinchuriki de Kyûbi et combien étaient venus pour sauver Naruto Uzumaki. Etait-il accouru pour ramener le Jinchuriki de Kyûbi ou pour sauver Naruto Uzumaki, le shinobi de Konoha. Naruto savait bien que concernant ses amis, il s'agissait bel et bien de secourir un ami en péril mais au fond de lui persistait un doute, un douloureux doute.
-Est-ce que je peux … m'asseoir, Naruto ?
Le blond pivota la tête vers sa droite pour voir Hinata debout à ses côtés, les joues rouges et ses yeux blancs qui le fixaient tendrement.
-Oui, bien sûr. Répondit Naruto en se décalant sur le banc pour laisser une place à l'Hyûga.
-Tu sembles … soucieux ? dit-elle.
-Ha ha, tu trouves ? Tenta de plaisanter le blond.
-Ta captivité a dû être éprouvante, je suis vraiment soulagée que tu sois sain et sauf.
Naruto ne répondit pas, ses idées noires n'avaient pas totalement disparues de son esprit.
-Disons, commença-t-il. Que maintenant je m'interroge.
Hinata regarda Naruto avec étonnement et hésita avant de demander :
-Qu'est … ce qui te préoccupe ?
-Je suis une cible pour l'Akatsuki. Si je tombe entre les mains de Madara Uchiwa, tout est perdu. C'est bien pour cela que j'ai été sauvé n'est-ce pas, pour empêcher la résurrection du Jûbi.
Hinata prit un air intrigué. Ses yeux immaculés ne quittèrent pas le blond.
-Je ne … comprends pas, Naruto. Dit-elle en rougissant honteuse tandis que son regard se détourna du blond.
-Désolé, dit-il à mi-voix. Je me perds moi-même dans mes interrogations.
Hinata et Naruto restèrent silencieux pendant quelques instants. Le blond tourna ses baguettes dans son bol de nouilles alors que l'Hyûga regardait leurs amis rire et manger.
-Je crois que j'ai compris ce que tu voulais dire. Naruto détacha son regard du bol de nouilles et pivota la tête vers la jeune femme. Celle-ci continua de fixer leurs amis sur l'autre table.
-Tu es devenu primordial pour tous les shinobis de ce monde, dit finalement Hinata. Les shinobis de l'Alliance, ils te considèrent comme la cible de l'Ennemi, quelque chose qu'ils doivent protéger pour pouvoir survivre aux plans de l'Akatsuki. Ils te défendent et te protègent dans leur propre intérêt.
Les paroles d'Hinata ne firent que confirmer ce que redoutait le Jinchuriki au fond de lui et le blond soupira comme pour laisser s'échapper sa peine.
-Mais parmi ces shinobis, il y a les gens de Konoha. Et ils te considèrent comme un héros, celui qui a sauvé le village de Pain. Ils ne te voient pas comme une chose à protéger mais comme un des leurs, un compagnon, un ami, un frère. Ils savent que si un d'entre eux avait été capturé, tu serais venu à la rescousse peu importe les risques encourus. C'est exactement ce qu'a fait le Kazekage pour toi.
Naruto ne dit mot devant les paroles de l'Hyûga qui continuait de fixer son regard à l'autre table.
-Que veux-tu dire par rapport à Gaara ?
-Après ton enlèvement, le Raikage a interdit à tout shinobi toute tentative de sauvetage. Et pourtant, le Kazekage a tout fait pour que tu sois secouru jusqu'à désobéir aux ordres. Il a organisé une mission de sauvetage et nous avons tous été complices.
-Gaara …
-Lorsqu'il nous a fait part de son plan, nous avons tous accepté de désobéir aux ordres sans nous poser de questions. Nous savions que ton ravisseur était redoutable mais nous avons pris tous les risques pour pouvoir te sauver.
Naruto sentit le doute dans son cœur se consumer petit à petit.
-C'était notre choix, celui de Temari, de Kankurô, d'Ino, de Kiba, de Shino, de Neji, de Lee, de Tenten, de Sai, de Shikamaru, de Chôji, de Karin, de Sakura et aussi le mien.
Il sourit, Hinata venait de lui enlever un poids du cœur.
-Tu ne devrais pas t'inquiéter Naruto, termina l'Hyûga. Tu as énormément de personnes qui tiennent à toi.
Naruto vit les teintes rouges qui envahissaient les joues d'Hinata tandis que ses yeux immaculés pénétraient les pupilles bleus du blond.
-Merci, Hinata.
Le blond fit un immense sourire à la kunoichi qui tenta de murmurer quelque chose mais qui gênée, détourna le regard en souriant. Naruto s'étira et bailla longuement avant de repousser les bols de nouilles devant lui.
-J'ai bien envie d'aller rejoindre, les autres. Dit-il. Ça te tente ?
-Ou … oui.
Naruto traversa la table en tenant Hinata par la main et arriva à l'autre tablée où il fut accueilli par ses amis.
-Naruto ! s'exclama Lee.
-Voilà le meilleur d'entre nous ! ajouta Tenten.
-A voir, nuança Kiba en buvant sa coupe.
-Alors à qui je dois m'adresser pour avoir quelque chose à boire ? demanda Naruto.
-Suffisamment rassasié ? Questionna Sakura.
-Tiens voilà ton verre, dit Ino en présentant une coupe.
Le blond saisit la coupe et monta sur le banc pour que ses compagnons puisse le voir et il s'adressa à eux suffisamment fort pour qu'ils puissent l'entendre sans que tous les convives ne puissent l'écouter.
-Tout d'abord, dit-il en levant sa coupe. J'aimerais vous remercier, vous tous ! Merci d'être venu me sauver !
-Bah, il faut bien que quelqu'un veille sur toi, plaisanta Kiba tout de suite appuyé par un aboiement d'Akamaru.
Chôji, Tenten et Sakura rirent à la remarque de l'Inuzuka et même Naruto esquissa un sourire amusé.
-Je sais que vous en avez bavé, poursuivit le Jinchuriki de Kyûbi. Que vous avez pris des risques ! Je m'en souviendrais et vous pourrez compter sur moi si un jour vous êtes dans le pétrin !
Neji, Shino, Tenten, Chôji, Lee, Kiba, Sakura, Sai, Ino, Hinata, tous levèrent leur coupe au-dessus de leur tête. Et d'un geste, ils trinquèrent renversant quelques gouttes de leurs coupes sur la table de l'amitié.
-Alors c'est ton plan, petite ?
La cendre de la pipe de Chûryû rougeoyait dans le noir d'un rythme lent à chaque inspiration. Le colosse manchot d'Ame était assis sur une lourde pierre entourée les autres membres de l'escouade et au-dessus d'eux, Yaen et Yudachi sur une branche. Konan avait annoncé à ses subordonnés qu'elle partirait avec les troupes de l'Alliance pour essayer de convaincre les autres Kages de laisser Ame rejoindre leurs rangs.
Chûryû n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ça du tout. Il montrait par ces longs grognements qu'il laissait échapper en tirant des bouffées de sa pipe. Il plongea ses yeux dans les pupilles orangées de la kunoichi devant lui.
-Est-ce que tu leur as dit pour Nagato ?
-Oui, répondit Konan.
-Et ça n'a pas suffi ? Et pour Teinou ? Et Ikazuchi ?
-Je leur ai tout dit, continua-t-elle calmement. L'Hokage voit le risque que nous encourrons. Mais il faut que j'aille l'exposer également aux autres Kages afin que nous puissions coopérer et devenir leur allié.
Chûryû se leva et cracha au sol.
-Ils n'ont pas confiance en toi. Dit-il. Tu as fait partie de l'Akatsuki et il te renvoie ça constamment à la gueule. Mais ils ne sont pas irréprochables non plus. Je peux te dresser une liste de toutes les horreurs qu'ont fait Suna, Iwa et Konoha à notre peuple.
Konan repensa à Nagato et Yahiko. Qu'auraient-ils fait à sa place ? La dernière fois que les trois apprentis de Jiraiya tentèrent de former une alliance, les négociations s'étaient terminées avec la mort de l'un d'entre eux. Danzô Shimura de Konoha avait participé au complot d'Hanzô la Salamandre visant à détruire l'organisation de Yahiko. Et leur plan s'était déroulé à merveille. Elle était la prisonnière, l'appât et ne put empêcher ce qui se produisit. Yahiko mourut, s'empalant sur le kunai de Nagato, et celui-ci prit la tête de l'organisation et déchaina son jugement divin sur Hanzô et les siens. Mais aujourd'hui, Nagato n'était plus et le fantôme de l'ancien régime de la Salamandre venait hanter le Pays d'Ame. La guerre civile grondait et en tant que leader, elle devait prendre des décisions pour l'avenir et la prospérité d'Ame.
-Je vais me tenir au plan de l'Hokage, même si cela ne te plait pas. Dit-elle sans animosité dans la voix. Nous avons suffisamment d'ennemis, il est inutile de nous en créer d'autres et il en est de même pour l'Alliance.
Chûryû expira de la fumée par ses narines avant de se réinstaller sur sa pierre entouré par ses semblables.
-Alors que veux-tu qu'on fasse ? demanda-t-il.
-Vous allez rentrer le plus vite possible à Ame et vous mettrez nos troupes sur le pied de guerre. Il faut être prêt à intervenir dès que possible, dès que j'aurais ma réponse.
-Et s'ils te disent non ? Questionna une dernière fois Chûryû.
-Ils ne doivent pas refuser ma requête, termina Konan.
Les paroles de Konan mirent fin solennellement au débat. Tous savaient quels était les enjeux d'un accord avec l'Alliance Shinobi. Et tous redoutaient l'éventuel refus des Cinq Kages. Entre les troncs des arbres, l'escouade d'Ame avait vu sur le Quartier des Comètes et pouvait percevoir et entendre les festivités en son sein.
-Pourquoi on ne peut pas rejoindre les autres shinobis à la fête ? demanda innocemment Yaen.
-Tu veux nous afficher encore plus ? grogna Chûryû. Nous sommes venus pour conclure un accord de guerre pas pour nous engraisser.
-On a quand même aidé les autres à sauver le Jinchuriki de Kyûbi. S'énerva la blonde.
-Ça ne change rien. On ne peut pas se mêler facilement à ces gens et oublier ce qu'ils nous ont fait et vice et versa.
Konan commença à se dématérialiser en fines feuilles de papiers lorsqu'elle fit ses adieux à ses compagnons.
-Rentrez vite à Ame, et préparez-vous. Si la réponse qu'on me donne est positive, rassemblez nos troupes et partez me retrouver vers le Nord.
Elle s'éparpilla entre les arbres et la nuée de papiers se dirigea vers le Quartier des Comètes.
Shikamaru arriva finalement à la fête au beau milieu du banquet. Il s'était accordé une très longue sieste qui ne l'avait pas aidé à se sentir mieux. Il s'était retourné longtemps sur sa couchette avant de finalement s'endormir et à son réveil, il se sentait encore plus fatigué qu'auparavant.
Il se frotta les yeux et se dirigea vers la table des convives lorsqu'il fut harangué par quelqu'un :
-Tu en as mis du temps avant de sortir de ta tanière, j'ignorais que les cerfs hibernaient.
Shikamaru reconnut la voix de Temari et il la vit à une table en compagnie de son frère et de Karin. Il arriva vers eux en soupirant et s'installa aux côtés de la blonde sur le banc avec en face de lui, le marionnettiste et la rousse.
-J'ai encore l'impression de dormir, dit-il avec un rictus. Tout est encore flou dans mon crâne.
-Moi aussi, tout commence à devenir flou dans ma tête, déclara Kankurô, mais pas pour la même raison.
Il montra sa chope de bière en riant et l'a porta à sa bouche en renversant de la mousse alors que Karin levait les yeux au ciel en faisant la grimace.
-Prends un verre, ou quelque chose à manger, conseilla la blonde de Suna. Cela va peut-être te permettre de tenir jusqu'à minuit sans t'écrouler
La nuit était bien avancée car le soleil avait disparu depuis fort longtemps pour laisser apparaitre une ribambelle d'étoiles sur le firmament. Shikamaru se saisit d'un verre et Temari lui servit du vin à la robe rouge sous la lumière des chandelles. Le Nara but une gorgée du liquide fruité et reposa le verre sur la table. Il prit une brochette de boulette de bœuf et croqua dans l'une d'entre elles.
-Où sont les autres ? demanda-t-il lorsqu'il eut avalé sa bouchée.
Karin montra par-dessus son épaule la table d'en face sur laquelle Naruto et Lee dansaient d'une façon plus qu'étrange et Shikamaru soupçonna que l'alcool devait y être pour quelque chose. Chôji, Sakura et Ino rirent aux larmes devant la dance stupide et grotesque de leurs compagnons. Neji et Tenten observèrent leur coéquipier avec méfiance car ils savaient plus que quiconque que Rock Lee et l'alcool ne faisaient pas bon ménage et voulaient éviter tout incident. Shino et Sai se contentaient de regarder la scène avec amusement en souriant tandis que Kiba riait aux éclats et renversant son verre sur la table.
Shikamaru ne put s'empêcher de sourire devant la joie de ses compagnons.
-C'est dur de croire que la veille nous nous étions tous lancés dans une mission quasi-suicidaire, déclara à mi-voix le Nara. J'ai encore l'impression que c'était un mauvais rêve.
-Et pourtant, c'est arrivé. Dit Karin avec morosité.
-Sans ton pouvoir, cela aura été impossible, avoua Shikamaru en regardant la rousse au travers des verres de ses lunettes.
-Evidemment, soupira Karin. Mais personne pour me remercier.
-Je sais que Gaara t'a obligé de venir avec nous, répliqua Temari. Mais merci pour tout ce que tu as fait pour nous.
-En tout cas, vous ne m'emmènerez plus jamais dans vos plans foireux ! Pesta la rousse.
-Il ne faut jamais dire jamais, dit Kankurô en avalant une autre gorgée.
Shikamaru parcourut les autres tables installées de tel qu'elles formaient un U. Anko buvait en compagnie de Kitsuchi, et d'Ushi ainsi que d'Atsui, le shinobi de la Foudre et frère de Samui. Celui-ci cracha sa bière sur le shinobi de Suna en face de lui lorsque Kitsuchi, le colosse d'Iwa lui donna une forte tape dans le dos. Kurenai discutait justement avec Samui dans un coin loin de l'émulation générale. Gita, Fue et Tsuzumi, les subordonnées du général Lizaado, se livraient à un concours de boisson entre elles et cette dernière arbitrait le tout. Les shinobis de Kiri étaient restés entre eux et chantaient de nombreuses chansons de leur pays. Le Prince Sarhtorian se trouvait assis sur son imposant siège de bois, pris en Etsu et Hitsu qui débattaient sur la politique de l'Archipel. Le prince tentait tant bien que mal à tempérer les arguments des deux parties. Shikamaru eut beau chercher, il ne vit aucune trace de l'Hokage et de la Mizukage.
La joie et l'euphorie régnait sur la place de même que les chants et le bonheur avait envahi l'Archipel de l'Etoile. Shikamaru ne put s'empêcher de repenser à la situation sur le contient.
-C'est dur de croire que la guerre nous attend de l'autre côté de l'océan. Lâcha le Nara.
Kankurô soupira à la remarque du brun comme s'il n'avait pas envie d'y penser pour l'instant et Karin fit l'indifférente.
-C'est peut-être notre dernier moment de pure euphorie, déclara Temari. Tâchons d'en profiter.
-Ca n'aide pas du tout à se sentir mieux, railla Kankurô.
-Alors dis-toi qu'il faut te battre pour finir victorieux de cette guerre et que la fête de la victoire ressemble à celle-ci. Dit-elle.
-Tu viens de me rappeler que je ne suis plus jônin, galère ! Souffla Shikamaru en buvant une autre gorgée de vin.
Kankurô et sa sœur rirent devant le désarroi du Nara.
-Alors c'est ça ta sanction ? demanda le marionnettiste.
-Disons que c'est surtout symbolique, sourit le Nara. Konoha a besoin d'hommes compétents et j'en fais partie.
-Dommage, j'aurais adoré te donner des ordres, plaisanta Temari.
Ils rirent tous les trois mais furent interrompus par une personne qui s'assit sur la table où ils parlaient.
-On dirait que ça ricane tout aussi bien ici, railla Kurotsuchi.
La petite fille du Tsuchikage porta son regard plein d'arrogance sur les trois jônins qui regardèrent avec intérêt la nouvelle arrivante.
-Tu es bien la petite fille du Sandaime Tsuchikage ? Questionna Shikamaru à haute voix.
-Exact, dit-elle en saisissant un verre de vin sur la table. J'ai entendu votre conversation depuis toute à l'heure et je l'ai trouvé risible.
-Risible ? S'étonna Kankurô en haussant un sourcil.
Kurotsuchi but le vin contenu dans la coupe et répondit :
-Temari, c'est bien cela ?
La blonde fixa la brune avec un œil de défi.
-Tu penses vraiment que lorsque la guerre se terminera tout ne sera que joie et bonheur ? Tu es surement plus maligne que ça. Tu pourras tenter de rassurer les autres comme tu veux mais lorsque cette guerre se terminera, il ne restera que des larmes et du sang. Et il faudrait encore que nous gagnions cette guerre.
Temari toisa du regard la brune sans flancher. Elle n'était pas naïve mais elle préférait se bercer d'illusions plutôt que de sombrer dans un pessimisme obscur.
-Même ton père profite de cette soirée, pourquoi n'en fais-tu pas autant ? demanda la blonde de Suna.
-Mon père boit et rit mais il n'a pas oublié que son combat est ailleurs, riposta la kunoichi d'Iwa.
-Tu sembles en savoir beaucoup Kurotsuchi, remarqua Shikamaru. Parle-nous des futurs plans de l'Alliance.
La brune sourit et croisa les bras.
-Si cela peut vous ramener à la réalité du conflit, c'est d'accord …
Dans une contrée intérieure du continent shinobi, une immense forêt s'étendait sur une longue plaine entourée par de lointaines montagnes. Sous la cime des arbres, se mouvaient des silhouettes. De nombreuses formes, des centaines de d'individus se déplaçaient sous l'ombre des feuillages.
-Pendant que vous nous perdons notre temps ici, commença Kurotsuchi, les Kages n'ont pas attendu notre retour.
Les ombres se déplacèrent sur de nombreuses distances jusqu'à ce qu'ils atteignent la fin de la forêt. Le leader leva le poing pour faire signe aux troupes de s'arrêter. Cinq silhouettes sortirent à l'orée de la forêt. Le plus grand d'entre eux avait la peau mât et des cheveux blonds or.
-Nous y sommes enfin, annonça le Yondaime Raikage de sa voix profonde.
-Ce fut une longue marche, ajouta le vieil Oonoki qui vola à la hauteur de son homologue de la foudre.
-Ils ont mis un place un plan d'attaque pour riposter à l'assaut subi par Kumo, poursuivit-elle.
-Nous devons les empêcher de communiquer, dit Gaara.
Kakashi Hatake émergea de la forêt suivi par Ao du village de Kiri.
-Je crois qu'ils savent déjà que nous sommes là, Kazekage-sama. Dit le jônin au Sharingan.
-Alors il faut déployer nos unités ANBU pour qu'ils puissent intercepter les messages ou les tentatives de sorties de l'ennemi. Ordonna Aa. Le borgne de Kiri, tu te chargeras de ça.
-Bien, Raikage-sama. dit le borgne au Byakugan.
-Nos troupes ont été rassemblées et elles se préparent à porter un coup fatal à notre ennemi. Dit Kurotsuchi.
Kakashi et Ao retournèrent dans les bois où des centaines de shinobis se tenaient prêts et attendaient les ordres laissant les trois Kages au seuil de la forêt.
Devant eux, s'étendaient une grande plaine aux hautes herbes qui dansaient dans le vent. Et au loin, ils pouvaient distinguer les murs gris et imposants d'une citadelle qui trônait au milieu de la prairie herbeuse.
-L'Alliance Shinobi va attaquer le village de Kusa.
TO BE CONTINUED
Konan arriva enfin au lieu de rendez-vous fixé par Tsunade. C'était un grand bâtiment avec de nombreux néons et lumières ainsi qu'une très grande enseigne.
-Un … casino ?!
A l'intérieur, deux femmes étaient assises devant une machine à sous.
-Argh ! Encore perdu ! Mei ! Allez chercher d'autres jetons ! Je suis sûr que cette fois, ce sera la bonne !
-Mais … mais je n'ai plus de monnaie, Hokage-sama …
TO BE CONTINUED ?
Le prochain arc est amorcé ! Mais il faut encore développé de nombreuses chose avant de retourner à la guerre !
J'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à commenter !
Le titre du prochain chapitre est : Ceux qui agissent dans l'ombre
