Disclaimer: JKR, pas moi.

Note: Je sais, j'ai promis cette suite mille fois et j'ai mille fois retardé la publication. J'ai des dizaines de RàR en retard. Je suis super honteuse.

Mais parfois, la vie est plus compliquée que la fiction.

Bref, voici le chapitre 25, je l'aime moyennement, il y a trop de blablas et pas assez de Ron dedans, mais il fallait y passer.

Je vous promets des réponses aux RàR promptement tout au cours de la journée. Je vous promets des chapitres 26 et 27 aussi longs que celui-ci (car il est trèèès long), j'aimerais vous promettre d'être plus rapide, je vais essayer, j'en ai vraiment envie, mais ce n'est pas toujours aussi facile.

Bref, j'espère que vous aimerez quand même la suite de l'histoire, c'est loin d'être fini et j'ai encore plus d'un tour dans mon sac, croyez-moi.

Vous embrasse, vous remercie pour votre immense patience et vous souhaite bonne lecture.


« Tu serais vraiment parti sans me prévenir ? »

Hermione essayait avec peine de ne pas exploser devant le calme olympien de son mari qui voyageait d'un côté à l'autre de la pièce sans relever les yeux de la pile de livres qu'il comptait emporter.

« Harry, s'il-te-plaît… » soupira la jeune femme.

Le jeune sorcier aux mèches en bataille reposa un livre qu'il venait de sortir de la vieille bibliothèque en acajou de la famille Black et épousseta ses mains sur son jeans avant de faire face à Hermione.

« Qui t'a avertie ? Mc Gonnagal ? La vieille Bones ? Qui ? »

Elle fut un peu désarçonnée par la sécheresse de sa voix mais ne cilla pas devant son air sombre.

« Ginny… »

Immédiatement, le regard maussade d'Harry s'éclaircit.

« Tu l'as vue hier ? »

« Oui… »

« Et elle a… bien joué ? »

« Oui, elle a merveilleusement bien joué… Les Canons ont gagné grâce à elle. »

La froideur passée du jeune homme s'évanouit en un instant et il se laissa tomber un peu maladroitement sur un vieux fauteuil club en cuir qui avait dû connaître des jours meilleurs.

« Elle vole comme une déesse. Mieux que tous ses frères réunis, mieux que moi ! »

« Personne ne vole mieux que toi, Harry. » dit gentiment la jeune femme en se rapprochant de lui.

« Si, maintenant, il y a elle ! » répondit-il avec une fébrilité un peu maladive dans le regard.

Hermione jeta un œil autour d'elle et avisa un tabouret abandonné à côté du fatras du bureau qu'elle attira vers elle d'un simple accio.

Elle s'installa face à Harry, surveillant discrètement ses mains qu'il tournait et retournait avec énervement.

Lentement, elle avança sa main pour la poser sur celles d'Harry et arrêter le balai infernal qu'il leur infligeait.

« Harry… Pourquoi es-tu allé la revoir ? »

« Quoi ? »

Ses poings étaient serrés, figés sous la paume apaisante d'Hermione, mais malgré qu'il ne cherche pas à se dégager d'elle, la sorcière savait qu'il se fermait déjà, qu'il était en retrait, sur ses gardes, prêt à attaquer ou à se défendre.

« Elle m'a laissé un mot, un mot plutôt dur et cruel… » reprit Hermione dans un soupir. « Dans ce mot, en dehors de tous les reproches qu'elle pouvait me faire, cachés sous des expressions neutres, bien évidemment, elle me parlait de toi, du fait que tu étais venu la voir, pour lui dire adieu… »

Le jeune homme s'enfonça dans son fauteuil sans un regard vers la femme qui lui faisait face. Sa femme.

« C'est ridicule, tu fais sonner ça comme si j'allais mettre fin à mes jours ou une énormité de ce genre ! »

« Tu ne le ferais pas, n'est-ce pas ? » lança Hermione dans un murmure.

« Non… »

« Harry, jure-le-moi ! » supplia-t-elle en s'accrochant à son poignet.

Mais la main d'Harry se fit molle, écrasée lourdement contre l'accoudoir de son siège.

« Tu sais que ce serait la solution pour que tu sois libre… »

Cette discussion était si stupidement récurrente qu'Hermione aurait dû finir par savoir qu'il n'y avait rien à dire quand Harry se plaisait une fois encore à jouer au sacrifié. Et pourtant, à chaque fois, la peur que ses mots ne soient plus que des paroles en l'air lui étreignait le cœur.

« Je ne veux pas être veuve pour être libre, et tu ferais bien une fois pour toutes de cesser de me balancer cette alternative sous le nez, Harry ! »

Il la regarda, un sourire aux lèvres, puis claqua des doigts avec un murmure.

« Thé ? Earl Grey, Lapsang souchong, Ceylan, Jasmin ? Je peux même demander à Dobby d'aller te chercher du Darjeeling, si tu préfères… »

Elle fronça les sourcils d'un air agacé et secoua la tête.

« Je ne veux pas de thé, Harry, je veux savoir ce que tu as à l'esprit cette fois-ci ! Je veux pouvoir retourner au Ministère sans craindre de recevoir un hibou de Mafalda Hopkirk me demandant de raisonner une fois encore mon mari ! »

Le sourire d'Harry se figea un peu, mais il ne quitta pas Hermione des yeux.

« Et moi, je veux un thé… C'est tout ton problème, ça, ma puce… tu ne sais pas discerner les vraies priorités. »

« Harry ! Tu… »

Mais la brunette n'eut pas le temps de finir sa sentence, car derrière elle venait d'entrer le petit elfe de maison, toujours souriant et empressé, portant sur la tête un plateau avec des tasses, des soucoupes et un petit pot de crème, et à bout de bras, un autre plateau sur lequel fumait une imposante théière en fonte.

« Harry Potter, Monsieur, a appelé Dobby ! C'est du Ceylan comme Harry Potter l'aime, Monsieur, mais Dobby peut aller faire infuser autre chose si la Maîtresse désire un autre thé. » claironna la petite créature aux yeux immenses en déposant tout son fardeau sur une table basse qu'il avait fait apparaître à côté d'eux.

« Non, c'est parfait, Dobby… La Maîtresse boira ce qu'on lui sert. » le remercia Harry. « Par contre, s'il en reste, je n'aurais rien contre un morceau de ce délicieux cake au citron… »

« Tout de suite, Harry Potter, Monsieur ! »

Une fois le petit elfe ressorti, le jeune homme se servit lentement une tasse de thé, en surveillant du coin de l'œil Hermione restée impassible.

Il ajouta un sucre et une cuillérée de crème au liquide brunâtre et fumant, hésitant un instant avant de porter le thé à ses lèvres. Il poussa un soupir satisfait, ferma les yeux juste l'espace d'un battement de paupières puis se résolut à reprendre la parole.

« Il est délicieux… Dobby sait toujours parfaitement doser son infusion, il n'est jamais trop amer. »

La jeune femme ruminait à présent bruyamment.

« Je me fiche de ton thé, Harry ! Je ne me suis pas échappée du Ministère pour discuter de l'amertume du Souchong ! »

« Du Ceylan, ma puce, c'est du Ceylan… »

La raillerie du Survivant toucha sa cible plus profondément qu'il ne l'aurait voulu et son sourire quitta enfin ses lèvres quand il vit Hermione se lever précipitamment et envoyer valser les plateaux et leur contenant quelques mètres plus loin d'un geste de baguette.

« Voilà, je crois que la question de l'amertume est réglée, passons à autre chose maintenant, Harry… »

Le sorcier considéra d'un air interdit les soucoupes et les pots en morceau et la lourde théière renversée sur le côté d'où s'échappait lentement le liquide.

« Tu n'avais pas besoin de faire ça… »

« Je n'en suis pas persuadée. Je ne sais plus ce qu'il faut faire avec toi pour avoir ton attention et les réponses à mes questions. »

« Hermione, je… »

La jeune femme battit des bras en colère.

« Non, Harry ! Plus de Hermione je m'excuse ou de Hermione pardonne-moi ! Tu débarques chez moi l'autre jour, saoul et enragé. Tu me fais une scène de jalousie devant Ron qui n'y comprend rien, parce qu'il ne sait pas, LUI, à quel point nous pouvons être tordus tous les deux. Ensuite, hier, j'apprends de la main de Ginny que tu es allé la voir et que tu lui annonces que tu t'en vas et qu'elle ne m'aurait jamais cru assez tricheuse, menteuse et manipulatrice pour dissimuler la vérité à tout le monde aussi longtemps. Et quand je viens te voir aujourd'hui, espérant peut-être des explications, parce que Merlin, Harry, j'en mérite, tu me reçois avec ta tête des mauvais jours et tu me ressers la même merde masochiste que j'entends depuis trois ans ! J'en ai marre de tout ça, Harry, marre ! Alors si tu veux encore jouer à ça, joue seul et fiche-moi la paix, parce que je suis fatiguée, vraiment très fatiguée… »

Hermione avait débuté sa tirade presque comme un cri de rage, mais à présent, des larmes roulaient silencieusement sur ses joues. Elle n'essaya pas de les essuyer en se penchant près des plateaux renversés pour remettre droite la théière et ramasser les morceaux de porcelaines.

A quelques mètres d'elle, dans l'ombre, Dobby regardait bouche bée le désastreux tableau qui s'offrait à ses yeux globuleux.

Il s'avança près de la jeune sorcière, déposa l'assiette contenant les parts de cake au citron et lui tapota maladroitement l'épaule en prononçant un Reparo à peine audible.

Elle se retourna vers lui, un peu étonnée, mais se laissa faire quand il la ramena jusqu'au canapé qu'il débarrassa des livres qui le recouvraient d'un geste de la main.

« Dobby sait qu'il ne devrait pas parler à Harry Potter, Monsieur, ainsi, mais la Maîtresse a toujours été bonne et gentille avec Dobby, et elle fait beaucoup de choses pour que les elfes comme Dobby aient des vies plus heureuses. Il ne faut pas la laisser souffrir comme ça, Harry Potter, Monsieur… ce n'est pas bien. »

Le jeune homme cligna des yeux de surprise devant l'intervention de son elfe mais le petit être aux oreilles pointues reprit son souffle et se courba très bas en marmonnant : « Si Harry Potter pense que Dobby doit s'ébouillanter les mains, Dobby le fera, Harry Potter, Monsieur… Sinon, Dobby va juste se retirer avec les plateaux. »

Harry hocha la tête sans un mot et l'elfe fit demi-tour, à nouveau chargé comme un peu plus tôt.

Une fois la porte refermée, il hésita une minute seulement avant de venir s'accroupir devant Hermione, toujours en larmes.

« Chuuut, ma puce, s'il-te-plaît… arrête de pleurer. Je suis un connard, un pauvre connard désespéré et paumé et je n'ai pas le droit de te faire payer le fait que tu puisses peut-être enfin avoir la vie que tu voulais. »

Hermione laissa échapper un petit rire triste entre deux hoquets de chagrin.

« La vie que je voulais ? Tu dis ça pour Ronald Weasley ? Si ça peut te faire plaisir, Harry, je crois que pour cette vie-là, ma chance est passée il y a longtemps et qu'elle ne reviendra pas… »

Le jeune homme agrippa les mains de sa compagne et la força à relever la tête.

« Qu'est-ce que tu racontes, ma douce ? Ron est fou de toi, c'est n'importe quoi ! Bien sûr que tu vas avoir la vie à laquelle tu as droit, une fois que nous aurons réussi à nous dépêtrer de ces fichus liens magiques ! »

Elle secoua la tête, refusant de regarder en face celui dont elle partageait le nom.

« Non, Harry, non ! Ron a peut-être été fou de moi, mais c'est du passé ! J'ai piétiné son cœur et il a rencontré Luna… Et maintenant, même si je crois qu'il a peut-être envie de moi, c'est à elle qu'il pense, c'est elle qu'il aime, il reste ici uniquement par devoir ! »

Harry poussa un gloussement amusé en frottant sa main contre celle d'Hermione.

« Ron, rester par devoir ? On parle bien du même Ron Weasley là ? Franchement ma puce, je crois que ta peine t'égare, Ron n'est pas du tout le genre de mec à s'imposer une situation qu'il n'a pas envie de subir s'il peut faire autrement… S'il est revenu, c'est parce qu'il le voulait et qu'il est bien plus clair avec lui-même que nous ne le sommes… Je ne sais pas ce qu'il a trouvé avec Luna, mais ce que je vois c'est que c'est un type bien, bien meilleur que celui qui est parti il y a trois ans, et qu'au lieu d'être jalouse de cette fille, tu devrais la remercier. »

« Ah s'il-te-plaît, ne t'y mets pas toi aussi ! Je sais tout ça, Je.Le.Sais, mais tu ne m'empêcheras pas de penser q-qu'il ne m'aime plus. »

« Pfff, c'est ridicule ! » lança le jeune homme.

« Non, ça ne l'est pas. Il reste parce qu'il se sent obligé à présent, à cause de sa formation chez les Aurors et à cause de… »

Elle ne termina pas sa phrase et Harry plongea ses yeux dans les siens, intrigué.

« A cause de quoi, Hermione ? »

Paniquée, la jeune femme détourna la tête et se leva précipitamment hors du canapé pour chercher son sac à main qu'elle ne se rappelait pas ne pas avoir emporté.

« A cause de quoi, Hermione ? » insista-t-il.

« De rien, des lettres, de rien… » murmura-t-elle.

« Hermione… »

« De rien d'autre, je te dis, ce sont les lettres, l'enquête n'avance pas, c'est compliqué… »

« Tu me le dirais s'il y avait autre chose, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr ! » répondit-elle trop vite en se mordant les lèvres et en se maudissant d'être une aussi piètre menteuse.

Harry détailla un instant ses yeux fuyants et son menton tremblotant mais ne dit rien.

Il s'approcha doucement d'elle et la prit dans ses bras, déposant de petits baisers sur son front.

« Dis-moi une chose, ma puce ? »

« Oui ? » chuchota Hermione contre son épaule.

« Toi ? Tu es amoureuse de Ron ? » demanda-t-il en resserrant la pression de ses bras contre son dos.

« Moi ? Oh… je… »

« Pas de mensonge ! » dit-il vivement, ajoutant un « S'il-te-plaît… » quand il s'aperçut que ça sonnait comme une menace.

« Oui. Je suis amoureuse de lui, un petit peu plus chaque jour, je crois. »

« Très bien… »

Hermione essaya de se dégager mais le jeune homme la maintenait collée à lui, continuant à lui souffler des questions dans l'oreille.

« Qu'est-ce qui te fait croire que Ron pourrait préférer Luna, dis-moi ? »

« Je… Harry… je dois… je voudrais partir… »

« Dis-moi… » la pria-t-il encore.

Elle voulut bouger les bras de la prison imposée par l'étreinte d'Harry mais il ne relâchait pas du tout la pression.

« Je ne sais pas… Il élude toujours le sujet quand il s'agit d'elle, et quand enfin il en parle, c'est toujours avec tellement de précautions, comme si elle lui était tellement précieuse, et puis il y a cette lettre qu'il a reçue et qu'il tient secrète, et… enfin, je sais que c'est stupide, mais j'ai l'impression qu'il y a tellement de choses entre eux que je ne pourrai jamais lui offrir. »

« Ce n'est pas stupide, c'est vrai. Il y a beaucoup entre eux, et certainement des liens que tu ne partageras jamais, parce que Dieu merci, tu n'es pas Luna Lovegood ! Mais il y a plus de sept ans d'amitié entre Ron et toi, sept ans d'amitié et certainement d'amour, et contre ça, cette pauvre folle de Loufoca ne pourra rien faire ! »

« Harry… lâche-moi. » gémit Hermione, incapable de lutter contre Harry qui semblait retrouver dans son exaltation momentanée l'énergie qui lui manquait à elle.

« Oui. »

Aussitôt dit, il repoussa la jeune femme sans ménagement sur le canapé et marcha de long en large d'un côté à l'autre de la bibliothèque.

« Je sais pourquoi Ginny a agi ainsi avec toi, c'est ma faute, je n'aurais pas dû. »

Hermione se massait machinalement les poignets en le regardant s'agiter autour d'elle.

« Comment ça, ta faute ? »

Il stoppa net pour venir se placer face à elle, arborant une grimace embêtée.

« Je lui ai dit pour toi et moi… »

La sorcière sentit les couleurs quitter son visage déjà pâle et essaya de rassembler dans sa tête les informations lâchées par Ginny dans sa lettre.

« Oh Merlin… c'est de ça qu'elle parlait ! Tu lui as dit que je n'ai… que nous n'avons… »

« Oui, je suis désolé. »

Un nouveau gémissement s'échappa des lèvres d'Hermione et elle quitta brusquement le sofa pour se précipiter sur Harry. Son visage était livide et furieux.

« Comment as-tu osé lui en parler, Harry ? C'était entre nous, tu me l'avais dit, que ce serait toujours entre nous ! »

Elle tenait les bras le long de son corps mais le jeune homme n'ignorait pas qu'il suffirait d'une nouvelle pulsion trop forte pour qu'elle le frappe ou qu'elle lui jette un sort.

« Je ne sais pas mentir à Ginny, je n'ai jamais su… »

« Et elle t'a posé la question ? » poursuivit-elle, enragée. « Elle a demandé expressément si Harry Potter avait dépucelé Hermione Granger ? C'est ça ? »

Il leva le bras, en signe d'apaisement, mais la jeune femme le repoussa en geignant.

« Non, elle ne m'a pas demandé ça comme ça… Je crois que j'ai… »

« Tu sais ce que je crois moi, Harry ? » l'interrompit-elle. « Je crois que tu es tellement désespéré de donner un sens à ta vie que tu penses que, peut-être, en avouant à Ginny que tu n'as jamais eu d'autre fille qu'elle, elle changera d'avis à ton sujet et reviendra vers toi… »

« Hermione… » dit-il en approchant une fois encore son bras de l'épaule de sa compagne.

« J'ai raison, n'est-ce pas ? »

Aucune réponse ne vint du côté d'Harry.

« Oh Merlin ! C'est pour ça que tu es allé la voir, tu espérais qu'elle te retiendrait et tu as eu l'air tellement misérable que c'est sur mon dos qu'elle tombe après ça, parce que je ne me soucie pas assez du bonheur de mon mari. »

« Elle t'a écrit ça ? » demanda-t-il dans un souffle.

« Arrête de te tracasser de ce qu'elle m'a écrit, Harry ! Elle ne reviendra pas, tu lui as fait trop de mal et elle a certainement suffisamment de jugeote pour chercher le bonheur ailleurs. »

« Elle l'a déjà trouvé. » Lança-t-il du tac au tac.

« Quoi ? »

« Ginny, le bonheur… ailleurs… elle l'a trouvé. »

« Grubbs ? C'est vrai alors ? »

Là, le jeune homme sembla réellement étonné.

« Elle te l'a dit ? Je pensais qu'elle voulait garder leur histoire secrète. »

« Non, Ginny n'a rien dit. J'ai eu un mémo ce matin sur mon bureau à propos d'un médicomage qui aurait voulu faire des révélations à la Gazette et qui, pas de chance pour lui, serait tombé sur notre contact au journal. Tu ne peux pas imaginer comme le Ministère est friand de ce genre de ragots… »

Harry eut un petit ricanement amer, il connaissait en effet assez les différents départements du Ministère pour percevoir l'intérêt que leurs sacro-saintes têtes pensantes pouvaient accorder à une nouvelle aussi banale que la vie sentimentale d'une proche du trio.

Il y avait une volonté presque féroce de la part d'une partie du Ministère de salir l'aura faiblissante de ses Héros de guerre. Il en faisait les frais à chaque fois qu'il se baladait dans les couloirs.

« Harry… je vais m'en aller. Je te souhaite de retrouver à Poudlard la sérénité qui te manque ici. Salue Hagrid de ma part. »

Le sorcier ne réalisa pas tout de suite qu'Hermione venait de quitter la bibliothèque, quand il sortit de ses songeries, elle avait déjà atteint la porte d'entrée et parlait calmement avec Dobby.

« Hermione, non ! Je n'ai pas terminé. » cria-t-il en la rattrapant.

L'elfe battit aussitôt en retraite en direction du sous-sol où se trouvait la cuisine.

« DES SANGS DE BOURBE ET DES ASSASSINS DANS MA MAISON ! VIDEZ LES LIEUX, CRAPULES, TRAITRES… »

« Oh ta gueule, vieille taupe ! »

La jeune sorcière contempla avec ébahissement les doubles rideaux qui venaient de révéler le portrait injurieux de Madame Black.

« Tu-tu as remis le tableau en place ? Après tout le mal que nous avions eu à le décoller du mur ? »

« J'aime bien avoir du monde à la maison… » répondit laconiquement Harry.

Mais la vieille peinturlurée hurlait de plus belle et il fallut les efforts conjugués des deux jeunes gens pour parvenir à refermer les lourdes tentures et à calmer enfin la mère de Sirius.

« Je ne te comprends vraiment plus… »

« Je sais ma puce, tu l'as déjà dit.»

La brunette poussa un soupir défait et rajusta son chemisier que la lutte acharnée contre le tableau avait mis un peu de travers.

« Tsss, ma douce… comment peux-tu croire un seul instant que Ron puisse résister à ça ? » Siffla le sorcier en désignant son décolleté pourtant timide.

« Harry ! »

Il haussa les sourcils et se mit les mains derrière le dos.

« Quoi ? C'est la vérité ! Il n'y a pas deux paires de seins aussi belles que la tienne dans tout Londres… »

« C'est n'importe quoi ! » grommela-t-elle. « Non mais vraiment, comme si tu étais un tel expert en poitrine… Mes seins sont plus beaux que ceux de qui ? De Matthew ? Allons bon ! »

Il éclata de rire, se frottant machinalement la tignasse pour aplatir ses épis.

« Touché, princesse ! Non, Matt est bien plus intéressant du bas que du haut. »

Instantanément, Hermione se plaqua les mains sur les oreilles, en chantonnant : « Jeneveuxriensavoir jeneveuxriensavoir… »

« Baisse tes mains, j'arrête, c'est promis. »

Elle laissa lentement ses mains retomber le long de ses hanches mais garda quand même un air soupçonneux devant la mine malicieuse d'Harry.

C'était quelque chose qui la déroutait constamment, cette facilité que son compagnon pouvait avoir de passer de la misogynie la plus totale à une vraie camaraderie. Ils avaient ruminé beaucoup de pensées tristes ensemble mais il y avait eu aussi beaucoup de rires et de plaisanteries partagés.

« Je dois vraiment partir, je n'ai rien dit au Ministère et j'ai oublié mon sac sur mon bureau, les gens pourraient s'inquiéter. »

Il redevint tout à coup très sérieux et s'approcha doucement derrière elle pour nouer ses mains autour de son ventre.

« Je comprends ma puce… et tu ferais n'importe quoi pour que les gens ne s'inquiètent pas pour toi, je le sais. »

Tout au fond d'elle, la jeune femme se demanda à cet instant-là si Harry ne rompait jamais sa promesse de ne pas utiliser la Legilimancie sur elle. Sa caresse sur son ventre était vraiment infime mais elle eut l'impression de sentir ses brûlures la lancer à nouveau.

« Je… il faut que j'y aille, maintenant… » murmura-t-elle.

« D'accord, d'accord, j'ai compris… Mais j'aimerais que tu m'accordes une faveur avant de me quitter. » chuchota-t-il dans ses cheveux.

La voix d'Hermione était rauque et cassée mais elle arriva quand même à articuler : « Laquelle ? »

« Je prends le Poudlard Express dimanche matin, j'ai changé mes plans, j'ai encore quelques personnes à voir d'ici là. Je veux qu'on sorte, samedi soir, tous les trois, comme au bon vieux temps. »

« Tous les trois ? »

« Ron, toi et moi. On n'aurait pas à aller bien loin, l'Equinox ou l'Hippodrome sont des boîtes sympas. On pourrait aller manger un bout à une terrasse sur Leicester Square et puis finir la nuit dans un des clubs. »

« Mais Harry… tu sais bien que je n'aime pas danser. »

« Tutututu ! Toutes les filles aiment danser, c'est bien connu ! »

« Harry… tu ne connais pas de filles. »

« Hermione… je ne connais peut-être pas des masses de filles, mais je connais les boîtes de nuit, fais-moi confiance. » répondit-il avec une grimace moqueuse. « Et puis, là n'est pas la question… Je ne serai pas là pour fêter ton anniversaire et je sais que tu rends Fyfe à madame Finnigan samedi matin. Ca ne te plairait pas de voir comment le grand rouquin se débrouille sur la piste ? La seule fois où j'aurais eu l'occasion de le voir danser, c'était au bal de Noël en quatrième année, et ce crétin s'est arrangé pour se pourrir la soirée… Pff, qu'on était cons quand même ! »

Hermione eut un petit sourire nostalgique au souvenir de ce soir précis, il était vrai que cela avait été pathétique pour tous les trois.

« Tu n'as plus de nouvelles de Cho ? »

« Nope, aucunes… »

« Et moi, aucune de Viktor… »

« Mais Ron est là… et il faut en profiter. »

« Oui. » souffla-t-elle en se mordillant les lèvres.

« Alors, je viens vous chercher samedi soir vers 20 h ? »

« D'accord… » acquiesça Hermione.

« Merci, ma puce, je saurai me tenir, tu ne le regretteras pas, tu verras. » affirma Harry en souriant.


J'étais persuadé de vivre un cauchemar. Un de ceux qui m'envahissaient si souvent quatre ans auparavant, un de ceux qui me faisaient me relever la nuit, en sueur, presque en pleurs, parfois à côté d'une silhouette nue et grommelante mais le plus souvent seul, dans ma chambre orange du Terrier.

J'avais perdu Hermione.

J'avais encore perdu Hermione.

Je serrais convulsivement le foutu médaillon, incapable de raisonner posément dans la minute présente.

L'image du corps torturé de mon amie faisait des loopings dans mon cerveau. J'essayais péniblement de concentrer mon esprit sur autre chose, sur une réaction logique à avoir en découvrant qu'Hermione Potter-Granger, membre si important de ce fichu Ministère, n'était plus dans son bureau alors que la menace d'une nouvelle attaque planait sur elle.

Shacklebolt !

Il fallait que je le prévienne tout de suite, lui saurait quoi faire.

J'empoignai le sac à main et fourrai le médaillon à l'intérieur, puis, je me précipitai jusqu'à l'étage du quartier général des Aurors en montant les escaliers quatre à quatre.

La porte du département des Aurors était grande ouverte et plusieurs jeunes gens quittaient la salle des box en bavardant.

Merlin, c'était la pause de midi… pour faire une entrée fracassante, je n'aurais pas pu choisir un meilleur moment.

Becker me fit un signe de la main et Natalie me dévisagea des pieds à la tête avec un air de dégoût.

Ok, je m'étais fait porter pâle le matin, sous les ordres de mon chef, et ça me donnait certainement l'air d'un tire-au-flanc, mais je n'en avais actuellement rien à foutre. Hermione avait disparu, bordel de merde !

Je tentai de me souvenir des paroles de Desmond au moment où nous nous étions séparés. Il avait parlé d'une réunion… Une réunion avec Kingsley. Une réunion pour que je me prenne sur la gueule la foirade de la sortie chez les Malfoys.

Ils devaient donc m'attendre en salle de réunion !

Brillant, Weasley, t'as vu quand tu te concentres ?

Je fonçai tout droit vers le portrait du vieillard au pourpoint violet.

Bingo, Shacklebolt et Johnson m'y attendaient, accompagnés d'une femme très brune aux cheveux coupés courts que je n'avais jamais rencontrée.

« Bon sang, Weasley ! C'est pas le moment d'être en retard, nous n'avons pas des masses de temps pour… »

« Hermione a disparu ! »

Je me maudis un instant d'avoir parlé si vite en présence d'une inconnue mais j'eus à peine le temps d'y réfléchir que mon chef Auror était sur moi.

« Qu'est-ce que tu racontes ? »

« Je dis que je suis allé dans le bureau d'Hermione pour lui dire un mot avant de vous rejoindre à la réunion et qu'elle n'y était pas ! La pièce était vide et son sac était sur sa table de travail avec… euh… avec un certain médaillon à l'intérieur. »

« L'Adeo Caritas ? Elle ne le portait pas sur elle ? »

C'était la jeune femme qui venait de parler et je reconnus immédiatement sa voix.

« Tonks ? »

« Yep ! Salut Ronald ! »

Shacklebolt fit un geste vague en direction de la jeune Auror.

« Dora va nous aider à rattraper le coup sur l'affaire Malfoy, tu peux parler librement devant elle. »

Ce qui tombait plutôt bien vu que j'en avais déjà trop dit.

J'ouvris et refermai la bouche, incapable de trouver mes mots, mais Desmond vint à mon secours en suggérant que le mieux était peut-être d'aller directement voir dans le bureau d'Hermione les indices qu'on pourrait y trouver.

L'équipe des trois Aurors et moi-même regagnâmes rapidement le département de la Coopération Magique internationale. Je filai le premier vers la porte du bureau d'Hermione que j'avais refermée.

Mais le boss m'interrompit dans mon mouvement.

« Weasley, ici tout de suite et baguette à la main, bon sang ! C'est pas le moment de se comporter comme un débutant ! »

Il avait raison, même si je détestais qu'il me parle comme à un môme.

Je fis donc un pas en arrière et sortis ma baguette.

Shacklebolt lança un regard à Desmond qui se plaça devant moi et tourna lentement la poignée.

J'avais quitté la pièce à peine cinq minutes plus tôt, je n'aurais donc pas dû être surpris par ce que j'allais y trouver… et pourtant, je fus quasi littéralement sur le cul en y voyant Hermione, l'air impassible, occupée à griffonner quelque chose sur un bout de parchemin.

Derrière moi, j'entendis l'exclamation de surprise de Shacklebolt.

« Par la barbe de Merlin ! Weasley, qu'est-ce que ça veut dire ? »

J'étais incapable, totalement incapable de penser droit en ce moment précis.

Mon amie releva la tête, et rien sur son visage ne laissait transparaître qu'il y avait la moindre raison de trouver étonnants sa disparition et son retour inattendu.

« Kingsley, Desmond, Tonks, bonjour… » dit-elle avec un léger sourire. « Ron… tu m'expliques ce qu'il se passe ? »

« C'est précisément ce que je me demande également. » tonna mon chef formateur.

J'étais perdu.

Je tenais toujours dans mes mains le sac d'Hermione et triturais la bandoulière, incapable de trouver la force de ranimer ma langue paralysée dans mon palais.

« Oh, c'est donc toi qui as mon sac, Ronald… je me demandais où il était passé. Ce n'est pas très prudent de le laisser traîner sur mon bureau, je sais, mais j'ai eu un besoin pressant. » dit-elle en gloussant.

Hermione ne gloussait pas.

Jamais !

Ou alors, quand elle était saoule…

Et la jeune femme brune que j'avais face à moi n'avait pas bu.

Hermione mentait.

Hermione ME mentait.

Je passai du stade angoissé et paumé à celui de furieux.

Par contre, derrière moi, mes collègues et supérieurs semblaient avoir avalé la couleuvre…

« Okay… excuse-nous, Hermione, je crois que le jeune Weasley a encore du chemin à faire dans sa formation pour discerner les vraies situations d'urgence des… humph… envies pressantes. »

Hermione gloussa à nouveau et je crus devenir cinglé tant l'envie d'exploser était submergeante.

« Ce n'est pas grave, voyons. Jamais je n'aurais dû abandonner mon sac, je ferai attention dorénavant. » promit-elle en souriant ingénument à Shacklebolt.

J'étais dégoûté, franchement dégoûté.

Encore plus quand je devinai le manège des trois Aurors qui devaient certainement me jeter des regards navrés.

Kingsley se racla la gorge.

« Hum… Weasley, rends son sac à Hermione et viens-nous rejoindre au trot en salle de réunion, on a déjà perdu assez de temps comme ça. »

Je marmonnai un « J'arrive tout de suite. » entre mes dents et me dirigeai vers Hermione en faisant mine de lui tendre son sac.

J'attendis dix secondes à peine, juste le temps de voir disparaître les Aurors du coin de l'œil puis lui agrippai le bras qu'elle avait avancé pour récupérer son bien.

J'étais plus fort qu'elle, j'étais en colère, je ne pris donc aucunes précautions pour l'écraser contre moi jusqu'à ce que je l'entende gémir.

« Tu mens, Hermione… Je le sais, je le sens. Tu mens ! »

Ses gémissements étaient sourds et plaintifs mais ça ne calmait pas la rage qui se déchaînait à l'intérieur de moi.

« Ron, Ron… s'il-te-plaît… »

« Tu m'avais dit plus de mensonges, Mione, tu me l'avais promis ! » grondai-je contre sa nuque.

« Je suis désolée, Ron… s'il-te-plaît, s'il-te-plaît… »

J'étais fou, encore une fois, comme à chaque moment où ma peau touchait la sienne. Je voulais l'écorcher, je voulais la punir, je voulais lui arracher la vérité.

Mais à la place, mes lèvres trouvèrent naturellement les siennes.

J'étouffai ses gémissements avec ma bouche, enfonçai ma langue entre ses lèvres entrouvertes pour reposséder à nouveau ce qui n'était pas à moi.

Pas à moi.

A Harry !

« Tu étais chez Harry ? »

Ma voix était tellement rude que j'eus du mal à la reconnaître.

Par contre, je savais par cœur toutes ses intonations à elle.

Et son « S'il-te-plaît s'il-te-plaît » répété sans cesse était son aveu.

Ca voulait dire « Oui. »

Ca demandait « Pardonne-moi. »

« Oh putain, tu étais chez Harry… Je ne te comprendrai jamais, Hermione, jamais ! »

Elle pleurait contre mon torse, elle geignait et essayait de replacer ses lèvres sur les miennes, mais je n'en pouvais plus, il fallait que je sorte de là, j'allais devenir violent et je n'en avais pas le droit.

« S'il-te-plaît, Ron, s'il-te-plaît… je ne voulais pas. Je-je… Je te demande pardon, je… »

Elle avait ses mains accrochées derrière mon cou et je pris une profonde respiration avant de me dégager le plus délicatement possible de son étreinte.

« Stop, arrête… ça n'a pas d'importance. Tu as le droit d'aller où tu veux, je n'ai rien à te dire, je n'ai même pas à te faire la remarque. C'est… c'est imprudent de quitter le Ministère sans protection, m-mais tu connais les risques. »

J'essayais de retrouver mon sang froid, mais j'avais à présent tellement mal de voir les larmes couler sur ses joues… Ma jalousie était destructrice ! Elle l'avait toujours été, je pensais l'avoir contrôlée un moment, grâce à Luna et à son sens si particulier de la tolérance mais dès que j'étais face à Hermione, tous mes instincts de gamin possessif et peu sûr de lui refaisaient surface.

JE N'EN AVAIS PAS LE DROIT.

J'étais revenu en ami, l'ami devait surmonter la jalousie du pauvre type que je redevenais depuis qu'elle était de retour dans ma vie.

« Ce n'est rien… excuse-moi, Fillette. Fais ce que tu crois être juste, je… je serai toujours là. »

Elle se jeta à nouveau contre moi, mouillant ma chemise et bredouillant entre mes bras tendus.

« Dis-moi seulement, Ron… Dis-moi seulement que tu m'aimes un peu, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît… »

Qu'est-ce que j'aurais pu répondre ?

Je n'étais pas certain de savoir quoi dire et quoi penser de toutes façons, et je refusais de lui mentir pour la soulager.

« Je dois y aller, Mione. J'ai une réunion. On reparlera ce soir. »

Je me détestai un peu en l'entendant renifler à travers la porte que je venais de refermer.

Voilà, troisième test aujourd'hui pour mettre mon chapitre 25 en ligne, ffnet m'en veut beaucoup...

A noter que j'ai publié un test avec le chapitre 25 visible pour ceux qui ont le story alert et que malgré que j'aie voulu l'effacer, ffnet le laisse toujours accessible, c'est rageant, c'est des machines, tant pis !

La suite arrivera très bientôt parce que j'ai horreur d'être mise en échec par un stupide programme informatique :)

Bises à tous !