Salut tout le monde !
Me voilà de retour avec cet avant-dernier chapitre ! J'ai beaucoup tardé, mais j'ai eu quelques problèmes qui ne m'ont pas permis de poster plus tôt. Quand j'ai repris mes écrits, je n'étais pas du tout dans le même état d'esprit qu'il y a quelques mois : je crois que j'ai un peu exagéré, pour ne pas dire beaucoup, mais j'espère malgré tout que vous apprécierez le chapitre.
Merci beaucoup à Streema, Evy, akane, Kairika, Mysthem, Guest et leila pour les reviews. Quand je suis revenue sur le site, ce sont vos commentaires qui m'ont donné l'énergie de finir ce chapitre. J'espère qu'après autant d'attente, vous ne serez pas trop déçus.
Désolé pour les éventuelles fautes d'orthographes et les erreurs syntaxiques.
Bonne lecture !
Chapitre 25
POV GAARA
Je reste immobile sous le jet d'eau chaude pour détendre mes muscles endoloris. Je ferme les yeux et tente de faire le vide, mais je n'y arrive pas : je pense toujours à lui, Naruto. Ma mâchoire se contracte sous la rage grandissante. Ça ne me fait plus aucun effet de me défouler dans l'arène de combat, ni dans les missions d'intimidation de l'organisation, ni sur les putes. Ça ne me suffit plus. Le besoin de le posséder, l'envie de revoir la peur dans ses yeux azurs n'ont fait que s'accroître avec les années. Son souvenir m'obsède. Je suis épuisé par toutes ses nuits d'insomnie.
Je grimace en sentant une douleur vive à la tête. Je plaque mes mains violemment sur le carrelage face à moi en laissant échapper un cri de frustration. Je n'en peux plus. Comment puis-je ressentir autant de désir pour un être que je hais ardemment ? Mon désir de le faire mien est aussi fort que celui de le faire souffrir, de le détruire. J'ouvre mes yeux péniblement. Malgré la buée présente dans la cabine de douche, je vois de légères traces rouges sur mes mains et sur le carrelage. Je les rapproche et les fixe le souffle court. L'eau fait disparaître peu à peu, les dernières traces de sang. Je ne peux m'empêcher de souhaiter que ce soit celui de Naruto.
_Pourquoi ne sors-tu pas de ma tête ! Grognais-je.
Je sors rageusement de la cabine de douche, entoure ma taille d'une serviette et en prends une deuxième pour me sécher les cheveux. Je m'essuie ensuite le visage et garde les yeux rivés sur mon reflet dans le miroir. Ma peau est affreusement pâle et les cernes sous mes yeux deviennent de plus en plus imposants avec le temps. Sans prêter attention aux geignements de douleurs qui proviennent du salon, je commence à appliquer du khôl sur le contour de mes yeux pour masquer mes cernes. Je porte une de mes mains à ma tête en sentant de nouveau une vive douleur. Un geignement de douleur m'échappe et c'est fébrilement que je prends dans le placard de la salle de bain, une boîte de comprimés. J'avale rapidement les antidouleurs et ferme les yeux en attendant un léger mieux.
« Pourquoi es-tu si faible face à Namikaze ? »
_Je ne suis pas faible, grognais-je.
« Si, tu l'es. Tu laisses le souvenir de cet être insignifiant prendre le dessus sur toi. »
_Tais-toi.
« Tu es devenu quelqu'un grâce à moi ! On nous acclame, on nous craint et toi au lieu de jouir de cette puissance, tu te torture à cause de ce misérable »
_Il n'a pas payé pour ce qu'il m'a fait ! Je ne peux pas l'oublier !
« Je déteste ressentir la frustration que génère ce gamin en toi. Je crois qu'il est temps que tu fasses de tes désirs une réalité. »
_Oui…Il faut que je rentre à Konoha, marmonnais-je.
« Oui, il faut que tu rentres pour te venger. Tu dois soumettre Namikaze à tes désirs et le faire disparaître pour te délivrer de cette obsession ».
_Tu as raison, soufflais-je.
Une vague de détermination s'empare de moi, comme après chaque échange avec Shukaku, et c'est le sourire aux lèvres que je finis d'appliquer le khôl. Je me rends à ma chambre et me change rapidement. Lorsque je me rends dans la petite cuisine pour me servir un verre, je vois Hanzo debout près de la baie vitrée du salon.
_Tu aurais pu faire l'effort de l'amocher sans rien lui casser, dit-il platement.
La pute n'était plus dans le salon et comme d'habitude quelqu'un avait nettoyé pendant que je prenais ma douche.
_Il ne criait pas suffisamment fort à mon goût, rétorquais-je avec indifférence.
_Je rajouterais donc ce critère la prochaine fois.
_Ce ne sera pas nécessaire.
Il se retourne vers moi et me regarde m'asseoir sur le canapé, où j'avais sauvagement abusé de la pute qu'il m'avait concédé ce soir.
_Je ne veux plus de substitut. Je veux l'original, rajoutais-je face à son regard insistant.
_J'imagine que depuis le temps, il n'est plus aussi surveillé par la police. Je connais certaines personnes qui pourraient le faire venir ici…
_Non.
Il se tait et arque ses sourcils en signe d'incompréhension.
_Je préfère aller à lui.
_Si tu mets un pied à Konoha, tu te feras arrêter sur-le-champ.
_J'irai à lui, dis-je sèchement.
_Tu veux gâcher tout ce qu'on a construit durant ces quatre années, juste pour un caprice. Gaara, tu es devenu populaire…
_Shukaku est populaire, rectifiais-je.
_Qu'importe le nom que le public scande, c'est ta force, ton invincibilité dans la cage qu'il acclame. Grâce à ses combats, on se fait un tas de fric, et encore ce soir, on m'a proposé un combat contre un grand champion de Kiri. Nul doute que tu gagneras ce combat et tu feras encore une fois la fierté de ton père.
_Et votre fortune.
_Notre fortune. Si tu te rends à Konoha, tu risques de tout perdre. Ce Naruto ne mérite pas un tel sacrifice. Oublie-le.
« Rien ne doit se mettre en travers de notre chemin »
_Non !
_Alors accepte que je le fasse venir ici. Tu pourras faire ce que tu veux de lui ici en toute quiétude.
« On n'a pas besoin de lui pour atteindre nos objectifs. On n'est fort, on n'a besoin de l'aide de personne. Ne l'écoute pas »
_Je ressens beaucoup plus de jouissance lorsque je fais les choses par moi-même.
_J'ai l'impression que tu ne changeras pas d'avis.
_C'est bien que tu l'ais compris si vite.
Je sens son regard sur moi. Il me fixe étrangement.
_Qu'y-a-t-il ?
_Le combat qu'on m'a proposé doit avoir lieu dans dix jours. Fais-le, après si tu es toujours déterminé à partir, je te laisserai tranquille.
_Dix jours ?
_Oui. Tu as pu attendre 4 ans, tu peux bien attendre dix jours de plus.
_Dix jours, et pas un de plus.
_Bien. Je vais donc organiser tout ça.
Je le regarde s'éloigner sans rien rajouter de plus. Deux jours après notre conversation, je pris l'argent que j'avais gagné à mon dernier combat et m'en allai sans l'avertir. Je ne pouvais plus attendre. Je n'avais qu'un seul but en tête : retrouver Naruto.
POV NARUTO
« J'suis là »
Je souris en lisant le message que Sasuke vient de m'envoyer et lui réponds rapidement avant de ranger mon téléphone, impatient de pouvoir quitter l'amphithéâtre. Pendant quasiment trois mois, on ne s'est vu qu'à travers l'écran d'un ordi ou de notre téléphone, donc j'ai hâte de sortir du bâtiment pour l'embrasser.
_C'est ton p'tit ami ?
Je tourne mon visage vers l'étudiant assis à côté de moi, Chojiro, et lui réponds d'un signe de la tête. J'ai fait sa rencontre l'an dernier. Nous suivons le même cursus et nous nous sommes immédiatement bien entendu. Sasuke ne l'apprécie pas beaucoup, alors qu'il ne le côtoie pas, mais il s'abstient de me prendre la tête car je n'apprécie pas non plus certains de ses nouveaux "amis", surtout cette Akina.
_Il vient ce weekend ?
_Oui, il est déjà là, répondis-je à voix basse en contenant difficilement mon excitation.
_Donc j'imagine qu'on ne pourra pas réviser ensemble ce weekend ?
_Ah, désolé…mais t'en fais pas on a encore le temps avant les partiels.
_Chuut !
_On sait que tu fais semblant de suivre, chuchota Chojiro.
_Ouais, ben ne viens pas me demander mes notes après, susurra Ranmaru.
Tout comme Chojiro, Ranmaru est originaire du pays de l'eau.
_Tu dis toujours ça et tu me les donnes quand même.
Je me détourne de leur chamaillerie en sentant de nouveau mon téléphone vibrer.
« On s'fait un ciné avec Hinata, ça te dit ? »
C'est Shino. Avec Hana, ils ont rompu au cours de notre dernière année au lycée. Voilà un an qu'il sort avec Hinata Hyuga. Au début ça m'a fait étrange, mais avec le temps j'ai appris à l'apprécier et nous sommes devenus de bons amis.
« Sasuke est là. »
« Il c enfin décidé à v'nir. Vous avez du temps à rattraper mais ça ne vous fera pas de mal de faire une petite pause entre 2 parties de jambes en l'air;) ! »
Je laisse un p'tit rire m'échapper et me reprends en voyant Ranmaru et Chojiro me regarder. Je m'excuse silencieusement puis me recentre sur mon téléphone.
« Idiot :) ! J'te tiens au courant plus tard ! »
« Ok :p ! »
Je range mon portable le sourire aux lèvres et prends mon stylo pour suivre de nouveau le cours. Je sens Chojiro m'observer et je tourne mon regard vers lui d'un air interrogatif.
_Quoi ?
_Non rien, dit-il en détournant rapidement les yeux.
Je regarde l'heure puis écoute un peu distrait les explications du professeur. Je ne peux pas attendre davantage, j'ai envie de le voir. Je range rapidement mes notes dans mon sac et me lève pour sortir. Je m'excuse auprès de Ranmaru et Chojiro car ils sont obligés de se lever pour que je sorte puis les salue rapidement. Je monte prestement les marches d'escaliers pour emprunter les sorties au fond de l'amphi. Une fois hors du bâtiment, je me dirige vers les places de stationnement et souris un peu plus en le voyant. Il est appuyé nonchalamment contre sa voiture et est en pleine discussion téléphonique.
Mon cœur s'emballe agréablement lorsque son regard croise le mien et qu'il me fait un doux sourire. En me voyant arriver, il met fin à sa discussion. Sans échanger le moindre mot, je pose mes lèvres contre les siennes pour partager un tendre baiser.
_Tu m'as manqué, soufflais-je en mordillant ma lèvre d'envie.
_Tu m'as manqué aussi, me répond-il en déposant un nouveau baiser sur mes lèvres.
Ça fait maintenant un an et demi que j'assume complètement notre relation en public. Il faut dire que son départ pour ses études supérieures a beaucoup contribué à ce changement. Quand son père a compris que notre relation n'était pas juste un caprice de Sasuke, il lui a fait comprendre qu'il avait suffisamment de relations pour faire de la vie de ma famille un enfer s'il ne me quittait pas. C'est Itachi qui a passé un accord avec lui: Il a garantit que Sasuke et lui s'investiraient dans l'entreprise familiale que s'il leur laisse libre de leur choix dans leur vie personnelle. Bien qu'il ne montre aucun signe d'affection envers ses fils, je crois qu'il tient à ce que ses affaires restent dans la famille. Il a accepté, à mon grand soulagement au début, et maintenant Sasuke vit avec ses parents. Cette école préparatoire l'accapare beaucoup et au fil des mois, il a commencé à venir de moins en moins le week-end. Alors quand il vient, je suis très heureux.
_Je croyais qu'il te restait encore une demi-heure de cours, me dit-il un peu taquin entre deux baisers.
_J'pouvais pas attendre, mais je suis sûr que ça ne te déplaît pas, répondis-je le sourire aux lèvres.
_Hn.
_On y va ? Dis-je en rompant à contre-cœur notre baiser.
_Pressé ? Demanda-t-il moqueur.
_Parce que toi tu ne l'es pas, peut-être ? Lui répondis-je sur le même ton.
Il rapproche son visage du mien, puis se penche vers mon oreille.
_Si ça ne tenait qu'à moi, je te ferais mien, là tout de suite dans cette voiture.
Je rougis et sens une douce chaleur se répandre dans mon bas ventre. Après plusieurs mois d'abstinence forcée, il n'en faut pas beaucoup pour m'exciter, et à entendre les mots de mon petit ami, je ne suis pas le seul impatient.
_Y a personne chez moi et c'est plus près, dis-je en déposant de nouveau un baiser contre ses lèvres.
Il pouffe légèrement puis ouvre sa portière en me voyant contourner la voiture.
A peine entré chez moi, qu'on se jette l'un sur l'autre. Je soupire de bien-être en sentant sa langue se mêler à la mienne et ses mains se faufiler sous mon tee-shirt. Je presse mon corps un peu plus contre le sien et passe mes bras derrière son cou. Mon cœur s'emballe un peu plus, et mon corps frissonne agréablement sous son toucher. Mes jambes buttent contre le canapé et bien que j'aie très envie de lui, ça n'est pas une bonne idée qu'on fasse l'amour dans le salon : mes parents me tueraient et puis je n'ai pas ce qu'il faut ici. Avec le peu de lucidité qui me reste, je sépare nos lèvres. J'ai le souffle court et avant que je ne dise quoique ce soit, je me sens légèrement déséquilibré. Je me retrouve rapidement allongé sur le canapé, surplombé par Sasuke. Ses lèvres capturent de nouveaux les miennes et je me laisse emporter par cet autre baiser gourmand. Une de mes mains agrippe fermement son épaule, alors que l'autre se perd dans ses cheveux ébènes.
_Pas…ici, soufflais-je difficilement.
Il ne semble pas tenir compte de ma supplication et continue sa douce torture. Ses lèvres quittent les miennes pour se loger dans mon cou et suçoter délicieusement ma peau. Je mordille ma lèvre inférieure pour retenir un gémissement et referme mes doigts sur quelques mèches de ses cheveux. J'ai de plus en plus chaud et me sens un peu à l'étroit dans mon pantalon.
_Sas'ke….
Il dépose encore quelques baisers sur ma peau, puis remonte son visage au niveau du mien, en ancrant ses yeux dans les miens. Ses pommettes ont une légère teinte rosée et le sourire coquin qu'il arbore le rend encore plus désirable.
_Je t'aime, souffla-t-il.
Il dépose ses lèvres sur les miennes et on partage un tendre baiser. Il se redresse, puis me tend une main. Je joins nos mains et enlace mes doigts dans les siens. Je le laisse me guider jusqu'à ma chambre, où nous allons passer un moment de pur plaisir.
Après avoir fait l'amour, je me suis blotti dans ses bras, voulant profiter pleinement de sa présence. La tête posée sur son torse, je passe machinalement ma main droite dans ses mèches.
_ Tu devrais les tailler, ça commence à faire long.
_Tu n'aimes pas ? Pourtant, beaucoup me disent que je suis plus sexy comme ça, rétorque-t-il d'un ton taquin.
_Beaucoup ou juste Akina ?
Akina est la fille d'un des collaborateurs proches de son père. Elle a comme par hasard beaucoup de points communs avec Sasuke. En plus, elle est blonde, aux yeux bleus et joue à la fille super cool. Bien que le père de Sasuke ait accepté la proposition d'Itachi, je crois qu'il cherche un moyen plus subtile de nous séparer: pour moi, la présence de cette fille n'est pas un hasard. Elle m'agace à être souvent chez Sasuke, alors qu'ils se voient déjà dans leur école.
Il se crispe légèrement et ne répond rien. Je me redresse légèrement en le regardant suspicieusement.
_Pourquoi tu réponds pas ?
Il se redresse à son tour et soupire d'agacement.
_Je t'ai déjà dit qu'Akina est juste une amie.
J'ai envie de lui répondre que ça n'a rien de rassurant car il ne s'est jamais lié d'amitié avec une fille avant elle, mais je me retiens car il semble déjà énervé. Si je m'énerve aussi, c'est la dispute et je n'ai pas envie qu'on se dispute à cause d'elle. D'ailleurs, je n'aurais jamais dû la mentionner, mais ma bouche à parler trop vite.
_Ok, c'est une amie très envahissante, mais c'est une amie.
Je m'insulte intérieurement de ne pas avoir su m'abstenir de rajouter l'adjectif envahissante, mais c'était plus fort que moi. Elle est quasiment toujours là lorsque je discute avec Sasuke.
_Rassure-moi, tu ne comptes pas me prendre la tête avec ça ce week-end, me dit-il un peu sèchement.
_Non, soupirais-je en contenant mon agacement. Il faut qu'on se prépare si on va au ciné avec Shino et Hinata, rajoutais-je en m'asseyant sur le bord du lit, en lui tournant le dos.
Je ramène le drap sur moi et m'apprête à me lever, mais il me retient. Il passe ses jambes de part et d'autre des miennes et je sens son torse se coller à mon dos. Ses mains se posent sur les miennes et il me donne un baiser à la base de ma nuque.
_Excuses-moi…Je suis un peu à cran avec l'approche des exams, chuchote-t-il en posant tendrement sa tête contre la mienne.
Il entrelace nos doigts puis pose de nouveaux baisers dans mon cou. Je ferme les yeux et le laisse faire. Peu à peu, je sens la tension au niveau de mes épaules être moins forte et m'appuie un peu plus contre lui.
_Je veux pas te partager ce soir, souffle-t-il en mordillant le lobe de mon oreille.
Mon corps s'échauffe de nouveau et mon souffle se fait de plus en plus difficile. De mes lèvres s'échappent quelques plaintes lascives lorsqu'il accentue un peu plus ses caresses. Je tourne doucement mon visage vers le sien et l'embrasse langoureusement. Je me retourne pour lui faire face et le pousse à s'allonger. Il s'appuie sur ses mains et se recule un peu plus au centre du lit. Je le surplombe et recommence à l'embrasser avec envie. Ses mains m'attirent un peu plus à lui, puis glisse le long de mon dos avant de venir malaxer vigoureusement mes fesses. Je retire doucement mes lèvres des siennes et commence à descendre tout doucement jusqu'à son cou. Je pose quelques baisers, puis suce délicatement la peau sensible sous mes lèvres. Ses doigts se crispent légèrement sur mes fesses et j'entends une plainte franchir ses lèvres. J'aspire un peu plus sa peau entre mes lèvres et commence à me déhancher contre lui.
_Naruto….ah….ah…tu vas…ah..me marquer…
_Je sais, soufflais-je.
Je le mordille légèrement, puis passe sensuellement ma langue sur la peau malmenée. C'est sans doute stupide de faire ça, mais je veux qu'elle voie que Sasuke est à moi. Je continue de le caresser et gémis en sentant un de ses doigts s'introduire en moi. Il cherche ensuite à me renverser sur le dos, mais je me redresse et le repousse contre le matelas. Je récupère deux préservatifs et le lubrifiant sur la table de chevet, puis me réinstalle sur lui. Je nous mets les deux condoms puis applique un peu de lubrifiant sur sa verge. Il retient un gémissement et grimace légèrement en sentant ma main faire quelques va-et-vient sur son érection.
_J'en…peux plus, dit-il le souffle saccadé.
Je me positionne correctement puis commence à glisser doucement sur sa verge dressée. Ses mains serrent davantage mes hanches et il étouffe un gémissement en pinçant ses lèvres. Je marque un temps d'arrêt une fois qu'il est en moi jusqu'à la garde, puis commence doucement à me déhancher. Au fil des minutes, j'accélère un peu plus et me cambre lorsqu'il prend ma verge dans sa main. Mon corps est en feu. J'essaie de maintenir un rythme soutenu, mais mes jambes tremblent. Sa main quitte ma verge, puis je sens des caresses le long de mes cuisses. Je me redresse puis pose mon regard sur lui avant de me pencher pour partager un baiser. Il en profite pour nous faire chavirer et suçote mes lèvres avant de rompre le baiser. Il pose son front contre le mien et me regarde le souffle court.
_C'est toi que j'aime, et je ne veux pas que tu doutes de ça, susurre-t-il en continuant de me fixer.
_Je t'aime aussi, soufflais-je en posant doucement mes lèvres contre les siennes.
On s'embrasse de nouveau, puis un long gémissement s'échappe de mes lèvres en le sentant entrer en moi doucement jusqu'à la garde. Nous sachant seuls, je ne vais pas me retenir et après quelques va-et-vient, nous atteignons tous deux la jouissance.
~~o~~
_Désolé pour le retard, déclarais-je en arrivant main dans la main avec Sasuke dans le resto où nous attendais déjà Shino et Hinata. Finalement hier soir, nous n'avons pas été au cinéma. Nous avons été manger en ville, puis Sasuke m'a emmené dans un hôtel pour qu'on ne soit pas dérangé par mes parents et par son frère. On a fait la grâce mat', et avant de nous rendre au resto, Sasuke est passé chez un coiffeur tailler ses cheveux. L'attention m'a fait très plaisir.
_Vous n'en avez pas assez profité hier soir, nous taquina Shino.
_Moi je dirais qu'ils sont restés raisonnables, Naruto peut encore marcher, renchérit Hinata en gardant son air innocent.
_Ou c'est peut-être Sasuke qui a eu quelques défaillances physiques, objecta Shino en portant son regard sur mon petit ami.
_Ben dit donc, vous êtes en forme aujourd'hui ! M'exclamais-je le sourire aux lèvres face à leur taquinerie.
_Je dirais qu'ils se sont atrocement faits chier sans nous hier soir et qu'ils se vengent. D'ailleurs je sens beaucoup de frustration autour de cette table.
_Tu devrais regarder à ta gauche, je crois que ça vient de là, rétorqua Shino amusé en me désignant de la tête.
_Vu la manière dont te regarde ta petite amie, ça ne vient pas que de là.
_Je vois que vous êtes contents de vous revoir, dis-je en ricanant.
_Salut ! S'exclama Ino en faisant la bise à tout le monde à son arrivée.
Elle s'installe rapidement puis s'excuses de son retard, en nous expliquant ses déboires à la boutique de ses parents. On va déjeuner et discuter un bon moment dans ce resto. On ira ensuite se promener dans le parc, où nous nous réunissions lorsqu'on était au lycée. Je ne peux m'empêcher de penser à la dernière fois où nous étions tous réunis ici : la remise des diplômes. Depuis, chacun a poursuivi sa propre voie : Shika étudie à Suna, Suigetsu et Juugo sont à Kiri, Choji et Sasuke à Kumo. Ino, Shino et moi sommes restés à Konoha.
_On rentre ? Me demanda Sasuke.
Ino, Shino et Hinata ont déjà quitté le parc. Je voulais rester un peu plus longtemps, alors on s'est installé contre un arbre. Je suis assis entre les jambes de Sasuke, le dos appuyé contre son torse et profite de la tranquillité ambiante, en jouant délicatement avec ses doigts. Je tente de ne pas trop penser au fait qu'il reparte demain, pour ne pas trop déprimer, mais c'est plutôt difficile. Demain, à cette même heure, je ne serais pas dans ses bras.
_On peut rester encore un peu.
_On pourrait faire bien autre chose si on était chez moi, chuchote-t-il en posant un baiser sur ma tempe et en me serrant un peu plus dans ses bras.
_Je n'en doute pas, mais je me sens bien là.
_Ça va ?
Je sais qu'il me regarde. Je tourne mon visage vers le sien et lui fait un timide sourire.
_Je veux pas que tu partes demain, soufflais-je.
Il soupire doucement, puis pose un baiser sur mes lèvres.
_On a encore ce soir et la matinée demain. On ne va pas gâcher ce temps-là à déprimer.
_Hn.
_Fais-moi un beau sourire, dit-il en effleurant mon nez avec le sien.
_Seulement si tu m'embrasse, marmonnais-je.
Ça l'amuse un peu et il ne tarde pas à sceller nos lèvres. On partage un doux baiser, mais on va se faire interrompre par la sonnerie de mon téléphone. Je me décale légèrement et le récupère dans ma poche.
_C'est ton frère.
_Donne, dit-il en le prenant dans mes mains. Salut 'Tachi…J'l'ai éteins et j'n'ai pas pensé à le rallumer...Je n'ai pas oublié, on allait rentrer...A tout.
Il raccroche puis me le rend.
_Mon frère tient absolument à me présenter sa fiancée.
Je me décale un peu plus et le regarde un petit sourire aux lèvres.
_C'est la première femme qu'il tient à te présenter officiellement, ça doit être sérieux.
_Hn.
_On dirait que ça te dérange.
_Pas du tout !
_Tu ne veux pas partager ton frère.
_Ne dis pas n'importe quoi…Je crains juste que ce soit une fille avec de mauvaises intentions.
_Comme c'est mignon, tu t'inquiètes pour ton frère, déclarais-je un peu amusé.
_Te moque pas, s'exclama-t-il d'un ton léger en me ramenant à lui.
_Je ne me permettrais pas !
_Y a intérêt, dit-il avant de m'embrasser langoureusement.
J'entends des vieilles dames s'outrer en nous voyant, mais ça ne m'affecte pas le moins du monde.
_Je crois qu'on vient de choquer un p'tit groupe de mamies, déclarais-je amusé entre deux baisers.
_Pourtant on est resté plutôt correct jusqu'à présent, dit-il taquin en passant ses doigts sur la boucle de ma ceinture.
_Tu penses que mon père réagira comment si on se retrouve dans son commissariat pour exhibitionnisme, demandais-je d'un air innocent.
_J'tiens pas vraiment à le savoir, répond-il en plaçant finalement sa main sur ma taille.
On rigole un peu, puis on se décide finalement à rentrer.
~~o~~
_Alors, comment tu la trouves ? Demandais-je à Sasuke en m'allongeant sur son lit.
_Elle a l'air sympa, répond-il en changeant son tee-shirt.
_Elle l'est.
_C'est la première fois qu'elle me voit, elle n'allait pas non plus se montrer désagréable.
_Moi je la trouve sympa. En plus, ils forment un beau couple tu ne trouves pas ? Le titillais-je.
Il s'avance vers moi, un léger rictus aux lèvres et vient me surplomber.
_Tu ne peux pas t'empêcher, hein ?
_Non, soufflais-je en sentant mon cœur palpiter davantage.
Je passe mes bras derrière son cou et l'oblige à coller son corps au mien. Je joue avec ses cheveux, un peu plus courts qu'hier à l'arrière de sa tête et effleure ses lèvres avec les miennes. Je recule mon visage et le regarde avec envie. Je m'attendais à ce qu'il fonde avidement sur mes lèvres et me débarrasse au plus vite de mes vêtements, mais au lieu de ça, je sens ses doigts se poser sur ma joue, puis passer comme une plume sur mes lèvres. Un frisson parcourt ton mon corps à son toucher si délicat.
_Tu sais que je t'aime, hein ? Dit-il en plongeant son regard dans le mien.
J'ai l'impression de voir de la tristesse dans son regard, de la culpabilité, mais ça doit être mon imagination. Il commence à avoir des cernes, c'est sans doute la fatigue et le stress généré par ses études qui lui donne cet air. Ça ne doit pas être tout le temps la joie avec son père.
_Je sais, répondis-je en lui souriant tendrement.
Il va me faire l'amour avec beaucoup de douceur, puis on se câlinera avant de dormir.
J'ouvre péniblement les yeux et tire mes bras jusqu'à la table de chevet pour récupérer mon téléphone. Un soupire las s'échappe de mes lèvres : Il est 3h30 du matin, j'n'ai pas envie de me lever mais j'ai la vessie qui va exploser. Je ferme les yeux et tente de faire abstraction de cette envie pressante, mais je n'y arrive pas. Je suis forcé de me lever. Je retire doucement le bras de Sasuke sur moi, puis m'extirpe des draps. Je ramasse mon boxer et l'enfile rapidement avant de me rendre aux toilettes. Une fois soulager, je retourne dans le lit, mais le bruit du vibreur d'un téléphone attire mon attention. Ce n'est pas le mien mais celui de Sasuke. Je ne vois aucune luminosité dans la chambre. D'ailleurs en y pensant, la seule fois où je l'ai vu avec son portable c'est quand je l'ai rejoint sur le parking de la fac. Je me lève du lit et cherche dans la pénombre son sac d'affaires. Une fois trouvé, je fouille et finis par tomber sur le portable. Je jette un rapide coup d'œil dans la direction de Sasuke, puis allume l'écran du téléphone. Il vient de recevoir un message d'Akina : « M'ignorer n'effacera rien. Je n'arrête de penser à… »
Je ne peux pas lire la suite du message, il faut faire le code pour accéder à l'écran d'accueil. Je me sens soudainement tendu. Je teste quelques codes, mais aucun n'est bon. Je l'entends bouger sur le lit et panique légèrement. Je range rapidement le téléphone dans son sac et reviens m'allonger. Au bout de quelques minutes, il bouge de nouveau et me prend dans ses bras. Il n'est pas réveillé et contrairement à moi il est très détendu. Je n'arrive pas à me rendormir. Je ne cesse de me répéter que c'est une fille et que je me fais des films, mais ça ne me rassure pas : je voyais déjà d'un mauvais œil leur proximité. Je vais rester un bon moment à cogiter et sursautera en le sentant déposer un baiser sur mon épaule.
_Désolé, je ne voulais pas te réveiller, chuchote-t-il près de mon oreille.
_C'est pas grave.
Il pose d'autres baisers sur mon épaule et je sens mon cœur me serrer.
_Tu m'as l'air bien tendu, qu'est-ce que t'as ?
_Tu pars cet après-midi.
Et tu vas retrouver Akina ais-je envie de rajouter, mais je ne le fais pas.
Il se redresse et prend mon visage entre une de ses mains pour que je le regarde.
_C'est dur pour moi aussi, mais tu sais à quoi je pense pour garder le moral ?
Je ne dis rien et attends qu'il poursuive.
_Je pense à notre prochaine retrouvaille….
_Dans au moins trois semaines, le coupais-je en me redressant.
_Je peux essayer de venir le weekend prochain...
_On a nos exams la semaine d'après, ça sert à rien si c'est pour qu'on passe notre temps à réviser, dis-je exaspéré.
J'ai beau me répéter qu'il faut que je reste calme pour qu'on profite de la matinée avant son départ, mais je n'y arrive pas. Vu comme il me regarde, il a dû de toute façon constater ma mauvaise humeur.
_Je peux savoir ce qui t'arrive.
_Rien.
_Ne me dis pas rien, vu que tu m'agresse de si bon matin.
_Je t'agresse pas, je te présente juste les choses comme elles sont.
_Je pars cette aprèm, tu veux vraiment nous gâcher la matinée.
_La mienne est gâchée depuis 3h37, grognais-je en me levant du lit.
Il ne répond rien, il ne comprend d'ailleurs pas ce que je dis. Je me dirige vers son sac et y plonge une de mes mains pour récupérer son portable.
_Tu fouilles dans mes affaires !
Il se lève, enfile un boxer puis se dirige vers moi. Je prends le téléphone et lis à haute voix les premiers mots du message.
_Arrête ça, s'écrie-t-il nerveusement en me l'arrachant des mains.
_A quoi a-t-elle pensé de si important pour t'envoyer ce putain de message à 3h37 du matin !
_Ce n'est pas ce que tu crois.
_Et qu'est-ce que je crois à ton avis, rétorquais-je agacé.
Il ne répond pas. Il semble mal à l'aise et ça m'irrite encore plus. Malgré tout, je tente de parler un peu plus calmement.
_Je me répète en boucle dans ma tête que tu ne me trahirais pas avec cette fille et j'essaie de trouver des suites anodines à ce message…mais je n'en trouve pas !
_Naruto….
_Laisse-moi voir ce message, demandais-je la gorge serrée.
_Je vais t'expliquer….
_Je veux pas de tes explications ! Tout ce que je veux c'est voir ce putain de message !
Il dépose son téléphone sur le bureau, puis s'approche de moi en voulant me toucher mais je le repousse violemment.
_Me touche pas !
Il reste en retrait et je peux voir à nouveau la culpabilité dans ses yeux. Malgré tout, j'espère au fond de moi qu'il y a une tout autre explication à son comportement.
_Est-ce que t'as couché avec elle ?
_Non.
_Ne me mens pas, dis-je fébrile.
_Je ne te mens pas.
_Alors laisse-moi voir ce message.
_Je n'ai pas couché avec elle. Je ne suis pas du tout attiré par elle…mais...
Il ne me regarde plus et les mots ne semblent pas vouloir sortir de sa bouche. Il passe nerveusement sa main sur son visage, puis fixe son téléphone en cherchant sans doute le courage de terminer sa phrase. Moi, mon cœur tambourine douloureusement dans ma poitrine, sachant que je ne vais pas aimer ce qu'il va dire.
_elle m'a…elle m'a fait une fellation.
Mon cœur rate un battement et la douleur se fait plus forte dans ma poitrine. Ce dernier mot semble faire écho dans ma tête et je me sens défaillir. Il m'aurait dit avoir couché avec elle, je pense que je l'aurais frappé, je lui aurais hurlé dessus, mais là….
_Ça n'est arrivé qu'une fois et je regrette….
_Ne t'approche pas, soufflais-je péniblement en me reculant.
Je sens une larme couler confusément sur ma joue et l'essuie rapidement. L'air me manque et je respire de plus en plus bruyamment. Il faut que je sorte de cette chambre.
_Je suis désolé
Je ne le regarde même pas et me précipite sur mes vêtements. Il me parle, mais je n'y prête pas attention : la seule chose que je veux c'est de ne plus être dans cette chambre. J'enfile rapidement mon jean, puis un tee-shirt.
_Naruto, écoutes-moi, dit-il en empoignant mon bras droit.
Je sens mon sang ne faire qu'un tour dans ma tête et le repousse brutalement. Il perd l'équilibre, mais se raccroche au lit pour ne pas tomber.
_Ne me touche pas ! Comment as-tu pu me faire ça ?!
_Je suis….
_Tu sais ce par quoi je suis passé, tu sais ce que ça représente pour moi…Pourquoi m'as-tu fait ça ? Sanglotais-je.
Il ne répond pas et ne me regarde pas. Je vois une larme couler sur sa joue mais ça ne me touche pas : il ne peut pas avoir plus mal que moi. Je prends mon portable posé sur la table de chevet, puis récupère mon sac. Je me dirige prestement vers la porte puis m'en vais sans un regard pour lui. Il ne me suit pas. Il sait que rien de bon ne sortirait de notre échange maintenant : on risque de se dire des choses blessantes.
Il passera chez moi avant de partir, mais je refuserais de le voir. Je passerai toute la journée enfermée dans ma chambre à broyer du noir.
~~o~~
Bientôt deux heures que je révise pour mes partiels dans la bibliothèque universitaire. C'est la fin de la semaine et beaucoup d'étudiants y sont présents pour réviser. Je pose mon crayon et m'étire discrètement en posant mon regard sur Chojiro, assis en face de moi. Il a l'air très concentré dans ses notes. Moi je n'en peux plus et porte mon regard vers l'extérieur. La journée s'achève. Les derniers rayons de soleil colore le ciel d'une magnifique couleur orangée. Je vais rester quelques minutes à observer ce spectacle et détournerai mes yeux en entendant mon portable vibrer sur la table. C'est un message de Sasuke : « Je viens demain »
Ça va faire bientôt une semaine qu'on ne se parle plus : du moins, je ne réponds à aucun de ses appels et messages.
_Mauvaise nouvelle ? Déclara doucement Chojiro.
_En quelques sortes, soupirais-je.
_C'est ton petit ami ? Demande-t-il un peu mal à l'aise.
Bien que je ne lui aie pas parlé de mes problèmes avec Sasuke, Ranmaru et lui ont vite compris qu'on s'était disputé.
_Hn, répondis-je en déposant mon portable et en replongeant dans mes notes.
_Tu…Tu ne vas pas lui répondre, bégaya-t-il au bout de quelques minutes de silence.
Je relève mon regard vers lui et il rougit de gêne.
_Désolé, je ne voulais pas paraître indiscret.
_Non ce n'est rien.
Je pose mon regard sur l'écran noir du téléphone et hésite à lui répondre : je devrais peut-être lui dire de ne pas venir. Je ne suis pas prêt à entendre ses explications. Rien que d'y penser je sens mon cœur se serrer.
_Il vient demain, dis-je à voix basse.
_Ah. Ça n'a pas l'air de te faire plaisir.
_Tu te doutes un peu qu'on est en froid.
Il secoue la tête en guise de réponse, puis pose les yeux sur mon téléphone.
_Tu devrais peut-être lui dire de ne pas venir…Pour que tu restes concentré sur tes exams, s'enquit-il de rajouter.
_Tu as sans doute raison.
Je triture le téléphone entre mes doigts ne sachant que faire. J'ai encore très mal et je n'ai pas du tout envie de lui parler. Je n'arrête pas d'imaginer cette scène : Akina lui faisant une fellation. Je n'ai jamais réussi à lui en faire une, ni à le laisser m'en faire une : je n'arrive toujours pas à dissocier cet acte à Gaara. Je sens mes yeux s'humidifier et contiens difficilement mes larmes. Ma gorge se serre de nouveau, à m'en faire mal. Je ne peux pas le voir, pas maintenant. Je ne suis pas prêt à entendre ses explications. Je me décide donc et prends mon portable.
« Ne viens pas »
Je le pose de nouveau sur la table et sens mon cœur palpiter un peu plus en l'entendant vibrer sur la table.
« Je peux t'appeler ? »
« Non, j'suis occupé. Ne viens pas demain, stp »
« J't'appelle plus tard »
« Laisse-moi plus de temps »
Je n'aurais pas dû lui répondre, maintenant je me sens vraiment mal. Je ne vais pas pouvoir me concentrer sur mes notes. Le téléphone vibre de nouveau mais je n'ose pas regarder.
_Ça va ? Me demande Chojiro.
_J'vais aux toilettes, déclarais-je rapidement en me levant.
Je vais me rafraîchir un peu le visage et me reprends avant de retourner à ma table.
_Chojiro, je vais rentrer chez moi, j'suis plus trop dedans, dis-je en commençant à ranger mes notes.
_Je comprends. De toute façon, il commence à se faire tard, donc moi aussi je vais rentrer.
_J'te raccompagne si tu veux.
_Merci, dit-il en me faisant un sourire.
On range nos affaires puis on sort tranquillement du bâtiment. Il me parle, mais j'ai la tête ailleurs. Je triture mon portable dans mes mains: j'ai envie de lire ce que Sasuke m'a envoyé, mais j'ai peur de me sentir encore plus mal. Je suis tellement perdu dans mes pensées que je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi. Quelqu'un me bouscule et la première chose que je vois en sortant de ma léthargie c'est une chevelure rousse. Je panique sur le moment et me recule brusquement prêt à riposter.
_Désolé mec, me dit l'étudiant en me regardant étrangement.
Je ne réponds pas et sens mon cœur tambouriner douloureusement dans ma poitrine : j'ai cru que c'était Gaara.
Il me fixe bizarrement puis rejoins ses amis qui ne s'étaient pas arrêtés.
_T'es super à cran! S'exclama Chojiro en me fixant.
Je tente de retrouver une respiration normale et tente de paraître serein, mais je ne crois pas que ça fonctionne.
_Naruto, t'as pas l'air bien. T'es tout pâle. Tu ne devrais peut-être pas conduire.
_Non, ça va aller, dis-je en forçant un sourire.
Je vais le ramener à sa chambre universitaire puis rentrerai à la maison.
_La voiture est toujours en bon état ? Me demande ma mère en me voyant arriver.
_Ne t'en fais pas, aucune rayure, dis-je en lui rendant ses clés.
_Le dîner est presque prêt, ne tarde pas trop à descendre.
_J'n'ai pas faim, ne m'attends pas, dis-je en commençant à monter les escaliers.
Elle soupire mais ne dis rien. Une fois dans ma chambre, je finis par regarder le message que Sasuke m'a envoyé il y a maintenant plus d'une heure : « Ok j'attendrai. Je t'aime. »
Je savais que je n'aurais pas dû regarder. Je craque à peine l'avoir lu : je me laisse tomber sur mon lit et pleure sans aucune retenue.
POV GAARA
_Je vais m'arrêter ici, dis-je au routier qui m'avait pris en stop.
Il se gare sur le bas-côté, puis je descends après l'avoir remercié. Quand j'ai vu le panneau indiquant notre entrée dans la ville d'Otto, je n'ai pu m'empêcher de penser à Saï. Même s'il a laissé la peur prendre le dessus sur notre amitié, je ne lui en veux plus : après tout c'est le seul ami que j'aie. Nous avons partagé tant de choses, et je pense que nous en partagerons d'autres.
Je regarde autour de moi puis m'avance vers un café bistrot. Je m'installe à une table et une serveuse ne tarde pas à venir prendre ma commande. Je mange tranquillement tout en observant les gens présents. Mon regard s'arrête sur un jeune lycéen blond accompagné de ses amis. Il n'a pas encore remarqué que je l'observais et rie avec légèreté. Il me fait penser à lui. Je bois une gorgée de ma bière tout en gardant les yeux rivés sur lui. Son regard fini par tomber dans le mien, mais il détourne le sien rapidement. Il va jeter quelques coups d'œil mal à l'aise dans ma direction, ce qui m'amuse beaucoup. Il chuchote quelque chose à ses amis puis je vois certains me regarder, mais ils ne vont rien faire. Ils vont payer, puis sortir assez rapidement.
_Vous voulez autre chose monsieur ? Me demande la serveuse.
_Non, ce sera tout. Tenez, dis-je en lui tendant un bon pourboire.
_Ah, merci, dit-elle le sourire aux lèvres.
_Vous savez où se trouve l'école d'art de la ville ?
_Oui, ce n'est pas bien loin d'ici.
Elle m'explique comment m'y rendre et je ne tarde pas à suivre ses indications. J'espère que je ne me suis pas arrêté pour rien à Otto et que Saï à continuer ses études. Je m'appuie contre un mur en face de l'école et observe les lycéens et étudiants qui y entrent et sortent. Je vais rester là deux bonnes heures avant de voir Saï en sortir. Il discute avec d'autres étudiants et tient l'un d'entre eux par la main. Il sourit. Pas un de ses sourires faux d'avant : un vrai sourire. Ça m'énerve. Je les suis discrètement et m'arrête en les voyant s'installer à la terrasse d'un café-bistrot. Ils vont rester une petite demi-heure avant de se séparer. Il repart avec ce qui semble être son petit-ami. Je les suis, mais vais les perdre lorsqu'ils vont monter in extremis dans un bus. Je vais passer la nuit dans les rues de la ville. Le lendemain, je vais de nouveau épier leur sortie de l'école. Je le vois encore en compagnie de ce garçon. Je les devance et me rends à l'arrêt de bus. Lorsqu'il arrive avec ses amis, je me détourne d'eux pour qu'il ne me reconnaisse pas. Il rigole avec eux et de ce que je comprends, il excelle en cours : je ne suis pas étonné, Saï a toujours été très doué en dessin. Lorsque le bus arrive, lui et son petit-ami y monte et j'en fais de même. Je m'installe au fond pour les surveiller. Ils sont debout et tiennent la barre verticale. Ils se parlent et s'embrassent de temps en temps. Je n'aime pas ça : ce garçon semble avoir détourné Saï de notre but commun. Au bout d'une quinzaine de minutes de trajet, je les vois descendre. Je fais de même et les suis à distance. Ils s'arrêtent devant un immeuble, s'échangent quelques mots et un baiser, puis l'autre jeune homme traverse la rue alors que Saï entre dans l'immeuble. Il ne fait pas de code, probablement que le système est en panne. Je rentre tranquillement et emprunte les escaliers à sa suite. Une fois au troisième étage, il se dirige vers un des appartements et sort sa clé. Je m'approche de lui et c'est à ce moment qu'il lève la tête vers moi. Il me regarde et ne semble pas me reconnaître directement, mais au fil des secondes qui passent je vois ses yeux s'écarquiller de stupeur.
_Gaa..Gaara ?
Il ne semble pas y croire. Il faut dire que je suis méconnaissable avec cette perruque brune, les lentilles noires et ses fausses lunettes de vue.
_Salut Saï.
Il reste d'abord figé, puis je vois un malaise sur son visage.
_Tu ne m'invites pas chez toi ?
_Ce…n'est pas chez moi, c'est…
_Ah, tu squatte donc chez ton ami, le grand châtain que j'ai vu en bas. Finalement t'as pas tant changé que ça, toujours opportuniste.
Je le vois pâlir à ma déclaration ce qui m'amuse.
_Gaara, je veux pas d'ennuis.
_Mais qui t'as dit que je venais te causer des ennuis ?
_Tu es recherché par la police…Je veux pas qu'on nous voit ensemble.
_Alors tu devrais m'inviter à entrer.
_Juichi ne va pas tarder à rentrer, je veux pas qu'il te trouve ici, dit-il nerveusement.
Je sens une sourde colère monter en moi face à son attitude.
" Ce n'est pas un ami c'est un traître. Il t'a tourné le dos comme tout le monde. "
_Je comprends, dis-je en tentant de garder mon calme. Je m'en vais.
Je lui tourne le dos et commence à m'en aller, mais je me tourne de nouveau vers lui. Il ne me quitte pas des yeux. On dirait qu'il a peur de moi.
_Saï, je suis content que ça aille pour toi. Ce Juichi a l'air bien.
Je le vois se tendre un peu plus. Il reste sur ses gardes, je vois bien qu'il n'a pas confiance.
_Moi aussi j'essaie de changer de vie, j'essaie d'être quelqu'un de meilleur…Et j'ai cru pouvoir compter sur l'appui du seul ami que j'avais, mais je comprends parfaitement ta position. Je ne te demanderais qu'une chose : n'appelle pas la police.
_Ils disent que tu devrais te faire soigner. Tu as...Tu as tué quelqu'un.
_Tu ne devrais pas croire tout ce que raconte la police. Je me suis défendu, pour qu'on n'abuse pas de nouveau de moi, mais j'imagine qu'on n'a pas relaté les faits de cette façon.
_Tu devrais te faire aider Gaara.
J'ai envie de lui tordre le cou. Mais il ne me laissera pas l'approcher.
"Il mérite une punition pour sa trahison."
_Je vais mieux Saï, mais si je me rends, ils m'enfermeront de nouveau. T'a-t-on déjà privé de ta liberté ?
_Oui. J'ai fait un an dans un centre.
_Dis-toi que la prison et l'asile c'est pire. Je ne veux pas être privé de ma liberté, je ne le supporterais pas. Ne me dénonce, s'il-te-plait.
_D'ac-cord, dit-il au bout de quelques seconde.
_Je ne vais pas te déranger davantage. J'espère que tu réussiras à devenir artiste, je sais que c'est ton rêve: être un peintre célèbre. Je te le souhaite en tout cas, dis-je avant de lui tourner le dos.
_Gaara…attend.
Je souris, puis reprend mon visage impassible avant de me retourner vers lui. Il sort son portefeuille de son sac et me tend quelques billets.
_C'est tout ce que j'ai sur moi.
_Merci, dis-je en prenant l'argent dans ses mains.
J'aurais pu l'attraper à cet instant et lui faire regretter son comportement, mais je veux qu'il voit avant tout la punition que je vais infliger à celui qui l'a détourné de moi.
_J'espère que tu t'en sortiras.
_Je l'espère aussi.
Je descends quelques marches d'escaliers et m'arrête au deuxième palier. Lorsque j'entends le bruit du verrou de sa porte, je remonte les escaliers et me cache derrière le mur donnant sur l'autre couloir. J'enfile des gants dans mes mains et attends l'arrivée de son ami. Une vingtaine de minutes plus tard, j'entends des pas dans les escaliers. C'est lui. Il a un sac de course dans les mains et ouvre la porte. Je me précipite vers sa porte et y entre brusquement. Il est surpris et je ne lui laisse pas le temps de dire quoique ce soit. Je le tire vers moi de façon à ce qu'il soit dos à moi et lui brise la nuque d'un geste net. Il devient lourd dans mes bras et je pose au sol son corps inerte. C'est l'une des premières choses que j'ai apprise à faire à mon arrivée chez Hanzo. Je ferme la porte et le regarde un instant.
_Personne ne se mettra en travers de ma route. Maintenant que tu n'es plus là, Saï n'as aucune raison de ne plus venir avec moi.
Je sors de mon sac une petite fiole en terre cuite et l'ouvre. Je mets un peu de sable dans mes mains et le parsème sur son visage. Ce rituel me permet d'offrir ma victime à Shukaku et de ne pas être hanté par son souvenir. J'avance ensuite dans l'appartement et entends un bruit d'eau : il prend probablement sa douche. Je l'attends devant la porte. Au bout de quelques minutes, elle finit par s'ouvrir et profitant de la surprise je le frappe violemment. Il tombe et une plainte douloureuse s'échappe de ses lèvres. Je ne lui laisse pas temps de se relever et le frappe à plusieurs reprises. Il semble complètement sonné au sol. Son visage est ensanglanté et il semble chercher un nouveau souffle. Je me baisse vers lui et lui agrippe fermement ses cheveux.
_C'est ta punition pour m'avoir tourné le dos!
Il grimace et laisse échapper un sanglot.
_Non, non, non, non ! Ne chiale pas ! Ça ne nous ressemble pas ! On n'est plus fort que ça !
_Com-ment…t'es entré, souffla-t-il difficilement.
_Ton petit copain m'a gentiment ouvert la porte, répondis-je avec ironie.
_Juichi…Qu'est-ce que tu lui as fait ? Sanglote-t-il davantage.
_Tu oses t'inquiéter pour ce minable, grognais-je. Je te laisse une nouvelle chance de te rattraper Saï. Je vais à Konoha et je serais très content que tu viennes avec moi...
Il grimace en me sentant tirer un peu plus ses cheveux.
_Qu'est-ce que tu as fait à Juichi!
"Il n'est plus ton ami"
Je sens une rage monter en moi face à son intérêt pour ce Juichi.
_Je comptais me rendre directement à Konoha, mais pour toi, pour notre amitié, j'ai voulu qu'on termine ce qu'on a commencé ensemble ! J'ai voulu te donner l'opportunité de te racheter pour m'avoir trahi concernant Namikaze, parce que je te considérais comme mon ami ! Et toi tu t'en fous de moi !
_Je ne suis plus comme ça, j'ai arrêté les conneries. Je me suis rangé maintenant…, articule-t-il péniblement.
_Avec ce Juichi!
_Où il est ?!
_Je vais carrément t'amener à lui, grognais-je en le traînant sans ménagement jusqu'au corps inerte de son ami.
Il laisse s'échapper un sanglot et s'approche du corps de ce dernier en rampant au sol. Au fil de mes combats j'ai appris à frapper fort et je pense que mes coups ont causés bien plus que des bleus sur le corps fin de Saï : il n'arrive même pas à se mettre debout.
_Juichi fait un gros dodo. Il ne va pas se réveiller de sitôt.
_Pourquoi ? Sanglote-t-il un peu plus en passant ses mains sur son copain.
_Tu n'aurais pas dû me tourner le dos. On ne tourne pas le dos à un ami!
_Tu es complètement malade Gaara.
Je sens la rage monter un peu plus et l'attire vers moi.
_Tu n'as pas le droit de me dire ça! M'exclamais-je en lui assénant un coup de poing au visage.
Je le frappe de nouveau, il ne se débat pas, il n'en a pas la force. Il souffle péniblement et crache du sang. Il me regarde dans les yeux, et ouvre la bouche.
_Tu n'as jamais été mon ami…. Je cherchais juste quelqu'un de malsain pour compagnon de jeu…
_Tu mens.
Il toussote et son corps est secoué par quelques soubresauts.
_Tu ne peux pas avoir d'amis car tu ne sais pas aimer…Namikaze ne sera jamais à toi.
_Ferme-là ! M'écriais-je.
_Quand j'ai rencontré Juichi, j'ai fini par comprendre pourquoi il t'obsédait tant…Tu l'as dominé comme tous les autres, mais ça ne te suffisait pas. Tu étais toujours frustré. Tu sais pourquoi ?
Je ne dis rien et le regarde légèrement perturbé.
_Parce que tu l'aimes…et son dégoût pour toi te poussais à l'humilier un peu plus. Tu auras beau le forcer, tu seras toujours frustré parce qu'il ne t'aimera jamais.
_C'est faux !
Il tousse un peu plus et son souffle devient plus hiératique. J'entends des sirènes de police et me recule de lui. Son regard croise le mien une dernière fois et je m'enfuie un peu désorienté. J'enlève mon déguisement, ainsi que les gants tâchés de sang et ma veste. Je les range dans mon sac à dos. Je rentre ensuite dans un bar à proximité et commande un verre avant de me rendre aux toilettes. Je passe de l'eau sur mon visage et respire un bon coup. Je sors au bout de quelques minutes et m'installe à une table. La serveuse me sert mon verre et j'entends quelques personnes s'interroger sur ce qui se passe. Quelques-uns sortent pour se rendre dans la rue parallèle. Je vais rester là de longues minutes à repenser à ce que Saï m'a dit. Je sens une migraine et demande un autre verre. Je le vide d'un seul coup, puis me lève. Je rejoins l'attroupement de personnes dans l'autre rue et me faufile pour voir ce qui se passe.
_Que se passe-t-il ? Demandais-je platement à l'une des personnes présentes.
_Deux jeunes hommes se sont faits agresser. Un vient de partir pour l'hôpital, mais je crois que pour l'autre s'est fini.
"Tu dois finir ce que tu as commencé"
Je me tiens la tête et grimace de douleur. Je m'éloigne de la scène et me replie dans un endroit calme. Dans la soirée, je verrais à la télé d'un bar, en face de l'hôpital, la diffusion d'un portrait-robot : rien qui ne permette de m'identifier actuellement. Je me lève et me dirige vers l'hôpital. Personne ne fait attention à moi. Je déambule dans les divers services, jusqu'à me trouver dans la section de soins intensifs. Je cherche un peu, puis me retourne en voyant un policier. C'est risqué de chercher Saï dans cet hôpital. Je vais attirer l'attention et ce n'est pas ce qu'il me faut actuellement. De toute façon, il n'a probablement pas survécu à ses blessures.
"Tu es un lâche. Tu n'as pas le courage de finir ce que tu as commencé".
_Non ! Mais je ne dois pas me faire arrêter avant d'avoir eu Naruto.
"Ce n'est que prétexte. Si tu n'es pas capable d'en finir avec lui, tu ne pourras rien contre Namikaze."
_Tais-toi, grognais-je.
_Vous allez bien monsieur ? Me demande une infirmière.
Je ne la regarde pas et pars rapidement. Je vais errer toute la nuit dans la ville sachant que je n'arriverais pas à dormir. J'avale quelques anti-douleurs pour tenir jusqu'au levée du jour, puis commence à marcher au bord de la route.
_Tu vas où ? Me demande un routier qui s'est arrêté.
_Konoha.
_Monte, je m'y rends.
Je monte et m'installe en le remerciant. J'ai opté pour une perruque blonde et des lentilles grises. Je regarde le paysage défilé sous mes yeux et ais un pincement au cœur en voyant le panneau indiquant que nous quittons Otto.
"Tu ne dois pas redevenir faible Gaara. Tu dois éliminer tous ceux qui te résiste"
Je ferme les yeux et revois encore le regard de Saï. Je grimace à ce souvenir et prend ma tête entre mes mains. J'aurais du verser du sable sur lui avant de m'enfuir.
_Ça va ?
_Oui, c'est juste une migraine. Ça passera, répondis-je platement.
Je ne dormirai pas au cours de ses deux jours de route. Un sourire apparaît sur mon visage en reconnaissant certaines rues. La ville n'a pas changé. Le camion s'arrête et le conducteur m'indique qu'il est arrivé à destination. Je descends donc et continue à pieds. Je prends la direction d'un motel peu fréquenté pour déposer mes affaires et dormir. Ma migraine s'est empirée. Une fois arrivé sur place, je paie une chambre pour la semaine et y monte directement.
Je pose mon sac sur une vieille table en plastique et récupère ma boîte de somnifères. J'en avale deux et m'allonge sur le lit. Je vais enfin pouvoir dormir.
POV NARUTO
_Tu devrais arrêter de fixer ton téléphone.
_Hein ? Dis-je en levant les yeux vers Shino.
La première semaine d'exams s'est terminée et on a décidé de se détendre dans un bowling. Shino est venu avec Hinata et trois amis de sa section et Ino avec sa nouvelle meilleure amie.
_C'est à toi Naruto, héla Chojiro.
Je me lève et me munis d'une boule. J'n'ai pas vraiment la tête à ça, mais je joue juste pour leur faire plaisir. Je lance la boule et comme à mon précédent lancer, elle part sur le côté.
_Heureusement que t'es pas dans mon équipe, se marra Ranmaru en frappant dans les mains d'un de ses coéquipiers.
_Putain Naruto tu vas nous faire perdre, marmonna Ino.
_Désolé.
_Ne sois pas désolé et lance mieux la prochaine fois. J'n'ai pas envie de payer la prochaine tournée.
_T'en fais pas je vais rattraper le coup, s'enthousiasma Chojiro.
_C'est à toi Shino, s'écria un de ses potes.
Il se leva pour lancer et contrairement à moi, il a fait carton plein, au grand désespoir d'Ino. Je vérifie de nouveau mon portable et soupire en constatant que je n'avais pas de message.
_Tu viens ? Me demande Shino en restant debout à côté de moi.
_Pour aller où ?
_On va marcher un peu.
_Mais…et la partie.
_Je leur ai dit de continuer sans nous et ça n'a pas eu l'air de déplaire Ino, rajouta-t-il en ricanant doucement.
_C'est sûr que ce soir, je ne suis bon à rien.
_On y va, alors.
_Ouais, ça me fera peut-être du bien de me dégourdir les jambes.
On sort du bowling et on prend la direction de la place centrale de la ville. Je ne tarde pas à parler tant j'ai le cœur lourd.
_Il n'a pas appelé, ni envoyé de messages depuis une semaine.
_C'est toi qui lui as demandé de te laisser plus de temps.
_Oui, mais bon, soupirais-je.
_Tu voulais qu'il continue de te harceler de messages et d'appels?
_Oui, soufflais-je.
_Si tu veux je l'appelle pour le lui dire, rétorqua-t-il en prenant son portable.
Ses doigts glissent agilement sur l'écran du téléphone puis je le vois appuyer. Je panique un peu et me précipite sur lui.
_T'es malade ! Fais pas ça ! Dis-je en tentant de le dessaisir de son téléphone.
Il est légèrement plus grand que moi et je n'arrive pas à atteindre sa main levée.
_C'est dur d'être petit, pouffe-t-il en gardant son portable hors de ma portée.
Je le pousse un peu sur le côté pour se moquer aussi ouvertement.
_Merde !
_Quoi ?!
_L'appel est lancé.
_Raccroche !
Il s'exécute rapidement à ma demande, mais quelques secondes après, Sasuke le rappelle.
_Ne répond pas.
_Il va peut-être insister si je ne réponds pas.
_Alors ne lui dit pas que je suis avec toi, lui dis-je le regard suppliant.
La sonnerie cesse, mais reprend de nouveau.
_Allô Sasuke…Ah j'ai fait une fausse manip et comme il y avait du bruit autour de moi j'ai préféré sortir pour te répondre.
Shino se rapproche de moi et met le haut-parleur.
_J'ai cru que tu m'appelais concernant Naruto.
_Je ne suis pas avec Naruto. Je suis avec des amis de ma section.
_Ok… Comment il va ? Demanda-t-il un peu hésitant.
_Je te laisse deviner, rétorqua Shino.
_Je sais, c'était une question stupide mais j'aimerais juste avoir de ses nouvelles.
_T'as qu'à lui demander.
Je m'éloigne de Shino pour ne plus l'entendre et passe nerveusement ma main dans mes cheveux. Je le vois échanger encore quelques mots avec Sasuke puis il se rapproche de moi.
_Ça va ? Demanda-t-il en s'appuyant sur le mur près de moi.
_Non, répondis-je franchement.
_Tu sais ce qu'il m'a dit…
_J'veux pas savoir.
_Tant pis. De toute façon ce qu'il m'a dit était nul. Je crois même que tu aurais trouvé la force de l'insulter si tu l'avais entendu. Franchement je n'arrive pas à croire que j'allais te répéter ça. Il doit vraiment être à l'agonie pour raconter un truc pareil.
Je le regarde perplexe et du coup j'ai envie de savoir de quoi il s'agit.
_Qu'est-ce qu'il a dit, demandais-je en feignant l'indifférence.
_C'n'est pas important, dit-il en se mettant debout face à moi.
_Parle Shino !
_Je ne dirais rien. Tu as laissé passer ta chance ! S'exclame-t-il en me tirant par le bras.
_T'es sérieux là !
_Je suis toujours sérieux, s'exclame-t-il en passant son bras sous le mien pour nous faire avancer.
Je le regarde avec insistance ce qui semble l'amusé au vu du sourire qu'il a sur les lèvres.
_Tu sais que tu es vraiment con parfois, marmonnais-je.
_Et toi t'es toujours aussi curieux.
_En fait il t'a rien dit, tu m'as fait juste marcher.
_Au moins ça t'a fait réagir.
Je soupire et ne dis rien.
_Il m'a demandé si tu l'avais bloqué sur ton téléphone.
Je tique un peu à ce qu'il dit et le regard pour qu'il développe plus.
_Il t'a envoyé des messages toute la semaine. Il essaie de t'appeler depuis hier et il tombe direct sur ton répondeur.
_C'n'est pas vrai je n'ai rien reçu.
_J'vois pas pourquoi il me mentirait.
Je récupère mon téléphone et vérifie les dires de Shino. J'écarquille les yeux en constatant qu'effectivement le numéro de Sasuke est bloqué.
_Mais, j'comprends pas. Je n'ai jamais bloqué son numéro.
_Rassure-moi, t'es pas en train de perdre la tête.
_Je suis sûr de ne pas avoir fait ça, lui dis-je en le regardant avec insistance.
_Ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas moi. Je n'ai jamais eu ton portable en main.
Je reporte mon regard sur mon téléphone et m'apprête à le débloquer mais Shino m'arrête.
_Il pense que tu l'as bloqué et ça le met super mal. Si tu veux qu'il morfle tu devrais laisser les choses comme ça.
Je ne sais pas quoi faire. J'hésite. Recevoir ses messages, bien que je n'y réponde pas, me rassure sur le fait qu'il pense à moi. Mais en même temps si je le débloque il pensera que je lui pardonne et ce n'est pas le cas.
_Tu as raison, dis-je en rangeant mon téléphone dans ma poche.
Il me reprend par le bras et nous reprenons notre marche en silence. Je me sens toujours un peu mal, mais j'ai le sentiment d'être plus léger.
_Tu sais que si on nous voit marcher bras dessus bras dessous on pensera que tu es homo.
_Tu as peur que je te fasse de l'ombre.
Je rie doucement à sa bêtise et me détends un peu plus. On va continuer à se promener ainsi et parler de tout autre chose que Sasuke. En arrivant sur la place, il y a un peu de monde, mais il ne s'occupe pas vraiment de nous. On s'approche de la fontaine, mais je me stoppe en reconnaissant la copine d'Itachi. Elle sort d'un restaurant avec d'autre femmes.
_Pourquoi tu t'arrêtes ?
_C'est la petite amie d'Itachi là-bas, m'exclamais-je en la pointant du doigt.
_C'est parfait alors.
_Hein ?
_Si elle nous voit, elle pensera que tu as un autre mec et ira le dire à Itachi, qui le dira à son frère. Je suis persuadé qu'après ça il morflera encore plus.
_Tu crois ?
_Bouge pas.
Il se penche à mon oreille et nous rapproche un peu plus.
_Tu fais qu...
_Elle nous a vu, ne regarde pas, chuchote-t-il. Fais semblant de rire à une blague.
_T'es sérieux.
_Tu veux faire morfler Sasuke.
Je rie nerveusement et rougis de honte en voyant le regard d'un couple passant près de nous. Je me sens un peu ridicule.
_Naruto, voyons ! Tu peux mieux que ça ! T'es nul.
_J'aimerais bien t'y voir, marmonnais-je en continuant de simuler.
Il se décale et rit de manière plutôt naturelle.
_Je suis bon je sais, dit-il en serrant un peu plus mon bras. Maintenant prend ton sourire le plus idiot et penche ta tête sur mon épaule…Pense à Sasuke, rajouta-t-il pour me convaincre de le faire.
Je fais ce qu'il me dit en évitant de regarder dans la direction d'Izumi.
_Naruto.
_Quoi ? Dis-je en relevant mon visage vers lui.
Sans que je ne m'y attende il pose un baiser sur ma bouche. Je le regarde, choqué et lui ça semble l'amusé.
_Tu sais, si tu continues de me fixer comme ça, elle va comprendre qu'on joue la comédie.
_Tu aurais pu me prévenir, dis-je en appuyant de nouveau ma tête contre son épaule.
_Ça n'aurait pas été drôle.
_J'vais te tuer Shino.
_Tu peux remettre ça à demain ? J'ai prévu de finir la soirée avec Hinata, si tu vois ce que je veux dire.
Au bout de quelques secondes, je crois que mes nerfs craquent et je me mets à rire bêtement.
_Là tu vois, c'est parfait ! Continue.
~~0~~
_Elle a sans doute déjà tout raconté à Itachi, déclara Shino en léchant dans sa glace.
_Je sais pas pourquoi je t'ai laissé m'embarquer dans cette mascarade.
_Pour faire enrager Sasuke.
_Si seulement Itachi le lui dit et ça j'en doute. On a fait tout ça pour rien. Je me suis ridiculisé devant tous ces gens pour rien.
_Je ne dirai pas ça. Tu n'as pas cessé de sourire depuis notre magnifique prestation et tu manges cette glace avec beaucoup d'appétit.
_Elle est super bonne, c'est pour ça, dis-je en croquant dans le cornet.
On discutera encore un moment et les autres finiront par nous rejoindre sur la place. Je vais ramener Ranmaru et Chojiro à la résidence universitaire avant de rentrer. Je me gare à côté de la voiture de mon père, puis m'apprête à rentrer, mais un frisson désagréable parcourt ton mon corps. Je regarde autour de moi, puis me presse à entrer à l'intérieur. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette angoisse. Je monte à l'étage et ressens le besoin de voir mes parents. Je tends l'oreille pour voir s'il y a du bruit, puis ouvre doucement la porte. Je ne l'ouvre pas complètement pour éviter que la lumière du couloir n'éclaire trop la chambre. Ils dorment paisiblement et ce simple constat me rassure un peu. Je vais dans ma chambre et envoie un texto à Shino pour lui dire que je suis bien rentrée. Je prends une rapide douche pour me rafraîchir, puis me plonge dans mon lit. Un sourire béat s'empare de mon visage en me rappelant de la petite mise en scène faites devant Izumi et je commence à m'endormir avec l'envie que Sasuke l'apprenne.
POV GAARA
J'avale quelques comprimés pour calmer ma migraine puis ajuste mon déguisement avant de sortir de la chambre. Ça fait quatre jours que je suis là, mais ce n'est qu'aujourd'hui que je sors. Mes nuits sont agitées, je n'arrive pas à récupérer complètement. Avoir vu Saï, revenir à Konoha semble avoir accentué mes crises d'insomnie. Mon sommeil est perturbé par des souvenirs douloureux. Je sors du motel et me dirige vers un arrêt de bus. La nuit est tombée, il y a peu de monde qui se promène dans le secteur où je me trouve. J'attends quelques minutes avant de voir arriver un bus. Je monte à l'arrière et m'installe près d'une fenêtre. Je baisse ma casquette et ferme les yeux pour atténuer la douleur. Il y a environ une vingtaine de minutes de trajet entre mon arrêt et celui du quartier de Naruto. Je revois le regard de Saï, j'ai la sensation d'entendre encore ses mots et ça ne me fait pas du bien.
"Nous sommes plus fort qu'eux. On les soumettra tous à notre domination."
Des images de Naruto me faisant une fellation me parviennent et me procurent un immense plaisir. Je sens la douleur refluer et me détends doucement.
Je marche d'un pas assuré vers la maison de Naruto après être descendu à l'arrêt. La rue est quasiment vide. Mon cœur palpite en reconnaissant la maison. La dernière fois que j'y étais venu, on s'était battu et je lui avais promis de le punir. Je souris en pensant à sa réaction lorsqu'il sera de nouveau face à moi, à sa punition. Je m'approche un peu plus de la maison, mais une voiture y est garée : Je la reconnais, c'est celle de son père. Je reste à l'écart et cherche du regard un endroit où me cacher. Je me hisse à un arbre dans le jardin du voisin d'en face et me cache à travers les branches. Je vais rester près de quatre heures sur cet arbre sans que rien ne se passe. Je ne sais même pas s'il est dans la maison. Mais je suis patient. Je veillerai ici jusqu'à ce que je puisse le voir. Je m'allonge sur une branche et observe à travers le feuillage le ciel. Je ferme les yeux un instant et profite du calme ambiant. Le bruit d'une voiture qui se gare et une forte luminosité va attirer mon attention sur la maison : c'est lui. Je souris en le voyant descendre de la voiture. Je me redresse légèrement et l'observe avec envie. Mes yeux dérivent sur ses fesses et je ne peux m'empêcher d'imaginer le posséder. Je sens mon sang pulser dans mon aine à cette pensée et laisse un souffle s'échapper d'entre mes lèvres.
_Tu seras à moi Namikaze, soufflais-je.
Son visage se tourne dans ma direction. Il scrute les environs, il semble anxieux et je le vois frémir légèrement. Je ne distingue pas bien les traits de son visage, mais je peux parfaitement deviner le contour de ses lèvres. Je sens mon excitation grandir en les imaginant glisser le long de ma hampe. J'ai envie de descendre de cet arbre et de l'attraper pour assouvir mes désirs, mais il se dirige d'un pas pressé vers la porte d'entrée.
_Non, t'en va pas, marmonnais-je en serrant les poings contre le tronc.
"Il sera bientôt à toi. Je suis sûr qu'il aura un goût divin"
_Oui…Il sera bientôt à moi.
Je vais rester éveillé jusqu'au levée du jour. Les gens commencent à sortir de chez eux, personne ne me voit. Ils sont tous pris par leur préoccupation. La mère de Naruto part avec sa voiture et près d'une heure après c'est son père qui s'en va. Il est seul. Je vérifie que personne ne soit dans les alentours et descends de l'arbre. Je m'approche doucement de la maison en regardant autour de moi. La lumière ne s'allume. Ils l'ont certainement programmé pour s'allumer la nuit, afin de repérer l'approche de quelqu'un. Ils ont certainement dû sécuriser la maison un peu plus. Je fais le tour discrètement pour voir s'il n'y a pas une ouverture quelque part mais tout est fermé. Ça me frustre de le savoir si proche et de ne pas pouvoir l'approcher. Je décide de faire le tour des maisons environnants pour trouver un endroit où me cacher au lieu de me rendre au motel chaque fois que je voudrais me reposer. Lorsque je reviens chez lui, j'entends sa voix en m'approchant du jardin. J'avance doucement puis regarde prudemment vers les fenêtres. L'une d'elles est ouverte : une se trouvant à l'étage. Je peux voir un de ses bras poser sur le bord.
_Ne prend plus ce genre d'initiative si tu tiens à ce qu'on reste amis, dit-il un peu agacé.
Je longe le mur puis me penche légèrement pour l'apercevoir.
_Tu l'as peut-être fait avec de bonnes intentions, mais ce qui se passe entre Sasuke et moi ne te regarde pas.
Je vois ses cheveux et son visage de profil. J'aimerais tellement revoir son regard.
_C'est bon, arrête de t'excuser…J't'en veux pas, mais ne recommence plus…C'est bon pour moi, je serais là dans à peu près deux heures…A plus.
Il s'éloigne de la fenêtre et j'entends un bruit de porte. Il est certainement sorti de la chambre. Je scrute le mur à la recherche de prises pour me hisser à l'étage, mais je me cache rapidement en entendant un bruit provenir de la maison à côté. La voisine a ouvert une fenêtre et chantonne. Je ne peux pas prendre le risque de me faire voir. Je me mords la lèvre inférieure de rage et regarde exaspéré cette fenêtre ouverte. Une belle opportunité gâchée par cette vieille peau. Je jette un coup d'œil et ne la vois pas, mais si elle réapparaît alors que je grimpe le long du mur, je ne pourrais probablement plus m'approcher de Naruto. J'ai envie de tenter, j'en tremble.
"Ne te précipite pas. Le premier pas vers la jouissance est la patience. Attends le bon moment si tu veux atteindre ton but"
Quelques minutes passent avant que je n'entende de nouveau du bruit dans la chambre. Il finit par fermer la fenêtre et je me dirige vers le perron. J'attends, cacher sur le côté droit de la maison, qu'il sorte. Je m'impatiente un peu : qu'est-ce qu'il fout ? Je finis par entendre le bruit de la serrure, puis le vois sortir. Il porte un simple jean bleu clair et un tee-shirt blanc. Il a pris quelques centimètres et son visage est plus fin. Il est devenu plus beau qu'avant et à l'air d'avoir gagné en assurance. Ce n'est pas plus mal, je m'amuserais beaucoup plus en voyant le désespoir de nouveau dans ses yeux. Des yeux que je n'ai toujours pas pu voir. Il range ses clés dans son sac en bandoulière, puis s'en va. Je le suis à distance et prends beaucoup de plaisir à regarder ses fesses bouger au rythme de sa marche. Il arrive à l'arrêt de bus et prend ses écouteurs. Je m'avance, il ne me regarde pas. Je me mets un peu en retrait une fois à l'abri de bus et le regarde. On n'est si près, pourtant je ne peux rien faire. Le bus arrive cinq minutes plus tard. Je monte en dernier et m'installe à proximité de lui. De là où je suis, je peux prendre son odeur et ça m'excite. J'ai hâte de me retrouver seul avec lui, pour terminer ce qu'on a commencé.
Je vais le suivre toute la journée. Il était avec des étudiants que je ne connais pas. Ils semblaient travailler. C'est la fin de l'après-midi et ils sont installés sur des marches d'escalier entourant la fontaine du centre. Je les observe depuis un bar. J'ai baissé ma vigilance, mes yeux ne se détachent pas de lui. C'est la serveuse qui va m'extirper de mes pensées et c'est à ce moment-là que je remarque qu'une jeune femme me scrute : c'est Sakura. Elle détourne les yeux en tombant dans mon regard : m'a-t-elle reconnu ? Je paie ma consommation et me lève.
_Il te plait on dirait, déclara une des filles assises à la même table qu'elle.
Elle s'agace du manque de discrétion de son amie et parle d'une voix plus basse.
_Non, c'est juste que j'ai l'impression de le connaître.
Elle ne m'a pas reconnu, mais il est fort possible qu'elle fasse le rapprochement avec moi plus tard. Je m'éloigne du bar et sens une migraine pointer. La journée se déroulait si bien : pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur cette emmerdeuse. Si elle se rend compte que c'est moi et qu'elle avertit la police, je ne pourrais pas rester à Konoha.
Je me rends dans les toilettes publiques et me change complètement. Lorsque je sors, je constate que Naruto n'est plus là. Je scrute les alentours mais ne le vois plus. Je regarde vers le bar où j'étais il y a quelques minutes et constate que Sakura y est toujours. Je prends le risque d'y retourner et m'installe sur une des tables libres derrière elle.
_Ne fais pas ta rabat-joie Sakura. Cette fête sera une tuerie. On se doit d'y être.
_On a une épreuve mercredi. J'préfère rester réviser chez moi. J'veux pas rater le concours. J'ai déjà perdu un an à cause de ce blaireau de Namikaze alors je vais pas en perdre une de plus juste pour une soirée. Il y en aura d'autres des fêtes.
_T'es vraiment nulle, souffla une de ses amies, exaspérée.
_Qu'est-ce que je vous sers monsieur ? Demanda une serveuse arrivée à ma table.
_Ce que vous avez de plus fort dans votre bar.
_Euh…Ok.
Je me concentre de nouveau sur Sakura.
_Ben reste chez toi, avec maman et papa pendant que le blaireau sort de son côté. Pas plus tard qu'hier soir, je l'ai vu avec des amis, alors que toi tu révisais bien sagement chez toi.
_Arrête de me parler de lui.
_Lui au moins sait s'organiser pour ses exams et ses sorties.
_C'est bon ! Ok je viens, mais si c'est nul, j'me casse.
Les deux filles qui l'accompagnent se tapent dans les mains, ravies de lui avoir fait changer d'avis. Malgré les années qui ont passée, elle est toujours aussi jalouse de Naruto : vraiment pathétique.
La musique est assourdissante et les cris de certains fêtards déjà bien éméchés m'incommodent encore plus. La fête se déroule au bord d'un lac en périphérie de la ville et les étudiants ont allumés un feu de camps pour éclairer la zone. J'observe Sakura qui boit tout en se trémoussant contre le même type depuis plusieurs minutes. Je suis peut-être en train de perdre une occasion d'avoir Naruto à cause d'elle, mais la manière dont elle me scrutait cette après-midi laisse à présager qu'elle finira par se rendre compte que c'était moi. C'est une fouine cette fille, elle finira par se rappeler. Je ne la quitte pas des yeux et je ne suis pas le seul car ce mec ne la lâche pas d'une semelle. Je vais rester un long moment à l'observer en buvant quelques verres. Je commence à lasser mais je vois le mec qui la colle, la traîner dans les bois environnants. Je me lève et prends la même direction qu'eux. Ils s'arrêtent puis je les vois commencer à s'embrasser. Je reste cacher et enlève tranquillement ma perruque et le reste de mon déguisement. J'enfile des gants et pose mon sac contre un arbre. J'entends des gémissements et m'apprête à intervenir mais des voix se rapprochant m'oblige à rester cacher. C'est un autre couple d'étudiants. Ils ont certainement eu la même idée que Sakura et son mec. Ils semblent un peu saouls et ricanent en repérant les deux autres baiser. Ils restent un instant à observer, puis finissent par s'en aller. Après quelques secondes, un râle s'échappe des lèvres du jeune étudiant, avant qu'il ne se retire d'elle.
_Merde, t'as pas mis de capote, marmonna-t-elle l'esprit légèrement embrumé par l'alcool.
_T'inquiète j'suis clean, ricana son compagnon de la nuit.
_Ça coule et j'suis toute crade, grogna-t-elle en se relevant péniblement.
_Reste cool ma jolie. On a qu'à se prendre un p'tit bain.
Ils ramassent leurs vêtements et commencent à s'éloigner, pour s'arrêter aux abords du lac. Par rapport à la végétation, on ne voit pas la rive où se trouve les autres étudiants, mais on peut voir la fumée relâchée par le feu de camps et entendre la musique et les rires de certains. Ils déposent leurs vêtements, puis entrent à l'eau. Je les entends glousser en y entrant, chahuter un peu et se bécoter par moment. Je n'avais pas vraiment prévu de me mouiller mais ce sera mieux pour faire croire à un accident. J'entends un autre groupe de jeune approcher : que des garçons. Ils se rapprochent et interpellent le garçon au côté de Sakura.
_Hey ! Hayato ! J'espère que vous n'aurez pas trop froid sans ça ! S'exclama hilare l'un d'eux en ramassant leurs vêtements.
Ils rigolent tous avant de partir en courant. Hayato réagit au bout de quelques secondes en se précipitant vers le bord pour partir à leur poursuite.
_Fais chier ! s'exclama Sakura en restant dans l'eau.
J'enlève mes chaussures et avance doucement vers elle.
_T'es qui toi ? Demande-t-elle en essayant de voir mes traits malgré la légère obscurité.
_Moi qui pensais que tu m'aurais déjà identifié…Tu me déçois Haruno, dis-je platement en entrant dans l'eau.
_Gaa…ra, bredouilla-t-elle au bout de quelques secondes en se décalant sur le côté.
_Je ne m'intéressais pas vraiment à toi, mais finalement je crois me souvenir que tu n'as pas été très loyale envers moi.
Elle tente de fuir, mais l'eau est plus profonde à son niveau, donc elle se déplace moins vite. Je me précipite pour la rattraper et elle commence à crier à l'aide. Je me jette sur elle et on se retrouve tous les deux immergés sous l'eau. On remonte à la surface pour reprendre de l'air et j'en profite pour la tenir par le bras. Elle se débat et crie plus.
_Au s'cours ! A l'aide !
Avec la musique autour, personne ne doit l'entendre. Je ne dois pas m'éterniser ici, ce Hayato peut revenir à n'importe quel moment. Je lui plonge la tête sous l'eau et la maintiens. Elle s'agite énormément mais j'ai beaucoup plus de force qu'elle. Je jette des regards furtifs autour pour m'assurer qu'il n'y ait personne. Au bout de quelques secondes, elle finit par ne plus bouger. Je la maintiens encore un peu pour m'assurer que c'est bien fini puis la lâche. Je sors rapidement de l'eau et me précipite vers mon sac. Je m'enfuie sans me faire voir et fais la route jusqu'au motel à pieds, en passant par des petits sentiers. Une fois arrivé, je prends une douche puis avale deux somnifères avant de m'allonger sur le lit. Je m'endors avec la désagréable sensation de ses mains se débattant sur moi. Je n'ai pas pu verser du sable sur son corps: son souvenir risque de me hanter les jours à venir.
POV NARUTO
Je tourne ma tête vers l'entrée de ma chambre après avoir autorisé ma mère à entrer.
_Naruto, Itachi est au salon, il voudrait te parler.
J'avais bien entendu sonner, mais je ne pensais pas que c'était lui. Je me lève et prends la direction du salon. Il est debout près d'une fenêtre et m'attends calmement.
_Salut Itachi.
Il me salue puis me demande si on pourrait discuter dehors. J'acquiesce doucement et lui indique la direction du jardin.
_Tu es sûr que tu ne veux rien boire Itachi, demanda ma mère.
_Non, merci beaucoup Kushina.
Une fois dehors, on s'installe autour de la table de la terrasse.
_J'imagine que si tu es là, c'est pour parler de Sasuke.
_Je ne me mêle généralement pas de vos affaires, mais je me fais du soucis pour Sasuke, c'est pour cela que j'aimerais que tu sois honnête envers moi. Est-ce que tu vois quelqu'un d'autre?
_Non.
_Naruto...Izumi t'a vu...
_C'était Shino.
_Vous vous êtes embrassé.
_C'était juste une mise en scène. Sur le moment j'ai trouvé ça intelligent, en me disant que si Sasuke l'apprenait, il aurait peut-être aussi mal que moi, mais c'était débile.
Je l'entends soupirer bruyamment, puis il s'appuie plus contre le dossier de son siège.
_Sasuke ne va pas très bien et tu n'as pas besoin de faire ça pour qu'il aille mal, c'est déjà le cas.
_C'est lui qui a été voir ailleurs!
_Tu devrais écouter ce qu'il a à te dire...Rien n'excuse ce qu'il a fait, mais laisse-le au moins l'opportunité de s'expliquer.
_Itachi...
Il ne me laisse pas répondre et poursuit.
_Je ne te demande pas de lui pardonner, mais de l'écouter, comme il l'a fait souvent pour toi par le passé.
Je pose mes coudes sur la table et mets mon visage entre mes mains. Je ne sais pas quoi faire. Il me fait culpabiliser maintenant. Ce n'est pas à moi de l'être!
_Je sais que c'est dur pour toi, mais je suis sûr que toi aussi tu te sentiras mieux, une fois que vous aurez mis les choses à plat.
_Je n'en suis pas aussi sûr que toi, soufflais-je.
Il se lève et se place à côté de moi en posant une main sur mon épaule.
_Je peux compter sur toi, dit-il en me fixant.
_Tu peux, soufflais-je au bout de quelques secondes.
_Merci. Je ne vais pas te déranger plus longtemps.
J'entends ses pas s'éloigner et reste quelques minutes dans le jardin à repenser à ce qu'il m'a dit. Je vais ensuite monter dans ma chambre, mais je ne vais pas trouver la force d'appeler Sasuke. Je préfère me plonger dans mes cours, pour ne plus y penser.
Je m'étire sur mon siège de bureau et regarde l'heure en entendant mon ventre gargouiller légèrement : il est 16h30. Je ferme le livre devant moi et décide d'arrêter de réviser pour aujourd'hui. J'ai revu pas mal de chose hier avec Chojiro et Ranmaru, je continuerai demain et mardi ce sera repos complet pour être d'attaque pour l'épreuve mercredi. Je fixe mon portable, puis prend la décision d'appeler Sasuke un peu plus tard. Je me lève et descends me prendre quelque chose à grignoter dans la cuisine. Mes parents y sont et ont cessé de parler dès que je suis rentré.
_Je dérange ! Vous vous disiez des choses coquines, les taquinais-je.
Normalement ma mère répondrait par une boutade et mon père me réprimanderait gentiment, mais là ils restent silencieux en gardant un air sérieux : ça ne présage rien de bon.
_Qu'est-ce qui se passe ? Demandais-je en perdant mon sourire.
Ils se regardent puis me fixent tous les deux.
_Tu te rappelles de ce qu'on a entendu aux infos ce midi, dit ma mère.
_Ben, on a entendu beaucoup de chose, répondis-je perplexe.
_On a parlé du corps d'une jeune étudiante retrouvé dans le lac.
_Ah ça, soufflais-je.
_Il s'agit de Sakura, rajouta mon père.
Je me fige à l'annonce et ne trouve rien à dire. Je suis choqué et me rappelle l'avoir vu pas plus tard qu'hier après-midi, dans un bar. Je dépose ce que j'ai en main et m'assois en tentant d'assimiler la nouvelle, mais j'ai dû mal à réaliser.
_Sakura…est morte ?
Mon père acquiesce et je reste silencieux. Je n'arrive toujours pas à y croire.
_Ça va ? Me demande ma mère.
Je la regarde un instant avant de répondre.
_Je crois….
Je ne sais même pas ce que je ressens actuellement, c'est étrange comme impression. C'est comme si la nouvelle m'avait anesthésié.
_C'est…C'est arrivé comment ?
_Il y a une enquête en cours. Tout ce que je peux te dire c'est qu'il s'agit d'une mort par noyade.
_Ok…Je…Je vais dans chambre, j'ai encore quelques révisions à faire, dis-je platement.
Ma mère allait dire quelque chose mais mon père lui fait signe de me laisser tranquille. Je monte dans ma chambre et m'allonge sur le dos. Je peine à croire que Sakura soit morte. Je ne trouve pas le courage d'appeler Ino et Shika. Au dîner, mes parents vont essayer de parler de choses banales, mais ça se voit qu'ils sont tout aussi retourné par la nouvelle.
Je n'arrive pas à dormir et regarde l'heure sur mon portable : il est minuit trente. Je soupire et me redresse en triturant mon téléphone. Cette nouvelle a occupé toute mes pensées et je n'ai pas appelé Sasuke. Maintenant, j'ai envie de le faire, mais je n'ose pas. Ça fait deux semaines qu'on s'est plus parlé et c'n'est pas vraiment une heure pour appeler. En plus, demain c'est lundi, il a peut-être une épreuve d'exam. Je dépose las, le portable sur la table de chevet et me rallonge. Je ferme les yeux, espérant trouver le sommeil, mais je les rouvre rapidement : je ne cesse de revoir le visage de Sakura lorsqu'on s'est croisé hier après-midi. Je me retourne dans mon lit et cède finalement à mon envie. Je prends mon téléphone et avant de l'appeler je décide de débloquer son numéro : sur le moment je trouve stupide de bloquer son numéro, sans doute à cause de la nouvelle de la mort de Sakura. Je l'appelle et espère qu'il réponde malgré l'heure tardive, mais malheureusement je tombe sur son répondeur. Je raccroche sans laisser de message et passe mes mains mollement dans mes cheveux. J'appuie ma tête contre la tête de lit et repense à la dernière fois qu'on s'est vu, à l'échange avec Itachi. Je sens les larmes couler, mais je ne cherche même pas à les retenir. Je ne veux pas fermer les yeux, de peur de revoir le visage de Sakura. Soudain, mon portable se met à sonner. Je sursaute légèrement et regarde le nom de Sasuke affiché à l'écran. Je me racle la gorge et réponds en m'essuyant le visage.
_Allô
_Naruto, j'ai vu que t'a appelé…C'n'est pas une erreur ? Demande-t-il incertain.
_Non…mais ça ne veut pas dire que je t'ai pardon, rajoutais-je la voix plus tremblante que je ne le voudrais.
_D'accord.
Il n'ose rien dire de plus. Je crois qu'il a senti à ma voix que j'avais pleuré, mais il n'ose pas me le demander.
_Je voulais juste savoir si tu allais bien, finis-je par dire.
_Pas trop…Surtout lorsque je t'entends pleurer à cause de moi.
_Sakura est morte et ça m'a un peu retourné.
_Ah…Je….
Il ne semble pas savoir quoi dire.
_ Je l'ai croisé samedi, et je réalise qu'on ne se croisera plus jamais…On était plus amis, mais ça me fait bizarre.
_…Vous l'avez été donc c'est normal que sa mort t'affecte un peu, dit-il calmement.
_Avant cette nouvelle j'avais envie de te faire regretter de m'avoir trompé, mais maintenant…J'ai peur d'avoir des regrets…J't'en veux toujours, mais je continue de t'aimer malgré tout…
_Je ne veux pas que tu me pardonne pour cette raison-là. Je veux que tu me pardonne réellement…Si quelqu'un doit avoir des regrets c'est moi.
_Tu m'aimes toujours ou…
_Je t'aime
_Vraiment ?
_Vraiment.
_Alors pourquoi t'as fait ça ?
_J'aurais préféré qu'on en parle de vive voix…
_Mais c'est maintenant que je veux en parler.
_Naruto, la mort de Sakura t'a secouée, je ne pense pas…
_Je suis prêt à entendre tes explications, dis-je doucement.
Il reste silencieux un court instant avant de reprendre la parole.
_D'accord.
Il se racle la gorge doucement puis continue.
_Si j'ai mis si longtemps à venir te voir ce n'était pas à cause de la masse de travail…C'est parce que j'avais honte…
_Tu veux dire que….
_que ça date de plus de trois mois.
Mes doigts se resserrent sur le téléphone mais je ne dis rien.
_Ça n'est arrivé qu'une fois…Suite à une violente dispute avec mon père. J'étais un peu chamboulé…
_Tu aurais pu m'appeler, le coupais-je.
_Je l'ai fait, j'ai même appelé mon frère, mais vous n'étiez pas disponible…Et puis je suis tombé sur Akina.
_Sas'ke...
_Laisse-moi terminer Naruto.
Je me tais, mais j'ai bien envie de lui dire qu'une dispute avec son père ne justifie pas son geste.
_J'ai dit à mon père que je voulais arrêter les études de commerce, que ça ne m'intéresse pas de reprendre ses affaires… Je n'aime pas ce que je fais, je m'ennuie. Je travaille parce qu'il le faut et non par plaisir. Il l'a très mal pris. J'avais eu l'impression qu'on s'était rapproché, donc j'ai pensé qu'il m'aurait compris, mais ça n'a pas du tout été le cas. Il m'a dit que je le veuille ou non, que c'est ce que je ferai et que si je m'engageais dans autre chose, il ferait tout pour que j'échoue, ainsi que toi. Le ton est monté, on s'est tous les deux dit des choses blessantes et je suis partie. J'avais la sensation d'être pris au piège. J'ai essayé de t'appeler, puis Itachi, mais vous n'avez pas répondu. J'ai erré un peu dans la ville et c'est là que je suis tombé sur Akina.
Mon cœur se serre, parce que si j'avais répondu, il n'aurait peut-être pas fait ça.
_Elle m'a invité chez elle et on a parlé, tout en buvant quelques bières. Je me suis senti moins seul car tout comme moi, elle faisait ses études par obligation et non par choix. On s'est compris, puis l'alcool aidant on a commencé à se faire des confidences et je ne sais comment on en est arrivé à parler du fait que je n'avais jamais encore reçu de fellations.
Je ne peux m'empêcher de renifler, en pensant qu'il ait aimé ça.
_Je n'pourrais jamais te donner ça.
_Naruto, je n'ai pas fait ça parce que j'avais envie d'une fellation…Je croyais qu'elle plaisantait au début, puis quand j'ai compris que non, j'ai essayé de l'arrêter mais j'avais bu plus qu'elle et quand…quand elle…a commencé, j'ai eu l'impression que le poids qui s'était posé sur ma poitrine depuis ma dispute avec mon père se faisait plus supportable…et je l'ai laissé faire, j'ai pas vraiment réfléchi sur le moment…C'est après que je me suis senti très mal, mais il était déjà trop tard….Quand je suis rentré chez moi, mon père savait qu'il s'était passé quelque chose entre elle et moi. Des domestiques avaient rapporté au père d'Akina que nous avions couché ensemble et il a informé mon père. Il m'a juste dit que tu ne serais certainement pas ravi d'apprendre ça, et j'ai compris rapidement ce qu'il sous-entendait.
_Ton père est dégueulasse, je savais que tu n'aurais pas du aller dans cette école.
_Je n'avais pas trop le choix, ils ne nous auraient pas laissé tranquille. Je n'aurais jamais du lui dire ça. Avant que je ne le fasse, tout allait bien. Il me disait qu'il était fier de moi, je passais plus de temps avec ma mère. J'ai vraiment cru qu'il y avait un rapprochement. J'ai eu envie d'essayer…Maintenant, l'atmosphère est plutôt tendue.
_Tu aurais dû m'en parler avant. Je ne dis pas que je l'aurais mieux accepter, mais tu aurais du m'en parler.
_J'avais honte, parce que j'ai vu par quoi tu es passé à cause de ça. Je n'osais pas venir à Konoha parce que j'avais peur que tu devines qu'il s'était passé quelque chose en me voyant. A distance c'était plus facile de faire semblant. Itachi m'avait dit de t'en parler mais je n'y arrivais pas. Akina a mal interprété le fait que je n'entre pas à Konoha et n'a pas apprécié que je la repousse, donc elle m'a dit qu'elle te dirait ce qui s'était passé…Je ne voulais pas que tu l'apprennes de sa bouche, alors je suis venu…Mais quand je t'ai vu arriver tout sourire et tellement heureux de me voir, je n'ai pas eu le courage de te le dire. Ça m'a fait du bien de te sentir contre moi, de sentir que tu m'aimais. Je ne voulais pas que tu me rejettes.
_T'aurais pas pu trouver une autre façon d'aller mieux, dis-je la gorge serrée.
_J'suis désolé…Je ne le referai plus.
_Qu'est-ce que t'en sais ? Je te l'ai dit, je ne pourrais pas te donner ça…Peut-être qu'un jour tu voudras…
_Tu es bien plus important qu'une simple fellation. J'ai été faible face à Akina car sur le moment ça a…soulagé le mal être que je ressentais, mais je me sens encore plus mal, surtout après avoir vu la douleur sur ton visage quand tu l'as su. Si tu arrives à me pardonner et à nous laisser une chance, je te promets de ne plus recommencer.
_Je ne peux pas te dire que je te pardonne maintenant...mais...je ne veux pas tout arrêter entre nous.
_D'accord, dit-il légèrement soulagé. Merci de nous laisser une chance.
Je ressens un peu de soulagement, du moins j'ai la sensation d'aller mieux qu'il y a quelques minutes. Savoir qu'il ne l'a pas fait parce qu'il l'a désirait, me soulage un peu.
_Et maintenant que vas-tu faire de tes études ? Lui demandais-je.
_Je ne sais pas trop dans quoi je veux me lancer, mais mon frère m'a dit que si je ne trouvais pas, il proposerait à père de me laisser travailler avec lui.
_Tu reviens donc à Konoha?
_Oui
Je souris légèrement à l'annonce, mais préfère ne pas m'emballer.
_Mais, si ton père ne veut pas.
_Itachi s'y prend mieux avec père que moi…Je crois que j'aurais dû lui en parler avant de le faire moi-même. Il aurait sans doute trouvé une façon subtile d'amener la chose pour que ça passe mieux.
_J'espère qu'il y arrivera et que ton père ne te créera pas trop de problèmes.
_J'espère, souffla-t-il.
_Sas'ke…je sais qu'il est tard, mais tu voudrais bien qu'on parle jusqu'à ce que je m'endorme.
_Je veux bien.
_J't'ai même pas demandé si t'avais pas un exam demain, m'empressais-je de dire en pensant que lui aussi était en pleine période d'exam.
_Non, je n'ai pas d'épreuve demain.
_Ah, tant mieux alors.
On va discuter un peu, en mettant nos téléphones sur haut-parleur, mais épuisé, je finirais par m'endormir en premier.
~~o~~
La semaine d'exams est terminée. Mes parents et moi venons de quitter la maison des Haruno. Le trajet en voiture se fait en silence. Je me rappelle de son visage serein dans son cercueil et même si elle a été cruelle envers moi, ça me rend triste. J'ai croisé Ino, qui m'a demandé de venir demain à l'enterrement. Je ne pensais pas y aller. J'ai été à la veillée de ce soir parce que je voulais faire mes adieux. Sakura ne m'appréciait plus donc je ne me sentirais pas trop à ma place à cette cérémonie.
Je sursaute en sentant mon portable vibrer dans ma poche : c'est un message Sasuke.
« Ça a été ? »
« Oui »
« On s'voit toujours demain ? »
« Oui »
« Ok. A demain. Je t'aime. »
Depuis notre conversation du dimanche soir, ou plutôt du lundi matin très tôt, on s'est appelé tous les jours. Il me le dit à chaque fois, comme lorsque nous commencions à sortir ensemble. Il est arrivé ce soir, mais comme je me rendais à la veillée de Sakura, on ne s'est pas vu.
« Moi aussi »
~~o~~
Je sors du laboratoire où j'ai obtenu un petit job d'été et m'avance vers Shino qui m'attend sur un banc à l'extérieur. On va déjeuner avant d'aller au ciné.
_C'est la première fois que je finis mon bol de ramen avant toi!
Je relève les yeux vers Shino et le vois pousser son bol vide sur le côté.
_Ben, faut croire que t'étais vraiment affamé, rétorquais-je.
_C'est pas ton cas, à ce que je vois, dit-il en désignant mon bol.
Je soupire et dépose mes baguettes. Je ne pense pas que je pourrais avaler quoi que ce soit.
_J'ai peur que le père de Sasuke réussissent à nous séparer.
_Il ne reste plus à Konoha?
_Oui, mais Sasuke n'a pas respecté leur accord, donc il n'a pas à le faire non plus.
_Tu aurais du tomber amoureux de Chojiro, ça aurait été plus facile.
_Dit pas de bêtise, soupirais-je.
_Tu lui a pardonné.
_J'en sais rien. Je suis toujours un peu confus.
_Pour le moment son père n'a encore rien fait, donc autant te préoccuper que de vous. Pour le reste tu verras bien lorsque ça arrivera.
J'allais lui répondre mais je m'abstiens. J'ai de nouveau la sensation d'être épié et sens un frisson désagréable m'envahir. Je passe nerveusement mes mains sur mes bras et regarde un peu autour de moi.
_Ça va?
_Non. C'est bizarre...Je me sens parfois angoissé, épié...comme à l'époque de...Gaara. Cette sensation est de plus en plus fréquente.
_T'en as parlé à tes parents?
_Non. J'ai été voir Hirotoshi. Il m'a dit que mes angoisses avaient probablement refaits surface par rapport à la trahison de Sasuke et que la mort de Sakura avait certainement contribué à accentuer ce ressenti.
_Ça n'a pas l'air de te rassurer.
_T'inquiète pas, je tire toujours une sale tronche quand je pense à Gaara, dis-je avec légèreté pour le dérider un peu.
Il a tendance a devenir très soucieux envers moi concernant le sujet Gaara.
_Ça faisait longtemps que tu n'avais pas parlé de Gaara. Même si ce n'est qu'une sensation, tu devrais en parler à tes parents. Ma grand-mère paternelle disait que certaine personne avait une aura tellement noire qu'on pouvait sentir leur présence sans même les voir.
_Tu n'aurais pas pu trouver mieux pour me rassurer.
_Désolé, je veux pas t'effrayer, mais ...
Je ne lui laisse pas dire davantage et lui coupe la parole.
_Ça fait plus de quatre ans Shino. Je crois que Gaara est passé à autre chose. Je ne suis pas le centre du monde quand même, dis-je en tentant de paraître serein.
_Sois quand même prudent Naruto.
_Oui, je le serai. On va se faire ce ciné? M'exclamais-je pour changer de sujet.
On s'en va, après m'être excusé auprès de Teuchi de ne pas avoir fait honneur à son plat. En allant au cinéma, on passe devant la boutique de fleurs des parents d'Ino. Elle y travaille et je décide d'aller la saluer pendant que Shino part acheter nos places.
Je me fige en voyant Kiba se replacer devant le comptoir. Ino est toute rouge. J'ai l'impression d'avoir interrompu quelque chose.
_Salut Naruto! S'exclama-t-elle un peu gênée.
_Salut...Je passais juste te dire bonjour, articulais-je en gardant les yeux rivés dans ceux de Kiba. J'vais pas te déranger plus longtemps...
_J'allais partir, déclara Kiba en faisant un pas dans ma direction.
Ino l'observe un peu, puis il se dirige vers la sortie sans me lâcher du regard. Il passe à côté de moi, puis quelques secondes plus tard j'entends la clochette de la porte d'entrée.
_Tu m'en veux? Demanda Ino.
_Pourquoi je t'en voudrais.
_Je ne t'ai rien dit pour nous deux.
_Tu as certainement tes raisons, répondis-je simplement.
_Tu sais, il n'est plus aussi immature qu'avant. Il a beaucoup changé.
_Pas en ce qui me concerne en tout cas
_...C'est vrai qu'il a encore du mal avec l'homosexualité, mais je sais que ton amitié lui manque beaucoup.
_Ça saute aux yeux, dis-je ironiquement.
_Je suis sérieuse Naruto.
_Ino, je veux bien te croire quand tu me dis que Kiba a mûri. Avec toi, je pense que c'est une bonne personne, mais avec moi les choses sont différentes. Kiba et moi, nous ne nous parlons plus depuis plus de quatre ans. Les fois où on s'est croisé dans la rue, il a changé de trottoir et à l'instant, il ne m'a même pas salué, alors ne me dit pas que mon amitié lui manque.
_Tu lui en veux toujours?
_Non. Je suis passé à autre chose depuis bien longtemps.
_Si...Si un jour il souhaite de nouveau être ton ami, tu accepteras?
_Pourquoi m'interroger sur quelque chose qui n'arrivera pas?
_Tu sais, quand j'ai appris pour la mort de Sakura, j'ai été très triste. Plus que je ne le pensais. Parfois, notre amitié me manquait. Je la voyais déambuler dans la rue avec ses nouvelles amies, l'air fière, mais j'apercevais au fond de ses yeux beaucoup de tristesse. Par moment, j'avais envie qu'on se reparle, qu'on partage des choses ensemble comme quand on était au collège, mais je n'ai jamais été lui parler. Je n'ai jamais vraiment cherché à savoir ce qui avait provoqué un tel changement au lycée. Je regrette de ne pas l'avoir fait. Peut-être que les choses auraient été différentes.
_Ou peut-être pas.
Elle me scrute un instant et semble hésitante.
_Quand j'ai discuté avec Mebuki, après les funérailles, elle m'a fait part du mal être de Sakura. Elle m'a dit que Sakura éprouvait de la jalousie envers nous, surtout envers toi, rajouta-t-elle en me regardant. Une jalousie maladive, qui l'a poussé à te faire du mal.
_Ino, je ne tiens pas à parler de ça.
_Sakura a passé quelques mois dans un centre. Je me suis toujours demandé pourquoi? J't'avais même demandé à l'époque si tu savais quelque chose, mais tu m'as répondu que non. Mebuki ne m'en a pas dit davantage, jugeant que ce n'était pas à elle de m'en parler. Naruto, qu'est-ce...
_Sakura est morte maintenant...Ça ne te rapportera rien de savoir ce qui s'est passé.
_Je ne vais pas t'obliger à me raconter ce qui s'est passé, mais je ne veux pas que ton amitié avec Kiba se termine comme la mienne avec Sakura. Je n'ai pas osé aller vers elle...
_Je ne le ferais pas Ino.
_Naruto...
_Je l'ai fait une fois et ça s'est terminée en bagarre et insultes.
_Il a changé depuis.
_Tant mieux alors. Qu'il vienne donc s'excuser.
_Kiba est quelqu'un de fier...
_Sasuke l'est davantage et ça ne l'empêche pas de me demander pardon quand il a fauté!
Un client entre dans la boutique et nous salue en demandant à Ino le magazine de la boutique pour feuilleter.
_J'vais y aller, Shino m'attend.
_Naruto, pense à ce que je t'ai demandé.
_Ino, tu fais ce que tu veux avec Kiba, mais n'attends rien de ma part. Si quelqu'un doit faire un pas vers l'autre, c'est bien lui.
_Naruto...
_Ne me redemande plus ça.
_Excuses-moi.
Je quitte la boutique et me rends rapidement au cinéma.
_Tiens ton ticket, me dit Shino.
_Finalement c'n'est pas ce qu'il me faut cette aprèm. J'ai besoin d'un film qui me fasse oublier mes soucis et le seul film à l'affiche capable de cet exploit c'est celui-là, dis-je en désignant l'une des affiches.
_Euh...Tu n'as jamais été très friands des films d'horreur.
_Mais c'est ce qu'il me faut actuellement.
_Ok, dit-il hésitant.
Je vais ensuite regretter d'avoir pris cette décision. Je ne vais pas dormir de la nuit, mais au moins, ça n'a pas été à cause de mes soucis.
POV GAARA
Je suis resté malade pratiquement une semaine après ma baignade forcée dans le lac. Avoir marché, tout trempé en plein nuit m'a fait attraper la crève. Mon manque de sommeil ne m'a pas aidé à me rétablir rapidement, mais aujourd'hui ça va mieux. Je me rends en ville dans un magasin pour acheter quelques bricoles pour mes retrouvailles avec Naruto. J'entends deux clientes parler de la famille Haruno. De ce que j'ai compris son enterrement a lieu aujourd'hui. Je paie mes achats, puis les range dans mon sac. Je me rends ensuite dans le quartier de Naruto. Lorsque j'approche de sa maison, je remarque une voiture que je ne connais pas. Je ralentis le pas et avant que je n'arrive à hauteur de la voiture, je le vois sortir de sa maison en compagnie d'Uchiha. Après avoir fermé la porte, ils se dirigent tranquillement vers la voiture. Je les regarde s'éloigner et garde mon calme car je sais qu'un jour, ma patience paiera. Je ne me rendrai plus au motel. Je passerai les jours suivants à surveiller les allées et venues de Naruto. Il sort tous les jours : le matin il part avec un de ses parents ou prend le bus s'ils ne sont pas là, et il se fait ramener pratiquement en milieu voire en fin d'après-midi par Uchiha ou Aburame. Comme ce sont les vacances, il y a un tas de gamins qui grouillent dans le quartier.
"Tu dois agir aujourd'hui. Je ne peux plus attendre"
Je vois sa voisine revenir chez elle. Je regarde autour de moi pour vérifier que personne ne fait attention à moi, puis m'approche de la maison. Je la contourne puis me cache derrière un buisson. Quelques minutes plus tard, j'entends la porte de la cuisine s'ouvrir et la vois s'asseoir sur une chaise de sa terrasse, un téléphone à son oreille. Elle discute avec quelqu'un. Le seul vis-à-vis qu'elle a, c'est les Namikaze et ils ne sont pas là. J'attends qu'elle termine sa conversation, ce qui prendra une demi-heure. Elle se lève pour rentrer, mais je m'avance rapidement vers elle et l'assomme. Je la traîne à l'intérieur puis l'attache solidement dans l'une des chambres de la maison.
Je ressors de la maison, puis interpelle un gamin sur son vélo.
_Qu'est-ce que vous voulez ? Me demande-t-il.
_Tu connais Naruto Namikaze.
_Oui, il habite juste là, dit-il en pointant du doigt la maison des Namikaze.
_Je sais.
_Ben, pourquoi tu me demande ça?
_Je suis un vieil ami à lui et je voudrais lui faire une surprise. Sa voisine a accepté de m'aider, en me laissant sa maison, mais il me faudrait un messager.
_Je ne fais rien gratuitement.
_Tu iras très loin dans la vie petit, dis-je en ôtant quelques billets de ma poche.
_T'es pas le premier à me dire ça, dit-il souriant en voyant les billets.
_Quand Naruto arrivera, invente quelque chose de crédible pour qu'il se rende chez sa voisine.
_D'accord, s'exclama-t-il en prenant l'argent.
_Et ne dis rien à personne, compris.
Il secoue la tête en guise de réponse et je m'éloigne pour rentrer de nouveau dans la maison de la voisine. Je monte dans la chambre où je l'ai installé: elle n'a toujours pas repris connaissance. Je reste debout près de la fenêtre et guette l'arrivée de Naruto.
~~O~~
Il arrive. Je le vois depuis la fenêtre de la chambre de sa voisine. Un geignement attire mon attention et je jette un regard derrière moi. Elle se réveille et panique en remarquant qu'elle est bâillonnée et ligotée sur son lit. Je me rapproche d'elle et la menace pour qu'elle se calme. Je retourne ensuite à la fenêtre et constate que Naruto discute avec Aburame. Il ne porte pas la même tenue que ce matin. Il a un short orange, un débardeur blanc et il porte une serviette de bain autour du cou. Ils ont certainement été se baigner quelque part. Au bout de quelques minutes, ils se saluent puis Aburame s'en va. Je ne le quitte pas des yeux, jusqu'à ce qu'il rentre chez lui. Comme je le lui ai demandé, je vois le gamin se diriger vers la porte d'entrée et sonner. Naruto lui ouvre au bout de quelques secondes, et le gamin lui parle. Il récupère ses clés, puis sort en fermant la porte. Le gamin juste derrière lui me fait un signe, content de lui. Il s'en va et Naruto se dirige vers la maison de sa voisine. Je le vois regarder sa montre rapidement et emprunter la petite allée menant au perron de la maison. Je descends les escaliers doucement mais mon cœur bat à vive allure. Je sens l'adrénaline monter et je souris en entendant la sonnerie de la porte. Une fois devant celle-ci, je sors de ma poche le couteau de combat qu'Hanzo m'avait offert pour ma première victoire et pose une de mes mains sur la poignée. Etre si proche du but m'excite beaucoup. J'ouvre brusquement la porte et l'attire à moi rapidement. Notre étroite proximité éveille davantage mes sens, et une douce chaleur se diffuse dans mon bas ventre.
_Si tu cries, ce couteau ne fera pas qu'effleurer ton corps, murmurais-je près de son oreille.
Je souris en sentant son corps se tendre contre moi. Je me rapproche un peu plus, donnant l'impression à quiconque nous verrait, qu'on ne faisait que s'enlacer et hume son odeur. Sa peau se recouvre de chair de poule et l'envie irrépressible de plonger dans ses yeux azurs s'empare de moi. Je resserre mon étreinte et lui fais face. Il est encore sous le choc. Après tant d'années, il ne devait sans doute pas s'attendre à me revoir un jour.
_Je savais qu'un jour tu serais à moi Naruto.
Mon sourire s'agrandit en voyant son visage pâlir et l'angoisse luire dans ses yeux.
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu 😉 !
A pistache !
HanaS.
