Titre : Entre deux mondes

Auteur : Mokoshna

Fandom : Harry Potter

Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING

Rating : PG-13

Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)

Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.


25- Classique

Le domaine français des Malefoy se situait à l'est de Paris, dans une région où les châteaux constituaient l'essentiel du paysage avec les champs de betteraves. Vu du ciel, c'était assez étrange de voir les figures géométriques que constituaient ces champs côtoyer les vastes bâtiments en pierre, même si cela avait un certain charme.

Scorpius lui offrit des chocolats au gingembre.

– Ils sont empoisonnés, eux aussi ? fit Al avec un sourire en coin.

Scorpius en mit un dans la bouche.

– Non.

– Ça ne signifie rien. Tu pourrais être immunisé.

– Si tu as tellement peur pour ta vie, que fais-tu avec moi ?

– Chacun est libre de ses choix, je suppose, dit Al en riant.

Il mangea un des chocolats, le trouva immonde et délaissa les autres.

– Beaucoup de mes amis et toute ma famille me diraient que j'ai fait le mauvais choix.

– Même tes amis de Serpentard ?

– Ce ne sont pas vraiment mes amis. Mais j'ai comme le sentiment qu'ils seront plus proches de moi dans les années à venir que le seront mes vrais amis. Tu ne crois pas ?

Scorpius regarda le paysage.

– Je ne te comprends pas.

– Ah ?

– Tu as tout ce que la plupart des élèves désirent : des parents célèbres et riches, avec une certaine influence dans le monde magique, une famille aimante, des amis qui te sont fidèles. Et tu jettes tout ça pour rejoindre un garçon que tu connais à peine, dans un endroit où tu devras sans doute lutter pour rester en vie ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

– Ah, donc tu admets qu'on va essayer de me tuer.

Scorpius lui lança un regard irrité.

– Ne fais pas cette tête, dit Al. La vérité, c'est que je ne le sais pas moi-même.

Il soupira.

– En plus, par ce comportement, je vais encore plus m'aliéner mes parents. Mes amis se sentiront trahis et ils se sauront pas se comporter en face de moi, si jamais ils me retrouvent et réussissent à me ramener.

– Alors pourquoi ?

– Je ne sais pas. J'avais peut-être quelque chose à prouver, qui sait.

– Quelque chose à prouver ?

– Je veux voir jusqu'où cette folie peut m'amener. Il est peut-être déjà trop tard pour me sauver.

– Ça ne me dit toujours pas qui tu es. Quelqu'un de bien qui a été entraîné par les événements ou quelqu'un de mauvais qui leur force la main ?

– Aide-moi à le découvrir, s'il-te-plaît.

– C'est une drôle de requête. Pourquoi moi ?

– Pourquoi pas ?

– Pourquoi moi et pas l'un de tes nombreux amis ? Ou l'un de tes parents, ou de tes oncles et tantes qui ont plus d'expérience et qui ont connu le pire de la guerre ?

– Je ne peux pas leur faire ça, chuchota Al.

– Tu préfères donc l'imposer à un garçon que tu n'apprécies pas ?

– Qui t'a dit que je ne t'appréciais pas ? C'est même tout le contraire.

Scorpius détourna la tête, mais pas suffisamment puisqu'Al vit qu'il s'était mis à rougir. Voilà au moins une chose qu'il n'arrivait pas à contrôler. C'était mignon.

– Tu devrais trouver le moyen de te débarrasser de ça, dit-il en enfonçant un doigt dans sa joue. Ça risque de te désavantager si tu rougis à chaque fois que tu es gêné.

– Je ne rougis pas à chaque fois que je suis gêné.

– Pourtant, ça fait la deuxième fois avec moi.

– C'est... différent avec toi.

– Ah bon ?

– Je ne laisse pas tout le monde m'embrasser comme tu le fais, dit Malefoy avec une pointe d'énervement dans la voix.

Enfin, une réaction. Al en fut ravi.

– Donc tu en laisses certains ? Et de toute manière, personne n'embrasse comme moi vu que je suis moi et personne d'autre ne l'est. Enfin, je ne crois pas.

Scorpius lui jeta un regard noir.

– Ça t'amuse tant que ça de me contrarier ?

– Tout à fait. C'est gênant ?

– Père croit que nous sommes amants.

– Et ce n'est pas le cas ?

– Nous n'avons que quatorze ans ! Et puis, tu es...

Il sembla chercher ses mots.

– Tu as du succès, non ? finit-il par dire. Tu t'es trouvée une copine en une semaine.

– C'était juste une mise en scène. Elle n'est pas du tout amoureuse de moi.

– Tout le monde disait que tu sortais avec Rose Weasley.

– Tout le monde avait tort. Pourquoi est-ce que je voudrais sortir avec ma cousine ? De toute façon, à l'heure qu'il est, elle ne voudrait pas de moi. Elle a plus de raison que toi, tu sais.

– Ne m'insulte pas, Potter !

– Ne me sous-estimes pas, Malefoy, répondit Al sur le même ton. Tu me prends pour qui ? Un immonde coureur qui te trompera avec le premier joli minois dès que l'occasion se présentera ?

Il éclata de rire.

– Je suis peut-être étrange, mais question affinités amoureuses, je pense être un classique monogame. Ça doit être l'influence de mes parents.

Cette fois, Scorpius rougit violemment, sans prendre la peine de le cacher. Al le serra contre lui.

– Comme tu es mignon !

– Ne te moque pas de moi !

Scorpius le repoussa.

– Il est hors de question que je devienne ta chose. Je n'ai peut-être pas très bien saisi ce que tu es vraiment ni ce que tu veux, mais une chose est sûre : je ne peux pas te faire confiance.

– C'est déjà ça de gagné.

– Je t'accepte dans ma vie, insista Scorpius. Mais si jamais je vois dans mes rêves que tu vas nous faire du mal, à moi ou à mon père, ce sera fini.

– Qu'est-ce qui te fait dire que notre rupture n'amorcera pas ce que tu auras rêvé ?

– Toi non plus, ne me sous-estimes pas. N'oublie pas qui est ma mère.

Al secoua la tête.

– Je ne l'oublie pas, ne t'inquiète pas. Tant qu'on en parle, des nouvelles de ta mère ?

– Elle a contacté mon père pour lui proposer un marché. Il l'aide et on oublie tout.

– Charmant.

– Père est furieux.

– J'imagine. Il compte accepter ?

– Je l'ignore. Il a bien retenu sa leçon lors de la dernière guerre. Il est en train d'en discuter avec grand-mère. Je crois qu'elle va lui dire de rester en bons termes avec ton père.

– Ils n'ont jamais été vraiment en bons termes. C'est juste que ces dernières années, ils ne se lançaient pas de mauvais sorts dès qu'ils se voyaient.

– C'est déjà pas mal, quand on voit le passé de nos deux familles.

– Et quand on voit l'avenir, on ne peut que trembler.

Scorpius se tordit les mains.

– Je serai à tes côtés, dit-il sur un ton solennel. Que ce soit pour réaliser ce que j'ai vu dans mes rêves ou autre chose. J'en ai décidé ainsi.

– Tu es sûr de ne pas faire le mauvais choix ?

– Au moins autant que toi. Je pense. Grand-mère Narcissa ne t'aime pas.

– Tu lui as raconté tes prophéties ?

– Oui. Elle pense que tu es le prochain Tu-Sais-Qui.

– Elle te l'a dit ?

– Oui.

Al éclata de rire.

– Ah, au moins elle a le courage de le dire tout haut. Mes parents le pensent aussi mais ils n'osent pas en parler. Ils doivent se dire que tant que personne ne le fait remarquer, ça n'arrivera pas.

– C'est un peu tard pour ça.

– À cause de ta grand-mère.

– Non, bien avant.

– Quoi ?

– Ça fait des années qu'il y a des rumeurs qui circulent sur toi.

– Je ne le savais pas.

– On n'ose pas en parler devant toi ou un membre de la tribu Potter-Weasley, mais si. Ça a commencé quand tu es arrivé en première année.

– Ah oui, évidemment.

– Mais ce n'est pas tout. Mon père m'emmenait quelquefois dans l'Allée des Embrumes. J'ai déjà entendu ton nom cité, même si les détails étaient flous.

– Si toi tu as entendu des rumeurs sur moi, je n'ose même pas imaginer ce que mon père a dû trouver. Dire qu'il faisait comme s'il ne savait rien ! Quoique, il faisait peut-être semblant. Ou alors il essayait de ne pas prêter attention aux rumeurs. C'est tout lui, ça.

– Il aurait dû le faire.

– Non, c'est pas son style. Quand il était plus jeune, on a raconté tout un tas d'immondices sur lui, alors depuis il ignore les rumeurs et préfère se faire sa propre idée.

– Ça a l'air d'être quelqu'un de bien.

– Il l'est. C'est un homme, un époux et un père extraordinaire.

– Sauf quand il s'agit de toi.

– Je ne suis pas un bon fils. Un bon fils lui obéirait et n'irait pas se compromettre avec le rejeton d'un ancien rival. Un bon fils n'agirait pas comme un psychopathe.

– Tu es un psychopathe ?

– Qui sait. Je n'ai encore tué personne, au moins.

Le visage de Malefoy se rembrunit.

– Qu'est-ce qui t'en empêche ?

– Principalement ma famille. Je les aime.

– Vraiment ?

– Oui.

Ils sentirent une secousse à cet instant. Le carrosse s'était posé.