Bonjour à tous !
Voici le chapitre suivant, un peu plus long que la normale.
Bonne lecture à tous!
Disclaimer : Naruto est à Masashi Kishimoto, Le Seigneur des Anneaux est à J.R.R. Tolkien.
Chapitre 25 : La libération de Theoden
Après le départ d'Eomer, les membres du groupe des quatre compagnons se sentaient soudainement abattus.
Sakura était assise derrière Aragorn, tandis que Legolas chevauchait avec Gimli, mais le cœur n'y était plus. C'est comme si leurs estomacs avaient été remplis de plomb, les dégoûtant d'eux-mêmes, les rendant encore moins capables d'avancer vers le sinistre champ de bataille.
Ils poursuivaient leur chemin en direction de la colonne de fumée noire qui s'élevait à l'horizon, chaque pas leur semblant plus difficile, comme s'ils craignaient de découvrir une terrible réalité.
L'odeur devenait désormais clairement perceptible, à mesure qu'ils avançaient vers l'incendie. C'était une fumée âcre et piquante, chargée du gout de la cendre et du métal, les prenant à la gorge. C'était une odeur abominable, chargé de mort et de défaite qui s'amplifiait jusqu'à ce qu'ils arrivent au niveau de la source. Sur place, les membres de la Communauté découvrirent un sinistre charnier.
Une tête d'ourouk-hai était plantée sur une pique, servant d'avertissement à toute créature qui se trouverait sur le chemin des cavaliers. L'expression désormais figée sur le visage ensanglanté de l'orque indiquait qu'il mugissait de colère au moment ou une lame experte lui avait ôté la vie.
Le tas de cadavre exhalait une odeur putride, celle des corps en sueur incinérés et dont les restes calcinés dégageaient une pestilence nauséabonde. L'elfe au fin odorat se fit violence pour ne pas vomir, alors que Sakura se couvrait le nez de son ample manche, dissimulant son malaise.
Gimli utilisa sa hache pour fouiller dans l'amas noirci, laissant des cendres se disperser aux vents. Il cherchait un signe, une preuve de la mort des hobbits, lorsqu'il trouva une chose inhabituelle dans la main d'un orque. Aucun des monstres de Saroumane ne disposerait d'une élégante ceinture finement forgée et représentant des végétaux.
- C'était une de leurs ceintures, fit-il en montrant l'objet, alors que ses yeux indiquait qu'il ne pouvait pas y croire.
- On les a abandonnés, gémit Sakura.
Aragorn poussa un cri de rage et donna un violent coup de pied dans un casque de métal qui trainait au sol. Il ne sentit même pas la douleur, s'effondrant à genoux alors qu'il frappait le sol d'un poing rageur.
Encore des morts, songea la ninja. Cela n'en finirait-il donc jamais ? Pourquoi fallait-il que ce soit les deux amusants hobbits qui perdent la vie dans un combat les dépassant ?
Aragorn toucha l'herbe sous ses jambes, constatant une chose étonnante. Les brins d'herbe étaient encore pliés, sur une cinquantaine de centimètres, l'empreinte était trop petite pour avoir été causée par un ourouk allongé. Le rôdeur en tira rapidement une conclusion logique.
- Un hobbit était allongé ici … et un autre là, découvrit-il en suivant la piste laissée par de maigres traces dans les herbes encore pliées.
Le rôdeur était un excellent traqueur, à l'intelligence redoutable. Grâce à ses capacités tonnantes, il reconstituait avec une grande exactitude les événements s'étant déroulés durant la nuit. Ses yeux affutés repéraient le moindre indice, comme par exemple la corde coupée, qui était enfouie sous l'herbe piétinée par les chevaux, le couteau utilisé s'avérant être une dague de métal gondolé qu'on trouvait à quelques centimètres.
- Leurs traces s'éloignent du combat, poursuivit Aragorn avec une excitation grandissante, tandis qu'il trouvait de nouveaux morceaux de cordes et des empreintes de pas. Et ils se dirigent vers la forêt de Fangorn.
Sa voix s'était faite plus craintive à la fin, comme si cette forêt pouvait receler des choses qui s'avéraient plus dangereuses que les orques.
La forêt était très vieille, le couvert végétal d'un vert plutôt sombre s'étendait à perte de vue. Les arbres étaient tous tordus et noueux, comme s'ils avaient été soumis à de nombreux vents contraires qui avaient tordu les branches durant de longues décennies. Il semblait également se dégager une force étrange de cette forêt, une aura de sagesse et de puissance vénérable, qui attendait son heure.
Il en exhalait aussi une autre impression, plus écrasante celle-ci. Legolas la ressentit durement, puisqu'il regarda la vieille forêt et trouva que les murmures échangés, qui circulaient entre les branches, étaient emplis de colère.
Le groupe s'enfonça dans les bois, suivant les traces de pas de Merry et de son cousin Pippin. Gimli repéra un liquide noir qui formait de fines trainées sur les feuilles mortes et aperçut une goutte encore humide sur la feuille d'une fougère.
- Du sang d'orque, fit-il avec dégoût, lorsqu'il identifia la substance qui n'avait pas fini de coaguler.
Les traces des deux hobbits disparaissaient alors, remplacées par d'autres qui devenaient plus étranges. Elles ressemblaient à de gros nid-de-poule qui semblaient avancer d'une façon relativement humanoïde.
Legolas était aux aguets, regardant sans cesse autour de lui, lorsqu'il intima à tous l'ordre de se baisser. Ses sens aiguisés lui avaient permis de repérer une silhouette errant dans les arbres.
Il avait vu, durant un instant si bref qu'il en eut un doute, la présence d'un vieillard. L'individu suspect était enroulé dans une cape, dont le capuchon masquait les traits. L'homme qui errait, entièrement vêtu de blanc, portait un long bâton de bois à la main.
- Qui-est-ce ? chuchota Aragorn. On dirait que c'est … Saroumane ?
L'elfe aux yeux perçants hocha silencieusement de la tête, alors que Gimli resserrait sa prise sur sa hache et qu'il se préparait à porter le premier coup. Le vieil homme avançait dans leur direction et il ne serait bientôt plus le moment de se demander quoi faire à son sujet.
- Ne le laissons pas parler, chuchota l'elfe qui encochait une flèche, il nous jetterait mauvais sort.
Lorsque le vieillard arriva, il émit une lueur si aveuglante que Gimli lâcha sa hache pour se couvrir les yeux. La flèche de l'elfe prit feu et se transforma en cendres, tandis que les poignées des épées des deux bretteurs se mirent à chauffer de façon insupportable.
En quelques secondes, les quatre guerriers se retrouvèrent désarmés devant cet inconnu qui n'avait pas l'air d'avoir mis beaucoup de force dans son attaque.
- Montrez vous, ordonna le rôdeur qui n'était pas en position de marchander, alors que Sakura se préparait à attaquer, si ce vieillard tentait le moindre geste.
- Je suis Saroumane, commença t-il d'une voix grave, ou plutôt, Saroumane tel qu'il devrait être.
Le vieillard s'avança encore, laissant l'aveuglante lueur qui nimbait son visage disparaître, pour montrer ses traits familiers.
A cette vue, tous tombèrent des nues, ne croyant pas le miracle qu'ils avaient devant eux. Passé la stupeur, ce fut une joie incroyable et un brusque sentiment d'espoir les gagna
- Gandalf ? s'écria Aragorn. C'est impossible, vous êtes tombé !
- J'ai fait, répondit le sorcier blanc, mais je reviens vers vous en ces heures sombres. Je me suis battu contre le Balrog de Morgoth, depuis les eaux souterraines jusqu'au plus haut sommet. Notre combat fut terrible, jusqu'au moment ou je terrassais mon ennemi qui se brisa contre le flanc de la montagne. Ensuite, j'ai dérivé dans un long sommeil ou tout était entouré d'étoiles scintillantes. Chaque seconde me semblait plus longue que l'existence, mais ce n'était pas la fin.
- Vous … vous êtes mort ? demanda Sakura avec des yeux écarquillés. Avez-vous été ramené par nos ennemis ? Etes vous … un Edo Tensei ? demanda t-elle avec un frisson.
- Ce sont les Valar qui m'ont ramené à la vie, car ma tache en ce monde n'était pas terminée. C'est un pouvoir qui dépasse l'entendement même de Sauron, il ne peut rien contre cette volonté. Dites-moi, Sakura, qu'est-ce donc que cet Edo Tensei que vous avez mentionné à l'instant ?
- C'est une technique interdite, répondit la ninja soulagée de voir que le mage était libre de tout contrôle. Elle permet, en échange d'un sacrifice humain, de ramener un mort à la vie. La personne revient avec tous ses souvenirs et ses habiletés, mais est totalement soumise aux ordres de l'invocateur. Le fait que leurs corps peuvent se régénérer tant que l'invocateur est en vie permet d'utiliser ces pantins comme des boucliers et des armes redoutables. J'avoue que je n'aurais pas du tout aimé devoir vous affronter si ça avait été le cas, finit-elle avec sarcasme.
Le magicien ferma les yeux l'espace d'un instant, le temps de chasser le dégoût qui l'avait envahi.
- Sur une autre note, je sais que vous étiez à la poursuite de deux hobbits. Vous serez soulagés de savoir qu'ils sont en sécurité auprès d'un de mes amis. Je les ai confiés à la garde de Sylvebarbe, un Ent de mes amis. Cela vous rassure t-il ?
Un hochement vigoureux de la part de Legolas fit sourire le mage. Le prince savait que les arbres gardiens ne s'attaquaient qu'aux ennemis des forêts et que Gandalf était l'un de leurs amis.
- Par contre, poursuivit Legolas, Frodon est parti directement vers le Mordor. Il nous a laissés derrière, mais fort heureusement, Sam est avec lui.
Les yeux du magicien pétillèrent légèrement, alors qu'un sourire naissait dans sa barbe immaculée.
- Vraiment ? chuchota t-il pensivement. Si c'est le cas, c'est très bien.
- Voila une chose qui n'a pas changé, ajouta Gimli. Vous parlez toujours par énigmes.
Le magicien eut un sourire, alors qu'il s'appuyait sur son bâton afin de quitter la forêt. Il guidait de nouveau la Communauté, comme au début de leur périple. Il les ramena rapidement hors de Fangorn, alors que le nain n'était pas fâché de partir de la futaie.
- Au moins, marmonna Gimli, nous quittons cet effrayant endroit humide et plein d'arbres …
Un grondement chuchoté entre les végétaux et porté par le vent, l'incita à changer sa formulation.
- Je voulais dire, cette très charmante forêt ! ajouta t-il à l'adresse des vieux arbres qui semblèrent satisfaits.
Quand il atteignit enfin l'orée, Gandalf siffla quelques notes et un hennissement répondit aussitôt à son appel. Un splendide cheval au poil aussi blanc que le manteau du mage fit son apparition, galopant avec une telle légèreté qu'il semblait glisser sur la plaine aux herbages brillants.
- C'est un des Mearas, constata l'elfe, à moins que mes yeux ne soient abusés par quelque sortilège.
- Il se nomme Gripoil, expliqua Gandalf, c'est le seigneur de tous les chevaux. Il nous conduira vite vers notre prochaine destination.
La kunoichi se renfrognait discrètement. Elle qui n'aimait pas trop devoir monter sur ces grands animaux, savait qu'elle allait passer un sacré moment sur ces canassons. Après tout, le Rohan n'était pas surnommé le « pays des seigneurs des chevaux » pour rien.
- Legolas, interpella t-elle après deux heures de route, quel est cette étincelle brillant là-bas au loin ?
L'elfe regarda la direction pointée par l'index de la femme aux cheveux roses et décrit ce qu'il vit.
- Il y a une grande ville, bâtie sur une large colline. Elle est ceinte d'épais murs de pierre et d'une palissade. De nombreuses maisons aux toits de chaume y sont protégées, toutes décorées de motifs équestres. Au sommet, surplombant toute la plaine, il y a un grand bâtiment aux allures de palais. D'ici, on croirait que les portes, les montants et les toits sont couverts d'or.
- Cette ville, c'est Edoras, expliqua le guide. Quant au château, c'est Meduseld, la demeure du roi Theoden. C'est notre destination, mais n'espérez pas un bon accueil.
- Rappelez moi, Aragorn, chuchota discrètement Gimli en montrant Legolas du coin de l'œil, quelle est la dernière fois que nous avons été bien accueillis par des alliés ?
Les cinq cavaliers avaient traversé rapidement toute la plaine, avant d'atteindre le grand porche qui marquait l'entrée de la ville. Les soldats en armes les arrêtèrent immédiatement, pour connaître leurs raisons de pénétrer dans la capitale. Après d'âpres négociations habilement conduites par Gandalf, les hommes d'armes avaient accepté de les laisser entrer. Ils avaient également obtenu une audience auprès du roi, comme Gandalf le demandait, malgré les réticences malvenues de ces soldats. Sakura se demanda comment le mage s'y était pris pour les persuader, avant de se souvenir qu'elle pouvait également manipuler les gens par genjutsu.
Les cinq cavaliers se dirigèrent alors vers le palais, suivant le seul chemin pavé qui passait au milieu de la ville silencieuse. Les rares personnes qui étaient dehors dévisageaient fixement les visiteurs, leurs visages moroses scrutaient les passants sans dire un mot.
- C'est plus gai dans un cimetière, constata Gimli pour casser cette ambiance lourde et pesante.
Le groupe laissa ses chevaux au palefrenier qui attendait au pied du palais, menant les animaux vers les écuries pour en prendre soin.
Devant les imposantes portes couvertes de motifs finement dorés, un huissier attendait les membres de la communauté, tentant de masquer quelques tics nerveux.
- Vous ne pouvez voir le roi ainsi armé, déclara l'homme qu'un de ses subordonnés avait appelé Hama. Par ordre de Grima Langue-de-serpent, finit-il en crachant le nom de l'individu qu'il ne devait sans doute pas beaucoup aimer.
Gandalf déposa tranquillement son épée, suivi par Legolas qui déposa des dagues, son arc et son carquois. Gimli était plutôt réfractaire, alors qu'Aragorn refusait de laisser son épée.
- Dans ce fourreau repose l'épée qui a été brisée. Je ne consentirais pas à m'en départir.
- Certes, monseigneur, concéda Hama. Mais ici, ce n'est pas la demeure d'Aragorn, fut-il roi en Gondor, mais celle de Theoden.
- J'aurais laissé toute autre arme, si c'était la volonté du maître de maison, fût elle une modeste cabane, mais je ne confierais Anduril à personne.
Gimli regarda Aragorn, ainsi que la garnison en armes qui était assez proche.
- Allons, mon ami dit Gimli, personne ne touchera à votre arme. Ils savent que celui qui la touchera sans en être le légitime propriétaire mourra. Si vous posez Anduril, ma hache n'aura pas a rougir de sa compagnie.
Aragorn posa finalement son arme contre le mur, ayant l'assurance que personne n'y touchera. La communauté commença à gravir les marches, lorsque Hama les arrêta de nouveau.
- Une seconde. Croyez vous que parce qu'elle est une femme, votre amie est exemptée de laisser ses armes ?
Sakura soupira et laissa choir au sol son impressionnant arsenal. Plusieurs poches emplies de sembons, de kunais et de shurikens tombèrent au sol, dans un claquement métallique particulièrement aigu.
- Ne touchez pas à ceux là, fit elle en montrant les aiguilles, je ne me souviens plus avec quoi je les ai empoisonnées. Faites attention à ceux-là, ajouta la kunoichi en montrant les parchemins explosifs, ils explosent.
- Votre épée, grogna un second huissier moins patient.
- Cette lame est la légendaire épée Kusanagi, chuchota Sakura avec respect, alors qu'elle retirait le fourreau de sa ceinture. C'est une épée sacrée, ayant appartenu à la grande déesse solaire, Amaterasu. Personne ne doit y toucher, sous peine de subir le courroux des dieux.
Sakura regardait le long fourreau noir et lisse qu'elle tenait entre ses mains. Alors qu'elle allait finalement déposer l'arme sacrée avec les autres, l'huissier le plus impatient la lui arracha en grognant contre toutes ces superstitions.
- Malédiction de tes dieux, femme, pas des miens, finit l'huissier en tirant légèrement la lame pour en admirer le tranchant.
Sous le regard inquiet de Hama et ceux outrés des autres membres de la communauté, Sakura serra les poings. Furieuse, elle chuchota un mot inaudible, tandis qu'une larme de sang glissait sur sa joue.
- Sois puni par le feu de la grande déesse céleste, murmura t-elle après avoir activé le Mangekyô Sharingan. Amaterasu.
L'arrogant homme poussa un cri mêlant douleur et stupeur, lorsque le fourreau fut recouvert des terribles flammes noires, qui gagnèrent instantanément ses mains. L'huissier hurla de souffrance, alors que le feu divin gagnait le reste de son corps, sous le regard impuissant de Hama. L'homme allait aider son ami, avant d'être arrêté par Sakura, la ninja l'ayant prévenu de la dangerosité de ce feu.
Trente secondes après, le feu se dissipait de façon iréelle, pour ne laisser qu'un tas de cendres sur le sol de pierre noircies. Sakura récupéra son arme absolument intacte et la plaça avec l'épée non moins maudite d'Aragorn.
- Votre bâton, finit Hama qui restait pâle devant cette mort soudaine et surnaturelle.
- Vous n'allez pas priver un vieillard de son appui ? demanda Gandalf avec une petite moue.
- Entre les mains d'un mage, un bâton peut-être plus qu'un simple appui. Mais dans le doute, un homme doit se fier à son jugement et vous me paraissez être d'honnêtes invités.
Les portes du château s'ouvrirent enfin, laissant les cinq entrer à l'intérieur de l'immense corridor.
La grande salle était sombre en comparaison de l'extérieur, les fenêtres fermées par des persiennes de bois plongeaient la pièce dans la pénombre, l'unique source de lumière restante provenant d'un soupirail et de torches dont la lumière vacillait au moindre courant d'air.
Les murs étaient ornés d'immenses tentures équestres, séparées par des statues de cavaliers représentant les anciens monarques ayant régné sur le pays. Visiblement, la gloire passée semblait ternie par l'absence de lumière qui rendait la pièce terne.
Dans la salle, de nombreuses arches conduisant vers d'autres pièces étaient barrées par des soldats vêtus des armures typiques des guerriers du pays, mais il y avait également d'étranges mercenaires exotiques cachés dans l'ombre des arcades.
Au fond de la pièce, un vieillard courbé était affalé sur un trône. Au vu de sa peau pâle et pleines de taches de vin, de ses cheveux blanchis et de ses yeux vitreux, on pourrait croire qu'il était sur le point de mourir d'un instant à l'autre. Malgré ses habits richement brodés et sa couronne d'or, le roi n'avait rien d'un monarque en état de gouverner. On dirait plutôt un débris bon à débarrasser.
Aux côtés du vieillard, un homme au teint cireux et avec des cernes violacés lui susurrait des mots à l'oreille.
- Monseigneur, Gandalf le Gris approche. Il n'est pas le bienvenu.
- La courtoisie de votre demeure à quelque peu diminuée ces derniers temps, déclara le magicien.
- Pourquoi vous ferais-je bon accueil ? répondit Theoden avec une voix asthmatique qui semblait indiquer qu'il allait cracher ses poumons d'une minute à l'autre.
Le roi gémit en disant ces mots et murmura à l'oreille de son conseiller, qui acquiesça frénétiquement.
- L'heure est tardive à laquelle ce magicien de pacotille choisit de réapparaître, siffle Grima. Mauvaises nouvelles vous portez et mauvaises nouvelles font mauvais visiteur, siffla le conseiller.
- Fais silence, Grima, gronda Gandalf. Je ne suis pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent.
- Monseigneur, vous devriez éloigner cet individu, chuchota Grima à son suzerain. Il est porteur de mauvaises nouvelles et n'aime que prendre.
- Garde ta langue fourchue derrière tes dents ! souffla le mage en pointant son bâton en direction du traître conseiller dont le visage devint livide.
- Son bâton ! hurla t-il effrayé. Je vous avais ordonné de prendre son bâton ! Cet imbécile de Hama nous a trahis !
Quelques gardes se lancèrent au combat pour arrêter les cinq visiteurs, alors que les étranges mercenaires sortaient de l'ombre. Physiquement, ils ressemblaient à des humains, mais avaient une peau plus sombre, un peu comme les ninjas de Kumo.
Les soldats ayant eu la mauvaise idée de tenter de stopper Gandalf furent rapidement mis à terre, vaincus par les compétences martiales des quatre protecteurs de Gandalf. Sakura testa même l'efficacité de son Sharingan en s'amusant à esquiver tous les coups portés par les guerriers à la peau sombre et qui maniaient de fins javelots.
Le temps que les Rohirrim soient désarmés et que Sakura élimine les orientaux en leur brisant les os du cou, Gandalf se tenait devant le roi qui ricanait de la pitoyable tentative d'exorcisme visant à le libérer de la domination exercée par Saroumane.
- Vous n'avez aucun pouvoir, Gandalf le gris ! rit le magicien d'Isengard à travers le monarque.
Gandalf rejeta sa cape grise et se révéla dans son incomparable pureté, faisant frémir le mage tombé.
- Je vous aspirerais Saroumane, comme on aspire le poison d'une plaie ! gronda Gandalf en pointant son bâton vers son ennemi.
Les deux sorciers luttèrent dans une incroyable bataille de volonté, alors que Grima tenta de prendre la poudre d'escampette. Sa tentative aurait pu fonctionner, s'il n'avait pas eu le pied de Gimli fermement appuyé sur son ventre pour le retenir en place.
Finalement, Saroumane fut repoussé et le roi libéré. Le visage de Theoden rajeunit à vue d'œil, de nombreuses rides s'évanouissaient, ses cheveux reprirent leur teinte blonde habituelle, alors que ses yeux redevenaient perçants et vifs.
- Sombres ont été mes rêves ces derniers temps, déclara le monarque qui retrouvait peu à peu ses sensations.
- L'âge ne pèse pas autant sur vos épaules qu'on a voulu vous le faire croire, mon oncle, déclara Eowyn qui souriait pleinement en revoyant son oncle retrouver sa liberté et sa vigueur.
Le roi se redressa de son trône et rejeta son bâton noueux, retrouvant son ancienne puissance.
- Ou est mon épée ? demanda t-il distraitement en regardant Grima d'un œil mauvais.
- Tu as de la chance, serpent, siffla Sakura. Il n'a qu'une épée. Moi je t'aurais pulvérisé les os, un par un.
Les portes du palais furent alors brutalement ouvertes, l'ancien conseiller étant jeté hors du château, comme un malpropre, par deux gardes visiblement satisfaits. Grima roula dans la poussière, gémissant à cause des multiples contusions qu'il avait obtenu en dévalant les escaliers.
- Pitié monseigneur, laissez moi rester à vos côtés ! gémit pitoyablement le lâche conseiller qui n'avait aucune honte.
- Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête ! gronda Theoden qui descendait les marches, l'épée pointée vers l'homme au teint cireux qui reculait, terrifié par son suzerain en colère.
Alors que le roi allait abattre son épée, Aragorn s'interposa.
- Trop de sang a déjà été versé à cause de lui, monseigneur. Soyez clément. Laissez le partir.
Sakura sortit Kusanagi qu'elle avait récupérée auprès de l'huissier et plaqua Grima au sol, se préparant à le tuer d'un coup.
- Sakura ! hurla le rôdeur. C'est un acte de noblesse !
- Un acte d'idiotie ! répliqua t-elle. Je suis un ninja, pas un noble altruiste ! Si on le laisse partir, il préviendra son maître et nous mettons en danger des innocents. Je ne sauverais pas la vie de cette raclure si ça doit conduire à la mort de civils !
Alors que Sakura allait décider de tuer l'homme, celui-ci bafouilla.
- Pitié, geignit-il, je vous dirais tout ce que je sais !
- Alors parle ! hurla Sakura exaspérée. Si c'est utile, j'envisagerais peut être l'idée d'épargner ta misérable vie ! Quels sont les plans de Saroumane ? Quels étaient tes ordres ?
- Je ne sais rien ! Il donnait des consignes au compte-gouttes ! Il veut détruire le Rohan, mais je ne sais rien de plus ! Il est toujours avec cet homme bizarre, ce gars inconnu au masque orange, qui s'appelle Tobi !
Sakura recula, comme si elle avait été frappée au visage par un objet très lourd. Sans s'en rendre compte, elle avait retiré son pied du ventre de Langue-de-serpent et le rat en avait profité pour ramper et s'enfuir, en se frayant un chemin entre les civils assemblés.
- Kami-sama, chuchota la ninja encore abasourdie. J'aurais du m'en douter. Les clones Mokuton, ça ne pouvait être que son œuvre ! Il est ici, ce fumier …
Alors que Legolas rejoignait la guerrière qui restait silencieuse et pétrifiée, le reste de la population s'était inclinée devant le roi qui contemplait l'étendue de ses terres et des habitants l'entourant. Brisant le silence, il remarqua qu'une personne était absente.
- Ou est Théodred ? demanda t-il avec une voix brisée. Ou est mon fils ?
