Bien le bonsoir mes chers fans !
Eh bien, je m'impressionne moi-même ! Je prends presque un rythme décent, vous en pensez quoi? HAHAHA xD
Vous savez, pendant un temps je pensais faire comme certains auteurs de fanfiction et publier au nombre de reviews...mais en fait je suis trop impatiente de vous poster les chapitres pour faire ça...xD
C'est pas une connerie, je vous jure quand je termine un chapitre, que j'ai corrigé tout ça, je peux pas attendre avant de poster, ou du moins pas énormément de temps. J'ai trop envie de vous partager ça. Pour avoir votre avis, mais aussi parce que j'aime me plonger dans l'univers de Harry Potter avec vous au travers de ces petits textes, même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvres et qu'ils ne seront jamais à la hauteur de la saga ! :')
Bref, c'était mon instant confession, je suis désolée, je suis toute émoustillée xD
Comme d'habitude, dîtes moi ce que vous avez pensé du chapitre par review !
Milles merci de me suivre, de supporter le temps d'attente - parfois très long je l'admets xD - et de rester à mes côtés au travers mes écrits. Je vous love ! Kissouilles les chocogrenouilles !
Millama.
Changements.
Chapitre 25 :
Je me tournais sur le côté, tournant et retournant mes souvenirs dans tous les sens ou du moins tout ce dont j'étais certain que c'était des souvenirs. Parmi eux, la vision d'horreur que j'avais eu dans la ruelle sombre. Puis la persuasion que les Cullen et les Hale étaient une seule famille, qu'ils étaient tous d'un monde que je n'aurais jamais cru possible. Je fermais les yeux, soulagé. Soulagé parce qu'une part de moi était allégée, je n'étais pas fou. Ou du moins pas complètement. Une part du monde que mon esprit avait imaginé était réel, Draco était réel. Rien n'aurait pu me faire sentir mieux que de savoir que le seul rêve que j'avais été vrai. Je ne l'avais vu que quelques instants et pourtant c'était grâce à cela qu'une partie de ma mémoire était revenue. Maintenant que la peur c'en était allée, je me sentais heureux. J'avais retrouvé la part de moi qu'il manquait, lui.
Les deux jours que je passais à l'hôpital me semblèrent long. Jacob et Alice passèrent les deux soirs pour me tenir un peu compagnie et je leur demandais comment allaient Ginny et les autres. Ils ne répondirent pas pour la première, grimaçant simplement et je sentis une vague de colère s'écraser en moi. Elle me cachait tout depuis le début et j'étais persuadé qu'elle savait tout depuis le début. Au plus profond de moi j'étais même certain qu'elle était liée à ma perte de mémoire. Mais n'ayant aucun élément pour entretenir ma colère, je m'étais laissé emporter par les discussions avec mes deux amis. Là où Rosalie et Jacob semblaient se détester mutuellement, Jacob avait un lien avec Alice ressemblant fortement à celui qu'il avait avec Emmett. Tous les deux de caractère jovial et entraînés, ils riaient et amenaient un peu de chaleur dans ma petite chambre. Ils s'amusèrent à me raconter les quelques histoires du lycée, les réactions des lycéens qui nous avaient amusé déjà plusieurs fois et les âneries que Jacob faisait avec Emmett.
Alice m'annonça que Draco serait là le lundi et mon pouls s'était accéléré, j'étais réellement impatient de le revoir. Ma mémoire avait beau ne pas être entière, il me devenait vital de le revoir. J'avais besoin de lui, de le voir pour être définitivement sûr qu'il existait. Non que je n'en fusse pas sûr, mais mon esprit encore un peu perdu dans tout ça n'était pas certain qu'il fut vrai. Aucun autre vampire – à part Carlisle – ne revint me rendre visite. J'avais compris que le tourment de mes pensées tenait Edward éloigné et je ne pouvais lui en tenir rigueur. Je savais aussi que Jasper ne devait pas être en grande forme lorsqu'il était dans les parages…quant à Rosalie, Bella et Emmett, je ne comprenais pas vraiment mais je ne leur en tenais pas rigueur. Je savais que ça n'avait pas d'importance et que je les reverrai vite.
Ce fut avec plaisir que le vendredi je passais le pas de l'hôpital sur mes deux pieds. J'allais mieux que le jour de mon arrivée, le repos m'ayant beaucoup aidé à reprendre des forces et à tenir à l'écart les souvenirs un peu trop sanglants. Carlisle me conduisit jusque devant ma porte et je le laissais, me dirigeant vers l'entrée. Etrangement, une image me revint, celle de Draco et moi devant la même porte, entrant dans la maison vide et y aménageant. Le souvenir était flou, le visage du vampire était pourtant net. J'avais acheté cette maison avec Draco et nous y avions vécu ensembles un temps. Mon cœur accéléra et je fus pris du besoin de trouver des souvenirs dans la maison. J'entrais à toute vitesse, fermant à clef derrière moi. Ginny n'était pas là et n'arriverait qu'en fin d'après-midi. J'avais plus de cinq heures devant moi et j'avais dû manger avant de partir de l'hôpital. C'était parfait.
Je me précipitais donc vers ma chambre. Je regardais sous mon lit, dans mon immense armoire, dans mes vêtements. Aucune photo, aucun souvenir. Etonné mais pas découragé, je partis dans le salon, passant près d'une heure à chercher de long en large des indices, mais rien. Comment avais-je pu passer un mois en compagnie de Draco ici sans même qu'une photo ne soit présente dans la maison, même cachée dans les endroits les plus improbables ? Comment était-il possible qu'en m'éloignant tant de mes amis, je n'avais aucune photo d'eux qu'elles soient récentes ou datant d'il y a deux ans, lorsque nous étions ensembles à l'internat de St Brutus ? Il me paraissait improbable qu'en tant d'années je n'ai pas une seule image de ma seconde famille dont les Weasley au complet et Hermione faisaient partis.
Il était étonnant aussi qu'aucune photo de mon parrain ne soit dans la maison, à cette pensée j'eu un pincement au cœur, je l'avais quitté si vite et ne l'avais plus rappelé, j'étais un filleul indigne. Je n'avais plus aucun bien concernant de près ou de loin ma famille adoptive. Comment était-ce possible ? Ginny avait-elle tout caché ? L'avait-elle fait pour me protéger ? Je soupirais et partis tenter ma chance dans la cuisine mais je fis chou blanc. Pareil dans la bibliothèque, aussi, abandonnais-je après quatre heures intensives de recherches et je m'assis à mon bureau. Il y avait des feuilles de partout, des morceaux de récits. Je les rassemblais et en lus un au hasard.
« Alors que je ferme les yeux, je vois l'homme au visage cireux en train de mourir. Ses traits sont tirés, il a une plaie ouverte dans le cou, un énorme serpent du nom de Nagini vient de le mordre. Je ne sais pas vraiment comment je le sais, pourtant ce nom résonne en moi et fait écho à d'autres souvenirs aussi noirs que celui-ci. L'homme pleure les yeux fermés, soudain il ouvre ses yeux. Deux grands yeux noirs qui semblent presque possédés. On dirait un fantôme avec ses cheveux gras et aussi noir que ses pupilles encadrant son visage à la couleur maladive. Il tend une main vers moi, cherchant dans mon regard une aide que je ne peux lui apporter. Ses lèvres bougent, articulent 'prends-les' et je recueille ses larmes dans un flacon. Inconsciemment je sais que ses larmes sont de puissants souvenirs et qu'il me fait le don le plus précieux qu'il possède. 'Tu as les yeux de ta mère'. Dernier souffle de vie dans la bouche de l'homme et mon cœur se déchire, mon âme chavire. Je vais mal, je suis mal. Sa fin, c'est ma fin. Nous allons tous mourir. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais j'en suis persuadé. Tout comme à l'évocation de se souvenir, j'ai l'impression de trahison. Comme si cet homme et moi avions été trahis. Le sentiment est enveloppé d'une tristesse et d'une pitié implacable, comme si nous avions été dupés mais qu'il avait été le plus dupé de nous deux. Je ne comprends pas, j'ai mal, j'ai l'impression qu'on m'arrache le cœur et je n'ai qu'une envie, serré cet homme au regard froid une dernière fois, comme pour effacer les peines qui ont rongé son âme. »
Je ne sais pas vraiment pourquoi, c'est le souvenir qui m'a le plus marqué. Je ne sais toujours pas qui est cet homme, ni pourquoi il est mort ou encore en quoi ça me concerne mais je ressens envers ce souvenir des choses étranges. Je ressens comme une injustice immense, de la culpabilité et une colère sans nom, comme si je ne m'étais pas vraiment remis de sa mort. Je laissais la feuille sur le côté et en attrapais une autre. Mes doutes sur les vampires, leur existence, ce qu'ils sont, comment les repérer. Me vient alors une idée. Et si je les décrivais, si je couchais sur papier tout ce que je savais sur eux ? J'attrapais mon stylo et une feuille blanche traînant dans le coin, l'image de Draco et de ses traits divins en tête.
Je passais deux heures à écrire tout ce qui me venait, tachant d'éloigner les centaines questions embrumant mon esprit. J'écrivais en vrac toutes mes idées et plus je traçais les lignes plus une idée étrange s'imposait à moi, comme si écrire sur un sujet permettait à mon cerveau de réfléchir à un autre sujet. Alors que je posais un point final à la liste des caractéristiques vampiriques, je me levais, il fallait que je vérifie. La seule pièce de la maison que je n'avais pas fouillée était celle de Ginny et plus les minutes passaient, plus j'étais persuadé que si mes photos et mes souvenirs devaient être quelque part, c'était bien dans sa chambre à elle qui était au courant de tout depuis le début. J'étais à peu près sûr que nous n'étions pas aller au lycée de Seattle pour rien, qu'elle avait tout fait pour que je rencontre les Cullen. Qu'elle eût espéré que cela suffirait.
Je me figeais devant sa porte, soudain prit d'une évidence. Son regard remplit d'espoir quand les Cullen étaient arrivés pour la première fois, lorsque je l'avais rejoint après mon premier cours en commun avec Bella et Alice, lorsque nous avions dû aller en cours avec eux en mathématiques et lorsque Rosalie, Jasper et Draco étaient arrivés. Elle avait toujours eu espoir qu'en les voyant ma mémoire revienne. Je grinçais des dents, agacé par cette constatation qui me semblait désormais évidente. J'aurais presque dû le comprendre bien plutôt. Je grognais et posais la main sur la poignée pour entrer. A mon grand étonnement, la porte n'était pas fermée à clef mais ouverte et je rentrais sans aucune hésitation dans la pièce. La pièce était grande – moins que la mienne cependant - les couleurs allaient du marron clair à l'orange soutenu, aucuns portraits n'étaient accrochés, aucune photo, rien. Le lit était parfaitement fait, des livres étaient un peu empilés au sol mais rien d'anormal.
Je regardais sur son bureau, dans les tiroirs, dans l'armoire, il n'y avait rien. Je poussais un soupir et me courbais pour regarder sous le lit. Je faillis me relever mais alors que j'en faisais le mouvement, une boîte attira mon attention. Elle était de couleur rouge et blanche et dessus était écrit « dragées surprises de Bertie Crochu ». Alors que je n'avais pas eu de flash depuis mon premier jour d'hôpital, je me vis dans un train étrange avec en face de moi Ronald Weasley, mon meilleur ami. Nous avions onze ans et nous étions entourés de bonbons en tout genre et étranges au possible. Parmi eux, une boîte de ces mêmes dragées que je pris et je m'entendis demander à Ron ce que c'était, il m'expliquait et me fit part d'une anecdote 'Fred prétend qu'une fois il en eu une à la crotte de nez !'.
Je revins à l'instant présent, la main sur la boîte, toujours courbé sous le lit. Je me redressais et observais le paquet. Ça ne faisait aucun doute que c'était la même chose, que mon souvenir était réel, mais que faisions nous dans ce train ? Où allions nous ? Et comment Ron connaissait-il ça ? Je n'en avais aucune idée. Je soupirais et me redressais avec la boîte. Je ne voulais plus réfléchir à ces souvenirs, il était temps de les laisser faire surface d'eux-mêmes, je crois que j'étais prêt pour ça. Aussi, je sortis de la chambre en prenant soin de fermer derrière moi et je m'installais sur mon lit en observant la grande boîte. Il n'y avait aucune indication dessus et les couleurs des dragées étaient plus ou moins douteuses. Un sourire étira mes lèvres et je pris une dragée au hasard, la posant sur ma langue. A peine eu-je mâché le bonbon qu'un goût atroce et amer de crotte de nez se répandit dans ma bouche. Je toussais, crachais mais fini par avaler la dragée en lançant un regard apeuré à la boîte.
Trop curieux pour mon propre bien, je tendis de nouveau la main et pris un autre bonbon à la couleur noire. Je mordis dedans et un goût fortement poivré emplit ma bouche jusqu'à ce que des larmes roulent sur mes joues et je me précipitais en bas pour récupérer un morceau de pain et de l'eau. Je remontais avec peine, le goût des deux dragées encore sur la langue et je cachais la boîte sous mon lit, c'était sûrement drôle avec des amis, mais seul c'était juste immangeable et une petite voix me disait que je n'avais sûrement pas goûté les pires goûts, ce qui m'inquiétait bien plus que je ne l'aurais admis.
La porte d'entrée claqua et je me précipitais dans le salon. Ginny venait d'entrer, les cheveux encore humide et pleins de flocons de la neige qui tombait dehors. Elle leva les yeux vers moi après avoir posé son sac de cours à côté de notre porte manteau et elle sauta dans mes bras, les yeux remplis de larmes et émue. Elle me serra si fort contre elle que je cru m'étouffer, mais elle décida de relâcher son étreinte avant que je ne produise un son et elle claqua un baiser sonore sur ma joue avant de se reculer. Elle renifla et je lui envoyais un petit sourire. Je m'étais précipitais et n'avais pas pris le temps d'observer son visage. Elle avait les traits tirés, des cernes avaient pris place sous ses magnifiques yeux marrons larmoyants et elle avait l'air fatigué. En y prêtant bien attention, elle paraissait plus vieille que son âge réel, mais son sourire la rajeunissait un peu.
_ Oh Harry, je suis si contente de te voir enfin de retour ! S'exclama-t-elle en m'attrapant par le bras.
_ Tu as réussi à survivre sans faire exploser quoi que ce soit ? M'étonnais-je alors qu'elle nous traînait dans la cuisine.
En effet, perturbé par tous mes souvenirs et par le besoin de trouver de quoi me prouver que j'avais vécu ici avec Draco et que j'avais des photos de ma famille, je ne m'étais pas rendu compte que la cuisine était étonnement bien rangée, que le micro-onde était en parfait état et surtout…la cafetière n'avait pas pris feu.
_ Hey ! S'insurgea-t-elle…avant de piquer un fard. Très bien, je n'ai pas vraiment mangé ici le temps que tu as été à l'hôpital.
_ Vraiment ? Demandais-je.
_ Oui, je suis allée chez Billy Black. Je m'entends bien avec Jacob et les gens de la réserve.
_ Tant mieux. Souriais-je.
Un silence paisible s'installa et je lui demandais si elle voulait quelque chose pour se réchauffer. Elle demanda un chocolat chaud avec une pointe de café et de cannelle dedans. J'en préparais deux alors qu'elle me regardait faire. Plus les minutes passaient, plus elle semblait vouloir me demander quelque chose. J'avais toujours reconnu les signes chez Ginny : elle prend plusieurs grandes inspirations pour se lancer, se bloque et finalement se mordille les lèvres. Elle avait beau toujours dire tout ce qui lui venait du premier coup, il lui arrivait – dans des situations comme celle-ci – de ne pas savoir comment s'y prendre, aussi finis-je par lui tendre son bol et m'asseoir avant d'entamer la discussion qu'elle semblait vouloir mener.
_ Je sais que tu me caches des choses Ginevra Weasley. Attaquais-je d'une voix neutre.
Elle s'installa dans le fauteuil non loin de là, les yeux baissés. Elle semblait s'en vouloir et se fustiger mentalement. Evidemment, je ne savais toujours pas ce qu'elle me cachait, mais mon petit doigt me disait que je n'allais pas beaucoup aimer la blague.
_ Ecoutes, repris-je en m'appuyant confortablement contre le dossier de mon fauteuil, une partie seulement de ma mémoire m'est revenue. Je sais qui sont les Cullen – je sais que le nom Hale est juste une couverture, je sais aussi qui ils sont et quel genre de vie ils mènent. Je sais parfaitement ce qu'est Jacob…mais ce que tu fais dans tout ça et comment tu connais leur identité reste un mystère.
_ Alors, tu ne sais pas qui tu es. Souffla Ginny en buvant une gorgée de chocolat chaud, un air de martyr imprimé sur le visage.
_ Comment ça : je ne sais pas qui je suis ?
_ Tu ne te souviens plus de toute la réalité. Tu ne te souviens pas du plus important.
Je plongeais mon regard dans le sien – qu'elle avait enfin dénié relever – et me laissais emporter par ses prunelles chocolat. Une lueur au fond de ses yeux tentait de me faire parvenir un message mais je n'arrivais pas à le décoder. Alors qu'elle faisait papillonner ses yeux, un souvenir venu de nulle part me frappa. J'étais dans une pièce circulaire aux couleurs rouges et or, entouré de Ron et de Hermione, l'on fêtait une victoire, puis Ginny sortit de nulle part habillé en rouge et or me sauta dans les bras et m'embrassa avec passion. Nous avions seize ans.
Je revins à la réalité en me secouant, les bras pleins de frissons et Ginny me lança un regard interrogateur. Je venais d'avoir d'autres révélations qui me laissaient pantelant : premièrement, j'avais un jour aimé cette fille comme une femme avant qu'elle ne redevienne la sœur que je voulais avoir. Deuxièmement…j'étais loin d'avoir simplement seize ans car j'étais persuadé que mon souvenir remontait à un long moment.
_ Qu'y a-t-il ? Me demanda Ginny.
_ Je…eh bien je n'en suis pas sûr mais…je crois que j'étais dans une étrange pièce rouge et or, nous fêtions quelque chose et…enfin…
Je sentis le sang monter jusqu'à mes joues, gêné. J'étais à deux doigts de mourir de honte lorsque j'entendis le rire de Ginny résonner dans la pièce. Je relevais les yeux vers son visage hilare, j'étais hébété. Comment cela pouvait-il la faire rire ? Que c'était-il passé ?
_ De tous…ha, ha, les souvenirs, il a fallu que celui-là te revienne ! Rigola-t-elle en s'essuyant les yeux.
_ Je ne choisis pas ce qui me revient ou non. Fis-je, vexé.
Elle continua de rire, me laissant seul avec mes pensées. J'en avais marre, j'avais l'impression de tourner en rond, de ne pas avancer. Je voulais retrouver toute ma mémoire, je n'en pouvais plus de n'avoir qu'une partielle de vérité sous les yeux.
_ Nous n'avons pas quinze et seize ans, n'est-ce pas ?
Ma question la désarçonna à tel point qu'elle se redressa subitement et qu'un hoquet la prit en traître. Elle me regarda étrangement, comme si elle essayait de savoir exactement ce à quoi je pensais, ce que j'avais vu. Elle passa une main sur son visage et prit une grande gorgée de son chocolat pour faire passer le hoquet. Quelques minutes passèrent ainsi, durant lesquelles je l'observais, tentant de trouver dans l'un de ses gestes une explication à tout ce qu'il se passait. Evidemment c'était impossible et ridicule, mais j'étais en train de désespérer de voir un jour la fin de l'histoire. Alors que j'en étais à penser qu'elle ne me répondrait jamais elle soupira.
_ Non. Nous n'avons pas ces âges-là. Mais je ne peux rien te dire de plus, Harry.
_ Alors…réponds à cette question : pourquoi n'es-tu pas venue à l'hôpital ? De tous, tu es celle que j'attendais le plus, tu sais.
De nouveau, elle reprit le visage du martyr, le visage de la personne qui a fait une énorme erreur et qui en paie toutes les conséquences. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi elle s'en voulait à ce point, il me paraissait évident qu'un visage pareil ne pouvait pas simplement être dû au fait qu'elle ne m'ait pas rendu visite.
_ J'avais des choses à régler, se défila-t-elle.
L'atmosphère s'alourdit tandis que ma colère augmentait et que ses yeux semblaient de plus en plus tristes, comme si elle était coupable de la misère du monde. Agacé, je me levais et déposais ma tasse vide dans l'évier. Je refusais de rester une minute de plus dans cette pièce à la tension si palpable, face à une personne qui ne pouvait rien m'expliquer d'autre que ce que je découvrais déjà moi-même.
_ Je vais écrire. Prévins-je.
Sans attendre de réponse, je filais dans la chambre où je me jetais sur mon lit, l'esprit embrumé. Trop de choses se passaient en même temps et même si j'avais réussi à digérer une partie de ce que j'avais appris – et qui m'avait directement envoyé à l'hôpital – je ne pouvais pas continuer à absorber tant et tant d'informations sans explications logiques derrière. J'avais sincèrement été heureux de retrouver Ginny quand elle avait dépassé la porte d'entrée…mais savoir que je vivais en compagnie de celle qui me cachait le plus de chose avait gâché toutes les retrouvailles.
