CHAPITRE 24

Mon Dieu que je n'aime pas ça ! Encore une fois, j'ai fait passer Edward avantla Famigliaet je vais me faire sérieusement allumer… Mais, bon sang, qu'est ce qu'il lui a pris de dire oui sans réfléchir ? Et à Alice en plus. Je crois qu'on aurait dû l'abattre, tout aurait été plus simple. Et puis, maintenant qu'il a dit oui, je suppose que sa venue va être annoncée à Londres et dans la presse spécialisée. Il avait l'air tellement enchanté de pouvoir jouer avec cet orchestre. Je lui aurai annoncé que Noël était demain, je crois que j'aurai eu droit à la même expression de sa part.

N'empêche que tout cela ne m'arrange mais alors pas du tout ! Heureusement qu'on va avoir plus d'un mois pour préparer notre voyage à Londres, et pour mettre Emmet dans une rage totale. De toute façon, j'ai dit que j'irai et je ne changerai pas d'avis sur la question. Surtout que si tout le monde annonce le concert d'Edward, j'en connais une qui va rappliquer. Il est hors de question de lui laisser approcher seule Edward. Attention, je mords et je suis armée ! Il ferait bon voir qu'une Russe dame le pion à une italienne, non mais.

En attendant, je me suis quand même fourrée dans un sacré bourbier. Et je vais devoir annoncer ma décision le plus rapidement possible pour que la logistique se fasse de la meilleure des façons. Edward s'est remis au piano, après m'avoir gardé dans ses bras pendant un bon moment. Alec ne va tarder à rentrer, il va falloir que je lui fasse visiter le Castello. Evitons qu'on le retrouve desséché au fond d'un couloir. Quittant le salon, il faut que j'aille me défouler un peu, direction le stand de tir.

Voir Edward une arme en main ce matin était tout bonnement insupportable. J'ai fui comme un lâche, refusant de le voir tirer. Je suis sûre que Rosalie l'a bien pris en main, mais je n'arrive vraiment pas à me faire à cette idée. Je préfère mille fois le voir devant un clavier. Pourtant je sais bien que Sulpicia ne fera pas dans la dentelle et il faut que je m'y habitue, mais que c'est compliqué.

Une fois dans l'armurerie secondaire, je m'empare d'un bon stock de balles pour mon Beretta et prend place dans un des box. Par rapport à ce matin, les cibles représentent un tireur. J'avais demandé à ce qu'on les change pour Edward. Je préférais qu'il ne s'imagine pas en train de viser une personne. Même pour lui cela aurait été plus difficile.

Je tire, encore et encore, pour me vider complètement la tête. Le bruit bourdonne dans mes oreilles, j'aurais dû mettre le casque. Je suis interrompue par des applaudissements, Alec.

- Bonjour.

- Bonjour Isabella.

- Alors cette journée ?

- Bah, c'est le lycée, comme d'hab. Sauf peut-être que le prof d'histoire a fait une remarque sur ta nouvelle absence.

- Lui, il va finir avec une balle entre les deux yeux.

- Moi je serais plus tenté par le surveillant général.

- Aussi ! On pourra faire d'une pierre deux coups.

- Préviens-moi quand tu voudras faire un raid sur le lycée, que je puisse participer.

Je lui souris franchement. Il est bien plus agréable de lui parler sans hargne, même si la méfiance est toujours de mise. Mais je sais que pour le moment, il doit apprendre, donc il ne peut rien faire de dangereux pour nous. Il s'installe dans le box à côté du mien et dégaine son arme à son tour. Nous tirons à tour de rôle, commentant nos performances. Je ne suis pas peu fière d'être sortie victorieuse de cette petite confrontation. Je dois avouer que ces instants ont été agréables mais je les interromps pour passer à autre chose.

- Je vais te faire visiter l'ensemble du Castello.

- Si ça peut éviter de me perdre.

- T'inquiète, tu vas vite t'y faire.

Nous commençons par l'armurerie principale avec ses différentes sections. Ensuite le garage. Alec est comme moi, il sait conduire voitures et motos mais il n'est pas encore majeur et n'a donc pas son permis. Il reste un moment devant une vielle Ferrari Testarossa avec des étoiles dans les yeux, je crois savoir où se situe son péché mignon. Après, nous nous rendons dans les cuisines où je le présente officiellement à Alberto. Ce dernier lit dans un fauteuil tout en surveillant ce que font les domestiques. Passage par l'office et la lingerie avant de rejoindre les différents salons et salles de réception dont nous n e nous servons jamais, d'ailleurs, toutes ces pièces sont vides. Seule la salle de réunion dela Famigliaest meublée mais celle-ci, il la connait déjà. A l'étage dans l'aile Sud se trouvent tous les organes de la gestion dela Famiglia, les bureaux de Giovanni et Giacomo, le mien, celui d'Emmet et un qui va être aménagé pour lui. Il y a également les archives aussi bien papiers que numériques.

Les seules pièces que je ne lui ai pas montrées, sont les coffres ainsi que les salles de rétentions. On verra ça plus tard. Nous nous rendons dans l'aile Nord où se situent nos différents appartements.

- Je vais te présenter mon ancien tuteur.

- Le fameux Edward Cullen. Tu sais qu'il a fait l'objet de paris au lycée.

- Ah bon ! Pourquoi ça ?

- A savoir combien de temps il tiendrait en temps que ton responsable légal.

- Mi décembre…

- Soit deux mois et demi, personnellement, j'avais dit six. Personne n'avait imaginé aussi court. C'est ceux qui ont dit trois mois qui ont remporté la mise.

- Ravie de le savoir. Et qui sont ces faux derches ?

- Je ne dirais rien, chère cousine.

Ouvrant la porte, je lance à la cantonade :

- Edward !

- Dans le bureau.

- J'ai quelqu'un à te présenter.

- Mhmm ! Annone-t-il.

- Voici Alec Volturi, mon cousin, le fils de l'oncle Aro.

- Volturi ? Me demande-t-il.

- Depuis ce matin. Lui réponds-je.

- Edward Cullen, enchanté.

Il lui tend la main et Alec la serre rapidement. Je vois bien qu'il essaye de décrypter Edward. Après tout, ce n'est pas vraiment sa place, loin de là même.

- Qu'est ce que tu fais ? Lui demande-je pour mettre fin au silence qui s'est installé.

- J'imprime des partitions. En revanche, il va falloir que je me fasse envoyer celles de Tchaïkovski mais je ne sais pas quoi donner comme adresse.

- Celle du Palazzo, ce sera le plus simple. On enverra quelqu'un régulièrement pour récupérer le courrier.

- Ok. Alors, Alec, tu t'es installé en face, c'est ça ?

- Oui.

- Vous avez une réunion, ce soir ? Nous demande Edward.

- Non. On va laisser couler deux trois jours, le temps que tout le monde se remette de ses émotions. Entre Sulpicia, Alec qui vient de nous rejoindre et la mort d'Aro.

- Aro est mort ? S'exclame-t-il.

- Oui, hier soir.

Je le vois grimacer, je crois bien qu'il a compris ce que j'ai fait et du coup, il n'approfondit pas le sujet. Une nouvelle fois, le silence devient pesant. Je me tourne alors vers mon cousin pour lui demander :

- Une partie de GTA, ça t'intéresse ?

- Tu sais que dès qu'il s'agit de tirer sur quelqu'un, je suis volontaire.

Je sens Edward se tendre à côté de moi, mais il ne fait aucune remarque. Sans demander notre reste, nous installons devant l'écran plat et je démarrela PS3. Alec augmente le son de la télévision pour profiter pleinement des bruitages. Cela fait des lustres que je n'ai pas joué à la console, en fait depuis la mort de Démétri. Et ça fait un bien fou ! Alec est complètement accro de ce jeu et j'ai l'impression de retrouver des tics et manies de mon frère. Trépigner sur le canapé, crier après ces putains de manettes qui m'agacent car elles ne sont pas assez véloces, râler contre mon voisin qui a pris l'ascendant et le mieux de tout, entendre Edward nous traiter de sales gosses parce qu'on a battu le record du nombre d'injure prononcé en une minute.

Alec me flanque un coup dans l'épaule pour me déséquilibrer alors que je suis à sa poursuite. Je réplique en le poussant hors du canapé :

- Espèce de tricheuse !

- Tu as commencé, tu subis le retour, c'est normal.

- Ouais, ouais !

Il se jette sur moi pour m'empêcher de lui mettre une rouste à GTA et je tombe à la renverse par-dessus l'accoudoir. Il a pris le temps de se réinstaller et de poursuivre son action avec sa manette.

- Putain, mais c'est pas vrai ! Crie-je.

Je me rassoie rapidement et essaye de combler mon retard. La suite de notre partie n'est que grognement et noms d'oiseau en tout genre. Jusqu'à ce que…

- Eh les mioches ! Dit Edward en haussant la voix.

- Quoi ? Lui demande-je sans détourner les yeux de l'écran.

- On passe à table !

Comme d'un seul homme, Alec et moi nous retournons pour voir Alberto, la mine réjouie, et Edward l'air désespéré. Depuis combien de temps sont-ils là tous les deux à nous observer comme des bêtes de foire ? Je n'en sais fichtrement rien mais j'ai l'impression qu'ils se sont bien amusés à nos dépends.

- Bon bah, je vais vous laisser. Lance Alec de manière neutre.

- Mais non, tu dînes avec nous. Lui répond Edward.

Je remarque qu'Alberto à disposer trois couverts sur la table, Edward l'a donc prévenu. Je n'aurais pas cru qu'il prenne ce type d'initiative, mais ça me plait bien. On enregistre notre partie avant de s'assoir à table. Alec jette des coups d'œil furtif à Edward qui n'en a que faire. Après quelques minutes de silence, Edward démarre la conversation :

- Il va falloir que je vois avec Alice comment nous allons nous organiser.

- Préviens-la qu'elle n'a pas intérêt à mettre le nez dans mes affaires et surtout dans mes valises !

- Je doute qu'elle ait envie de le faire.

- Avec les folles, on ne sait jamais.

- En revanche, je suis persuadé qu'elle va essayer de nous entraîner dans une virée magasinage.

- Je n'ai pas besoin d'elle pour ça et je ferai mes courses moi-même.

- C'est qui Alice ? demande Alec.

- La folle furieuse qui sert d'agent pour Edward.

- Parce que vous avez un agent ?

- Bah oui ! Moi qui croyait que cela était réservé aux seules rock stars, on est obligé de se la coltiner pour un concertiste de musique classique.

- Tu pourrais me laisser répondre, Isabella, non ? Me fait remarquer Edward.

- Mouais, peut-être.

- En tout cas, c'est Alice qui gère ma carrière et les concerts que je dois donner. Et Isabella estime que c'est une folle.

- A se demander qui est la plus folle des deux. Lui répond Alec.

- A peu près. Ricane Edward.

- Non mais ça va bien ! Je suis toujours là, je vous rappelle.

- En tout cas, Alice a tendance à régenter beaucoup de choses, du coup elle et Isabella s'agacent mutuellement.

- Oh une opposition à Isabella Volturi !

- Crois-moi, toute tentative de prise de pouvoir a été tuée dans l'œuf ! Et puis au pire, on embarque Maître Whitlock et on le lui jette dans les pattes. Comme ça elle nous fichera la paix.

- Tu comptes sacrifier ce pauvre avocat.

- Mais non, je ne le sacrifie pas. C'est son rôle d'être au service des Volturi, et c'est ce qu'il fera. En plus il l'a déjà sauté, alors ça ne devrait pas lui poser de problème.

- Eh, eh ! Maître Whitlock en situation compromettante, j'aimerai bien voir ça. Lance Alec.

- T'inquiète, on mettra des caméras pour immortaliser ça ! Lui réponds-je, réjouie.

- Je veux être là pour le visionnage ! Réplique Alec enthousiaste.

- Eh oh les pervers en herbe ! S'exclame Edward. On va arrêter les délires sur Maître Whitlock et Alice, ok !

- Pourquoi ? Ca pourrait être drôle ! Réplique-je.

- Peut-être, mais si tu fais ça, tu verras débarquer Alice débarquer plus souvent pour lui courir après.

- Ou c'est Jasper qui le fera. Interrompt Alec, malicieux.

- Ca en revanche, ça m'étonnerait beaucoup. Lui dis-je.

- En tout cas conserve l'idée sous le coude, ça peut toujours servir. Conclut Alec.

- Franchement, vous êtes deux crétins qui font la paire ! Nous fait Edward. Je ne comprends pas pourquoi vous vous êtes battus pendant autant de temps si c'est pour entendre comme larrons en foire aujourd'hui.

- Les histoires de famille, ça pourrit beaucoup de choses. Lui pas réponds-je, philosophe.

- Pas faux ! Acquiesce Alec.

Je n'aurais jamais cru m'entendre aussi bien avec Alec. C'est curieux tout de même, avant-hier, nous aurions été prêts à nous dézinguer l'un l'autre et ce soir, nous rions ensemble. Si en faite, je sais, il a le même âge que moi et connais parfaitement ma situation. C'est la première fois que ça m'arrive. Jusque là, les seules personnes à qui je pouvais parler sans crainte de révéler quoique ce soit, c'était mes parents et Démétri, ensuite Emet et Edward. Et même si je suis profondément amoureuse de ce dernier, il a tout de même sept ans de plus que moi. Alors qu'Alec, il a seize ans, il va au lycée, il se retrouve orphelin comme moi, même si je l'y ai un poussé, il est plongé dans le même monde que moi et ce depuis sa naissance. En fait, nous avons tellement de points communs que c'en est effrayant. C'est peut-être aussi pour cela que l'on ne se supportait pas et qu'on se cherchait des noises. En tout cas, c'est agréable de pouvoir rire et de ne pas seulement agacer Edward pour pouvoir m'amuser.

Le repas se termine plus calmement, et quand Alberto vient débarrasser, Alec en profite pour s'éclipser. Il n'a pas dit bonsoir, mais je crois que la réflexion d'Edward l'a un peu perturbé en fin de compte. Il faut dire que malgré tout, pour moi aussi c'est déstabilisant. En plus, je ne dois oublier de rester vigilante à l'égard d'Alec.

- Il va falloir que tu m'expliques le Alec Volturi, Bella.

Il y va fort le bougre, pour poser ses questions. Il ne me laisse même pas le temps de souffler après la sortie d'Alberto. Du coup, je ne lui réponds immédiatement et je vais m'installer dans le canapé.

- C'était le seul moyen de le rallier àla Famigliade manière plus solide.

- C'est-à-dire ?

- J'ai obligé Aro à le reconnaître comme son fils.

- C'était avant ou après l'avoir abattu ?

- Avant, évidemment. Je soupire. On donne dans la falsification mais il y a des limites.

- Donc maintenant, c'est Alec Volturi.

- Exact.

- Et signifie quoi exactement pourla Famiglia.

- Qu'est ce que tu veux dire, Edward ?

- Tu n'as pas fait ça par pur altruisme, en tout cas, je n'y crois pas. Alors ça implique quoi exactement ?

- Alec est devenu le premier dans l'ordre de succession.

- C'est-à-dire…

- C'est-à-dire que si je dois mourir, c'est Alec qui deviendra Capo et non Sulpicia. Parce qu'elle n'a pas été reconnue comme Volturi.

- J'ai du mal à suivre…

- C'est un peu comme les successions dans une famille royale.

- Je ne suis pas Européen, les successions royales, ce n'est pas mon domaine !

- C'est très simple. L'héritier, c'est l'aîné des fils du roi et s'il n'y a pas ou plus de garçon, ce sera alors l'aînée de ses filles. C'est le principe de primogéniture male.

- Ok. C'est pour ça que c'est toi qui est le Capo actuel.

- Oui Je passais avant mes oncles dans la succession, puisque j'étais la fille du dernier parrain en place.

- Mais pour Alec ?

- Il est le seul fils reconnu de mon oncle qui était le premier frère de papa.

- Donc si tu disparais, la succession passe…

- Chez mes cousins les plus proches, toujours en respectant l'ordre des naissances.

- Mais Sulpicia ?

- Non reconnue par son père comme Volturi, elle ne peut prétendre à la succession.

- D'accord….

Edward se tait quelques instants, je n'aime pas le voir réfléchir comme ça parce que j'appréhende le cheminement qu'il va suivre et les conclusions qu'il va en tirer. Ce n'est pas vraiment le genre de conversation que je voulais avoir surtout après une semaine et demie de relation. En plus, je n'ai que seize ans…

- Attends, deux secondes…

Qu'est ce que je disais !

- Les premiers héritiers sont les enfants du Capo en place.

- Oui.

- Donc si tu as des enfants…

- Oui…

- Ils passeront devant Alec dans la succession, c'est ça ?

- Oui.

Il me regarde ébahi, avant de basculer sa tête en arrière et de se prendre le visage dans les mains. Putain, il aurait pu faire abstraction de ce point, non. Pour sa santé mentale et pour la mienne. Et on en est même très loin de ça, merde.

- Ecoute, Edward. Ne te mets pas martel en tête à ce propos. Je te rappelle que je n'ai que seize ans.

- Merci de me réconforter en disant que je fais du détournement de mineur. Me répond-il acerbe.

- Mais putain, on n'a même pas encore couché ensemble ! Alors, non pour le moment, il n'y a pas détournement de mineur ! M'agace-je.

- …

- Edward. Tente-je de le calmer. Ne pense pas à cela, je t'en prie.

- Comment veux-tu que je n'y pense pas ?

- Je serai peut-être plus là avant que la question ne se pose.

- Ça en revanche, je préfère ne pas y penser !

- C'est pourtant vrai, Edward. Je ne sais pas ce qu'il va se passer dans les prochains mois voire les prochaines années. Je ne sais pas combien de temps on va mettre pour supprimer Sulpicia. Je ne sais même pas si je vais m'en sortir vivante.

- Mais en fait, cela ne se finira jamais. Parce que quand vous en aurez fini avec Sulpicia, il y aura autre chose qui viendra vous perturber, et ce sera une nouvelle guerre.

Je ne sais pas quoi lui répondre, parce qu'il a raison. Et apparemment, il n'avait pas pris ça en compte quand il a décidé de revenir. Il va vivre en ayant en permanence la peur au ventre, la crainte de ce qui pourrait arriver. Sa carrière de pianiste va être considérablement compromise à cause de tout ça. Pour lui ce ne sera plus une vie.

- Tu sais, tu peux toujours partir, je ne te retiendrai pas. Et j'interdirai à qui que ce soit de te faire du mal. Si tu veux retourner à ta vie d'avant, je m'assurerai que rien dela Famigliaou de ses affaires ne viennent te perturber.

Il s'est redressé et plonge son regard dans le mien, ses deux émeraudes sont de vrais aimants pour moi. Plusieurs émotions passent, la stupéfaction, le questionnement, la tristesse et puis une certaine détermination. Il se décale alors pour me prendre dans ses bras et me serre fort contre lui. Je m'agrippe à sa chemise, mon visage collé à son torse.

- Je ne vais pas partir. Mais c'est vrai qu'à chaque fois que je pense être arrivé au bout de mes surprises, un nouvel élément vient s'ajouter. C'est assez perturbant.

- Je ne peux pas te retenir ici. Sache-le, tu peux retourner chez toi à n'importe quel moment.

- Et c'est où chez moi ?

- Aux Etats-Unis, à Berlin, à… Enfin, là où tu le souhaites.

- Chez moi, c'est avec toi, Bella. Et même si c'est vrai que j'aurai infiniment préféré que tu ne sois pas dans un milieu pareil, je ne peux pas m'éloigner, c'est au dessus de mes forces.

Je peux m'empêcher de penser qu'n moment ou un autre, il partira, trop oppressé par ce monde qui n'est pas le sien. Et le pire, c'est que je ne lui en voudrai même pas de fuir, c'est la chose la plus raisonnable qu'il devrait faire. Au contraire même, je suis prête à la protéger encore plus farouchement, s'il décidait de reprendre sa liberté par rapport àla Famiglia. Oualors, il y a peut-être une autre solution…

- Tu sais, on pourrait peut-être faire autrement.

- C'est-à-dire ?

- Que tu vives en dehors de ce monde, qu'officiellement tu coupes les ponts avec moi.

- Là je ne vois pas bien où tu veux en venir, Bella.

- Imaginons que tu vives à Londres, Rome, Paris… Je m'en fous ! Qu'officiellement, nous n'ayons plus de contact. Ce qui ne nous empêchera pas de nous voir.

- Et si je veux que tu sois là pour un concert, on fait comment ? On justifie comment ta présence, parce que, excuse moi, mais tu ne passes pas inaperçue !

- Edward. Je ne veux pas te retenir par pur égoïsme. Tu as besoin d'être libre pour être épanoui, voir des concerts, aller aux musées, au cinéma. Et ce n'est pas ici que tu trouveras ça.

- Mais moi je veux être égoïste, Bella. S'énerve-t-il. Je te veux à chaque fois que je joue. Je te veux dans mes bras le matin quand tu te réveilles et le soir quand tu t'endors. Je veux que tu me prennes la tête avec toi parce que je souhaiterai ne plus voir trainer tes chaussures partout. Je veux que ce soit contre moi que tu viennes pleurer parce que tu es fatiguée.

Il s'arrête quelques instants, il caresse mon visage du bout des doigts, avant de reprendre, beaucoup plus doucement :

- Je veux qu'on apprenne ensemble ce que c'est que vivre à deux. Je veux découvrir avec toi ce que c'est que faire l'amour, pas coucher, baiser ou sauter quelqu'un. Je veux t'aimer pleinement, vivre ça avec toi, seulement avec toi. Tu te veux entièrement, ton cœur, ton âme aussi noire soit-elle, mais aussi ton corps. Bien que je sais qu'on va encore attendre parce que malgré tout, il faut que je me fasse à l'idée que tu as sept ans de moins que moi. Même si j'en crève d'envie.

Je frissonne à ce qu'il vient de dire, une chaleur m'a prise au ventre sans que je puisse la contrôler. Il veut faire l'amour avec moi. Il ne me voit pas seulement comme une gamine. Il a envie de moi. Jusque là, je ne m'étais pas vraiment poser la question, notre relation est trop récente. Mais bien sûr que j'ai envie de tout découvrir avec lui. Sans plus attendre, je me jette sur ses lèvres, passionnément, religieusement. Il est ma religion, mon seul absolu, mon tout, mon parfait.

Nous nous embrassons à perdre notre souffle, à en oublier tout ce qui nous entoure. Alors qu'on se détache de quelques millimètres pour reprendre notre souffle, je me rends compte du changement de position. Je suis à califourchon sur ses cuisses, complètement écrasée contre lui. Mes mains dans ses cheveux, les siennes sous mon pull, à même ma peau. Je retiens de justesse une envie irrépressible de me frotter sur lui. Mais Edward ne me laisse pas le temps de reprendre mes esprits, puisqu'il repose ses lèvres sur les miennes. Ses paumes glissent sur mon dos avec de plus en plus de langueur. Je ne sais plus exactement où j'en suis, si ce n'est que je ne veux pas quitter cette position. Quand Edward laisse ses doigts dériver vers ma poitrine, je ne peux retenir un gémissement.

Il s'éloigne brusquement, me laissant pantelante. Avec paresse, je rouvre les yeux pour le retrouver un brin paniqué. Ses mains ont quitté mon corps et il essaye de reprendre son souffle. Je prends une grande inspiration pour lui demander ce qu'il se passe :

- Ca va ?

- Je suis désolé, Bella.

- Pourquoi ?

- De m'être laissé emporter.

- Je ne vois pas vraiment où est le problème.

- Bella, si je ne nous avais pas arrêté, je… Reprend-il contrit.

- Hé, Edward ! Je te jure que ça va.

Je pose ma main sur sa joue pour le calmer et en lui soufflant un « chut » comme on rassure un enfant.

- Je ne peux pas faire ça, Bella, pas encore. Laisse-moi le temps de m'y faire.

- Je ne te demande rien. Je ne suis même sûre moi-même de vouloir sauter le pas.

- Comment ça ?

- Tu seras le premier Edward, dans tous les sens du terme.

Il replonge ses prunelles dans les miennes et semble ébahi. Ce n'est pas parce que je suis une mafiosa que j'ai vécu des milliers d'orgies romaines, bon c'est vrai, une qui a failli super mal tourner. Je sais que Démétri n'était vraiment pas un enfant de chœur sur plan là, mais je ne pensais tout de même pas qu'Edward me mettait dans le même panier.

- Tu veux dire que jamais, tu n'as…

- Ça a failli se faire, au nouvel an de l'année dernière, mais je n'étais vraiment pas en bon état. Heureusement que Démétri est intervenu, parce que sinon…

- Tu ne savais pas ce que tu faisais ?

- J'ai retrouvé mes esprits quand ils ont essayé de me déshabiller.

- « Ils on » ? Me demande-t-il inquiet.

- Ils étaient deux… Je me suis mise à hurler, Démétri est arrivé accompagné par Lorenzo. Il a abattu le premier type et c'est moi qui ai tué le second.

- Woh !

- Mon frère participait à des soirées orgiaques. Et là, il en avait organisée une au Palazzo malgré l'interdiction des parents. J'ai voulu faire la maligne et je suis descendue au lieu de rester dans ma chambre, comme prévu.

- Et…

- On se serait cru dans un bordel de luxe, où sexe, alcool et drogue avaient les premiers rôles. Je dois avouer que ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.

- Tu me rassures.

- Moralité de cette sombre affaire, je ne toucherai plus jamais à la drogue de ma vie. On ne sait pas comment ça va finir.

- Parce que tu étais drogué ?

- Mon premier rail de coke, ma première cuite, ma première victime. Autant dire que j'ai accumulé.

- Tu me jures que tu ne feras plus jamais ce genre de chose !

- Non, c'est promis. Je peux te garantir que cela m'a vacciné pour un bon moment.

Il n'ajoute rien. Comment en sommes-nous arrivés à ce sujet alors qu'il y a dix minutes, on s'embrassait à perdre haleine. Je me réinstalle sur mon Edward de manière un peu moins tendancieuse, assise sur ses genoux la tête dans son cou. Sans prévenir, il se lève, moi dans ses bras, pour nous diriger vers ma chambre.

- Je crois qu'il est temps d'aller au lit, Miss.

- Hé, mais j'suis plus un bébé.

- Ça, ça reste à prouver !

Il m'a déposé devant ma salle de bain avant de disparaitre dans sa propre chambre. J'en profite pour enfiler sa chemise. Une fois prête pour la nuit, je file direct sous ma couette attendant qu'Edward me rejoigne. En repensant à ce qu'il s'est passé tout à l'heure, je suis finalement contente qu'il nous ait stoppés, bien que je me sois sentie frustrée. Je veux être avec lui, complètement, entièrement, mais pas comme ça, sur le canapé. Mes rêves de petite fille ne sont pas tous enterrés, j'aimerai une première fois romantique. Je sais, c'est incroyablement niais, surtout pour moi, mais pourtant… Ca me plairait vraiment. Il faudrait que j'arrive à lui en parler, je suis sûre qu'il m'écouterait attentivement, mais ça me met mal à l'aise rien que d'y penser.

Ma réflexion est interrompue par l'arrivée d'Edward dans mon lit. Sans un mot, il me prend dans ses bras et se colle à mon dos. Sa main glisse doucement sur ma hanche et son nez inspire mes cheveux profondément.

- Je t'aime Bella. Et dès qu'on le décidera tous les deux, je te prouverai jusqu'à quel point je peux t'aimer.

- Je t'aime Edward et je te veux toi plus que tout.

Je me laisse lentement glisser dans le sommeil quand l'interphone de l'appartement retentit. Nous redressons tous les deux, un peu groggy. Je sors du lit précipitamment, Edward sur mes talons, et vais ouvrir la porte. Emmet apparait devant moi, essoufflé. Lui, il a dû courir dans les escaliers.

- Isabella !

- Que se passe-t-il ?

- C'est Black, il vient de se faire tirer dessus.

- Quoi ?

- Il faut que tu viennes, apparemment, il aurait reconnu des hommes dela Camoraavec ceux de Sulpicia.

- Merde !


Tadam ! Voici un chapitre un peu plus doux que les précédents mais chez les Volturi, les emmerdes sont jamais très loin.

Bella est en mode ado puis ensuite en mode prise de tête… Une ado normale comme on l'a rarement vue mais ce serait vite oublié qu'elle n'a que 16 ans. Pour ça, Alec fait un bon partenaire de jeu.

Quand à sa relation avec Edward, elle se pose beaucoup de question. J'ai donné quelques précisions sur le mode de succession des Volturi, il est largement inspiré de ce qui se fait dans la famille royale Anglaise. (C'est Cokorico version historienne !)

Pour un éventuel lemon, je sais que certaines en sont très demandeuses, mais ils ont à peine quinze jours de relation et encore beaucoup de problèmes à résoudre. Et ce ne sont pas des lapins ! Alors cela viendra en temps voulu, pas avant. Pas la peine de réclamer, cela ne sert à rien ! Je suis Dieu dans ma fic, je fais ce que je veux…

Voilà, je vous dis à très bientôt.

Cok qui n'est pas encore descendu de son nuage « Stade Toulousain 18 fois champion de France »

« Vous n'allez pas m'emmerder avec ma famille parce que sinon je vais vous emmerder avec ce qui vous a servi à fabriquer la vôtre ! »


Ilonka : Mais, ils ne forme qu'un, intellectuellement parlant, sinon, ce n'est pas drôle ! Merci pour ton compliment, j'ai pris note de tes engagements (on ne dit pas « merci » quand on te dit « merde ») Bise.

Lilly-Rose : C'est vrai qu'Edward n'a pas envie de prendre Emmet, comme le fait Rosalie, on peut le comprendre. Là tu as vu un nouveau visage d'Alec. Pour le lemon, je m'explique plus haut. Bise.

BEA : Merci bien pour être fidèle à cette histoire malgré le temps que j'ai mis entre deux chapitres. Alice assimilée à Dark Vador, elle pette une durite et c'est la 3ème guerre mondiale. Edward au symphonique de Londres avec Tchaïkovski, moi ça me fait rêver ! Sulpicia est folle mais c'est différent de sa mère qui elle n'était qu'un boulet, il faut bien le dire… Bise.

Pauline : Merci pour ton compliment. Le chien est un élément du révolver, qu'on peut aussi appeler la culasse. Tirer sur le chien, c'est mettre une balle en position d'être percutée et donc tirer. Non, ils ne prennent pas des chiens pour cible, t'inquiète. Je suis peut-être un peu sadique mais je n'ai pas envie d'avoir Bardot sur le dos. Bise.

EdwardxbellA : Merci bien pour ton commentaire. Bella a un solide caractère mais elle n'est pas du tout invincible. Elle-même ne le croit pas, sinon, elle ne se protègerait pas de la sorte. Bise.

Malula : Merci pour ton message. Bise.

Aussidagility : Edward et Bella s'étaient déjà disputés, mais c'est vrai pas en tant que couple, bien qu'ils se soient agacés mutuellement (les conversations téléphoniques dans le chapitre à Vienne). Et puis de toute façon, c'est leur mode de fonctionnement, donc ce n'est certainement pas la dernière dispute. Bise

Lili : Y a vraiment aucun souci, je conçois tout à fait qu'on ne puisse pas laisser de commentaires régulièrement et ce quelle qu'en soit la raison. J'espère en tout cas que cela s'est arrangé. Bise.