Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Nan, je vais pas faire la liste, ou sinon, c'est po rigolo :p

Rating : M.

J'aime ce chapitre !

Lys : On se demande pourquoi...

Je l'aime bien, c'est tout !

Lys : Sans arrière-pensées ?

Sans arrière-pensées !

Lys : Alors c'est quoi, ce que tu nous fais à la fin :-)

... (rougie) Rien du tout !

Lys : Aux fans de Sorente, ayez la gentillesse de pardonner à l'auteur, mais n'hésitez pas à lui balancer des tomates pourries, c'est très bon pour le teint.

Arrête, tu leur fais peur !

Lys : :p Au fait, y'a Shaka qui se plaint, il est pas content du tout !

Et alors ?

Lys : Et alors il dit qu'il veut t'envoyer le trésor du ciel.

Aïe, ça fait bobo, ça...

Lys : Oui, c'est pas agréable.

Tu es une connaisseuse :p

Lys : ... JE TE BOUDE ! (s'en va bouder dans son coin)

Maieuuuuuuh !! Lys !! Me boude pas !! Merdouille, j'ai dis une connerie T.T

Lys : Pour changer !! (s'en va bouder dans son coin)

Dsl ! T.T

Bonne lecture !


Chapitre 24

Kiki s'affaiblit

« Tu n'es qu'une femme, Lys… Une femme !!! »

Dohko fut pris d'un sursaut. Il se calma, reprenant une respiration plus régulière. Les paupières abaissées, il devinait pourtant que le soleil était levé, et qu'il devait en faire de même. Mais il n'avait pas envie, préférant rester sous les draps, dans la tiédeur du lit. Pendant quelques instants, il se remémora la scène oubliée, puis le visage de son maître. Aujourd'hui, il trouvait cela facile. Presque trop. Mais l'asiatique sentit son cœur battre un peu plus vite et sa gorge se nouer.

Chassant ces images de son esprit, la Balance allongea le bras à la recherche d'un autre corps. Il n'en sentit aucun, la place était vide. Il soupira et ses paupières se levèrent, dévoilant ses yeux noisette. Il chercha Sion des yeux, il était devant la fenêtre, sans doute perdu dans ses pensées. Ses yeux détaillèrent sa silhouette : de longs jambes recouvertes d'un pantalon blanc, un dos nu caché par d'interminables cheveux verts, des épaules robustes.

Ses bras l'aidèrent à se redresser sur le matelas. Il rabattit les draps, s'assit au bord du lit et se leva enfin, marchant sans se presser vers le Grand Pope qui n'avait fais aucun mouvement. S'était-il rendu compte que son amant s'était réveillé ? Dohko en doutait et ça ne l'étonnait pas. Au moindre mouvement de Sion, le chevalier d'or s'éveillait. Mais, ce matin, cela n'avait pas été le cas. Ils avaient été sages cette nuit-là, il n'avait aucune raison d'être fatigué. Mais il en avait une pour rester un peu plus longtemps au lit, dans cette chambre, seul avec son ami d'enfance.

Il entoura de ses bras la taille de Sion qui sembla se réveiller. Il s'appuya contre le torse dénudé et tourna la tête vers Dohko. Celui-ci l'embrassa et le Pope se retourna vers la fenêtre. Dohko en fit de même. Il sentit les mains de Sion se poser sur ses siennes. Sa voix s'éleva dans l'air.

« Ce sera demain.

- Oui. Deux cent quarante-quatre ans qu'elle nous aura quitté.

- Tu te rends compte ? J'ai l'impression que c'était hier…

- Moi aussi.

- Si je tenais celui qui l'a tuée…

- On ne le saura jamais. »

Ce fait avait le don de le frustrrt. Quelqu'un avait tué sa sœur et il ignorait son nom. Il ne savait même pas dans quelles conditions elle avait perdu la vie. La seule chose dont il était sûr, c'est qu'elle avait dû souffrir. Quand l'armure leur était revenue, la tristesse qui émanait d'elle l'avait frappé avec une telle violence…

Dohko non plus n'avait pu retenir ses larmes, les deux armures de retour sans leur propriétaire leur avait transmis à tous leur souffrance. Tous les chevaliers d'or étaient présents, à ce moment-là. À cette époque, malgré leurs différences, ils étaient tous très liés. Et la perte de deux des leurs leur avait foutu un coup.

Dohko déposa un baiser au creux de son cou, un frisson le parcourut.

« Tu sais, parfois, quand je me réveille, j'ai l'impression qu'elle va revenir. Qu'elle va rentrer, comme ça, sans prévenir, en nous criant : « Je suis de retour ! Je vous ai manqués ?? » »

Sion sourit. Lui aussi, il avait parfois cette impression, le matin. Il se réveillait le matin, et il la voyait rentrer, parfois tranquillement, parfois comme une folle, pour qu'il se lève. Quand il se promenait, à chaque détour, il croyait la voir passer, courir au détour d'un couloir ou d'une rue, rester quelques secondes devant une statue, sortir d'un magasin… Chaque année, c'était pareil.

À cette période de l'année, elle semblait revivre. Mais lui, il se sentait mourir. Il ne comptait plus les bouteilles qu'il avait vidé en pensant à elle, en voulant sombrer dans le sommeil et se rapprocher encore plus des souvenirs qu'il avait d'elle. Dohko n'avait jamais touché à l'alcool, ce n'était pas son truc. Mais lui aussi, il déprimait. À sa façon.

D'un rapide mouvement, Sion se retourna dans les bras de Dohko et s'empara passionnément de ses lèvres. Dohko, surpris sur le coup, ferma bien vite les yeux, répondant aux assauts passionnés du Pope. Rester un peu plus longtemps au lit ne leur ferait certainement pas de mal.

OoO

Shaka traversa vite les deux derniers temples. Il se retourna, vit qu'il n'y avait personne et ralenti sa marche en descendant les marches menant à la maison du Bélier. Sorente ne le suivait pas, c'était déjà ça. L'indou s'était rendu à l'évidence : le général de Poséidon avait un faible pour lui. Et il était plutôt gros le faible. Aiolia avait raison, Sorente le regardait trop pour être innocent, et cela avait tendance à l'énerver. La veille, il était sorti de son temple, et c'était limite si la Sirène ne lui avait pas sauté dessus, comme un vendeur dans une bijouterie.

Une légère aura entoura son corps, une façon comme une autre de dire aux occupants du temple qu'il arrivait. Soudain, il vit Kiki sortir des appartements de son maître. L'enfant lui adressa un sourire et partit en courant. La Vierge resta paralysée sur sa marche, les yeux grands ouverts. Très inquiet, il entra chez Mû et le trouva dans la cuisine avec Saga. Tous deux buvaient leur café mais se semblaient pas très bien; Il s'efforcèrent de sourire au blond qui s'assit. Le Gémeau se leva pour lui sortir une tasse.

« Qu'est-ce qui arrive à Kiki ? Il est très pâle !

- Trop, si tu veux mon avis. »

Saga posa la tasse et lui servit du thé.

« Ça ne s'arrange pas du tout.

- Je pensais que c'était bonne voix, mais non. »

Mû ne cachait pas son inquiétude. Il semblait las.

« Hier, il a disparu tout l'après-midi, les apprentis étaient très inquiets puisqu'ils ne le trouvaient pas, raconta Saga. Nous nous sommes inquiétés aussi. Il est rentré vers six heures.

- Il était si pâle que nous ne sommes pas venus au dîner. On ne pouvait pas l'amener comme ça.

- Je comprends, vous avez eu raison.

- Saori n'a pas dû être contente.

- Elle n'a rien dit, mais elle était contrariée. Kanon et Rhadamanthe n'étaient pas là non plus.

- Ils sont venus ici, expliqua Mû.

- Comment s'est finie la soirée ? Demanda Shaka.

- Kiki a mangé, il est parti dans sa chambre et, une demi-heure plus tard, il dormait, répondit le grec.

- Il n'a pas voulu vous dire où il était passé.

- Non. Mais ça m'inquiète de plus en plus. Cet après-midi, je vais l'entraîner un peu, pour l'occuper.

- Tu as raison, Mû, mais s'il se trouve mal ? Il n'a vraiment pas l'air bien.

- Dans ce cas, je vais le surveiller. Si je suis avec lui, il ne va pas disparaître comme ça.

- C'est sûr.

- Si tu as besoin, je suis là.

- Merci. »

Mû sourit franchement à son compagnon d'arme. Il était décidé, il n'allait pas quitter Kiki une seconde. Et même s'il allait devoir faire ça une semaine, même plus, il le ferait. Son état était des plus inquiétant, il ne pouvait pas le laisser partir comme ça, sans rien faire, à le voir… dépérir ?… Oui, dépérir.

Kiki dépérissait, son teint blafard, son manque d'appétit et son envie de dormir en était les preuves flagrante. Ils avaient pourtant essayé de bien le nourrir, la veille, mais il était à deux doigts de vomir ce qu'il avait réussi à avaler lors du repas. Kanon et Rhadamanthe connaissaient peu l'enfant, mais ils partageaient l'inquiétude de Saga et Mû.

Des pas retentirent dans les escaliers, on toqua bientôt à la porte. Saga posa la main sur l'épaule de Mû qui allait se lever pour lui intimer de rester assis et il partit ouvrir. Il était étonné, car en général, tout le monde rentrait sans frapper. Il ouvrit la porte et fut surpris de voir une horde d'apprentis rangés les uns derrières les autres, la tête levée vers lui. Un petit rouquin, qui s'était beaucoup inquiété hier, s'avança pour lui parler.

« Kiki a disparu ! On le trouve pas ! »

Et merde, se dit Saga.

OoO

Son manteau fut vite enfilé pour atténué la froid qu'il ressentait. La cabane était gelée, il n'y avait plus de feu qui brûlait. Avant, cela ne l'avait guère gêné, mais là, il ressentait encore plus le froid, et il hésitait à sortir dehors, car c'était encore pire qu'à l'intérieur.

Kiki n'arrivait pas à comprendre. La vieille, Mû l'avait une fois de plus copieusement disputé, mais il ne s'en étonnait plus. Cependant, il avait été peiné de savoir qu'il ne monterait pas en haut pour dîner. Kiki était d'une pâleur affreuse, et il s'était lui-même fait peur quand il s'était regardé dans la glace. Il se demandait si cela avait un rapport avec ses visite dans le tunnel.

Quand la jeune femme l'avait pris dans ses bras, lui transmettant sa chaleur, il s'était senti très bien. À sa place. Mais quand il s'en était extirpé, un frisson l'avait parcouru, il avait à nouveau froid. Il aurait voulu rester plus longtemps contre elle, mais il devait s'en aller, il était tard. L'enfant avait pris sa douche. L'eau chaud lui avait fais un bien fou. Mais, en en sortant, son corps avait tremblé de froid, comme s'il avait une forte fièvre.

Il ne l'avait pas caché à Mû qui l'avait gardé un bon moment contre lui, dans sa chambre. Saga n'était pas encore rentré, à ce moment-là. Au moment du repas, l'enfant n'avait plus faim et se sentait à deux doigts de vomir. Rentré dans sa chambre, il s'était couché et avait sombré dans la sommeil.

Non, ce qui lui arrivait n'était pas normal. Normalement, il allait l'après-midi voir la jeune femme au nom inconnu, mais il avait besoin de lui parler, de lui dire qu'il n'allait pas bien et qu'il ne comprenait pas pourquoi. Kiki avait essayé de parler à son maître, mais il n'avait pas réussi, les mots étaient restés coincés dans sa gorge. Il ne pouvait parler de son état qu'à une personne, et c'était elle.

Prenant son courage à deux mains, ils sortit de la cabane vraiment trop froide. L'apprenti ne savait pas s'il était mieux à l'intérieur qu'à l'extérieur, préférant vite se téléporter près du trou et échapper à ce froid atroce. Il avait l'impression que c'était encore pire que la veille. Il sauta dans le trou et poussa à nouveau un cri.

Des larmes coulèrent sur ses joues, le froid semblait le pénétrer au plus profond de lui-même. Courageusement, il marcha jusqu'aux grandes portes. Il s'effondra dessus, sans force, les membres paralysées, une douce panique s'insinuant dans son esprit tourmenté.

Elles s'ouvrirent sans effort et il tomba dans l'antre noire. Il se releva avec difficulté, suffocant. Il tentait de chasser la terreur qui le prenait, une terreur qui n'avait aucune raison d'être mais qui lui paralysait les membres. Tout tremblant mais les larmes rares, il commença à marcher. Il avait toujours froid, mais moins, et la peur se dissipait. Son cœur battait moins vite. Il était conscient qu'il venait de se faire une belle frayeur pour rien. Il n'était pas normal, vraiment.

Une sphère de lumière apparut au creux de sa paume clair et il avança. Ses pas ne résonnaient pas dans le silence de la pièce ténébreuse, mais il n'y faisait plus attention. Les longues barres de métal apparurent, mais il ne vit pas la jeune femme. Étonné qu'elle se soit pas là alors qu'il avait quand même pas mal marché, Kiki s'arrêta, ayant trop peur de s'aventurer trop loin et de ne plus retrouver son chemin.

L'enfant commençait à avoir peur quand le cliquetis des chaînes lui parvint, ainsi que le froissement d'un tissu, puis les pieds nus sur le sol de pierre. Il esquissa un sourire quand elle apparut devant lui. On aurait dit un ange, avec son voile de longs cheveux blonds qui tombait dans son dos, son visage blanc aux traits fins, ses lèvres fines et bien dessinées, ses yeux d'un bleu presque trop clair.

Aussi soudainement que la première fois qu'il l'avait vu, elle se laissa tomber par terre. Assise sur le sol, les jambes sur le côté. Une main sur un barreau, elle questionnait Kiki du regard. Pas de doute, elle savait que ce n'était pas normal qu'il soit là à cette heure-là. Il s'assit devant elle et sortit deux pommes de sa poche qu'il posa par terre. Il la regarda. Il savait plus quoi lui dire.

« Me suis fais disputé par Mû, hier. »

La jeune femme haussa les épaules et leva les yeux, l'air de dire « ça change pas ».

« Il était pas content, je suis rentré tard. Les autres apprentis s'inquiétaient pour moi. Ils m'aiment bien. »

Elle hocha la tête. Oui, il était adorable comme gamin.

« Saga aussi s'inquiète. »

Un sourcil levé et interrogatif le fit sourire.

« Je ne te l'avais pas dit ? C'est l'amoureux de mon maître. Oui, il est gay. »

À nouveau, la blonde haussa les épaules, mais voulant plutôt dire : « Pas grave, ça ».

« Ça te gène pas ? Tu trouves pas ça un peu bizarre ? »

Elle hocha négativement de la tête et le montra du menton, lui demandant son avis.

« Moi ? Je m'en fiche, du moment que Mû est heureux. Peut-être qu'il le serait plus sans moi. »

La blonde fit « non » de la tête.

« Tu crois ? Mais il ne s'occupait plus de moi… Et Saga est venu si vite au premier temple… »

Kiki la regardait quand il parlait, guettant ses réponses. Elle avait un peu baissé la tête, regardant dans un coin. Il commençait à connaître ses expression, et celle-là voulait dire qu'elle cherchait un moyen de s'exprimer, la parole lui faisant défaut.

« Je vais m'y habituer. Et puis, Saga est gentil avec moi. »

L'enfant semblait un peu triste. La blonde, d'un geste rapide, passa ses mains entre les barreaux et lui pinça gentiment les joues. Kiki poussa un petit cri, s'échappa des doigts froids et fit un sourire. La blonde lui souriait doucement. Il se sentait apaisé. Il avait confiance en elle. Alors, Kiki lui parla.

« Hier, je me sentais bizarre. »

La blonde pencha un peu la tête sur le côté, les sourcils légèrement froncés, l'air de dire « Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? ».

« Quand je suis rentré, j'étais tout blanc. »

Elle fronça un peu plus ses fins sourcils blonds.

« Si, j'étais tout blanc. Je me suis fais peur, quand je me suis vu dans le miroir. »

La jeune femme semblait étonnée, ses yeux étaient grand ouverts.

« Quand je le suis lavé, j'étais bien sous l'eau chaude. Mais quand je suis sorti, j'était tout tremblant ! Comme si j'avais de la fièvre, j'avais vraiment très froid. Mû me serré dans ses bras pour le réchauffer, mais j'ai mis longtemps avant de me sentir mieux. »

Elle semblait pensive, les yeux baisés. Kiki comprit qu'elle essayait de chercher la source du problème. Bizarrement, il sentait qu'elle allait la trouver. Il continua.

« Et je n'ai presque rien mangé. »

Elle leva subitement la tête, les sourcils légèrement froncés. Kiki sursauta.

« J'avais envie de vomir. Quand je suis rentré dans ma chambre, je me suis couché, j'avais trop envie de dormir. »

Kiki avait baissé les yeux, honteux de la faiblesse qui l'avait emporté, la veille. Il ne vit pas la peur dans les yeux et sur les traits de la jeune femme. Elle savait ce qui lui arrivait. Ses lèvres bougèrent, mais aucun son n'en sortit. L'enfant releva son visage vers elle. Toute trace de tourment avait disparu de son visage clair.

« Tu sais ce qui m'arrive ? Hein ? »

Elle ne savait pas quoi répondre. Dire « oui » revenait à lui donner une explication qu'elle ne pouvait lui fournir, dire « non » le laissait dans l'ignorance et dans le danger. Elle hocha la tête. Il baissa la sienne.

« Bah, c'est pas grave. »

Il regarda sa montre.

« Oh, mais il est presque midi ! Je dois y aller, où Mû va encore me disputer. Peut-être que je reviendrai cet après-midi. »

Soudainement, elle secoua vigoureusement la tête. Kiki, étonné, ne comprit pas.

« Ne t'inquiète pas, c'est pas grave si Mû me gronde… »

La blonde continuait à secouer la tête. Non, il ne fallait pas qu'il revienne. Surtout pas.

« Si, je reviendrai ! Et demain, je t'apporterai autre chose. Ne t'inquiète pas ! »

Kiki lui fit un beau sourire, ignorant le mouvement de sa tête et la… peur ?… qu'il lisait dans ses yeux bleus. Il partit. Elle s'accrocha aux barreaux, passant son visage entre les barreaux. Ses lèvres s'ouvrirent, elle voulut crier le nom de l'enfant. Mais aucun son ne sortit. Elle essaya à nouveau, mais le résultat restait le même. Une boule dans la gorge, elle baissa la tête, impuissante.

OoO

« Shiryu ! »

Le Dragon se retourna et esquissa un sourire à son maître. Il le trouvait un peu fatigué, ce qui n'était d'ailleurs pas faux, car Dohko n'avait pas très bien dormi cette nuit-là et il avait… « flemmardé » au lit le matin. Mais il n'allait pas dire qu'il avait eu une séance de gym avec leur Grand Pope vénéré.

« Vous semblez fatigué, maître.

- Mauvaise nuit.

- Vous aussi ? Sion parait de mauvaise humeur, en plus d'être fatigué.

- C'est sa mauvaise période.

- C'est-à-dire ?

- Lui et moi, nous avons perdu un être cher, et c'est, disons, l'anniversaire de sa mort, demain. »

Shiryu, stupéfait, ne savait que dire. Il préféra se taire. Dohko ne semblait, c'était vrai, pas au meilleur de sa forme. Ce mauvais souvenir ne pouvait lui être bénéfique, et il ne savait pas à quel point il était douloureux de se souvenir de personnes qu'on a beaucoup aimé, et qu'on aime encore, malgré la mort. La Balance changea de sujet, ils n'avaient pas besoin de s'appesantir.

« Où allais-tu ?

- Au arènes. J'espérais y retrouver Kiki, ça fait quelque temps que je ne le vois plus, en dehors des repas.

- Il ne va pas très bien, en ce moment.

- C'est ce que j'ai cru comprendre. Seika est inquiète pour lui. Vous venez avec moi ?

- Avec plaisir.

- Mais et Sion ? Où est-il ?

- Dans son bureau, il ne veut pas sortir. Il est sûrement en train de jouer avec Ambre.

- Ambre ?

- Le python. »

Dohko lui fit un grand sourire, vraiment amusé de l'expression dégoûtée de Shiryu. Ce serpent lui avait foutu un coup, lui qui n'aimait vraiment pas les reptiles. C'était surtout voir son maître prendre le gros python sur ses épaules comme s'il s'agissait d'un banal animal qui l'avait stupéfié.

« Comment vous avez pu prendre ce serpent sur vos épaules ?

- J'avais l'habitude, et elle n'est pas méchante.

- Moi, ce serpent me fait peur.

- Impressionnante au début, mais on s'y fait.

- Elle n'a jamais essayé de vous étrangler ?

- Si, deux ou trois fois. Sans doute plus.

- Comment ?!

- Mais je suis toujours vivant. »

Shiryu ne pouvait répondre au sourire radieux de la Balance. La discussion en resta là, le japonais ne voulait pas penser au python albinos, que Seiya avait d'ailleurs aimé toucher. Seiya… Shiryu avait de moins en moins de doutes : ses sentiments vis-à-vis de son demi-frère était plus que de l'amitié, aussi fort soit-elle. L'évidence lui avait vite sauté aux yeux : il l'aimait. Oui, il aimait Seiya.

Comment en avait-il été sûr ? Sûrement en voyant Hiroshi, ancien camarade et également demi-frère, rester presque constamment collé à Pégase qui ne faisait pas grand-chose pour se débarrasser du bavard jeune homme. Shiryu jugeait sa jalousie puérile, mais il se souvint qu'il n'avait que quatorze ans, presque quinze. Et à cet âge-là, bon nombre de des enfants étaient encore puérils.

Ils arrivèrent bientôt aux arènes. Tous les nouveaux chevaliers arrivés au Sanctuaire étaient là en train d'entraîner leur apprentis. Ils virent Seiya, Shun et Hyoga, assit sur les hautes marches, regardant les apprentis s'essouffler en bas. Ils montèrent, le Dragon prit place à côté de Pégase qui lui sourit en guise de salut, Dohko s'assit à côté de lui. Ils regardèrent les apprentis se battre les uns contre les autres, de façon à juger leur force face à un adversaire.

Ludwig et Niguel se battaient dans un coin, échangeant des coups sans se toucher ou peu. Michael avait pour adversaire Élise. Il était plutôt gentil, la petite fille étant un peu lente. Jin affrontait Rei, mais ces deux-là, par contre, n'hésitaient pas à s'envoyer des coups. Hoa et Lilo se battaient ensemble et, dans un autre coin, Rei et Kiki s'affrontaient plutôt gentiment. Ou plutôt, Rei y allait doucement avec l'autre apprenti qu'il sentait fatigué et sa pâleur ne le rassurait pas du tout. Par compassion, il n'allait pas trop vite, même s'il savait que son maître allait lui faire une réflexion.

Les professeurs restaient près de leurs apprentis respectifs, criant des ordres de temps à autre. Mû y faisait exception. Non pas parce que son apprenti était fatigué, mais plutôt parce qu'il savait que hurler sur son apprenti allait l'épuiser plus qu'autre chose. À deux reprises, Esteban avait ordonné à Rei de mettre plus de force dans ses coups. Mû avait lancé un regard étrange qui lui avait donné des frissons dans le dos. Le chevalier du Lynx avait donc laissé son apprenti se battre tranquillement, presque avec amusement, avec Kiki.

Les combats durèrent un petit moment, sans interruption, malgré la chaleur du soleil de Grèce et la sueur qui collait à la peau des apprentis. Cela avait duré assez longtemps, alors Mû dit aux deux apprentis d'arrêter de se rafraîchir avec bonheur, les deux enfants virent boire l'eau fraîche que le chevalier d'or venait tout juste de faire téléporter. Hiroshi et Andréa l'imitèrent, leurs apprentis cessèrent le combat et, timidement, virent chercher de l'eau auprès du Bélier qui leur en donna avec un sourire. Quant aux trois chevaliers d'argent, ils ne firent pas cesser les combats.

Un petit cri retentit dans l'arène. Les chevaliers divins et d'or virent avec stupéfaction Hoa frapper sans ménagement Lilo qui avait refermé ses yeux clairs, qu'elle avait jusqu'alors maintenus fermés. Elle ne pouvait se relever, se voyant rien et déstabilisée. Shiryu et Dohko comprirent de suite que l'enfant était aveugle.

« Arrête !! »

Dohko, debout, avait presque hurlé, furieux. Stupéfaite, Hoa avait cessé ses coups, regardant avec énervement, presque avec colère, le chevalier d'or qui l'avait interrompu. Victoria, le visage caché, le fusilla du regard alors que l'asiatique descendait en bas.

Les quatre chevaliers divins le suivirent, inquiets pour l'enfant. L'asiatique prit doucement le bras de la petite fille qui trembla, perdue. D'une voix douce, il lui dit de ne pas avoir peur, il allait l'aider. Il l'aida à se relever, elle lui prit la main et, tremblante, ne voulut pas la lâcher. Dohko regarda Victoria.

« Je vais m'occuper de la petite.

- Comment ?! »

La femme chevalier était furieuse. De quel droit voulait-il lui prendre son bouc émissaire ?

« La petite est aveugle et il me semble que vous êtes un peu trop exigeante envers elle. Je vais m'en occuper, et si vous y voyez un inconvénient, faites-le savoir au Grand Pope ou Athéna. »

Ignorant le regard meurtrier qu'il devinait sous le masque et ceux stupéfait des saint divins, il se pencha vers la petite fille qui n'en revenait pas.

« Je vais m'occuper de toi. »

Il marcha vers Mû pour avoir de l'eau, ordonnant aux apprentis au bord de l'épuisement de cesser le combat, ils étaient trop fatigués pour continuer à s'envoyer des coups sous ce soleil de plomb. Les autres chevaliers d'argent ne dirent rien, les apprentis, se soutenant, couraient presque vers le tibétain qui leur donnait à boire.

Lilo prit une petite bouteille et approcha le goulot de ses lèvres. L'eau fraîche lui fit un bien fou. Quand elle eut étanché sa soif, la Balance l'emmena hors des arènes pour la connaître un peu mieux. Laisser cette gamine aveugle toute seule à se laisser battre sans pouvoir se défense, c'était quelque chose qu'il ne pouvait supporter.

OoO

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi serein. Une éternité, lui semblait-il. Maintenant, assis sous les arbres de Twin Sal, il se pensait à rien, en paix avec lui-même. Il avait enfin réussi à méditer. Shaka ignorait quelle heure il pouvait être, et il n'en avait cure. Les yeux clos, posé contre un tronc, dans l'air calme et eaux douces senteurs, l'indou aurait pu rester là des années.

La fatigue se fit sentir, il avait besoin de dormir un peu. Ses paupières se soulevèrent, révélant ses deux prunelles azur. D'un souple mouvement, il se leva et rentra dans son temple, puis dans ses appartements. Toujours vêtu de son sari, il passa dans la cuisine se servir un verre d'eau et voulut aller se coucher.

On frappa à sa porte. Avec un soupir, il partit ouvrir. Il cacha son étonnement quand il vit Sorente à sa porte. Il se maudit d'être assez poli pour ouvrir la porte à une heure pareille au lieu d'ignorer l'individu qui avait le culot de taper à dix heures du soir. La Sirène lui fit un sourire charmeur et entra. La Vierge, qui avait vraiment envie d'aller se coucher, espéra qu'il ne resterait pas très longtemps.

« Shaka, excuse-moi de venir à une heure pareille, mais j'avais besoin de te parler.

- Ce doit être important, ou du moins je l'espère.

- Et bien… Ça fait un moment que… Je…

- Sorente, je suis fatigué, alors s'il te plait, sois rapide. »

Je le serais si tu n'étais pas aussi beau dans ce vêtement, répliqua intérieurement la Sirène. Il trouvait Shaka vraiment magnifique, et dans ce vêtement oriental, le blond était bien plus beau, plus étrange encore, que dans ses habits habituels. S'il s'écoutait, il l'aurait embrassé sur le champ. Mais il ne devait pas trop s'écouter, ou cela pourrait mal tourner.

« Je t'aime. »

Cette fois, la Vierge se cacha pas sa surprise. Il ne doutait pas de l'attirance que ressentait la Sirène pour lui, mais delà à lui avouer de but en blanc qu'il l'aimait, oui, ça l'étonnait. Sorente se retint de rougir quand, les sourcils arqués par la surprise, Shaka planta son regard dans ses yeux, cherchant sans nul doute les intentions cachées de la Sirène.

Méfiant tout de même, il se résolut à laisser de côté ses préjugés. Mais après tout, Kanon, au cours d'une discussion, avait quand même sous-entendu que Sorente était du genre à tomber facilement amoureux. Mais pas bien longtemps. Shala soupira.

« Je suis flatté, mais je suis désolé…

- Ce n'est pas réciproque ?

- Désolé, mais non. »

Un silence suivit sa réplique. La Sirène soutint son regard, regardant ses magnifiques yeux bleus cachés trop longtemps, mais il finit pas le baisser. Il sentait les larmes affluer. Il n'avait jamais subi de refus, de rejet, du moins aussi catégorique. La honte et la tristesse se mêlaient dans son corps. L'indou était désolé, mais il ne pouvait donner au général ce qu'il voulait. L'Amour, ce n'était pas sa tasse de thé. Quant à une possible attirance, Sorente n'en était pas l'objet.

« Je préfèrerai qu'on s'en tienne là. Restons amis. Je ne pense pas que je pourrais te rendre tes sentiments. Bonne nuit. »

Shaka le dépassa sans un regard en arrière. Il savait qu'il avait été froid. Très froid. Mais il ne devait pas lui laisser d'espoir, cela lui ferait plus de mal qu'autre chose. Bizarrement, il n'avait plus autant envie de dormir. Le blond rentra dans le salon pour se prendre un livre. Devant sa bibliothèque, il en prit un au hasard.

Soudain, un air de musique s'éleva dans tout l'appartement, pénétrant l'esprit de Shaka. Il en lâcha son livre, et se retourna vers l'entrée de la pièce. Sa flûte entre les lèvres, Sorente défiait du regard le chevalier d'or. L'air se fit plus violent, lui perçant les tympans, et son esprit s'embrouilla. La Vierge cria de douleur et se boucha les oreilles avec ses mains, même si la musique parvenait à passer entre ses doigts. Il se sentait crispé, ses membres raidis, le cœur battant à la chamade. Il sentait incapable de bouger, seuls des tremblements faisaient légèrement mouvoir son corps.

La peur s'insinuait en lui, il avait de plus en plus conscience que son corps ne lui appartenait plus. Shaka avait beau essayer, ses bras et ses jambes refusaient d'esquisser le moindre mouvement. La mélodie démoniaque pénétrait son esprit, il demeurait incapable de bouger.

Sorente, à pas lents, rentra dans la pièce, sa flûte toujours au bord des lèvres, ses doigts s'élevant ou s'abaissant sur les touches dorées. Il regardait presque avec amusement Shaka trembler, prisonnier de sa musique, tentant d'y échapper en se bouchant les oreilles. Mais il était trop tard, la Vierge avait perdu. Il était immobilisé.

Shaka était à lui. Le puissant chevalier d'or, l'homme le plus proche de Dieu, celui qui était capable de faire disparaître les sens de ses ennemis. Ce même homme capable d'aller en Enfer vivant était devant lui, ses yeux écarquillés rivés sur le sol, victime de la douce mélodie de sa flûte. Shaka était magnifique. Malgré la peur qu'il lisait dans ses yeux, ses traits légèrement déformés par la souffrance, il n'avait rien perdu de sa beauté.

L'air changea, il se fit un peu plus doux, mais son emprise sur Shaka restait la même. Le cœur de ce dernier sauta dans sa poitrine quand il se sentit se lever, malgré lui, telle une marionnette. Il se vit marcher jusqu'au canapé et s'y asseoir. Il leva les yeux vers Sorente, le fusilla du regard.

« Laisse-moi. »

La Sirène ne lui répondit pas. Shaka crut voir le coin de ses lèvres se lever légèrement, il devait s'amuser de la situation. Shaka avait terriblement honte de la situation, de sa position. Mais il ne pouvait rien faire, à part garder ses mains sur ses oreilles, même s'il savait que ça ne changerait rien à la situation.

L'hindou n'arrivait pas à penser normalement, la musique envahissait son esprit, prenait toute la place. Sorente s'avança vers lui, le blond refit sa demande, la criant presque, comme pour couvrir le bruit. Il vit la flûte s'abaisser, l'autrichien ne soufflait plus dedans. Pourtant, la musique était toujours là, moins forte, mais toujours aussi imposante. Ses membres paralysé, il regarda avec colère le jeune homme s'avancer vers lui.

Soudain, Sorente lui prit les poignets et le renversa sur le canapé. Shaka retint un cri, mais se débattit faiblement, il avait du mal à se concentrer et ses jambes lui obéissaient faiblement. La Sirène retint ses poignets avec une seule main, chercha quelque chose dans sa poche.

Shaka eut peur. Qu'allait-il lui sortir ? Le chevalier d'or n'avait jamais eu de quelconque rapport charnel avec qui que ce soit. Il se l'avouait à lui-même, les évènements qui se précipitaient lui foutait la trouille. Il n'était pas pervers, mais vu leur position et ce qu'il sentait contre sa cuisse, non, Sorente n'allait pas se contenter d'un chaste baiser.

De sa poche, Sorente sortit une pastille qu'il mit dans sa bouche. Sans prévenir, il colla ses lèvres à celles de Shaka qui sursauta. Il lutta pour les laisser fermer. La Sirène posa une main sur son entrejambe, la Vierge sursauta et voulut lui crier dessus. Erreur. Sorente introduisit sa langue entre les lèvres et le cachet arriva dans sa bouche.

Shaka voulut lutter, recracher le comprimé, jeter la Sirène par terre. Il bougeait comme il pouvait, mais rien n'y faisait. L'autrichien caressait sa langue, leur salive se mêlait, le goût de la pastille envahissait sa bouche. Shaka n'y connaissait rien en la matière, mais vu la chaleur qui se répandait dans son corps, il comprit de suite que c'était un aphrodisiaque. La Sirène caressait son entrejambe, parcourait son torse de sa main libre. Et une vérité lui sauta au visage : il allait se faire violer. Vraiment. Il n'avait aucun moyen de se soustraire au corps du général qui l'écrasait.

Le cachet avait finit de fondre. Sorente releva la tête pour admirer le visage du chevalier d'or, bien excité lui aussi par l'aphrodisiaque. Il était particulièrement puissant, la Sirène était à deux doigts de retourner Shaka et le prendre, là, tout de suite.

Sa bouche libre, le blond n'attendit pas et lui cria de le laisser. Dans peu de temps, il n'aurait plus la force de lutter. Alors il se débattit et cria de le laisser. Shaka lui résistait encore. La colère déforma ses traits. Il devenait fou. L'aphrodisiaque le rendait fou. Il gifla alors l'indou.

« Mais qu'est-ce que tu fous ?! »

L'autrichien n'eut pas le temps de réagir qu'un main puissant l'empoigna par le bras et le jeta par terre. Shaka, les joues rougies et le torse à demi-dévêtu, regarda avec surprise et soulagement Aiolia qui frappait sans ménagement la Sirène, la fureur se lisant sur son visage. Le Lion lui ordonna de déguerpir, le général s'exécuta sans répliquer.

Un silence s'installa dans le salon. Shaka, qui n'entendait plus la musique dans son esprit, se redressa, enfin libre de se mouvoir. Enfin, libre… Il avait très chaud, il se sentait incroyablement excité et avait du mal à aligner un mot derrière l'autre. Conscient de sa détresse, Aiolia s'assit près de lui et lui prit les épaules. Il était très inquiet, et il regretta d'avoir hésité à venir, quand il avait entendu le son de la flûte traversière.

« Tu vas bien ?

- Moyen…

- Pourquoi tu ne t'es pas défendu ?!

- Pouvais pas… M'a fais avalé un comprimé… »

C'est à ce moment-là qu'Aiolia vit dans quel état se trouvait son ami. Ses joues d'habitude claires étaient rougies, ses yeux brillaient étrangement, son corps tremblait un peu et il n'osait baisser le regard pour voir plus bas. Shaka rougit et baissa la tête, il avait vraiment honte de son état. Il avait envie de sauter au cou d'Aiolia pour se sentir rassuré, Sorente lui avait fais une belle peur. Peur du viol.

Mais d'un autre côté, il était terrifié à l'idée de perdre tous ses moyens une fois contre lui. Il était horriblement excité, il devait aller dans la salle de bain et vite. Quant à Aiolia, ses joues prirent une jolie teinte pivoine. Shaka, ainsi allumé, lui donnait une furieuse envie de combler les envies provoquées par la drogue. Mais dans ce cas-là, il ne valait guère mieux que Sorente.

Aiolia prit les épaules de son ami.

« C'est fini, maintenant. Viens, je vais t'accompagner dans ta chambre. »

Shaka hocha de la tête. Aiolia se leva, passa son bras sous les genoux et dans le dos du chevalier de la Vierge, et le souleva doucement. Le blond se laissa aller contre le torse musclé de son ami. Le chemin entre le salon et sa chambre lui parut interminable, mais quand le Lion ouvrit la porte en poussant le battant avec son pied, Shaka ne voulut pas descendre. Il se sentait bien, là, entre ses bras. Il avait chaud, il avait besoin de se soulager.

Redressant le visage, il rencontra les yeux bruns du Lion. Aiolia soutint le regard de l'indou et ouvrit de grand yeux quand il sentit ses lèvres se poser doucement sur les siennes. Ses paupières s'abaissèrent, il profita du chaste baiser qui devint vite plus pressant. Shaka entrouvrit ses lèvres cette fois sans aucune résistance, laissant la langue mutine chercher la sienne, la caresser tendrement, taquinant son palais, le fond de ses joues.

L'indou gémissait sans retenue, savourant ce baiser, enroulant ses bras autour du cou du brun qui le tenait toujours dans ses bras. À bout de souffle, ils s'écartèrent. Aiolia, à coutrecœur, décida d'être raisonnable.

« Shaka, restons-en là.

- Pourquoi ? Tu n'en a pas envie ?

- Tu n'es pas dans ton état normal, tu regretteras demain.

- Non, je ne regretterai pas. Je peux te faire confiance, non ? »

Aiolia ne pouvait quitter du regard les yeux bleus brillants du si sage chevalier de la Vierge. Aiolia avait envie de Shaka. Seika semblait à des années lumière de là, il prit sa décision. Le brun reprit possession des lèvres, échangeant un baiser langoureux avec l'indou qui répondait passionnément. L'aphrodisiaque avait chassé la partie prude du chevalier. Aiolia se croyait en train de rêver. Jamais il n'avait osé espérer pouvoir embrasser aussi passionnément le chevalier le plus proche de Dieu, lui qui lui avait toujours semblé si inaccessible auparavant.

Son pied poussa et referma la porte. Aiolia déposa délicatement Shaka sur le lit. Il quitta ses lèvres, embrassant sa joues, sa mâchoire, descendant dans sa gorge, mordillant la peau tendre du creux de son cou. Ses mains s'activaient à défaire le haut du sari.

Des soupirs de bien-être s'échappaient des lèvres rosies du blond. Il défit un à un les boutons de la chemise du Lion, gêné par les lèvres qui déposaient mille baiser sur sa peau et les mains qui parcouraient son torse, son dos, retraçant la ligne de sa colonne vertébrale. Des frissons inconnus lui arrachaient des soupirs. Il chercha les lèvres du brun, celui-ci les emprisonna, suçant la lèvre inférieur, léchant celle du haut. Aiolia mit sa main sur la nuque du blond, l'invita à se coucher. En confiance, Shaka s'étendit sur le lit, ses longs cheveux d'or tout autour de lui.

Le chevalier du Lion quitta la bouche de son nouvel amant et s'attaqua aux tétons dressés, suçotant l'un, pinçant l'autre entre deux doigts. Il sourit en entendant Shaka gémir. Il sentait Aiolia frotter sa cuisse contre son entrejambe, et des vagues de plaisir, de désir, montaient en lui, une foule de sentiments encore inconnus pour lui. Il ne pouvait retenir ses gémissements, exprimant le bien-être qu'il ressentait sans aucune retenue, à la grande joie du Lion qui se délectait des sons que produisait Shaka.

Le blond caressait les épaules musclées de son compagnon d'arme, les cheveux châtains et bouclés, le dos qu'il pouvait parfois atteindre. L'indou avait très chaud et se sentait à deux doigts d'exploser. Le grec glissa sa main sous le reste du sari et toucha le sexe érigé de Shaka qui sursauta et jouit entre ses doigts.

Ses joues rougirent furieusement, il revint subitement à la raison. Et il était très gêné. La situation ne l'ennuyait guère, c'était plutôt le fait d'avoir éjaculé dans la main du Lion qui lui donnait envie de se cacher dans un trou. Aiolia sourit devant la gêne apparente de Shaka. Ses lèvres se posèrent son front, passant sur le chakra rouge, descendant sur l'arrête du nez, puis sur les joues et enfin sur ses lèvres.

D'abord hésitant, le blond répondit au baiser langoureux du Lion qui se faisait passionné, sa main s'activant doucement sur le membre humide de sperme. Aiolia s'écarta à nouveau et descendit le longs du corps chaud et humide de l'indou, qui était maintenant nu. Il prit d'un coup le membre en bouche, Shaka poussa un cri de surprise, sentant les parois humides autour de lui, puis un long gémissement alors qu'Aiolia s'appliquait à lécher trop lentement le sexe gonflé. Le blond avait relevé les jambes, genoux pliés, et se tenait aux draps, le corps secoué de spasmes. Le grec caressait les cuisses fermes sans cesser son mouvement de va-et-vient avec sa bouche.

Shaka avait perdu pied, il ne savait plus où il était, il n'était conscient que de ces lèvres et cette langue autour de son sexe. Le plaisir le submergeait, c'était trop bon. Il luttait pour ne pas plonger ses mains dans les cheveux bruns d'Aiolia pour aller plus vite. Il sentait qu'il allait se libérer, il tenta de la faire comprendre au Lion. Mais sa voix saccadée et rauque le surpris et, soudain, il se répandit dans la bouche de son compagnon d'arme.

Le corps encore agité, il regardait le plafond, ou plutôt cette grande surface sombre au-dessus de sa tête. Son cœur battait fort dans sa poitrine, le plaisir qu'il venait de le faire exploser était toujours là, voilant ses yeux bleus. Yeux bleus qu'Aiolia admira, malgré la semi obscurité de la pièce. Le Lion déposa un doux baiser sur ses lèvres, auquel Shaka répondit faiblement.

Alors qu'il passait ses bras autour du cou de son compagnon d'arme, ce dernier se fit plus passionné, glissant son corps contre celui de Shaka qui sentit l'excitation revenir au galop. D'un coup de rein, le blond renversa la situation, se retrouvant au-dessus d'Aiolia qui, surpris, ne fit rien. Shaka embrassa langoureusement son Lion, se frottant contre son corps, leurs sexes de nouveau en contact. Le blond embrassa sa joue, son cou, le torse musclé, son ventre plat, et arriva à son bas-ventre.

Aiolia n'eut pas le temps de remarquer où était son amant qu'il le prit en bouche, comme le grec l'avait fais auparavant. Aiolia ne put retenir un gémissement, puis les suivants. Le blond léchait avec attention la peau chaude de son membre. À deux doigts de se libérer, Aiolia se redressa et empoigna les épaules blanches. Shaka, surpris, l'interrogea du regard.

« Pas comme ça.

- Pourquoi ?

- C'est en toi que je veux jouir. »

Ses joues étaient déjà bien rouges, elles le devinrent encore plus.

« Mais si tu ne veux pas, je… »

Il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit de plus que Shaka lui sauta dessus, ses bras autour de sa nuque, se collant contre son torse. Le grec prit cela pour un oui et renversa son amant sur le lit. Il lécha trois doigts, écarta ses cuisses doucement et taquina l'entrée encore inviolée. Aiolia s'empara de ses lèvres, caressant, suçant la langue du blond, alors qu'il entrait un premier doigt.

Shaka fronça les sourcils, cette intrusion le gênait. Le doigt bougea, la gêne disparut peu à peu. Il gémit de douleur contre les lèvres de son amant lorsqu'un second doigt entra, un gémissement plus fort encore lorsque le troisième rejoignit les autres. C'était désagréable et douloureux.

Une main sur son propre sexe et le mouvement des doigts qui écartaient la chair lui firent oublier la douleur. La douce chaleur revenait au creux de ses reins, il entendait son cœur battre dans sa poitrine. C'était un plaisir différent. Mais c'était bon. C'était bon de sentir ces trois doigts bouger dans son anus, écartant les parois de chaire, envoyant des ondes de plaisir dans tout son corps. Il alla jusqu'à bouger sur les doigts qu'ils viennent plus profondément.

Ses gémissements se perdaient dans la bouche qui dévorait ses lèvres. Aiolia le sentait venir sur ses doigts et les ongles qui effleurait sa peau. Des ongles qui ne tarderait pas à s' enfoncer.

Ses doigts quittèrent l'entrée chaude, ses lèvres laissèrent celles rougies de sa beauté blonde qui gémit de frustration. Aiolia se plaça à l'entrée et regarda Shaka dans les yeux.

« J'y vais. »

Shaka acquiesça d'un hochement de tête et s'accrocha aux épaules du grec, attendant la pénétration. Lentement, le membre dur entra en lui. Shaka plissa les yeux, se pinça fort la lèvre. Il avait connu des douleurs, mais celle-là était loin de celles qu'il avait pu expérimenter. Elle était trop intime. Il sentait Aiolia s'enfoncer en lui, écartant, forçant les muscles sensibles. Ses ongles se plantèrent dans les épaules du Lion qui cessa tout mouvement.

La première fois était la plus douloureuse, il en avait conscience. Mais ils devaient en passer par là. C'était inévitable. Aiolia fut blessé quand il fit quelques larmes couler sur les joues de son indou. Il les recueillit entre ses lèvres, lui demandant pardon. Shaka n'avait pas la force de lui dire que ce n'était pas de sa faute, il avait trop mal.

Aiolia lui proposa d'arrêter, Shaka refusa d'un signe de tête. Le brun s'empara alors de son sexe et le massa, le caressa. Un gémissement non de douleur mais de bien-être l'encouragea. Shaka sentait la main d'Aiolia aller et venir sur son sexe, ses lèvres embrasser sa peau, laissant parfois un suçon, ce lui l'électrisait. La douleur était moins forte, plus supportable.

La situation était telle qu'il ne pouvait la maîtriser. Désireux de vite en finir, Shaka amorça un premier coup de rein, s'écartant du sexe d'Aiolia, qui s'enfonça doucement en lui. Un long gémissement glissa de leurs lèvres. Shaka avait rouvert les yeux. Il les referma quand son amant se retira pour rentrer à nouveau en lui. Aiolia continua ses mouvements, se retenant de s'enfoncer brutalement dans l'intimité du chevalier de la Vierge.

Pourtant, ses mouvement se firent vie plus rapide, plus profonds. Ses gémissements rauques se mêlaient à ceux de Shaka qui sentait le plaisir l'envahir, corps et esprit. Ses gémissements devinrent des cris de jouissances de plus en plus forts. Aiolia, électrisé, s'enfonçait dans l'intimité chaude toujours plus vite, se tenant au matelas, les jambes de l'indou enroulées autour de ses hanches, amplifiant ses mouvements. Et soudain, Shaka jouit en criant, Aiolia le suivit.

Le souffle court, Aiolia regarda le visage béat de son amour, ses yeux encore voilés par le plaisir, les lèvres entrouvertes, les bras écartés. Le Lion voulut se laisser tomber sur le côté, mais le blond l'attrapa par le cou et l'attira à lui. Il le voulait sur lui, sentir sa chaleur, son corps contre le sien. Aiolia ne se fit pas prié et s'allongea sur Shaka, nichant sa tête contre son cou. Les mains blanches caressèrent les cheveux bruns avec tendresse. Ils sombrèrent dans le sommeil.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !