Chapitre 24 :
- Fabian?
- Oui?
- T'as intérêt à fermer ta gueule!
Remus et Peter éclatèrent de rire.
- Calme Potter! Ou je te refais le portrait!
- La blague du jour, je devais pleurer j'imagi…
James, étonné, se retrouva plaqué contre le mur par son ami qui le regardait d'un air malicieux.
- Fabi, lâche moi. Tu sais bien que tu vas encore perdre et en plus on va arriver en retard à notre cours…
- Perdre? Moi? Répliqua Fabian d'un ton prétentieux.
- Bah oui, qui d'autre?
…
- Tu me cherches Jamesie..
- Non, je te trouve MOUHAHAHA!
- Il est barge ce môme!
- Ce môme, t'es au courant que j'ai qu'un an de moins que toi?
- C'est ce que je dis, à ton âge j'étais immature moi aussi.
- Ah… Tu veux dire que t'as changé entre temps? Non, je demande parce qu'on dirait pas…
Le jeune Prewett haussa les sourcils. Cela ne présageait rien de bon. Il jeta un sort à James qui se retrouva dans les airs, suspendu par les pieds, comme si un fil invisible le tenait.
- Repose moi à terre crétin!
- C'est pas comme ça que tu vas y arriver Jamesie! Rigola Peter.
- Je croyais que vous étiez mes amis vous deux?
- Nous le sommes. Mais Fabian est aussi notre ami. Et comme nous sommes de vrais amis, nous ne prenons pas partie. Répondit Remus, un sourire malicieux aux lèvres.
- Je retiens Mus'.
- Oh, je ne m'inquiète pas trop, avec ta mémoire de poisson…
- Alors là! S'indigna James.
…
- T'inquiètes, Remus. Dans deux minutes, le poisson aura déjà fait le tour du bocal. Ajouta Fabian, mort de rire.
- Je vous hais. Repose moi connard.
- Tu ne peux pas m'en vouloir, Jamesie de mon cœur, tu auras besoin de mon aide avec le temps pour éviter que blondasse ne t'arrache les yeux.
- Il ferait jamais ça. Il m'adore.
Fabian et ses amis éclatèrent de rire.
- Si lui il t'adore, moi je suis sur d'être l'idole de Cygnus!
Un sourire se dessina sur les lèvres de James.
- A chacun son ennemi j'ai envie de te dire!
- On les a plutôt mal choisit, ils ne sont pas très amicaux. Rigola Fabian.
Tous deux se tapèrent dans la main tout en se faisait un clin d'œil.
- Les mecs? Dit Remus.
- Oui? Répondirent les trois autres en chœur.
- Cinq minutes de retard, cinq. Ca vous dirait qu'on avance?
James, tout sourire, s'approcha et ébouriffa les cheveux du jeune Lupin avec sa main.
- Mais c'est absolument PARFAIT ça mon Mumus! On prend notre temps ça fera dix minutes, et l'autre il va nous péter d'une crise cardiaque!
Les trois autres se regardèrent d'un air incertain. Fabian se dirigea alors vers son cours de métamorphose. Ce qui était sur, c'était que James était bien déterminé à en faire baver au jeune Malefoy. C'était à peine leur deuxième cours avec lui. Et le jeune Potter avait déjà eu deux retenues. Au moment d'entrer dans la salle, Remus écarta James et frappa lui-même.
- Entrez!
…
- Hum, excusez nous pour le retard.
- Allez vous asseoir. Ca ne m'étonne pas plus que ça de toute façon… Répondit Lucius d'une voix glaciale.
- Roh quelle mauvaise opinion! Ironisa James.
- Assieds toi et ferme la Potter. Siffla Lucius.
- Ne me parle pas comme ça. Répliqua James avec haine.
Il s'assied tout de même, sous le regard implorant de Peter.
- Sinon quoi? Ricana Lucius.
- Je vais t'épuiser mon vieux, tu ne me connais pas, mais tes nerfs vont lâcher…
Logan Miller, Serdaigle assez connu pour être le commentateur désigné des matchs de quidditch, esquissa un sourire. Le meilleur ami de Sirius avait l'air bien décidé à faire payer son enlèvement. Lucius se leva et s'approcha lentement de la table des Maraudeurs. Il désigna la place qui était vide.
- Il en manque déjà un. Je pourrais me charger de faire mystérieusement disparaître le deuxième…
- Oh, quelle intelligence, une menace très expressive devant une classe remplie d'élèves, cela ne m'étonne pas de toi Malefoy. Toujours si stupide…
…
- Marcus était peut-être plus con mais au moins il était un peu intelligent…
- Retenue Potter. Une semaine.
- Quoi? Mais… Protesta James.
- C'est moi le prof ici. Coupa Lucius.
- Pas une semaine! S'indigna James.
- Tu veux plus? Demanda Malefoy.
Leurs yeux s'affrontaient, puis Lucius lui tourna le dos et commença à faire son cours.
- Connard. Souffla James à voix basse.
Remus lui mit un coup de coude. Ils virent Lucius avoir un mouvement d'arrêt. L'inquiétude prit place dans tout l'être du jeune Lupin. Mais Malefoy continua son cours comme si de rien était.
- Je ne te laisserais pas provoquer comme le faisait Sirius. Murmura Remus. Regarde ou ça l'a mené…
[…]
- WE ARE THE CHAMPIONS MY FRIEEEEEEEEEEND! AND WE'LL KEEP ON FIGHTING TILL THE END! WE ARE THE CHAMPIONS, WE ARE THE CHAMPIONS, NO TIME FOR LOOSERS CAUSE WE ARE THE CHAMPIONS, MY FRIEEEEEEEEEEEEND!
- Sirius ferme là! Supplia Matthew.
- Bah quoi? Faut qu'ils sachent qui nous sommes…
- Et ton frère t'as encore envie de savoir qui il est?
- Un frère? Moi? Je ne vois pas…
- Sirius…
La porte du cachot s'ouvrit, laissant entrer… Walburga Black.
*Oups…*
- Un souci, Sirius?
- Tu as entendu le son mélodieux de ma voix mère?
- J'ai surtout compris les paroles… Répondit Walburga d'une voix menaçante.
- Oh, c'est bien! Tu deviens moins conne!
Walburga gifla son fils avec force. Sirius la regarda avec haine. La femme immobilisa Matthew en l'enchaînant au mur. Ce dernier soupira. C'était partit pour un tour. Son jeune ami allait en baver. Encore…
- Un petit tête à tête avec mon traître de fils, ça faisait bien longtemps…
- Je pensais que Marc' viendrait, ça aurait été plus intéressant…
Sa mère le gifla à nouveau.
- Ne t'en fais pas, il viendra t'achever après. Lorsqu'il sera au courant.
- « M'achever »? Ca m'étonnerait bien, il a trop besoin de moi… Nargua Sirius.
Matthew n'aurait jamais pu penser qu'une mère pouvait faire preuve d'autant de force. Du moins, pas pour frapper son propre enfant.
- Connasse. Grommela Sirius.
Matthew constata qu'il avait reculé contre le mur et s'était un peu recroquevillé sur lui-même.
- Pardon?
Sirius ne pût empêcher des frissons de parcourir son corps. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé seul face à elle. Jamais il ne s'était abaissé devant sa mère. Il fallait toujours que son père s'en mêle au bout d'un moment. Quand les insultes devenaient trop violentes. Parce qu'il ne cessait pas de lui répondre. Surement parce que ses coups faisaient moins de dégâts.
- Ah, t'es devenue sourde?
Ce ne fût pas des coups cette fois, mais le sortilège doloris qui vint frapper Sirius de plein fouet. Il s'efforça de ne pas hurler. Comme toujours.
- Tu disais?
- C-O-N-N-A-S-S-E! C'est bon, j'ai assez articulé?
Il n'eut pas le temps de se relever que des coups de pied vinrent frapper son torse avec violence. Il gémit de douleur.
- C'est tout? Demanda Walburga.
- T'es incapable de provoquer plus à toi seule et tu le sais bien, ça t'enrage n'est ce pas?
Sa mère le tira par les cheveux, le forçant à se relever.
- On parie? Demanda une voix.
Sirius sursauta. Il fixa son père avec haine, la peur prenant place dans tout son être.
- Oh… Je t'ai fais peur, navré…
Le jeune Black serra les dents. Il n'aimait pas ce ton sûr et fier. Ce ton prétentieux qui indiquait clairement qu'il adorait lui faire peur. Qu'il adorait lui pourrir la vie et le voir souffrir.
- Tu ne m'as pas fais peur, c'est beau de rêver. On parie quoi? Si je gagne, je suis libre?
Un silence pesant suivit ses paroles. Orion regarda son fils d'un air furieux.
- Tu oses?
Sirius sentait clairement que la menace de voir son père lui tomber dessus était toute proche.
- Bah bien sur. Toujours! Répliqua Sirius.
Il avait prit le ton arrogant que son père haïssait par-dessus tout. Ce ton qui l'avait tant de fois envoyé directement à l'hôpital. Ce ton qui prouvait son courage mais aussi qui mettait sa santé dans un réel péril…
Orion se tourna vers sa femme.
- Si je ne devais pas retourner travailler, je me chargerais de lui faire la peau…
Sirius frissonna, et il fût ravi que ça passe inaperçu. Matthew fût le seul à s'en apercevoir. Cependant, le jeune Black vît son père tendre un fouet à sa mère. Il blêmit.
- Je suis sur que tu le feras hurler sans peine…
Orion regarda alors son fils et s'approcha de lui avec une lenteur emplit d'un véritable sadisme…
- Le fouet et toi, une histoire d'amour n'est ce pas?
- Ouep! On ne fait qu'un lui et moi!
Un coup au visage le fît gémir de douleur. Son père esquissa un sourire.
- Avec moi, il suffit d'une fois…
- Bah, non. J'ai pas hurlé là que je sache…
Orion attrapa la main droite de son fils et la broya dans la sienne jusqu'à ce que Sirius hurle et qu'il entende un craquement…
- Deux alors…
Le jeune Black ne répondit pas. Il estimait qu'une main cassée était largement suffisante avant de recevoir des coups de fouet.
Les yeux aciers de son père ne le lâchaient pas et incapable de lutter davantage, il baissa le regard.
[…]
- Aaron?
- Oui Gleeson?
- Plusieurs moldus sont persuadés d'avoir aperçu Sirius…
- Bordel, ils sont donc incapables de reconnaître un garçon bon sang! Siffla Aaron Potter.
- C'est ce que viens de me dire Terry. Soupira l'homme.
- Et donc? Je peux savoir pourquoi tu viens m'annoncer ça si c'est inutile?
- Je pense… qu'on ne devrait pas délaisser leurs témoignages. Et si un jour, l'un d'entre eux l'apercevait vraiment? Et qu'on passait à côté de ça?
Aaron soupira. Il y avait très peu de chances que Lord Voldemort soit assez stupide pour laisser son prisonnier à la vue de moldus. Mais enfin, si Sirius prenait l'habitude de tenter des évasions improvisées, il mettait toutes les chances de leur côté…
- Tu as raison, Brendan. Epluche moi leurs témoignages dans le détail. Continues, tu fais du bon boulot.
- Merci chef!
Aaron se trouvait dans le hall du ministère. Il n'avait quasiment pas dormi de la nuit. Comme chaque nuit depuis l'enlèvement de Sirius et les disputes incessantes avec James. Il voulait retrouver le jeune Black. Et il réussirait. Coûte que coûte.
- BLACK.
Orion, qui venait tout juste de mettre un pied dans le hall du ministère, se tourna et fît face à l'un de ses principaux ennemis. Aaron Potter.
- Potter, que me vaut cet honneur?
- Oh, je ne sais pas. Je me disais que peut-être tu aurais une idée de l'endroit ou se trouve ton adorable fils?
Beaucoup de monde s'était tourné vers eux. Un peu plus loin, Terry regardait la scène, persuadé que ça allait dégénérer…
- Mon fils? A Poudlard bien sur…
- Ne me prends pas pour un idiot Black. Siffla Aaron. Je parle de Sirius.
- Oh…
Orion s'approcha tout près d'Aaron. Quelques millimètres seulement les séparaient…
- Tu veux parler de ce même fils à qui je viens tout juste de briser une main?
Aaron empoigna l'homme par le col et le plaqua au mur.
- Ou est-il? Siffla Potter avec haine.
- Mmh, surement en train de recevoir des coups de fouets comme j'ai conseillé à sa mère de le faire… Ensuite, Marcus rentrera, et il prendra le double…
Aaron Potter sortit sa baguette et la pointa sur l'homme. Il était fou de rage. Hors de lui. Une main se posa sur son épaule avec force.
- Non, Aaron. Il ne mérite pas que tu te salisses les mains. On retrouvera Sirius. Grâce à notre intelligence. Inutile de s'abaisser au niveau de ces pourritures.
Aaron lâcha l'homme. Il se détourna de lui et fît quelques pas avec Terry. Puis soudain, sans que personne n'eut le temps de comprendre, il rebroussa chemin et asséna un coup de poing dans la mâchoire de Black, avant de retourner à son travail comme si de rien était. Sans faire attention à l'appareil photo qui avait mitraillé ce geste.
[…]
- FABIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII! Hurla James en entrant dans la grande salle.
Tout le monde se tourna vers lui, ses amis furent étonné de le voir hilare. Il avait un journal dans la main, le regard fier et reconnaissant, son rire ne semblait pas vouloir le quitter.
James déposa la gazette du sorcier devant ses amis. Sur la une on pouvait voir deux hommes. L'un était plaqué contre un mur, l'air arrogant, l'autre semblait hors de lui. Leurs lèvres bougeaient. Puis soudain, Aaron Potter s'éloignait, puis revenait sur ses pas et donnait un grand coup de poing dans la mâchoire d'Orion Black.
Ils éclatèrent tous de rire. Fabian ébouriffa les cheveux de son ami.
- Ton père est un chef!
- Vise un peu le titre : Magnifique crochet du droit au ministère.
Dans la salle, des murmures s'élevèrent lorsque le courrier arriva. James avait eu l'exemplaire en avant première, envoyé par sa mère. Beaucoup de Gryffondors vinrent féliciter James d'avoir un père aussi cool. Ce dernier était mort de rire. Surtout quand, à la table des Serdaigles, Logan se leva et porta un verre à ses lèvres, il bût une gorgée, le reposa puis s'exclama : « A Aaron Potter! Au moins un qui a les yeux en face des trous. Il sait remarquer qui sont les cons! ».
- T'inquiètes Miller! Son fils aussi a hérité du don! Répondit James en lui faisant un sourire entendu.
A la table des professeurs, Lucius Malefoy ne lâchait pas le jeune garçon des yeux, se promettant qu'il paierait cher tous ces affronts. Les Serpentards regardaient James d'un œil noir. Fabian se tourna vers eux, avec un sourire mauvais aux lèvres.
- Oh, bah les fils de cons n'ont aucun sens de l'humour ou quoi?
Il leva ensuite son verre comme pour porter un toast et ses yeux s'accrochèrent à ceux, furieux, de Bellatrix.
- Le bonjour à ton connard de père! Dit-il en lui faisant un clin d'œil.
[…]
Quatre semaines. C'était la quatrième semaine que le jeune Black vivait cet enfer. Ses yeux se posèrent sur Matthew qui dormait profondément. Avait-il lui aussi compté les semaines au début? Avait-il un jour cessé de les compter? Sirius ne s'y résoudrait jamais. Il était hors de question qu'il ne sorte pas un jour d'ici.
[…]
- Sirius, sors. Ordonna Marcus.
- Y a un souci? Se méfia Sirius.
En principe, il sortait d'ici lorsqu'il avait dépassé les bornes et qu'on souhaitait l'amener à Voldemort.
- Je t'ai dis de sortir.
- Ca va te trouer le cul une deuxième fois de m'expliquer? Cracha son frère.
Marcus s'approcha, l'attrapa par la nuque et le força à sortir. Une fois les escaliers montés, lorsqu'il se retrouva dans le couloir, son aîné le plaqua au mur et le gifla avec force.
- Premièrement, parle moi à nouveau comme ça et t'es mort. Deuxièmement, à partir d'aujourd'hui, tu n'iras plus dans ce cachot qu'en cas de désobéissance. Troisièmement, à partir de maintenant, tu es avec nous, que tu le veuilles ou non.
Sirius avait l'impression qu'il venait de recevoir un coup de couteau et il aurait sérieusement préféré. Jamais il n'aurait pensé qu'ils le forceraient réellement à devenir l'un d'entre eux. Il pensait juste souffrir jusqu'à la fin de sa vie. Il croyait vraiment qu'ils savaient leurs espoirs vains. Il prit son courage à deux mains et affronta les yeux sévères de son frère.
- Tu peux dans ce cas m'y ramener directement. Aux cachots, comme tu dis…
Marcus gifla à nouveau son frère. Il semblait décidé à se retenir de commettre un meurtre. A se calmer afin que leur plan fonctionne…
- Je vais être obligé de me tenir face à toi, sauf quand tu désobéiras. Alors ne désobéis pas, c'est un conseil…
- Tu veux donc dire que tu crois vraiment à ton « troisièmement »? Marc' je pensais que tu étais raisonnable…
Marcus enserra la gorge de son frère avec sa main et il souffla un « ce serait plutôt à toi d'être raisonnable… »
- Je vous déteste tous. A un tel point que je rêve de vous faire cramer. Manger à votre table me dégoûte, entendre vos discussions racistes envers les moldus me dégoûte, vos plans pourris et inutiles pour dominer le monde m'horripile. Vous me donnez envie de vomir. Tu comprends ça? Vos coups, vos menaces , vos tortures me passent largement au dessus de la tête. C'est bien plus fort que ça. Mon entêtement dépasse haut la main votre haine et votre envie de me changer. Vous me donnez envie de vomir, Marc', c'est tout.
Marcus frappa son frère partout sans réfléchir, puis il l'attrapa par les cheveux, et sans avoir le temps de comprendre ce qui lui était arrivé, Sirius se retrouva assis entre son frère et son père, à la table des mangemorts et de leur maître, un sourire sans joie étirant les lèvres de Voldemort.
[…]
Le week end était arrivé. Lucius Malefoy, comme toujours s'apprêtait à rentrer chez lui, enfin, dans son repère, l'endroit ou il se sentait le mieux, entouré de mangemorts.
Soudain, il croisa James Potter qui se baladait seul dans un couloir. Ce dernier eut un moment d'arrêt.
- Tiens, James…
- Tiens, un connard…
Lucius lâcha sa valise, se dirigea vers son élève et le plaqua contre le mur avec violence.
- Une semaine de retenue ne t'as pas suffit, Potter? Siffla Lucius.
- C'est passé tellement vite, non pas que tu me manques, mais j'adore te faire rager…
- Et souffrir, tu aimes?
- C'est vraiment ma passion ouais.
- Ne m'insulte pas, James. Je te l'ai déjà dis…
- Je ne vois pas pourquoi je devrais me gêner!
- Parce que chaque week end je rentre. Et tu n'es pas présent pour payer, donc je me défoule sur ceux qui ont, comment dire, disparu…
James blêmit. Lucius eut un sourire mauvais.
- Tu n'aimerais tout de même pas que ton meilleur ami reste inconscient une semaine de plus, si?
- ESPECE DE SALOPARD! S'écria James, fou de rage tout en se débattant.
- NE M'INSULTE PAS!
- CONNARD! ENCULE! ESPECE DE SALE FILS DE…
Lucius le roua de coups de poing. Dans le visage, dans le torse, dans les bras… James se retint de crier. C'était horrible de se dire qu'on prenait l'habitude de recevoir des coups. Mais c'était pourtant vrai. On s'y habituait. Et bien que la douleur persistait, on parvenait à lutter contre elle. Si son père avait appris, si son père en avait entendu parler, James était sur que jusqu'à ce qu'il mette la main sur Lucius, il y aurait au moins eu une cinquantaine de morts. Mais James avait sa fierté. Il ne comptait pas en parler à qui que ce soit. Sa façon de penser soudain lui fît penser à son meilleur ami. Il comprenait parfaitement maintenant ce que voulait dire Sirius lorsqu'il parlait de « se battre coûte que coûte sans jamais faiblir ». Ne pas en parler, lutter seul, était une façon de montrer qu'on n'abandonnait pas.
Malefoy frappa une côte, déjà bien abîmée du jeune Potter, ce dernier ne pût s'empêcher de gémir ce qui fît sourire l'ordure.
- Lâche moi sale con. Grommela James.
- Pardon? Oh, tu ne tiens donc vraiment pas à ce que ton meilleur ami vive? Ou survive plutôt?
- Je veux surtout que vous creviez vous tous. Cracha James. Toi, ton connard de Marcus et son triton de père en tête de file.
…
- Marc' en entendra parler… Souffla Lucius en lui donnant un nouveau coup de poing.
- Face de Cus? Questionna volontairement James.
- PARDON?
- C'est son surnom, je t'assure qu'il l'adore…
Lucius frappa encore et encore jusqu'à ce que James atterrisse par terre, adossé au mur, recroquevillé sur lui-même. Du sang s'écoulait de son arcade, de son nez, des entailles parsemaient son visage. Et un cocard commençait à apparaître lentement sous son œil droit.
- Fais gaffe à toi, Potter. Conseilla Lucius en s'éloignant.
…
- Fils de pute! Cracha James en donnant un coup au sol, une fois que le garçon était partit.
Il ne pût s'empêcher de se mettre à pleurer. Bon sang, mais il en avait assez d'un, comment Sirius pouvait s'en sortir là bas avec sa grande gueule? Quatre semaines qu'il cachait sa souffrance et passait ses nerfs sur Lucius pour se défouler. Quatre semaines qu'il n'était plus lui-même. Quatre semaines qu'il était vide, mort à l'intérieur.
[…]
Lucius une fois arrivé, avait réuni son père, Orion, Marcus et Cygnus. Les quatre derniers étaient fous de rage, mais ce n'était rien comparé à l'oncle de Sirius…
- PARDON? Siffla Cygnus Black, fou de rage.
- Calme toi. Ordonna Orion.
- ME CALMER?
- Oui. Te calmer. Répéta Orion.
Cygnus frappa fort sur la table avec sa main. Il était hors de lui. Grâce à l'aide d'un sortilège, Lucius avait pu ensorceler ses souvenirs afin qu'ils défilent devant leurs yeux, montrant ainsi les provocations incessantes de Fabian et de James.
- Ce môme se fout de ma gueule c'est ça?
- C'est ça. Dit Marcus avec un sourire.
Son oncle le fusilla du regard mais ne releva pas.
- Fabi est pire que son frère, oncle Cygnus.
- Pire que son frère Marc'? Ce môme de seize ans? Ricana Cygnus. Il à l'âge de ma fille!
- Bella t'obéit quasiment au doigt et à l'œil. Mais imagine un peu si tu n'avais pas été là. Elle serait quoi à ton avis?
- Une véritable furie hors de contrôle.
…
- Fabian est une grande gueule hors de contrôle, et incapable de s'arrêter par lui-même. Expliqua Marcus. Et pourtant je t'assure que je lui en fais baver durant des mois…
- Ce n'était surement pas suffisant. Lucius, je compte sur toi pour me convoquer à la première occasion qui se présente, je vais lui faire regretter de me provoquer…
- Il en aura juste rien à faire. Dit Marcus.
- Il t'as supplié une fois? Demanda Cygnus.
- Non. Jamais.
- Nous nous sommes rencontrés qu'une fois, et je t'assure qu'il a supplié.
- En même temps, je n'ai jamais été jusqu'à lui couper un doigt…
- Le problème n'est pas là! Coupa Lucius.
Les yeux de Marcus se braquèrent sur lui, sévères et attentifs.
- Je fais quoi moi pour m'empêcher chaque jour de leur défoncer le crâne?
Les quatre hommes éclatèrent de rire. Ayant pour une fois un minimum de complicité.
- Surtout ce fumier de Potter…
- James? S'étonna Marcus. Son cas est très simple, Lucius.
- La bonne blague.
- Plus simple, tu meurs, je t'assure.
- Parce que t'es un habitué des grandes bouches provocatrices!
- Non. Parce que j'observe.
- Tu observes?
…
- James est fou de tristesse. Simplement. Mais il fera tout pour te le cacher, pour le cacher tout court.
- Et alors?
- Tu lui parle de Sirius. De sa souffrance, de ce qu'on lui fait subir…Et tu peux être sur qu'il crève de chagrin devant toi.
Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Lucius. Il adressa un regard reconnaissant à Marcus.
- Et s'ils te provoquent volontairement devant témoins, ignorance et rire. Rien de mieux pour les enrager davantage…
- C'est qu'il a de l'expérience le Marcus… Ricana Orion.
- Les années ou je me suis amusé à te faire galérer sont celles qui m'ont apporté le plus. Répliqua Marcus d'un ton arrogant.
Orion se leva.
- Ne me cherche pas, Marcus.
- Je ne te cherche pas, je ne t'ai jamais cherché. C'est toi qui revient.
- Tu as un souci avec moi Marcus. Alors autant qu'on le règle une bonne fois pour toutes.
- D'accord. Bah va te pendre. Mon problème sera réglé.
Il y eut un silence pesant.
- Donc en gros, tu n'as pas un souci avec moi. C'est moi ton problème. Résuma Orion.
- Ravi que t'es enfin compris. C'est pas comme si ça durait depuis plus de dix ans…
- Ne me parle pas comme ça, Marcus. Siffla Orion. Je suis ton père!
- Je ne t'ai jamais considéré comme tel. C'est pas aujourd'hui que ça va changer.
Lucius regardait Marcus avec une certaine admiration mais aussi avec angoisse. Il ne fallait pas qu'il provoque son père. Leur guerre allait recommencer et elle ne se finirait jamais. C'était un père et un fils qui n'avait jamais su s'entendre. Parce que le père avait voulu la perfection. Parce que le père en avait fait baver à son fils aîné durant des années. Et le fils, avec son tempérament de pur garçon arrogant et fier, n'avait jamais cessé de le haïr. Malgré les années qui s'étaient écoulées. Le pire, c'était qu'il n'y avait aucune histoire de trahison là dedans. Parce que Marcus avait toujours été un Serpentard dans l'âme. Un mangemort né. Et plus encore. C'était tout simplement une histoire de haine. La haine d'un enfant envers ses parents trop sévères, trop droits, trop figés. Et la haine d'un père envers l'arrogance. Une arrogance qui, des années après, était loin de s'être envolée.
- Marc'… Appela Lucius.
Mais Marcus ne détacha pas ses yeux du visage de son père. Pourtant, Lucius était le seul à pouvoir comprendre. Il était le seul à l'avoir vu souffrir. Même si Marcus avait toujours nié cette souffrance. Même s'il avait gardé un infranchissable masque de haine. Depuis sa plus tendre enfance, Lucius avait quasiment assisté à tous leurs échanges, il avait vu cette même haine, il avait entendu les paroles prononcées par Marcus, ces incessantes provocations visant à enrager son père. Il savait tout. Et il était le mieux placé pour en témoigner. Cependant, Marcus se tourna vers lui et lui demanda de sortir.
- Marc'…
- Sors d'ici frangin. Ordonna Marcus avec calme.
Lucius eut un moment d'arrêt. Il ne cacha pas son étonnement. Les autres non plus d'ailleurs.
- S'il te plaît reste calme… Soupira Lucius.
- Je le suis.
- C'est une affaire de famille, Lucius. Siffla Orion en ne quittant pas son fils des yeux.
- Mais j'étais le seul sans cesse présent pour assister à tout ça, parrain. Répliqua Lucius, peinant à cacher sa rage.
- A mes yeux, il fait plus partie de ma famille que toi. Cracha Marcus à l'intention de son père.
…
- On sort, Luc'. Ordonna Abraxas.
Mais le jeune Malefoy ne bougea pas.
- De suite, Lucius. Siffla son père.
Les yeux bleus glace ne quittaient pas Marcus. Ce dernier se tourna et le regarda avec un air de reproche.
- File!
- Sale chieur. Râla Lucius.
Son « insulte » amena un sourire sur les lèvres du fils aîné des Black. Le jeune homme sortit aux côtés de son père. Cygnus allait lui aussi s'éclipser discrètement lorsque son frère l'interpella.
- C'est une histoire de Black. Tu as ta place ici. Dit Orion.
- Mais je m'en passe très bien de vos embrouilles de père à fils… Répondit Cygnus.
- Et celles de frère à frère? Rétorqua Orion.
- Je m'en passe encore plus volontiers, j'ai eu ma dose.
Marcus le regarda avec intensité.
- Oui ton père est un véritable emmerdeur de première classe…
- CYGNUS! Siffla Orion en s'approchant de son frère.
- Autant pour moi…
- Va me chercher Sirius.
- Pardon?
- T'es sourd? Demanda Orion.
- Calme toi. Répliqua Cygnus avec rage. J'ai quarante ans aujourd'hui, je ne suis plus le sale gosse à qui tu faisais peur…
- Dommage…
Cygnus leva les yeux au ciel d'un air désespéré. Puis il quitta la pièce. Il revint quelques instants plus tard en tenant Sirius par la nuque. Ce dernier regarda la porte se refermer puis tourna ses yeux vers les trois hommes. Ce n'était pas comme si on l'avait emmené avec les plus indulgents…
- Oh la la comment j'aime pas du tout ça…
Sirius soupira puis alla s'asseoir sur une chaise.
- Qu'est ce que j'ai fais de mal? Demanda-t-il. Non parce que la liste est tellement longue que je dois surement pas m'en rappeler…
Cygnus ne pût empêcher un sourire d'étirer ses lèvres. Il cacha son visage dans ses mains pour éviter que son frère ne l'aperçoive. Marcus aussi sourit. Mais il ne prit pas la peine de le cacher.
- Tu trouves ça drôle? Lui demanda son père avec rage.
Son fils aîné ne prit même pas la peine de lui répondre. Ses yeux s'étaient posés sur son petit frère.
- Tu n'as rien fais de mal. Pour une fois, c'est moi.
- Vous êtes en train d'essayer de m'endormir pour me faire je ne sais quoi, c'est ça? Dit Sirius en se levant soudainement.
- Non. Coupa Marcus. Nous ne te ferons rien.
- Un poisson d'avril à l'avance? Demanda Sirius.
- Je viens de dire à notre père que mon problème avec lui serait réglé s'il allait se pendre. Parce qu'il est mon problème.
Les yeux de Sirius s'ouvrirent en grand sous le choc. Puis son regard croisa celui de Cygnus et de son père.
- Alors… Pourquoi je suis là?
- Une histoire de famille que je tiens à régler. Dit Orion d'un ton ferme.
- J'ai rien fais alors?
Cygnus Black ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. Son frère lui donna une tape sur la tête. Et il se calma.
- Ton frère me hait. Il croit surement être le seul à en avoir bavé… Il se prend peut être pour le centre du monde. Il doit penser que je n'ai jamais pris que lui pour cible.
Sirius observa son grand frère. Ses yeux fusillaient carrément leur père. On aurait dit qu'il voulait le tuer d'un simple regard. Il se promit intérieurement de rester à sa place et de ne pas dire un mot. Après tout, il n'était pas vraiment un Black. Il se contrefichait de leurs histoires à la con. Tout ce qu'il voulait c'était retrouver sa vraie famille.
Cygnus semblait lui aussi vouloir plus que tout éviter cette discussion. Mais tous savaient qu'elle aurait lieu un jour. Et ce jour, c'était aujourd'hui.
- Tu as une imagination débordante pour aller penser de telles choses. Je n'ai jamais cru être le seul à avoir morflé. Mais j'ai morflé. Et je te hais. Point barre. Si tu penses arranger ça avec une réunion familiale à la con, autant te pendre directement.
*Et bim, round un! Marcus, one point. Orion, zero point.*
Orion s'approcha de Marcus et le gifla. Sirius savait que son frère se retenait. Mais il le connaissait assez pour savoir que sa courtoisie ne durerait pas bien longtemps.
- C'est mon père qui a commencé à faire régner l'ordre par la violence. Et je ne cesserais jamais de faire perdurer cette éducation. Lorsqu'il est mort, j'avais tout juste quinze ans. La dernière fois qu'il m'a parlé, il m'a fait promettre de sévir, de bien éduquer mes frères, de conserver une lignée pure et stricte. Il m'a fait promettre que la famille Black serait honorée…
Inévitablement, les trois regards se braquèrent sur Sirius. Ce dernier accrocha ses yeux au plafond de la chambre de Lucius, couleur argentée.
- Hum… Il a bon goût quand même l'autre blond…
- Sirius.
Le jeune Black regarda son père.
- Quoi?
- Sois attentif.
- C'est vous qui vous êtes égarés…
…
- Je lui ai fais cette promesse. Et pour rien au monde je ne l'aurais trahie.
- Pourtant ça devait être un connard, non?
Sirius regarda son frère d'un air choqué. Pas pour la phrase qu'il avait prononcé. Mais parce que c'était exactement la même phrase qui venait de traverser ses pensées l'instant de quelques secondes…
Orion gifla à nouveau Marcus. Ce dernier le poussa alors.
- Ne me touche pas!
- T'es mon fils, je te touche si j'en ai envie.
…
- Il est mort. Et j'ai donc eu en charge l'éducation de mes deux frères. Dont un qui m'a vraiment donné du fil à retordre…
Ce fût au tour de Cygnus de trouver soudain un intérêt au mur vert de la chambre. Sirius baissa la tête pour masquer son sourire.
- Et oncle Alphard?
Sirius regretta aussitôt d'avoir posé la question. Son père le gifla avec force.
- Ne prononce pas ce prénom devant moi. Pas si tu tiens à ta vie…
- C'est bien connu que Sirius ne tient pas du tout à la sienne. Ricana Marcus.
Son petit frère le fusilla du regard.
- Lui… Reprit Orion avec du dégoût dans la voix. Il est du style à t'encourager dans ta voie, Sirius. Il vaut mieux pour toi que je n'apprenne pas que tu aies eu un seul contact avec lui…
Sirius leva les mains en signe de paix. Mais le regard de son frère s'était braqué sur lui, comme s'il lisait dans son cœur avec facilité. Car oui, Sirius avait bel et bien eu un contact avec son oncle tant détesté. Il l'avait croisé par hasard dans le village de Pré-au-lard, lors d'une sortie avec ses amis. Ils avaient alors discuté durant des heures. Sirius ne l'avait plus vu depuis ses sept ans. Son oncle avait voulu en apprendre plus sur Sirius, sa vie, ses passions. Mais ils ne s'étaient jamais revus. Alphard avait jugé préférable de ne pas mettre le jeune garçon en danger. Sirius avait été déçu, triste. Aujourd'hui, il comprenait.
- J'ai suivi l'éducation que m'a donné mon père. Et j'ai l'intention que mes fils perpétuent cette tradition.
- En gros, tu veux quoi? Demanda Marcus d'un ton qui, malgré ses efforts laissaient percer l'agressivité.
- Je veux des sang purs qui se respectent et qui obéissent. Il n'y a pas besoin de violence si les enfants écoutent et appliquent les règles à la lettre…
- C'est bien ça le problème…
- Il n'y a aucun problème Marcus. Tu te les provoque tout seul les emmerdes. Siffla Orion.
- C'est toi qui m'emmerde.
Ce fût la fin de la paisible discussion qui s'était presque déroulée dans une parfaite entente. Orion plaqua son fils avec brutalité contre le mur. Marcus haussa les sourcils.
- Parce que tu crois me faire peur? Ricana le fils aîné.
- Je ne le crois pas. J'en suis persuadé.
- La blague du jour! Ricana Marcus.
C'est ainsi qu'un coup de poing vint frapper sa mâchoire. Marcus regarda son père avec haine.
- Arrête. Il vaut mieux pour toi. Sinon ça risque de dégénérer… Menaça Marcus.
Sirius ne savait pas ou se mettre. Il voulait fuir cette pièce et le plus vite possible. Avant que quelqu'un ne rejette tout sur lui. Avant qu'il soit désigné comme victime. Avant qu'il ne fasse une gaffe et ne ressorte pas indemne de cette chambre.
Ses yeux se posèrent sur Marcus. Sa haine l'impressionnait. Il se demandait comment son père pouvait ne pas trembler. Il était plus froid, plus haineux que les autres. Il donnait envie de partir en courant lorsqu'on l'apercevait.
*Marc', je peux…*
- Sors, Sirius. Ordonna Marcus. Cygnus aussi.
*Merci…*
- Vous n'allez tout de même pas remettre ça? S'indigna Cygnus, le regard sévère.
- On ne te demande pas ton avis, c'est entre nous. Répliqua Orion, la voix ferme.
- Ah, ça y est t'as plus besoin de mon avis?
…
- Personne ne sort. Asseyez vous tous les trois. Ordonna soudain Orion.
Sirius venait de poser sa main sur la poignée. Il grimaça mais ne se retourna pas…
- Sirius?
- J'y suis pour rien pour une fois alors pourquoi vous venez me mettre dans vos embrouilles? S'énerva le jeune Black en se tournant vers les hommes de sa famille.
- Assieds toi. Siffla Orion, le ton menaçant.
Incapable de se contenir, Sirius alla s'asseoir bruyamment tout en soufflant, las.
- Fais gaffe à toi… Menaça son père.
- Au lieu que tu nous fasses chier pendant trois heures, tu n'as qu'à me péter la tronche et tout sera réglé. Râla Marcus.
- Ca, ça viendra après ne t'en fais pas…
Leurs yeux ne se lâchaient pas, furieux.
- Vous pensez quoi de cette éducation? Vous pensez quoi de notre famille? Aujourd'hui vous avez droit à la parole, alors n'hésitez pas…
…
- Sirius? Demanda son père.
Leurs trois regards se posèrent sur lui. Il écarquilla les yeux de surprise.
- T'es pas sérieux là? T'es pas en train de me demander ça à moi?
Sirius paniquait pour de bon là. Son père venait lui demander à lui ce qu'il pensait d'eux? Autant le décapiter avant qu'il ne réponde…
- Tu es en train de revenir sur le droit chemin après tout…
Était-il seulement au courant qu'il n'avait pas le choix? Qu'il vivait à leur côté parce que Marcus l'avait emmené de force à leur table en l'ayant bien tabassé avant? Était-il au courant qu'il haïssait les murs vert et argent de sa nouvelle chambre et préférait les cachots aux côtés de Matthew? Les yeux de son grand frère ne le lâchaient pas. Il semblait constamment lire dans ses pensées. C'était frustrant.
- Je ne suis pas obligé de donner mon point de vue.
- C'est maintenant qu'il faut le donner, Sirius. Pas après… Siffla son père.
Des frissons parcouraient le corps de Sirius. Il souhaitait vraiment qu'il dise ce qu'il avait en tête? Ce qu'il pensait de leur « famille »?
- Tu sais très bien ce que je pense. Répondit Sirius en s'efforçant de conserver un ton posé.
- Discutons-en ensemble, calmement…
- Calmement? Rigola Sirius en se levant. Tu vas rester calme si je te dis qu'à mes yeux ton éducation c'est de la merde et que le mot famille ne convient pas pour définir ce que nous sommes? D'ailleurs, que sommes-nous? Que dalle! On est tous les quatre là, réunis dans la même pièce à parler dans le vide. On se hait. On est incapables de parler posément. Incapables d'essayer de se comprendre, incapables de s'aimer. Il n'y a que tes convictions pourries. Ton sang, ton rang qu'on doit respecter et honorer. Ton Voldemort et les autres. Toujours s'identifier et imiter. « Un sang pur doit être comme ça alors tu seras comme ça ». Non, ça s'est pas pour moi désolé. Moi, je grandis et j'apprends par moi-même jour après jour. J'ai pas besoin d'un livre, d'un foutu règlement pour me dicter ma vie. Mon destin il est entre mes mains et je le choisis seul. Selon mes goûts et mes motivations. J'ai pas besoin de vous. Juste de ceux que j'aime et qui m'aident à me construire au fil du temps.
Il y eut un long moment de silence.
- La famille on ne peut pas la choisir. Certains ont de la chance, d'autres non. Je fais partie de la seconde catégorie. Mais j'ai choisis mes amis. Il paraît qu'ils sont la famille qu'on peut choisir. C'est fait. Et je ne reviendrais pas en arrière.
Ils étaient tous les trois énervés, et Sirius le savait. Mais était-il coupable? Après tout, il n'avait pas voulu le dire de son plein gré. Orion donna un coup de poing dans le mur, fou de rage. Il se tourna ensuite vers le plus jeune de ses deux fils.
- On réglera ça plus tard.
- J'avais dis que ça te plairait pas… Protesta Sirius.
- Maintenant tu la fermes. C'est clair?
Fou de rage, Sirius se leva, cria un « non, je ne la fermerais pas » et il quitta la pièce en faisant claquer brutalement la porte derrière lui.
- J'ai rêvé là? Non mais dîtes moi que j'ai rêvé… Fulmina Orion.
Pour simple réponse, Marcus sortit à son tour de la chambre de Lucius afin de retrouver son petit frère.
[…]
- POUR QUI TU TE PRENDS SIRIUS?- POUR LE SEUL BLACK QUI A ASSEZ DE CRAN POUR S'OPPOSER A CES PUTAINS DE LOIS MERDIQUES DES SANG PUR!Son frère lui donna un coup dans le ventre. Sirius se recroquevilla.- T'as intérêt à la mettre en veilleuse, Sirius. Et très rapidement...
[…]
Les garçons se baladaient dans les couloirs. L'absence de Sirius se ressentait à chacun de leur pas, chacune de leur discussion, chacun de leur silence. Soudain, une voix les fît s'arrêter.
- NE ME PARLE PAS COMME CA REG! NE PRENDS PAS EXEMPLE SUR TON TRAITRE DE FRERE!
- FERME TA BOUCHE POUFIASSE! SIRIUS VAUT JUSTE CENT FOIS MIEUX QUE TOI ET TA BANDE DE POURRITURES!
Fabian et ses amis coururent pour se rendre dans le couloir voisin, entendant un gémissement de la part du jeune Regulus…
Le jeune Prewett se laissa consumer par la haine lorsqu'il vît Regulus roué de coups par Bellatrix Black. Il se dirigea vers elle, l'attrapa par les cheveux et la gifla avec force.
- Ne t'avises pas de retoucher un seul cheveux de cet ange. T'as déjà assez pourri la vie de son amour de frère.
- C'est mon père qui va te pourrir la tienne… Cracha Bellatrix.
- Je l'attends.
Le jeune Prewett aida Regulus à se relever, puis il passa un bras autour de ses épaules et ils continuèrent leur chemin dans se retourner.
[…]
- Ca va Reg? Demanda James.
- Oui…
- Hé! Dit James en le prenant par les épaules et en le forçant à le regarder.
- Tu peux nous parler si tu as besoin, on est là pour ça.
- Non ça va.
- T'es aussi crédible que ton grand frère… Sourit tristement James.
…
- Il me manque. J'ai l'impression que je suis mort à l'intérieur. Chaque jour qui passe creuse un peu plus le gouffre qui s'est installé en moi. Je fais du grand n'importe quoi sans me soucier des conséquences.
- C'est-à-dire?
Regulus se laissa tomber contre le mur, prenant sa tête dans ses mains.
- C'est-à-dire… que je suis devenu un véritable suicidaire. Mais je crois que même vous, vous ne pouvez pas faire pire… Là ça devient grave.
- T'as fais quoi Reg? Demanda Remus, inquiet.
- J'ai dis à Lucius qu'il n'était qu'un fils de pute. Et quand il a dit qu'il en toucherait deux mots à mon père, je lui ai dis que de toute façon les connards ne me faisaient pas peur.
Remus et Peter échangèrent un regard éloquent.
- Reg, pourquoi tu fais ça? Demanda Peter. Tu es si calme habituellement.
- Je contrôle plus, j'y arrive plus. J'ai cette tristesse permanente en moi qui me fait devenir dingue…
Remus se pencha et aida le jeune garçon à se lever.
- Venez, on va à la salle commune, on pensera à autre chose, on va essayer de se changer les idées parce que là rien ne va plus…
[…]
Les garçons venaient de raconter à Sam et Lily ce qui s'était passé avec Bellatrix. Il n'y eut aucun changement d'idées pour Regulus. Sam était en colère…
- Fabian putain mais pourquoi t'as fais ça? Gronda Sam, folle de rage.
- Bah quoi?
- Vous en avez pas assez sérieusement?
James, Regulus et Fabian étaient assis dans le canapé. La jeune Sam était en face d'eux, les poings sur les hanches, l'air sévère. Ils allaient passer un mauvais quart d'heure.
- Sirius a été enlevé bon sang! Parce qu'il était un peu trop grande gueule! Et vous trois, tout ce que vous trouvez à faire, c'est chercher les embrouilles avec les membres de la famille?
- Oui! Répondit James.
- T'es pas comme ça habituellement Jamesie! C'était même toi qui leur faisait la morale au début! Répliqua Sam avec colère.
- Je suis juste fou de rage et de tristesse Sam! Rétorqua James.
- Et ben moi aussi figure toi! J'ai perdu le garçon que j'aime!
Ils virent des larmes apparaître dans les yeux de la jeune fille. James se leva pour la prendre dans ses bras, mais Lily fût plus rapide.
- Je n'ai pas envie de perdre mon frère et le restant de mes amis, tu peux le comprendre ça?
James fût touché par cette déclaration.
- Ne t'inquiètes pas Sam chérie, ils feront rien…
- Tu as vu dans quel état tu es rentré vendredi? Non mais j'ai juste failli faire une crise cardiaque quoi! Mais ça s'est pas important bien sur!
James écarta Lily avec douceur et prit la jeune Williams contre lui, caressant son dos avec délicatesse.
- Je t'en supplie, Jamesie chéri, arrête de provoquer à tout bout de champ…
Ce dernier ne répondit pas. Parce qu'il ne voulait pas lui mentir et lui donner de faux espoirs.
- Fabi, tu veux te faire tuer toi aussi?
- Je ne vois pas pourquoi tu dis ça…
- Peut être parce que tu as giflé Bellatrix et que tu as volontairement provoqué son père en prime…
- Oh, ça, c'est qu'un détail.
Folle de rage Sam lui cria « ouais ben tu ira dire ça à son père quand il viendra te rendre visite! ». Et elle partit dans son dortoir.
[…]
- Cygnus… Calme toi.
L'oncle de Sirius était fou de rage. Ses mains s'étaient mises à trembler, il voulait commettre un meurtre. Là. Maintenant. Sur le champ. Il venait de recevoir une lettre de Lucius, le convoquant à Poudlard. Parce que Prewett avait encore osé le provoquer. Cette fois, c'était celle de trop. Il allait comprendre à qui il avait à faire. Il allait comprendre qui était Cygnus Black.
Fabian saurait ce qui se passe lorsqu'on ne respecte pas la famille Black.
[…]
- Assieds toi, Aaron.
Ce dernier n'obtempéra pas. Il se trouvait dans le bureau de son patron, le ministre, Cornélius Fudge. Il connaissait déjà la raison pour laquelle il l'avait fait venir. Et il était loin d'être d'accord avec cette convocation. Les Potter et les Black avaient toujours pris des chemins différents, il s'étaient toujours détestés. Mais côté tempérament fort et entêtement, ils étaient sur la même longueur d'ondes…
- Aaron, qu'est ce qui t'as pris?
- Que voulez vous savoir exactement? Ce qui m'a pris de donner un coup de poing à une ordure qui le méritait amplement? Ou me demander pourquoi je ne l'ai pas achevé peut-être?
- Aaron, tu as frappé un de tes collègues au sein même du ministère…
- Pas la peine de me rappeler les faits, monsieur, je sais très bien ce que j'ai fais. Et Orion Black est tout, sauf mon collègue.
- Et je peux savoir pour quelle raison tu as fais ça? Je suis en train de penser que l'enlèvement de ce Sirius te rend dingue. Tu ne quittes quasiment plus le ministère, on voit bien que tu ne dors plus, je me demande même s'il t'arrive de te nourrir de temps en temps…
- Cela me regarde. Et je ne considère pas Sirius comme « ce Sirius ». Il n'est pas un objet. Il est un môme qui n'a rien demandé à la vie mais elle s'acharne sur lui avec une volonté hors norme.
- Je conçois que ce qui arrive est triste. Mais tu as d'autres affaires, Aaron. Tu as aussi d'autres préoccupations. Vais-je être obligé de te rappeler à l'ordre encore une fois? Comme pour l'affaire Matthew Prewett?
- Aucun rappel à l'ordre ne me fera reprendre un rythme normal cette fois. Pas tant que Sirius ne sera pas en sécurité entre les murs de ma maison.
- Tu devrais prendre des vacances, Aaron.
- Je n'en ai aucune envie.
- Alors je vais être obligé de t'en donner de force.
- Il faudra aussi me forcer à ne pas revenir au travail.
- C'est fou ce que tu es têtu. Pourquoi Orion Black? Ses deux fils ont disparu, ne crois-tu pas qu'il est assez anéanti comme ça? Tu es obligé de rajouter à sa culpabilité?
Aaron ne pût s'empêcher de ricaner. C'était la meilleure blague qu'on lui ait jamais faite. Le ministre était si aveugle qu'il en était pathétique. Il faisait pitié.
- Oui, il est coupable. Mais d'une toute autre manière que vous le suggérez. Il n'a pas la culpabilité de la victime mais du réel coupable. Il ment comme il respire et vous gobez chacun de ses mensonges. Il sait parfaitement ou sont ses fils. Il a toujours été parfaitement conscient de la violence de Marcus envers Sirius. Et vous, vous n'avez conscience de rien. Marcus doit pourtant bien tenir ce côté violent de quelqu'un vous ne croyez pas?
- Ne me parle pas sur ce ton, Aaron.
- J'essaie de vous ouvrir les yeux mais il n'y a rien à faire. Vous vous en souviendrez, lorsqu'ils auront prit possession de votre cerveau. Vous vous en rappellerez lors de vos rares moments de clairvoyance. Lorsque dans votre vie, vous ne pourrez plus rien faire d'autre qu'obéir aux ordres de ces satanés mangemorts et cette pourriture de Voldemort.
Fudge sursauta à l'entente de ce nom, il fusilla son employé du regard. Aujourd'hui, il allait perdre un de ses meilleurs éléments. Mais il ne pouvait plus supporter cette insolence.
- Tu as fais ton choix, Aaron. Lorsque tu sortira d'ici, préviens Terry, qu'il est désormais le nouveau directeur du bureau des aurors.
- Ca n'est pas sur qu'il reste… Répondit Aaron avec un sourire malicieux. Nous avions un peu prévu notre coup pour tout vous dire…
- Comment ça? S'indigna Fudge.
- Si vous me virez, nous sommes assez nombreux pour former rapidement un groupe d'aurors à part entière. Nous n'avons pas besoin de vous, monsieur.
- Comment oses-tu?
- De toute façon, nous n'avons aucun doute sur votre caractère, lorsque vous vous apercevrez que le monde s'écroule, vous nous rappellerez…
Sur ces quelques mots, Fudge ordonna à Aaron Potter de quitter son bureau, et le ministère pour de bon.
- Avec plaisir, j'étouffais ici, d'être entouré de bons à rien.
Lorsqu'il ouvrit la porte, Aaron atterrit pile en face d'Orion Black. Ce dernier avait un sourire aux lèvres. Potter se tourna alors vers Fudge.
- Vous voyez, il écoute même à vos portes, vous devriez vous renseigner, Fudge, sur ceux que vous appelez « amis ».
Cette phrase résonna aux oreilles du ministre. Elle lui rappela étrangement ce que lui avait dit le jeune Sirius Black à propos de sa famille, juste avant que son frère ne soit renvoyé de l'école. Aaron bouscula alors Orion et quitta le couloir…
- Aaron! Alors? S'inquiéta Terry.
- Tu es le nouveau chef du bureau des aurors.
- Pardon? S'indigna John Lupin, le père de Remus.
- Je suis viré.
- Très bien. Dit alors Brendan Gleeson. On s'en va avec toi.
- Non. J'ai besoin de personnes ici…
- Pas de tout le monde, si? Demanda malicieusement Andromeda Thonks, cousine de Sirius et reniée par sa famille pour s'être mariée avec un moldu.
Aaron sourit.
- Si nous devons retrouver ton cousin, il m'en faudra un bon nombre aussi en dehors… Concéda Potter. Une moitié de chaque.
- Je viens avec toi. Dit aussitôt Terry.
- Tu as deux petits jumeaux à nourrir.
- Toi tu as un fils.
- J'en ai qu'un. Et il est très bien nourrit à Poudlard.
- Ce n'est qu'une question de mois avant qu'il nous rappelle de toute façon.
- Et si ça fait plus?
- Ma femme a un travail, Aaron. Assez consistant pour nourrir toute notre famille pour la vie entière. Elle est avocate.
- Bien. John? Tu deviens chef?
- Pas de soucis. Je te tiens au courant de chaque phrase prononcée par Orion Black, son frère et toutes les ordures dans leur genre ayant un travail ici.
- Tu as mis leurs bureaux sous écoute? Demanda Aaron.
- Pourquoi crois-tu qu'il soit venu écouter à la porte de Fudge? J'ai malencontreusement laissé circuler l'information comme quoi tu avais été convoqué…
Aaron eut un sourire.
- Bon boulot. Ecoutez moi bien tous.
Un silence général se fît aussitôt.
- Vous vous souvenez du sixième mois de l'enlèvement du jeune Matthew Prewett?
Tous se turent.
- Vous vous rappelez de sa petite amie qui est venue nous trouvez, en pleurs? Vous vous rappelez de son frère qui la tenait et qui nous jetait des regards haineux et des insultes?
Tous acquiescèrent, peinés à se souvenir brûlant.
- Il est hors de question que je perde définitivement mon fils. Il est hors de question que je vois cette tristesse permanente dans ses yeux. Il est hors de question que ça recommence. Je retrouverais Sirius, coûte que coûte. Même si pour cela je dois arrêter de mener toute vie normale. Même si pour cela je dois mourir. Vous êtes vraiment prêts à me suivre?
- Jusqu'à la mort chef! Répondit Brendan Gleeson alors que régnait un silence de mort.
Il sourit d'un air gêné. Aaron lui adressa un regard reconnaissant. Tandis que Terry s'approchait de lui en levant les yeux au ciel.
- Pourquoi crois-tu qu'on fait les cent pas depuis que tu as été convoqué? Pour te lâcher une fois que la bataille commencerait? On est tous avec toi. Depuis le début. On le retrouvera.
Aaron adressa un sourire à Terry. Oui. Ils le retrouveraient. Ils feraient tout pour. Et cette fois, il était hors de question qu'ils échouent.
