Bonjour et bonne année ! Voici le chapitre 25.

Un peut plus long que d'habitude également, j'espère qu'il vous plaira.

Merci aux personnes qui ont prit le temps de nous lire.

Écriture : Meiling

Co-écriture et corrections : Élisa

Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling.

Nos personnages principaux sont en co-propriété avec notre MJ.

Tous les autres personnages sont de notre invention.

Toute ressemblance avec toute autre histoire, vraie ou fausse, serait complètement fortuite, et plutôt incroyable !

Ratings : M avec quelque passage Lemon

En vous souhaitant bonne lecture !


Chapitre 25 : Prise dans la toile

**Attention passage classé BDSM - D/s**

Ce jeudi matin Élisa somnolait, la tête pendant au-dessus de son bol de lait chaud et de ses tartines. Ça faisait maintenant bientôt une semaine qu'Élisa faisait le même cauchemar, celui où un homme qu'elle ne connaissait pas mourrait sous les yeux horrifiés d'une femme torturée par des silhouettes encapuchonnées. Cela faisait aussi une semaine qu'elle et Sirius sortaient ensemble sans que personne ne le sache. En additionnant ses cauchemars à ses escapades nocturnes, Élisa avait eu très peu de sommeil. Elle s'en fichait : sortir en secret avec le beau brun avait quelque chose d'excitant. Elle venait le retrouver dans son lit tous les soirs et profitait enfin du Gryffondor qui peuplait ses fantasmes depuis des mois, sans être obligée de se cacher sous les traits d'Isis, ni être obligée de cacher ses sentiments. Les autres garçons n'étaient pas au courant de ce petit manège, bien évidemment, heureusement ils ne s'étonnaient pas de voir Isis si souvent dans leur dortoir.

Même ses propres amis n'étaient pas au courant de sa relation avec Sirius Black. Si ils savaient qu'elle sortait secrètement avec lui, ils feraient très certainement une crise cardiaque ou s'étoufferaient de surprise ou… elle n'arrivait même pas à imaginer comment ils réagiraient ! Surtout Ogs, pensa-t-elle. Les filles seraient sûrement dégoûtées : elles ne portaient pas les Maraudeurs dans leur cœur, mais elles feraient tout de même l'effort de la féliciter.

Le fait de se cacher apportait quelque chose de piquant et d'intense à leur relation, une sensation qu'elle aimait tout particulièrement. Elle voulait que les choses restent ce qu'elles étaient, en tout cas pour le moment, alors jamais elle ne restait dormir toute la nuit dans les bras de son amant, préférant rentrer dans son propre dortoir aux premières heures du matin. Elle était exténuée, mais cela en valait le coup.

De son côté, quand Ogs entra dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner, il ne put s'empêcher de remarquer que les professeurs étaient particulièrement agités. Le professeur Dumbledore fronçait les sourcils en s'adressant au professeur McGonagall qui hochait la tête d'un air sombre. Quand Ogs s'assit, le Directeur croisa son regard et s'interrompit. Il ajouta quelques mots à l'intention de la directrice des Gryffondors qui se tourna vers Ogs également avant d'acquiescer.

Que se passait-il ?

Le professeur McGonagall quitta l'estrade des professeurs pour se diriger vers le jeune homme. Ogs sentit son estomac se contracter. Quelque chose dans le regard de sa directrice le mettait très mal à l'aise.

Lara observait la scène de loin. Elle vit Ogs se lever à l'approche du professeur McGonagall qui lui adressa quelques mots avant de tourner les talons. Elle croisa le regard de son ancien ami et détourna les yeux, décidant de l'ignorer alors qu'il quittait la Grande Salle à la suite de sa directrice de maison.

Ogs avait cherché des yeux ses amies à leurs tables respectives après que le professeur McGonagall lui ait demandé de la suivre. Il était anxieux et aurait bien eu besoin d'un sourire encourageant. Mais il ne vit que Lara, qui continuait à l'ignorer, comme si leur amitié n'avait jamais existé. Il suivit donc la directrice d'un pas lourd, son estomac tel une boule de plomb qui s'enfonçait toujours un peu plus dans son ventre.

Ils ne quittèrent pas la Grande Salle par l'immense double-porte qui donnait sur le hall mais se dirigèrent vers l'estrade des professeurs. À la gauche de la table des professeurs se trouvait une petite porte qui donnait sur une salle dont l'accès était interdit aux élèves. Ogs la franchit et découvrit un genre de grand salon avec des fauteuils confortables, des canapés à deux ou trois places, une immense cheminée, des tapis dépareillés, des étagères croulant sous les livres et les bibelots… Aucun des meubles n'était assorti aux autres, les couleurs criardes du mobilier et des objets de décoration juraient les unes avec les autres dans une cacophonie chaleureuse et accueillante.

Le professeur McGonagall l'invita à s'asseoir et se dirigea vers l'âtre sur lequel elle pointa sa baguette magique. Des flammes orangées crépitèrent instantanément, réchauffant l'atmosphère. La directrice contempla le feu, se triturant nerveusement les mains. Ogs choisit un fauteuil aux larges rayures vertes et violettes. Malgré l'apparence invitante du siège, le jeune homme s'assit au bord et posa les mains à plat sur ses genoux. Le silence du professeur McGonagall accentuait son anxiété : il avait envie de la bousculer pour qu'elle lui dise pourquoi il avait dû la suivre jusque dans cette pièce, et pour qu'il puisse enfin savoir ce qu'il se passait.

- Monsieur Carter, commença-t-elle en gardant les yeux fixés sur les flammes. Je suis porteuse aujourd'hui d'une très mauvaise nouvelle.

Les mains de Ogs devinrent moites, sa bouche était sèche. Il avait les yeux rivés sur le dos de sa directrice, qui consentit enfin à lui faire face.

- Votre père a été retrouvé mort cette nuit, dit-elle simplement.

Ogs sentit ses mains trembler et s'agrippa au tissu de son pantalon. Ses oreilles bourdonnaient et sa gorge se noua. Il fixa intensément le professeur McGonagall, incapable de lui demander plus de détails, la suppliant du regard pour qu'elle continue.

- Votre mère a été agressée et torturée. Elle est actuellement à Sainte Mangouste mais elle devrait se remettre rapidement de ses blessures… physiques, expliqua la directrice après un moment d'hésitation. Il s'agit sans équivoque possible de l'œuvre de mages noirs, la marque des ténèbres flottait au-dessus de leur… de votre maison.

Un silence pesant suivit les déclarations du professeur McGonagall. Elle observait son élève avec compassion, ne sachant quelles paroles réconfortantes lui offrir. Ogs regardait ses mains dont les articulations étaient devenues blanches, il se rendit alors compte de la force avec laquelle il serrait les poings, rendant difficile la circulation du sang. Il relâcha donc ses muscles et leva le regard vers sa directrice, toujours sans rien dire.

- Le Directeur vous propose d'aller à Sainte Mangouste pour rejoindre votre mère, je vous y accompagnerai dès que vous serez prêt, dit-elle.

Devant l'absence de réaction du Gryffondor elle enchaîna.

- Sauf si vous souhaitez rester à Poudlard bien sûr, ajouta-t-elle.

Ogs secoua lentement la tête de gauche à droite avant de se lever et de se diriger ver la porte. Il posa la main sur la poignée puis se ravisa et se retourna. Le professeur McGonagall n'avait pas bougé, elle l'observait toujours d'un regard désolé sans savoir quoi faire de plus.

- Je vais chercher ma cape, dit-il simplement.

- Je vous attendrai dans le hall dans ce cas, Monsieur Carter.

Le jeune homme laissa ses pieds le guider vers la tour des Gryffondors, traversant comme un automate la Grande Salle encore bondée à cette heure. Lara l'aperçut et comprit immédiatement que quelque chose de très grave était arrivé. Elle voulut se lever et aller vers lui, mais elle dut se retenir. Elle avait promis à Rabastan qu'elle n'entrerait plus jamais en contact avec Ogs et elle comptait bien tenir sa promesse. La Serpentard se concentra donc plutôt sur son petit-déjeuner et adressa un sourire, qu'elle espérait naturel, à son fiancé. Ogs avait Élisa et Meiling, il avait même sa petite-amie, il n'avait pas besoin d'elle.

Le professeur McGonagall attendait Ogs dans le hall d'entrée, devant les lourdes portes qui menaient vers le parc du château, comme elle l'avait indiqué. Elle portait une cape fourrée verte avec une doublure bordeaux. Les températures étaient encore très basses en ce début de printemps, Ogs portait son uniforme sous sa propre cape hivernale. Il suivit la directrice en silence jusqu'à la grille. Une fois qu'ils furent à l'extérieur de l'enceinte de Poudlard, ils s'arrêtèrent tous les deux. Le professeur McGonagall tendit la main à son élève qui la prit sans hésiter. Ils disparurent dans un grand bruit, tel un coup de fusil qui retentit dans le parc du château.

Ils avaient transplané et se retrouvaient maintenant dans une ruelle sombre et vide de Londres. Des ordures jonchaient le sol et des rats couraient entre les poubelles. Le professeur McGonagall se remit en route, menant Ogs dans les rues agitées de la ville, fendant la foule avec l'agilité d'un chat. Ils s'arrêtèrent devant un grand magasin de briques qui semblait être en construction. La vitrine était vide à l'exception de quelques pots de peinture et d'un escabeau. Aucun signe sur la devanture n'indiquait le type de boutique dont il s'agissait. La directrice regarda à droite et à gauche avant de dessiner un motif compliqué sur le verre de la vitrine. Quand elle eut finit, il se mit à onduler comme de l'eau et elle franchit la vitre sans hésiter. Ogs lui emboîta le pas, trop bouleversé pour s'intéresser à son environnement.

Une fois de l'autre côté, ils ne se trouvaient nullement dans un magasin en construction mais dans le hall d'entrée d'un hôpital en plein activité. Des patients attendaient, assis sur des sièges en bois au dos droit à l'apparence très inconfortable, des infirmières en robes vertes s'affairaient derrière l'accueil, réceptionnant les blessées et les hiérarchisant en fonction de la gravité de leur situation et de l'urgence des soins à prodiguer. McGonagall se dirigea vers l'une d'entre elles et demanda à avoir le numéro de la chambre de Madame Abby Carter. Une fois qu'elle l'eut obtenu, elle entraîna Ogs toujours silencieux vers l'escalier, ne s'arrêtant qu'au quatrième étage. Le Gryffondor put lire sur un écriteau juste avant de franchir la porte : "Pathologie des sortilèges". Il suivit sa directrice jusque devant la chambre 416, mais une fois devant il ne put se résoudre à entrer, terrifié à l'idée que l'état de sa mère soit pire que ce qu'il avait envisagé.

- Elle est dans une chambre individuelle, étant donné le… les circonstances, indiqua le professeur McGonagall. On m'a informée qu'elle avait repris connaissance il y a moins d'une heure, j'imagine qu'elle a hâte de vous voir.

Ogs releva vivement la tête à ces mots. Il fixa la directrice des Gryffondors, qui lui adressa un sourire encourageant, puis se précipita à l'intérieur. Une infirmière était en train de débarrasser un plateau de petit-déjeuner auquel personne ne semblait avoir touché. Sa mère était assise dans le lit, affublée d'un pyjama vert clair avec l'insigne de Sainte Mangouste brodé dessus. Elle fixait la fenêtre, des larmes coulaient inlassablement sur ses joues alors que ses épaules tremblaient doucement, comme si elle retenait des sanglots plus intenses.

- Elle est comme ça depuis qu'elle s'est réveillée, indiqua l'infirmière dans un soupir. Elle ne parle pas et refuse de manger, ajouta-t-elle en secouant la tête avant de sortir.

Ogs déglutit difficilement. Il ne voulait pas pleurer. Surtout pas alors que sa mère était dans cet état et qu'elle avait sûrement dû subir un enfer. Il inspira profondément avant de l'appeler.

- Maman ? demanda-t-il faiblement.

Sa mère réagit immédiatement et se tourna vers lui. Quand elle le reconnut, son visage se déforma et elle laissa échapper un cri déchirant avant de pleurer à gorge déployée. Ogs se figea, sentant les larmes monter et lui piquer les yeux. Sa mère, toujours en sanglotant, ouvrit alors les bras et les tendit dans sa direction, pour l'inviter à venir la rejoindre. Il ne se fit pas prier et se précipita dans ses bras, la serrant de toutes ses forces, heureux qu'elle soit toujours en vie, inconsolable parce que son père ne l'était plus.

- Ils l'ont tué ! réussit-elle à articuler entre deux hoquets. Ils l'ont tué devant moi ! Oh, Ogsvald !

- Oui maman, je sais… répondit-il d'une voix brisée. Je suis là maintenant.

- Ils ont tué Francis ! Ils l'ont torturé puis ils l'ont tué. Comme s'il ne valait rien, débita-t-elle en sanglotant.

Ogs ne répondait pas. Il ne savait comment la réconforter. Il était lui-même submergé par le chagrin et s'agrippait à sa mère aussi fort qu'elle s'agrippait à lui. Il continua à la serrer contre lui, la berçant doucement en répétant qu'il était là, essayant de la calmer du mieux qu'il le pouvait. Mais il ne put s'empêcher de laisser couler ses larmes tout en se faisant la promesse qu'il ne pleurerait plus, qu'il serait fort, pour sa mère et pour lui-même.

Au bout de quelques instants, alors que sa mère s'était calmée, il relâcha son étreinte. Abby Carter reniflait bruyamment et séchait ses larmes sur les manches de son pyjama. Ogs essuya également discrètement ses larmes avant de s'asseoir sur le bord du lit. À ce moment, l'infirmière entra à nouveau dans la chambre.

- J'ai prévenu le Ministère que vous étiez réveillée Madame Carter, ils ont envoyé des aurors qui souhaiteraient vous interroger sur ce qui vous est arrivé cette nuit, dit-elle. Est-ce que je peux les laisser entrer ?

Abby Carter hocha la tête en signe d'approbation et l'infirmière ouvrit la porte pour laisser entrer les aurors. C'étaient deux hommes assez semblables, grands et minces, vêtus d'un costume trois pièces sombre et tenant chacun un chapeau en feutre à la main. La seule différence notable qu'Ogs put discerner entre les deux hommes était que l'un arborait une petite moustache lustrée alors que l'autre n'en avait pas.

- Toutes nos condoléances Madame Carter, et Monsieur Carter, je présume, déclara l'homme avec la moustache. Nous sommes vraiment désolés de vous importuner dans un moment aussi difficile, mais nous devons agir vite si nous voulons avoir une chance d'attraper les coupables.

- Je comprends, dit faiblement la mère de Ogs. Est-ce que mon fils peut rester ? demanda-t-elle en posa la main sur son bras.

- Bien sûr.

D'un coup de baguette magique l'auror fit apparaître deux chaises dans la chambre et lui et son collègue s'installèrent à proximité du lit, face à Abby Carter qui ne lâchait pas son fils. L'auror sans moustache sortit de la mallette posée sur ses genoux deux plumes et un long rouleau de parchemin. Il posa le parchemin à plat sur la mallette et une des plumes en équilibre sur le papier pointe vers le bas, il garda l'autre dans sa main puis attendit. Après avoir demandé à la mère de Ogs de confirmer son identité et celle de ses parents, l'homme à la moustache commença l'interrogatoire. La plume posée sur le parchemin écrivait toute seule, grattant le papier dans un rythme régulier. L'auror rayait ou rajoutait des détails de temps en temps avec l'autre plume.

- Pouvez-vous me raconter en détail ce qui s'est passé la nuit dernière ? demanda-t-il simplement.

La mère de Ogs raconta aussi fidèlement qu'elle le put leur soirée. Ils s'étaient couché après avoir écouté leur émission de radio préférée, elle dut expliquer ce qu'était une radio. Une fois dans le lit elle avait lu un livre et Francis Carter, elle eut un sanglot en mentionnant son nom, s'était endormi rapidement, comme à son habitude. Elle avait reposé son livre peu avant minuit, mais elle ne dormait pas encore quand elle avait entendu la porte d'entrée grincer. Elle avait écouté attentivement et lorsqu'elle avait entendu des pas qui montaient les escaliers elle s'était emparé de sa baguette et avait réveillé son mari. Arrivée à ce moment elle dut faire une pause car ses propos étaient devenus trop incohérents. Ogs prit les mains de sa mère dans les siennes et les serra fort. Il devait lui-même faire un effort pour ne pas pleurer en imaginant la scène.

Les Carter s'étaient levés, elle baguette à la main, lui brandissant une chaise en bois. Quand elle avait entendu des rires et des pas précipités, Abby s'était douté qu'il ne s'agissait pas de simples cambrioleurs, elle avait alors exhorté son mari à s'enfuir, mais il avait refusé de se comporter de la sorte, en disant qu'il n'était pas un lâche. La mère de Ogs serra plus fort les mains de son fils en racontant ce passage tout en pleurant à chaudes larmes. Puis elle enchaîna.

Les mages avaient fait irruption dans la chambre après avoir fait sauter la porte de ses gonds d'un sortilège. Abby n'avait pas eu le temps de réagir : elle avait été projetée contre le mur d'un repulso alors qu'un expelliarmus la désarmait dans le même instant. Elle avait été sonnée et avait du mal à se souvenir des quelques instants qui suivirent, se rappelant vaguement son mari qui s'était précipité vers elle.

- Combien étaient-ils ? demanda l'auror avec la moustache.

- Trois, répondit Abby en reniflant. Une femme et deux hommes.

- Vous avez vu leurs visages ?

- Non. Ils portaient des masques noirs, très simples, sans dessins ni fioritures. Des grandes capes noires et leur capuche était rabattue sur leur tête. Je n'ai vu que les boucles brunes de la femme.

- Un autre détail dont vous pourriez vous rappeler ?

- Je ne sais pas… dit la mère de Ogs en fronçant les sourcils pour essayer de se rappeler. Je pense qu'ils étaient jeunes, leurs mains avaient une peau plutôt lisse et ferme. Je n'ai pas entendu la femme parler, elle ne faisait que rigoler. Elle n'a pas lancé de sort.

- Très bien, continuez s'il-vous-plaît.

Abby Carter s'exécuta et expliqua comment ils l'avaient empêchée de se défendre en l'attachant avec le sortilège incarcerem. Son mari avait essayé de l'aider, mais il était impuissant face à des sorciers, et elle-même n'avait jamais été une grande sorcière. Elle avait donc dû regarder son mari se faire torturer sous ses yeux, ils avaient exclusivement utilisé le sort impardonnable endoloris. La femme était restée accroupie à côté d'elle, l'agrippant par les cheveux pour l'obliger à ne rien louper de la scène, rigolant à chaque fois que son mari hurlait de douleur.

- Ils n'ont rien dit à part pour formuler des sortilèges ? l'interrompit l'auror.

- Non, ils… commença la mère de Ogs en hésitant. Ils nous ont insultés tous les deux, avoua-t-elle.

Le cœur de Ogs se serra. Il pensait deviner ce qu'allait dire sa mère et il sentait la colère monter en lui. Il la fixa des yeux, mais elle refusait de croiser son regard.

- Quelles sont les insultes qu'ils ont employées ? demanda l'auror avec la moustache, pendant que l'autre continuait de prendre des notes sans un mot.

- Ils l'ont traité de sale moldu, dit-elle douloureusement alors que Ogs serrait ses mains un peu plus fort. Ils ont dit que je trahissais mon sang, que j'étais une tâche sur la lignée de mes ancêtres, une souillure.

- Pourquoi ne vous ont-ils pas tuée en même temps que votre mari ?

- Ils ont dit que la vie des moldus ne valait rien, expliqua-t-elle d'une voix étranglée par le chagrin. Que sa mort était insignifiante, mais qu'il allait servir à me punir et à me ramener vers le droit chemin, qu'il fallait que j'honore mon sang pur. Ils l'ont torturé et tué devant moi, ils m'ont menacée, tout ça pour que j'épouse leur idéologie de supériorité du sang, dit-elle avec mépris.

- Ils vous ont menacée ? Qu'ont-ils dit pour vous menacer ?

Abby Carter lança un regard furtif à Ogs avant de répondre.

- Après avoir tué Francis, l'un des deux hommes s'est approché de moi. J'étais hébétée et dans l'incapacité de réagir à ce moment. Ils m'ont dit qu'ils allaient me surveiller et que je ferai mieux de rester loin des moldus et…

- Qu'ont-ils dit d'autre ? l'encouragea l'auror.

- Et que mon fils ferait mieux de surveiller ses arrières car les sang-mêlés seraient les prochains, dit-elle dans un souffle.

Un lourd silence s'installa, uniquement perturbé par les grattements des plumes sur le parchemin.

- Ils ont dit explicitement qu'ils allaient s'en prendre à votre fils ? insista l'auror.

- Non, ils ont juste dit qu'il devait faire attention dans les couloirs de Poudlard et de faire profil bas. Que les jours des sang-mêlés étaient comptés.

Les deux aurors échangèrent un regard avant de reporter leur attention sur Abby Carter, lançant au passage de furtives œillades vers Ogs. Ce dernier tenta de rester impassible, mais la rage bouillonnait en lui. Son père avait été torturé et tué pour des raisons aussi futiles que ses origines non magiques ? C'était absolument absurde, il ne leur pardonnerait jamais.

Madame Carter continua son récit, racontant comment ils l'avaient torturée avec le sort endoloris après avoir tué son mari. Au bout de ce qui lui avait paru être une éternité elle avait perdu connaissance et s'était retrouvée à Sainte Mangouste. Elle se remit alors à sangloter, cachant son visage de ses mains. Sentant qu'elle était à bout, Ogs demanda s'ils avaient encore beaucoup de questions ou s'ils pouvaient attendre que sa mère se sente un peu mieux. Les aurors décidèrent donc de partir, affirmant qu'ils avaient assez d'informations pour pouvoir continuer l'enquête. Ils présentèrent à nouveau leurs condoléances une fois que l'auror sans moustache eut rangé son matériel puis ils quittèrent la chambre. La mère de Ogs le remercia en reniflant. Il lui conseilla de se reposer un peu, ce qu'elle fit sans broncher. Il resta avec elle jusqu'à ce qu'elle se soit endormie puis se mit en quête du professeur McGonagall.

Ogs croisa une infirmière qui l'informa que le professeur McGonagall était retournée à Poudlard mais qu'une personne de l'école n'allait pas tarder à le rejoindre. Il retourna donc dans la chambre de sa mère et la regarda dormir. Il vit ses yeux rouges et gonflés, ses sourcils froncés, ses mains crispées qui tressaillaient comme sous le coup de la douleur. Elle laissa échapper un petit gémissement et Ogs la rejoignit d'un seul mouvement. Il lui prit les mains et elle arrêta de s'agiter, mais elle commença à pleurer doucement. Il s'assit sur le lit à côté d'elle, gardant les mains de sa mère dans sa propre main, lui caressant les cheveux de sa main libre.

Il n'avait plus de père.

Francis Carter, moldu, médecin modeste au grand cœur, bienveillant au point d'être parfois un peu naïf, avait été tué par des mages noirs, parce qu'il était moldu. La haine bouillonnait dans le ventre de Ogs, lui écrasant la poitrine. Il savait que son père n'aurait pas voulu qu'il se laisse envahir par la colère et le ressentiment, mais ce qu'ils avaient fait était impardonnable.

En milieu de matinée, Ogs avait entendu des murmures qui venaient de son médaillon. Ses amies étaient sûrement inquiètes de ne pas l'avoir vu en cours et de ne pas avoir eu de nouvelles de sa part. Il retira donc son médaillon et le laissa au fond d'une de ses poches pour ne plus les entendre, trop bouleversé pour pouvoir leur parler, incapable d'accepter que son père était bel et bien mort et donc de le leur dire.

Après avoir passé plus d'une heure, seul, à regarder sa mère dormir et les infirmières aller et venir, on toqua à la porte et le garde-chasse de Poudlard entra. Ogs ne connaissait pas son nom, mais il savait qu'il n'avait pas le droit d'utiliser la magie parce qu'il avait été renvoyé de l'école quelques années auparavant. Une rumeur courait qu'il s'agissait en fait d'un demi-géant et les élèves étaient plutôt désagréables avec lui à cause de ça.

- Ogs Carter ? demanda timidement le garde-chasse.

- Oui, c'est moi.

- Toutes mes condoléances jeune homme, dit-il, clairement mal à l'aise dans cette situation.

- Merci…

- Hagrid, tu peux m'appeler Hagrid. Je dois t'emmener chez tes grands-parents, est-ce que tu es prêt ?

Ogs n'avait pas prévu de laisser sa mère ainsi. Il voulut la réveiller mais se ravisa au dernier instant. À la place il demanda à une infirmière une plume et un morceau de parchemin pour laisser un mot à sa mère. On lui assura qu'elle les rejoindrait dès qu'elle se sentirait mieux, mais que ce serait à elle de décider car ses blessures n'étaient pas physiques mais bien plus profondes que ce qu'on pouvait penser.

Après avoir enfilé ses habits moldus qui avaient été apportés directement de chez lui, il suivit le garde-chasse hors de l'hôpital, où ce dernier sortit une carte de Londres avant de froncer les sourcils, tournant et retournant la carte dans tous les sens. Pendant que Hagrid marmonnait en cherchant son chemin, Ogs eut tout le loisir de l'observer. Le garde-chasse était un jeune homme d'une vingtaine d'année, il mesurait largement plus de deux mètres et était très robuste et musclé. Ses longs cheveux hirsutes étaient attachés en une queue de cheval touffue, ses sourcils broussailleux cachaient des yeux bruns chaleureux. Le Gryffondor en déduit que Hagrid était une personne bien et il l'appréciait déjà. Il décida donc de l'aider.

- Où est-ce que nous devons aller ?

- Eh bien, vous savez où habitent vos grands-parents ? demanda-t-il, honteux de devoir demander de l'aide à l'élève qu'il devait lui-même aider.

- Oui, nous allons souvent leur rendre visite, ils habitent dans une petite ville de la banlieue.

- Comment est-ce que vous vous rendez chez eux ?

- Nous utilisons… nous utilisions la voiture de papa…, il déglutit difficilement avant de continuer. Il nous conduisait chez eux.

- Ah, dit-il simplement, clairement déçu. Mais je n'ai pas de voiture moi.

- Je sais me rendre chez eux en transports en commun, ajouta rapidement Ogs pour lui remonter le moral. Il me faudrait juste de l'argent moldu, dit-il en se rendant compte que le garde-chasse de Poudlard n'aurait jamais de monnaie non magique sur lui.

- Ah, ça j'en ai ! s'exclama joyeusement Hagrid. Le professeur… euh… Le Directeur de Poudlard m'en a donné un peu en me disant que j'en aurai surement besoin, expliqua-t-il fièrement.

- Très bien ! Maintenant il n'y a plus qu'à savoir où nous sommes pour pouvoir nous mettre en route.

Ogs habitait Londres depuis son enfance, mais il ne reconnaissait pas ce quartier ni le nom des rues qui les entouraient. Il demanda donc à un passant la direction de la bouche de métro la plus proche. Ils n'eurent pas à marcher plus de cinq minutes qu'ils y étaient déjà. Ogs repéra le trajet le plus rapide pour se rendre chez ses grands-parents à partir de là où ils se trouvaient et acheta les tickets nécessaires. Ce n'est qu'une fois assis dans la rame de métro qu'il se rendit compte qu'il ne savait pas ce qu'il allait dire à ses grands-parents. Il lança un regard affolé à Hagrid qui, curieusement, comprit immédiatement.

- Ils ont déjà été avertis, ils nous attendent. Comme ce sont des moldus, nous leur avons dit qu'il est mort d'une crise cardiaque à cause de surmenage. Ça arrive souvent aux moldus ça, la crise cardiaque ?

- Ça peut arriver oui, c'est très rapide donc c'est difficile à soigner. Ça n'arrive pas chez les sorciers ?

- Je ne crois pas, ça ne me dit rien…

- Comment j'explique que ma mère n'est pas avec nous ?

- On leur a raconté qu'elle était tellement bouleversée et submergée par le chagrin qu'elle était temporairement prise en charge dans un hôpital moldu. Enfin nous n'avons pas dit moldu, c'est un hôpital normal pour eux. Nous avons juste dit hôpital. Toujours est-il que nous avons dit qu'elle ne voulait voir personne pour le moment mais qu'elle vous rejoindrait dès qu'elle se sentirait un peu mieux.

- D'accord, merci, répondit simplement Ogs.

Ses parents n'avaient jamais dit à ses grands-parents paternels que sa mère était une sorcière et que la magie existait. Ils avaient mené une vie la plus normale possible en leur présence, essayant de cacher les éventuels et incontrôlables sorts que Ogs lançait inconsciemment quand il était petit.

Il ne connaissait pas ses grands-parents maternels. Sa mère venait d'une longue lignée de sangs-purs, les Prewitt. Ils reniaient toutes les personnes de leur famille qui s'acoquinaient, d'après leurs propres mots, avec des moldus. Ils ne pouvaient donc pas compter sur eux aujourd'hui. Encore moins étant donné les conditions dans lesquelles son père était mort.

Le trajet dura un peu moins d'une heure, ils durent changer deux fois de ligne avant d'arriver. Hagrid avait essayé de faire la conversation d'un ton enjoué afin de remonter le moral de Ogs, mais ce dernier était bien trop triste pour se laisser divertir. Il resta silencieux pendant quasiment tout le voyage, indiquant quand il fallait descendre et sur quel quai se rendre. Plus ils s'approchaient de leur destination plus Ogs se renfrognait : il redoutait la confrontation avec ses grands-parents, qui devaient être aussi dévastés que lui.

Ils l'accueillirent à bras ouverts, le serrant fort contre leur cœur, inconsolables, tout comme lui. Mais ils se reprirent rapidement, contrôlant leurs émotions comme seuls les britanniques savent le faire, le jeune homme réussit donc à retenir ses larmes, comme il se l'était promis. Ils proposèrent du thé à Hagrid, qui s'était présenté comme un assistant éducatif de l'école. Les grands-parents de Ogs étaient choqués par la taille du garde-chasse, qui devait se courber une fois à l'intérieur, mais ils n'en laissèrent rien paraître, par politesse.

Alors qu'ils étaient installés aussi confortablement que possible dans le petit salon, Hagrid demanda s'il pouvait leur emprunter du papier et de quoi écrire puisqu'il devait envoyer une lettre pour indiquer au Directeur qu'ils étaient arrivés à bon port. Les grands-parents de Ogs s'en étonnèrent et proposèrent à la place leur téléphone, assurant que ce serait beaucoup plus rapide. Il déclina poliment, écrivit sa lettre et sortit.

- Mais, sait-il où est la boîte aux lettres la plus proche ? s'étonna la grand-mère de Ogs.

- Je vais l'accompagner, s'empressa de répondre le Gryffondor.

Ogs suivit donc le garde-chasse hors de la maison et le regarda sortir un petit hibou d'une des nombreuses poches intérieures de son immense manteau. Le plumage ébouriffé de l'animal témoignait du confort très relatif de ces poches. Hagrid attacha la lettre à la patte du hibou qui s'envola à toute vitesse. Alors qu'il était prêt à rentrer, Ogs lui barra le chemin.

- Il vaut mieux que nous restions un peu plus longtemps dehors, sinon mes grands-parents vont se demander comment vous avez fait pour envoyer votre lettre, conseilla Ogs.

- Comment font les moldus ? s'enquit tout de suite le garde-chasse.

- Eh bien ils mettent les lettres dans une boîte, et une personne vient récupérer ces lettres une fois par jour. Si je vous emmenais jusqu'à la boîte la plus proche ? Nous ne voudrions pas être découverts, si ?

- Non, non, non, non, surtout pas non. J'ai promis au pro… au Directeur que je ne me ferai pas remarquer ! Montre-moi le chemin alors.

Une fois de retour, Ogs et Hagrid purent constater que le couple Carter avait préparé la table du déjeuner. C'est à cet instant que le Gryffondor se rendit compte qu'il mourait de faim : il n'avait même pas avalé de petit-déjeuner. Ils invitèrent Hagrid à se joindre à eux, qui accepta avec joie mais qui eut beaucoup de mal à utiliser les couverts trop petits pour ses mains.

Après le repas, le garde-chasse prit congé. Il annonça à Ogs qu'il reviendrait le chercher le dimanche pour le ramener à l'école, qu'il faudrait qu'ils préviennent le Directeur s'il ne souhaitait pas revenir aussi tôt.

L'atmosphère était lourde chez les grands-parents de Ogs. Personne ne parlait, chacun étant occupé à soulager sa peine d'une manière ou d'une autre. Le jeune Gryffondor, supportant mal la tension, sortit et erra dans la bourgade, laissant ses pieds le mener sans se soucier de ses alentours. Quand la nuit commença à tomber il dut demander son chemin pour pouvoir rentrer.

Le dîner se déroula en silence, sa grand-mère avait les yeux rouges et son grand-père ne toucha pas à son assiette. Ogs se coucha tôt pour échapper à leur chagrin qui s'ajoutait au sien, mais il resta longtemps éveillé à contempler le plafond, repensant à son père et à quel point c'était un homme chaleureux, bon… et qu'il ne reverrait jamais.

Quand il se leva le lendemain il eut la bonne surprise de trouver sa mère attablée dans la cuisine. Il se précipita sur elle et la serra de toutes ses forces, Ogs la sentit trembler dans ses bras et remarqua qu'elle pleurait. Il la relâcha doucement, l'observa se cacher le visage entre les mains et renifler en se calmant lentement. Il n'avait jamais remarqué à quel point elle était petite, à quel point ses épaules et ses poignets semblaient fragiles, encore plus maintenant que les événements pesaient sur elle.

Il était convenu qu'elle ne retournerait pas dans leur maison mais qu'elle rejoindrait directement un endroit sûr, tenu secret par l'Ordre du Phœnix, un groupe de sorciers qui luttaient contre le Seigneur des Ténèbres. Ils n'en dirent mot aux grands-parents de Ogs, qui pensaient qu'elle allait seulement déménager. Ils étaient d'ailleurs dans le salon, en train de préparer les funérailles de leur fils, qui auraient lieu le lendemain. Sa grand-mère sortait précipitamment à intervalles réguliers, un mouchoir sur le visage, quand l'émotion était trop insoutenable pour elle. À chaque fois qu'il la voyait faire, le cœur de Ogs se serrait un peu plus, à tel point qu'il ne réussit pas à finir son petit-déjeuner.

- Je ne viendrai pas demain, dit Abby Carter une fois qu'elle se fut calmée.

- Tu ne viendras pas à l'enterrement de papa ? s'étonna Ogs.

- C'est trop dangereux. Il y a la possibilité que je sois surveillée. Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal, débita-t-elle à toute vitesse sans le regarder dans les yeux.

- Tu ne vas pas dire au revoir à papa ?

Sa mère fondit à nouveau en larmes. Il comprit qu'elle ne le faisait vraiment pas de gaieté de cœur et que c'était certainement l'Ordre qui le lui avait conseillé. Il lui promit qu'il transmettrait ses adieux le lendemain, même si elle ne pouvait pas être là. Ogs ne savait pas s'il pourrait surmonter cette épreuve seul, sans le soutien de sa mère. Mais en la voyant perdre le contrôle de ses émotions sans prévenir tout au long de la journée, il se rendit compte qu'elle n'aurait été d'aucun soutien pour lui et que c'était à lui de prendre soin d'elle, jusqu'à ce qu'elle puisse se remettre.

La journée passa lentement, les conversations tournaient autour de l'organisation des funérailles, entrecoupées de silences, de sanglots étouffés et de regards à la tristesse infinie. Quand le soir arriva, des sorciers qui avaient tenté de se faire passer pour des moldus vinrent chercher Abby Carter pour l'accompagner jusqu'à la maison de l'Ordre du Phœnix. Leurs accoutrements faits de vêtements non assortis aux couleurs bigarrées réussirent à distraire les grands-parents de Ogs, ce dernier en profita pour rassurer sa mère et la consoler.

- Ne t'inquiète pas, Poudlard est le lieu le plus sûr pour moi, mais je resterai sur mes gardes tout de même.

Il n'eut pour seule réponse que des sanglots. Il la serra longuement contre lui, mais à aucun moment elle ne cessa de pleurer. Ogs les regarda partir et resta dehors bien après que tout le monde eut disparu. Il se sentait seul en cet instant, il repensa au médaillon au fond de la poche de son uniforme mais il se ravisa, il n'avait pas encore la force de leur en parler.

Les funérailles se déroulèrent sans événement notable. Seule la famille de son père était là, quelques amis, des collègues et de nombreux patients qui l'avaient connu et qui avaient toujours apprécié sa bonté. Ogs et son grand-père firent bonne figure, le dos droit et les yeux secs, mais sa grand-mère ne put pas prononcer un mot, les joues constamment mouillées de larmes.

Le repas qui suivit fut une torture pour Ogs. Tout le monde lui lançait furtivement des regards désolés. Ils racontaient des anecdotes sur son père, sans savoir qu'ils ne connaissaient qu'une partie de lui. Dans cet instant, il lui manquait plus que jamais.

Heureusement, au bout d'un peu plus de deux heures de calvaire, il aperçut Hagrid par la fenêtre. Il se leva précipitamment, alla chercher ses affaires, embrassa longuement ses grands-parents et s'excusa auprès des convives avant de partir. Le garde-chasse l'accompagna à pied, ils marchèrent presque une demi-heure avant de rejoindre un parc peu fréquenté. Hagrid l'entraîna hors des sentiers, entre des buissons, caché derrière les arbres, puis il s'arrêta devant un seau dont le fond était troué. Il consulta sa montre et indiqua que le portoloin s'activerait d'ici quelques minutes. Ils patientèrent donc en silence. Le garde-chasse avait dès le départ comprit qu'il ne servait à rien d'essayer de faire la conversation.

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Une fois au château, la nuit était tombée et les élèves avaient déjà rejoint leur salle commune. Ogs fut accueilli par la directrice de sa maison, le professeur McGonagall, qui l'accompagna jusqu'à la tour des Gryffondors. Là elle s'éclipsa, le laissant seul devant le portrait de la Grosse Dame qui dissimulait le passage secret vers sa salle commune. Elle lui demanda le mot de passe, mais il resta debout à la regarder, ne sachant ce qu'il voulait faire. Il fourra ses mains dans ses poches, toujours planté au milieu du couloir, et sentit le contact froid du médaillon contre sa peau. Il n'hésita pas une seconde, fit demi-tour et sortit le médaillon pour le mettre autour de son cou. Il le toucha de sa main gauche et pensa très fort à ses trois amies, qu'il invitait à venir le rejoindre dans leur quartier général du deuxième étage, leur faisant savoir que son père venait de mourir.

Le Gryffondor arriva le premier dans leur salle, ce qui lui laissa le temps de se préparer mentalement et émotionnellement. Meiling arriva la deuxième, même si son dortoir était le plus éloigné. Elle s'était précipité jusqu'au deuxième étage dès qu'elle avait eu son message via le médaillon et était un peu essoufflée. Elle interrogea Ogs du regard, mais il n'eut pas le temps de lui répondre que Élisa poussait elle aussi la porte de leur quartier général.

Ogs leur raconta tout ce qui s'était passé, depuis le début. Meiling lançait des éclairs avec les yeux alors que la Poufsouffle s'était plaqué une main horrifiée sur la bouche en se rendant compte qu'il avait décrit le cauchemar qui l'avait tourmentée pendant plusieurs jours. Elle se sentit coupable de ne pas avoir pu empêcher ce qui s'était passé, mais elle n'en dit mot pour ne pas rajouter au chagrin immense qu'elle voyait étouffer l'aura de son ami. Ogs, en voyant son regard terrifié, promit à Élisa d'être plus discret avec son association de défense des moldus et de rester sur ses gardes, mais il sentit bien qu'il n'avait pas réussi à apaiser ses craintes.

Les deux amies faisaient ce qu'elles pouvaient pour consoler le Gryffondor, mais les mots leur manquaient et elles ne savaient que faire d'autre que de l'enlacer et de lui tenir les mains avec amour. Il appréciait leurs gestes et rien que la compagnie de ses deux amies lui remontait le moral : il ne se sentait plus seul. Il était tout de même triste que Lara ne soit pas venue, il eut un pincement au cœur en pensant à elle. C'était avec la Serpentard qu'il avait toujours été le plus proche, c'était de sa présence qu'il avait besoin à ce moment, et elle n'était pas là.

Au même instant où ces pensées lui traversaient l'esprit, la porte s'ouvrit lentement en grinçant et ils virent Lara entrer à reculons. Elle resta plantée dans l'embrasure de la porte, ne sachant pas trop si elle devait avancer ou rester là, trop mal à l'aise et honteuse pour dire quoi que ce soit. Élisa lança un regard à Ogs, elle sentit qu'il avait envie de se jeter dans les bras de Lara mais qu'il se retenait de toutes ses forces, elle vit ses yeux briller alors qu'il ravalait ses larmes. Ensuite elle observa Lara, qui voulait être là pour son ami mais qui ne savait pas comment le faire après son comportement. Elle décida de prendre les choses en main et se leva, entraînant Meiling avec elle.

- Vient, on y va, dit-elle en lançant un regard insistant à Meiling.

La Serdaigle se laissa guider, elle souhaita une bonne nuit à ses amis et quitta la salle avec Élisa. Lara et Ogs se retrouvaient seuls, comme ils ne l'avaient pas été depuis des mois. La Serpentard était consciente qu'elle rompait la promesse qu'elle avait faite à Rabastan, mais il s'agissait de circonstances exceptionnelles, et puis il n'en saurait jamais rien, se rassura-t-elle avant de faire un pas vers Ogs.

Elle ouvrit la bouche pour s'excuser, mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que son ami se jetait dans ses bras et la remerciait d'être là. Il pleurait silencieusement, heureux que Lara soit venue pour lui, la tenant fermement contre lui, son visage enfoui dans les cheveux bruns de son amie. Lara n'ajouta pas un mot et l'enlaça tendrement, elle savait qu'elle n'avait pas besoin de faire plus pour lui, il avait juste besoin qu'elle soit là et qu'elle lui offre son soutien, le reste n'avait aucun importance.

Elle ne faisait rien de mal.

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**Attention Ici passage classé BDSM - D/s**

**Pendant le repas, le lendemain soir, Rabastan avait invité Lara à venir lui rendre visite dans sa chambre au cinquième étage. Il avait précisé qu'ils seraient en tête-à-tête. Lara avait tellement peu d'occasions de se retrouver seule avec son petit-ami qu'elle avait eu du mal à cacher sa joie et son excitation. Elle se précipita à son dortoir une fois son assiette terminée pour se préparer, anticipant déjà ce qui allait se passer une fois qu'ils seraient seuls dans la chambre du préfet-en-chef. Elle se força tout de même à attendre pour ne pas y aller immédiatement : une femme devait se faire désirer !

Agacée par les conversations de ses camarades de chambrée et ne pouvant résister plus longtemps, Lara se décida finalement à prendre la direction du cinquième étage, au bout de quinze minutes absolument interminables à attendre assise sur son lit en feuilletant un livre sur lequel elle n'arrivait pas à se concentrer. Elle prit tout de même son temps dans les couloirs, elle ne voulait surtout pas être la première à arriver et devoir attendre. Une fois devant la chambre de son amant, elle toqua avec assurance à la porte qui s'ouvrit quasiment instantanément.

Rabastan l'accueillit avec un sourire peu chaleureux, mais une lueur intense d'anticipation brillait dans ses yeux. Lara entra en balançant ostensiblement ses hanches afin d'aguicher son petit-ami. Très réceptif à son charme, Rabastan la saisit immédiatement par la taille et l'embrassa. Ses baisers étaient moins passionnés qu'à l'accoutumée, plus pressants, plus sauvages. Lara appréciait ce changement dans leurs habitudes.

Ils n'échangèrent pas un mot et laissèrent plutôt parler leurs corps, se caressant l'un l'autre avec avidité, se déshabillant rapidement afin de pouvoir toucher leurs peaux nues. Ils étaient aussi excités l'un que l'autre et ne voulaient pas perdre de temps en discussions inutiles, cela faisait tellement longtemps. Rabastan saisit alors Lara et la porta jusqu'au lit où il la laissa tomber. Il la domina de toute sa hauteur, un rictus joueur et mystérieux collé sur ses lèvres.

- Ça te dirait de rajouter un peu de piquant ? demanda-t-il en récupérant sa baguette qui était posée sur la table de chevet.

- Ça dépend, tu penses à quoi ? répondit Lara d'une voix suave en prenant une pose lascive.

- Obscuro, incanta Rabastan pour toute réponse.

Un morceau de tissu apparut et vint s'enrouler autour des yeux de Lara, qui exprima son approbation par un grand sourire.

- Oh non, s'exclama-t-elle. Suis-en danger ? Vais-je être punie ?

- Exactement.

Rabastan attacha les poignets de Lara ensemble avant d'enrouler les liens à un crochet fixé au cadre du lit. Elle était allongée sur le dos, entièrement nue, les bras au-dessus de la tête attachés au pied du lit, ses pieds reposant sur les coussins. La Serpentard jubilait, attendant avec impatience que Rabastan la fasse monter au ciel. Elle n'eut pas à attendre longtemps : le préfet-en-chef entreprit d'embrasser méticuleusement chaque centimètre carré de sa peau, léchant çà et là le cou, les épaules, la nuque, les seins, le nombril... Il accompagnait les mouvements de sa langue et de ses lèvres de caresses, faisant gémir Lara un peu plus à chaque contact.

Lara sentit Rabastan changer de position sur le lit, elle se prépara, écartant les jambes, mais il ne se passa rien. Elle crut entendre la porte s'ouvrir. Elle fronça les sourcils, essayant de discerner ce qui se passait. Au moment où elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, elle sentit la main de Rabastan qui lui saisissait la mâchoire et introduisait son pénis dans sa bouche. Elle s'était imaginé des choses : son amant était toujours là et leur partie de jambes en l'air était loin d'être finie.

Le Serpentard était très entreprenant : il lui maintenait la tête et donnait des coups de bassin frénétiques, enfonçant sa verge un peu trop profondément au goût de Lara. Elle lui dirait plus tard qu'elle n'aimerait pas recommencer cette expérience. Quand il libéra sa bouche, Lara inspira une grande goulée d'air avant de laisser échapper un gémissement car, au même moment, Rabastan avait prestement changé de position et l'avait pénétrée rageusement. Il continua à donner des coups de reins sauvages, sauf que cette fois Lara en tirait beaucoup plus de plaisir. Elle haletait sous les assauts du jeune homme, enroulant ses cuisses autour de sa taille, le suppliant de lui en donner toujours plus.

Toujours sans prévenir, il s'interrompit, saisit la jeune femme, la retourna sur le ventre alors que ses poignets étaient toujours accrochés au pied du lit. Il empoigna ses hanches, leva son bassin et la pénétra à nouveau. Elle se laissait faire, telle une poupée de chiffons, acceptant qu'il la manipule comme il le voulait tant qu'elle y prenait du plaisir, elle prendrait les rênes plus tard.

Rabastan ralentit la cadence et Lara sentit un liquide froid et gluant couler entre ses fesses jusqu'à son anus, où le jeune homme introduisit un doigt.

- Eh ! s'exclama Lara en guise de protestation.

- Tu as oublié que c'est ta punition ? demanda Rabastan d'une voix grave.

- Je ne pensais pas que tu voulais… Je trouve pas ça propre, affirma-t-elle.

- Ne t'inquiète pas, et tu verras que tu y prendras du plaisir, promit-il.

- Fais doucement alors et si je dis stop, tu arrêtes, exigea-t-elle.

Rabastan continua alors sur sa lancée. Ses coups de bassin étaient lents et son doigt s'introduisait toujours plus profondément, provoquant des sensations étranges, à tel point que Lara ne savait pas si elle y prenait du plaisir ou si c'était douloureux. Quand il retira son doigt après l'avoir lentement pénétrée entièrement avec, elle sentit à nouveau le même liquide être rajouté en abondance, et cette fois c'est avec son pénis qu'il commença à la titiller. C'était plutôt désagréable maintenant qu'il ne la pénétrait plus et qu'elle ne pouvait elle-même pas se donner du plaisir, ses mains étant toujours attachées.

- J'aime pas ça, arrête, demanda-t-elle.

Mais son amant continua, insistant de plus en plus à chaque mouvement de bassin, sans pour autant forcer au point de lui faire mal.

- Arrête j'ai dit ! s'exclama Lara.

Rabastan continua à l'ignorer et introduisit la tête de son pénis, arrachant un petit cri à Lara. Elle essaya de se dérober, mais il la tenait fermement pas les hanches et elle ne pouvait pas se défendre à cause des liens qui retenaient ses poignets. Sans un mot, le préfet-en-chef continua son expérience, la pénétrant un peu plus à chaque va-et-vient. La sensation était étrange, ce n'était pas très douloureux mais ça ne lui procurait pas de plaisir non plus. Au début le comportement de Rabastan l'avait agacée, mais elle commençait à être véritablement furieuse. Elle allait à nouveau invectiver son petit-ami quand le bandeau qui lui cachait la vue disparut et qu'elle découvrit alors une scène horrible.

Ils n'étaient pas seuls.

Les mêmes fidèles qui avaient été présents lors de la torture du Poufsouffle étaient face à elle. Ils se tenaient droits, immobiles, et la regardaient tous fixement sans rien dire. Elle était en train de se faire sodomiser par Rabastan devant tous ses fidèles. Elle en resta sans voix.

Il profita de la surprise de Lara pour donner un puissant coup de bassin et la pénétrer entièrement, lui arrachant un hurlement de douleur. Cette souffrance inattendue obligea Lara à reprendre ses esprits et à refuser cette situation humiliante.

- Laisse-moi ! vociféra-t-elle en essayant de se débattre, en vain.

Rabastan donnait de furieux coups de reins en ignorant complètement Lara qui ne pouvait pas voir le rictus qui déformait son visage.

Elle se sentait humiliée, trahie, elle avait mal. Lara fuyait le regard de ceux qu'elle pensait être ses amis, essayant de cacher son corps tout en voulant échapper à Rabastan, mais il l'avait attachée trop serré et il était beaucoup plus fort qu'elle. Elle dut subir en silence, en serrant les dents et retenant les larmes qui lui brouillaient la vue. Elle le détestait. Comment pouvait-il lui faire ça ? Elle avait cru qu'elle faisait partie des leurs et il décidait de la dégrader d'une manière absolument horrible.

Lara laissa échapper un petit cri de surprise : Rabastan lui stimulait le clitoris de ses doigts lubrifiés, tout en continuant à la pénétrer. Son corps réagissait malgré elle. Elle se débattit encore plus, refusant d'être forcée à jouir devant une audience, mais tout comme pour ses essais précédents, elle ne réussit pas à se soustraire à l'emprise de Rabastan.

- Je t'avais prévenue que c'était une punition, lui susurra-t-il à l'oreille tout en continuant son va-et-vient.

- Pourquoi est-ce que tu fais ça ? demanda-t-elle entre ses dents, retenant les gémissements de plaisir qui lui nouaient la gorge.

- Tu sais très bien pourquoi… fut la seule réponse de Rabastan.

Lara réfléchit et se demanda ce qu'elle avait pu faire pour mériter pareil traitement. Il se trompait sûrement. Puis l'image de Ogs s'imposa à elle et elle comprit pourquoi Rabastan cherchait à la punir. Mais cette punition était bien trop disproportionnée !

Le jeune homme intensifia la cadence, appuyant avec maîtrise et expérience sur le clitoris de Lara, qui ne sentait plus aucune douleur mais le plaisir qui montait, de plus en plus fort, de moins en moins répressible. Elle ne se débattait plus, tous ses efforts et toute sa concentration étaient destinés à retenir l'orgasme que Rabastan l'obligeait à avoir. Le jeune homme sentit la crispation de Lara et comprit qu'elle n'était plus très loin, il accéléra ses coups de bassin tout en continuant à la stimuler et quand, malgré tous ses efforts, elle laissa échapper un grognement de plaisir, il l'agrippa par les cheveux et l'obligea à regarder tous ceux qui étaient présents. La Serpentard ne put s'empêcher de retenir un sanglot. Satisfait, le préfet-en-chef donna un dernier coup de rein et se soulagea sur le dos de Lara. Elle se laissa tomber et se recroquevilla sur le lit une fois qu'il la lâcha, essayant de cacher son visage de ses bras, réprimant tant bien que mal les hoquets qui l'étouffaient.

Rabastan se rhabilla en silence, les autres ne bougeaient toujours pas. Il s'approcha de sa fiancée, s'assit sur le bord du lit et lui saisit le menton pour l'obliger à le regarder. Les yeux de Lara étaient noirs de colère et lançaient des éclairs. S'il l'avait détachée elle se serait jeté sur lui.

- J'espère que tu as compris ta leçon, dit-il calmement en la fixant d'un regard froid et dur.

- Comment oses-tu me faire ça ? demanda-t-elle d'une voix grinçante, la mâchoire serrée par la fureur. Comment oses-tu m'humilier de la sorte ? Je…

- C'est toi ! l'interrompit Rabastan d'une voix forte. C'est toi qui m'a humilié en rompant ta promesse et en allant te jeter dans les bras d'un sang-mêlé. Je pensais avoir été clair et tu m'as désobéi. Comment peux-tu croire que tu es la victime dans cette situation ? Comment peux-tu croire que tu ne mérites pas ce châtiment ?

- Son père est mort, expliqua Lara. C'était mon ami…

- Tu as désobéi ! Et voilà ce qui arrive quand on me désobéi. Il faudra t'y faire, tu es ma fiancée après tout.

- Eh bien peut-être que je ne veux plus être ta fiancée !

Rabastan éclata de rire, rapidement imité par ses initiés. Il reprit son sérieux tout aussi vite et fixa à nouveau Lara.

- Tu penses que tu as le choix ? C'est trop tard maintenant pour te rétracter.

- Il n'est jamais trop tard ! cracha Lara. Il n'est jamais trop tard pour quitter une ordure comme toi !

Le Serpentard ne releva pas l'insulte, mais un sourire menaçant étira ses lèvres.

- Je vais t'expliquer la situation dans laquelle tu te trouves, commença-t-il lentement. Tu es fiancée à l'héritier d'une des plus éminentes lignées de sangs-purs de Grande-Bretagne. La fiancée d'un serviteur du Seigneur des Ténèbres. La fiancée du préfet-en-chef le plus influent de l'histoire de Poudlard. Donc si tu me désobéis à nouveau il pourra se passer plusieurs choses, en fonction de mon humeur. Soit je te fais revivre la même chose et je laisse mes amis participer, ils se feront un plaisir de te punir également.

Lara entendit quelques ricanements et un frisson de terreur lui parcourut l'échine.

- Soit Ogs est la prochaine victime de notre rite initiatique. Il y a un sort impardonnable que je ne maîtrise pas encore entièrement, il se pourrait que je m'entraîne sur lui.

Des larmes commencèrent à perler au bord des yeux de la Serpentard. Elle était en train de se rendre compte de la situation dans laquelle elle se trouvait. De sa totale impuissance. Et de sa bêtise aussi, sa bêtise d'avoir cru que la cruauté de Rabastan ne se retournerait jamais contre elle.

- Soit j'informe le Seigneur des Ténèbres que les Johnson sont des traîtres à leur sang, et tu sais très bien ce qui leur arrivera, car tu sais très bien qui est derrière le meurtre du père de ton soi-disant ami. Soit il faudra que tu dises à tes amies d'être très vigilantes dans les couloirs, on ne sait jamais ce qui pourrait leur arriver…

- Arrête… supplia Lara.

- Je vois que tu as compris le principe. Maintenant laisse-moi t'expliquer ce que tu vas faire. Tu es ma fiancée et je ne te laisserai pas m'humilier plus que ce que tu ne l'as déjà fait. Donc tu vas te tenir à distance des sang-de-bourbe, des sangs-mêlés et des traîtres à leur sang. Tu garderas tout ceci secret et tu n'informeras personne de nos agissements, auquel cas je le saurai. Tu n'as pas idée de la portée de mon réseau dans cette école, je peux t'assurer que je le saurai si tu me désobéis. Et si jamais te venais l'envie de nous dénoncer au Directeur, je te rappelle que c'est toi qui a envoyé un sang-de-bourbe à Sainte Mangouste et que nous sommes plusieurs préfets à pouvoir témoigner, termina-t-il avec un large sourire.

Lara prenait conscience de l'horreur de la situation. Elle était prise dans la toile de Rabastan, totalement à sa merci. Elle était sa fiancée, elle était condamnée à l'épouser et à vivre dans la terreur qu'il la punisse à nouveau, en la faisant souffrir ou en faisant souffrir des personnes auxquelles elle tenait. Les larmes coulèrent abondamment sur ses joues alors qu'elle saisissait avec effroi le gouffre dans lequel elle s'était jetée les yeux fermés.

- Ne t'inquiète pas, je te promets de te rendre heureuse si tu ne me désobéis pas, ajouta-t-il en lâchant sa mâchoire et en lui caressant la tête.

Lara sursauta et essaya d'échapper à son contact. Rabastan n'insista pas et détacha les liens qui la retenaient d'un coup de baguette magique avant de faire signe à ses acolytes de le suivre. Ils quittèrent tous la chambre sans un regard en arrière, l'abandonnant à son sort.

La jeune femme, une fois seule, se mit à pleurer à chaudes larmes tout en se tenant les poignets, rougis par les frottements des liens contre sa peau lorsqu'elle s'était débattue. Elle ne voyait pas comment elle pouvait se sortir de cette situation, elle décida donc de pleurer tout son saoul, une seule et unique fois, avant de se ressaisir.

Il faudrait qu'elle soit forte. Il faudrait qu'elle obéisse à Rabastan. Il faudrait qu'elle s'éloigne de ses amis pour les protéger et se protéger. Il faudrait qu'elle soit dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Et une fois qu'elle aurait réussi, une fois qu'elle aurait le pouvoir et le soutien qui lui manquent, elle pourrait se venger.**


RDV le 17 Février.

L'équipe de Four !