Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï, Henrique, Elidjah, Owen et Connors.

Béta : BettyMars

Zarakinel, merci pour ta fidélité chapitre après chapitre.

Tout d'abord, on m'a fait remarquer que j'avais fait une petite erreur avec le professeur Brulopot. Il n'a pas pris sa retraite pour s'occuper de ses derniers membres de famille mais des membres qui font partie de son corps lol. Je reconnais que ce n'était pas une grande importance dans l'histoire et je me suis fiée à mes lointains souvenirs sans vérifier … visiblement, j'aurais mieux fait de vérifier ça aussi … je fais donc mon mea culpa.

Ron et Harry qui font preuve de maturité contre Ernie semble aussi vous avoir bien plu. Tant mieux. Après les détraqueurs, Ioann va effectivement mieux. Promis, ça va pas durer lol. Mais pour l'instant il peut souffler. J'appréhende un peu pour le chapitre qui arrive avec notamment une rencontre rouquin qui mine de rien à son importance … elle a été lu par 3 personnes qui m'ont dis que c'était bien mais je préfère avoir vos critique ou remarque pour me détendre^^

De même, dans les histoires, il y a des passages qui sont nécessaire. On connait tous l'original, mais nos perso eux, ne sont pas censé être au courant donc on doit reprendre certaines infos. Et c'est ce qui arrive dans ce chapitre. J'ai fait au mieux pour alléger un peu la sensation de déjà vu et j'espère que vous ne trouverez pas tout ça trop barbant. Sinon dites vous qu'une fois ce chapitre passé, Ioann va encore subir mon sadisme … ça devrait vous aider à avaler la potion lol

Bref, je vous souhaite une bonne journée et à mercredi prochain pour la suite.


Chapitre 25 : Epreuve et preuves.

Samedi 4 Septembre 1993.

Sac à dos sur l'épaule et valise à la main, Bill arriva dans le hall de la succursale de la banque de Gringotts. Un sourire faux et hypocrite habillait étrangement son visage. Il longea les guichets avant de passer dans les bureaux privés sur présentation de sa baguette afin de bien vérifier qu'il était Bill Weasley. Puis le gobelin l'accompagna dans une petite salle à l'arrière, où l'attendait son interlocuteur… comme s'il ne savait pas déjà où était cette maudite salle. Mais de toute façon, il n'avait pas le choix. Il y avait des règles strictes à la banque et il n'avait d'autre choix que de s'y plier sous peine de se voir offrir un billet simple direction l'Angleterre. Il arriva enfin devant le gobelin concerné par son affaire. Il se permit de lui dire un bonjour joyeux et aussi faux que son sourire mais son interlocuteur resta imperturbable. Il lui remit un parchemin à remettre à ses hôtes avant de lui indiquer que le portoloin était sur le bureau. Le roux rangea la lettre dans la poche de son blouson. Pas qu'il ait froid. Car mine de rien il était plutôt en sueur. En Egypte, il faisait encore une bonne chaleur étouffante en ce début Septembre. Mais s'il l'avait enfilé, c'était que là où il allait atterrir, il ferait certainement bien moins chaud.

Il vérifia une dernière fois que dans son sac à dos tout allait bien, qu'il n'avait pas endommagé son chargement dans la bousculade que le marché avait engendrée ce matin-là. Quand il fut rassuré, il tomba sur le regard impatient de la créature qui lui faisait face. Une envie de prendre encore plus de temps l'attrapa. Parce que mine de rien ces espèces de rapiats de gobelins lui en devaient une. En effet, leur mission, il avait deux jours pour la mener et être rentré lundi matin au plus tard. Ils s'étaient débrouillés pour lui faire faire sur son week-end afin de ne pas perdre de la main d'œuvre en semaine. Et ça, Bill n'était pas prêt de l'oublier. Heureusement qu'il avait pu tourner tout ceci à son avantage sinon il aurait peut-être fait un esclandre.

D'un geste un peu énervé, il tendit la main vers l'encrier ébréché qui l'attendait. Il fit un dernier sourire hypocrite avant de se sentir tiré par le nombril. Il atterrit avec un léger déséquilibre dû au sol inégal sur lequel il était apparu. Devant lui, le visage marqué d'un jeune homme brun le regardait tranquillement. Il le détailla un instant. Il n'était pas très grand ni très large, mais il pouvait voir une certaine force se dégager de lui. Il portait des bottes en cuir de dragon épais et crottées, montant jusqu'aux genoux, un pantalon marron, un peu sale, un pull sans prétention, des protections spéciales sur les avants bras et des cheveux bouclés entourant son visage couturé de cicatrices.

- Bonjour, vous devez être Bill Weasley. Je me présente, Marian Stoléru. Suivez-moi, je vous amène au responsable.

- Enchanté. Dites-moi, cela vient de moi ou il fait froid ?

- Cela vient de vous. Il fait plutôt doux pour une matinée. Hier il a presque gelé dans la nuit.

- Oh, j'ai bien fait de prendre un pull épais dans ma valise. Je vais presque regretter de ne pas déjà l'avoir déjà enfilé.

- Ne vous inquiétez pas, dans le bureau la température est plus qu'agréable.

Ils arrivèrent à un petit bâtiment récent et Marian le fit entrer avant de repartir et de disparaitre derrière une grande grille que Bill n'avait pas remarquée, bien plus haut sur le chemin. Il ne s'attarda pas plus longtemps à regarder les alentours car déjà son interlocuteur venait lui serrer la main. Il n'était pas très grand, la quarantaine bien avancée mais un corps toujours bien taillé. Sûrement qu'il ne devait pas que rester dans son bureau toutes les journées et devait aider sur le terrain régulièrement. Après quelques petites présentations, le roux transmit le parchemin des gobelins et attendit.

- Cela ne fait que confirmer ce qu'on m'a déjà transmis. Puis-je le voir ?

- Mais bien sûr, Monsieur Laptar, vous avez signé, il est à vous.

- J'aimerais bien qu'il soit à moi …. Mais je me contenterais de le faire rentrer dans les stocks. Oh, et appelez-moi Mihai. J'ai l'impression d'être un vieux crouton quand on utilise mon nom.

- Avec plaisir Mihai, sourit Bill avant d'ouvrir le sac à dos qu'il venait de déposer sur le bureau.

- Quelle merveille. Il est extraordinairement bien conservé. Je vais l'apporter immédiatement à Andreï, et je suis sûr qu'on ne le verra pas de plusieurs jours tant qu'il ne l'aura pas complètement analysé. Mais il vous donnera ses premières conclusions pour demain soir avant votre départ, comme prévu avec les gobelins. Le reste arrivera en fonction de ses recherches. Andreï Vulpesco est notre petit génie. C'est grâce à lui qu'on a réussi à avoir notre première naissance de Dent-de-Vipère du Pérou.

- S'il est aussi passionné que Charlie, je comprends qu'il ne va pas sortir de son trou avant d'avoir élucidé tous les mystères de cet œuf fossilisé.

- Il l'est plus que votre frère, imaginez donc, rigola Mihai. D'ailleurs venez, je vais vous faire rentrer dans l'enceinte de la réserve, il doit sûrement vous attendre avec impatience.

- Oui, histoire de me présenter à ses dragons chéris, ironisa le rouquin.

Les deux hommes sortirent du petit bâtiment et se dirigèrent le long du chemin de terre, menant au large portail. Bill put alors sentir toutes les protections et les sorts qui bardaient l'entrée de la réserve. Une vraie forteresse, mais il fallait bien cela pour maintenir les dragons dans un périmètre de sécurité pour les villages autour et garder les Moldus éloignés de l'endroit. Après un mot de passe chuchoté, Mihai les fit pénétrer dans la réserve en elle-même. Il fut impressionné par les structures mises en place dans l'enceinte. Un peu plus loin il remarqua trois personnes dans une immense cage, un Vert Gallois visiblement en colère s'agitant devant eux. Il paniqua légèrement lorsqu'il vit le dragon donner un coup de patte qui passa à un cheveu du bras d'un roux qu'il connaissait que trop bien. Mais Charlie ne sembla pas déstabilisé et lança un sort de ligotage qui se combina avec un sort d'amplification d'un de ses collèges. L'animal se cambra fortement avant de basculer en avant et de s'effondrer sur le sol, les naseaux fumant dangereusement. Charlie se retourna pour attraper du cordage spécial sur le bord de l'enclos quand il repéra son frère. Il lui fit un grand signe de la main alors que Bill écarquillait les yeux avec horreur. Une gerbe de flammes venait de passer dans le dos du plus jeune, et l'ainé était persuadé qu'un œuf aurait pu cuire sur ses fesses tellement c'était passé près. Mais cela n'inquiéta aucun des hommes et femme présents. Mihai le rassura en lui disant de ne pas s'affoler et que c'était des professionnels. Mais cela ne l'empêchait pas d'espérer voir son frère sortir rapidement de cette cage dangereuse.

Il dut tout de même attendre une bonne quinzaine de minutes à prendre peur régulièrement avant d'être exaucé. Aussitôt que la porte de la cage fut refermée sur les trois dresseurs, Charlie arriva à grandes enjambées vers lui. En un instant, il se retrouva dans une forte étreinte fraternelle tout en donnant de bonnes claques dans le dos de son cadet. Une étrange odeur le fit froncer du nez. Il s'écarta faisant retourner le jeune homme. Et là il put voir que si la tunique n'avait que quelques traces de suie, l'arrière de cheveux roux de Charlie avait un peu grillé.

- Putain, t'es un malade de bosser avec des dragons ! Une prochaine fois ça sera ta toute petite cervelle qui grillera et non tes cheveux.

- Parce que toi dans tes pyramides fermées à coup de sortilèges de magie noire c'est mieux peut-être ? Ricana le plus jeune. Et de toute façon, je devais rafraichir ma coupe, là au moins j'ai une excuse pour le faire. Allez, viens, je t'emmène à la cantine, je mangerais un hippogriffe tout cru.

- Il est à peine onze heures !

- Et alors ? Ça fait plus de trois heures qu'on est sur cet animal. Il a fait une réaction à une potion qu'on lui a donnée pour lui soigner sa queue déchirée. Il s'était battu avec sa femelle.

- Pauvre femelle…

- Oh non, elle, elle n'a rien. Mais lui, il s'est pris sa dérouillée.

- C'est méchant une femelle dragon dis-moi, ricana Bill.

- Tu n'imagines même pas… peut-être pas aussi dangereux que maman en colère, mais pas très loin.

- Avant d'aller remplir ta panse, j'aimerais déposer ma valise et surtout enfiler un ou deux pulls afin de profiter au mieux de mon week-end à la réserve sans me focaliser sur mes dents qui claquent.

- Ah, alors ce très cher William Arthur Weasley a du mal à supporter la température plus que tempérée d'ici et se gèle les noix loin de sa chaude Egypte ?

- Ferme-la gamin. Mes noix sont bien au chaud, elles. Mais c'est le reste qui trouve qu'il fait plus froid que chez moi. Bon tu me montres ma chambre ?

- Par ici messire, rigola Charlie avant d'esquiver la claque que son frère tenta de lui donner.

Une vingtaine de minutes plus tard, ils étaient tous les deux assis dans la salle à manger de la réserve, devant un bon repas que Bill partagea finalement avec plaisir malgré qu'il soit encore un peu tôt.

- Alors dis-moi… la femme avec qui était avec toi, c'est celle sur qui tu louches ?

- Tatiana ? Oh Merlin non. Face à un Norvégien à crête, elle est extra mais j'ai l'impression qu'elle prend souvent les hommes pour des dragons. Et crois que je tiens trop à mes parties pour les laisser à portée de ses mains !

- Alors tu ferais des câlins avec une de tes bestioles mais tu flippes devant une femme ? S'amusa Bill.

- Déconne pas. Tu ne la connais pas. Elle te rendrait eunuque rien qu'en te fixant droit dans les yeux.

- Bon, alors c'est laquelle sur qui tu as des vues ?

- C'est une petite blonde, je te l'ai déjà dit. Tatiana ne correspond déjà pas au premier critère avec ses un mètre quatre vingt deux alors tu aurais pu éviter ta remarque. Sorina est à l'extérieur pour l'instant, elle doit rentrer dans la journée mais je ne sais pas quand. Au pire, tu la verras ce soir au diner. Par contre, ne compte pas venir me compter fleurette cette nuit. Je l'ai pas vu depuis trois jours alors on risque d'être occupés, lui annonça Charlie avec un sourire entendu.

- Donc depuis ton passage Helwan (1), t'as conclu… n'oublie pas le sort d'intimité, veux-tu, grimaça Bill préférant d'un coup changer de sujet. Et t'as des nouvelles des p'tits serpents ?

- Oui, Ioann m'a écrit hier. Dumbledore a été obligé d'accepter les Détraqueurs aux portes de Poudlard. Et ils ont fouillé le train.

- Mauvais point ça. Comment il a réagi à leur proximité? S'inquiéta Bill.

- Mal. Très mal. Il ne s'est repris qu'après une bonne nuit de sommeil. Visiblement, maintenant il évite de trop s'éloigner du château mais il va bien. Le petit prince par contre n'est pas aussi en forme.

- Un rapport avec sa commotion ?

- Io ne le sait pas trop car Draco ne lui a rien dit. Il se débrouille pour faire comme si de rien n'était pour que personne ne voit sa faiblesse, mais ça ne marche pas avec son frère.

- Tout comme tu n'as jamais pu me cacher quand tu n'allais pas bien, fit remarquer Bill.

- Ouais. En attendant, il a des petites absences, des migraines et des manques de réaction assez flagrants, énuméra Charlie.

- J'espère que ça va s'arranger pour lui. Parce qu'avec l'évasion de sa tante, ça ne doit pas être tout rose pour sa famille.

- T'as vu ? Le guérisseur Stefan Mitchell a été arrêté.

- J'avais lu ça, mais comme je ne le remets pas …

- Moi non plus au départ. Il travaillait à Ste Mangouste. A mi-temps dans le service judiciaire. Tonks m'a écrit la semaine dernière. Elle était bouleversée car c'est le guérisseur qui s'occupait régulièrement d'elle et qui a soigné sa mère cet été quand elle était tombée.

- Je comprends qu'elle ait eu un choc… Par contre je ne sais pas si toi tu as eu des nouvelles claires, mais en Egypte, c'était assez flou.

- Non, la presse a été assez brouillonne en Roumanie. Et comme je n'ai pas confiance en la Gazette du Sorcier, je l'ai joué au culot. J'ai écrit et demandé à l'oncle de Ioann de m'envoyer quelques éditions de journaux plus professionnels. Il m'a envoyé plusieurs exemplaires du Daily Wizard. En fait, il semblerait que Lestrange se soit servi de Mitchell. Malgré les années d'enfermement, elle a réussi à le charmer.

- Oui, ça j'ai dû le lire. Ça faisait deux ans qu'il était la cible de sa séduction c'est ça ?

- Tout à fait. Et elle a réussi car elle est devenue sa maîtresse il y a cinq mois maintenant.

- Il fallait quand même qu'il soit en manque pour succomber à cette femme. Quoiqu'il a apparemment soutenu qu'elle avait changé, qu'elle n'était plus la meurtrière qu'elle avait été et qu'elle était quelqu'un de très agréable.

- Elle a bien mené sa barque quand même. Je ne sais même pas comment elle a fait pour être assez lucide pour monter un tel plan alors qu'elle avait passé tant de temps avec les Détraqueurs…

- Elle faisait parti des plus féroces partisans de Tu-Sais-Qui. Elle avait de la ressource. Par contre, tu as appris comment elle s'est physiquement évadée ? Ils ont parlé de crise, de transfert à St Mangouste qui a mal tourné.

- Mitchell a avoué lui avoir fait prendre une potion lors de son passage hebdomadaire à l'infirmerie pour vérifier ses constantes mentales et physiques. Une potion qu'il aurait payé une fortune sur le chemin de traverse car elle a un minutage. L'effet ne devait s'enclencher que trente six heures plus tard. Cela le mettait hors de danger.

- C'est donc cela qui a déclenché la crise d'épilepsie ou un truc de ce genre.

- Un truc de ce genre. Suffisamment étrange pour faire déplacer son guérisseur de Ste Mangouste en dehors de son temps habituel à Azkaban. Là, pendant que son collègue était allé chercher je ne sais quoi qu'il lui avait demandé, il lui a ingéré l'antidote tout en lui cachant une baguette… alors je ne sais pas si c'était dans sa chaussette ou dans sa culotte, grimaça Charlie, mais il lui a fourni une arme à ce moment là.

- Puis il a demandé son transfert à l'hôpital pour la soigner avec plus de moyens. Ce qui est assez étonnant. Je n'aurais jamais pensé qu'ils se soucient autant de la santé de Mangemorts reconnus qu'ils ont tant tenu à faire pourrir à Azkaban.

- Là, moi non plus je ne comprends pas trop. Sauf si c'était pour lui redonner la santé pour qu'elle ne meurt pas et puisse profiter de la prison et ses gardiens plus longtemps …

- Et après ? Reprit Bill. Ils ont dit qu'elle était inconsciente lors de son transfert mais qu'elle s'est relevée d'un coup à son arrivée à St Mangouste, avant de lancer Doloris et Avada à tour de bras et de prendre la poudre d'escampette.

- Elle aurait joué la comédie. Une fois l'antidote avalé, son « mal » devait cesser aussitôt. Elle devrait faire semblant d'être sans connaissance et comme son médicomage menait les opérations, personne n'a pensé qu'il pouvait y avoir une arnaque. Après elle a attendu d'arriver à l'hôpital pour créer un vent de panique et profiter de la stupéfaction pour s'enfuir.

- Effectivement, il manquait pas mal d'informations sur le quotidien du Caire. Par contre, ils ont stipulé qu'une lettre de Lestrange serait arrivée au bureau des Aurors pour signaler la traitrise de Mitchell.

- Oui, ça aussi j'ai lu. Elle s'est servie de lui et l'a jeté en pâture aux autorités. Une belle garce tiens.

- En attendant, il devait être bien accro pour en arriver à roucouler avec elle et à fomenter des plans d'évasion. Que comptait-il faire, la rejoindre dans les iles quelques temps plus tard pour vivre d'amour et d'eau fraiche ? Bon sang, c'est un inconscient ce type. Ce n'était pas un voleur à la tire qu'il a fait évader, mais une meurtrière reconnue, qui ne s'en cache pas et qui en est fière. Et il va payer le prix fort pour être tombé amoureux de la mauvaise personne.

- L'amour fait faire bien des choses, soupira Charlie. Bordel, j'espère bien ne jamais être aussi aveugle que lui.

- En parlant de tes amours, j'ai une petite blonde en ligne de mire qui vient de passer la porte. C'est la tienne ?

- Arrête de jouer les commères avec ma vie privée, ronchonna Charlie tout en se retournant quand même. Oui, C'est bien Sorina. D'ailleurs je vais aller lui dire bonjour, je te la présenterais après.

Bill regarda son frère se lever avec un certain amusement. Puis il le suivit des yeux avant de secouer la tête en ricanant lorsqu'il le vit embrasser passionnément la demoiselle pendue à son cou. Il ne se demanda même pas combien de temps leur relation durerait car il était certain que comme les autres, elle ne ferait pas long feu. Mais au moins pouvait-il accorder qu'elle était très mignonne et que son frère avait bon goût.

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Mardi 7 Septembre 1993

Ioann s'avança, d'un coup bien moins rassuré. Il ne savait pas pourquoi il était là. Enfin si, il le savait mais il ne comprenait pas pourquoi il avait accepté. La veille, il s'était disputé avec Draco car son frère, avec sa fierté mal placée, refusait de lui avouer qu'il n'était pas aussi en forme qu'il en avait l'air. Alors il l'avait mal pris et avait quitté le château pour se défouler sur le terrain de Quidditch avec son balai. Il avait volé comme il l'avait si souvent fait avant d'entrer à Poudlard. L'an passé, avec le monstre de Serpentard, il n'avait pas pu profiter des airs aussi souvent qu'il l'aurait voulu. Il avait bien l'intention de se rattraper cette année et s'était amusé à enchainer les figures qu'il connaissait. Il avait fini par redescendre, un grand sourire accroché à ses lèvres, complètement oublieux de la brouille qu'il avait eue avec le blond. Mais son sourire s'était un peu figé en entendant de lents applaudissements. Pas de ceux rapides qui félicitent. Plus ceux qui font se demander ce qui allait arriver comme embrouille.

Il s'était retourné pour tomber sur Adrian Pucey qui le regardait avec un petit sourire en coin. Ioann l'avait regardé de haut même s'il était bien plus petit que lui ce qui avait faire rire le cinquième année. Puis quand il s'était calmé, il lui avait dit qu'il était doué sur un balai et qu'il aurait tout intérêt à se présenter aux sélections de Quidditch afin de remplacer Warrington. C'était pourquoi il était là, maintenant, debout devant un Marcus Flint redoutable et visiblement énervé.

- Bien, vous allez vous mettre par groupe de trois. Et chaque groupe nous affrontera, Adrian et moi, ainsi que Miles qui prendra la place du troisième poursuiveur. Ce sera à vous de faire vos preuves face à nous dans un combat en réel. Nous allons vous affronter comme si vous étiez des Gryffondors. A vous de nous prouver que vous êtes capables de rester assis sur votre balai et de marquer des points. Compris ? Bien, on y va.

Ioann regarda les autres se mettre par équipe de trois. Il n'avait pas spécialement d'affinités avec les autres garçons aussi il les laissa se grouper comme ils le voulaient. Il s'était laissé embringuer dans cette histoire et il n'était pas forcément très motivé, alors, même s'il ratait sa prestation, cela lui était bien égal. Il sursauta tout de même quand il sentit une main se poser sur son épaule. Il dévisagea son vis-à-vis et accepta la demande de Blaise de faire partie de son groupe. Le noir avait très envie de rentrer dans l'équipe et avait été ravi de l'élimination de Warrington. Un instant après, Terence Higg venait les rejoindre. Puis, ils allèrent s'installer dans les gradins en attendant leur tour. Ioann laissa son regard se porter tout autour d'eux. En face, il repéra Draco accompagné de Vincent et Grégory. Son frère n'avait pas le droit de participer aux délibérations à cause de lui. Avec leur lien très resserré, les autres avaient jugé que le blond ne serait pas assez impartial. Aussi il s'était contenté de venir en spectateur. Un peu plus loin Elidjah, Connors, Owen et Julian étaient installés pour le soutenir. Il fut bizarrement pris de trac. Et s'il ratait complètement sa sélection et qu'ils se moquaient tous de lui ? Secouant la tête, il continua sa ronde pour voir que quelques sixièmes années étaient là, ainsi que des premières années qui découvraient ainsi leur équipe.

Marcus était exigeant. Très exigeant. Seul Adrian et lui avaient marqué des points. Ils ne faisaient aucun cadeau aux nouvelles recrues potentielles. Et déjà deux de ses camarades avaient abandonné pour rejoindre l'infirmerie avec une épaule déboitée ou les côtes douloureuses. Ioann commençait à se demander s'il ne ferait pas mieux de rentrer directement au château. Car si s'était une occasion pour lui de finir devant Poppy, il était bon pour y rester la nuit entière pour un simple petit bleu. Il était d'ailleurs à deux doigts de se lever pour mettre son idée à exécution, quand Adrian appela son groupe. Blaise, qui avait vu son visage pâlir, serra doucement son épaule pour lui montrer son soutien, puis attrapa son balai et alla se mettre en position. Terence fit de même. Il était le plus à l'aise de tous car il avait déjà fait parti de l'équipe pendant une année. Et même si cela avait été en tant qu'attrapeur, il savait déjà ce que c'était que de jouer dans cette équipe là.

Ioann avait suivi le mouvement de moins en moins à l'aise. Assis sur son balai, attendant le coup d'envoi, il chercha furieusement le regard de son frère. Quand il le trouva, il se plongea dans les yeux gris si confiants qui tentaient de lui faire passer toute son assurance possible. D'un signe de tête il lui signifia qu'il avait compris. Il inspira fortement, prit ses appuis sur le manche de son Nimbus 2000, le corps tendu comme un arc. Bole lança le coup de départ en envoyant le Souafle en l'air. Terence se précipita pour l'attraper avant de se faire percuter par Marcus qui le récupéra. Il grimaça mais partit à sa poursuite tout comme ses deux jeunes camarades. Lorsque la balle fut lancée à Adrian, Blaise réussit à l'intercepter et à repartir dans l'autre sens. Ioann vira de façon très serrée pour le seconder mais manqua d'être désarçonné alors qu'il évita une collision avec Miles. Il se reprit rapidement mais ne put rattraper la passe que déjà Adrian s'interposait et attrapait le Souafle. Le premier point fut marqué par les membres officiels de l'équipe. Ainsi que le deuxième, et le troisième …. Le dixième aussi. Marcus allait annoncer la fin de la rencontre avec cette équipe quand d'un mouvement habile, Blaise dégagea le Souafle des mains de Miles avant de le récupérer. Terence le talonna afin de le seconder mais Adrian intercepta à nouveau la passe. Il fit demi tour avant de se retrouver face à Ioann qui d'un mouvement un peu brusque fit sauter la balle dans les airs avant qu'elle ne soit rattrapée par Terence. Marcus le colla de près en le bousculant un peu avant que celui-ci ne fasse piquer son balai vers le sol dans une esquive. De là, et talonné par Miles, il se débarrassa de son bien d'une passe rapide à Blaise. Mais celui-ci fut dévié de sa trajectoire par Adrian qui revenait à la charge et rata la réception. Marcus sourit méchamment en tendant la main pour rattraper le Souafle quand il fut percuté par le côté. Pas fortement mais suffisamment pour le faire rattraper son manche à balai afin stabiliser l'engin. Il releva la tête et vit Ioann se jeter sur la balle et filer vers les buts. Miles lui bloqua la route et il lâcha son butin qui fut attrapé par Terence qui passait juste en dessous d'eux. Le garçon se lança à grande vitesse avant de marquer leur premier but.

Dans les gradins, les premières années applaudissaient avec force tout comme Vincent et Grégory. Draco regardait son frère avec fierté. Il avait fait preuve d'un bon esprit d'équipe avec Blaise et Terence et ils avaient été les premiers à marquer contre les trois joueurs officiels. Et pourtant, un sacré nombre d'élèves avait déjà défilé avant lui car ils étaient dans l'avant dernière équipe à passer. Dans un coin un peu reculé et à l'abri des regards, un certain maître des Potions avait le cœur rempli de fierté. Bien sûr, il savait déjà que son fils était agile sur un balai, mais là, avec ses deux camarades, ils avaient coupé la chique à la hargne de Flint. Severus ne savait pas qui des trois le capitaine allait choisir, mais il était évident que le nouveau poursuiveur était là. Ne sachant s'il devait prier pour que Ioann fasse partie de l'équipe ou non… pour des raisons de sécurité… il fit demi tour pour rejoindre Minerva. Il ne voulait que voir son garçon à l'œuvre, le reste n'était pas si important que cela, à ses yeux.

Flint renvoya Blaise, Terence et Ioann sur le banc alors qu'il appelait la dernière équipe. Le dernier mini match dura un certain temps avant que l'équipe de Serpentard ne se regroupe dans les vestiaires pour délibérer. Tous les prétendants au titre de poursuiveur étaient en train de sentir le stress monter. Ioann tapota l'épaule de Blaise qui se rongeait l'ongle de son pouce droit. Lui était assez serein. Il devait reconnaitre qu'il avait intérêt à éviter Poppy quelques temps s'il voulait garder ses bleus secrets. Mais il s'était bien amusé. C'était une expérience grisante et si elle devait s'arrêter là, alors il en savourerait le souvenir autant que possible. Voyant que son ami était toujours crispé, il lui fit remarquer qu'il ressemblait à Daphné quand elle lisait un de ses livres pour filles qu'elle aimait tant et elle arrivait à un passage à suspense. Cela eut l'effet voulu car l'ainé fronça les sourcils avant de l'attraper par le cou et de lui ébouriffer un peu plus les cheveux de son poing. Le rire de Ioann résonna et il s'attira le regard noir de beaucoup de concurrents stressés. Alors il se rassit dignement, les toisa dans une tentative d'imitation de son père avant de leur tirer la langue insolemment.

Draco roula des yeux en voyant sa comédie. Il était bien loin de faire aussi peur que son père mais côté idiotie, il égalait presque son Oncle Milo. Il se redressa légèrement en voyant ses coéquipiers revenir. La tension monta d'un cran alors que le silence se faisait.

- Bien, on ne peut pas dire que vous ayez brillés par votre talent, mais comme nous n'avons pas le choix, nous en avons tout de même sélectionné un. Terence, pour avoir déjà joué avec toi, je sais ce que tu vaux. T'es une bonne recrue mais pas en poursuiveur. Par contre, entretien ta forme, si Malfoy est incapable de faire un match, c'est toi qui le remplace au pied levé.

Terence se sentit déçu, mais au moins avait-il obtenu le poste surprise de remplaçant. C'était mieux que rien.

- Pour les autres, le niveau était plus que médiocre. Seuls Zabini et Snape se sont illustrés. Et je dois avouer qu'ensemble vous faites une bonne équipe. Mais il faut en choisir un et ce sera Snape. Il n'est pas très épais mais il est petit, rapide et agile. Il peut faire la différence. Zabini, tu t'entraines aussi, un remplacement est tout à fait envisageable quand on sait que ce gosse finit toujours par être hors service à un moment ou à un autre.

Ioann était sous le choc, la bouche ouverte. Il était pris dans l'équipe. Merlin, c'était lui qui avait le poste de poursuiveur. Un instant, la conscience lui murmura avec ironie qu'il allait remplacer Warrington et que cela allait bien faire râler le cinquième année. Mais il ne put penser plus loin qu'il fut attiré dans une accolade vigoureuse dans laquelle Blaise lui écrasa presque tous les os.

- Félicitation le gnome. T'as intérêt à assurer maintenant, qu'on récupère la coupe cette année !

- Alors évite de faire de la poussière avec mon corps, couina Ioann en se tortillant pour se libérer.

- Oups, désolé.

Blaise le relâcha aussitôt et le regarda avec un air faussement contrit avant de lui ébouriffer les cheveux. Mais le plus jeune ne respira pas longtemps que déjà ses camarades de dortoir, descendus de leur gradin, se jetaient sur lui pour le féliciter. Il ne resta debout que grâce au réflexe de Blaise qui l'avait retenu. Quand il finit par se libérer de ce qu'il traita, avec arrogance, de sangsues hystériques, il se retrouva face à son frère qui le regardait avec un regard fier tout en ayant un sourire moqueur. Il lui répondit d'un vrai sourire ravi et d'un clin d'œil avant d'aller chercher son balai pour rentrer. Leur brouille était finie et il savait que plus tard, dans l'intimité du dortoir, Draco prendrait le temps de venir le serrer dans ses bras pour le féliciter. En attendant, ils étaient en public et il avait une image à afficher… Et puis pour l'instant, Ioann avait quelque chose d'autre à faire … crier bien fort son entrée dans l'équipe de Serpentard dans le bureau de son père.

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Mercredi 8 Septembre 1993

Severus traversait les couloirs de sa démarche rapide et impressionnante. Le bas de sa robe tournoyait autour de ses chevilles dans un ballet envoutant. Son regard sombre faisait se ratatiner n'importe quel élève de première année, toute Maison confondue et un sourire en coin en faisait fuir bien d'autres. Et puis son moral étant au beau fixe, il n'avait qu'une idée, renforcer sa réputation de bâtard afin de s'attirer le calme dans sa classe. Parce que mine de rien, avec Ioann, son étiquette de méchant s'était un peu décollée et certains s'octroyaient quelques privilèges. En pensant à son fils, une grande fierté l'assaillit. Son petit bébé était le nouveau poursuiveur de l'équipe de sa propre Maison. Il avait pris la place de Warrington. Le destin était drôlement bien fait finalement, car cela faisait une nouvelle punition morale pour le cinquième année. Et avec satisfaction et beaucoup de puérilité, Severus avait juste envie de se planter devant lui et de lui cracher un : « bien fait » très moqueur. Bien sûr, il n'en ferait rien. Mais Merlin que c'était bon d'y penser. Il avait décidé de ne s'attarder que plus tard au fait que du coup Ioann serait exposé aux Cognards, aux brutes épaisses et autres dangers qui pouvaient arriver sur un terrain de Quidditch. Chaque chose en son temps, pour l'instant il avait juste une folle envie de fanfaronner.

Malheureusement son humeur tomba de quelques crans lorsqu'il rencontra Black dans le couloir. S'il n'était pas bourré de mauvaise foi, il reconnaitrait que l'année avait débuté assez tranquillement entre l'ancien prisonnier et lui. Mais voilà, il était Snape et l'autre était Black. Et malgré tout ce qui s'était passé récemment, il avait toujours beaucoup de mal à supporter sa présence. Sans compter que le voir à proximité du bureau de Dumbledore alors que celui-ci l'avait convoqué à une discussion, lui donnait un étrange pressentiment. Celui que Black était lui aussi convié à cette maudite réunion.

- Snape.

- Black.

- Hum… tenta Sirius. Comment va ton fils ?

- Bien.

- … Il supporte la présence des Détraqueurs ?

- Autant que possible étant donné qu'il ne sort presque pas du château. Maintenant tu m'excuseras… ou pas, mais on m'attend.

- Tu as raison, sans compter que si tu es aussi convoqué par Albus, c'est que ce n'est pas pour boire le thé.

- Tu vois, quand tu veux tu arrives à réfléchir intelligemment. Dommage que ça ne dure jamais bien longtemps.

Sirius ragea et serra les dents. Une folle envie de l'étrangler et de lui frapper la tête contre le mur l'attrapa, mais il préféra éviter de se donner en spectacle. Surtout que trois jeunes filles de Poufsouffle venaient d'apparaitre au bout du couloir. Il était inutile de se donner en spectacle. En respirant fortement, il se calma doucement avant de suivre Severus derrière la gargouille. Quand il découvrit Lucius, Remus et Minerva assis dans leurs fauteuils, une certaine angoisse l'attrapa. Harry et Draco s'étaient bien un peu accrochés dans les couloirs le matin même mais rien qui demandait la présence des parents et directeurs de maison. Rien qui demandait même l'intervention d'un professeur vu que cela avait juste été un échange sarcastique entre deux personnes qui ont du mal à se supporter … bref, rien de plus que Severus et lui faisaient. Non, là cela signifiait que le sujet Horcruxes était d'actualité.

Severus était visiblement arrivé à la même conclusion. Les sourcils froncés, la sélection de son fils venait de partir un peu plus loin dans sa tête, laissant des problèmes plus importants revenir sur le devant. Il s'installa à côté de Lucius après l'avoir salué d'une poignée de main. Ils verraient après la réunion pour échanger des nouvelles de Narcissa et des garçons.

- Bonjour à tous. Bien, si je vous ai réunis, messieurs et Minerva, c'est pour vous parler d'un sujet dont nous avons parlé en juin dernier. Mais vous vous en doutez sûrement. Mais avant, comme je ne vous ai pas vu de la journée, je tiens à vous féliciter Severus, pour l'entrée de Ioann dans l'équipe de votre maison.

- Et tu ne m'as pas tenu au courant ? Demanda sarcastiquement Lucius en levant un sourcil.

- J'avoue qu'aujourd'hui, cela m'était sorti de la tête. Et hier soir, j'avais un Russe dans le salon quand Ioann nous a annoncé la bonne nouvelle à grand renfort de cris et de sautillements. Aussi il a tenu à fêter cela dignement.

- Dignement ?

- Disons que j'étais ravi de ne pas être de corvée de ronde hier soir.

- Si tu avais été moins égoïste, j'aurais pu participer à votre sauterie. Mais en attendant, je suis fier de lui. Mon fils et mon neveu dans l'équipe de Quidditch…

- Je suis également très contente pour lui, intervint Minerva. Bien sûr je ne ferais pas d'infidélité à ma Maison, mais cela ne m'empêchera pas de les encourager de façon discrète lorsqu'ils affronteront une autre Maison que la mienne.

- La directrice de Gryffondor qui encourage l'équipe de Serpentard. Même discrètement, cela a de quoi être noté dans les archives, ironisa Severus, un sourire malgré tout s'affichant sur ses lèvres.

Albus regarda son maître des Potions joyeusement. Bien sûr, il l'avait vu évoluer de façon spectaculaire dans les semaines qui avaient suivi l'arrivée de Ioann dans sa vie. Mais le voir ainsi était un régal. Il avait toujours donné l'impression de subir sa vie ou de s'investir pour certaines causes sans en retirer la moindre satisfaction. Mais depuis que le garçon était entré dans son univers, le père semblait enfin vivre une vie normale. Et le directeur en était pleinement satisfait. Il jeta ensuite un regard aux autres occupants de la pièce. Minerva, sa fidèle adjointe. Elle qui avait donné tant de foi dans les dires de ses élèves contre celles de Severus lors de leur scolarité, avait maintenant une place bien définie dans la vie de celui-ci. Et si de l'extérieur leur relation paraissait conflictuelle et rivale, de l'intérieur, elle était joueuse et amicale.

Puis il fixa Lucius. Le froid aristocrate qui était un brin taquin et fortement attaché à ceux qu'il aimait. Jamais personne n'aurait pensé le voir plaisanter et encore moins avec son ancien professeur de Métamorphose et directrice de la Maison rivale de surcroit. Ensuite il regarda le loup-garou. Une semaine après la pleine lune, il était en parfaite forme. La vie semblait sourire à Remus depuis que sa route avait croisé celle d'une Poppy, d'une Minerva et d'un Severus pleins de bonne… et de moins bonnes… volontés. Quoi qu'il en soit, le résultat était là.

Enfin il y avait Sirius. Un homme encore tourmenté malgré son apparente désinvolture. Azkaban avait brisé quelque chose en lui que la vie avait bien du mal à réparer. Il était celui qui refusait le plus les changements pour ne pas perdre le peu de stabilité qu'il avait acquis. Et pourtant, Albus en était sûr, quelque chose commençait déjà à changer en lui, comme s'il commençait à accepter que le monde n'était pas forcément ce qu'il affichait. Mais le temps passait et ils avaient bien des choses à faire. Aussi il reprit la parole, coupant les discussions animées et moqueuses entre ses deux directeurs de Maison et Lucius.

- Tout d'abord, sachez que je me suis intéressé à la vie de Tom Jedusor depuis que je l'ai rencontré, le jour où je lui ai appris qu'il était un sorcier. A l'époque, je ne savais pas que j'avais face à moi celui qui deviendrait le plus grand Mage Noir. Peut-être que bien des choses auraient pu être différentes alors. Mais pourtant, j'ai ressenti le besoin de garder un œil sur lui.

- Je me rappelle vaguement que du temps de sa scolarité, il était plutôt studieux et bien élevé, réfléchit Minerva en creusant visiblement dans sa mémoire. Il n'a jamais fait beaucoup de bruit, même quand il a obtenu la médaille pour service rendu à l'école.

- Effectivement. C'est aussi cela qui m'a fait faire un peu plus attention. La première fois que je l'ai vu, c'était dans un orphelinat Moldu. D'après la supérieure, il était étrange, il faisait peur aux autres enfants, voire même les brutalisait. Il volait aussi. Enfin après avoir accompli quelconque méfait, il dérobait à sa victime quelque chose afin d'en faire un trophée. Son calme à Poudlard m'a beaucoup intrigué car il ne collait pas avec cette personnalité.

- Attendez Albus, où cette discussion doit-elle nous amener ? Car je ne vois pas en quoi l'enfance de Jedusor pourrait nous aider.

- Au contraire, Lucius. Connaitre son état d'esprit à l'époque, pourrait nous aider à savoir comment et quand il a créé ses Horcruxes, mais aussi la nature de ces objets.

- Tu ne sais donc pas qu'il vaut mieux toujours bien connaitre ses ennemis pour les faire tomber ? Railla Sirius.

- Etant donné que nous ne sommes pas amis, mais que tu ne connais rien à ma vie, je suppose que tu n'es pas un Auror aussi brillant que ça, répondit vivement Lucius un brin énervé devant un Sirius qui se renfrogna. Très bien, Albus, continuez.

- Merci. Donc je l'ai vu évoluer. Aussi quand il a quitté Poudlard, j'ai décidé de le suivre. J'ai eu du mal, j'ai passé beaucoup d'années à recueillir de précieux témoignages. Car comme du temps de sa scolarité, il est resté très discret. Puis il a brusquement disparu après un meurtre étrange. Alors j'ai décidé de chercher aussi dans ses origines pour connaître tout ce que je pouvais sur lui. Sa mère, son père. Tout ce qui pourrait me donner une indication de plus. J'ai eu beaucoup de mal et j'ai dû faire appel à des techniques par toujours très nobles. Mais je vais aujourd'hui vous faire la synthèse de mes recherches. Sachez que si vous le désirez, je mets à votre disposition les souvenirs que j'ai engrangés.

- Je les regarderais avec intérêt, Albus, indiqua Remus. Non que je n'ai pas confiance en vous, mais j'aime à me faire ma propre idée.

- Bien évidement. L'histoire de Tom commence bien avant sa naissance. Dans sa famille maternelle. Elvis Graunt et ses deux enfants, Morfin et Merope, étaient les derniers descendants de Salazar Serpentard lui-même. Mais à cause d'ancêtres peu attentionnés ayant dilapidé la fortune familiale, ils vivaient tous les trois dans une petite masure lamentable. Graunt était quelqu'un de violent, son fils n'était pas très érudit et avait le même comportement que lui. La fille, Merope, était effacée, timide et les colères de son père l'avait presque rendue Cracmolle. Sans compter qu'en plus et pour son malheur, son cœur battait en secret pour un Moldu. Un certain Tom Jedudor.

- Je ne suis pas sûr de comprendre, coupa Sirius. Tom Jedusor est un sorcier, c'est un fait indéniable.

- Il ne s'agit pas de notre Tom Jedusor, mais de celui qui devint son père. Quoi qu'il en soit, Bob Ogden, de qui provient le souvenir dont je vous parle, était présent lorsque Morfin lâcha l'information devant Elvis. Celui-ci entra dans une grande fureur et faillit tuer sa fille. Les Aurors sont intervenus et les deux hommes furent arrêtés pour leurs comportements brutaux. Une fois seule, Merope décida de prendre son avenir en main. La suite est confuse et juste composée de suppositions. Mais elle aurait fait ingérer un filtre d'amour à Jedusor afin qu'il l'épouse. Puis elle serait tombée enceinte et aurait arrêté de lui donner le filtre, pensant que Tom était finalement tombé amoureux d'elle. Mais ce ne fut pas le cas. Il l'abandonna et repartit auprès de sa fiancée, affirmant qu'il avait été trompé. Elle dut vendre un médaillon familial pour vivre jusqu'à l'accouchement et ce dans un état de faiblesse inquiétant. C'est à l'orphelinat que Tom naquit, et que sa mère succomba. Tom a toujours été très obsédé par ses origines. Et jusqu'à ses dix sept ans, il était persuadé que son père était un grand sorcier et sa mère insignifiante.

- Sauf que c'était l'inverse, finit Minerva.

- Tout à fait. Et quand il l'apprit, par hasard en légillimençant son oncle Morfin, il tua Tom Jedusor Senior et ses grands parents paternels. Il implanta ses propres souvenirs à ceux de son oncle afin qu'il reconnaisse lui-même son meurtre. Je le sais pour avoir fouillé moi-même et profondément dans la mémoire ce cet homme. Morfin fut de nouveau enfermé à Azkaban sans que personne ne cherche plus loin. Après Poudlard, et après que le professeur Dippet ait refusé de le prendre comme professeur de Défense Contre les Force du Mal, Tom fut engagé chez Barjow et Beurk chez lequel il travailla durement. Il était très doué pour dénicher des objets de valeurs en tout genre car son charisme et son côté séduisant étaient des atouts majeurs. Puis un jour, après le meurtre d'Hepzibah Smith qu'il avait visitée très peu de temps avant, il disparut de la circulation. Et ceci pendant une dizaine d'années. Quand il est revenu, j'avais succédé au professeur Dippet. Il a tenu à me voir afin de retenter sa chance comme professeur. Evidement j'ai refusé, mais je n'ai pu que remarquer le changement physique qui s'était opéré en lui. Il avait perdu sa beauté qui lui avait tant servi. Ses traits étaient brouillés, brulés et cireux et le blanc de ses yeux étaient injectés de sang. Il se faisait déjà appeler Voldemort.

- A se demander comment certains pouvaient être impressionnés par ce nouveau charisme au point de le suivre aveuglément, cracha Sirius.

- Le pouvoir est plus attractif que la beauté, Black, grogna Severus. Et pour quelqu'un qui a passé sa vie à être persécuté ou rabaissé, le pouvoir est indéniablement plus charismatique que n'importe quoi d'autre.

Les deux bruns s'affrontèrent du regard. D'un coup, Sirius détourna les yeux. Il venait de comprendre que quelque part, son propre comportement avait peut-être joué un rôle dans l'adhésion de son rival auprès de Voldemort. Il tomba sur le regard triste et plein de remords de Remus. Visiblement, lui aussi s'en voulait pour cela. Puis une idée dérangeante commença à s'insinuer dans sa tête. Trop dérangeante. Il la repoussa bien vite.

- Messieurs, s'il vous plait, reprit Albus. En attendant, je vais m'arrêter là pour la vie en général de Tom. Vous trouverez tous les détails dans les souvenirs que je laisserais à votre disposition. Mais avant cela, voyons d'un peu plus près nos Horcruxes. Nous en avons déjà deux d'éliminés. Le journal avait été créé dans une optique de rouvrir la Chambre de Secrets, ce qui nous informe qu'il n'était pas le seul vu qu'il était peut-être destiné à être détruit. Le deuxième était accidentel. Je pense que Tom avait prévu de créer un Horcruxe à la suite de la mort de Harry, mais il a été pris de court et c'est Harry qui est devenu l'Horcruxe.

- Oui, ça nous l'avons déjà établi, venez-en à la nouveauté, s'exaspéra Severus qui voyait le temps passer assez vite.

- Disons que j'ai bien quelques idées sur les possibles Horcruxes créés. Elvis Graunt avait une bague ancienne qui se transmettait dans sa famille ainsi qu'un pendentif qui lui venait de Salazar. Connaissant le gout des trophées et des objets d'exceptions ainsi que son obsession pour ses origines, je mets les deux bijoux dans la liste d'Horcruxes potentiels. Et des objets disparus chez Hepzibah après sa mort, me pousse à les rajouter. J'ai d'autres pistes mais toutes plus floues encore. En fait notre problème actuel et de savoir après combien d'objets nous courrons.

- C'est également la question à cent mille gallions, Albus, coupa Lucius en reniflant.

- Oui et non. En fait, j'ai là un souvenir que je pense être le plus important de toute ma collection. Sauf qu'il est faux.

- Personne ne peut modifier un souvenir, dit Remus en fronçant les sourcils. Sauf la personne à qui il appartient.

- Très judicieux. Effectivement, le détenteur du souvenir l'a falsifié car je pense qu'il était honteux de ce qu'il s'y trouvait.

- Ne pouvez-vous pas demander des comptes à cette personne et lui dire de vous donner l'original ? Demanda Minerva.

- Ce n'est malheureusement pas si simple. Mais c'est là que vous intervenez, Lucius, répondit joyeusement Albus.

- Soyez plus précis, demanda celui-ci en se tendant à cette merveilleuse réaction.

- Ce souvenir provient d'Horace Slughorn, il vous a toujours beaucoup apprécié, continua le directeur, les yeux pétillants.

- Tu vois Lucius, tu t'es encore trompé… je n'ai jamais été plus heureux que maintenant de ne jamais avoir fait parti de son club contrairement à toi, ricana Severus en voyant son ami se renfrogner.

- Ferme-la, Snape. Bien, je suppose que je n'ai pas le choix.

- On a toujours le choix, ironisa Sirius en le regardant avec défi.

- Tu as raison Black. Entre l'intelligence et la bêtise, tu as toi-même fait ton choix. Albus, je vous tiendrais au courant, mais ne vous attendez pas à des résultats rapides. S'il a tenu à cacher le contenu de ce souvenir, il ne le lâchera pas comme ça.

- Que se passe-t-il donc dans ce souvenir ? Demanda Remus

- On y voit Tom demander à Horace ce que sont les Horcruxes. Bien, nous ne pourrons réellement avancer sur ce plan là qu'après avoir l'original de ce souvenir. Mais en attendant je vais étudier un peu plus le cas des différents objets auxquels j'ai pensés. Nous pourrons toujours commencer à les chercher par précaution. Mais cela va demander pas mal de temps. Severus, Minerva, Sirius, avec Bellatrix dans la nature, je ne peux vous demander de quitter le château et de m'aider à retrouver la trace de ces potentiels Horcruxes, j'espère que vous me comprenez.

- Je comprends, répondit calmement Minerva, approuvée par un hochement de tête de Severus et un bougonnement de Sirius.

- Merci. Remus, j'aimerais savoir si je peux compter sur votre aide pour ceci ? Je sais que vous avez déjà beaucoup de travail mais si vous pouviez m'accorder un peu d'aide…

- Oui bien sûr, je m'arrangerais.

- Je peux déjà te libérer du temps. Ioann est plus indépendant et je croise les doigts pour que cette année il ne soit pas perdu dans un tourbillon de malchance. Aussi je peux récupérer la correction des devoirs et potions des élèves pour te dégager de cette responsabilité, proposa Severus d'un air peu avenant malgré la spontanéité de sa proposition.

- Merci Severus. J'apprécie. Mais j'aime bien m'occuper de cela. Disons que lorsque je serais en mission pour Albus je te laisserai les corrections mais que le reste du temps je les garde. Ainsi tes élèves auront encore une petite chance d'être notés avec justesse, répondit Remus avec un rire dans la voix

- Bien, ce que vous me proposez est déjà plus que je m'en espérais, annonça le directeur

- A vrai dire, Albus, si vous acceptez de mettre une autre personne dans la confidence, vous pourriez bénéficier d'une deuxième aide intéressante, continua Severus.

- Je n'avais pas dans l'idée de mettre quelqu'un d'autre que vous cinq au courant.

- Je sais. Mais je suis sûr que vous serez d'accord avec moi lorsque j'affirme que Milovan est une personne de confiance. Sans compter qu'avec son métier de journaliste, le fait qu'il sillonne le pays et se renseigne à droite et à gauche ne paraitra pas suspect. Cette discrétion pourrait être un atout.

- C'est une idée intéressante. Je vais y réfléchir sérieusement, répondit Albus en lissant sa barbe, les pensées déjà en action. Bien, je pense que nous pouvons nous arrêter là pour aujourd'hui. L'essentiel a été dit. Passez une bonne soirée.

Remus reprit la cheminée après une accolade amicale avec Sirius. Celui-ci se décida à parcourir les couloirs afin de voir si tout allait bien pour les élèves. Minerva décida d'aller voir Poppy à l'infirmerie afin d'attendre le repas du soir. Lucius suivit Severus chez lui pour échanger leurs impressions sur cette réunion. Puis ils parlèrent des dernière nouvelles de leur petite famille avant que le professeur ne roule les yeux en entendant son ami râler comme quoi les morveux de l'hôpital prenaient bien trop de temps à sa femme qu'il ne voyait presque plus. Décidemment, un Lucius jaloux était bien plus gamin que son fils de treize ans.


(1) Helwan : ville égyptienne sur les bords du Nil.C'est purement une idée de moi mais je trouvais plus intéressant de dire que Bill habitait une vraie ville plutôt que de dire sans arrêt « chez lui en Egypte »^^


Avant de vous abandonner, et pour ceux qui ne l'auraient pas vu, j'ai posté dimanche la partie 1 d'un OS très vacances avec Ioann et Draco : « Simplement une aventure Canadienne ». La partie 2 est déjà corrigée et sera postée dimanche. C'est du léger, mignon et rigolo. J'espère que ça vous plaira.