Hello tous !
Merci, évidemment, Clélia (x6), Gabriellemoon (x3), Lilith-Eve, Mimi, Aeva, Admamu, Kyosuke, Mana, Almayen, PandoraEquus, Luma-az, Mariloo, Electre et S10 pour vos reviews sur les chapitres précédents ! Merci, aussi, à Almayen, Elie, Mana, Eve-Lilith, Luma-az, Choupy et Mimi, pour vos review sur Juste de l'amour. Merci à Lunard Hale pour ta review sur Pour John ! Vous êtes dans mon coeur :)
Et bonne lecture sur ce nouveau chapitre, en n'oubliant pas de remercier ma formidable bêta : Elie Bluebell, petit lapin blanc de mon coeur !
SAVING SHERLOCK HOLMES
Chapitre 25
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Sherlock était agacé alors qu'il balayait Angelo du regard.
« Ils t'ont fait te changer. Comment je suis censé trouver des preuves sans tes vêtements ?
– Ce sera dans les pièces à conviction, Sherlock, lui dit Mycroft avec prudence. Nous pourrons aller les voir plus tard.
– Mais ils auront été déplacés et mis en bazar par tous ces abrutis de policiers.
Sherlock fronça les sourcils en direction d'Angelo.
Ce dernier n'avait pas prononcé un mot depuis qu'ils étaient entrés dans la pièce. Il ne cessait de faire passer son regard de Sherlock à John, et John voulait lui dire : Oui, tu as sous-entendu que personne ne voudrait jamais être ami avec Sherlock, mais ça n'a pas d'importance, il vient quand même pour sauver ton cul misérable. Il savait cependant que Sherlock ne faisait certainement pas ça par générosité ou par altruiste, mais pour l'énigme, pour la distraction que cela représentait et à laquelle il ne pouvait résister. Il pensa donc qu'il valait mieux qu'il se contente de la fermer et laisser Angelo croire que le brun faisait ça par pure gentillesse.
– Où as-tu volé cet argent, Angelo ? demanda Sherlock, impérieux.
L'interpellé eut l'air terrifié.
– Je... Je...
– Arrête de me bégayer dessus, claqua la voix de Sherlock. Je sais que ce n'est pas ton argent, mais je sais aussi que ça ne venait pas du studio vidéo. Ça te serait jamais venu à l'esprit d'entrer par effraction dans un studio. Je pense plutôt que tu as choisi un appartement plein de personnes alcoolisées en train de faire la fête – le Nouvel An est une nuit assez facile pour ça, n'est-ce pas, et tout le monde est encore dans la joie de Noël – alors contente-toi de me dire d'où vient l'argent afin que je puisse prouver que c'était là que tu étais plutôt qu'au Three Mills. Et si tu me mens, je le saurai.
La respiration d'Angelo était tremblante quand il inspira.
– C'est pas moi qu'a tué des gens, commença-t-il.
– Je pense que ce que tu voulais dire était que tu n'as tué personne, et, s'il te plaît, cesse de me faire perdre mon temps, je sais déjà que ce n'est pas toi : c'était un beau meurtre, un meurtre élégant, et tu n'as pas l'imagination nécessaire pour ça. Donc. L'argent. Il vient d'où ?
– Il n'y avait pas qu'un seul appartement.
Angelo semblait au bord des larmes, comme s'il était sur le point de craquer nerveusement. John déglutit difficilement, plein de compassion. Il ne portait pas Angelo dans son cœur, mais personne ne méritait d'éprouver la terreur d'être innocent d'un meurtre mais de ne pas être sûr de pouvoir le prouver.
– C'était... C'était plusieurs appartements. On est... on est entrés et sortis d'appartements toute la nuit. Je ne sais pas…
– Dans quel quartier de Londres ? demanda Sherlock, tranchant, impatient.
– Ratcliff, parvint à dire Angelo.
– Eh bien, quelque chose qui nous aide, enfin. À l'autre bout de la ville. Donne-moi les adresses.
– Je ne me souviens pas de tout. Je ne…
– Oh, bon sang, soupira Sherlock. Tu étais avec qui ? Je sais que tu n'as pas fait ça tout seul.
– J'avais un pote. Tony. Je peux te dire où le trouver et il pourra t'amener aux appartements. Est-ce que ce serait assez ?
Angelo avait l'air anxieux, terrifié que Sherlock rétorque : Non, absolument pas, ne sois pas si stupide. John retint son souffle, espérant que la réponse de Sherlock ne serait pas celle-là.
Le cadet des Holmes dit seulement :
– Je ferai ce qu'il faut pour que ce le soit. Je n'ai pas besoin d'autant d'informations que la police.
Sherlock se leva, l'air content de lui.
– Tu penses que tu pourras m'innocenter ? supplia Angelo, désespéré.
– Je pense que je serai capable de prouver que tu entrais par effraction dans des appartements à l'autre bout de Londres au moment du meurtre. Tu as manifestement laissé des preuves derrière toi sur lesquelles je pourrai travailler, puisque tu es quelqu'un de relativement stupide.
– Sherlock, intervint John, parce qu'il sentait qu'il le devait : Angelo était clairement une loque totale, de façon assez compréhensible, et ce n'était pas une personne gentille, mais il n'avait pas besoin d'être insulter, en cet instant.
– Quoi ?
Sherlock le regarda avec perplexité et John leva un sourcil vers lui, sachant qu'il saurait l'interpréter. C'était le regard qu'il lui envoyait à chaque fois que Sherlock se montrait impoli de façon inutile avec un prof pendant un cours. Sherlock émit un son dégoûté et se tourna à nouveau vers Angelo. :
– Ne t'en fais pas, Angelo. Je vais m'occuper de tout, dit-il alors dans ce qui ressemblait à une parodie de voix gentille, avant de se tourner vers John. C'est bon ?
– Mieux.
– Perte de temps, » marmonna Sherlock en traversant à grands pas la pièce vers la sortie.
Mycroft lui adressa un regard insondable, de curiosité mêlée à autre chose, mais puisque John n'était jamais capable de lire les regards de l'aîné, et puisqu'ils étaient à présent plus proches du matin, tôt, que du milieu de la nuit, il décida de juste ne pas y prêter attention.
Ils trouvèrent Tony dans un quartier de banlieue à proximité de celle où John lui-même habitait. Ou bien « avait habité » ? Dans le passé ? Où il habitait plus ou moins ? Où il faisait semblant d'habiter ? Où sa famille habitait ? Peu importe. Il était trop fatigué pour penser.
Sherlock ne donna aucune indication qu'il avait conscience de combien ils étaient proches de l'endroit où il vivait théoriquement. Ou de l'endroit où il avait coincé John contre un mur pour lui rouler un patin jusqu'à l'orgasme. Ce qui était probablement une pensée sur laquelle John ne devait pas s'attarder en cet instant, mais c'était compliqué parce que Sherlock irradiait actuellement d'énergie, vibrait d'excitation, et les seules autres fois où John le voyait si vivant étaient lorsqu'il passait du temps avec lui. Voir que quelque chose qui n'était pas John l'excitait comme ça était étrange, perturbant, et induisait de la jalousie. Ce qui était ridicule, parce qu'il ne pouvait pas être jaloux d'un suspect de meurtre, et c'était pourtant le cas.
Mycroft et Lestrade les avaient tous deux accompagnés chez Tony, ce qui agaçait Sherlock mais ça avait été un compromis, puisque, à la base, c'était le Sergent Donovan qui aurait dû venir avec eux. Sherlock était convaincu que Tony ne voudrait rien avouer en face du Sergent. Et comme ce raisonnement était censé, Lestrade était parvenu à la convaincre de ne pas venir. Mais il y avait toujours un public plus fourni que ce que Sherlock aurait voulu. Ce dernier ne laissait pas ce problème l'ennuyer ni sa joie redescendre à cause de la situation actuelle cependant, pour autant que John pouvait en dire. Sherlock s'était prestement introduit dans l'appartement de Tony, l'air positivement ravi, et lui avait expliqué la situation en parlant d'une façon tranchante et brusque. Bon, c'était au moins une différence entre Sherlock sur une scène de crime et Sherlock dans un lit, parce que le génie sexuellement excité, adéquatement embrassé, et minutieusement baisé parlait d'une façon floue, ses consonnes glissantes et ses voyelles adoucies, sa voix pas moins riche mais sa diction un peu moins contrôlée, de même qu'il ne se rappelait alors plus des manières instillées en lui pendant son enfance ni de sa prononciation précise. John aimait la voix de Sherlock dans ces instants parce qu'il avait toujours pensé être la seule personne qui pouvait entendre Sherlock parler comme ça, et il était soulagé que cela semble toujours être le cas.
Il fallut parlementer un moment avec Tony, surtout à cause de la présence de Mycroft et de Lestrade, et Sherlock parvint finalement à les obliger à sortir de l'appartement. Mycroft avait apparemment été assuré qu'ils n'étaient pas en danger immédiat s'ils les laissaient seuls parce qu'il accepta de partir sur une légère protestation seulement, et Lestrade suivit.
Une fois que Tony commença à parler, John prit des notes attentives. Sherlock avait fourré un carnet entre ses mains sur la route vers l'appartement, une heure plus tôt, avec cette instruction. Prends des notes. Alors John prit des notes minutieuses malgré sa fatigue profonde, et Sherlock écouta, la tête inclinée et les doigts en clocher sous son menton, ses yeux pâles sautant sur tout, sans cesse, sans arrêt. John songea que ses notes capturaient peut-être un dixième de ce que Sherlock extrayait de cet entretien, mais au moins parvint-il à écrire les adresses des appartements et les horaires approximatifs auxquels Tony et Angelo les avaient visités.
« Ils ont eu une nuit bien remplie, fit remarquer John quand Sherlock ferma la porte derrière eux.
Mycroft et Lestrade étaient debout à côté de la voiture contre laquelle ils étaient appuyés, leurs têtes inhabituellement proches alors qu'ils discutaient. John songea qu'il était trop fatigué pour comprendre ce qu'il se passait peut-être là et ramena son attention vers Sherlock, qu'il suivait alors qu'ils traversaient jusqu'à la voiture, trop fatigué pour tenir son rythme.
– Oui, acquiesça rapidement Sherlock.
– Ça devrait rendre le tout plus facile, non ? De prouver qu'Angelo était complètement ailleurs quand le meurtre a été commis.
– Ça devrait. Ce qui est dommage. Ça aurait été plus intéressant que ça représente un défi un peu plus consistant.
– Essaie de ne pas dire ce genre de choses à quelqu'un d'autre que moi, soupira John.
Sherlock s'arrêta abruptement et le regarda.
– Mais je peux te les dire à toi ? Pourquoi ?
– Parce que c'est pas comme si tu allais arrêter d'un seul coup de dire ce genre de choses.
– Et ça ne te dérange pas quand je prononce ce type de phrases.
– Parce que je sais que tu ne le dis méchamment. Tu le dis plutôt... scientifiquement. Pas tout le monde peut comprendre ça à propos de toi. Les gens le prendraient mal.
– Et ça t'importerait ? Ce que les gens pensent ? À propos de moi ? Je ne comprends pas.
– Je suis trop fatigué pour comprendre ce que tu ne comprends pas là dedans, dit honnêtement John, parce que c'était évident, non ?
Bien sûr que ça lui importait, ce que les autres pensaient de Sherlock. Il aimait Sherlock. Il voulait que tout le monde voie Sherlock de la même façon que lui, mais il semblait que ce n'était jamais le cas et, dans un sens, égoïstement, c'était agréable. Sherlock lui appartenait entièrement, comme ça. Mais c'était aussi quelque chose qui lui faisait de la peine, penser à des personnes dans l'univers capables de ne pas aimer Sherlock de tout leur cœur.
Le génie, après un moment, lui sourit, juste une petite courbure de ses lèvres avant de se remettre à marcher.
– Tiens, lui dit John en se remettant à le suivre et en lui plaçant le carnet dans les mains.
– Pourquoi tu me le donnes ?
– J'ai pris des notes pour toi. Sur les adresses.
– Oh, je n'en ai pas besoin. J'ai tout enregistré dans mon cerveau. Il peut gérer ça. Le tien n'en est pas capable, surtout quand tu n'as pas dormi, tu es un peu à la traîne et je ne veux pas que tu oublies quelques choses.
Sherlock se tourna à demi vers lui, avec un large sourire.
– Tu vas avoir besoin d'avoir toutes ces informations à portée pour ta prochaine histoire, prédit-il avant de reporter son regard sur Mycroft et Lestrade qui étaient à présent à portée de voix. On y va. C'est parti pour un tour »
Sherlock vola à travers les scènes de crimes dans les appartements, travaillant à ce qui semblait être le double de la vitesse de n'importe qui d'autre, mais qui était juste la vitesse Sherlockienne. Mycroft l'avait obligé à attendre l'arrivée de Scotland Yard plutôt que de le laisser simplement débouler dans les maisons des victimes. Sherlock, rendu impatient par cette attente, accompagna les policiers lorsqu'ils arrivèrent et les informa de l'affaire avec tant de rapidité qu'ils trébuchaient littéralement les uns sur les autres en essayant de le suivre. Certains des propriétaires des appartements n'avaient pas encore eu le temps de découvrir les vols, encore en train de se remettre de la débauche de la nuit, et Sherlock savourait visiblement d'annoncer les événements de la nuit d'une façon théâtrale, alors qu'ils clignaient des yeux vers lui dans un état de sidération endormie. Mais Sherlock avait relevé suffisamment de preuves indiquant qu'Angelo s'était rendu dans la plupart des appartements en question – empreintes ici, fibres de vêtement là – et en démarchant les voisins et les personnes travaillant dans les environs, certains témoins oculaires leur avaient même fourni des fourchettes horaires.
« Ça devrait être suffisant, dit Sherlock au Sergent Donovan avec assurance, une fois qu'ils furent de retour à New Scotland. Mais, bien sûr, prouver qu'Angelo était dans Ratcliff toute la soirée ne prouve pas vraiment son innocence pour les meurtres au Three Mills.
– Tu as pourtant dit que ça serait assez, fit remarquer le Sergent avec aigreur.
Le sergent Donovan n'aimait pas Sherlock. Du tout. John en prit soigneusement note, ce qui ajouterait du relief à l'histoire, estima-t-il.
– Non, non, tout le monde a supposé que ça l'innocenterait, et je vous ai tous autorisé à garder vos stupides hypothèses pendant un petit moment. Mais il y a ce fait évident que le corps a été amené à Three Mills.
– Amené ici ? D'où ?
– Ça, je l'ignore encore. Mais si vous pouviez me donner accès au sang dans lequel le corps a été trouvé baignant, je pourrais m'en faire une idée plus précise.
– Tu penses qu'ils ont emmené le sang depuis la scène du meurtre jusqu'à Three Mills ?
– Non, je pense que ce sang n'est même pas humain. L'homme a clairement été assassiné quelque part ailleurs et transféré sur cette scène. Le dépeçage du corps ? C'était une tentative de masquer la raideur post-mortem. Elle était déjà installée, ce qui signifie que le corps était mort depuis au moins huit heures. Ce qu'Angelo faisait la nuit dernière n'a aucune importance, mais il est nécessaire de savoir ce qu'il faisait hier après-midi. Et tout va bien parce que hier après-midi, Angelo traversait Londres en métro, vous avez les tickets usagés dans ses affaires pour preuve, et à moins qu'il soit parvenu à monter dans une rame avec un cadavre sur lui, je pense qu'il est écarté de ce meurtre. De toute façon, cet assassinat a été attentivement planifié, motivé par un but. Ce n'était pas un cambriolage qui a mal tourné. Ils ont déplacé le corps, ils l'ont découpé pour donner l'impression que la victime a saigné dans le studio de Three Hills, mais la victime s'est vidée de son sang ailleurs. Vous seriez probablement arrivés à de telles conclusions, si vous n'étiez pas tous aussi stupide que vous en avez l'air, ce qui n'est pas gagné, je dois l'admettre, mais ça aurait pris des semaines pour le moins et, à ce moment-là, la piste aurait eu le temps devenir totalement inexploitable. Dans les circonstances actuelles, si vous me permettez d'analyser le sang présent sur la scène de crime, nous pourrions en apprendre beaucoup.
Sherlock cessa enfin de parler et regarda le Sergent Donovan, dans l'expectative.
Après une seconde, le Sergent répondit d'une voix qui semblait à la fois hébétée et irritée :
– Je dois aller chercher Gregson. »
Ils installèrent Sherlock dans le laboratoire et il était comme un poisson dans l'eau. John s'assit et l'observa en essayant de ne pas tomber endormi. Il aurait pu aider, mais Sherlock était sec avec quelque assistant que ce soit, et John n'était pas vraiment d'humeur. Alors qu'il le regardait travailler, il dit :
« Tu savais tout du long qu'Angelo avait un alibi en béton et que la police faisait de fausses hypothèses à propos de l'heure de la mort.
Sherlock émit un « mmh » et ajusta ce qu'il observait au microscope, quoi que ça puisse être.
– Pourquoi tu ne l'as pas dit tout de suite ?
– Pourquoi l'aurais-je fait ? demanda Sherlock à son tour.
Il fronça les sourcils vers le microscope mais John savait que ce froncement lui était adressé. Il soupira et reposa sa tête dans ses mains. Mycroft et Lestrade avaient disparu. Le Sergent Donovan les supervisait mais elle se tenait de l'autre côté de la porte et, d'après l'expression de son visage et les gestes de ses mains, elle était en train de se plaindre d'eux en vociférant sur quelqu'un. Le nombre d'ennemis que Sherlock s'était créés pendant ces quelques heures aurait été impressionnant si John n'avait pas su que c'était une règle, en ce qui le concernait.
Il bâilla.
– Quel est le motif derrière tout ça, selon toi ? interrogea Sherlock.
– Je ne sais pas, répondit John d'une voix endormie, essayant de donner le change dans cette conversation. Dis-moi.
– Je n'ai pas encore décidé. Tes théories m'intéressent.
– Ah. Alors je peux être ton conducteur de lumière, ou un truc comme ça ?
Sherlock ne sembla pas remarquer le sarcasme. Il prit une note sur une feuille et déclara :
– Exactement.
– Eh bien, je n'en ai aucune idée. Quelqu'un qui mène une vendetta contre le studio de tournage ? Je veux dire, pourquoi prendre la peine de faire tout ça dans un endroit comme ça ? Si ce n'était pas pour le cambrioler ?
– Un message, dit Sherlock. Un avertissement ? C'est possible.
– Ou j'imagine que ça pourrait être un hasard.
– Pas de hasard. Le studio donne sur la Tamise. Si le meurtrier était là avec le corps, c'était bien plus facile et bien moins risqué de simplement le balancer dans le fleuve.
– Oh. C'est vrai. Pourquoi j'y ai pas pensé ?
– Parce que tu es stupide. Je veux dire, moins que les autres, tu t'en es très bien sorti, mais quand même.
John bâilla à nouveau et se demanda si c'était à cause d'un dysfonctionnement dans sa personnalité qu'il pouvait aimer Sherlock. Ça ne le dérangeait même plus d'être traité d'idiot. Il ne le remarquait presque plus, à vrai dire.
– Un mouflon arménien, conclut soudain Sherlock et John sursauta de sa somnolence et se demanda combien de temps avait passé.
Le Sergent Donovan était à nouveau dans le laboratoire, l'air très peu amusée par tout cela.
– Oh, vraiment ? s'enquit-elle d'une voix tranchante.
– Oui. Je suis affirmatif. Un mouflon arménien. C'est de là que provient le sang. Et les mouflons arméniens sont très rares en Grande-Bretagne, ce qui réduit très largement le travail pour vous. Il n'y a pas un grand accès au sang de mouflon arménien dans ce pays. Même vous, vous pourriez résoudre cette affaire. Enfin. Probablement pas. Je vais faire des recherches moi-même, » annonça-t-il, l'air très satisfait de lui.
À son regard, le Sergent Donovan aurait certainement assassiné Sherlock si elle n'avait pas voulu éviter de se rajouter une enquête.
John n'arrivait pas à dormir. Il était étendu dans son lit dans la maison de Sherlock et regardait le plafond. Il aurait dû être épuisé, et il l'était, mais il ne pouvait juste pas s'endormir.
Il ouvrit la porte délicatement et jeta un coup d'œil dans le hall. Un rai de lumière de lumière sortait de sous la porte de Sherlock. Soit le génie était toujours éveillé, soit il s'était couché sans prendre la peine d'éteindre la lumière. John hésita, se demandant si ce serait acceptable pour lui de dormir dans la chambre de Sherlock. Il l'avait fait lors de sa dernière visite ici mais, depuis, leur relation avait évolué et il savait que Mycroft en était conscient. Mycroft n'avait pas semblé enclin, cependant, à entreprendre la moindre conversation embarrassante à propos du sexe au cours de la semaine passée et plutôt suivre la philosophie d'occulter toute cette situation, ce qui convenait parfaitement à John. Et John voulait désespérément dormir et sentait qu'il pourrait accomplir ça beaucoup mieux dans une pièce où Sherlock travaillait confortablement.
Alors il se décida et glissa dans la chambre de son petit ami. Ce dernier ne leva même pas les yeux depuis sa localisation sur le sol, où il était actuellement cerné par des livres sur les moutons et les studios de tournage, tout ce que comportait la bibliothèque des Holmes sur le sujet, ce qui était bien plus que ce à quoi John s'attendait. Le blond se traîna jusqu'au lit de Sherlock et s'enfouit sous la couette. Sherlock ne laissa paraître aucun signe qu'il avait conscience de sa présence, le visage à quelques centimètres d'un livre.
John ne dérangeait pas Sherlock, d'habitude, quand il était dans cet état. Parce que, d'habitude, Sherlock était insupportable quand il était ainsi. Mais John, en boule sous la couette de Sherlock, inspira l'odeur de Sherlock, en regardant Sherlock travailler, et ressentit une peur froide grimper en lui. Parfois, la simple existence de Sherlock le terrifiait, le simple fait de tout ce qu'il pourrait faire pour lui, tout ce qu'il permettrait à Sherlock de faire avant d'estimer que c'en serait trop. Estimerait-il jamais que ce serait trop ?
« Je peux te demander quelque chose ? s'aventura-t-il.
– Occupé, répliqua distraitement Sherlock.
– Si c'était moi, si j'étais soupçonné d'un meurtre, est-ce que tu verrais tout ça avec autant de plaisir ?
Sherlock ne leva pas la tête mais John put le sentir se figer pendant un très long moment. Puis il leva les yeux.
– Est-ce que tu préférerais que je m'effondre parce que c'est toi ? Ne voudrais-tu pas plutôt que je m'investisse totalement dans le fait de t'innocenter, comme je l'ai fait avec Angelo ?
– Tu ne l'as pas innocenté immédiatement. Tu aurais pu, mais tu ne l'as pas fait parce que tu t'amusais trop.
– Et puis parce que je n'aime pas vraiment Angelo, rappela Sherlock avec légèreté.
– C'est juste... Si c'était moi qui était assis dans une cellule, je détesterais penser que tu es là, dehors, à t'amuser avec ma situation délicate. Ou si c'était moi qui avait été assassiné.
– Qui oserait te tuer ? exigea de savoir Sherlock, catégorique. Ils ne s'en sortiraient jamais, ceux qui feraient ça.
John sourit.
– Je sais. Et tu m'innocenterais si j'étais suspecté de meurtre, même si j'étais coupable.
– Bien sûr que oui. Tu ne tuerais jamais personne sans une bonne raison pour le faire.
Sherlock sembla penser que la conversation venait de se conclure. Il retourna à ses livres.
John le regarda pendant un petit moment, jusqu'à ce que ses paupières deviennent trop lourdes pour qu'il les garde ouvertes une seconde de plus. Il n'avait pas l'impression qu'il dormait, il avait l'impression d'être conscient même du souffle de Sherlock à l'autre bout de la pièce, du bruit des pages tournées et des livres déplacés, mais, en même temps, il s'était forcément endormi parce qu'il se réveilla quand Sherlock grimpa dans le lit à ses côtés, se blottit contre lui de cette façon que John ne trouvait plus étouffante mais juste parfaite. Sherlockienne et parfaite.
Sherlock nicha son nez dans son cou, glissant ses mains sous le T-shirt de John pour le tenir aussi proche que possible.
– Je ne te laisserai jamais te faire arrêter, murmura le génie contre sa peau.
– Quoi ? demanda John d'une voix trouble en bougeant légèrement, s'adaptant à lui, les ajustant automatiquement comme deux pièces parfaitement complémentaires.
– Je n'aurai jamais à innocenter ton nom, ravi ou pas de le faire, parce que je ne permettrai jamais que tu sois arrêté. La police est stupide. Je les enverrai sur une fausse piste.
– Mmmh, dit John en effleurant d'un baiser endormi la partie de la tête de Sherlock qui était la plus proche de ses lèvres, l'autre adolescent émettant son bruit typique de satisfaction en réaction. J'essaierai de faire la même chose pour toi parce que, soyons clairs, tu as beaucoup plus de chances de te faire arrêter que moi.
– Tu m'épargneras la chute, dit Sherlock.
– Toujours, » promit John en enfouissant son visage dans les cheveux de Sherlock avant de se rendormir.
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À suivre
Merci d'avoir lu !
(et désolée pour ceux qui ont vu la version précédente de ce chapitre, sans au revoir et avec la review de bêta de mon Elie préférée à la fin, je suis navrée (et morte de rire à cause de mon niveau de pas-douéterie, accessoirement X) )
Des bises à tous, et à la semaine prochaine !
Nauss
