Hello tout le monde !
Au menu de ce 24ème chapitre, les retrouvailles entre Harry et Ginny, mais aussi le cas Severus Rogue révélé à Harry !
Bonne lecture,
Chalini
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Chapitre 24
Entre amour et haine
Le vent frais de la nuit lui fit un bien fou et il fit quelques pas autour de la maison. Un bruit d'eau attira son attention et il laissa ses pas le guider jusqu'au petit ruisseau qui coulait non loin du QG de l'ordre. Harry s'assit alors au bord du ruisseau et laissa ses yeux se perdre dans les vaguelettes qui se formaient à la surface de l'eau.
Il était enfin de retour au présent, dans le temps qui lui appartenait, le temps dont il était issu, ce temps qu'il devrait bientôt illuminer par sa victoire ou laisser dans les ténèbres par sa défaite. Il avait quitté ses parents, son parrain pour retrouver son monde, celui où vivaient ses deux meilleurs amis et celle qu'il n'avait jamais oubliée. Il savait que ce voyage dans le passé lui avait été bénéfique, car il se sentait beaucoup plus serein, à présent. Le poids qui avait logé dans sa poitrine depuis la mort de Dumbledore s'était bien allégé et il avait perdu cet air mélancolique qu'il n'avait pas quitté pendant des mois.
Il ne tressaillit pas lorsqu'une petite main douce se posa sur son bras. Il la connaissait bien pour l'avoir tant de fois serré dans la sienne. Il sentit que la propriétaire de la main s'asseyait à côté de lui. Il ne la regarda pas tout de suite, savourant le plaisir de sentir sa chaleur près de lui. Son cœur faillit exploser lorsqu'elle posa sa tête sur son épaule. Il respira alors le parfum à l'odeur de fleurs qu'il aimait tant et qui allait si bien à la jeune fille.
- Ne me repousse pas, Harry, murmura-t-elle. Je t'en prie. Je sais que tu as préféré qu'on se sépare pour me protéger, mais qui mieux que toi, Harry, sait que nous sommes en guerre ? Nous sommes tous menacés. Face à l'adversité, nous devons tous lutter. Toutes les bonnes volontés ne doivent pas rester dans l'ombre. Elles doivent se mobiliser. Tu sais, pendant ton absence, nous nous sommes entraînés. Les membres de l'A.D. se sont retrouvés chaque semaine et nous avons élaboré un programme d'entraînement. Certes, c'était bien mieux quand c'était toi qui nous dirigeais, mais bon... on a fait avec... ou plutôt sans toi.
Harry, qui n'avait toujours pas bougé, finit par tourner la tête
et plongea son regard dans les prunelles de la belle rousse qui souriait de toutes ses dents. Quel bonheur de la revoir ! Quel bonheur de la sentir près de lui !
- Nous nous sommes entraînés sans relâche et le jour où tu devras l'affronter, nous serons là. Nous lutterons, nous aussi, contre les mangemorts, car nous ne voulons pas vivre dans un monde où les forces du mal régneraient en maître. Nous rêvons d'un monde libre où tous les hommes pourront vivre ensemble en harmonie, où toutes les créatures seraient respectées à leur juste valeur. Je pense que tu as compris ce que je veux te dire par là. Ma décision est prise : que nous soyons ensemble ou pas, j'irai me battre et rien ne pourra m'en empêcher.
A son ton sans réplique, Harry savait très bien qu'il était totalement inutile de tenter de lui faire changer d'avis. Ginny était une jeune femme déterminée, qui allait au bout de ses idées et il l'aimait pour ça. Son cœur se serra en l'imaginant face à des mangemorts, avides de morts et de destruction, mais d'un autre côté, il comprenait son désir d'apporter une pierre à l'édifice de la paix qu'ils rêvaient tous de construire. Son cœur se gonfla de joie : non, bien sûr que non, il ne la repousserait pas, cette fois-ci ! Il avait bien trop souffert loin d'elle !
Ne pouvant plus résister davantage, Harry la prit dans ses bras – ça faisait si longtemps ! - et l'embrassa passionnément. Elle répondit à son baiser comme si sa vie en dépendait, nouant ses bras autour de son cou et se blottissant un peu plus contre son torse. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes en silence, savourant le bonheur de leurs retrouvailles. Puis Ginny finit par rompre le silence :
- Tu n'imagines même pas à quel point tu m'as manqué, alors que tu étais parti dans le passé à la poursuite de tes racines! Mais je sais aujourd'hui que cette étape était obligatoire dans le parcours semé d'embûches qu'est ta vie. Je n'ai qu'à te regarder pour le comprendre. Il y a des mois que je n'ai pas vu ton visage si serein, tes traits si détendus.
- Toi aussi, tu m'as manqué ! Mais il est vrai que j'avais besoin de traverser le temps, de me nourrir de l'énergie de mes parents et de mon parrain, de les côtoyer pour me reconstruire.
Le sourire que lui adressa alors la jeune fille fut le plus beau cadeau de retour qu'on aurait pu lui faire. Tout en la regardant, il se disait qu'il ne se lasserait jamais de contempler le visage si rayonnant de Ginny.
La température était clémente pour la saison et le velours de la nuit tiède de ce début mars enveloppa les amoureux enlacés, sous le regard complice des étoiles qui scintillaient dans un ciel sans nuage.
- Dites, les amoureux, c'est bien joli, tout ça, mais Ginny, on ne t'avait pas dit d'accaparer Harry. Je crois que tu n'es pas la seule à vouloir le retrouver.
Hermione était debout sur le pas de la porte. Le sourire qu'elle arborait contrastait avec son ton faussement sévère.
- Oups ! murmura Ginny en se détachant à contrecœur d'Harry, je crois que je les avais un peu oubliés.
Harry éclata de rire, se leva et tendit sa main à Ginny pour l'aider à se lever à son tour. Il fit quelques pas vers la maison, mais fut vite arrêté par deux tornades qui se jetèrent sur lui en même temps. Les larmes aux yeux, Hermione et Molly le serraient tant qu'Harry crut qu'il allait étouffer. Pourtant, toute cette manifestation d'amour lui allait droit au cœur.
- Harry, mon chéri, s'exclama Molly. Enfin de retour ! Je dois dire que tu te portes bien mieux qu'avant ton départ.
Ron, qui affichait un immense sourire, fut bien plus modéré qu'Hermione et sa mère et donna une grande tape sur l'épaule de son meilleur ami.
- Bienvenue parmi nous, mon vieux !
Harry retourna dans la maison entouré de ceux qui l'avaient rejoint à l'extérieur. Tous bavardaient gaiement. Au quartier général, il retrouva la directrice et Hagrid et remarqua que Tonks et Arthur Weasley étaient aussi présents. Harry observa tous ces visages qui lui souriaient et sentit son cœur se gonfler de joie. Malgré tout, il était très heureux d'être de retour dans son époque. La vie avec les maraudeurs avait été fantastique, mais retrouver les gens qu'il connaissait, avec qui il avait un passé et des soucis communs lui faisait chaud au cœur. Il savait qu'il pourrait enfin à nouveau se confier et que Ginny, Ron et Hermione seraient là pour l'écouter. Le tendre regard de Ginny qui ne le quittait pas réchauffait son cœur et le regard brillant de ses deux meilleurs amis témoignait de la force indestructible de leur amitié.
Une fois que tout le monde eut chaleureusement salué Harry, la directrice ouvrit la séance.
- Tout d'abord, Potter, comme vous le savez déjà, votre hypothèse, ainsi que la fameuse légende, se sont révélées être fondées à notre plus grande surprise. Le bracelet de Serdaigle, que le seigneur des ténèbres est vraisemblablement parvenu à acquérir, a été retrouvé dans la tombe de ses grands-parents.
- Il ne faut donc jamais sous-estimer les légendes, remarqua Arthur.
- En effet, approuva la directrice.
- Est-ce que Binns vous a-t-il parlé de cette légende ? demanda Harry en se tournant vers Ron et Hermione.
- Non. A aucun moment ! répondit la préfète.
Harry faillit répondre que même si le ton ne changeait jamais, le thème des cours du professeur semblait finalement se modifier au cours des années. Mais il préféra s'abstenir et demanda donc plutôt à la cantonade :
- Je me demandais... qui est-ce qui l'a découverte ?
Toute une colonie d'anges fut alors de sortie, car personne n'ouvrit la bouche pendant un certain temps.
- Lupin et... commença Hermione.
Une fois de plus, Harry ressentit cette impression de malaise qu'il avait déjà connu un peu plus tôt et il était bien décidé à avoir des explications. Sous la table, la main de Ginny chercha la sienne et la serra très fort comme pour lui donner du courage.
- Harry, il va falloir te montrer raisonnable, commença Lupin, même si je sais qu'il est presque impensable que tu ne le sois après une telle révélation.
- Il s'agit de l'espion ? demanda Harry.
- Oui, répondit Ron. Je sais que ça va te paraître aberrant, Harry. Je sais que tu seras en colère... Nous aussi, quand on l'a appris…
- De qui s'agit-il ? s'énerva Harry, alors que la main de Ginny augmentait sa pression.
- De Severus Rogue, termina Hermione dans un murmure.
- Pardon ?
Cette réponse fut tellement improbable que Harry crut avoir mal compris. Il parcourut l'assemblée du regard, mais personne ne niait l'affirmation d'Hermione. Chacun le fixait, inquiet.
- Tu as très bien entendu, Harry. Il s'agit de Severus Rogue.
Sous l'effet de la colère qui d'un seul coup se mit à bouillir dans ses veines, Harry se leva, s'arrachant violemment à la douce emprise de Ginny.
- Harry, je t'en prie, essaya de l'apaiser cette dernière.
Mais Harry ne l'écoutait pas. Harry n'écoutait plus. Ses oreilles bourdonnaient douloureusement et toute la rage, le dégoût, la haine qu'il ressentait à l'égard du maître de potions l'assaillirent comme une vague maléfique, se répandant dans tout son corps, faisant trembler de façon incontrôlée chacun de ses membres.
- Comment ? hurla-t-il. Comment pouvez-vous vous montrer aussi naïfs ? Comment est-ce que cette pourriture a-t-elle pu bous berner à ce point ? Et en plus, tous autant que vous êtes ?
Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre ! Je n'arrive pas y croire ! Comment est-ce que cet être abject s'est-il pris pour tous vous faire tomber dans son misérable piège ? Rogue n'est pas un courageux espion, qui risquerait sa vie pour l'ordre !
Harry tremblait des pieds à la tête et le volume de sa voix ne faisait que s'amplifier au fil de sa diatribe, atteignant des décibels dignes de son arrivée à Square Grimmaurd lors de sa cinquième année.
- Vous ne l'avez pas vu, vous ! Vous ne l'avez pas vu débouler tout en haut de la tour d'astronomie parmi les mangemorts. Vous n'avez pas lu la haine sur son visage quand ses yeux sont tombés sur Dumbledore. Vous ne l'avez pas entendu prononcer ces paroles sordides qui enlèvent la vie à jamais. Non, vous n'avez rien vu ! Rien ! Mais qui êtes-vous pour lui faire encore confiance ? Etes-vous tous devenus complètement cinglés ? Ca doit être ça. Vous êtes tous fous !
Puis il tourna les talons et disparut dans la nuit.
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Ce n'est pas si facile de revenir au présent, vous ne trouvez pas ? Surtout quand ce présent nous réserve de telles surprises !
Le prochain chapitre s'appelle « discussion houleuse ». Au programme, une petite mise au point Harry/Rogue !
A samedi !
