Chapitre 25
Harry se coucha, ses yeux se fermèrent malgré lui et il s'endormit pendant que l'elfe longeait les couloirs de Poudlard.
Rokiho ne rejoignit pas Remus, il passa d'abord par l'appartement de préfet en chef de Draco. Il tapa un coup bref à la porte et attendit que le blond vienne lui ouvrir.
-Je sais qu'il est tard, Draco, excuse-moi mais je dois voir Ghanos.
-Entre, je vais lui dire que tu es là.
-Je suis déjà là, dit le vampire en enfilant sa chemise à la hâte. Tu as besoin de moi, Rokiho ?
-Oui, maintenant, j'ai une personne à voir et j'ai besoin de ton aide.
-Donne-moi une minute, demanda le vampire en se tournant vers son compagnon. Draco, amour, où j'ai mis ma baguette ?
D'un accio le jeune homme blond fit venir à lui la baguette de son amant et la lui tendit tout en déposant un baiser sur ses lèvres. Ghanos voulut l'approfondir mais Draco en rigolant le poussa vers la sortie.
-Ne faites pas de bêtises vous deux, leur cria le fils de Lucius en les regardant partir.
-Nous, jamais, répondirent en chœur les deux hommes.
-Alors, s'enquit Ghanos, que ce passe-t-il ?
-Quelqu'un a besoin d'une bonne leçon et j'ai pensé que tu aimerais te joindre à moi.
-Avec plaisir tu le sais, comment va Harry ?
-En pleine confusion, tu sauras quand tu le verras, tes sens de vampire te le diront.
Rokiho et Ghanos arrivèrent à la porte des cachots du maître des potions et d'un claquement se retrouvèrent à l'intérieur. Le spectacle qu'ils virent les laissa pantois. Severus à moitié dénudé embrassait avidement un jeune homme complètement nu, celui-ci sursauta à leur vue, et le professeur de potions intrigué se retourna vivement. Pas besoin de mots pour savoir pourquoi les deux amis de Potter étaient venus. Il avait compris.
-Rhabilles-toi et file, dépêches-toi, cracha le vampire vers le jeune homme.
Pour faire plus de poids Ghanos lui montra ses canines et le jeune homme affolé sortit de la pièce pas tout à fait habillé. Rokiho lança un sort de silence et un autre sur la porte pour la verrouiller, pendant ce temps Severus enfila sa chemise tranquillement sans paniquer.
-Il vous a envoyé faire le travail à sa place ? Il ne supporte pas qu'on le quitte, les nargua d'une voix basse le maître des potions. Saint-Potter veut se venger, vous êtes tous à ses pieds et…...
Les petites phrases courtes énervèrent le vampire qui se jeta sur l'homme et lui asséna un coup de poing dans la figure. Le nez éclata. Un autre coup au ventre coupa le souffle du plus âgé qui réussit à tenir debout malgré la force des coups portés.
-Qui vous permet de le juger ? Que savez-vous de son enfance ? Est-ce que vous lui avez demandé d'où viennent toutes les cicatrices qu'il a sur le corps ?
-Il n'en a pas, je n'en ai jamais vu, avoua Severus.
-Bien sûr il les cache ! hurla Rokiho en frappant l'homme à son tour.
Celui-ci sous l'impact tomba cette fois à terre et se releva.
-Ses moldus l'ont battu, torturé, brisé, affamé. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi il est plus petit que les autres ? pourquoi il avait l'air de souffrir en permanence quand il revenait des vacances avec des côtes brisées ou des hématomes plein le corps ? Il fallait aussi qu'il se réhabitue à la nourriture, ce qui le rendait souvent malade. Et toi tu arrives et tu le rabaisses encore un peu plus. Mais putain il t'aime ! Il veut juste un peu de tendresse et d'amour ce qu'il n'a jamais eu dans sa vie.
Ghanos dans sa rage frappa l'homme plusieurs fois de suite, celui-ci tomba sur ses genoux et ne bougea pas. Rokiho s'approcha de lui et regarda le sang couler sur le visage de l'homme.
-Ecoute-moi bien, si tu croises Harry, pas de paroles blessantes. Si tu croises Harry, pas de regards menaçants. Si tu croises Harry, pas de rictus méprisants.
-Vous ne me faites pas peur tous les deux !
-Tu devrais te taire, dit Ghanos, renseignes-toi pour savoir ce qu'il est advenu de ses moldus qui ont osés lui faire du mal.
Severus regarda le vampire et sut qu'il disait vrai.
-Partons d'ici, souffla Rokiho. Oh, encore une chose, Severus, je ne veux pas que Harry tombe sur un spectacle comme celui que nous avons vu en entrant, évite ça et si tu es en manque utilise ta main ou va en ville, les prostitués mâles ne manque pas.
Les deux hommes sortirent des cachots, soulagés, mais s'en prendre à Severus ne les avait pas particulièrement fait sauter de joie.
-Tu as remarqué, Ghanos ?
-Oui j'ai vu, il ne s'est pas défendu, c'est pour ça que j'ai retenu mes coups.
-Eh bien je n'ose imaginer si tu ne les avais pas retenus.
-Tu crois qu'il a compris ?
-Il a compris depuis longtemps, Ghanos. Severus est un homme qui souffre depuis toujours et il pense qu'on ne peut pas l'aimer pour lui même, je pense aussi qu'il a peur de perdre Harry comme il a perdu Adam.
-J'aimerais voir Harry maintenant.
- Allons-y, de toute façon j'allais y passer pour voir si tout va bien, normalement il devrait dormir.
Les deux hommes transplanèrent directement dans la chambre du Gryffondor. Harry qui ne pouvait fermer l'œil tournait en rond dans sa chambre. Il sursauta quand ses deux amis firent irruption devant lui.
-Nous venons voir si tu vas bien, apparemment tu n'arrives pas à dormir, veux-tu une potion de sommeil sans rêve ?
-Non ça ira, merci quand même.
Ghanos regarda Harry, les yeux ronds.
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda le jeune brun.
-Mais tu es… commença le vampire.
-Fatigué, à plat, blessé, enceint, souffla Harry.
-Oui c'est ça, je cherchais le mot, rigola Ghanos et il est de….
-De Severus, oui, et finis tes phrases, Ghanos, s'il te plaît.
-C'est-à-dire que c'est surprenant, enfin pas tant que ça puisque les sorciers peuvent avoir des enfants, je pensais que tu aurais fait attention justement.
-Je ne savais pas que les sorciers pouvaient tomber enceint moi.
-Toi non ! Mais lui le savait !
-On n'en a jamais parlé, quand on se voyait c'était pour s'envoyer en l'air et une fois qu'il avait fini il s'endormait. Il avait raison quand il disait que j'étais une pute, finalement je n'étais là que pour ça !
-Harry, s'offusqua le vampire, ce n'est pas vrai. Et si cet homme crois-ça c'est qu'il est fou, de toute façon je crois qu'il nie ses sentiments, demain soir mets-toi sur ton trente-et-un, nous allons t'emmener dans une boîte gay à Londres, tu vas en faire des ravages ! Bourreau des cœurs !
-D'accord, Ghanos, et puis de toute façon ça me changera les idées.
-Je vais demander à Remus de te tenir compagnie, proposa Rokiho, tu vas voir il va être super heureux, tu devrais lui dire pour le bébé, il tiendra sa langue il a bien trop peur de te perdre.
-Mouais, dis-lui de venir. Et tu as raison je vais lui dire. Oh ! ajouta Harry en voyant les rougeurs sur les doigts de ses amis, vous vous êtes blessés aux mains ! allez voir madame Pomfrech.
-Non non ça ira, salut Harry !
-Oui à demain, ajouta le vampire.
Les deux hommes se dépêchèrent de transplaner avant que les questions n'arrivent. Un quart d'heure plus tard Remus tapa à la porte du Gryffondor, Harry lui ouvrit d'un geste de la main, il n'avait pas envie de se lever de son fauteuil, il était bien là devant la cheminée.
-Viens près de moi, Rem, assieds-toi, tu veux une bièraubeurre ? Je n'ai pas de whisky désolé pourtant j'en boirais bien un verre, même deux !
-Moi j'en ai, si tu veux je peux aller en chercher.
-Non pas la peine, de toute façon je ne peux pas en boire.
-Oui je sais !
-Rokiho t'a parlé ?
-Non, mais ton odeur a changée, je dirais depuis un mois et demi deux mois, que vas-tu faire ?
-Qu'est-ce que tu crois que je vais faire, le garder bien sûr !
-Je suppose que Severus n'est pas au courant ?
-Non il ne l'est pas et ne le sera pas.
-Je ne dirais rien tu peux être tranquille, lui assura le lycan. Alors il paraît que demain soir nous sortons tous les cinq à Londres ?
-Oui, ça nous fera du bien de sortir un peu de cet endroit.
-Tu dois t'allonger, Harry, et essaye de dormir, je reste près de toi. Je vais juste transformer ce fauteuil en lit confortable.
Le jeune homme sourit et se leva pour aller se coucher dans sa chambre, avant il serra son ami dans ses bras.
-Tout se passera bien, Harry, nous sommes là, un jour où l'autre Severus ouvrira les yeux.
-Et ce jour-là il sera trop tard, Remus !
-Peut-être, mais laisse lui une chance.
-Pas aujourd'hui, pas maintenant, je dois d'abord remettre de l'ordre dans mes idées, il m'a fait trop de mal.
Dans le même temps dans les cachots, un homme sous la douche se lavait avec difficulté. Son visage tuméfié et ses côtes douloureuses le faisait siffler de souffrance. Il enfila un peignoir et s'allongea sur son lit après avoir pris une potion antidouleur. Il avait dû se passer quelque chose pour qu'ils viennent tous les deux lui remettre les idées en place, pensa l'homme. Mais quoi ?
Harry lui manquait, son corps lui manquait, sa fraîcheur sa confiance et par-dessus tout son amour lui manquait aussi.
Mais tant qu'il n'avait pas fait le deuil d'Adam il ne pouvait pas l'aimer. Il faudra qu'il demande à Remus de l'aider, comment oublier quelqu'un comme Adam ? comment oublier toutes ces années de bonheur entre ses bras, ses rires ses baisers ? Il devait pourtant le faire car il faisait souffrir une autre personne et ça ne pouvait plus continuer ainsi. Demain, oui demain il parlera à Remus.
Rokiho partit à la cabane dans la forêt interdite. Il devait passer prendre ses affaires et transplaner à Londres où il devait rencontrer son espion. Il savait que sa couverture avait été découverte par Voldemort, heureusement qu'il avait un allié dans la place et cela l'arrangeait bien.
Remus était occupé avec Harry ainsi il ne se fera pas de souci. L'elfe entra dans la maisonnette et entendit du bruit provenir de la chambre de Ghanos. Les sons étouffés et les gémissements ne laissèrent aucune place à l'imagination. Draco et son vampire passaient une soirée très chaude et n'avaient pas voulu rester au château pour ça. Rokiho se dépêcha de ramasser ce dont il avait besoin et s'apprêtait à partir quand une ombre lui barra le passage.
-Tu pars à Londres ? lui demanda le vampire à moitié dénudé, encore.
-Oui, j'ai besoin de renseignements pour la prochaine mission de Harry, c'est en sachant ce qu'il l'attend qu'il peut se préparer au mieux.
-Rokiho….. ne te laisse pas avoir par Jack !
-Tu sais bien ce qu'il en est.
Ghanos se tenait à l'entrée de la porte et allait répliquer vertement à son ami quand il sentit deux mains glisser sur son torse et un corps se presser contre le sien.
-Draco a besoin de toi, mon ami !
Rokiho ramassa son sac et ouvrit la porte, avant de partir il se retourna et regarda les deux hommes. Ceux-ci s'embrassaient amoureusement serrés l'un contre l'autre. Là d'un seul coup l'elfe eut une pensée amoureuse pour son loup.
-Pas dans mon lit ! cria l'homme avant de refermer la porte sur les deux exhibitionnistes.
Ghanos se retourna vers Draco en souriant, celui-ci ne portait qu'un pantalon enfilé à la hâte. Le vampire serra le blond contre lui et lui mordilla le cou, faisant naître des frissons d'extases sur la peau de son jeune amant.
Ses canines s'allongèrent mais ne le mordirent pas. Draco n'était pas encore son calice, pourtant en sentant les dents de Ghanos sur son cou le blond eut une brusque flambée de désir. Son pantalon devint de plus en plus étroit, le vampire s'en rendit compte et passa sa main sur la bosse douloureuse. Draco se tordit et entreprit de déboutonner son propre pantalon. Il voulait sortir son érection qui demandait l'attention de Ghanos.
Le prince les déshabilla tous les deux puis attrapa son amant par les fesses et le plaqua contre le mur. Leurs bouches ne se quittaient pas, leurs langues se caressaient indécemment et c'était merveilleux de sensation.
Draco glissa et s'empala sur le sexe de Ghanos. La douleur mélangé au plaisir fut intense. Il faut dire que le vampire avait un membre très conséquent. Le prince, d'un geste de hanche, le pénétra entièrement, le blond se crispa et ne bougea plus. Son amant l'embrassa sur le corps et lui mordilla les tétons, le plaisir revint en force, plus ravageur que jamais.
Ghanos entama un va-et-vient très puissant, le blond rejeta la tête en arrière. C'était si…parfait, si torride, si fort, si sauvage. Les coups de hanches s'enchaînaient, plus vite, plus fort, plus profond. Dans un cri les deux hommes se libérèrent ensemble. Draco sentit la semence de Ghanos l'envahir, c'était si bon.
Qui a dit que l'amour entre deux hommes était sans plaisir ?
Ghanos reprit son souffle tout en tenant son amant dans ses bras.
-Et si on continuait dans mon lit, amour, la nuit n'est pas finie.
le blond acquiesça en rigolant.
