Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.
Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.
Personnages : 1, 2, 3, 4, 5 et d'autres encore.
Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts.
J'espère que vous apprécierez
Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.
Bonne lecture aux courageux qui persistent
Hahn tah Yhel
La part des ombres
Chapitre 25) Nuit d'angoisse
AC 200
Trowa qui avait dévêtu, soigné et couché Duo avant de s'approcher discrètement de la chambre d'Heero afin de parer à tout geste malheureux de Quatre, se détendit et retourna auprès de Duo.
Quoi que réponde Quatre la situation s'était nettement améliorée et cela le soulageait d'un grand poids.
Il n'avait pas trop apprécié de devoir espionner ainsi les deux autres, mais l'attitude de Quatre depuis quelques temps ne lui avait laissé aucun autre choix.
Ce fut plus tranquille qu'il rejoignit Duo.
Ce dernier était toujours inconscient et sa fièvre était assez élevée, mais avec la tempête qui sévissait au dehors et faisait grincer les portes et les fenêtres pourtant scellées par le natté, nul appareil ne saurait les atteindre sans risques et Trowa savait par expérience que peu de gens prendraient un tel risque pour des exilés volontaires.
Aucun secours donc à attendre du dehors.
Ils allaient devoir se débrouiller seuls tous les quatre.
Ce ne serait pas la première fois après tout.
Il entreprit de démêler les cheveux de Duo, guettant le moindre bruit en provenance de la chambre voisine.
Quatre regardait Heero, peinant à croire d'avoir bien entendu.
Heero avait il vraiment fait un tel aveu ?
Le regard bleu lui prouva rapidement qu'il avait effectivement parfaitement entendu.
Heero avait bien avoué avoir besoin d'eux, de lui.
- Je suis là Heero. Répondit il.
Trowa entra dans la chambre à cet instant précis, lassé d'attendre il s'était résolu à les rejoindre.
Voir Heero trempé et toujours sanglé dans son fauteuil sembla le mettre en colère.
- Mais ce n'est pas possible ! Tu n'as même pas été capable de le sortir de son fauteuil ! S'indigna t'il en s'avançant.
Quatre se redressa vivement en rougissant.
Trowa l'ignora, pressé de défaire les sangles et de sortir Heero du fauteuil.
- Il fallait m'appeler si son poids était trop à porter pour toi. Continua t'il tout en œuvrant.
Quatre se raidit, piqué au vif et l'écarta sans ménagement.
Glissant ses mains sous le corps immobile et glacé du brun il le souleva et le cala contre lui.
Il s'était attendu à peiner un peu et à devoir le cacher, mais Heero était loin d'avoir repris tous les kilos perdus pendant son emprisonnement et les tortures.
Quatre le sentit peser entre ses bras, mais pas autant qu'il l'aurait du.
Cette constatation amena de nouvelles larmes aux yeux de Quatre, il porta avec précaution Heero jusqu'à la douche et entreprit de le dévêtir pour le laver.
Le corps meurtri, couvert de cicatrices lui apparu à nouveau, témoin silencieux de la cruauté dont pouvait faire preuve la race humaine.
Quatre le lava et le sécha, osant à peine le toucher.
Comment Heero avait il pu survivre à de telles souffrances, à la façon dont il l'avait traité et avait poussé les autres à le traiter aussi et lui pardonner malgré tout?
Une fois encore Heero le prit par surprise, semblant deviner le cours de ses pensées.
- Duo ne t'en veut pas, moi non plus.
Quatre en resta muet de surprise.
Il n'eut pas le temps de s'éterniser sur la question, alors qu'il portait Heero vers le lit un violent fracas se fit entendre au dehors et ils se retrouvèrent plongés dans le noir.
Quatre se figea, interloqué.
Que se passait il ?
Il entendit Trowa jurer entre ses dents.
Chercher la porte à tâtons et ressortir.
N'osant pas continuer dans la plus totale obscurité qui régnait à présent Quatre serait sans doute resté immobile si la voix calme d'Heero ne s'était pas faite entendre.
- Il ne reste que cinq pas Quatre, et tu pourras me poser.
Se fiant à ces indications Quatre avança lentement, comptant avec soin, au cinquième pas il sentit effectivement le lit contre ses jambes et y déposait Heero avec précaution au moment où Trowa revenait avec une lampe torche.
Son compagnon avait le visage crispé par la contrariété.
- Que se passe t'il ? Questionna Quatre.
- Je ne suis pas allé voir, mais je dirai que la tempête vient de détruire l'abri du générateur. Répondit Trowa.
Quatre réprima une grimace, il aurait cru que l'abri en question était prévu pour résister à ce genre d'intempéries, la révélation ne lui plaisait donc vraiment pas.
Il allait devoir sérieusement envisager des travaux bien plus conséquents pour assurer la sécurité de son futur complexe de vacances. Si tant était qu'il parvienne à faire quelque chose du lieu.
Pour le moment, sentant de l'eau autour de ses chevilles, il se demandait avant tout s'ils allaient survivre à la tempête.
Baissant les yeux pour s'assurer de la réalité de ses perceptions, il constata avec amertume qu'il ne rêvait définitivement pas, il avait de l'eau jusqu'aux chevilles.
Il tourna les yeux vers Trowa.
Ce dernier lui tendit la lampe.
- Éclaire moi, nous allons nous regrouper dans une autre chambre.
Quatre le suivit, faisant ce qu'il disait, tandis que Trowa portait Heero le long d'un couloir en pente en direction des chambres situées plus en hauteur.
Une fois le brun au sec Trowa fit signe à Quatre de le suivre afin de récupérer Duo toujours inconscient dans la chambre voisine de celle qu'ils venaient de quitter.
Le temps d'y parvenir ils avaient de l'eau jusqu'aux genoux.
Duo n'avait pas repris connaissance et ne s'éveilla pas lorsque Trowa entreprit de le soulever pour l'emporter.
- Regarde si tu peux sauver quelques affaires. Ordonna t'il à Quatre.
Ce dernier fit un tour complet sur lui même, avisa deux grands sacs posés sur un meuble et que l'eau n'avait pas encore atteints, les prit dans une main, gardant la torche dans l'autre puis suivit Trowa afin de retourner dans un endroit plus agréable.
Un instant plus tard ils étaient tous quatre en sécurité, mais Quatre se demandait pour combien de temps.
Trowa fixa la lampe torche de manière à les éclairer au mieux et fouillant dans les sacs ramenés par Quatre il en sortit des habits secs.
- Changeons nous. Dit il.
Quatre le regarda comme s'il avait perdu l'esprit mais ne discuta pas.
Il se changea, passant des habits qui devaient appartenir à Duo.
Trowa en fit autant.
Les habits de Duo étaient quelque peu petits pour un homme de sa taille et Quatre aurait souri en le voyant ainsi accoutré s'ils n'avaient pas été dans une situation aussi délicate.
Trowa qui espérait ce sourire et ne l'avait pas obtenu se rapprocha.
- Qu'est ce qui ne va pas Quatre ? Demanda t'il.
Sur son lit Heero se tenait coi, les yeux clos, faisant son possible pour sembler endormi.
Mais Quatre n'était pas dupe et regarda vers lui.
- Nous ne sommes pas seuls.
Trowa alluma une seconde lampe torche, qu'il avait gardé en cas de problème avec la première et l'entraîna plus loin.
- Crie pour nous prévenir si quelque chose ne va pas. Lança t'il à Heero avant de sortir.
Il n'attendait pas de réponse et Heero ne prit pas la peine de lui en fournir.
Une fois dans l'autre chambre Trowa attira Quatre entre ses bras.
Cela faisait un moment qu'ils étaient séparés et il avait besoin de le sentir contre lui.
Simplement de le sentir contre lui.
Quatre ne résista pas à son étreinte, lui aussi en avait besoin.
C'était bon de sentir que Trowa pouvait lui pardonner.
Qu'il ne lui en voulait pas trop.
Un craquement sonore les sépara.
- Qu'est ce que c'était ? demanda Quatre nerveusement.
- Je vais voir. Soupira Trowa.
Désireux de garder des habits secs, même trop petits, il se dévêtit jusqu'à la taille et entreprit de descendre la pente douce afin d'inspecter la part inondée.
Il revint au bout d'un moment, ramenant quelques affaires récupérées au passage.
- Alors ? Demanda Quatre qui n'avait cessé de faire les cent pas depuis son départ.
- Juste une porte qui a cédé sous les assauts du vent. Je l'ai refermée comme j'ai pu. Affirma Trowa.
Il se sécha avec vigueur et attira Quatre contre lui.
- Ne t'en fais pas, je suis certain que nous allons nous en sortir.
- Et Duo ?
- Duo aussi, ce ne sont pas un peu de fièvre et une cheville brisée qui vont le tuer, il en a vu d'autre.
- Il a une cheville brisée !
- Oui, il a pris un arbre dessus, cela n'a rien d'étonnant, il aurait pu être plus gravement blessé.
- C'est de ma faute.
- Quatre...
- Je sais que c'est de ma faute ! C'est moi qui leur ai proposé de venir ici !
Trowa le fixa droit dans les yeux.
- Et la tempête aussi c'est de ta faute ? Tu as conscience que tes propos n'ont aucun sens ?
Quatre s'empourpra, de gène et de contrariété.
- Je...
- Tu rien du tout ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Mais puisque tu es dans cet état d'esprit, viens, allons les rejoindre, nous serons mieux tous les quatre pour affronter le reste de la nuit.
La voix soudain sèche de Trowa secoua Quatre.
Réprimant son envie de protester il le suivit dans le couloir.
Mais il l'obligea rapidement à s'arrêter et à lui faire face.
- Je suis désolé Trowa...
Trowa se tourna vers lui, la lumière de la lampe, lui arrivant en plein visage, lui fit cligner des yeux, ainsi aveuglé il ne parvenait pas à voir le visage de son compagnon, mais il l'entendit soupirer.
- N'en parlons plus, je t'en prie, pas maintenant, pas cette nuit. Déclara ensuite Trowa en se détournant pour poursuivre.
Frappé par la lassitude de sa voix Quatre réalisa que Trowa devait effectivement être bien fatigué après tous ses efforts et se sentit à nouveau bien égoïste.
Il garda donc le silence.
Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre, Trowa éteignit sa lampe désormais inutile et regarda vers ceux qu'ils avaient laissé.
Duo n'avait pas repris connaissance et Heero s'était endormi, la tête tournée vers le natté.
Trowa les couvrit avec soin et se dirigea vers un fauteuil tout proche.
Quatre l'arrêta en posant la main sur son bras et lui désigna un troisième lit au fond de la pièce.
- Va te reposer, je vais monter la garde.
- Es-tu certain ? Demanda Trowa.
- Oui, fais moi confiance.
Trowa hocha la tête et alla s'étendre, il ne tarda pas à plonger dans le sommeil, malgré les bruits de la tempête s'acharnant sur le complexe.
Quatre s'enroula dans une couverture et s'installa dans le fauteuil, se préparant à passer une nuit blanche.
Recroquevillé sur son siège, l'oreille aux aguets, angoissé par les bruits sourds qu'il entendait parfois il ne ferma pas l'œil une seule seconde.
Peu avant l'aube le bruit décrut et cessa peu à peu.
Prenant la torche qu'il avait gardé près de lui et éteinte, qu'il ne rallumait que lorsqu'un bruit plus étrange et angoissant frappait ses oreilles, Quatre se leva et après l'avoir allumée il se dirigea vers la pente pour regarder.
L'eau était montée jusqu'à la moitié de la pente et semblait être en train de redescendre.
Un trait plus sombre sur le ciment indiquait que le niveau avait baissé.
Quatre poussa un profond soupir de soulagement, ils allaient s'en sortir finalement.
A suivre
