Cannibal Romance, Chapitre 25

"Mensonge et réalité"


Ils se fixaient l'un et l'autre depuis déjà quelques minutes. Malfoy ne cessait de se demander ce que la petite Weasley, rouge de colère pouvait bien lui vouloir. Il ne lui avait pourtant jamais adressé la parole, ou alors il ne s'en souvenait pas et préférait ne pas s'en souvenir.

Elle était là, plantée comme un piquet et ne semblait pas vouloir partir de si tôt. Étrangement, il ressentait quelque chose d'étrange en la regardant. Il avait peur, il sentait son estomac se tordre dans tous les sens. Il refusait de se retourner, de peur qu'elle ne l'attrape par-derrière pour lui faire boire un sérum de vérité. Un sérum de vérité ? Mais d'où pouvait lui venir cette idée soudaine et stupide ? En tout cas, au vu de son regard enflammé malgré ses yeux verts, il savait qu'elle allait tenter quelque chose de peu Merlinien contre lui. Il ne savait pas d'où cette certitude survenait, ni d'où cette soudaine peur de se trouver face à elle pouvait naître, mais la patience de Ginny commença à atteindre ses limites et elle se décida enfin à parler.

- Je n'ai pas envie d'y aller par quatre chemins. Pas le temps. Donc, elle ouvrit son sac et en sortit la fiole. Tu sais ce que tu as vécu ces derniers mois ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? Ses mains commencèrent à trembler, il ne comprenait pas.
- Alors, je vais te mâcher le travail. Ginny restait étrangement calme. Si je dis Hermione ?
- De...Granger ? C'est quoi ce délire ? Il réfléchit un instant et les étranges comportements des élèves et de Granger lui revinrent en tête. Qu'est ce que vous avez tous avec elle, à la protéger quand je suis dans le coin ? Vous me regardez comme un monstre ! Je lui ai fait quoi à la fin ? Je ne lui ai jamais adressé la parole et...merde je sors avec Pansy !
- Tu lui as brisé le coeur. Répondit simplement Ginny dont le regard noir et emplit de tristesse et de haine frappa le jeune homme. Tu l'as jetée par terre, tu l'as écrasé, comme on piétine l'herbe dégueulasse sur le sol après la pluie.

Il aurait donné n'importe quoi pour dire le contraire, mais étrangement, il en était incapable. Son cerveau lui disait que tout était vrai, son coeur battant, brûlant au nom d'Hermione semblait l'inciter à la croire, pourtant il ne s'en souvenait pas. Il ne savait pas pourquoi et il voulait comprendre, sans toutefois vraiment le vouloir, car tout pouvait être mensonge, surtout sortant de la bouche d'une Weasley.

- Pourquoi je devrais te croire hein ?
- Hum...je sais pas mais bon, tu dois te poser des questions non ? Tu ne te demandes pas pourquoi...
- Ferme là ! Tu es une Weasley, une bonne à rien ! Et quant à Granger n'en parlons pas.

Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie des toilettes, mais ce comportement réveilla la colère dormante de Ginny. Elle sortit sa baguette et la dirigea vers Malfoy qui ne vit rien.

- Tu vas voir si tu t'en fous. Ragea intérieurement la jeune Gryffondor. Impero.

Malfoy cessa de bouger et se tourna vers Ginny. La Gryffondor culpabilisa quelques secondes, elle venait d'utiliser un sortilège interdit et en plus sur lui. Bon, il ne le saurait pas et quand il le saurait, il allait certainement tenter de la tuer, mais au point où elle en était, elle n'était plus à ça près.

- Bon chienchien. Aller viens avec moi. Elle attrapa le bras de Malfoy, elle le traîna avec elle. Peeve's ! que personne ne nous voit !
- Bien !

L'esprit frappeur s'exécuta sur ordre de Ginny, qui était la seule qu'il écoutait sans rien dire, car elle ne lui demandait que de détruire le plus possible d'objets pour attirer l'attention ailleurs, au plus grand bonheur de Peeve's et pour le plus grand malheur de Rusard et Rogue. Peeve's commença donc à sillonner les couloirs du château jusqu'à la salle sur demande. Il hurlait, riait, se cachait dans les armures, jetait de l'encre sur les élèves, de l'eau sur le sol, afin que ceux-ci ne voient pas Malfoy se faire malmener par Ginny. Mais surtout, personne ne devait voir Ginny et Malfoy, car cela pouvait être dangereux.

Ce n'était pas aussi facile qu'elle ne l'avait pensé. Malfoy était vraiment fermé à toute conversation avec d'autres que ceux de sa maison depuis que Rogue avait fait le ménage dans sa mémoire. On lui avait lavé correctement le cerveau, de manière à ce qu'il ne parle plus à personne sauf aux Serpentards. Il ne restait qu'avec eux et il était devenu bien trop dur de l'approcher. Il ne fallait donc pas qu'elle tarde, car sa petite Pansy chérie allait finir par hurler son prénom dans le château, tuant des hiboux et rendant sourdes les mandragores.

Pendant ce temps-là. Malfoy se battait contre lui-même. Il voulait fuir, mais son corps écoutait Ginny et se laissait entraîner par celle-ci. Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi s'évertuait-elle à lui dire que quelque chose s'était passé avec Granger. Il ne comprenait pas et ne voulait pas comprendre. Il devait partir loin d'ici, mais il savait très bien que sous l'emprise d'un sortilège, il ne pouvait rien faire. Il réussit néanmoins à s'arrêter. Ginny se tourna vers lui, elle fronça les sourcils, leva une fois de plus sa baguette et dans la tête de Malfoy se fut le noir total.

Quand le jeune se réveilla. Il fut pris par un mal de tête atroce et réussit à s'asseoir. Il était assis sur des coussins très confortables, autour de lui les murs de la salle sur demande étaient couverts de tentures de couleurs chaudes, le sol était jonché de coussins de tailles et de couleurs différentes. Il tourna finalement la tête et vit Ginny assise derrière une petite table basse et le fixait.

- Ah, bah quand même. Elle attrapa une théière. Du thé ?
- Si c'est pour me forcer encore à te balancer la vérité, c'est n...

Ginny arqua un sourcil. Quelques souvenirs semblaient se frayer un chemin en lui et il en était le premier surprit.

- Pourquoi j'ai dit ça ? Il commença alors à s'affoler. Tu...que m'a tu fais ?
- Rien. C'est Rogue et les autres qui ont tout fait. Moi, je ne cherche qu'à tout arranger et c'est franchement galère, je m'en passerai bien.
- Explique-moi alors ! Un jour, je me lève et tout le monde se met à me détester comme jamais. On me regarde de travers, on parle dans mon dos encore plus qu'avant. Granger pleure en me voyant, puis un jour, elle vient plus et toi, tu débarques, tu m'amènes ici pour me dire que, c'est la faute de Rogue et... des autres ?
- Parce que c'est ça. Elle sortit une pensine de sous la table. Décidément, elle est sympa cette salle.
- Tu me veux quoi avec ça ?
- Te faire voir la vérité.

Il ne sut pas pourquoi, mais à cet instant une peur inconnue s'empara de lui. Il se mit à trembler de tout son corps, il ne comprenait pas pourquoi il agissait comme ça, pourquoi il ne partait pas. Il pouvait partir, il était libre de ses gestes pourtant quelque chose en lui, lui disait de rester et de plonger la tête dans cette pensine. Quand il posa ses yeux sur la surface argentée de l'objet son coeur se mit à battre une douce mélodie qu'il avait l'impression de connaître.

Pendant qu'il tentait de dominer sa peur, Ginny priait pour que tout marche comme sur des roulettes. Elle versa les souvenirs dans la pensine. L'argent se teinta de noir et tout fut prêt.

- Je sais que si je te dis tout de but en blanc, tu ne vas pas me croire. Surtout quand je vois le mal que j'ai eu à t'amener ici. Elle lui montra la pensine d'un geste de la main, l'incitant à y plonger. Je ne sais pas falsifier un souvenir.

Il hésita un moment, il ne voulait pas savoir, il ne voulait pas voir sa vie détruite plus qu'elle ne l'était déjà. Il regarda la porte et prit d'un élan de courage qu'il se découvrait, il se mit à courir, il ouvrit la porte et sortit de la salle sur demande. Le silence. Le calme. Il s'adossa à la porte, le souffle court, les larmes aux yeux, les mains tremblantes, il crut devenir fou. En à peine, une heure sa vie semblait basculer. Il ne comprenait rien à ce qu'il se passait, cela aurait dû lui passer au-dessus et le contraire se produisait. Elle ne lui avait presque rien dit et pourtant, il se sentait tellement concerné.

Et puis pourquoi à cet instant ses pensées tournaient autour de Granger ? Il ne comprenait pas mais, au vu de ce que semblait dire Ginny et le comportement des autres, il avait fait quelque chose à Granger et à cette pensée il commença à se voir comme un monstre. Mais pourquoi ? Il savait comment faire, mais s'y refusait. Et pourtant...
Il ne lui fallut que quelques secondes pour rouvrir les portes de la salle. Il entra, la tête basse, Ginny n'avait pas bougé et semblait satisfaite de le voir revenir et surtout, il baissait la tête face à elle. Il vint s'asseoir.

- Si tu le dis à qui que ce soit. Il pointa un doigt colérique, mais tremblant sur elle.
- Si je le dis, je me fais tuer, mais pas par toi crois-moi. Plonge ta tête-là dedans. Finit-elle par ordonner.

Et c'est ce qu'il fit. Son visage frôla la surface argentée de la pensine, il hésita un instant, mais la main de Ginny termina le travail en appuyant sa main sur sa tête pour que celle-ci plonge définitivement dans la pensine et que toute cette histoire se termine.

Le noir s'illumina lentement et tout parut étrange. Il était dans sa salle commune et étrangement Pansy n'était là. Normalement c'était elle qui la partageait avec lui, pourtant ce n'était ellepas qui était assise sur un fauteuil rouge et or, non, c'était Granger emmitouflé dans une couverture rose. Elle lisait un livre et étrangement, il la trouva mignonne. Elle tripotait une mèche de cheveux qu'elle s'amusait à coincer entre son nez et sa lèvre supérieure, comme pour faire une moustache et ne cessait de remettre en place sous sa petite couverture, ses pieds chaussés de petites chaussettes bleues à pois verts. Soudain, le tableau de la salle s'ouvrit et Drago se vit entrer. Il sourit à Hermione et après avoir jeté son sac sur une table vint près d'elle. Ils parlèrent de choses et d'autres. Il effleurait le genou de la jeune fille du bout des doigts et la regardait comme s'il n'y avait qu'elle aux alentours et elle de son côté rougissait, délicatement, tentant de se cacher derrière son livre, mais cela n'échappa pas au Serpentard qui la débarrassa de son énorme bouquin pour mieux la voir.

De son côté, il ne comprenait pas son soit disant comportement. Ce souvenir, il était faux, c'était obligé. Rien de cela ne pouvait...puis la salle s'estompa et il se trouva dans la salle du cours de potions, il se vit en train de gifler Pansy pour défendre Hermione. Puis les scènes commencèrent à défiler les unes derrière les autres. Il lui offrait des fleurs, une robe, il la dévorait du regard comme si elle lui appartenait. Granger, c'était chasse gardée. Puis soudain les scènes changèrent de tonalité. Il la plaquait contre un mur pour dévorer avidement sa nuque. Il lui courrait après, la gardait contre lui, s'approchait pour ensuite reculer. Il avait peur que sa marque et son appartenance à l'autre côté face tout basculer, puis elle lui parlait, avec des mots doux, des mots simples, comme jamais on ne lui en avait dit. Puis il l'embrassa. Il se voyait faire des choses que jamais il n'aurait pu imaginer. Pourquoi lui ? Puis il comprit. Il se vit dans sa salle commune et tout lui revint en mémoire.

- Je te l'ai dit Drago.
- Et moi, je ne vais pas vous écouter. Je fais attention !
- Tu joues à un jeu dangereux avec elle. Siffla Rogue dont le ton montait.
- Moi, je ne suis pas comme vous.
- Peu m'importe. Il faut que cela cesse.
- Allez-vous en.

Drago tourna le dos à son parrain qui sortit sa baguette et qui murmura une vague ''Je suis désolé...oubliette'' Puis tout était devenu noir.

Il sortit sa tête de la Pensine. Ginny était toujours assise et lui tendit une tasse de thé qu'il ne se sentit pas de refuser, il avait besoin d'un remontant. Néanmoins, après avoir bu quelques gorgées, il regretta son geste alors que ses membres commençaient à s'engourdir.

- Tu t'es quand même fait avoir ? T'es fort.

Elle le laissa se rasseoir pour ne pas qu'il tombe puis elle commença à attendre. Et il le fallait. Dans la tête de Drago Malfoy, les souvenirs s'entrechoquaient les uns avec les autres et ceux avec Pansy disparaissaient lentement. Granger prenait de plus en plus de place et il avait de plus en plus peur. Le sortilège de Rogue avait fini par éclater comme si quelque part, il s'était dit qu'un jour cela arriverait. Il ne pouvait pas y croire, jamais il ne se serait laissé envoûter par cette fille. C'est une... mais il ne put le dire. Ces mots ne sortaient pas de sa bouche, il était incapable de les prononcer. Sa gorge se noua. Comme si prononcer ces mots allaient le condamner à une morte immédiate et sans procès.

Il tenta de se lever, mais n'y parvint pas. Décidément, cette gosse avait un don, celui d'emmerder royalement le monde et surtout lui, surtout à présent qu'il se souvenait de tout. Tout cela qui semblait être un rêve et pourtant. Ses pensées se perdaient, mais cette perte sembla le rendre fou. Il avait besoin de réfléchir

- Vas t'en. Murmura le jeune homme à l'attention de Ginny.

Elle prit son sac et se dirigea vers la porte.

- Tu sais, si je fais ça ce n'est pas que pour elle, mais aussi pour toi. Parce que quand tu la regardais, tu étais loin de l'enfoiré qu'on connaissait. Si tu décides d'assumer tout ça, tu sauras qui aller voir. Puis elle partit.

Il resta un moment immobile, dans le silence. Il espérait rêver et se réveiller pourtant son bras rougeâtre de ses tentatives pour se pincer, lui firent comprendre que ce qu'il venait de voir était la réalité. Il se souvenait de sa conversation avec Rogue, il se souvenait de tout, mais comment cela avait, il put se produire ? Comment cette fille avait réussi à l'avoir ? Il regrettait soudainement tout cela.

Quand il se réveilla. Il était encore dans la salle. La fiole de souvenirs était posée sur la table. Il la fixa, la fourra dans son sac et sortit pour retourner en cours. Blaise lui posa des questions sur son absence auxquelles il répondit vaguement. Il ne savait pas pourquoi, mais de ce qu'il voyait dans ses souvenirs, il ne pouvait pas lui faire confiance. Il voulait lui en parler, mais à chaque fois qu'il pensait le faire quelque chose en lui l'en dissuader. Il ne devait pas lui faire confiance. Mais en qui devait-il avoir confiance après ce qu'il avait vu ? Qui croire ? Weasley qui avait apparemment bravé l'interdit pour lui montrer des souvenirs qu'il n'osait pas assumer ? Ou continuer de croire Blaise, Pansy et les autres qui ne parlaient jamais d'avant et semblaient toujours hésiter quand aux évènements passés ?Eux qui faisaient tout pour qu'il ne croise jamais un seul Gryffondor et surtout pas...Granger.

Jusqu'à ce qu'il ne s'allonge dans son lit, ses pensées et ces étranges souvenirs continuaient de se battre pour avoir une bonne place en lui. Le silence l'aidait souvent à réfléchir. Il reposa donc tout à plat. Il se souvenait à présent parfaitement de ces derniers mois en compagnie de Granger. Tout était clair comme de l'eau de roche, mais il n'arrivait pas à y croire, il ne savait pas comment réagir, que ressentir alors qu'à présent seul Pansy hantait ses nuits. Pansy. Il devrait aller la voir, peut-être qu'elle lui ferait tout oublier.
Il se leva discrètement et alla voir Pansy qui était assise dans le parc du château, mais quand il s'approcha d'elle son habituelle joie n'était pas là, au contraire, quelque chose lui disait de partir, mais il ne s'écouta pas et vint s'asseoir près d'elle.

- Où étais-tu ? Demanda celle-ci.
- Heu...je me reposais, je ne me sentais pas très bien. Dit-il.

Au début, elle sembla peut convaincu puis s'approcha de lui et l'embrassa. Il laissa faire et quelque chose en lui se brisa. Merlin que c'était désagréable, il retira vite ses lèvres et lui sourit. Sourire faux, il le sentait.

- Rogue ne s'est pas inquiété de ton absence. Dit, elle en tripotant les pans de sa jupe espérant attirer les yeux du jeune homme sur ses jambes. Par contre en tu as raté quelque chose. Elle se mit à rire, c'était horrible. Et dire que ce rire, il l'avait aimé.
- Que s'est-il passé ?
- Oh, Granger s'est fait embarquer par Bellatrix. Elle avait enfin daigné revenir en cours et ta tante à débarqué comme une folle dans la salle de potion. Il y a des rumeurs qui cours comme quoi elle est en train de se faire torturer pour savoir où est Potter.

Les dix premières secondes il crut ne pas comprendre puis quand il remit en ordre tout ce que Pansy venait de dire, son coeur se mit à frapper tout contre sa poitrine et son poignet lui fit mal, si mal qu'il crut qu'on venait de le lui couper. Rapidement et en toute discrétion, il remonta la manche de sa chemise et découvrit une marque, une marque comme un fil entourant son poignet. Celui-ci était devenu rougeâtre et douloureux, puis il lui revient quelque chose.
Il avait promis de s'occuper d'elle, du château, il avait promit d'aider l'ordre. Il s'en souvenait comme s'il était en train de revivre la scène. Il revoyait Potter en face de lui et près d'eux Ginny. Le serment inviolable. Alors, tout cela...tout cela était donc vrai ? A cet instant quelque chose se brisa. Pansy continuait de se moquer de Granger.

- Quelle idiote ! Bien fait pour elle. Cette fille est un véritable parasite. Pansy prit un air plus sérieux et chuchota pensant que Drago ne l'entendrait pas. Elle a osé te voler à nous.
- Pardon ? Voler qui a qui ? Demanda Drago avec une teinte de colère dans la voix.
- Hum, non rien ne t'en fais pas. Je parle toute seule. Mais, t'en fais pas. Il y a toi...et moi. Elle tenta de l'embrasser, mais, il la repoussa lentement, malgré qu'il eut envie de lui asséner une seconde gifle monumentale.
- Dis-moi. Il tenta de cacher sa colère et la douleur. Il tenta de faire taire son envie de courir la voir. Tu sais ce qu'ils ont les Gryffondors et les autres avec moi ?
- Tu devrais les laisser. Ils ne sont pas contents de voir les mangemorts prendre le contrôle de l'école et vu que tu es le fils de l'un d'eux et que tu as faillis tuer Dumbledore...et...
- Et tu sais pourquoi Granger pleure quand elle me voit ?
- Mais...pourquoi tu...tu me demandes ça . Siffla la jeune fille qui devenait de plus en plus nerveuse.
- Je me le demande, c'est tout. Puis bon, tu peux me répondre, on a vécu ensemble non ?
- No...oui oui bien entendu. Bien heu, je ne sais pas, tu sais. Peut-être qu'elle...j'en sais rien moi, je suis pas son amie.
- C'est quand même louche.
- Écoute. Elle se colla tout contre lui. Tu n'as pas besoin de penser à cette fille, elle ne fait plus...pas ! Elle ne fait pas partie de ta vie. Il y a moi. Elle commença à embrasser sa nuque. Tu es Drago Malfoy. Ils sont jaloux.

Elle tenta de l'embrasser, elle tenta d'agripper son col de chemise pour qu'il reste avec elle, mais il se leva.

- Je vais aller voir Rogue pour m'excuser. Il épousseta sa robe.
- D'accord... On se voit plus tard ?
- Hum...oui oui.

Il marcha vers le château et quand il fut hors de vue de Pansy, il se mit à courir comme un fou. Elle mentait, il le sentait, il savait quand elle mentait. Il la connaissait par coeur et puis ce qu'elle avait dit ''elle ne fait plus...'' alors elle avait fait partie de sa vie ? Hermione avait donc fait partie de sa vie, ces souvenirs étaient donc vrais. Elle avait raison. Tout reprenait un sens, il comprenait tout, mais il continuait de ne pas comprendre son comportement vis-à-vis d'Hermione. Il devait comprendre, se comprendre.

Tentant d'ignorer la douleur de son poignet, il continua de courir, il entra dans le château manquant de faire tomber un groupe de première année qu'il poussa contre le mur et descendit dans les cachots. C'était l'endroit favori de sa tante, elle les connaissait par coeur. Elle avait toujours dit que si elle avait l'occasion de faire du mal à quelqu'un se serait dans les cachots. Il courrait à une vitesse qu'il ne se connaissait pas puis il croisa Rusard.

- On court pas dans les couloirs, sale mioche ! Si tu cherches ta tante, elle est en train de saloper mes cellules. Il fit un signe de tête vers le fond du couloir.

Drago marcha sur quelques mètres et continua de courir pour finir sa course face à une salle de cours où personne n'allait jamais. Il en sortait un cri de douleur terrifiant, un cri qui le figea sur place. Lentement, d'une main tremblante, il tourna la poignée de la porte et l'ouvrit.
Bellatrix, le regard emplit de fureur, de rage était à cheval sur une élève gigotant comme elle le pouvait. Drago ne voyait d'elle qu'une chevelure brune s'étalant sur le sol. Entendant la porte Bellatrix releva la tête et sourit à Drago.

- Mon chéri. Elle se leva. Tu ne tombes pas bien tu sais, mais tu peut rester. J'en ai presque terminé.

Elle se tourna et revient s'asseoir sur l'élève dont le visage était caché par ses cheveux. Elle gigotait à peine. Bellatrixs sortit son petit poignard de la poche de sa robe et commença à s'acharner sur la peau du bras de la jeune fille.

- Où est... cette épée ?! Hurla Bellatrix. Elle a disparu de mon coffre alors...où ? Comment avez-vous su où elle était ?
- Je...je ne sais pas...couina la jeune fille entre deux hurlements de douleur.
- Tu dois avoir envie que je te coupe le bras en morceau ?!
- Je vous jure, je ne sais pas ! je...je ne sais même pas où est Harry !
- Tu m'agaces.

Bellatrix se leva avec l'agilité d'une petite fille. Elle tourna sur elle-même et se dirigea vers Drago figé sur place.

- Je dois aller faire mon compte-rendu au maître. Nous parlerons plus tard. Je vais dire à ta mère que tu vas bien. Si tu restes là, attends qu'on vienne la chercher, tu es un amour. Elle embrassa sa joue et s'enfuit.

Elle était là, allongée sur le sol, son bras gauche, nu et marqué d'une inscription simple ''Sang de Bourbe''. Il ne lui fallut que quelques secondes. Son estomac était douloureux, son cœur frappait, griffait sa poitrine. Alors, il avança lentement et vint s'accroupir près d'elle dont le visage était encore caché par une lourde chevelure brune aux douces ondulations. Elle gémissait de douleur et bougeait à peine. Il ravala sa salive et commença à se dire que tout allait se jouer. Il respira lentement, tentant de se calmer et dégagea son visage.

Il crut tomber de haut, il crut tomber d'un nuage. La vérité, c'était donc ça. Un visage doux, de grands yeux marron noyés dans les larmes, les rendant hideux. Des joues rougies par la honte, la douleur et quelque chose qu'il n'arrivait pas nommer. Il ne savait pas quoi penser de son coeur battant la chamade, battant comme jamais il n'avait pu battre pour Pansy. Elle, c'était donc elle que son coeur avait donc choisit ? Il resta figé près d'elle durant un moment sans savoir quoi penser, se rappelant ses gestes, ses paroles, se souvenant de tout ce qu'elle avait pu faire pour lui, puis il la vit tenter un sourire.

- Tu ne dois pas te souvenir de rien ? Murmura la jeune fille d'une voix éteinte. Ce n'est pas grave, mais pour moi...tu seras toujours quelqu'un.

Il prit peur. Il se leva, il ne pouvait pas rester là, il y avait trop de pressions, trop de questions se bousculaient en lui, trop de sensations et surtout cette envie qu'il avait de la prendre contre lui. Il voulait l'embrasser, il la voulait pour lui. Il se remit à courir, il ne regarda pas derrière lui et ne s'arrêta qu'une fois dans sa salle commune. Il s'assit sur le canapé et se souvint pourquoi à présent, il partageait cette salle avec Luna. Il plongea son visage dans ses mains, il voulait s'arracher les cheveux, devenir un autre que lui-même. Pourquoi c'était sur lui que tout tombait ? Il aurait voulu continuer de vivre avec les Serpentard, il aurait voulu n'avoir jamais su tout cela. Il aurait préféré vivre dans le mensonge le plus total, car jamais il n'aurait dû avoir des sentiments pour elle... pour celle qui agonisait seule dans sa cellule. Il revit son regard, entendit ses supplications silencieuses pour qu'il l'aide. Il se maudit d'avoir fait cela, il se maudit d'avoir écouté Weasley.

- Tu sembles être malheureux.

Une main se posa sur sa tête et quand il leva celle-ci, il se trouva face à Luna. Elle recula pour aller s'asseoir dans un fauteuil.

- Tu me veux quoi ? Bredouilla le jeune garçon qui était complètement perdu.
- Tu ne devrais pas avoir honte, tu sais. Quand tu aimais Hermione, tu étais quelqu'un de bien.
- J'ai jamais aimé cette fille !
- Si. Crois-moi, tu l'as aimé. Tout le monde l'a vu.

Il se tourna et vit Neville qui prit place près de Luna.

- Vous allez m'immobiliser avec du thé ? Grogna Drago.
- Non, j'y vois pas l'intérêt parce que si tu ne nous croyais, pas tu serais déjà monté dans ta chambre pour faire la tête comme un gosse. Neville croisa les bras. Tout ce qu'on te dit, c'est la pure vérité. Je comprends que passer d'une version à l'autre de ces derniers mois ça doit être très dur pour toi, mais on ne peut pas voir tout ce qui a été construit en si peu de temps. Oui, tu l'as aimé et elle t'aime. Tu dois te dire que c'est impossible et je te comprends, mais c'est la vérité. Rogue a eu peur pour toi et pour Hermione alors il s'est dit que si on découvrait tout ce qu'il y avait entre vous Rogue se ferait tuer et vous aussi, vous auriez souffert en plus de tes parents. Tu as perdu la mémoire et les Serpentard on décidés de t'éloigner de nous pour que personne ne puisse rien te dire, mais Hermione était trop affectée par la situation et ne tenait plus en ta présence. Elle t'en a voulu au début et à fini par comprendre. Et puis tu as fais le serment inviolable, tu devais nous protéger, nous aider et surtout, surtout t'occuper d'Hermione. Tu as le droit de hurler et de ne pas pour croire, mais tes ''amis'' t'ont ils déjà dit pourquoi nous réagissions comme ça ? Ça ne te semblait pas bizarre ? Tu ne t'ais pas demandé pourquoi tu es parti en courant comme un fou jusqu'ici après avoir vu Hermione ?
- Pardon ? Co...
- J'étais là, enfin derrière la porte. J'ai rassuré Hermione en lui disant qu'on viendrait la chercher.
- C'est une blague !
- Tu me gonfles. Et Neville Londubat devient un autre. On cherche à te faire comprendre que l'espace de quelques mois, tu étais devenu un type bien, respectable. Tu voulais faire le bien autour de toi, tu as appris à apprécier les moldus, tu as changé d'avis sur eux sur nous. Tu nous as tous défendus quand il le fallait, tu t'es élevé contre lui. Tu as fait des choses bien, par amour pour elle. Alors, tu peux choisir de ne pas nous croire, mais de toute manière, les seuls souvenirs qu'il te reste sont les vrais et pas ces tissus de mensonges créent de toute pièce par Rogue aidé des indications imbéciles de Parkinson pour faire en sorte que tu l'aimes. Non Mafloy c'est pas une blague. Il se leva et tendit une petite pile de photos à Drago. C'était dans la chambre d'Hermione.

Il comprit. C'était une série de photos prisent par Al durant le réveillon de Noël. On pouvait y voir Hermione assise sur les genoux de Drago. Elle souriait à Al et Drago lui parlait à Peter ou alors faisait encore un concours d'insulte stupide. Il avait passé un bras autour de la taille d'Hermione. Sur une autre Ils étaient assis l'un à côté de l'autre, Drago semblait gêné, mais Hermione souriait d'un sourire sans fin. Il les regarda. Elle souriait, il était toujours un peu gêné ou quand il n'avait pas conscience de la prise de photo, il souriait et la regardait comme s'il n'y avait qu'elle. Puis il trouva une photo qui lui fit comprendre qu'il était peut-être celui dont Neville parlait. Ils pensaient que personne ne le savait, ce n'était pas à Noël. Ils étaient dans le jardin des Granger. Drago était figé sur place une énorme boule de neige se désintégrant sur sa tête. Hermione embrassait sa joue tout en tenant les mains du jeune homme qui avait les joues rougies non pas par le froid, mais par le baiser de la jeune fille. C'était une photo simple, mais qui en disait long sur tout.
Cette photo en disait long sur tout son amour. Un amour dont il ne savait pas s'il devait ou non revenir.

Pourtant, trois mois et demi plus tard, rien ne changea. Drago avait retrouvé ses souvenirs, mais cela ne changeait rien, il évitait Hermione le plus souvent possible, ne la regardait même plus dans les yeux. Elle était dévastée par la perte de cet être cher qu'elle aurait voulu voir mort, comme cela, elle aurait véritablement pleuré sa perte. Au lieu de cela, elle était obligée de le voir sans cesse lui tourner le dos. Elle n'aurait jamais pensé s'attacher autant à lui, enfin si elle savait...mais elle n'aurait jamais pensé être dans un état tel que ses feuilles de cours ne l'intéresseraient plus et qu'elle se prendrait à y gribouiller le D du désespoir et le M du malheur. Elle était suivie sans arrêt par deux mangemort aussi énormes que des armoires à glace car elle était la dernière du trio, elle devait rester en vie pour donner des informations sur Harry et pour cela on ne la laissait plus approcher de personne. Elle allait en cours seule et mangeait seule dans sa salle commune de laquelle on avait jeté McMillan qui était retourné avec sa maison. Oui, Hermione était plus seule que jamais et la seule chose qu'elle pouvait faire, c'était se morfondre et le seul pouvant l'aider était assis sur son lit, regardant inlassablement les photos que lui avait donné Neville.

Non, Drago Malfoy ne savait plus quoi faire. Ces dernières semaines, la tourmente était devenue son amie. Il était partagé entre ces derniers mois sois disant vécu avec Pansy dans ce qui semblait être un bonheur parfait, mais dans lequel il commençait enfin à entrevoir des erreurs, des blancs, des faux raccords. Mais si ce bonheur auprès d'elle avait existé, pourquoi ne continuait-il pas ? Pourquoi n'était-elle plus si douce ? Pourquoi ses baisers étaient si désagréables ? Pourquoi quand il repensait à ce que Ginny lui avait fait voir tout semblait bien plus réel et agréable ? A la pensée d'Hermione son cœur lui fit signe, il frappa fort, encore une fois comme souvent depuis ce jour-là. A chaque fois qu'il pensait à elle, à ses larmes, quand il les voyait naître dans ses yeux noisette, il se sentait si mal, non, il se sentait...coupable, il ne comprenait rien à tout cela. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il réfléchissait à ce qu'il allait faire pour en finir avec tout ça, mais il ne savait pas s'il devait le faire, car tout pouvait basculer. Non, il n'irait pas voir Hermione, non, il devait se préparer à la voir, car ils savaient que quoiqu'il fasse, il finirait par se retrouver devant elle.
Il se leva de son lit, attrapa son manteau et descendit dans la salle commune. Luna était allongée sur le canapé les jambes en l'air et la tête touchant le sol, le sang ne lui montait pas à la tête ? Il ne chercha pas de réponse et fila sans un mot, mais il fut arrêté par Luna.

- Passe le bonsoir à Ginny et fais attention, la Grosse Dame a tendance à mordre en ce moment. Bon courage. Chantonna la jeune fille avant de replonger dans ses pensées.

Le chemin jusqu'à la salle commune des Gryffondors se fit sans encombres, car les Serpentards étaient les seuls élèves qui pouvaient ne pas respecter le couvre-feu instauré par Rogue. Une fois dans les grands escaliers menant à la salle commune, il vérifia que personne ne le suivait et monta les marches quatre à quatre, mais s'arrêta en chemin. C'était bien d'y aller, mais jamais il ne pourrait y rentrer, d'un, il ne connaissait pas le mot de passe, de deux cette grosse femme était horrible avec les Serpentard et de trois jamais un élève d'une maison étrangère ne rentrait dans la salle commune d'une autre, et encore moins un Serpentard chez les Gryffondors. C'était le pompon, mais il n'avait pas vraiment le choix, de plus à l'approche de la salle commune, il commença à se dire que son attitude était stupide et qu'on allait certainement le rejeter, mais la simple pensée qu'elle pouvait être là, ne le quittait pas et le faisait avancer. Il n'arrivait toujours pas à comprendre et il devait. Il devait choisir ou assumer ce qu'il savait vrai, mais refusait, car trop loin de ce qu'il se savait être.
Il avança vers le tableau et se figea devant celui-ci.

- Que veux-tu ? Grogna la grosse dame qui tenait un verre de vin dans sa main.
- Je voudrais parler à quelqu'un.
- Je n'appellerais personne de la part d'une Serpentard. Oust !
- Je ne bougerai pas d'ici tant que vous n'aurez pas fait demander Ginny Weasley.
- Jamais.
- Très bien. Il se retourna et alla s'asseoir sur une marche en attendant.

La grosse dame continua de siffler tranquillement son verre de vin, tout en observant d'un œil attentif le jeune homme qui restait là depuis déjà un certain temps et qui semblait ne pas vouloir partir.

- Tu es coriace dis-moi.
- Il faut croire. Répondit-il.
- Pourquoi voudrais-tu lui parler ? Surtout ''toi''.
- Cela ne vous regarde pas.
- Je suis la gardienne de...
- Écoute-moi bien vieille peau. Je suis moyennement d'humeur à parler en prenant le thé en ce moment, je suis très pressé et je voudrais pouvoir régler un problème qui regarde uniquement Weasley et moi. Et si vous êtes celle qui doit m'en empêcher, je demanderai à Rogue de vous envoyer bouler dans un cave pourrie et sans un seul verre vin. Alors ?

La colère se lisait à présent dans le regard du jeune homme qui avait presque collé son nez sur le tableau histoire de bien faire comprendre ce qu'il ressentait à la grosse dame.
Elle hésita un moment, faisant la moue, mais comprit très vite qu'elle avait intérêt à exécuter les ordres du Serpentard sinon elle allait se retrouver tête en bas contre un mur pour moisir le restant de ses jours. La mine contrariée, elle se retourna et disparut pendant un petit moment. Moment durant lequel Drago se demanda ce qu'il allait lui dire, mais il n'eut pas le temps de vraiment y penser car le tableau s'ouvrit et Ginny en sortit. Elle le regarda, mais ne sembla pas surprise de le voir. Elle regarda à gauche puis à droite et se tourna enfin vers lui.

- Je suppose que tu n'es pas là pars hasard et si tu veux voir Her...
- C'est toi que je suis venu voir...Il tourna la tête, comme honteux.
- Si tu veux parler ce n'est pas ici. Elle sortit et laissa le tableau se refermer. La grosse Dame s'en remettra, elle va juste faire la tête quelques jours. Elle attrapa le bras de Drago. Tu peux traverser le château à ta guise, conduis-nous dans la salle de défense contre les forces du mal, plus personne n'y fait cours, elle est vide et personne ne la surveille.
- Tu me fais confiance ? Demanda le jeune homme un peu surpris.
- Si tu assumais tes derniers faits et gestes, tu ne te poserais pas cette question. Allons-y.

Il resta figé sur place quelques secondes. Alors, comme ça, on lui avait autant fait confiance avant. Enfin dans cet avant dont on lui disait qu'il était aussi vrai que les pierres du château. Ginny partait déjà devant et lui fit signe de le suivre. Le chemin se passa dans le calme, tout deux glissant dans les couloirs et les recoins les plus sombres pour ne pas être vus. Il était tard et les couloirs étaient à présent plongés dans le noir le plus total et une fois dans la salle Ginny alluma sa baguette puis emmena Drago dans le bureau au fond. Le bureau de Lupin était à présent vide, autrefois ce bureau qui ressemblait à tout sauf à un bureau de professeur ne ressemblait plus à rien. Ginny avança et alla s'asseoir sur le bureau, Drago en face d'elle et visiblement mal à l'aise.

- Alors ? Demanda la Gryffondor.
- Je pensais que tu saurais.
- Oui, je sais. Enfin, je m'en doute, mais je veux l'entendre de ta bouche. Elle sourit, mais dans le noir, il ne le vit pas.
- Si je comprends tout ce qu'il se passe. Je suis tombé amoureux d'elle, et inversement. Cela n'était approuvé de personne sauf de vous. Je suis devenu votre allié...j'ai menti à mes parents pour cacher Her...

Il se tut. Pourquoi alors qu'il s'apprêtait à prononcer son prénom son corps décida de réagir avec autant de violence. C'est dans ces moments que notre amour est le plus pur et le plus véritable que notre cœur chante le prénom de l'autre, qu'il semble se détacher de nous pour aller voler plus haut. C'est là que l'on se sent léger, que l'on veut revoir la partie de nous qui manque pour être complet. Cet instant ou notre corps n'est que lave en fusion et feu d'artifice. Tout implose et explose en même temps. C'est agréable de sentir son cœur battre réellement pour quelqu'un même si on ne s'y attend pas. Alors c'était ça, qu'il ressentait quand il était avec...Hermione ? De l'amour pur, simple et incontrôlable ? Tout sembla devenir clair comme de l'eau de roche. Il se sentait en colère, mais contre lui et contre sa stupidité à ne pas avoir voulu les croire. Il ne comprit pas tout ce qu'il se déroulait dans sa tête à cet instant précis, mais tout était déclenché par son prénom. Il recula jusqu'au mur, une main sur son visage, comme s'il allait être malade.
De son côté Ginny observait en disant qu'au final, il aurait pu deviner tout ça sans elle. La jeune fille se leva et posa une main qu'elle voulut amicale sur l'épaule du vert et argent.

- Je sais que c'est dur, mais il faut assumer tes actes. Assume tes sentiments, n'en ai pas honte parce que le véritable amour, on ne le rencontre qu'une fois et quand il part, le retrouver n'est jamais chose facile. Tu peux choisir de t'enfuir et de te réfugier dans ta vie d'avant, mais elle ne sera jamais comme celle que tu as eu avec Hermione. Oui, cette vie est le contraire de ce que tu as toujours connu, mais le changement fait toujours du bien, crois-moi. Ça peut paraître dur, mais t'as pas le choix. Fais-le pour toi et pour elle. De plus, tu as fait le serment de la protéger. Ton bras te fait souffrir non ? C'est une preuve supplémentaire.

Oui, son bras le faisait souffrir, il savait depuis longtemps en voyant le petit filament s'illuminer en présence d'Hermione que c'était un serment inviolable. Il regarda son bras à la lumière de la baguette de Ginny. Le serment ressortait peu de sous sa peau, mais il avait l'impression de ne voir que lui, et plus il le regardait plus toute l'histoire reprenait place en lui. Mais alors que Ginny s'apprêtait à lui révéler quelque chose, tout fut précipité par Marcy, une élève de première année qui entra comme une folle dans la pièce, manquant de faire tomber Drago. Ginny bondit littéralement sur la jeune fille, ferma la porte et cru qu'elle allait la tuer.

- Mais ça va pas ! Manqua de hurler Ginny.
- Il se passe des choses !
- Com...

Soudain, son regard se fixa sur une carte que Marcy tenait dans ses mains. Elle la connaissait, elle en était sûre, une seule carte comme ça pouvait exister dans ce monde et une seule et unique personne l'avait. Elle prit la carte du maraudeur dans ses mains et fixa Marcy, le regard ébahi, manquant de perdre connaissance.

- Où as-tu eu...
- C'est Harry Potter qui me l'a donné, il faut que je vienne te chercher pour te le dire. Il est revenu au château, il est là où tu sais. Mais Rogue a été mis au courant, les alarmes de Pré-au-Lard ont sonné, il sait qu'il est là. Il faut aller le lui dire. La petite se tut. La bataille va commencer.

Ginny cru ne pas comprendre. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas être là, comment cela se faisait-il et pourquoi était-il ici ? Elle se tourna vers Drago dans l'espoir d'avoir de l'aide, mais celui-ci ne pouvait l'aider à y voir clair.

- Et Hermione ne va pas très bien. Sa blessure au bras s'est encore ouverte.

A cet instant Drago réagit poussant Ginny pour la réveiller. Elle se tourna vers lui, l'attrapa par le bras et lui offrit son regard le plus sérieux, ses lèvres se serrant, ses sourcils froncés et ses yeux demandant son attention.

- T'as confiance en nous ?
- Pardon ?
- Réponds à mes questions.
- Mais il faut y ...
- Réponds ! Tu as confiance en nous maintenant ?
- Oui. Il ne comprenait pas.
- Tu iras parler à Hermione, tu la rassureras, tu lui diras que tu l'aimes ?
- O...je...
- Alors ?
- D'accord...
- Ok...en fait tu lui dis ça quand tu veux. Tu jures de ne pas nous trahir et de ne pas retourner ta veste ?
- Oui.
- De toute manière si tu fais ça de ton propre chef, le serment se brisera et tu mourras. Elle le lâcha. Allons-y.

Ainsi ils partirent, courant dans tout le château, se cachant des mangemorts criant le nom d'Harry dans le château. On entendait les cris de certains élèves qui étaient sortis en cachette, ne respectant pas le couvre feu. La panique dans le château était totale, Drago attrapa plus d'une fois les deux filles pour les tirer vers lui afin d'éviter une collision avec un mangemort ou une statue. Ginny, la carte dans les mains tentait de trouver un chemin sûr mais les couloirs grouillaient tous de mangemorts et il était presque impossible de passer sans se faire voir, mais plus d'une fois Drago dirigea quelques mangemorts dans une autre direction afin d'avoir le chemin libre. Il suivit Ginny et Marcy ainsi jusqu'à la salle sur demande.

Une fois dans la salle, il découvrit un autre monde et comprit pourquoi depuis plusieurs jours, on voyait moins d'élèves dans les couloirs et en cours. Le sol de la salle était couvert de valises, de couvertures, de matelas, d'assiettes, de livres ou encore de vêtements. Le long des colonnes montait de plus en plus haut des hamacs de tailles et couleurs diverses. Il vit contre les murs des bibliothèques ainsi que des portes qui, au vu des petits signes dessus, conduisaient aux salles de bains. Cette salle était comme une ultime salle commune, une salle commune contre Rogue, contre le régime établi et contre lequel tous les élèves devaient se battre. Tous se battaient sous une même bannière, les maisons n'avaient plus lieu d'être en cet instant.

Drago, Ginny et Marcy entrèrent et les élèves se tournèrent vers eux, mais Drago fut soudainement l'attraction principale. Ainsi, McLaggen se précipita sur lui et l'attrapa par son col de chemise.

- T'oses te pointer après tout ce que tu as fait. T'as quand même du courage, à moins que tu sois suicidaire ?
- Ferme, ta grande bouche. Siffla Ginny. Il est là en tant qu'allié et si vous ne lui faite pas confiance, c'est votre problème pas le mien. Il a toute ma confiance. Il se souvient, il ne peut pas vous le faire comprendre, mais débrouillez-vous avec ça.
- Il nous a guidés et sauvés des mangemorts. Termina Marcy en se mettant à côté de Drago qui lui fit un simple signe de la tête en guise de remerciement.

Suite à cela Ginny traversa la masse d'élèves et se mit à courir vers Harry Potter, qui n'avait pas changé d'un pouce, enfin si on laissait de côté les cicatrices.

- Chui son frère et on dirait qu'elle me reconnaît pas. Bouda Ron.
- Tu ne peux pas rivaliser avec Harry Potter.
- Ferme, la Seamus.

Une fois qu'elle l'eut pris dans ses bras, elle retraça les traits de son visage, elle aurait voulu l'embrasser, mais se dit qu'il fallait attendre. Elle s'écarta de lui.

- Rogue sait que tu es ici. On va bientôt se faire convoquer.
- Je sais. Répondit Harry. Bien, on a parlé avec Hermione et... je dois trouver quelque chose...un objet...heu très petit, facile à cacher et...en rapport avec Serdaigle.
- Pas plus de détails ? Demanda un élève.
- Non...
- Ca va pas nous aider !
- Je sais, mais je n'ai que...
- Le diadème perdu de Serdaigle ? Personne n'a pensé au diadème ? Demanda Luna de son air rêveur.
- Luna, il a disparu. Termina Cho.
- On est pas vernis si elle commence...souffla Ron.

Ginny prit son frère sans ses bras et des groupes se formèrent pour parler de ce qu'Harry cherchait.

- Rogue nous convoquera certainement dans deux heures ! Cria Ginny. Deux heures pour nous préparer à toute éventualité !

Elle se retourna vers Harry et, l'attrapant par le bras, elle les entraîna, lui et Ron vers Drago toujours près de l'entrée. Les retrouvailles se firent avec de simples signes de tête.

- Il est de notre côté, il va nous aider. Dit-elle rapidement. Maintenant, Ron ?
- Mouai ? Demanda celui-ci, visiblement, il aurait voulu ne pas le revoir.
- Malfoy ?
- Oui ?
- Serrez-vous la main. Demanda Ginny sachant qu'elle allait créer une troisième guerre mondiale.
- Pardon ? Couina Ron.
- Si vous ne faites pas ça au moins pour Hermione qui ne supporte plus la situation, je vous jure que je vais me débrouiller pour qu'elle vous déteste jusqu'à la fin de ses jours ! On n'a pas le temps !

On pouvait sentir une tension monstrueuse entre eux. Drago fit la moue, retira sa main de sa poche et la tendit à Ron qui semblait ne pas vouloir faire un pas vers lui. Il gardait ses mains dans sa poche. Jamais il ne serrerait la main de ce type, surtout pas après tout ce qu'il, c'était passé. Pourtant, il fallait à présent passer au-dessus de cela. Il fit un pas, et serra la main de Drago. La poigne dura à peine deux secondes, mais elle était faite. Ginny sembla soulagée puis elle fit signe à Drago.
- Hermione est là-bas, elle se repose un peu. Tu y vas et tu fais ce que tu dois faire. Sinon je t'arrache les boyaux pour te pendre avec. Dit-elle sur un ton menaçant.

Elle lui désigna un drap tendu. Il en déduit qu'Hermione devait être derrière. Il entreprit alors d'y aller. Ses pas se firent lent, son estomac était douloureux, son cœur brûlant d'un feu intense. Il s'arrêta un instant devant le drap tendu. Une fois ce drap franchit, il devrait enfin faire face à son passé, à ces quelques mois passés à ses côtés à sourire et à aimer. Il devrait assumer et trouver des explications. Il devrait retrouver des gestes qu'il avait à présent oubliés.
Lentement, il tira le drap et le franchit.

Elle était assise sur un lit de fortune, fait d'un simple matelas posé au sol. Une grosse couverture rouge était posée sur elle. Elle ne le vit pas arriver et restait là, son regard fixant les broderies de sa couverture.

- Bonsoir. Dit-il simplement.

Il comprit pourquoi elle était entrée dans sa vie. Elle releva la tête rapidement et ne bougea plus. Ses longs cheveux bruns devenus ternes à cause de tout ce qui lui étaient arrivé retombaient sur sa poitrine qui se soulevait et se rabaissait de plus en plus vite. Ses yeux aux couleurs de l'ambre étaient larmoyants, il pouvait y lire la tristesse, la douleur, la surprise, mais surtout la joie, un bonheur qui reprenait lentement le dessus. Son sourire reprit enfin vie. Elle semblait heureuse, mais si fatiguer par ces longues semaines de souffrance, mais la douleur et la peur de le voir partir étaient encore présentes. Elle n'osa pas parler, de peur de briser l'instant présent.
Il fallait donc qu'il fasse tout, enfin, en même temps, c'était normal, pansa le jeune homme en venant s'asseoir près d'elle, tout en gardant une légère distance entre eux.

- Je crois que...je te dois des excuses...je sais que...que tu as souffert. Je voudrais te dire que je suis désolé, mais j'en suis incapable parce que d'un côté ce n'est pas ma faute, mais d'un autre côté, je te dois des excuses parce que même en ayant apprit ce qu'il, c'était passé, je ne suis pas venu, j'ai préféré fuir et tout refouler. Je me sens stupide, parce que la vérité, je l'avais sous les yeux depuis déjà longtemps et j'ai pris peur. Je ne pensais pas pouvoir...me rapproche autant de toi, surtout que quelqu'un comme toi si je puis dire. Je pense que tu comprends ce que je veux dire... je...je me sens nul pour ce genre de chose...en plus c'est important...enfin je suppose étant donner, que depuis que j'ai appris la vérité, la seule et unique chose qui hante mes pensées...c'est toi. Je pensais que ce parfum que je sentais été celui de Pansy, mais au final, c'est le tien qui se promène toujours autour de moi. Je pensais que ces baisers, c'étaient aussi de Pansy, mais quand j'ai su la vérité, ses baisers étaient si différents. J'ai su que c'étaient les tiens. J'ai voulu refuser, mais je n'ai pas le droit, c'est idiot de refouler ce qu'on ressent. Je suis...désolé...H...Hermione.
- Je me fous de tes excuses. Murmura la jeune fille en caressant son visage d'une main tremblante. Merlin ce que je m'en fous. Tu te souviens et tu reviens. C'est tout ce que je voulais. Je refusais de te perdre. J'arrive enfin à trouver chaussure à son pied et me la retirer en y mettant à la place des échardes et du poison. Aujourd'hui, tu es là, avec moi et malgré ce que j'ai subi, je sais qu'à tes côtés, je serai en sécurité. Elle sourit.

Elle réussit à se rapproche de lui et se blottit tout contre lui, pour trembler, et se mettre enfin à pleurer. Des larmes de joie, une rivière de larmes. Lentement, il passa ses bras autour d'elle et fourra son nez dans sa chevelure qui lui avait tellement manqué. Il se sentait si bien dans ses bras, il se sentait ailleurs, loin de la noirceur présente dans le château et cherchant à tout prix à les tuer un à un et surtout Harry. Il n'y avait plus qu'elle et lui, elle et cette étreinte. Elle réussit à murmurer un doux et délicat ''tu me manquais tellement, si tu savais'', il ne put lui répondre par des mots et se contenta simplement de la serrer encore plus fort contre lui.
Non loin de là, on observait la scène, car le drap était tombé. Ron semblait en colère, mais une main se posa sur la sienne.

- Tu sais petit frère. Tu devrais être heureux pour elle, si tu l'acceptes, elle t'en sera reconnaissante.

Ron se retourna et devant lui ainsi que devant les élèves de Poudlard, venaient d'arriver le reste de l'Ordre du Phénix. Il leva les yeux vers Bill et Charlie qui l'entraînèrent vers leurs parents qui l'attendaient pour le prendre dans leurs bras.

'' La guerre va commencer ''