Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic appartiennent à JKR, je n'en retire aucune rémunération ou gain financier…

Précisions : Slash Rogue/Harry, publication hebdomadaire

Bonsoir...
Y a pas à dire, l'approche de la rentrée reste toujours aussi démoralisante (...fin, ma récente lecture du tome 7 ne doit pas y être pour rien non plus T.T) ... mais bon, voici le nouveau chapitre :')
Gomen, gomen pour l'absence de réponse aux reviews pour le chapitre précédent .
Mais soyez sûre qu'elles m'ont donné toute l'énergie nécessaire pour écrire ce chapitre dans les temps ! J'espère qu'il vous plaira toujours...

Bonne lecture !

Anciennes blessures

Chapitre 25

Severus était allongé sur son dos, le visage crispé pas une douleur évidente, les bras croisés bien au-dessus de son torse. Il semblait chercher à se protéger de quelque chose. Et il tremblait toujours.

Harry s'approcha, pas tout à fait certain de qu'il pourrait faire. Au moment où il allait poser une main sur son front, un nouveau cri lui échappa tandis que ses bras s'écartaient, ses paumes dirigées vers le plafond.

- … Peu… temps… Encore un peu… temps, l'entendit-il gémir.

Le maître des potions resta ainsi, immobile, la même expression tourmentée figée sur ses traits, durant de longues secondes.

Le gryffondor se pencha une seconde fois vers lui avec l'intention de rapprocher son corps pour le réveiller en douceur. C'était ce que Ginny faisait pour lui lorsqu'ils étaient ensemble et elle lui avait assuré que c'était toujours très efficace : soit il se réveillait de son cauchemar, soit il se calmait presque immédiatement.

Toutefois, avant qu'il n'ait pu faire un geste, l'homme agrippa ses propres bras dans une plainte étouffée et les ramena vers lui avant de se recroqueviller sur lui-même.

Il n'observa qu'une seconde encore le visage pâle et les traits déformés par la souffrance avant de se fondre lentement contre son corps, ses doigts passant en douceur sur sa nuque, et calant le maître des potions – à peine plus grand que lui – contre sa poitrine nue.

Mais qu'était-il donc arrivé pour qu'un sorcier tel que lui garde de telles séquelles ?

Le serpentard se crispa d'abord à son contact puis, progressivement, sa respiration ralentit et ses muscles se relâchèrent.

- … Malfoy…

Harry se tendit brusquement. Il relâcha un peu son étreinte pour observer le dormeur qui avait retrouvé son calme mais ne s'était pas réveillé. Il aurait pu être touché par son visage serein et le charme qui s'en dégageait mais il était trop marqué par ce qu'il venait de se produire.

Il n'avait pas rêvé n'est-ce pas ? Et son ton n'avait rien eu de venimeux, au contraire, il avait presque été… reconnaissant. S'imaginait-il dans les bras de Lucius Malfoy ou… ou de son fils ?

Un frisson de dégoût le parcourut. Suivit d'un profond sentiment de désarroi et d'une pointe de colère. Et encore de nouvelles questions.

Quel lien y avait-il vraiment entre Severus et les Malfoy ? Que l'homme en noir espérait-il obtenir d'eux ? Que s'était-il passé entre ces sangs purs aux idées et aux actes répugnants et l'homme qu'il aimait ?

La pensée le traversa que, quoi qu'il ait pu se produire, c'était finalement lui qui serrait ce corps chaud contre le sien, qui était allongé dans son lit, entouré de son parfum.

Mais s'était-il livré à eux ? Leur avait-il accordé la confiance qu'il lui refusait ?

Le survivant passa le reste de la nuit à passer d'hypothèses en hypothèses. Et, pour nombre d'entre elles, elles concernaient cette famille qu'il avait préféré ignorer – pour ne pas faire pire – depuis que son plus jeune membre avait essayé de tuer ses deux meilleurs amis presque avec succès.

Et s'il n'avait pas vraiment été le premier homme à attirer son aîné ? Si Lucius Malfoy n'était pas vraiment passé de vie à trépas durant la guerre ? Si la fouine blonde avait été l'instigatrice de cette attaque à Pré-au-lard ?

Et il y en eut beaucoup d'autres encore, qui devinrent de plus en plus farfelues au fil que les heures passèrent.

Harry ne s'endormit qu'aux premières lueurs de l'aube, sur de sombres pensées et un peu plus blessé encore. Il savait qu'il était assez égoïste de sa part d'éprouver jalousie et colère alors que son ancien professeur avait vécu des situations visiblement tout aussi sordides que les siennes – comme certaines séances d'occlumencie et ses cauchemars en attestaient – mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

En très peu de temps, tous ces secrets lui étaient presque devenus insupportables.

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Il eut un sursaut et ouvrit subitement les yeux lorsqu'une porte se referma.

Harry avait l'impression de n'avoir dormi que quelques minutes et se sentait toujours fatigué mais se redressa malgré tout en voyant l'homme en noir s'éloigner de la salle de bain pour quitter sa chambre. Ce dernier se tourna vers lui un instant en fronçant un peu les sourcils.

- Il est l'heure du déjeuner. Si tu veux que nous y allions ensemble, je t'attends dans le salon, déclara-t-il avec un grain de sollicitude.

Le survivant soupira.

- J'arrive tout de suite, marmonna-t-il tandis que le serpentard n'attendit guère pour quitter la pièce.

« Et bonjour à toi également » pensa-t-il.

Le brun se passa une main sur le visage en retenant un grognement avant de se diriger vers la douche.

Visiblement, penser à faire la grasse matinée un dimanche matin, et dans ces conditions, était une idée trop saugrenue, tout comme l'espoir de pouvoir être réveillé par un doux baiser de son aîné…

Lorsqu'il le rejoint, cependant, ses idées légères du réveil avaient déjà laissé la place à ses sombres réflexions de la nuit et de la veille. Mais le fait que Severus l'accueille dans le salon avec un regard calme et s'avance vers lui pour poser ses lèvres sur les siennes le détendit sensiblement.

Harry l'empêcha de s'écarter ; il avait besoin de sentir sa présence apaisante auprès de lui parce qu'il avait le sentiment confus qu'il ne fallait que peu pour qu'il le perde. Et également qu'un rien serait capable de les faire s'affronter durement, chose qu'il savait inévitable dans un futur proche mais qu'il redoutait aussi.

Le tenant entre ses bras, une main caressant sa nuque, le maître des potions l'observa une nouvelle fois en fronçant les sourcils. Un léger rictus sarcastique mais indéniablement taquin vint ourler ses lèvres.

- A l'avenir, quand tu viendras ici, tu devrais prendre quelques potions de sommeil avec toi puisqu'il te semble si difficile de dormir en ma compagnie.

Le gryffondor savait qu'il n'y avait aucune mauvaise intention derrière ces paroles, qu'il lui faisait simplement remarquer à sa façon que sa fatigue se marquait sur ses traits et, même, qu'il venait de lui affirmer qu'il ne voyait plus d'inconvénients à ce qu'il passe ses nuits avec lui. Néanmoins, il ne parvint pas à lui accorder le sourire un peu outré qu'il espérait certainement voir apparaître sur son visage. Et la remarque non dénuée de colère s'échappa avant qu'il ne parvienne à la retenir.

- C'est plutôt toi qui devrais en utiliser, si tes cauchemars ne m'avaient…
Lorsqu'il s'arrêta, il vit qu'il en avait déjà trop dit.

Severus avait visiblement essayé de faire des efforts pour que les choses évoluent à nouveau entre eux et en un instant, en laissant juste une partie de sa frustration s'exprimer, il venait de tout réduire à néant. Du moins, c'était ce qu'il pouvait déduire du visage soudain beaucoup trop pâle du professeur de potions, de sa main qui s'était immobilisée derrière sa nuque et de ses yeux noirs qui l'étudiaient derrière les paupières plissées.

Apparemment ces rêves ne devaient pas être une habitude pour lui et il n'avait même pas l'air de s'en souvenir.

- De quoi parles-tu ? demanda-t-il d'un ton légèrement agressif.

Question derrière laquelle il cherchait clairement à savoir ce qu'il avait pu dire ou faire qui avait échappé à son contrôle.

Le survivant l'observa avec sérieux ; l'heure de demander à nouveau des réponses était déjà arrivée et c'était une façon comme une autre de les avoir, en observant déjà la manière dont il allait réagir à ce qu'il lui dirait.

- Tu as crié, tu semblais souffrir et vouloir te protéger de quelque chose. Tu as demandé un peu de « temps » aussi.

Il sentit son corps se tendre et vit son regard se durcir. Le plus vieux était fâché cette fois.

- Quoi d'autre ? questionna-t-il encore d'un ton froid.

Allait-il donc devenir si mauvais à chaque fois qu'un nouveau de ses secrets allait passer à sa portée ?

La voix du gryffondor se fit faussement plus légère et un rien irritée.

- Oh. Pas grand-chose. Tu as juste prononcé un nom au moment où je t'ai pris dans mes bras pour te calmer.

Les yeux noirs vacillèrent et il tenta de s'éloigner mais Harry le retint. Il était pratiquement certain que le regard qu'il posait sur son aîné était en train de s'assombrir.

- J'aimerais pourtant que tu m'expliques pourquoi, lorsque je t'ai tenu dans mes bras tu as appelé Malfoy !

Il était sûr que sa jalousie perçait dans sa voix mais il n'en avait cure ; à cette question-là au moins, il voulait une réponse.

Le serpentard se détourna en se dégageant plus franchement de ses bras et lui répondit sur un ton bas.

- Ce n'est pas ce que tu t'imagines. Et ça ne te regarde pas.

Non. Non, pas encore !

- Ca ne me regarde pas ? Mais bon sang, Severus ! Comment veux-tu que je prenne le fait que TU REFUSES MEME DE REPONDRE A UNE QUESTION AUSSI SIMPLE ? explosa-t-il de frustration trop longtemps réfrénée.

- J'ai donc eu tort de te croire lorsque tu m'as dit que tu me faisais confiance ? riposta-t-il les yeux brillants de rage contenue et le ton toujours aussi froid.

Harry sentit une partie de sa colère s'effriter.

Finalement, tout tournait réellement autour de cela pour lui : la confiance. Confiance que son ancien professeur ne lui accordait visiblement pas alors que lui ne cherchait qu'à savoir, pour que leur relation ne périclite pas.

Il le sonda du regard puis un pauvre sourire se dessina avec difficulté sur son visage. S'il n'y avait même pas cette base entre eux alors…

- Severus, réponds-moi honnêtement, est-ce que tu penses que nous avons un avenir ensemble ?

Il craignait plus que jamais sa réponse mais ses longues heures de réflexion le poussaient de plus en plus à croire que, tant qu'il ne l'entendrait pas de sa bouche, il continuerait à avoir des incertitudes.

Pourtant, lorsque sa rage s'effaça totalement, il put percevoir un profond doute dans les yeux noirs. Puis, un froid glacial l'envahit lorsque la réponse s'inscrivit clairement sur ses traits : non, il n'y croyait pas. Et son compagnon ne tarda pas à formuler cette conclusion.

- Tu vois toi-même en quoi tout cela se transforme. Nous devrions en rester là, avant de franchir les limites, avant que cela ne nous mène trop loin.

Le visage de Severus se ferma mais il ne devint cependant pas méprisant.

- J'ai essayé mais je ne peux voir ceci comme une relation durable. Et cela n'a jamais été ce que j'ai désiré. Ce n'est pas dans ce genre de but que je suis revenu à Poudlard, ça ne l'a jamais été et ça ne le sera jamais.

Il était sérieux. Il n'y avait pas de rancune ou de colère, cela semblait douloureusement sincère.

- Mais pourtant, aujourd'hui encore tu…

- Je t'avais demandé du temps, ce n'était pas sans raison.

Il réalisa soudain que ce qu'il s'était imaginé – que c'était pour qu'il parvienne à se confier à lui – était absurde. Et il venait tout simplement de lui donner la porte de sortie qu'il cherchait.

- Je vois, dit-il avec dépit, c'était simplement pour trouver le moyen de me dire que ça n'avait rien de sérieux pour toi.

- Je suis désolé, Harry.

Quelque chose se brisa en lui.

Il avait cru qu'ils n'avaient pas besoin d'échanger de grands serments, que le maître des potions, comme lui, avait vu que leur relation était particulière, que c'était plus que quelques semaines de bon temps passé ensemble. Et le gryffondor lui avait dit que c'était plus que cela. Il avait bêtement cru que c'était réciproque. Peut-être même que Severus l'avait pensé durant un temps. Ou bien peut-être n'avait-il voulu voir que ce qu'il souhaitait. Lui avait-il dit une seule fois ce qu'il ressentait vraiment ? Non, il n'avait fait que répondre à ses attentes et lui donner ce qu'il espérait recevoir de lui.

A présent, c'était fini. D'une manière terriblement abrupte et on ne pouvait plus claire, trop calme et mesurée pour être mensongère.

Harry fit alors ce qui ne pouvait qu'être fait.

Il sourit avec tristesse sans pourtant parvenir à le regarder.

- Merci d'avoir été honnête. Je ne t'ennuierai plus avec mes sentiments.

Il refusait de voir cette séparation se finir dans les cris et les pleurs. Le serpentard n'avait pas essayé de l'humilier ou autre, semblant vraiment déplorer ou - qui savait ? – regretter d'avoir dû en terminer de cette façon, alors il allait garder courage devant lui et garder aussi toute sa douleur naissante pour le moment où il serait à l'abri de ses appartements.

- Tu devrais aller déjeuner, offrit-il avec un sourire crispé avant de le quitter d'un pas pressé pour aller s'enfermer dans ses quartiers.

Il n'attendit pas et n'espéra pas de réaction du professeur qui n'essaya d'ailleurs pas de le retenir.

Arrivé dans sa chambre, il s'écroula sur les draps froids et se recroquevilla sur lui-même.

Il l'avait pressenti dès qu'il avait revu cette étincelle de haine dans ses yeux. Peut-être même avant encore. Quel imbécile il avait été de croire qu'un tel homme – qui l'avait exécré pendant trop longtemps – ait pu éprouvé des sentiments similaires aux siens, pour Harry Potter !

Mais il avait voulu repousser la possibilité que cela se finisse ainsi.

Pourtant, Severus avait raison, il valait mieux qu'ils en terminent maintenant, après quelques mois seulement. Car, il n'aurait pu imaginer la surmonter après plus de temps encore passé ensemble, cette lancinante douleur de s'être fait rejeter par la personne qu'il aimait.

A suivre…

Me croirez-vous si je vous dis que le plus dur est passé ?
...
Mouais.

En tous cas, il reste encore cinq chapitres à venir (dont certains risquent d'être divisés en plusieurs parties :S) donc les réponses sont pour dans pas trop longtemps :)

A la semaine prochaine !

(Mmh... pour info aussi le prologue d'une fic post tome 7 pourrait être posté bientôt !)