Disclaimer: Comme précédemment, hormis Kira personne ne m'appartient, tous sont la propriété de Stephenie Meyer.

Résumé: Comme promis, la suite et fin de l'affaire Kira. Peut-être moins drôle, mais bon, je n'y peux rien si les mots se sont formés de la sorte dans mon esprit!!! :o)


APOV

D'un pas décidé, je le vis se diriger vers la petite chambre d'amis à l'autre bout de la maison. Il était vraiment fâché… C'était la première fois qu'il me faisait une scène pareille en 60 ans de vie commune… Je caressai nerveusement le petit chaton dans mes bras. Sacré Kira, il avait vraiment dépassé les bornes en s'attaquant à la précieuse collection de Jasper, mais de là à faire un tel scandale… Je ne comprenais pas. Je sursautai en entendant la porte de la chambre claquer derrière lui. Il ne claquait jamais les portes… Aucun doute, il était hors de lui. Je ne me rappelais pas l'avoir déjà vu si en colère. J'avais pourtant souvent poussé le bouchon un peu loin, le traînant partout avec moi dans les divers magasins de vêtements, de chaussures etc. mais il n'avait jamais formulé la moindre plainte… Même lorsque j'étais insupportable, agaçante ou trop insistante, il n'avait jamais rien dit, la patience incarnée… Alors comment en était-il arrivé là ? Relâchant Kira, je tâchai de ramasser les feuillets déchirés sur le sol. Esmée entra alors dans la chambre, ayant assisté à la fin de la dispute. Elle jeta un œil au désastre que constituait la pièce.

« Alice, est-ce que tout va bien ? Jasper avait l'air… contrarié… »

« Ce n'est rien Esmée, juste une petite dispute… »

Elle secoua la tête, elle n'était pas dupe. Elle savait très bien que Jasper et moi ne nous disputions jamais, du moins pas comme ça. Et jamais de façon si ouverte. Si j'avais été humaine, mes yeux se seraient surement embués de larmes à cet instant. Parce que j'étais en train de réaliser que j'avais véritablement énervé mon âme sœur, le seul homme que j'aimerais jamais, et que peut-être par ma faute je risquais de le perdre… Un petit bruit de grattement me ramena à la réalité. Kira était en train de se faire les griffes sur une paire de bottes appartenant à Jasper. Etait-il possible que je ne me sois pas rendue compte de l'ampleur du problème ? Retirant hâtivement les chaussures de sa portée, je me rendis compte que ses livres n'avaient pas été les seules victimes de Kira. Apparemment il s'était attaqué à quelques unes de ses chemises qui étaient consciencieusement pliées sur la chaise de bureau. L'une des manches était déchirée de l'épaule au poignet, et je n'osai même pas la déplier complètement pour voir le reste. Esmée posa sa main sur mon épaule.

« Tu sais, je crois que Kira essaie de marquer son territoire, et qu'il considère Jasper comme son rival… »

« Mais… C'est absurde, je veux dire, ce n'est qu'un petit chat, alors pourquoi Jazz s'est-il fâché comme ça ? Je comprends qu'il lui en veuille pour les livres, mais de là à changer de chambre… »

« Alice, Jasper est un homme, et aussi un vampire. Cela signifie qu'il porte en lui un côté animal, sauvage. Pour lui, en choisissant de ne pas punir Kira, c'est comme si tu avais marqué ta préférence. Il a du mal à l'accepter, son égo a surement été égratigné. Mais le connaissant, je suis certaine qu'il regrette déjà de s'être emporté et qu'il cherche un moyen de se faire pardonner… »

Je réfléchis un moment aux paroles d'Esmée. Il s'était senti en compétition pour mon amour avec Kira ? C'était ridicule… Comment pouvait-il comparer l'amour inconditionnel que je lui portais avec l'affection que je donnais à ce bébé chat ? Et puis je repensai aux derniers mois. J'avais passé peu de temps seule avec lui, trop absorbée par l'éducation du félin… J'avais souvent refusé d'aller chasser en sa compagnie aussi. Et je devais reconnaître que nos derniers ébats remontaient à quelques temps… En raisonnant à sa manière, il était vrai que je donnais l'impression de m'être désintéressée de lui. C'était faux évidemment, mais ce gros bêta trouvait toujours une interprétation qui le mettait plus bas que terre… Il allait me falloir lui parler sérieusement…

Mais tout d'abord, je devais remettre la pièce en état. Avec l'aide et le soutien moral d'Esmée, toute la chambre fut nettoyée, vidée et rerangée. Travaillant à la vitesse de la lumière, nous eûmes même le temps de retapisser les murs pour une couleur qui je le savais lui plairait davantage que le rose saumon que j'avais choisi à l'origine. J'avais replacé les ouvrages survivants sur les rangées supérieures de la bibliothèque, et ayant noté les noms des autres livres victimes de Kira, je me mis en tâche de les racheter via le net. Certains étaient des pièces rares, mais avec de la persévérance – et la carte de crédit de Carlisle - je réussis à les retrouver rapidement.

Restait maintenant le problème majeur, à savoir le cas Kira… Que pouvais-je bien faire de lui ? Je n'aurais jamais le cœur à l'abandonner, c'était impensable et cruel. Et je m'y étais bien trop attachée pour m'en séparer de la sorte… Le laisser à des gens ? Je ne m'en sentais pas capable… Mais tant qu'il vivrait sous le même toit que Jasper, mon mariage en pâtirait, même si je savais que cette dispute ne durerait pas éternellement…Evidemment, c'était exactement quand mes visions m'auraient été utiles qu'elles se faisaient discrètes… J'avais beau essayer de sonder le futur, tout ce que je voyais c'était des flashs de disputes, des cris, et de la tristesse. Mais je ne pouvais m'y fier, la colère de Jasper n'étant pas encore retombée. Que pouvais-je bien faire ?

La question tortura mon esprit les jours suivants. Jours suivants qui me parurent une éternité, et où Jasper se fit aussi froid et distant que possible. Il m'adressait à peine la parole, et s'asseyait même à l'autre bout de la table le midi au lycée ou montait dans l'autre voiture lors de nos trajets quotidiens. Il eut cependant la décence de ne pas reporter sa fureur sur les autres, bien que tout le monde soit au courant de notre différent. Rosalie avait simplement suggéré que je me débarrasse du chat. Edward essayait de m'aider à trouver une solution satisfaisante pour tout le monde, car il se sentait pris entre deux feux. C'est pourquoi je fus plus qu'abasourdie quand Emmett émit une suggestion tout à fait intéressante. Il était venu m'en parler un jour que mon époux était parti chasser en compagnie de Carlisle.

« Alice, je pensais à ton hum… petit problème avec Jasper… Je sais que Kira n'est pas un chien, et peut-être que ça ne marchera pas, mais je me disais… Pourquoi n'aménagerais-tu pas une sorte d'abri où il pourrait rester la plupart du temps ? Ainsi il ne détruirait pas toutes vos affaires dans votre chambre, et Jazz pourrait réintégrer ses pénates. Il est malheureux comme les pierres Alice, tu lui manques atrocement… »

« A moi aussi il me manque… Mais cette idée d'abri, c'est assez bien pensé… Mais comment faire en sorte que Kira s'y sente bien ? Je ne voudrais pas qu'il croit qu'il s'agisse d'une cage… »

« Fais lui comprendre qu'il n'irait que la nuit, et quand tu t'absentes de la maison. Le reste du temps tu pourrais le laisser aller dans la maison… Je ne pense pas que Jasper s'y oppose si tu lui consacres tes nuits !!! »

Je passai sur la dernière remarque lourde de sens de mon frère, mais il fallait reconnaître que son idée tenait la route. Il me promit son aide dans la construction de la petite annexe qui serait dédiée à Kira, et je le remerciais chaleureusement, laissant échapper quelques gros sanglots dénués de larmes contre sa large poitrine. C'était vraiment le meilleur des grands frères!!! Comme promis il me donna un coup de main pour établir l'abri, et en un après-midi nous avions terminé !

N'ayant plus que quelques heures avant le retour de Jasper de sa ballade quotidienne en forêt, j'en profitai pour me pomponner un peu. Autant bien faire les choses. J'optai pour une simple robe blanche en coton, et me contentait d'un coup de peigne rapide dans mes cheveux. Je savais qu'il me préférait au naturel, donc pas trop de maquillage. Je choisis de porter le pendentif qu'il m'avait offert pour mon dernier anniversaire. Je jetai un coup d'œil à mon reflet dans mon miroir. Parfait. Restait à le convaincre de ma bonne volonté à présent…

Timidement, je frappai à sa porte et attendis calmement. Il m'invita finalement à entrer. Il était assis sur son lit de fortune, occupé à essayer de recoudre péniblement un coin déchiré de sa chemise. Je m'approchai, posai délicatement ma main sur la sienne.

« Laisse-moi faire, je peux très bien y arriver. »

Sa voix était toujours aussi glaciale, et je me sentis attristée. Ne souhaitant pas rompre le contact, je laissai glisser ma main sur son avant-bras.

« Jazz… Tu me manques…»

Je sentis sa volonté vaciller légèrement, et sa main s'immobilisa sur le tissu. Il réfléchissait, cherchant probablement la meilleure attitude à adopter, la meilleure façon de répondre. J'en profitai pour laisser courir mes doigts sur sa peau rendue rugueuse par les nombreuses cicatrices. Ce simple contact le fit frissonner. Il soupira, luttant pour ne pas céder.

« Jasper, toute cette histoire est ridicule. Je ne veux pas me disputer avec toi… »

« Moi non plus Alice, mais il faut que tu comprennes ma position. J'ai beau être l'homme le plus chanceux de la planète en étant ton époux, en pouvant vivre chaque instant de cette vie avec toi pour l'éternité, ça n'en ôte pas moins le fait que j'ai des sentiments… »

« Loin de moi l'idée de te dénier cela !!! Evidemment que tu as des sentiments ! Et j'ai bien conscience de les avoir négligés ces derniers temps… De t'avoir considéré comme un acquis… Pour ça je voudrais te demander pardon… Excuse-moi de m'être mal comportée avec toi, j'ai failli à mon rôle d'épouse et je te demande de me donner une seconde chance. »

Mon petit discours achevé – j'avais longtemps travaillé dessus en m'aidant de mon pouvoir de prémonition – j'attendis. Tout dépendait de lui à présent. Mettant toutes les chances de mon côté, je me mordis la lèvre, le regard suppliant, au bord des larmes (qui bien sûr ne viendraient jamais). Sa confusion était palpable. Il luttait férocement contre l'envie de me pardonner, et celle de laisser sa fierté remporter cette unique bataille. Les hommes et leur égo… Je savais que je n'étais pas en position de réclamer quoi que ce soit, il avait toutes les raisons d'être en colère contre moi, mais contrairement à lui, je ne pouvais envisager que quoi que ce soit ne vienne se mettre entre nous. Car comme je le lui avais déjà dit de nombreuses fois, je le considérais – peut-être à tort - comme mien. Il était l'homme de ma vie, celui que mon cœur avait choisi, et donc il ne pouvait en être autrement. Il devait donc me pardonner. Car s'il ne le faisait pas, je ne m'en remettrais pas!

Comme il ne bougeait toujours pas, restant aussi muet qu'une carpe, je décidai d'agir. Me hissant sur le lit pour me mettre à sa hauteur, je vins placer mes mains de chaque côté de son visage, plongeant mes yeux dans les siens. « Je t'aime Jasper » réussis-je à prononcer, « Je t'aime plus que tout au monde, et pour information, je t'aime bien plus qu'un simple chaton, aussi adorable soit-il !!! » Son expression changea instantanément. Esmée avait-elle eu raison en disant que Jasper s'était senti menacé par la présence de l'animal ? Que son instinct sauvage l'avait mis en compétition pour mon amour ??? J'avais vraiment du mal à y croire. Comme ses traits s'étaient adoucis, je pris les choses en main. Je l'embrassai brusquement, fougueusement, essayant de lui montrer la force de mes sentiments. D'abord surpris, il ne tarda pas à répondre à mon baiser, mettant bientôt la même ardeur que moi dans cette étreinte. Ses mains vinrent rapidement m'enlacer pour me serrer contre lui, tout contre lui. Je me laissai étourdir par sa douce odeur, son haleine encore empreinte du sang qu'il avait bu plus tôt dans la journée me faisant perdre la tête. Mes doigts trouvèrent refuge dans les magnifiques boucles blondes de sa chevelure et déjà mes jambes venaient se nouer autour de sa taille instinctivement. Je l'entendis vaguement répéter mon nom contre mes lèvres, dernier vestige de sa volonté de me résister.

Quelques heures plus tard, notre frénésie amoureuse calmée, je reposais entre ses bras, désireuse de ne plus les quitter de sitôt. Tendrement il caressait mes cheveux, son autre bras autour de moi dans un geste protecteur. Je ne sentais plus aucune animosité venant de lui, seulement une toute petite once de contrariété, sans doute d'avoir cédé aux délices de la chair si facilement. Je me tortillai pour lui faire face, et contre ses lèvres murmurai encore combien je l'aimais.

« Jazz, promets-moi qu'on ne se disputera plus jamais comme ça… »

Il ne me répondit pas, se contenta de sourire.

« Si je te dis que j'ai trouvé un moyen pour que tu cohabites avec Kira sans avoir à craindre pour ce qui t'appartient, tu reviendras dans notre chambre ?»

« Je suppose que ça me paraît raisonnable… De plus ce lit est vraiment inconfortable… Et la luminosité est affreuse… Sans parler de la mauvaise orientation des meubles, il faudra en parler à Esmée et… »

Je ne lui laissai pas finir sa phrase. J'avais compris le message, il n'avouerait jamais sa défaite, si on pouvait parler de défaite. Je l'embrassai à nouveau, laissant libre cours au désir qui déjà se réveillait à nouveau. Comme il semblait partant, je m'écartai brusquement de lui, sortant du lit et ramassant mes affaires jonchées sur le sol. Confus, il me regarda sans comprendre. Je lui tendis alors la main, souriant. « Finissons cette conversation dans notre chambre… »


En espérant que ça vous ait plu!!! Autrement, continuez de me donner des idées de premières fois que vous aimeriez que j'écrive, je commence à avoir du mal à en trouver de nouvelles! :) Reviews please!