Bien qu'un pantalon formait un barrage entre leur peau, être aussi proche de sa dulcinée électrisait déjà Naruto. La sentir aussi proche de lui, sa poitrine lui frôlant la sienne et son bassin résistant à l'envie de se frotter au sien, il perdait doucement le contrôle. Qu'est-ce que cela allait être au moment où il découvrirait chaque parcelle de son être ? De plus, Hinata n'avait pas l'air de le repousser. Elle était peut-être dans le même état que lui, attendant comme lui cet instant. Poussé par son instinct qui ne demandait que de l'assouvir, il caressa du bout des doigts la cuisse de sa petite amie en remontant doucement vers sa taille alors que son autre main soutenait son poids pour l'empêcher de l'oppresser. Continuant à l'embrasser et arrivant au bas de son pull, le blond les glissa en dessous et rentra enfin en contact avec sa peau douce. Son coeur bondit sous ses pectoraux.

Celui d'Hinata connut le même trouble quand elle prit conscience du touché chaud de son petit-ami. Un frisson la parcourut la faisant lâcher les lèvres de Naruto qui s'attaqua à son cou. Instinctivement, elle bascula la tête en arrière à cette nouvelle sensation. Automatiquement, son bassin sursauta, rentrant en contact avec l'entrejambe de son aimé, le surprenant. Ce doux choc lui envoya une décharge électrique qui remonta son échine dorsale. Il en grogna de satisfaction en cessant pour quelques secondes ses entreprises. Ouvrant les yeux et prenant appui sur son bras, l'Uzumaki regarda sa dulcinée. Elle avait la respiration saccadée, les paupières closes, la bouche entrouverte et les cheveux tombant au delà de l'accoudoir, alors que ses mains lui encadraient le visage. Elle était magnifique. Baissant son regard, il remarqua que sa main, toujours sous le haut de sa belle, était sur le point de frôler sa poitrine protégée par un soutien-gorge. Désireux de pousser plus loin son exploration, il revint au creux de son cou et remonta vers son oreille.

"- Oh Hinata,..., tu es si désirable comme ça... Je t'aime," murmura-t-il en reprenant ses caresses et se collant encore plus son bassin contre elle.

A ces paroles et à cet empressement qu'elle pouvait sentir au travers de ses gestes, Hinata, bien que consciente que son corps répondait favorablement à ses avances, vit de nouveau la même crainte que la dernière fois revenir au grand galop en son coeur. Elle commença à paniquer. De plus, elle ne savait pas quoi faire et avait l'impression d'être une poupée de chiffon entre ses mains. Quand celle qui frôlait son ventre s'aventura vers son bustier, son angoisse augmenta en intensité. Son souffle était un mélange de désir et de peur. Cependant, cette dernière prit le dessus. Ses yeux fuyaient loin de ce lieu et bougeaient dans tous les sens dans l'espoir de trouver une solution pour reprendre le contrôle de la situation. Empoignant les épaules de Naruto, serrant entre ses doigts son vêtement, elle allait le repousser quand un son sourd se fit entendre contre la porte, ainsi qu'une voix sortir de derrière.

"- Hinata, Naruto, êtes-vous encore là ?"

Reconnaissant la voix, les amoureux se figèrent. Naruto en pâlit alors qu'il libérait de son emprise la jeune femme. Lui tendant une main, il l'aida à se redresser et à s'asseoir à côté de lui. Puis, en tendant de reprendre une respiration normale et en se recoiffant tant bien que mal, le blond répondit à leur interlocuteur.

"- Oui, monsieur Huyga.

Pendant ce temps, sa princesse remit correctement son pull et passa une main dans ses cheveux pour reprendre un aspect correct avant l'entrée de son père qu'elle savait imminente.

- Il se fait tard et je crois me souvenir que tu dois reprendre la route demain. Il serait peut-être judicieux que tu rentres chez toi pour te reposer, à moins que tu dormes ici, fit Hiashi après avoir ouvert et franchi le seuil de la pièce.

- Effectivement, je crois qu'il serait préférable que je rentre, reconnut l'Uzumaki qui avait peur de ne pas réussir à résister à l'envie de rejoindre sa belle dans sa chambre s'il passait la nuit ici.

- Très bien, alors je profite de cette occasion pour te dire au revoir, salua le chef de famille en lui tendant la main.

- Au revoir, monsieur Huyga," répondit Naruto, en se levant et la lui serrant.

Après ses salutations des plus strictes, le père d'Hinata rebroussa chemin. Alors qu'il allait refermer la porte du boudoir derrière lui, il interpella une dernière fois le petit-ami de sa fille aînée.

"- J'espère que tu t'es montré correct avec Hinata et que tu as su préserver son honneur."

Rougissant par rapport à l'acte qu'il s'apprêtait de connaître avec la concernée, Naruto allait répondre qu'il n'en eut pas le temps, Hiashi ayant déjà disparu dans le couloir de sa demeure, un sourire satisfait de sa taquinerie. Dans la pièce, le silence se fit roi. La jeune femme ne savait plus où se mettre alors que son aimé était bouche-bée, se demandant pourquoi il avait eu le droit à de telles paroles. Le chef de famille avait-il constaté le début de son érection ? Il espérait que non, afin ce qui a été fait, était fait. Il se tourna alors vers sa copine. Il culpabilisa instantanément. En effet, sa frange cachait son visage qui était baissée, le cachant à sa vue. Pourtant, un tremblement ainsi qu'une aura de tristesse et une gêne totale émanait d'elle, lui broyant le coeur. Cependant, pour quel raison ? Etait-elle déçue comme lui de cette interruption ? Sûrement. A moins qu'elle regrettait ce qui venait d'arriver. Il sortit tout de suite cette idée de son esprit. Elle avait semblé réceptive à son désir, alors le regret ne devait pas être son guide. Il soutint donc sa première hypothèse.

"- Je suis désolé Hinata, s'empressa-t-il d'affirmer en reprenant sa place à ses côtés. Ce n'était ni le lieu, ni le moment. J'ai failli nous mettre dans une situation des plus embarrassantes."

A cette phrase et sentant qu'il lui prenait tendrement la main, la jeune femme releva la tête et lui présenta un timide sourire. Il était vrai qu'ils auraient pu être surpris dans une position des plus compromettantes par Hiashi. Elle remercia le ciel de ne pas avoir vécu l'embarra de se présenter à lui avec Naruto sur elle et peut-être eux deux à demi-nus si la situation avait suivi son cours. Elle avait très peur de sa colère s'il avait constaté qu'elle ne respectait pas les convictions et les traditions familiales. Elle était certaine qu'il lui aurait sommé de rompre avec son blond. D'un autre côté, Hinata était redevable à son père d'être arrivé à temps. Bien qu'elle aimait d'un amour profond son copain, elle désirait encore conserver sa virginité et si possible jusqu'à ses noces. De plus, elle ne voulait pas l'offrir, alors que la crainte lui broyait le coeur, la crispant au point qu'elle n'aurait pas apprécié ses empressements.

En effet, du moment où la peur l'avait assaillie, les caresses de Naruto, qu'elle avait plus qu'apprécier au début, n'avaient été que brûlures pour elle et oppression à la fin. Elle était presque certaine que ce n'était pas ce que deux amants devaient ressentir au moment de former un seul être. L'unisson devait raisonner entre eux, enfin, c'était ce qu'elle pensait être juste. Ajouté à cela, Hinata se sentait un peu mal par rapport à lui. Son petit-ami culpabilisait d'être le responsable de cette situation, alors qu'elle n'avait pas su le repousser. Il n'était donc pas le seul à en prendre la responsabilité. Un certain regret était également présent, contrairement à ce que pensait Naruto : le regret de n'avoir pas su lui faire comprendre et de ne pas réussir à lui parler de ce qu'elle souhaitait en termes de sexualité. Pourquoi n'arrivait-elle pas à lui faire ce genre de confidence ? Vu l'heure et désireuse de le rassurer, elle s'était donc présentée à lui, un sourire aux lèvres, en espérant que cela lui suffirait.

La serrant contre lui à son attitude rassurante, Naruto profita d'elle encore un petit moment avant de se décider à partir. Ce laps de temps permit à son entrejambe de se calmer. Se levant et prêt enfin à rentrer chez lui, il la conduisit sur le perron sur lequel il captura une dernière fois ses lèvres. Ce baiser fut plus sage, plus doux que tantôt, mais les combla tout autant. Puis, Hinata le regarda s'éloigner d'elle à l'intérieur de la voiture de la firme Hyuga. Heureuse, bien qu'un peu chamboulée, elle alla terminer sa soirée sous sa couette. Le blond en fit de même après une bonne douche sous laquelle il se soulagea de la tension sexuelle qui existait encore un peu en lui, soufflant le prénom de sa dulcinée au moment de la jouissance. Il s'endormit en se traitant tout de même d'inconscient de s'être jeté ainsi sur sa petite-amie, telle une bête fauve, sans penser aux éventuelles conséquences. En effet, réfléchissant à la situation, la tête et ses ardeurs refroidis, il s'était souvenu qu'il avait oublié de glisser dans son portefeuille ou la poche de son pantalon un préservatif.

Finalement, bien qu'il aurait bien voulu continuer, il reconnut que l'arrivée de Hiashi l'avait empêché de commettre une imprudence. Bon, puceau, il était vierge de toutes maladies sexuellement transmissibles, enfin normalement, sauf peut-être des mycoses qui peuvent s'attraper avec une mauvaise hygiène intime. Heureusement, pour lui, il changeait tous les jours ses sous-vêtements, se lavait quotidiennement et les mains à chaque fois qu'il allait aux toilettes. Le risque était donc presque néant. La supposant également sans expérience dans le domaine sexuel, sa douce devait être dans la même situation que lui, donc pas de contamination possible entre les deux. De plus, cela ne l'aurait pas dérangé plus que cela de devenir père. Cependant, peut-être que ce n'était pas le cas d'Hinata et puis, les deux ne disposaient pas encore d'une situation financière et sociale stable pour accueillir un enfant. Les études devaient être leur priorité, enfin pour le moment. D'ailleurs, Naruto, dès son entrée dans sa chambre, avait glissé dans son sac une protection qui, ainsi en permanence avec lui, ne pourra plus être oubliée.

Le lendemain, ce fut le départ d'un Naruto, tellement dans ses pensées et le dégoût de quitter Hinata que ce fut Sasuke qui prit le volant de leur voiture. Arrivés à l'école préparatoire, les deux meilleurs amis se réinstallèrent dans leur chambre pour se préparer à affronter un nouveau trimestre. Quand à la Hyuga, elle prépara également sa prochaine rentrée pour ne pas trop penser à leur séparation temporaire. Elle alla même jusqu'à s'occuper l'esprit en apportant son aide à la cuisine et auprès de sa soeur qui, elle aussi, devait reprendre sa scolarité le lendemain. Le soir venu, alors qu'elle s'apprêtait à aller se coucher, elle reçut un appel. Identifiant le numéro de son petit-ami, elle se jeta sur son téléphone et passa le reste de la soirée à parler avec lui. La conversation dura si longtemps qu'Hinata s'endormit le combiné à l'oreille sous la voix suave de Naruto. Ce dernier, n'entendant plus sa douce lui répondre, sourit l'imaginant endormie. Il lui souffla une bonne nuit et raccrochant, la suivit au monde de Morphée.

Durant les semaines qui suivirent, le train train quotidien reprit ses droits entre sorties entre amis le week-end, études et examens. Du côté des futurs officiers, Naruto eut droit aux félicitations de ses camarades pour sa mise en couple avec l'héritière Hyuga. D'autres le taquinaient en insinuant qu'il n'aurait plus besoin de craindre son avenir financier puisqu'elle était destinée à régir un sacré pactole à la mort de son père. Bien que fier, plus d'une fois, il dut remettre les pendules à l'heure de ces moqueurs. Il comptait bien survenir à ses besoins et à ceux de sa future famille par ses propres moyens. Les responsables de ces moqueries gentillettes les oublièrent bien vite et s'en désintéressèrent rapidement. Par contre, ce ne fut pas le cas d'autres qui n'arrêtaient pas d'insinuer qu'il devait bien se "vider les couilles" avec elle, vu comme elle semblait "bonne" sur les photos des journaux people. Cela mettait Naruto dans une colère noire où seul Sasuke arrivait à le calmer. C'était également le cas de Shino qui devait plus d'une fois retenir Neji de prêter main forte à leur ami pour laver l'insulte faite à sa cousine. En maintes occasions, les deux avaient été convoqués dans le bureau de l'officier supérieur qui commandait l'école.

Connaissant les raisons de leurs excès de fureur et suite aux témoignages comme quoi ils ne faisaient que défendre l'honneur d'une honnête jeune femme, ce dernier les renvoyait à leurs cours qu'avec quelques blâmes. Celui qui subit vraiment son retour fut Sasuke. Son homosexualité avait fait le tour de l'établissement. Etonnés plus que de raisons, il eut un temps de stupeur et tous réagirent de façon différente. Un tiers s'en fichait complètement, restant neutre dans cette affaire. Un deuxième tiers le félicitèrent de son courage et le côtoyèrent un peu plus, faisant l'effort de le connaître un peu mieux, lui qui leur apparaissait si froid et ne supportant que la présence de Naruto. Ils découvrirent une personne taciturne mais pas si désagréable que cela. Il fallait juste le laisser tranquille. Le dernier tiers avait trouvé l'occasion de s'en prendre à un Uchiwa, jaloux qu'ils étaient de sa situation familiale et sociale. Le ténébreux dut donc faire face à un harcèlement moral de plus en plus impossible à vivre, enfin pour un esprit moins courageux que le sien.

En effet, tous les jours, les harceleurs, qui osaient se servir de son orientation sexuelle pour l'atteindre, se heurtaient à un mur dur comme le fer. Ils essayèrent alors la manière forte mais là encore, ils devaient faire face à deux prodiges des combats rapprochés, l'Uzumaki ne lâchant pas d'une semelle son frère de coeur. Les deux étaient binômes. De plus, ils ne devaient pas se faire prendre par la hiérarchie, sinon c'était le renvoi immédiat. Ils essayèrent donc de profiter des heures de sport, dont les ateliers d'arts martiaux, arts que les deux amis pratiquaient depuis leur plus jeune âge, pour essayer de montrer leur supériorité sur un homosexuel. Cependant, à chaque fois, c'était un échec devant laisser la place de leader à Sasuke et à Naruto ainsi qu'à Neji et à Shino, les quatre se la partageant à tour de rôle. Ne supportant pas cette humiliation, les harceleurs montèrent d'un cran.

Un jour, profitant que le blond était appelé auprès de Neji et Shino sous le prétexte qu'ils détenaient une nouvelle alarmante au sujet d'Hinata, ils étaient allés rejoindre à plusieurs Sasuke sous la douche commune, après une séance sportive plus que musclée. En effet, ils désiraient profiter de sa fatigue et de son isolement temporaire pour se venger de ce qu'ils jugeaient être une humiliation. Perdre devant un homosexuel à tout bout de champ en était une selon eux. Ils avaient décidé d'en lui faire subir une à son tour et des plus douloureuses autant physiquement que psychologiquement. Arrivés par derrière, ils tentèrent de l'immobiliser mais furent contrer par l'Uchiwa qui les avait entendus arriver. S'en suivit un combat d'un contre huit. Bien que courageux et plus que doué, le ténébreux dut se soumettre sous le nombre. Alors qu'il avait été plaqué ventre sur le sol, le visage en sang, des bleus apparaissant sur son corps, le chef de ses assaillants lui dit dans son essoufflement ces quelques mots.

"- Maintenant qu'on te tient, sale tarlouze d'Uchiwa, on va se venger de toutes nos humiliations. Je sens que chacun de nous va prendre son pied en t'enseignant où est ta véritable place."

Comprenant où il voulait en venir, la future victime garda le silence pour ne pas leur donner la satisfaction de les insulter ou de les supplier. Ils ne méritaient pas la moindre goutte de sa salive. Il ne pouvait qu'attendre son sort en se débattant avec ses dernières forces et se préparant à vivre une atroce douleur pendant plusieurs minutes. En tout cas, son silence amplifia la colère de ses prochains bourreaux dont un lui coupa le souffle en lui frappant de son poing ses côtes déjà douloureuses. Puis, alors que leur chef allait le forcer sexuellement, il entendit un cri provenir de l'entrée de la salle des douches communes, lui redonnant espoir.

"- Je vous en empêcherais, bande de connards !"

Soulagé d'entendre la voix de son frère de coeur, Sasuke profita de la surprise que son entrée venait de produire pour se dégager de l'empoignement de ses agresseurs. Il rassembla la dernière étincelle de ses forces pour se redresser et se précipiter vers son meilleur ami qui le poussa derrière lui. Ce fut le signal qu'attendait Naruto qui se jeta alors sur les harceleurs et utilisa toute sa puissance et son imprévisibilité pour leur faire payer leur projet, ainsi que pour les empêcher de s'emparer à nouveau de leur victime. Constatant qu'il était seul, ses adversaires ricanèrent pensant qu'ils auraient un deuxième jouet. Cependant, ils perdirent leur sourire quand ils constatèrent qu'un Uzumaki en colère était plus dur à toucher et à faire tomber qu'un Uchiwa fatigué par sa séance de sport. Ils avaient également oublié que leur adversaire était pratiquement inépuisable. De plus, le blond ne resta pas seul bien longtemps.

En effet, Neji et Shino le rejoignirent alors que certains de leurs camarades de promotion s'occupaient à évacuer Sasuke en le recouvrant d'une couverture pour protéger sa nudité. Ce fut un véritable massacre qui prit fin quand un officier de l'encadrement arriva. Il vit trois jeunes hommes debout, les poings levés alors qu'à leurs pieds, gisaient, gémissant, huit de leurs camarades. Ordonnant au trio de le suivre jusqu'au bureau de son supérieur, il commanda au ténébreux d'aller à l'infirmerie alors que les cadavres ambulants y furent emmenés également sous bonne garde en attendant leur sort. Face à l'officier commandant l'école, Naruto raconta alors les événements.

"- Mon colonel, j'ai été informé par une fausse information que Neji avait reçu une mauvaise nouvelle concernant ma petite-amie. Inquiet, j'ai laissé Sasuke seul, aux douches. Arrivé auprès de mes camarades, ils réfutèrent l'information. Là, nous avons entendu un de nos cadets parler d'une sorte de vengeance dont il aurait espionné l'organisation au tournant d'un couloir. Cela concernait Sasuke. Craignant le pire, nous avons couru vers la salle des douches. Devançant mes compagnons, j'ai vu ces salauds maintenir Sasuke au sol alors qu'un des leurs s'apprêtait à le violer. Neji, Shino et moi n'avons fait que défendre notre ami et camarade. Avec tout le respect que je vous dois, mon colonel, ils méritaient ce qu'on leur a mis et je recommencerai sans hésiter si cela se reproduisait.

- Je vois, affirma son supérieur. Vous confirmez sa version, messieurs ?

- Oui, mon colonel, répondit Neji alors que Shino approuva en hochant la tête. Bien que je n'ai pas vu la tentative, Sasuke était dans un état lamentable, blessé par plusieurs coups. Il s'était visiblement battu pour se défendre."

Après un moment de silence, l'officier supérieur se leva et suivit par le trio se rendit à l'infirmerie. Là, il constata lui-même l'état de commotion sur le visage de l'Uchiwa et les bleus sur son corps. Le voyant conscient, il lui demanda de lui raconter les faits dont il fut victime, s'il s'en sentait la force bien sûr. Ne voulant pas laisser ses agresseurs impunis, le ténébreux raconta tout, réconfortant les dires de Naruto. Furieux autant qu'encombrer par ce genre d'affaire, le colonel appela la gendarmerie qui prit la déposition et la plainte de Sasuke. Ce dernier informa également Obito qui, horrifié et en colère, lui envoya le meilleur des avocats de la famille. Il fut aussi visité par un médecin légiste qui constata les blessures et fit son rapport.

Les responsables de tout ceci furent renvoyés temporairement de l'école préparatoire le temps de l'enquête. Celle-ci ne dura que quelques jours, tous voulant témoigner de ce qu'ils savaient. L'avocat des Uchiwa les poursuivit sous le crime de tentative de viol devant la cours d'assisse. Le procès se déroula sous quelques semaines à huit clos à la demande du ténébreux. Les accusés furent condamnés entre 15 ans et 20 ans de prison grâce aux témoignages, à l'aveu de certains d'entre eux et au certificat médical. Le renvoi se transforma en définitif et avec un casier judiciaire pour violence sexuelle, aucun des coupables ne pouvait maintenant plus espérer rentrer dans les forces de l'ordre ou l'armée ou toutes institutions publiques.

Depuis ce jour, le quatuor bénéficia d'un nouveau respect de la part de leurs compagnons d'école préparatoire. Sasuke n'eut plus aucuns problèmes et fut encore plus admiré pour son courage. Il avait tout de même réussi à tenir et à bien dérouiller ses agresseurs avant de tomber. Le combat de Naruto, avant l'aide de ses deux amis, avait fait le tour de l'établissement, augmentant leur aura de combattants imbattables. De plus, les agresseurs furent qualifier de lâches, oui, lâches de s'être mis à plusieurs pour violenter un camarade et cela juste par esprit de vengeance et parce qu'ils ne supportaient pas l'homosexualité. Cependant, pouvait-on dire que Sasuke ne souffrit d'aucunes séquelles de cet épisode ? Malheureusement, non. Comme toutes agressions qu'on se soit pour un homme ou une femme, il dut faire fasse à quelques cauchemars et une légère angoisse quand il se retrouvait une nouvelle fois aux douches. Heureusement, Naruto et leurs deux autres amis ne le lâchaient plus d'une semelle, le blond lui parlant tranquillement pour le rassurer dès qu'il était plongé dans des songes noirs la nuit.

Petit à petit, le ténébreux remonta la pente et cela grâce à son entourage, à l'orgueil de son sang d'Uchiwa et à celui d'avoir tout fait pour se défendre. Il ne s'était pas rendu sans vendre chèrement sa peau. Comme quoi, l'orgueil, quand il était tenu dans certaines limites, pouvait être une qualité, surtout quand on avait besoin d'une force morale et de caractère pour se sortir d'un mauvais pas ou survivre à une mauvaise expérience. Celui qui eut le plus du mal à garder son calme fut Juugo. Ce dernier était rentré en crise quand il a su ce qui s'était passé. Il se serait jeté sur les accusés lors du procès sans l'intervention de son amant et d'un traitement préventif administré par Tsunade qui était présente en tant que soutien psychologique. La seule question qui tourmentait le ténébreux était pourquoi des hétérosexuels pouvaient avoir le désir de le violer, comment pouvaient-ils être excités à l'idée de prendre du plaisir à le sodomiser brutalement.

Il eut la réponse lors d'un week-end à Konoha que le quatuor retrouvait une fois sur deux. Le plus impatient de ces retours étaient bien sûr Naruto qui se jetait littéralement sur Hinata, et plus précisément sur ses lèvres, dès qu'il la voyait l'attendre au salon de sa demeure. En effet, la Hyuga tenait à être présente à chacune de ses arrivées. Cependant, avec ce qui c'était passé, leurs retrouvailles avaient été quelque peu chamboulées car le blond mettait un point d'honneur à rester présent pour son frère de coeur qui, bien qu'il ne le montrait pas, était quelque peu perturbé par son interrogation. Hinata n'en ressentit aucune meurtrissure, bien qu'elle aurait aimé passer du temps rien que tous les deux, car elle comprenait son souhait. De plus, Sakura ne pouvait pas être d'un grand soutien, refusant toujours de s'associer à eux. Cette attitude d'indifférence au sort de son ancien coup de coeur blessa les deux meilleurs amis, mais ils décidèrent de laisser cela de côté. Il existait maintenant une priorité : répondre à la question du ténébreux pour enfin espérer le faire sortir de son angoisse.

Ce fut Jiraya qui lors d'une de ses visites et profitant d'une soirée entre hommes, qui la lui apporta ainsi qu'à leur groupe masculin, tout ouïe. Afin d'être bien compris le sexologue leur rafraîchissait la mémoire en leur rappelant la physionomie de leur phallus avant de s'attaquer au comment du pourquoi.

"- Le sexe de l'homme se compose de deux grands ensembles : les bourses et le pénis. Les bourses ou scrotum sont le contenant, deux poches de peau et de muscles qui contiennent chacune une glande appelée testicule. Cette dernière a pour fonction de produire les spermatozoïdes et de les stocker dans un corps serpentin en attendant une éjaculation. Les bourses sont plus ou moins fermes selon l'individu, l'âge et les circonstances. Ainsi, elles ont la particularité de se contracter, par exemple sous l'effet du froid, ou de se relâcher sous la chaleur ou à cause de l'âge vieillissant. C'est une zone érogène non négligeable pour l'homme tant que sa partenaire y fait attention, car une mauvaise manoeuvre peut être source d'une grande douleur.

Le pénis est coupé en deux parties : Le gland et la hampe. Le gland est, avec le frein (délicate languette de tissu unissant ce dernier à la hampe), la zone érogène dont l'excitation assure l'éjaculation. C'est une calotte de chair pourpre plantée en tête de la hampe. Au repos, il est recouvert et protégé par le prépuce, repli de peau plus ou moins long et lâche, présent depuis la naissance et qui peut être circoncit selon les coutumes ou un contexte médical. En érection, le prépuce laisse la place au gland en le décalottant.

La hampe en constitue le corps principal, véritable passerelle entre les bourses et le gland. Elle est composée d'un tissu érectile qui se gonfle lorsque le cerveau, sous l'effet des hormones, commande la dilatation des artères qui l'irriguent. En effet, il n'existe aucun os au sein du phallus. L'érection n'est donc possible que par l'afflux de sang dans ce qu'on appelle les corps caverneux, sorte de poches qui ont la consistance d'une éponge. Ces derniers se situent de chaque côté du canal central, l'urètre, qui expulse autant l'urine que le sperme à l'extérieur du pénis au travers du méat. Bien sûr, lors de l'éjaculation, aucune urine ne peut passer. En effet, lorsque l'homme est en érection et que la verge se durcit, les muscles péri-vésicaux, près de la vessie, comprime le canal qui va de la vessie à l'urètre, empêchant ainsi l'urine de s'écouler. De plus, la prostate, situé juste sous la vessie et entourant la base de l'urètre, grossit au cours de l'acte sexuel, formant un barrage à l'urine, et secrète un liquide clair qui entre dans la composition du sperme.

Sous l'effet de l'excitation sexuelle, caresses, vision ou pensée érotique, de la testostérone est produite entraînant des signaux hormonaux. Ces derniers sont alors transmis du cerveau jusqu'à la verge, en passant par la moelle épinière et les nerfs érecteurs. La tension artérielle augmente et les corps caverneux se gorgent de sang. Les contractions des muscles du pubis et du périnée s'occupent du reste. Le sexe se durcit alors et se redresse, témoin de son désir. Toutefois, une érection involontaire peut également juste survenir à la suite d'une sollicitation mécanique ou réflexe, par exemple lors d'un examen médical de la prostate ou une coloscopie ou suite à une effroyable douleur augmentant l'adrénaline et la tension artérielle donc de l'afflux sanguin dans le corps. Ainsi, un phallus peut se durcir sans avoir aucune envie sexuelle, réagissant juste aux stimulations produites et aux hormones.

- Une douleur !? S'étonna Kiba qui parlait un peu pour tout le groupe. Alors, c'est que le mec est masochiste, comme dans certains hentaï. Vous savez ceux où on en voit un se faire violer en subissant des sévices et des coups soit par des hommes ou des femmes. On le voit avoir une érection et même du plaisir, reconnaissant alors qu'il est maso et parfois en redemandant d'ailleurs.

- Je vais devoir te contredire, mais les manga ou les films pornographiques ne sont que mensonges dans certains de leur scénario de viol, que des fantasmes qui ne reflètent pas la réalité, reprit Jiraya. Oui, le milieu sado-masochiste existe. Oui, il a des adeptes, mais ces derniers sont consentants, sachant très bien à quoi s'attendre, contrairement à une victime de viol. Les pratiquants de ce penchant sexuel sachent très bien faire la différence entre la douleur induisant du plaisir et la souffrance pure et dure qui n'apporte que destruction. Ils savent alterner entre gestes brutaux et caresses au bon moment et au bon endroit. S'ils forcent une personne, tentant de la faire rentrer dans leur rang, ce sont des criminels, rien de plus.

- Ok, mais alors pourquoi un mec, victime de viol, a une érection et parfois une éjaculation si elle n'est pas consentante et s'il a mal ?

-Car cet homme n'a pas le choix et que c'est un moyen de défense de son organisme, alors qu'il souffre ou qu'il le refuse. Le violé ne peut rien y faire, son corps réagissant de lui-même, mécaniquement, répondant à la production de testostérone dû aux stimulations, à moins d'avoir une énorme maîtrise de soi. Malheureusement, plus le temps du viol durera, plus la réaction se fera inexorablement et contre sa volonté. Les érections peuvent donc être ou non liées à un contexte sexuel consenti."

Bien qu'instructif, ce discours fit frémir Sasuke à la pensée que son organisme aurait pu réagir contre sa propre volonté. Juugo lui serra la main pour l'encourager à écouter la suite de l'intervention de Jiraya qui était entrain de boire un verre d'eau avant de reprendre.

"- Dans le cas de Sasuke, je ne pense pas que ses agresseurs se sont découverts un penchant homosexuel du jour au lendemain. Leur acte démontre un désir de le soumettre à leur volonté et de le briser physiquement et psychologiquement. Ils ont voulu le dominer d'une manière ou d'une autre. Ce désir de domination a été suffisant pour engendrer une excitation sexuelle, mais issue d'un mécanisme réflexe et non d'un désir érotique. C'est le même processus que durant les différentes guerres où des soldats violaient les épouses des vaincus pour leur montrer qu'ils sont les plus forts et eux rien, des incapables de protéger leur famille. Les agresseurs de Sasuke ont laissé leur côté bestial, prendre le dessus, comme dans une meute de loups, oubliant leur propre humanité.

Il faut savoir que dans une meute de loups ou de chiens, seul le couple alpha a le droit de se reproduire et cela devant tous leurs congénères pour asseoir leur dominance sur eux. En voulant commencer, le chef des violeurs a voulu montrer sa place hiérarchique dans le groupe. Cependant, ils ont voulu aller plus loin. En effet, ils avaient tous prévus de le violer, contrairement aux loups dont l'alpha punit celui qui ose tenter de se reproduire à sa place. Il est vrai qu'il arrive qu'un chien ou un loup, quelque soit son sexe, simule un accouplement en montant sur un de ses congénères ou la jambe de son maître. Cependant, il ne faut pas y voir dans ce comportement le désir de se reproduire ou de coït, car il n'y a pas de pénétration ou d'érection. C'est une façon de dire à l'autre, je suis plus haut que toi dans la hiérarchie et si tu te laisses faire, alors c'est que tu reconnais ma supériorité sur toi. Ainsi, Kiba, si Akamaru simule un accouplement sur toi ou un membre de ta famille, il veut vous signifier qu'il se met au dessus de vous et si vous ne le rejetez pas, il considère que vous acceptez son autorité."

A cette observation, l'Inuzuka tiqua et grogna dans sa barbe en murmurant qu'il devait faire attention à l'avenir à leurs invités. En effet, son chien n'avait pas tendance à le faire avec sa famille mais par contre, sur leurs convives, c'était une autre histoire.

"- Chez l'être humain, les violeurs vont jusqu'à la pénétration, se rabaissant encore plus bas qu'un animal car quand leur congénère refuse de se laisser faire, le loup respecte, s'arrête et s'éloigne, parfois la queue entre les jambes pour s'éviter une blessure dûe à une morsure. C'est pourquoi j'affirme que les agresseurs de Sasuke, en plus de vouloir asseoir leur supériorité sur lui, ont voulu apporté que destruction. Le fait de résister, que je trouve très courageux, à renforcer leur colère et leur volonté d'aller jusqu'au bout. Entendons-nous bien, même sans aucune résistance de la part de Sasuke, ils auraient continué leur crime sans l'intervention de Naruto. C'est pourquoi, dans certain cas, certains mammifères sont supérieurs aux être humains car ils savent où et quand s'arrêter, respectant d'une certaine manière leur congénère, enfin je trouve."

Le discours de Jiraya fut suivi par le silence du groupe de garçons. Tous étaient dans leur pensée, entrain d'analyser chaque parole du sexologue. Il était vrai que même si le monde animal était brutal où c'était les plus forts qui survivaient, chaque espèce avait leur code et les respectait pour pouvoir vivre ensemble. A l'inverse, l'être humain était capable d'énormément d'atrocité, allant jusqu'à s'opposer et contrer les lois qu'eux-mêmes ont instauré ou les détourner à leur dessein. Sasuke avait failli en être victime. Se tournant vers lui, Naruto le vit encore quelque peu secouer par les révélations de son parrain sur les réactions mécaniques chimiques de l'organisme humain face à une stimulation involontaire de la raison. Juugo tentait de le rassurer en restant pressant pour lui. Il ne s'était pas laissé faire et devrait en être fier, ce qu'il continuait à être d'ailleurs, et heureusement. Le blond sentait que son frère de coeur aurait besoin de temps pour digérer cela. Cependant, il avait besoin de savoir comment il allait.

"- Sasuke, ça va ?

- Ouais, ça peut aller, éluda le ténébreux en refusant tout de même de lever les yeux vers lui.

- Excuse-moi d'insister mais je te connais bien et je vois que tu n'es pas vraiment en forme.

- Pft, souffla l'Uchiwa en le fixant cette fois, les sourcils froncés. Naruto, j'ai failli me faire violer. Je viens de découvrir que j'aurai pu avoir une érection à cause de la douleur et des stimulations et cela malgré ma volonté d'y résister. A ton avis, comment mes agresseurs auraient réagi à cette vision de moi dans cet état ?

- Euh et bien...

- Ils auraient sans doute crié partout que j'aimais me faire forcer pour me faire dominer et ils auraient eu un autre sujet d'harcèlement que mon orientation sexuelle. J'aurai vécu un véritable enfer, cria cette fois Sasuke en se levant.

- Pardon, Sas'ke. Je ne voulais pas..., fit désolé Naruto, la mine basse, fixant le sol d'un regard désespéré par son idiotie. Je veux juste t'aider.

- Je sais, s'adoucit son meilleur ami en le voyant dans cet état. Cependant, je suis fatigué qu'on me demande toutes les cinq minutes si je vais bien. Tu les a empêchés de me toucher et je t'en remercie, mais maintenant, j'ai besoin d'avancer et de laisser cela dans mon passé. Je sais que je ne pourrais jamais oublier, mais je ne veux pas me laisser enfermer par ce qui s'est passé. Si tu veux m'aider, reste toi-même.

- Très bien, j'en prends note.

- Je vois que tu prends cela avec philosophie, Sasuke, intervint Jiraya.

- Mmm, répondit Sasuke. Ce n'a pas toujours été le cas, surtout au début, mais le psy que je vois à l'école m'aide beaucoup à réorganiser mes idées. Et puis, la constitution de notre quatuor me permet de garder la tête hors de l'eau.

- Et oui, il ne faut pas sous-estimer le soutien de l'entourage pour s'en sortir," sourit le sexologue.

Cette simple phrase fit tiquer Naruto et l'image de Sakura lui apparut au fin fond de l'esprit. Encore une fois, la situation le renvoyait à elle et à la déception de ne pas la voir soutenir son meilleur ami. Finalement, Sasuke fut plus courageux que la rose d'accepter la main tendue d'un professionnel et de leur amitié. Quand fera-t-elle le pas, ne pouvait-il pas s'empêcher de penser ? En tout cas, il était heureux de compter sur Hinata. A cette pensée, il rougit quelque peu car elle fut présente et compréhensive, bien plus qu'il aurait pu le soupçonner. Combien de week-end avait-elle accepté qu'il les consacre à son frère plutôt qu'à elle ? Combien de fois était-elle venue chez lui pour lui cuisiner de bons petits plats, parce que c'était le seul moyen pour que leur couple puisse se voir et que Sasuke préférait ne pas trop sortir ? Pas mal, si ce n'était pas tous et seulement à sa supplique, poussé par son désir de soutenir le ténébreux. Les rougissements amoureux cédèrent leur place à ceux de la gêne et de regret. Il se rendit compte qu'il n'avait rien fait pour la remercier de son dévouement. Il se promit de se rattraper et très bientôt.

Naruto sortit de ses pensées quand il entendit Kiba prendre la parole.

"- Des fois, je préférerais être un chien ou un loup. Au moins, ils se respectent et évitent de détruire des vies pour rien.

- Ouais, ce n'est pas faux. Moi, ce serait un paresseux ou un koala. Passé mon temps à dormir, ce serait le pied," fit à son tour Shikamaru.

Tous rigolèrent, même Sasuke sourit à cette intervention. Bizarrement, il se serait vu plus en serpent alors qu'il imaginait bien le blond en renard. Il en avait le caractère et l'espièglerie. Enfin, pour le moment, l'Uchiwa posa ses yeux sur le Nara qui affichait un visage sérieux et cela malgré sa plaisanterie. Il n'attendit pas longtemps pour en comprendre la signification.

"- Blague à part, continua le petit-ami de Temari. Il y a quelque chose que je n'arrive pas à m'expliquer. Comment des animaux puissent faire pour savoir quand s'arrêter dans leur agressivité alors que les hommes tuent ou violent avec ou sans discernement ? Ne sommes-nous pas les mammifères les plus intelligents de la planète ?

- Très bonne question, Shikamaru, remarqua Jiraya. C'est justement parce que nous disposons d'une intelligence hors norme, grâce à notre néo-cortex, que nous sommes capables du meilleur, comme du pire. Tous nos agissements et nos décisions sont dûs à l'interaction positive ou négative qui existe entre nos trois cerveaux.

- Trois cerveaux ? S'étonna tout le groupe d'amis.

- Et oui, nous disposons de trois cerveaux, alors que les autres mammifères n'en ont que deux, précisa Jiraya avant de constater que le flou continuait à habiter ses interlocuteurs. Bon je vais essayer de vous l'expliquer. J'espère juste être assez clair pour que vous compreniez, car c'est assez complexe."

Tous s'installèrent le plus confortablement possible et s'apprêtèrent à écouter encore une longue explication du sexologue, en espérant qu'ils auront d'autres réponses à leur question : pourquoi les hommes allaient jusqu'au bout de leur noirceur, à l'opposé des animaux.

"- Bien, comme je le disais, les mammifères, comme les loups, les lions et autres, hors humains, possèdent deux cerveaux distincts, mais complémentaires : le cerveau reptilien et le cerveau limbique.

Le cerveau reptilien, dit aussi cerveau primitif, archaïque et primaire, aurait environ 400 millions d'années. Il remonterait à l'époque où des poissons sortirent de l'eau et devinrent batraciens. Il assure les fonctions vitales de l'organisme en contrôlant les besoins fondamentaux, la fréquence cardiaque, la respiration, la température corporelle, l'équilibre, la reproduction basique, la fuite ou le combat en cas de danger,..., en gros les réflexes nécessaire à la survie. Il est fiable, mais a tendance à être plutôt rigide et compulsif...Sa réaction face à une situation quelconque est automatique et prévisible. Il joue également un rôle important dans l'expression de certaines fonctions cognitives : l'attention, les réactions de peur...

Le cerveau paléo-mammalien, ou cerveau limbique, serait le deuxième apparu avec les premiers mammifères. Il serait à l'origine des principaux comportements instinctifs, ne répondant à aucune logique. Il déclencherait les réactions d'alarmes face à un danger ou l'attachement affectif. Cette partie du cerveau est donc hautement spécialisée dans la mémorisation à long terme et la prise de décision en fonction des comportements en société "mammifère", notamment les différents rituels : intimidation, affrontement, séduction, soumission... Il est aussi capable de mémoriser les comportements agréables ou désagréables, poussant l'individu à agir en conséquence. Ainsi, la peur du danger d'une morsure de serpent vient de la mémorisation de l'espèce sur plusieurs générations grâce à ce cerveau. Dès la vue d'un aspic, le souvenir de la dangerosité mortelle entraîne une fuite instinctive.

Ces deux structures cérébrales communiquent et s'influencent mutuellement. Ainsi, les stimuli contenant les informations sous forme d'hormones ou d'influx nerveux arrivent au cerveau reptilien. Ce dernier va les analyser et déterminer les priorités dont la toute première est de subvenir, quoi qu'il arrive, aux besoins vitaux. Par exemple, l'odeur d'une proie va déclencher chez les loups le besoin de se nourrir et donc un réflexe de survie. Cependant, face à un cerf en pleine forme, les canidés ne peuvent rien faire seuls. Le cerveau reptilien va donc faire monter l'information au cerveau limbique. Ce dernier va donc provoquer l'instinct des loups à s'organiser sous les ordres de l'alpha pour pouvoir chasser efficacement leur gibier et ainsi satisfaire leur besoin de remplir leur ventre de nourriture.

C'est le cerveau limbique qui régit également leur capacité à savoir quand s'arrêter lors d'affrontement entre membre d'une même meute ou lors d'un accouplement non souhaité. Les loups évitent en réalité toutes blessures inutiles qui pourraient mettre leur vie ou celle de leurs congénères en danger. Ainsi, lors de combat, quand il sait qu'il est inférieur, le canidé se met en position de soumission face au vainqueur. Mais qu'est-ce qui empêche ce dernier d'en finir en le tuant ? Et bien, toujours le cerveau limbique qui répond au besoin de survie du cerveau reptilien. En effet, en le tuant, le gagnant risque de retirer de la meute une force non négligeable pour chasser des grosses proies, et donc de se mettre lui-même en danger de mourir de faim. Tout est fait pour que tous puissent vivre en harmonie, en évitant le plus possible les blessures et les morts inutiles.

Comme je l'ai dit, le cerveau limbique est le gardien de la mémoire à long terme. C'est lui qui permet aux éléphants par exemple de se souvenir des lieux où ils ont perdu un des leurs avec qui ils ont développé un attachement. Cependant, à un moment donné, ils doivent continuer leur route, laissant leur mort derrière eux, et cela pour continuer à survivre et donc de répondre aux désirs du cerveau reptilien. C'est lui aussi qui amène la matriarche à exiler du troupeau un jeune mâle qui a essayé de forcer une femelle à se reproduire. Cette réponse du cerveau limbique à cette situation vient également du besoin de son confrère à éviter la consanguinité et ainsi l'appauvrissement du code génétique et donc la disparition de l'espèce.

Grâce à l'attachement que permet le cerveau limbique, une lionne peut rester près d'un de ses petits blessé pour l'encourager à continuer à la suivre. Malheureusement, elle a aussi le devoir de protéger ses autres lionceaux et rester avec le blessé risque de les mettre en danger face à des hyènes. Elle est donc obligée de répondre aux signaux de son cerveau reptilien d'abandonner son petit accidenté pour préserver la vie des autres. Tout est une question de survie dans la nature.

- Mais alors pourquoi, les lions tuent les petits ? Posa un des garçons.

- Toujours une question de survie, mais de son code génétique, donc tu peux ajouter le besoin primitif de reproduction. Après avoir remporté le combat contre le mâle dominant déjà présent, le lion vainqueur est obligé de tuer les petits existants pour pouvoir se reproduire, car les femelles ne pourront pas revenir en chaleur tant qu'elles ont des lionceaux encore dépendants d'elles. Cet instinct ne serait pas possible si les lions disposaient d'un néo-cortex.

- Le néo-cortex ?

- Oui, le néo-cortex ou le cerveau cognitif "humain" ou encore néo-mammalien. C'est le fameux troisième cerveau dont dispose l'Homme. Tout comme les autres mammifères, le cerveau humain est composé d'un cerveau reptilien situé le plus profondément et d'un cerveau limbique, juste au-dessus de ce dernier. Le néo-cortex, localisé à la surface du crâne, serait le résultat de la troisième et dernière phase de l'évolution. Il n'aurait que 3,6 millions d'années, date d'apparition des australopithèques africains qui avaient la particularité d'être bipèdes. Ceci implique un développement accru du cerveau grâce à l'expérience, à l'alimentation plus riche en viandes cuites, en fruits et légumes. Le néo-cortex prend donc de l'importance chez les primates et culmine chez l'humain avec nos deux gros hémisphères cérébraux.

Il permettrait notamment le raisonnement logique, le langage, l'anticipation des actes, la pensée abstraite, l'imagination. Il est le siège de la conscience et des activités cognitives les plus sophistiquées. Ainsi, n'ayant pas ce cerveau, le lion n'a pas de conscience et donc peut s'en prendre aux petits sans risquer de culpabiliser. Le néo-cortex intègre l'ensemble des données en provenance des autres centres de décisions cérébraux et des références sensitives qui lui parviennent. Ainsi, les stimuli arrivent au cerveau reptilien qui l'envoie à son confrère limbique pour enfin, arriver au néo-cortex. Ce dernier analyse toutes les informations, les traite avec logique et soumet ses recommandations aux deux autres cerveaux. Cela le fait passer pour le plus puissant des trois. Cependant, chacun d'entre eux a leur spécificité et apporte leur contribution à leur grande connexion sans prendre le contrôle sur l'autre, enfin quand tout va bien.

Le cerveau reptilien et celui limbique ont les même rôles que chez les autres mammifères, avec une particularité pour le cerveau limbique. En effet, chez ce dernier, se situe la création des émotions humaines. C'est le siège de nos jugements de valeur, souvent inconscients, qui exercent une grande influence sur notre comportement. Il agit donc grandement sur les mécanismes de motivation, la nature et l'intensité des sensations. Les trois ont donc des fonctions différentes et interagissent en permanence tout en préservant une relative indépendance.

Cette connexion prend sa racine sur cinq niveaux de besoins et une pyramide des priorités. Il existe les besoins physiologiques, régi par le cerveau reptilien (tous les besoins vitaux du corps humains : respirer, boire, manger, dormir, absence de danger...), de sécurité physique, morale et matérielle, d'amour et d'appartenance que s'occupe le limbidique (instinct grégaire d'appartenance à un groupe, d'intégration et d'affection), d'estime de soi (reconnaissance de ses qualités par les autres) et d'accomplissement (se réaliser, de faire preuve de créativité) ordonnés par le néo-cortex.

La modélisation sous forme de pyramide des priorités matérialise la relation entre ces cinq niveaux. Théoriquement, un besoin d'affection, de sécurité ou de confiance en soi ne peut pas être satisfait avant l'un des besoins vitaux. Un enfant à la naissance agit en fonction de l'instinct des deux premiers cerveaux, avec comme appui la mémoire de l'espèce. Ainsi, en satisfaisant tout d'abord son besoin de manger, il peut ensuite se concentrer sur son besoin d'amour et d'interaction avec son entourage, et plus spécialement sa mère. Au fil du temps et des jours, sa curiosité, les émotions que créée la satisfaction de ses besoins vitaux et ses échanges avec les autres vont enrichir ses connaissances et les possibilités de son néo-cortex. Le ventre bien plein, un amour familial et sa sécurité comblés, son jugement et ses sensations grandis, l'enfant va pouvoir satisfaire son besoin de construction de son intellect et de sa personnalité. C'est pourquoi l'expérience emmagasinée depuis la naissance a autant d'impact sur notre façon de nous comporter et que les traumatismes peuvent tout détruire chez un être humain.

Cette priorisation se vérifie dans d'autres exemples. Comme, voyons..., si vous tendez une branche avec dessus une feuille de Sudoku à une personne en train de se noyer, elle aura fort à cœur de s'y agripper (instinct de survie du cerveau reptilien), plutôt que de remplir fiévreusement les petites cases (calcul dans le néo-cortex, aspect ludique dans le cerveau limbique). Cependant, le néo-cortex dispose en plus d'une possibilité particulière qui peut être un sacré atout comme tout court-circuiter : l'anticipation.

Cette dernière nous permet de simuler mentalement une situation, et de pouvoir ressentir dans une certaine mesure ce que nous ressentirions si cela se passait réellement. Pour cela, on peut dire que le néo-cortex "abuse" ses petits camarades des étages du dessous en leur envoyant de fausses informations sensorielles. Cette capacité de "visualisation" est utilisée, par exemple, en méditation, en sophrologie, par les sportifs de haut niveau qui visualisent l'épreuve avant la tenue de celle-ci. Par exemple, un cavalier qui fait à pied le parcours d'obstacles en réfléchissant au comment amener son cheval pour qu'il puisse franchir les barres sans les faire tomber et sans perdre de temps. De leur côté, les pilotes de la Patrouille de France s'imaginent sur leur chaise lors du briefing les figures qu'ils devront réaliser en vol afin d'éviter au maximum les erreurs de pilotage. C'est de là que part le désir de réaliser ses rêves car on s'imagine pouvoir les réaliser et pousser par cette perspective, on essaie de les atteindre. Le problème est que ce potentiel de "tromperie" a des effets pervers à chaque minute.

Le néo-cortex "égoïste" peut avoir la fâcheuse tendance à vouloir plier le monde à l'assouvissement de ses désirs et à le percevoir comme hostile à lui-même dans le cas contraire. Poussé à son paroxysme, ce travers permet la survenue d'actes "illogiques" extrêmes, comme le suicide, la souffrance affective dépassant alors l'instinct de survie. Cela peut donc nous entraîner à commettre des fautes graves et parfois définitives quand on veut absolument atteindre nos objectifs par tous les moyens, quitte à blesser ou détruire les autres. C'est ainsi que des adolescents perdus dans leur souhait d'indépendance, de rupture avec leurs parents et d'accomplir quelque chose de leur vie peuvent se retrouver à aller chercher cette voie dans la drogue ou les sensations fortes ou en prenant la décision d'aller contre l'interdiction de sortie de mettant alors en danger. Cette faille est utilisée par les terroristes pour endoctriner les jeunes en manque de sens critique et de repères, en leur faisant croire en un rêve qui leur apporterait ce qu'ils ont besoin, quitte à les inciter à tuer pour l'atteindre, alors que ce ne sont que des mensonges.

Le néo-cortex n'est pas le seul à court-circuiter le fonctionnement normal de l'interaction entre les trois cerveaux. C'est également le cas du cerveau limbique. Ce dernier remplit le rôle de filtre. Il peut ainsi bloquer toute réactivité du néo-cortex, et anesthésier les infos déplaisantes, arrivant du cerveau reptilien, les empêchant de l'atteindre en l'inhibant totalement ou partiellement. A l'inverse, il peut aussi stimuler certaines de ses zones. Ainsi, le deuxième cerveau peut faire en sorte de contrebalancer l'effet pervers de l'anticipation si cela met en danger un des besoins vitaux ou de sécurité. Malheureusement, cela ne marche pas toujours comme nous venons de le voir avec les agresseurs de Sasuke.

- Comment ça ?

- Et bien, le côté pervers de l'anticipation a fait en sorte que ces derniers veuillent aller à l'encontre de leur conscience. Le désir et la vision de la domination, de la destruction sur Sasuke ont été plus fortes que celle-ci et cela quelque soit les risques encourus en terme de carrière ou pour leur vie privée, donc de leur besoin de survie en satisfaisant la nécessité d'avoir une vie accomplie. Le cerveau limbique n'a pas su empêcher cet aspect pervers du néo-cortex de se produire, allant jusqu'à être aussi bloqué. C'est ce dernier blocage qui laisse le cerveau reptilien maître à bord. Il entraîne l'être humain à aller jusqu'au bout de ses actes même malveillants, ici la pénétration, alors qu'en temps normal, le deuxième cerveau aurait dû l'interrompre, comme pour les canidés.

Tout comme le cerveau limbique de Naruto a fait barrage à l'image déplaisante de Sasuke, au sol, sur le point d'être violé, d'arriver au néo-cortex. Sa capacité de négociation et de raisonnement a été alors anesthésiée pour laisser son instinct de combattant agir en conséquence. Son cerveau reptilien a pris le relais pour qu'il se défende face à ses anciens camarades pour se préserver. Son cerveau limbique a continué ensuite en protégeant son ami, donc son besoin d'amitié. Son néo-cortex a enfin repris le contrôle en lui permettant d'arrêter de frapper, en reconnaissant la satisfaction d'avoir réussi à protéger Sasuke.

- Si tout vient de nos cerveaux, pourquoi les juger coupable ? Ce sont nos instincts qui sont en fait responsable de beaucoup de choses.

- Et bien, parce que nous restons responsables de nos actes grâce à la puissance de notre néo-cortex et parce que nos cerveaux font de nous ce que nous sommes. Ils se construisent à travers nos expériences, nos choix et le contrôle que nous voulons bien appliquer sur nous-même. Rien n'interdisait leur néo-cortex à reprendre ses droits normalement et cela à tout moment et de tout stopper. Rien ne les empêchait d'écouter à nouveau leur conscience qui était toujours présente, mais juste contrecarrée. Dans le cas des agresseurs de Sasuke, ils avaient, de plus, anticipé leur action, la préméditant. A tout moment, ils auraient pu revenir sur leur décision, laissant leur cerveau limbique redistribuer les informations et leur néo-cortex à stopper le côté pervers de l'anticipation. Ajouté à cela, rien n'interdisait à un d'entre eux de s'opposer, même à la dernière minute, mais la peur d'être la prochaine victime ou d'être jugé de dégonflé l'a poussé à laisser les choses poursuivre leur court. C'est aussi cet aspect et ce manque de courage à tout interrompre qui fait qu'on les a jugés coupables.

Leur acte n'a rien avoir avec un violence involontaire ou un meurtre passionnel. Quand un mari voit la femme qu'il aime coucher avec un autre sous ses yeux, l'image est si terrible que le cerveau limbique l'empêche d'atteindre le néo-cortex. La douleur de se voir ainsi blesser peut également l'anesthésier laissant le reptilien régir ses actes, là le meurtre d'un ou des deux amants. On qualifie alors son acte de coup de folie. Cela n'excuse pas tout, mais ce sont des circonstances atténuantes. Entendons-nous bien, je viens de vous décrire le plus schématiquement possible le fonctionnement de notre céphalée. Cependant, il existe énormément de choses que nous ne connaissons pas à son sujet.

Par exemple, bien que trouver l'amour répond au besoin de se reproduire, pourquoi cette personne et pas une autre ? Quels autres besoins comblent le choix fait sur cette personne ? Pourquoi Sasuke est-il homosexuel ? Qu'est-ce qui fait qu'il préfère la compagnie intime d'un homme plutôt qu'une femme ? Est-ce lié à une expérience désobligeante, à un événement de son enfance... ? Quel est donc le processus qui pousse un homme à se sacrifier à la place d'un autre, quitte à mourir ? La survie de l'espèce en sauvant le plus de vie possible ? D'où vient notre altruisme et notre désir à protéger autrui ou à être égoïste ? Qu'est-ce qui se passe pour que les signaux neuronaux soient déformés au point d'entraîner une maladie psychotique chez un individu ? Dans beaucoup de cas, le néo-cortex et la connexion qu'il possède avec les deux autres cerveaux nous cachent encore beaucoup de choses et nous n'arrivons pas à l'expliquer. C'est purement très complexe à comprendre.

- Euh, tout ça est super intéressant, mais ce serait possible de faire une petite pose. Je crois que j'ai la migraine à force de vouloir comprendre toutes ses informations, fit Naruto en se tenant la tête entre les mains.

- Baka, comme tu es, c'est normal que tes neurones surchauffent, ria une voix.

- Eh ! Tu peux parler Kiba. Je suis sûr que tu es dans le même état que moi !

- Et ben non, refusa à reconnaître l'Inuzuka alors qu'il avait passé son temps à plisser des sourcils dans l'espoir d'assimiler toutes les renseignements données.

- Si, réattaqua l'Uzumaki.

- Non", cria Kiba

Une nouvelle gaminerie se déroula sous les rires des autres et cela malgré le regard glacial de Neji pour les interrompre. Durant ce temps de rigolade improvisé, Sasuke eut une dernière question pour le parrain du blond.

"- Jiraya, mon corps aurait-il réagi,..., enfin,..., pourquoi ?

- Là aussi, c'est dû au fait que ton cerveau reptilien, recevant les informations d'un acte sexuel forcé, les auraient envoyés au limbique. Face à la douleur et à ton désaccord provenant de ton néo-cordex, ce dernier aurait bloqué l'influx l'empêchant de prévenir ce dernier de la suite pour le protéger d'une sensation tortueuse et ainsi préserver de la destruction ta raison. La sensation négative l'aurait aussi incité à laisser faire son confrère du dessous pensant préserver le corps en répondant aux stimuli. Ton corps aurait alors réagi par pur réflexe.

- Je vois. Je vais quand même avoir du mal à digérer l'information.

- Et c'est normal, termina Jiraya. Il te faudra du temps pour passer outre. J'ai cependant le sentiment que tu es sur le bon chemin et cela grâce à ton entourage.'

A cette remarque, les deux jetèrent un regard au groupe qui observait toujours Naruto et Kiba entrain de savoir qui allait avoir le dernier mot à leur petite querelle. Sasuke en sourit et reconnut que le sexologue avait parfaitement raison. Sans eux, il n'était pas sûr qu'il aurait réussi à remonter la pente. En tout cas, il s'interdisait à se laisser se morfondre. Il ne voulait surtout pas faire cette faveur à ses agresseurs. Il refusait que ces derniers gagnent d'une manière ou d'une autre. Vidant son verre d'une traite, il s'affala dans son fauteuil. Serrant la main de Juugo posée près de lui, il se laissa porter par les diverses conversations de ses amis. Ainsi, après la chamaillerie des deux troublions du groupe, la soirée suivit son cours, entre rires et anecdotes.

De leur côté, leurs petites amies respectives s'étaient aussi organisées une petite sauterie entre elles, hors Sakura. Bien qu'Ino avait fait le relais de l'invitation, la rose avait encore une fois refusé dès qu'elle avait su qu'Hinata serait présente et que c'était chez cette dernière qu'elles toutes allaient se rassembler. Cette décision fut une énième déception pour la Yamanaka qui commençait à fatiguer de devoir faire des efforts pour ne pas couper leur lien. Enfin, c'était sa décision et elle s'y pliait, la mort dans l'âme, mais elle le faisait.

Pour le moment, l'aimée de Saï pansait sa plaie en participant aux conversations. Ainsi, les jeunes femmes discutèrent de mode, d'actualité, mais surtout de leurs amoureux et de leurs attentions. Bon, il fallait avouer que Temari avait tendance à se plaindre de la fainéantise de Shikamaru. Cela faisait beaucoup rire ses compagnes car toutes savaient qu'elle ne le quitterait sous aucun prétexte, en tout cas, pas pour celui-ci en tout cas.

"- Tu te plains, Temari, mais que je sache au lit, cela n'a pas l'air de te déplaire de prendre le contrôle ou il n'y fait pas vraiment preuve de sa somnolence légendaire. Je me trompe ? Taquina Karui.

- Ca..., ça ne te regarde pas, fit offusquée la No Sabaku, en détournant la tête, une couleur rosée aux joues. Et puis, comment tu le sais ? Il a couché avec toi ? Si c'est ça, il va m'entendre, tiens. Je le castrerai avant de le larguer aux oubliettes.

- Mais non, calme-toi, souffla la petite-amie de Choji. J'aime trop mon homme pour le tromper. Disons, que sous l'emprise de l'alcool, tu as tendance à nous raconter de ces confidences, je ne te dis pas. Parfois, on fait mine de ne pas te connaître tellement tu nous fais honte à nous confier à tue-tête tes parties de jambe en l'air.

- Quoi ?! C'est vrai ? S'époumona Temari en jetant son regard sur le visage de ses autres amies en espérant qu'une d'entre elle réfute cette affirmation mais en vain. Bon, ok. Je crois que je vais arrêter de boire moi.

- Moi, ce que j'aimerai savoir c'est comment il est Naruto, hein Hinata, taquina Matsuri. Alors, raconte-nous. Il est aussi imprévisible que dans la vie ? Doux ? Fougueux ? Infatigable ?

- Euh,..., et bien..., hésita la concerné, de plus en plus rouge, s'entrechoquant ses doigts entre eux.

- Matsuri, voyons, interrompit Ino, soulageant la Huyga mais que pour qu'un court instant. Avant de poser ce genre de question, il faut déjà savoir s'ils ont passé le cap, tu ne crois pas.

- C'est vrai, s'illumina l'aimée de Gaara. Alors, Hinata, Naruto t'a-t-il fait voyager dans le monde du plaisir charnel ?"

A cette question, un lourd silence suivit. La Hyuga ne savait plus où se mettre. Elle tenta bien de parler, mais seul un bégaiement sortit de sa bouche, la gênant encore plus. Bien qu'elle les savait ouvertes et de bonne écoute, elle n'osait pas leur avouer que pour le moment, c'était le calme plat au niveau sexuel et que c'était du fait de sa propre initiative. Elle n'arrivait pas à confier à ses amies que Naruto paraissait très empresser de ce côté là, alors qu'elle freinait par crainte. Depuis la fois dans le boudoir, Hinata faisait en sorte de ne plus se retrouver en situation de tentation et évitait ainsi les pièces isolées ou de se retrouver seul à seul avec son petit-ami dans une chambre pour ne pas se laisser entraîner par les événements. Elle avait pour le moment peur de se voir juger, de faire la confidence sur des convictions qui n'ont plus autant d'impact à notre époque qu'au siècle dernier. L'aînée de Hiashi fut sauvée par l'intervention de Tenten.

"- Mais laissez-la tranquille. Hinata se confiera à nous quand elle le jugera bon. Pour le moment, c'est son intimité et nous n'avons pas y mettre les pieds. Un peu de respect pour la vie privée des gens, surtout si c'est nos amis. Le plus important, c'est que Naruto s'occupe correctement d'elle, non ?"

Toutes reconnurent la justesse de ces paroles et laissèrent leur compagne aux yeux blancs avoir la paix sur cette question. La concernée fut reconnaissante à sa meilleure amie et la remercia en souriant. Pourtant, à sa dernière remarque, Hinata avait serré sa main instinctivement sur son téléphone portable, et eut un voile de tristesse au fin fond de ses prunelles, mais qui passa inaperçu à l'attention de ses camarades. Elle semblait attendre quelque chose qui ne venait pas. Du côté des hommes, constatant l'heure plus que tardive et la fatigue le gagnant, Jiraya prit un dernier verre et s'apprêta à rentrer.

-" Sur ceux, jeunes hommes, je crois qu'il est l'heure pour moi de retrouver mes pénates. Naruto, tu viens avec moi ou tu préfères rester encore ?

- Mmm, je vais rentrer avec toi. J'ai vraiment mal au crâne. Et puis, demain, Hinata s'est proposée de venir à la maison pour nous faire goûter ses bons petits plats. Je vais essayer de me présenter à elle en forme.

- Je te reconnais bien là, ventre sur pattes, rigola son parrain. En tout cas, elle te gâte ta petite-amie. J'espère que tu lui rends la pareille comme il se doit.

- Jiraya ! S'offusqua le blond en rougissant au clignement sournois de l'oeil du sexologue. Bon, Sasuke, tu nous suis en compagnie de Juugo, ou vous préférez dormir ici, chez toi ?"

Le ténébreux hésitait à cette question. En effet, bien qu'il avait envi de cheminer à la suite de son frère de coeur, il se devait de rester présent jusqu'au départ du dernier de ses convives. En tant qu'hôte, c'était son devoir. Le voyant ainsi hésiter, Shikamaru inspira le départ de tout le groupe en soufflant que lui aussi se devait de retourner sous son toit. Ainsi soulagé, Sasuke raccompagna tous ses amis sur le perron et les vit quitter sa demeure. Puis, au bout de quelques minutes, ayant fermé toutes les issues, il se trouvait au volant de son bolide, sur le fauteuil passager Juugo, alors que Naruto le devançait dans son propre véhicule avec son parrain.

Arrivé enfin, le quatuor alla dormir. Exceptionnellement, se sentant toujours gêner de le faire chez le blond, l'Uchiwa demanda à son amant de s'allonger à ses côtés pour cette nuit. Il avait besoin de sa présence pour pouvoir dormir l'esprit en paix, surtout après toutes les révélations faites. De son côté, l'Uzumaki s'endormit en pensant à sa dulcinée qu'il verrait dès le lendemain, avant son départ en fin d'après-midi pour l'école préparatoire. Son week-end allait bientôt prendre fin. Naruto ne se doutait aucunement qu'au lieu d'une autre demeure, une jeune femme, sur le point de sommeiller à son tour, laissa couler sur sa joue une larme d'avoir été oubliée.