Bon, je crois que je vais mettre des chansons qui vont bien avec jusqu'à la fin. Donc, là, d'après moi, ce serait... Dark on Me- Starset :p voilà bonne lecture!

Baka-NH: merci pour ton comment, je t'aime toi, tu le sais? Hé euh ouais humaine et tout . XD Terminator, quand même, rien que ça :P


Chapitre 24 :

Je suis allongée sur mon lit, les genoux repliés et collés à la poitrine, ignorant l'engourdissement qui se propage dans mes jambes parce qu'elles sont restées trop longtemps dans la même position. Mes bras sont serrés contre moi, tenant fermement le bracelet d'Asoka, et le bout de mes doigts touchent mes clavicules. Comme un ange replié sur lui-même – ce que je suis loin d'être. Je suis l'opposé exact. Comme si je protégeais quelque chose contre mon cœur. C'est ce que je fais. J'ai attaché le précieux bijou en fil à mon poignet, et il est encore maintenant humide de mes larmes que j'ai versé dessus. C'est étrange de dire que je préfère qu'il soit dans cette matière qu'en or ou je ne sais quoi, mais cela ressemble plus à son ancienne propriétaire.

Mes yeux sont désormais secs, je ne peux plus verser la moindre larme et il me semble presque que je suis vide. Un mal de tête me tient fermement, palpitant lourdement dans ma tête, avec mes pulsations cardiaques : j'ai trop pleuré. Mes yeux aussi me font mal, comme ils sont trop gonflés et rougis. Pourtant, les larmes ne m'ont pas enlevé cette douleur : elle est toujours à l'intérieur de moi, me tournant autour et me promettant de ne jamais plus me lâcher, que je vais devoir la porter jusqu'à la fin de mes jours, toujours aussi forte et entêtante. Comment peut-on résister à cela, oublier cette souffrance qui s'agrippe avec ses griffes si aiguisées, plantées droit dans mon cœur. En fait, je le sais : on ne le peut pas, on doit vivre avec, survivre si on le peut.

Je ne sais pas pourquoi cela me fait si mal, je ne savais même pas jusque lors que je tenais tant à elle, moi qui la repoussais au début de notre amitié. Tout est allé si vite. En quelque sorte, elle est devenue un membre de ma famille, sur laquelle je comptais. C'est seulement maintenant que je m'en rends compte. Comme mon ancien maître, je m'aperçois trop tard que je tenais aux personnes. C'est un mélange de haine et de tristesse qui est logé dans mon cœur, profondément enfoui et à jamais planté : ses racines se sont trop développées. J'aurais aimé avoir le corps de Horn plus longtemps devant moi, pour pouvoir la lacérer encore et encore, jusqu'à ce que mon visage soit couvert de sang, jusqu'à ce que ma haine et mon désespoir ce soient enfin taris. Ou du moins apaisés, s'ils peuvent un jour trouver une fin.

Je ne sais pas quelle heure il est exactement, très tôt sans doute : mes camarades de chambre sont profondément endormies. Leur respiration lente et régulière n'arrivent même pas à me calmer. Je me lève silencieusement. Ma robe vient couvrir mon corps presque nu : mon uniforme a été brûlé car irrattrapable, et j'attends le nouveau qui ne doit arriver que demain – ce matin, dans quelques heures.

J'ouvre doucement la porte, et observe les deux endormies sur le palier en me retournant par-dessus mon épaule. Comment ont-elles fait pour se remettre de leur douleur, elles qui l'ont connue, cette camarade invisible, inséparable et lancinante ? Je me dirige vers le salon, je savoure le froid du sol sur la plante de mes pieds nus. Je m'assois ensuite lentement sur l'un des canapés, et croise mes jambes pour placer mes pieds sous mes cuisses. J'ai renoncé à l'idée de m'endormir aujourd'hui.

Ma vision nocturne est excellente, je distingue deux silhouettes dans le couloir, puis des bruits de pas qui sortent de la chambre des garçons, et la porte qui se referme doucement derrière les ombres. Yū et le cadet de l'équipe, Yoichi. Ils se dirigent vers moi et le plus jeune s'assied à mes côtés, tandis que mon ancien maître se plante devant moi, les mains liées devant lui, ne sachant visiblement pas quoi en faire.

— Ash, chuchote ce dernier, on a tous les trois perdus aujourd'hui quelqu'un qui nous est cher : moi, mon frère Mika, et vous deux, Asoka. Je comprends que tu t'en veuilles, j'aurais été dans le même cas : tu étais le centre de toute cette expédition, mais ils avaient tous deux tracés leur chemin ! Ce n'est en aucun cas de ta faute, rien de tout cela ne l'est ! Les supérieurs ont donné des ordres, et elle les a suivis. Si elle t'avait écoutée, elle aurait été en faute, et aurait sans doute été considérée comme une traîtresse.

« Arrête de vouloir protéger tout le monde, arrête de t'en vouloir pour tout ». C'est ça, Asoka ? C'est ce que tu voulais me dire, parce que toi aussi tu avais ce pressentiment ? Cette humanité, qui est désormais mienne et trop présente tu veux que je la combatte. Il faut que je fasse avec, que je me reprenne et que je me redresse. Il me faut maintenant me concentrer sur ma vengeance, qui devra être parfaitement huilée, parfaitement planifiée pour que rien ne puisse la perturber. Les vampires mourront tous les uns après les autres. Sans exception.

Je lève les yeux embués de larmes vers Yū, dont le visage est penché sur le mien. Deux larmes s'échappent de mes cils. Les dernières, je me le promets. Je les efface du dos de la main, ne les laissant pas tracer leur chemin jusqu'à mes joues, et assombrissant le gant noir que je porte – accroché simplement au majeur. Je regarde mon ancien maître avec reconnaissance, et lui souris finalement. Il me répond de la même façon, visiblement soulagé que j'aille mieux et de me retrouver, bientôt égale à moi-même et plus détachée. Je soupire, le poids qui oppressait mon cœur est devenu plus faible.

Yoichi se lève, étouffe un bâillement du revers de sa main, puis nous salue de son autre en se levant pour retourner dans leur chambre – et dormir visiblement. Yū prend alors sa place sur le canapé, là où était assis le cadet juste avant. Il s'éloigne légèrement de moi, et me fait signe de poser ma tête sur ses genoux, pour me reposer. Je le fais après une hésitation, mais je ne veux pas dormir : je ne veux pas revoir ma torture, sentir de nouveau ma douleur et voir les spectres de Mika et Asoka. Non c'est décidé, je ne veux pas faire de cauchemars et hurler durant mon sommeil d'horreur, comme une gamine. Je ne subirai pas cette honte cuisante. Je suis une démone après tout, je ne veux pas que même Yū le voie.

— Ne t'inquiète pas, Ash, dors tranquillement, aucun fantôme quel qu'il soit, ou autre, ne viendra te gêner. Maintenant, dors, c'est tout.

Je souris, amusée et apaisée. S'il croit qu'il va pouvoir changer quelque chose à cela… Mon corps se détend subitement, le sommeil me submerge alors à ma surprise. Une aile blanche et floue vient m'envelopper et me donne l'impression de flotter. Je n'ai pas vraiment dormi depuis quatre jours, depuis que je suis sortie du katana en fait. Mes paupières deviennent plus lourdes, du plomb même et je n'arrive même plus à les relever. Lorsque les ailes finissent par se refermer sur moi, dans leur cocon soyeux, ne me laissant plus m'échapper. Je me laisse aller, tout en sentant les yeux de Yū posés sur moi, et s'imprimant sur mes paupières dans ce doux sommeil.

— Debout, là-dedans. Debout les tourtereaux ! Au repas ! Clame Shinoa d'une voix pimpante.

Je me réveille en sursaut. Je suis perdue un instant, encore prisonnière des brumes réconfortantes et chaudes du sommeil, où suis-je ? L'oreiller sous ma tête bouge légèrement. Ah oui, les genoux de Yū. Je suis donc dans le salon, je n'arrivais pas à dormir et finalement, je l'ai fait jusqu'au matin ! Les souvenirs me sont revenus alors. Je frotte mes yeux ensommeillés de mes mains serrées, et me redresse lentement pour ne pas avoir de vertiges. Je baille un grand coup et étire mes bras devant moi. Yū s'est aussi endormi, le menton posé sur la poitrine. Il baille largement et étire ses bras devant lui.

Je bascule mes jambes pour m'asseoir, pose ma tête sur mes coudes, et… J'analyse une seconde fois ce que vient de dire Shinoa, un peu plus réveillée. Quoi ?! Je rougis subitement. Le sommeil calme et reposant a un peu ralenti mon cerveau, semble-t-il, et je n'arrive pas à réfléchir correctement. Bien sûr que non, nous ne sommes pas amoureux ou quoiqu'elle s'imagine. Je m'empresse de le lui expliquer.

— Mais non, je proteste, je n'arrivais simplement pas à dormir, et… Yoichi aussi était là, ils m'ont juste réconfortée, c'est tout !

La jeune fille aux cheveux violets clairs – toujours attachés en tresse derrière sa tête – éclate de rire, et se tient le ventre en se pliant en deux. Et je m'aperçois de l'ambiguïté de mes paroles. Ma bouche s'ouvre mais je n'arrive pas à prononcer le moindre mot, bafouillant. Mitsuba débarque, un peu perdue, se frottant les yeux de ses poings. Ses yeux semblent collés ensemble. C'est étrange de la voir pas même coiffée et les cheveux en pétards. Elle rougit en remarquant Yū assit à côté de moi, et se place vivement en face de son assiette, pour nous montrer le dos et ne pas nous voir. Je fronce les sourcils, toujours aussi indécise, apparemment.

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à s'imaginer des choses fausses comme ça, c'est la nature Humaine, ou quoi ?!

Je soupire, roule des yeux, me lève et les rejoins à la table. Nous nous souhaitons bon appétit et commençons à manger. Mon équipe semble soulagée que j'aille un peu mieux et que je mange bien. La douleur est pourtant toujours enfouie en moi, mais je n'ai pas vraiment mangé depuis trop longtemps pour que je m'en soucie. Nous mangeons, la chef du groupe tente de lancer des sujets de conversations, en vain. Nous ne sommes peut-être pas encore prêts à faire comme si de rien n'était, comme si nous n'avions pas vus trop de morts en une seule journée. Il nous faudra du temps à tous pour se remettre.

Alors que nous débarrassons et rangeons la vaisselle et notre table, quelqu'un toque à la porte et entre. Un soldat non gradé – étrange, j'aurais plutôt parié sur Glenn, vu ses habitudes. Il pose au sol deux uniformes – ah, je vais pouvoir m'habiller de nouveau en bonne soldate bien sage – et nous informe d'une voix ferme, les bras tendus le long du corps et le menton haut sans même me regarder dans les yeux :

— La troisième génitrice, démone et sergente Ashuramaru Tepes, de la brigade d'Extermination et équipe Gekki, est demandée par le général Kureto en personne. Pour son interrogatoire et jugement sur sa possible trahison. Le tribunal l'attend.

Un courant d'air glacial traverse la pièce. Nous nous sommes tous figés dans ce que nous faisions, et pas une respiration ne vient couper ce lourd silence gênant. Yū le brise, posant brutalement ses assiettes sur le buffet – à leurs protestations et qui manquent de se casser en morceaux – quand le soldat est parti. Ses poings s'abattent violemment sur la table, la faisant trembler et prendre une forme bizarre avant de reprendre l'originelle.

— PUTAIN, c'est la meilleure celle-là, fulmine-t-il ! Elle se fait torturer, pour l'Armée, pendant trois jours d'affilée, elle s'échappe à pas grand-chose, presque morte, et ils pensent qu'elle a trahi l'Armée ! Pour ces connards de vampires en plus ! Merde, quoi ! Arrêtez de vous foutre de notre gueule, bordel !

Ses poings se serrent subitement, et il ne retient pas sa colère, les mâchoires contractées au maximum. Je souris faiblement, touchée, et hausse les épaules en reprenant un visage fermé. C'est comme ça et sa colère n'y fera rien. Je prends ensuite mon uniforme et me change rapidement dans la chambre. Je refuse que Mitsuba tresse mes cheveux. Les gradés ont le droit de voir mes cornes sur le front, et aussi mes oreilles pointues : la vampire devant eux qu'ils ont recrutée et formée. Celle qu'ils ont aussi gradée. Mais celle aussi qui s'est faite torturée et qui est malgré tout, revenue, alors qu'elle pouvait rester calmement avec sa famille. Le choc d'apprendre ma nature, a dû en ébranler plus d'un. Je prends un moment seule dans la pièce, savourant le silence, je respire calmement, essayant de me libérer de toutes ses pensées qui m'encombrent. Je vais devoir faire face.

Je ressors de la chambre, les épaules hautes, le visage fermé et les yeux déterminés, fière. En me regardant dans le miroir, je me suis aperçue que mes iris rougeoyaient un peu plus qu'à mon départ. Certainement à cause du sang de Crowley que j'ai bu. Je me demande un instant ce qu'il est advenu de lui. Ma main se pose sur la poignée de la porte, et ma question se dissout. Je m'en fiche totalement, en fait : c'est juste un ennemi que j'ai manipulé, que m'importe notre passé commun et ce que nous avons bien pu vivre.

Dehors, deux soldats m'attendent, raides, le visage tourné vers le couloir et serrés à côté de la porte. Craignent-ils que je fuie ? Ils m'entourent et me mènent au conseil de guerre, je me laisse faire, docile. Je ne vois pas pourquoi je lutterais contre eux et tenterai de m'échapper : je n'ai rien à me reprocher. Il n'y aura pas de témoin, audience fermée et réservée. Mon dossier est classé secret défense, je suis censée l'être. Je souris de nouveau à l'idée des conséquences si ce scandale éclatait au grand jour, les journaux le titraient à grands caractères et son titre se répandrait comme une traînée de poudre.

Je marche fièrement entre les deux gardes, le menton haut. Mes camarades me soutiennent, je peux presque les sentir derrière moi, levant le pouce et me souriant franchement, pour me dire de continuer d'avancer, que tout va bien aller. Je ne vais pas me laisser faire par de simples gradés Humains, si puissants soient-ils. Je suis une démone-vampire, génitrice en plus, et ce ne sont pas des petits Humains mortels qui vont m'effrayer ! Je ne compte pas me laisser faire en victime.

Mon regard tombe sur mon poignet droit, où est maintenant attaché le bracelet de ma petite-sœur de cœur. Je serre les doigts, et une phalange craque. Oui, je vais me battre pour sauver sa mémoire. Ne t'inquiète pas, Asoka-chan, je ne vais pas me laisser entraîner dans la chute de ma famille, des vampires. Je n'en fais plus partie.

Les portes s'ouvrent, me laissent rentrer dans la pièce et se referment aussitôt. Je ne me retourne pas pour voir si elles le sont bien, comme un animal prisonnier. Je fais face à l'assemblée. Je m'assois à la seule place libre de la table ovale et en bois. Je n'ai pas de menottes aux poignets, c'est déjà ça : ils ne me considèrent tout de même pas une ennemi, ou comme un danger – est-ce que cela ne devrait quand même pas m'irriter ? Je répondrai à toutes leurs questions : je n'ai rien à leur cacher, et serais fière de leur prouver que j'ai manipulé sans hésitation le fiancé de mon passé.

— Tout d'abord, commence Kureto, nous te remercions d'être venue sans faire de résistance, cela sera mentionné dans ton dossier. Nous avons tous ici, des questions à te poser. Tu comprendras notre curiosité face au camp ennemi où tu as été prisonnière, nos secrets, et… toi.

Je hoche simplement la tête, et croise le regard froid du père de mon interlocuteur – l'œil unique plutôt car l'autre est caché sous un bandeau noir qui lui donne un air encore plus menaçant. Je ne romps pas le contact, le soutiens même. Je n'ai pas peur de leurs dirigeants, et je le leur montre. La quinzaine de gradés me regardent, et le poids de leurs yeux me mettrait presque mal à l'aise. Presque. Je me détourne enfin du Hiragii le plus puissant, et croise celui de Glenn – pour une fois bien coiffé, et les cheveux gominés et tirés en arrière. Un homme à la droite du général Kureto debout prend la parole, d'une voix douce et gentille.

— Bien, maintenant que tout cela a été mis en place, Ashuramaru Tepes, nous allons peut-être pouvoir passer aux questions, qu'en dis-tu ? Alors, déjà, un point qui m'est obscur : il paraît que tu n'as aucun souvenir d'avant ta… captivité dans le katana, c'est cela ? (Il attend mon hochement de tête, croise les mains et les pose sur son bureau, jette un œil à la feuille devant lui et reprend.) Bien, qu'as-tu révélé aux vampires, quel type de torture t'ont-ils fait endurer, comment t'es-tu sauvée de ce lieu exactement ? Tout cela, est, je l'avoue, assez flou pour nous. Nous avons pu entendre que l'un d'eux t'a aidée, comment cela se fait ?

Il me faut un moment pour me rappeler toutes ses questions qu'il a posées à la suite. Ce sont celles qui tournent en boucle dans la tête de chacun d'eux assis à cette table. Prévisible. Dommage de la part de l'Armée qui doit pourtant être inventive face aux vampires. Enfin… J'ouvre la bouche pour répondre et savourer le petit suspens que je créée en réfléchissant.

— Eh bien, tout d'abord, oui : je n'ai aucun souvenir de mon enfance, apprendre ma véritable nature a été un choc pour moi. De même que sortir de ce katana duquel j'étais prisonnière depuis un siècle. Je n'ai rien dit, malgré mes ongles retournés, l'acide qu'on m'a fait boire, et le sang des vampires qui est pire que tout, sans vous parler des brûlures qui sont des enfantillages par rapport au reste. C'est vrai, je me suis enfuie grâce à l'aide d'une personne. J'ai manipulé le frère adoptif d'un de mes camarades d'équipe, l'ai fait me libérer de mes entraves et il m'a guidée jusqu'à la sortie. Là, j'ai revu… mon ancien fiancé et ait fait un pacte avec lui : il me laissait passer contre mon sang. En même temps, il y a eu une attaque de la part de Chess Belle et Mikaela Hyakuya est décédé de ses blessures. Quant à Crowley Eusford, je n'en sais rien. Voilà, vous savez tout, quoi d'autre ?

L'un deux se relève, et pointe un index accusateur sur moi et s'adresse à ses camarades :

— Vous croyez vraiment qu'après tout cela, tout ce qu'elle nous a racontés de ses tortures, elle a vraiment tenu trois jours entiers, sans rien dire ?! Je n'en crois rien, elle nous a trahis, j'en suis sûr et tente de nous embrouiller. Mais ça ne marchera pas avec moi, sale démone !

— Ah oui, m'insurge-je ?! Vous n'avez qu'à tenter de survivre là-bas, ne serait-ce qu'un jour ! Vous et votre sale ego ne tiendriez que deux minutes sous ses tortures, comme vous le dites si bien !

Je me lève subitement et l'affronte du regard, les bras tendus et posés sur la table. L'abruti articule avec rage :

— Je vous conseille de descendre d'un ton avec moi, jeune fille, pour ne pas me manquer de respect.

— Oh, très bien, réponds-je, mielleuse et ironique, j'éviterai donc de répondre à vos questions, monsieur, pour ne pas vous manquer de respect, bien sûr. J'aurais trop peur de faire preuve d'impertinence envers vous, Ô Excellence ! Pardonnez-moi.

Je m'incline bas, frôlant du front la table devant laquelle je suis assise, la main sur le ventre, puis me redresse et l'affronte du regard. Des rires tenus sont difficilement étouffés par des quintes de toux – tous ont dû boire de travers, visiblement. Il n'est apparemment pas très aimé dans le groupe, et se rassied, outré. Je fais de même, le menton haut.

— Qu'êtes-vous exactement, Dame Tepes ? Et surtout, à qui va votre fidélité ?

Je marque un temps d'arrêt, je ne suis toujours pas habituée à ce nom, qui est pourtant bien le mien. Il me rappelle trop ma sœur. Je me tourne vers celui qui m'a posée cette question. Comment leur expliquer que tout est plus complexe que répondre en deux mots ? Que répondre ce qu'ils veulent entendre ?

— Je ne sais pas, une démone, ou une vampire, les deux en même temps, peut-être, et attitrée d'un grade Humain ? Je suis fidèle à mes amis, mon équipe. Donc à vous, je suppose.

Les visages sont graves autour de la table, je n'ai pas dû les convaincre parfaitement, tant pis, je ne dis pas seulement ce qu'ils veulent entendre, je ne suis pas de ce genre. Le général Kureto leur fait signe de rompre la réunion et me fait signe de la main de le suivre. Que doit-il me dire ? Je fronce les sourcils, et fais comme il le désire. Je ne peux pas trop faire autrement.

Je le suis dans son bureau, une fois de plus, derrière ses talons. Ne me croit-il pas ? Il s'assoit calmement sur le bord du meuble principal de la pièce, et me regarde gravement, sans émotion. Je pose la question que m'a brûlé les lèvres pendant tout le trajet. Son expression ne devient pas plus détendue, il se contente de hocher la tête – a-t-il simplement souri une seule fois dans sa vie, ou a-t-il toujours gardé cet air sévère ? Il va sans doute avoir des rides très tôt ou pas justement : à force de rester dans cette position sa peau ne doit pas beaucoup bouger.

— Si, je te crois. Et je te remercie d'avoir tenu le silence pendant tout ce temps. Pour cela, j'aimerais te féliciter et te rendre ce à quoi tu tiens. Regarde ceci, s'il-te-plaît. Cela te dit-il quelque chose ? Une vague impression ou quoique ce soit ?

Il se saisit alors d'un long katana sans fourreau qui est posé sur son endroit de travail. La garde qu'il dévoile entre ses doigts en les écartant, est verte et noire, et un motif étrange y est gravée. Je fronce les sourcils et avance d'un pas vers lui.

Un sceau. Un cercle rouge avec, dedans, une étoile à six branches. Le motif qui scelle mes souvenirs. Qui apparaît dès que je tente de me rappeler de quelque chose de mon passé.

Mes doigts le frôlent, avec un petit moment d'hésitation, et…

Quelque chose en moi se déchire subitement, me faisant soudainement tomber à genoux. Mes doigts se serrent douloureusement sur ma tête, et mes ongles rentrent dans mon cuir chevelu. Non. Mon pouls s'accélère rapidement, et je le sens battre dans ma jugulaire, et résonner dans mes tempes… Ce n'est… Mes yeux s'écarquillent… Pas possible !

Tout me revient d'un coup, en bloc. Et j'ai envie de hurler une chose : je me souviens.


Ouah, je vais être à la bourre avec tout ça: en vacances chez mes grands-parents le temps sur l'ordi est limité et comme j'écris d'autres trucs à côtés... :/ mon avance a été totalement mangée! bon, au boulot

ça vous a plu, j'espère? Une petite review? Mercredi, Ashuramaru se retrouve face à son passé! héhé