Bonjour,
25ème chapitre et Garth vole au secours de Dean. Il le met enfin face à l'évidence et le force à réfléchir. Il était temps non ?
Merci de me lire, de m'écrire ... je le dis à chaque fois mais c'est vrai ! Je vous adore !
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
Everybody hurts de REM
Chapitre 25 : Savoir aimer
« L'amour, c'est peut être la pire et la plus belle des maladies, parce que n'importe qui peut l'attraper et en mourir »
Anonyme
Dean avait mis Jason à la porte juste après son coup de fil avec Castiel. Il avait été totalement incapable de le regarder dans les yeux après sa discussion avec le jeune étudiant. Incapable de le laisser le toucher sans avoir la nausée. Il ne savait pas vraiment pourquoi. Ou il préférait l'ignorer.
Il avait été totalement bouleversé par ce que Castiel lui avait dit. Pas uniquement sur le fait qu'il avait tort d'avoir couché avec Jason. Mais aussi et surtout parce qu'il avait laissé sous entendre qu'il était amoureux de lui. Dean n'était pas prêt à l'entendre.
A vrai dire, le jeune homme s'était douté que son ami avait développé des sentiments pour lui. Il l'avait compris dans la façon qu'il avait de le regarder et de lui parler. Il avait préféré l'ignorer parce qu'il ne savait pas comment gérer cette nouvelle. Et après lui avoir appris qu'il lui avait probablement transmis le SIDA, il était persuadé que son ami ne voudrait plus entendre parler de lui. Qu'il oublierait très vite ses sentiments et passerait à autre chose.
Dean avait été idiot de le penser. Parce qu'il savait que ça ne marchait pas comme ça. Il en faisait l'expérience depuis trois ans maintenant. Jason lui avait brisé le cœur et pourtant, il continuait de l'aimer. Il continuait d'avoir des sentiments pour un homme qui se fichait totalement de lui. Castiel n'était pas différent de Dean. Il était amoureux et il ne pouvait pas faire disparaître ses sentiments simplement parce qu'il était en colère. Ce n'était pas comme ça que cela marchait.
Dean avait été idiot de le penser. Idiot de chercher à s'en convaincre. Car la nouvelle avait été plus dure encore à entendre. Castiel était amoureux de lui. Il ne l'avait pas voulu. Ne l'avait pas cherché. Et une fois sa conversation avec son ami interrompue, il était hors de question de passer une seconde de plus avec Jason. Il avait la sensation de trahir Castiel en parlant avec lui. De se moquer de ses conseils et de ses sentiments. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Bien au contraire. Il voulait faire en sorte que son ami soit heureux. Il voulait le préserver de toute souffrance. Il savait que c'était impossible. Mais il voulait au moins faire en sorte que Castiel ne souffre pas à cause de lui. Pour cela, il devait prendre ses sentiments en considération. Et composer avec. Il devait agir avec prudence. Castiel ne méritait pas qu'il prenne tout ceci à la légère. Il était le premier homme dont son ami tombait amoureux et il savait l'importance que cela avait dans la vie. Il se promit de ne surtout pas devenir comme Jason. De ne pas être celui qui briserait le cœur de Castiel.
Bien sûr, il ne comprenait pas vraiment comment le jeune étudiant avait pu développer de tels sentiments pour lui. Il n'avait rien d'extraordinaire. Il était certes séduisant mais il savait que ce n'était pas la seule chose qui intéressait Castiel. Il n'était ni particulièrement gentil ni particulièrement intelligent. Il était dans la normale. Le jeune étudiant, lui, était exceptionnel. Il avait tout pour lui. Il pourrait trouver un homme extraordinaire avec qui passer sa vie. Quelqu'un de mieux que Dean. Quelqu'un capable de l'aimer en retour. Quelqu'un qui n'avait pas multiplié les aventures sans se soucier des risques. Qui l'avait fait uniquement pour se sentir vivant et combler le vide laissé par l'homme qui lui avait brisé le cœur. L'homme qu'il continuait d'aimer. Dean n'était pas bon pour Castiel. Il pouvait à peine être son ami. Il était inenvisageable qu'il soit un jour plus.
Mais il n'avait pas le droit d'ignorer les sentiments du jeune étudiant. Il n'avait pas le droit de les sous estimer non plus. Il était important qu'il prenne les bonnes décisions. Qu'il fasse comprendre à Castiel qu'il était flatté. Mais qu'il ne pourrait jamais lui rendre son amour.
Dean n'avait aucune expérience dans ce domaine. Il avait déjà entendu des amants d'un soir lui dire qu'ils étaient tombés amoureux de lui. Mais c'était différent. Tous avaient déjà de l'expérience. Aucun n'était aussi vulnérable que Castiel. Il leur avait dit clairement qu'il ne partageait pas leurs sentiments. Ils étaient repartis blessés. Mais il ne s'était pas senti particulièrement coupable. Il savait qu'il s'il agissait de la même manière avec Castiel, il s'en voudrait éternellement. Car le jeune étudiant était fragile et vulnérable. Il avait tout juste accepté son homosexualité. Et il n'avait jamais été amoureux. Dean devait prendre tout ceci en compte avant de le repousser.
Bien sûr, le jeune homme n'avait aucune idée de la manière dont il devait s'y prendre. Ce n'était pas quelque chose qu'il avait fait avant. Il pouvait tenter de penser à ce qu'il aurait aimé entendre à la place de son ami. Après tout, il avait connu une expérience plus ou moins similaire avec Jason. Il savait au moins tout ce qu'il ne devait surtout pas dire. Il refusait d'être comme son ex.
Quand Jason avait rompu avec lui, il lui avait dit des choses horribles. Il lui avait assuré qu'il ne l'avait jamais aimé. Qu'il ne pourrait jamais envisager de faire sa vie avec lui. Qu'il n'avait rien à offrir. Qu'il était stupide et qu'il ne l'avait choisi que pour le sexe.
Dean ne dirait jamais rien de tel à Castiel. C'était évident. Même s'ils avaient couché ensemble, il ne continuait pas à le voir uniquement pour le sexe. Il y avait plus. Il adorait discuter avec le jeune étudiant. Il le trouvait drôle et intelligent. Adorable parfois. Gentil et généreux. A vrai dire, il lui trouvait toutes les qualités qu'on pouvait attendre d'un petit ami. Il était parfait en tout point. Et Dean devait absolument cesser de penser de la sorte. Parce qu'il était terrifié à l'idée de ce que cela le pousserait à réaliser.
« Peut être que tu devrais le faire au contraire. De quoi as tu peur au juste Dean ? D'être heureux pour la première fois de ta vie ? »
Sam avait la fâcheuse tendance à pointer l'évidence. Même quand il se manifestait dans sa tête. Et ses propos faisaient terriblement écho à ceux de Castiel. Dean avait peur. Il le savait. Il avait peur de souffrir. Peur d'aimer. Peur d'être heureux et de penser ensuite qu'il ne le méritait. Peur de faire souffrir quelqu'un. Dean avait peur de presque tout ce qui avait un rapport avec l'amour. Et il n'était pas suffisamment courageux pour se battre sur ce front.
Il était évident que le jeune homme ne pouvait pas demander conseil à son frère pour repousser gentiment Castiel. Il savait très bien ce que Sam lui dirait. Qu'il avait tort de le faire. Qu'il devait lui donner une chance. Qu'il avait su dès le début que cela se terminerait mal. Que tout était de sa faute. Dean refusait de s'entendre dire toutes ces choses qu'il savait déjà.
Il ne pouvait pas non plus s'adresser à Charlie. La jeune femme avait beau être en couple à présent, elle avait longtemps multiplié les conquêtes et brisé elle même quelques cœurs. Elle ne saurait pas quoi lui dire. Elle serait incapable de lui donner les bons conseils.
Dean n'avait qu'une seule personne vers qui il pouvait se tourner. Garth. Il n'avait jamais vu son ami en couple et ne savait pas vraiment s'il s'était déjà retrouvé dans une telle situation. Mais il était la personne la plus gentille et douce qu'il connaissait. La seule capable de dire des choses horribles tout en faisant sourire la personne à qui il s'adressait. Garth était la personne idéale pour l'aider à repousser Castiel.
Une fois décidé, Dean ne perdit pas une seconde à réfléchir. Il partit voir son ami à l'hôpital où il se trouvait toujours pour quelques jours. Ses blessures guérissaient doucement mais il avait encore de très nombreuses migraines. Le personnel refusait de le laisser rentrer seul chez lui. Et Garth aimait l'hôpital. Il aimait qu'on prenne soin de lui. Dean le soupçonnait également d'avoir peur de sortir. Peur de se retrouver confronté au monde extérieur après ce qui lui était arrivé. Il le comprenait. Si les choses duraient, il lui proposerait d'habiter chez lui quelques temps.
Il évita soigneusement l'infirmière au comptoir à l'entrée. Il savait exactement comment les gens le voyaient ici et il n'avait pas forcément envie de se montrer poli en retour. Il prit directement l'ascenseur en ignorant les regards des gens autour de lui et rejoignit l'étage auquel se trouvait Garth.
Il remonta le couloir en serrant contre lui le livre qu'il avait acheté pour son ami. Il ne prit pas la peine de frapper à la porte et pénétra dans la chambre directement. Garth était allongé sur son lit, sa tête confortablement posé sur une montagne d'oreiller. Il y avait des fleurs sur la table de nuit à côté et le plateau de son repas sur la table roulante au dessus du lit. Il avait les yeux rivés sur la télévision et semblait totalement fasciné par l'émission de télé réalité qu'il regardait.
Dean sourit en s'approchant de lui.
- Hé looser ! Lança t-il pour signaler sa présence.
Garth tourna le visage vers lui et un sourire étira aussitôt ses lèvres pâles. Les médecins avaient beau répéter que tout allait bien pour lui, Dean le trouvait amaigri. Il avait toujours une attelle autour de son avant bras et une autour de sa cheville. Il avait du être opéré pour poser une plaque sur sa malléole. Les docteurs assuraient qu'il n'aurait aucune séquelle. Mais Dean ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour lui.
- Hé amigo ! Répliqua Garth en faisant signe à Dean de s'approcher.
Le jeune homme s'exécuta aussitôt et s'assit sur le rebord du lit de son ami. Il se pencha ensuite vers lui pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres. C'était ce qu'ils faisaient parfois pour se saluer. Certains trouvaient ça bizarre. Mais ils savaient tous les deux que cela ne voulait rien dire.
- Ok, qu'est-ce qu'on regarde ? Demanda Dean en jetant un coup d'oeil à la télévision.
Une jeune femme parlait calmement à la caméra, assise sur une chaise, un décor coloré dans son dos. Elle était visiblement refaite des pieds à la tête. Ses seins étaient énormes, sa bouche gonflée et ses pommettes semblaient sur le point de déchirer sa peau. Elle était trop maigre. Et même si Dean supposait qu'elle devait avoir une petite vingtaine d'année, elle semblait avoir au moins le double.
- Oh, c'est passionnant. Dix jeunes enfermés dans une maison en Espagne doivent travailler chaque jour pour rester dans l'aventure. Quand l'un d'eux échoue dans sa mission, ils sont nominés et les autres habitants votent pour le garder ou non. C'est extrêmement instructif.
Dean ne voyait ce que cela pouvait avoir d'intéressant. Il n'était pas réellement fan de ce genre d'émissions. Il trouvait les participants stupides et superficiels. Mais il savait que Garth adorait regarder ces personnes se disputer pour un oui ou pour un non.
- Passionnant hein ? Ok, je mords.
Garth ricana alors et pointa son doigt en direction de l'écran.
- Elle, c'est Kelly et oui je sais c'est cliché … je suis presque sûr que ce n'est pas son vrai nom mais passons. Elle est amoureuse d'Eddy le beau gosse de l'émission. Et j'avoue que je la comprends … il est stupide mais il est tout bonnement canon !
Dean comprenait mieux à présent pourquoi son ami regardait cette émission. Car au moment où il lui expliquait pourquoi la jeune femme se plaignait à la caméra, le dénommé Eddy apparaissait à l'écran. Et si Dean avait donné dans les bodybuilders aux corps sculptés, il aurait probablement suivi l'émission lui aussi. Parce qu'il était réellement canon.
- Je ne savais pas que c'était ton type de mec, commenta t-il toutefois.
Garth ne lui avait jamais présenté quelqu'un. Mais il avait craqué sur Castiel. Et il était évident que le jeune étudiant n'avait rien en commun avec ce Eddy qui faisait saliver son ami.
- Tu sais très bien que c'est toi mon type de mec mais puisque tu ne veux pas de moi, je me contenterais de lui. Et puis, à côté de lui, j'aurais l'air d'un génie et ce n'est pas quelque chose qui m'arrive souvent.
Dean secoua la tête, amusé par ce que son ami disait. Garth et lui plaisantaient souvent de la sorte. Il n'y avait réellement aucun sentiment amoureux entre eux. Mais Garth aimait à dire qu'il avait des sentiments pour Dean et ce dernier flirtait toujours en retour. C'était comme ça que cela fonctionnait entre eux.
- Tu vas manger ton pudding ? Demanda alors Dean en prenant le dessert dans sa main.
Garth secoua la tête sans quitter l'écran des yeux. Il n'avait toujours pas touché à son repas. Dean pensait sincèrement qu'il devait manger plus. Mais il n'avait pas envie de lui faire la leçon. Garth était adulte et parfaitement capable de prendre ses propres décisions. Il ouvrit donc le pudding à la place et commença à le manger en silence. Il ne s'embarrassa pas avec une fourchette et utilisa ses doigts à la place. Il reporta ensuite son attention sur l'écran de télévision. Le dénommé Eddy flirtait sans retenue avec une blonde dans la poitrine était pire encore que celle de Kelly. Dean se demandait comment il était possible pour elle de ne pas tomber en avant avec le poids de ses seins.
- Parfois, je me dis que ces gens vivent uniquement pour se ridiculiser devant la caméra. Je suis presque sûr qu'il existe une ferme quelque part où on élève des gens comme eux. On gonfle la poitrine des filles avant de les faire intégrer l'émission et on couvre le corps des hommes de tatouages. Je te jure … je serais curieux de voir ça.
Garth avait toujours des théories totalement farfelues sur tout. Dean se demandait parfois s'il pensait vraiment ce qu'il disait ou s'il ne faisait que plaisanter. Dans tous les cas, il adorait entendre le jeune homme en parler. Cela le faisait toujours sourire. Garth avait le don de lui faire oublier ses problèmes sans même essayer. C'était aussi pour ça que Dean l'aimait autant.
- Si ça n'existe pas en tout cas, c'est une idée à développer. Je suis sûr que tu ferais fortune, plaisanta Dean en donnant un léger coup de coude dans les côtes de son ami.
Garth ricana à nouveau une seconde avant de détacher enfin ses yeux de l'écran. Il fronça les sourcils en observant son ami avant de poser une main sur sa cuisse. Une nouvelle fois, ce geste aurait pu paraître équivoque à quiconque ne les connaissait pas. Mais Garth avait toujours été un garçon extrêmement tactile. Et Dean était habitué à ces petits gestes. Il avait même fini par les apprécier.
- Ok, qu'est ce qui te tracasse ?
La question de Garth déstabilisa Dean une seconde. Il était toujours étonné de voir à quel point son ami le connaissait bien. Il devinait toujours quand quelque chose n'allait pas chez lui. Et il posait toujours la question. Parce qu'il savait que Dean avait besoin d'en parler. Le jeune homme se sentait à l'aise avec lui. Il n'avait jamais peur d'être jugé. Jamais peur d'être moqué. Peu importait ce qu'il disait, Garth l'écoutait toujours.
- C'est juste … quelque chose avec Castiel, répondit il alors.
Garth serra sa cuisse une seconde dans sa main avant de se redresser. Il éteignit ensuite la télévision et tourna le visage vers Dean. Il lui fit ensuite signe de parler. Dean prit quelques secondes pour trouver les bons mots avant de se lancer.
- J'ai couché avec lui. Pas récemment mais … d'accord, je devrais sans doute commencer par le commencement hein ? Je … je l'ai rencontré par le biais de Sam et … je voulais l'aider à assumer son homosexualité. On s'est vu plusieurs fois et ensuite … il m'a dit que je lui plaisais et physiquement il me plaisait aussi alors … on a couché ensemble. Mais … je lui ai assuré qu'il n'y aurait rien de plus. Il était d'accord. On a continué à être ami après ça et … ensuite j'ai revu Matt. Tu te souviens de Matt ?
Garth hocha la tête. Dean ne présentait jamais les garçons avec qui il couchait à ses amis. Pas même ceux avec qui il recommençait ensuite. Mais il avait souvent parlé de Matt avec Garth. Principalement pour lui expliquer à quel point le jeune homme était un amant exceptionnel.
- Je l'ai revu et il m'a appris qu'il était malade … le SIDA et comme on ne s'était jamais protégés, il m'a conseillé de me faire dépister. Et … il s'avère que je ne m'étais pas non plus protégé avec Castiel alors j'ai du le lui dire.
Il vit Garth grimacer et il sut aussitôt ce que son ami allait lui dire.
- Tu mènes une vie dangereuse amigo. Tu le sais n'est ce pas ? Et loin de moi l'envie de te reprocher tes actions mais parfois, j'aimerais juste que tu sois plus prudent.
- Je sais Garth, je sais, assura Dean aussitôt.
Garth lui fit alors signe de continuer et le jeune homme poursuivit son histoire. Il n'avait pas pensé tout dire à son ami. Il voulait juste lui demander conseil. Mais il avait gardé tout ceci pour lui depuis trop longtemps. Et c'était devenu impossible à gérer.
- Castiel est clean … il me l'a dit l'autre jour mais … entre temps, j'ai couché à nouveau avec Jason et oui … je sais que c'est stupide mais je l'ai dit à Castiel et … il a été génial avec moi tu sais. Il m'a accompagné pour me faire tester et il ne me déteste pas même si je lui ai fait prendre tous ces risques. Il m'a dit qu'on pouvait être amis mais au téléphone … au téléphone, quand je lui ai parlé de Jason, il m'a dit qu'il était amoureux de moi. Enfin pas dans ses termes bien sûr … il m'a dit qu'il tenait à moi mais je sais ce que ça veut dire. Et je ne sais pas quoi faire. Je n'ai aucune idée de la manière dont je dois le repousser … je ne veux pas lui briser le cœur.
Garth hocha la tête plusieurs fois avant de soupirer longuement.
- Comme le papillon à la flamme, murmura t-il alors.
Dean fronça les sourcils. Il n'était pas sûr de comprendre ce que son ami cherchait à lui dire. Il savait bien que Garth tenait parfois des propos incohérents et étranges. Mais généralement, il s'expliquait rapidement. Cette fois, il ne semblait pas décidé à préciser sa pensée.
- Tu t'expliques ? L'encouragea t-il parce qu'il était réellement totalement perdu.
Garth se passa une main sur le visage avant de se frotter longuement le menton. Dean lui laissa tout le temps nécessaire pour rassembler ses idées même s'il était réellement impatient. Parfois, il plaisantait avec Charlie en disant que Garth était un peu comme leur Yoda. Il tenait des propos bizarres mais qui étaient toujours pleins de bon sens.
- Comme le papillon à la flamme, répéta Garth en le regardant à nouveau dans les yeux.
Il se racla ensuite la gorge et se passa la langue sur les lèvres.
- Dean, tu es quelqu'un de fascinant. De mystérieux et de brillant. Tu es la flamme qui attire la papillon … le papillon étant Castiel dans cette analogie bien sûr … Castiel et tous les autres hommes que tu as fait tomber dans tes filets. Ils ne peuvent pas résister à ta lumière et ils s'approchent jusqu'à se brûler les ailes. Mais tu n'es pas responsable parce que cette lumière est naturelle chez toi … elle est là sans que tu puisses l'éteindre.
Dean n'était pas sûr d'apprécier la comparaison. Garth avait beau lui dire qu'il n'avait rien à se reprocher, il avait la sensation que son analogie faisait de lui le méchant de l'histoire. Il estimait que la plupart de ses conquêtes n'étaient pas plus innocentes que lui. Ils savaient très bien ce qu'ils faisaient. Seul Castiel avait été dupé. Et pas parce que Dean lui avait menti. Mais uniquement parce qu'il était trop innocent et naïf pour se protéger.
- Et Castiel, comme tous les autres, vient de se brûler les ailes. Il était inévitable qu'il développe des sentiments pour toi. Honnêtement, la chute sera probablement rude pour lui. Mais tu peux l'aider à amortir le choc. Il suffit de trouver les bonnes choses à dire.
- C'est exactement pour ça que je suis là, assura Dean.
Garth sourit faiblement avant de poser sa main sur la joue de son ami. Il la caressa une seconde du bout du doigt avant de déposer un baiser sur son front. Dean ferma alors les yeux, content de voir que son ami n'était pas furieux contre lui. Il savait bien que Garth avait craqué sur Castiel. Il avait peur qu'il lui en veuille d'avoir couché avec lui. Mais son ami était incapable d'être en colère. Il ne s'énervait jamais et pardonnait toujours. Cela lui avait valu quelques désillusions. Il ne semblait pas pour autant déterminé à changer.
- Très bien, je suis heureux de voir que tu reconnais enfin ma grande sagesse mais … si tu me le permets, j'aimerais éclaircir un point avec toi avant, commenta Garth qui semblait réellement mieux depuis que Dean était là.
Il avait repris des couleurs. Le jeune homme était content de constater que sa présence lui faisait du bien. Garth devait s'ennuyer seul dans cette chambre toute la journée. Et Dean se jura de venir plus souvent. Il n'avait pas été suffisamment présent pour son ami.
- Je t'écoute, lança t-il pour inviter Garth à parler.
Ce dernier se redressa un peu plus contre ses oreillers et croisa ses bras sur son torse. Les hématomes sur son visage avaient disparu. Mais les deux attelles étaient là pour rappeler ce qui était arrivé. Et Dean continuait d'être furieux qu'on ait pu faire du mal à son ami.
- Je comprends ta situation Dean … et crois moi je suis prêt à t'aider mais … il y a quelque chose dont tu ne m'as pas parlé et que j'aimerais t'entendre me dire maintenant. Qu'est-ce que tu ressens exactement pour Castiel ?
Dean aurait du voir la question venir. Il aurait du savoir que Garth en viendrait là. Mais il était tellement concentré sur les sentiments de Castiel qu'il n'avait pas songé une seule fois aux siens. Et il était nécessaire qu'il s'interroge sur ce point. Même s'il avait terriblement peur des réponses.
- Je tiens à lui, répondit il sincèrement. Je tiens beaucoup à lui. C'est un ami et je veux … je veux l'aider.
- Tu tiens à lui comme tu tiens à moi ou comme tu tenais et continue de tenir à Jason ?
Dean se leva du lit, incapable de rester plus longuement en place. Garth avait le don de mettre le doigt sur les choses essentielles. Sans jamais brusquer ses amis, il les poussait naturellement à dire enfin ce qu'ils ignoraient ou préféraient ignorer. Il aurait fait un extraordinaire psychologue. Mais à la place, il continuait de se « chercher » comme il disait. Il n'était pas paresseux. Il ne rechignait jamais à la tâche. Il ne savait simplement pas ce qu'il voulait faire de son temps.
- J'aime toujours Jason, déclara finalement Dean en s'éloignant de son ami pour s'appuyer contre le mur sous la télévision.
- Jason est un scorpion, rétorqua aussitôt Garth.
Dean se passa une main sur le visage. Une nouvelle fois, son ami prouvait à quel point il aimait faire des analogies. Parfois elles étaient déconcertantes. Mais la plupart du temps, elles étaient également judicieuses et bienvenues.
- Un scorpion ?
- Un scorpion oui … il t'a laissé venir à lui avant de te piquer avec sa queue. Et la mort est lente parce que le poison ne te tue pas immédiatement. Il a empoisonné ton cœur et ton esprit. Tu continues de te débattre mais tu finiras par mourir si tu ne panses pas tes blessures.
Dean se retint de relever l'analogie de la « queue » qui l'aurait probablement fait beaucoup rire en temps normal. Mais ce n'était pas le bon moment. Ils en riraient plus tard.
- Je n'ai pas l'intention de recommencer quoi que ce soit avec Jason … mais je l'aime toujours et j'ai l'impression … j'ai l'impression qu'il n'y aura jamais de place pour qui que ce soit d'autre dans mon cœur, confessa alors Dean en haussant les épaules.
Garth ne l'avait toujours pas quitté des yeux. Il le regardait avec tendresse et affection. Il le regardait comme Sam le faisait parfois.
- Je ne pense pas que le problème soit là. Je ne dis pas que tu n'aimes plus Jason et que tu te voiles la face. Je suis sûr que tu as toujours des sentiments pour lui. Et je le comprends parce qu'il a été le premier mais … tu ne refuses pas de tomber à nouveau amoureux uniquement parce qu'il n'y a plus de place dans ton cœur. Je pense que tu as peur … peur parce que la seule fois où tu t'es ouvert à quelqu'un, tu as été rejeté violemment. Et tu as eu le cœur brisé. Tu ne veux pas souffrir à nouveau.
Dean savait que son ami disait vrai. Il avait pris conscience de toutes ces choses. Se les entendre dire en revanche le poussait à réaliser qu'il avait nié trop de choses trop longtemps. Il savait tout cela mais l'avait rangé dans un coin de sa tête en espérant que ça passe. Mais il était temps pour lui de se confronter à ce qu'il avait ignoré jusque là. Quitte à se prendre une claque dans la figure.
- Le seul amour que j'ai connu, c'est celui que j'ai eu … que j'ai … pour Jason. Mais il a toujours été synonyme de souffrances … de secrets et de déceptions. Et j'ai fini par croire … j'ai fini par me convaincre que ça ne pouvait pas être autrement. Et je ne veux pas souffrir à nouveau alors … oui je suis terrifié Garth mais je ne sais pas comment faire pour ne plus l'être.
Dean ouvrait totalement son cœur pour la première fois depuis longtemps. Ce n'était pas facile mais c'était nécessaire. Il essuya ses yeux quand il eut la sensation qu'ils se remplissaient de larmes avant de reporter son attention sur Garth.
« Je suis tellement fier de toi Dean » souffla Sam dans sa tête.
« Tu es ridicule » protesta Jason ensuite.
Le jeune homme les ignora tous les deux pour le moment. Il voulait se concentrer sur sa discussion avec Garth.
- L'amour c'est … c'est comme se jeter dans le vide sans savoir si oui ou non, on a un parachute accroché dans le dos. C'est prendre un risque … c'est tenter sa chance. On ne peut jamais être sûr que ça se terminera bien. Parfois, on s'écrase et il nous faut un moment pour se remettre sur pieds. Et parfois, on a la chance de s'envoler et alors c'est magique … c'est merveilleux. L'amour c'est un risque Dean … mais c'est un risque merveilleux.
Garth aurait vraiment du écrire un livre pour aider les gens comme Dean à y voir plus clair. Il était génial dans ces situations. Il aurait fait fortune en vendant ses conseils. Mais il savait que son ami le refuserait. Il pensait qu'aider les autres était quelque chose qu'on ne devait jamais monnayer.
- Castiel pourrait être ton parachute. Il pourrait être celui avec qui tu t'envoleras … il t'aime et je sais qu'il pourrait te rendre heureux. Bien sûr, pour cela, il faut que tu saches si oui ou non tu partages ses sentiments.
Et c'était justement là toute la question. Dean ne savait pas comment définir ce qu'il ressentait pour Castiel. Il tenait beaucoup à lui. C'était différent de ce qu'il ressentait pour Jason. Mais cela ne voulait pas forcément dire que ce n'était pas de l'amour. A vrai dire, il était totalement incapable de définir ce qui se passait en lui. Sans nul doute parce qu'il continuait d'être aveuglé par sa peur de souffrir. Il tournait en rond et il ne voyait aucune issue.
- Je ne sais pas Garth … je … je suis perdu et je … je veux m'en sortir mais je ne sais pas … pas comment, avoua alors Dean.
Il avait lutté contre ses larmes mais il n'en avait plus la force à présent. Garth le remarqua aussitôt et lui fit signe de s'approcher. Dean s'exécuta et se réinstalla à côté de son ami. Il s'allongea sur le lit et posa son visage contre l'épaule de Garth.
- Ok, reprenons depuis le début mon cher. Qu'est-ce que tu ressens quand tu es avec lui ? Qu'est-ce qu'il t'apporte ?
Dean prit quelques secondes pour réfléchir. Il voulait faire les choses bien et refusait de donner des réponses précipitées. Il avait vraiment envie d'avancer. Il en avait assez de se voiler la face quotidiennement.
- Il … quand il est là, je me sens bien. Je me sens soutenu et … je sais qu'il me voit comme quelqu'un de bien. Il ne voit pas que mes défauts et il … il m'aide à prendre conscience de ce que je vaux. Il a envie de m'aider et c'est … parfois ça me déstabilise. Mais il … il continue à être là malgré tout. Il me donne envie de … je pense qu'il me donne envie d'être meilleur.
Garth tourna le visage pour lui déposer un baiser sur la tempe avant de réajuster les couvertures qui recouvraient ses jambes.
- Est-ce que tu pourrais envisager de faire ta vie avec lui ?
Dean soupira longuement avant de s'essuyer le visage à nouveau. Il savait que si quelqu'un entrait dans la pièce, on les jugerait. On les critiquerait. On se moquerait probablement d'eux. Mais Dean avait besoin de contact. Besoin de sentir le soutien de Garth à travers des gestes tendres. Ils lui donnaient de la force.
- Je ne sais pas … je … je pense que si j'étais prêt à m'engager avec quelqu'un, je pourrais le faire avec Castiel. Il est parfait et il … il me fait rire tu sais. Je le trouve adorable et séduisant et … et … si j'étais quelqu'un d'autre, je tenterais ma chance avec lui.
- Pourquoi quelqu'un d'autre ? Demanda alors Garth, visiblement intrigué.
Dean haussa les épaules. Il avait dit cela sans réellement réfléchir. Mais à présent qu'il avait prononcé ces mots, il réalisait que c'était là tout le problème. Il pensait sincèrement ne pas être suffisamment bien pour Castiel. Il estimait que son ami pouvait trouver mieux.
- Parce que je sais ce que je vaux … et … parce qu'il est merveilleux. Il … il pourrait trouver quelqu'un de brillant … quelqu'un d'intelligent et de stable. Il peut faire mieux que moi. Mais si j'étais cette personne … celle qui a tout pour elle … je serais fier d'être son … son petit ami. Je ne sais pas si cela a un sens pour toi …
Garth déposa un nouveau baiser sur sa tempe et Dean ferma aussitôt les yeux.
- Bien sûr que ça a un sens … même si c'est totalement stupide. Dean … écoute moi … tu es quelqu'un de bien. Je sais que tu n'en as pas conscience et je sais que c'est en grande partie à cause de Jason. Il a détruit toute la confiance que tu avais en toi et à un moment où tu te construisais petit à petit. Il a réussi à te convaincre que tu ne valais rien. Et c'était là son but … parce qu'il savait que si tu perdais toute confiance en toi, tu serais reconnaissant envers quiconque te montrerait un semblant d'intérêt. Il s'est assuré que tu l'accueillerais à chaque fois qu'il aurait envie de te voir … et que tu le ferais avec un sourire. Il voulait te rendre dépendant de lui. Mais tu dois absolument oublier toutes les horreurs qu'il t'a dites et te concentrer sur ce que tes amis pensent de toi … ce que Castiel pense de toi. Tu vaux tellement plus que ce que tu crois mon ami.
Dean aurait tellement aimé le croire sur paroles. Il aurait également aimé croire Sam quand il lui tenait les mêmes propos. Et Castiel quand il lui avait tenu un discours similaire. Mais les paroles de Jason lui revenaient aussitôt en tête et il ne pouvait plus penser à autre chose.
« Parce que tu sais que j'ai raison … parce que tu sais que je suis le seul à te dire la vérité bébé »
Jason était de plus en plus présent dans sa tête et Dean détestait ça. Il était sûr que ça ne l'aidait pas à aller mieux. Car il avait tendance à l'écouter là où il rejetait généralement en bloc tout ce que Sam soufflait à son oreille.
- J'aimerais réussir à … j'aimerais vous croire … tous mais il … tu ne sais pas ce qu'il m'a dit le jour où il a rompu avec moi. Tu ne l'as pas entendu et … peut être qu'il avait en partie raison, avança Dean en rouvrant les yeux.
Il sentit Garth se tendre et il sut que ce qu'il venait de dire l'avait énervé. Evoquer Jason mettait souvent ses amis dans cet état. Parce qu'ils avaient vu le mal que son ex lui avait fait.
- Tu sais Dean, si j'avais la chance de l'avoir un jour en face de moi, je lui ferais payer tout ce qu'il t'a fait. Je lui ferais payer le fait de t'avoir volé ton innocence … de t'avoir fait douter de toi … de t'avoir fait perdre ton temps et de t'avoir brisé le cœur ! Je le ferais avec plaisir mais puisqu'il n'est pas là, je vais me contenter de te dire que Jason est un enfoiré de salopard … une pourriture qui mériterait de souffrir à son tour et que je détesterais jusqu'à mon dernier souffle. Et je te dirais également que rien de ce qu'il t'a dit n'est vrai. C'est un menteur … un manipulateur et … tu ne dois surtout pas le laisser gagner.
« Mais j'ai déjà gagné bébé n'est ce pas ? J'ai gagné parce que je t'ai ruiné pour tous les autres … je t'ai fait tel que je te voulais et tu m'appartiens aujourd'hui. Tu ne peux plus te passer de moi parce que je suis le seul à te connaître et le seul à t'aimer tel que tu es »
Dean ferma les yeux alors que les mots de Jason résonnaient à ses oreilles, lui faisant aussitôt oublier ce que Garth venait de dire. Il savait qu'il avait tort de l'écouter. Mais c'était plus fort que lui. Il avait la sensation d'être conditionné pour lui répondre à chaque fois qu'il l'appelait. Une sorte de réflexe pavlovien comme il avait lu que les chiens pouvaient en avoir.
- Dean, tu n'es pas obligé de répondre à toutes ces questions aujourd'hui. Ca fait six ans que tu vis vous le joug de Jason et t'en libérer va te demander du temps. L'essentiel est que tu aies compris que ce travail était nécessaire. Et que tu laisses les gens qui t'aiment t'aider à le faire.
Garth ne lui mettait pas la pression. Il comprenait que tout ceci n'était pas facile pour lui. Il savait que Charlie l'aurait probablement bousculé un peu plus. Sam n'aurait pas pu se taire avant de lui avoir parlé durant des heures entières. Mais Garth avait dit uniquement ce qui était nécessaire. Et il lui laissait la possibilité de murir ses paroles et de réfléchir un peu de son côté.
- Mais qu'est ce que je fais pour Castiel ? Pour … qu'est ce que je lui dis ? Je ne veux pas le faire souffrir simplement parce que je n'ai aucune idée de ce dont j'ai envie … de ce que je ressens. Il n'a pas à payer pour mes erreurs … sachant que je lui ai déjà suffisamment fait de mal.
Dean était venu avec la ferme envie de repousser Castiel pour de bon. De mettre un terme aux espoirs de son ami pour éviter de le perdre. Mais Garth lui avait fait comprendre qu'il faisait fausse route. Il n'avait pas pris le problème par le bon bout. Il devait commencer par se demander ce qu'il voulait faire des sentiments de Castiel. Ce qu'il ressentait pour lui de son côté. Et faire ensuite en sorte d'agir en conséquence. S'il réalisait qu'il n'aimait pas Castiel, il le lui dirait honnêtement. S'il partageait les sentiments du jeune étudiant, il le lui dirait aussi. Et il tenterait d'ouvrir son cœur une nouvelle fois. Cela le terrifiait totalement. Il pouvait sentir son cœur s'emballer dans sa poitrine rien qu'en y pensant.
- Tu vas lui dire clairement que tu as besoin de temps … que tu ne peux rien lui promettre mais que tu ne fermes pas la porte non plus. Tu vas te montrer honnête et lui avouer que tu as peur … parce qu'il n'y aucune honte à avoir peur de souffrir Dean. J'ai peur moi aussi … surtout en ce moment.
Garth n'avait pas dit ça pour se faire plaindre. Dean savait qu'il ne cherchait pas à ramener la conversation sur lui. Il l'avait dit pour réconforter le jeune homme. Mais ses propos trahissaient ce qu'il ressentait et Dean s'en voulait de ne pas s'en être soucié avant.
- Tu repenses souvent à eux ? Demanda t-il en tournant le visage vers celui de son ami.
Ce dernier haussa les épaules. Garth était quelqu'un de fort et de solide. Il était courageux et avait une foi inébranlable en le monde dans lequel ils vivaient. Mais il venait de vivre un événement particulièrement traumatisant. Et il était normal qu'il ait peur. Normal que ses certitudes soient totalement ébranlées.
- Parfois oui … surtout la nuit quand je m'endors. Je revoie leurs visages et … j'entends ce qu'ils m'ont dit à nouveau. Ils étaient tellement en colère Dean … tellement remplis de haine et je ne comprends pas pourquoi. Je ne comprends pas comment on peut autant haïr quelqu'un qu'on ne connait pas … juste parce qu'il est différent. Et … c'est juste … c'est déstabilisant pour moi.
C'était la première fois que Dean voyait Garth douter autant de ce qu'il croyait savoir. Il avait beau être le témoin des pires horreurs, il continuait de croire que le monde pouvait être meilleur. Qu'il fallait continuer de croire que les choses allaient s'arranger. Qu'il ne pouvait pas en être autrement. Mais être la cible de ces horreurs changeait totalement les choses. Il avait été en première ligne.
- Si je les tenais … je te jure que je leur ferais payer, murmura Dean en serrant les poings.
Il avait tellement de colère envers ces personnes qu'il se sentait capable de tout. Il ne croyait pas à la violence en réponse à la violence. Mais on avait fait du mal à un de ses amis et cela effaçait tout le reste. Cela lui donnait envie de jeter toutes ses bonnes résolutions par la fenêtre. D'entrer en guerre et de le faire armé.
- Si tu les tenais, tu les dénoncerais et c'est tout. Je … je ne crois pas que leur faire du mal soit une solution.
- Parce que tu es trop gentil, le coupa Dean en secouant la tête.
- Parce que je suis réaliste mi amigo. Je sais très bien qu'ils nous pointeraient nous du doigt si on se vengeait. Peu importe le mal qu'ils ont fait. On leur donnerait raison et tu le sais aussi bien que moi. Alors non, tu ne ferais rien … tu appellerais la police et ce serait la bonne solution. Parce que je refuse de te voir courir des risques pour moi. Je refuse de les laisser gagner.
Dean savait que Garth avait raison une nouvelle fois. Il détestait le ton fataliste de sa voix. Et il détestait également la déception qu'il devinait chez lui. Il avait pris une claque. Il avait réalisé que sa façon de voir le monde n'était peut être pas la bonne. Dean avait pensé que ce serait une bonne chose le jour où cela lui arriverait. Il avait toujours pensé que Garth était trop naïf. Mais il s'était trompé. Il aimait l'optimisme de son ami. Il aimait la confiance qu'il avait dans ce monde. C'était ce qui faisait de lui quelqu'un d'exceptionnel.
- On ne les laissera pas gagner. Je te le promets, assura Dean.
Il avait des tas de choses personnelles à gérer mais il n'en oubliait pas pour autant son combat. Son engagement. Et il ne comptait pas en rester là. Il refusait que les gens qui avaient fait du mal à son ami puisse penser une seconde qu'ils avaient réussi à les faire taire. Ils ne gagneraient pas. Dean ne pourrait peut être pas changer le monde. Il n'était même pas sûr de réussir à être heureux dans sa vie mais il pouvait faire entendre sa voix. Et il n'allait pas s'en priver. Il allait crier jusqu'à ce qu'on accepte de l'écouter. Il allait le faire pour Garth. Pour lui prouver que l'espoir était toujours permis. Et pour lui rendre la confiance qu'il avait visiblement perdu. Il n'oubliait pas Castiel et le travail qu'il devait faire sur lui. Mais il estimait pouvoir tout mener de front. Il l'avait fait avant et il le referait si c'était nécessaire. Garth venait de lui donner des pistes de travail. Il n'avait plus qu'à creuser et à se poser enfin les bonnes questions. Il avait vécu six années avec la tête enfouie dans le sable. Ce n'était pas la solution. Ca ne le serait jamais. Et maintenant que Garth l'avait aidé à le comprendre, il comptait bien remédier au problème pour de bon.
