Bonjour ! Et voilà l'épilogue de cette histoire... Alors, à votre avis, happy end or not ?
Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes... Je vous retrouve après ! Bonne lecture !
Épilogue
Sacrifices & destinées
Seiya et la jeune Kido se séparèrent à regret – la douce pression de leurs mains et les regards échangés en disaient suffisamment long. Le Chevalier brûlait de retrouver enfin sa sœur, au Japon ; Saori, accompagnée de Kiki, décida de revenir au Sanctuaire afin de s'y ressourcer.
Hyôga parla de retourner sur les steppes glacées de Sibérie, et poursuivre la culture des grandes plaines avec Yakoff. Pour Shiryû, l'évidence s'imposa : Shunrei l'attendait aux Cinq Pics.
Dans leur dos, l'immense portail de l'Olympe s'était fondu dans les hauts murs de marbre. Seul le heurtoir de fer trahissait désormais son existence.
L'apprenti, après un dernier salut de la main, présenta galamment – et crânement – son bras à Saori. « Il a grandi, » constata Hyôga, amusé, tandis que la jeune fille acceptait l'appui de Kiki avec un sourire approbateur. « Il lui arrive presque aux épaules. La prochaine fois qu'on se verra, il nous dépassera d'une bonne tête. » Même sa maîtrise de la psychokinesis se renforçait : quelques mois auparavant, il aurait été incapable de se téléporter si loin... surtout avec quelqu'un d'autre.
Il y eut un claquement doux. Saori et Kiki disparurent.
Seiya se tourna vers Shun et Ikki.
– Vous êtes sûrs de pas vouloir venir avec nous ?
Shun secoua la tête.
– Je dois aller en Sicile, dit-il en constatant avec plaisir que sa voix ne tremblait pas. Quelqu'un doit mettre Damia au courant de ce qu'il s'est passé.
– J't'accompagne, assena Ikki. J'ai un truc à lui rendre.
– Bon... fit Seiya un peu gêné. À bientôt, alors.
Les trois compagnons d'armes s'éloignèrent et s'évaporèrent bientôt dans la brume persistante. Shun poussa un soupir. La patte fruste d'Ikki lui ébouriffa les cheveux. Le cosmos du Phénix l'enveloppa de sa rude tendresse.
– Qu'est-ce que tu dois rendre à Damia ? demanda Shun.
En guise de réponse, son frère lui montra le petit pendentif accroché à son cou. Un cercle de métal dans lequel était ciselée une fine paire d'ailes aux reflets de cuivre. Shun se sentit étrangement revigoré à sa vue.
– Ça te tente, une vue du ciel ? fit Ikki avec un sourire énigmatique.
Le jeune garçon inclina la tête de côté, intrigué. Entre les doigts de son frère, les ailes étincelaient d'un éclat d'incendie.
– Allez, grimpe, lâcha l'aîné en lui présentant son dos.
Shun obtempéra, entoura le cou du Phénix de ses bras et fut soulevé de terre. Des nervures enflammées serpentaient à même la peau d'Ikki. Les immenses ailes, aux plumes grenat parcourues de fumerolles, se déployèrent.
Puis, dans un élan formidable, Ikki s'envola.
oOo
Damia ne possédait pas beaucoup de photographies récentes de sa fille adoptive, mais elle tint à en offrir tout de même au moins une à Shun, avant qu'il ne reparte pour le Japon.
L'adolescent en choisit une, que Damia avait prise à l'improviste, peu de temps avant que la jeune fille ne parte en mission diplomatique à Tokyo. Indifférent au somptueux décor de la bibliothèque de Catane, Shun ne voyait que son amie, assise à une table de travail, le menton posé dans la paume de sa main ; il ne regardait qu'elle, son visage penché sur un livre ouvert, ses traits ourlés d'or par le reflet d'une lampe, ses yeux passionnés par ce qu'elle lisait.
À Ikki, Damia laissa le collier aux ailes de cuivre, accompagné d'un simple « merci ».
– Gardez espoir, Chevalier Andromède, dit-elle en raccompagnant les deux frères jusqu'à la porte de sa demeure. Vous vous retrouverez un jour, j'en suis persuadée. Kay tient toujours ses promesses.
oOo
Quelques mois plus tard, Seiya, accompagné de sa sœur, rejoignit Saori au Sanctuaire. Seika, ayant passé une partie de sa vie dans le village de Rodorio, ne souhaitait pas quitter ceux qui l'avaient recueillie et traitée comme un membre de leur famille.
Le cosmos d'Athéna se renforça, s'étendit, retrouva sa puissance perdue. Kiki poursuivit son entraînement, sous la férule de Marin et Shaina. Un jour, alors qu'il aidait à la réparation du temple de son maître Mû, un éclair d'or tomba du ciel et atterrit sur les dalles. L'armure du Bélier était réapparue. Les autres suivirent, peu à peu. Saori comprit que le travail de son amie Kay, depuis Elysion, portait ses fruits ; les âmes des douze Chevaliers, libérées de leur prison du Cocyte, s'étaient affranchies de leurs liens avec les armures. Sans propriétaire, elles revenaient dans leur Temple, en Grèce. Kay faisait parvenir un message de paix et d'espoir sur Terre.
Kiki endossa l'armure de son maître. Seiya fut jugé digne de porter celle du Sagittaire. Les armures du Verseau et de la Balance furent proposées à Hyôga et à Shiryû. Shun déclina l'offre d'endosser celle de la Vierge. Quant à Ikki... il faisait de brèves apparitions, sans plus.
Il attendait. Un signe, un message, une présence... mais rien ne vint.
Au bout de quelques semaines, Saori revint au manoir, où Shun avait déjà retrouvé sa chambre. Les travaux s'étaient achevés quelques jours plus tôt. Le calme régnait de nouveau sur la demeure.
La jeune fille se sentait redevable de tout ce que ses Chevaliers avaient sacrifié pour elle et, en plus de rouvrir la Fondation Graad afin d'accueillir des orphelins de tous horizons, créa l'allocation Kido. Cela permit à Shiryû de financer une grande partie de la reconstruction du village de Rozan. Kiki, avec sa maîtrise de la psychokinesis, l'aida à reformer le promontoire, que Hyôga scella éternellement, grâce à la glace. Au Sanctuaire, l'argent de Saori Kido rendit possible l'édification d'une école pour les Chevaliers.
Les semaines passèrent. Puis les mois.
Shun, poussé par un instinct plus fort que lui, s'inscrivit au lycée. Il voulut se l'expliquer par son désœuvrement – en réalité, il était incapable d'oublier Kay, malgré les entraînements intenses qu'il s'infligeait au quotidien. Et il restait toujours persuadé que le cosmos, plutôt que de blesser, pouvait guérir ; il en avait eu la preuve, dans le temple du Verseau, quand il tenait Hyôga agonisant dans ses bras, et puis, plus récemment, lorsque le cosmos céleste d'Apollon avait touché le sien, le tirant des griffes froides de la mort.
De nouvelles guerres saintes étaient inévitables. Cela, les Chevaliers ne l'oubliaient pas et poursuivaient leur entraînement.
Lors de ses rares visites au Sanctuaire, Shun portait souvent son regard au nord, comme s'il pouvait y discerner le sommet glacé de l'Olympe...
oOo
Un rayon de soleil jouait à travers les rideaux, qui flottaient sous l'effet d'une brise rafraîchissante. Il avait fait exceptionnellement bon aujourd'hui.
Shun referma son manuel et poussa un profond soupir. Kay avait raison – la géographie était barbante.
Ces histoires de frontières, c'est débile, avait-elle dit autrefois.
Le jeune homme sourit à cette réminiscence et attrapa le cadre posé sur son bureau. Sous le verre, les orphelins lui souriaient, jaunis par le temps. Entre lui-même et Saori, la petite fille aux cheveux noirs se tenait bien droite. Shun passa le doigt sur la photographie plus récente, coincée dans un angle du fin encadrement de bois. Elle avait tendance à se corner. Pas le souvenir, toutefois – quatre ans avaient passé, et Shun se remémorait Kay aussi facilement que s'ils s'étaient quittés la veille.
Brusquement, le vieux chagrin se déploya et l'enserra de son étreinte grise, tant elle lui manquait. Après tout ce temps, sa peine et sa culpabilité lui rongeaient toujours les os, aussi voraces que lorsque Kay s'était sacrifiée... pour lui.
Au dehors, un chien aboya. Shun entendit Tatsumi pester et le chasser à grands cris indignés. La voix douce de Saori coupa court aux braillements du majordome.
Shun tenta de revenir à son cours, mais son regard se mit à errer, au bout de quelques phrases ineptes, sur le beau visage attentif de Kay. Il se demanda ce qu'elle lisait au moment où la photographie avait été prise. Sûrement pas un manuel de géographie. Le jeune homme rit doucement et comprit qu'il ne parviendrait pas à se bourrer le crâne plus longtemps. Il repoussa sa chaise et attrapa son sac, décidé à profiter du premier jour de vrai printemps depuis des lustres, semblait-il.
Shun sortit, dévala l'escalier et se retrouva dehors. Après un signe courtois à Saori, qui prenait le thé sur la terrasse, il se dirigea vers les grilles du manoir Kido.
Ses pas le portèrent jusqu'en centre-ville, dans un immense parc où il avait l'habitude d'aller courir. C'était bien la première fois qu'il y venait pour flâner... Il transpirait légèrement lorsqu'il se laissa tomber sur un banc, à l'ombre de grands cerisiers. Shun rejeta sa tête en arrière et contempla les multiples fleurs roses. Elles ne tarderaient pas à transformer l'atmosphère tranquille du jardin public en une ondée soyeuse de pétales colorés. Une brise faisait trembler les fins rameaux au-dessus de sa tête, et des rayons de soleil transparaissaient par moments parmi les feuilles.
Il suivit des yeux un vol d'hirondelles et redressa la tête pour les voir disparaître derrière la ligne d'immeubles qui bordaient le parc. Une vieille dame promenait un chien. Un groupe d'enfants jouait au ballon, derrière lui – il percevait leurs cris joyeux, et le sol résonnait sourdement de leurs piétinements et leurs cavalcades. Il sembla même à Shun que l'un des gamins se rapprochait. Il ne se retourna pas, songeant qu'ils avaient dû envoyer leur ballon par mégarde non loin de lui.
Deux mains fines apparurent dans son champ de vision. Avant qu'elles n'occultent sa vue, en se posant doucement sur ses yeux, le soleil accrocha des reflets d'argent dans les perles d'un petit bracelet aux fils de cuir.
Shun s'emplit du parfum si familier de soleil et d'agrumes. Il savoura le contact de sa peau sur la sienne. Des larmes roulèrent sous ses paupières closes.
– Kay... s'étrangla-t-il.
– Zut. Comment t'as deviné ?
Elle avait voulu se montrer joyeuse, mais sa voix la trahissait : elle tremblait. Ses mains quittèrent ses yeux. La jeune fille l'enlaça. Shun sentit le souffle chaud glisser sur sa nuque, les fins cheveux noirs chatouillèrent sa peau, puis Kay posa sa joue contre la sienne.
– Ne pleure pas pour moi, Shun.
FIN
Voilà ! It was the end...
Alors, qu'en avez-vous pensé ?
Je vous remercie vivement, vous toutes et vous tous, qui avez suivi cette histoire, de près ou de loin. Je remercie tout particulièrement LW. exe, FuryFury, Phenicia... J'en oublie, sûrement, et je m'en excuse !
J'en profite pour faire ma pub : je suis sur un projet d'écriture à plus long terme (un roman !) que je publie, morceau par morceau, sur wattpad. C'est une plateforme entièrement libre d'accès. Mon travail n'a rien à voir avec ce que je peux écrire sur fanfiction. net ; cette fois, c'est mon univers que je développe. Pour faire bref, vous suivrez Eusebio, un apothicaire qui, parti en quête d'ingrédients pour son officine, se retrouve perdu en pleine montagne à la suite d'une tempête de neige. Il est heureusement sauvé par des moines venant d'une cité isolée et pleine de mystères. Eusebio n'a pas le droit de la quitter ; tout ce qu'il souhaite cependant, c'est fuir !
Si ça vous intéresse, rendez-vous sur le site "wattpad. com" : je porte le même pseudo, et mon roman s'intitule (provisoirement) "Le Livre du Chaos". D'après mes premiers lecteurs, il ne faut pas s'arrêter au premier chapitre... N'hésitez pas à venir faire un tour, à lire et à laisser vos impressions ! À terme (c'est-à-dire d'ici la fin de l'année très certainement), ce roman sera achevé et j'essaierai de le faire publier "pour de vrai".
Voilà, vous savez tout... ou presque !
Allez, le p'tit mot de la fin... reviews ? =3
