Bonsoir! Une fois de plus je m'excuse pour le retard. Mon ordinateur a eu quelques soucis de connexion à internet pendant les vacances et depuis que je suis rentrée je prépare mes partiels... Je prend du retard dans l'écriture aussi du coup...

Quelques révélations dans ce chapitre, je vous laisse découvrir. Bonne lecture!


Chapitre XXV

Tora observait Hiroto et Saga du coin de l'œil, tout en essayant de se concentrer sur ce que disait Shou. Ça n'avait rien d'évident car il aurait préféré entendre la conversation des deux autres. Shou voyait bien qu'il n'avait pas l'attention du bassiste et faisait comme si de rien n'était.

C'était un peu devenu le mot d'ordre du groupe depuis le retour de Saga et Hiroto. On ne faisait aucune référence à ce qu'il s'était passé et on agissait normalement. Sauf que... sauf que Saga réapprenait maladroitement à se servir de sa main, qu'il avait l'air blasé tout le temps et que Nao rechutait.

Tora savait que ce n'était pas le moment d'être à côté de la plaque. Heureusement, sa santé avait choisi de se stabiliser, ce qui était au moins une bonne nouvelle. Par contre, son cœur... Il pensait que ça lui ferait du bien de revoir Hiroto tous les jours, mais en fait, comme le châtain était toujours avec Saga, c'était presque pire que mieux.

Bon, il était de mauvaise foi. Dès son retour, Hiroto était venu le voir pour s'enquérir sur sa santé, ce qui était très gentil de sa part et surtout ça indiquait qu'il s'était inquiété pour lui. Ça avait fait plaisir à Tora et il se fichait de l'égoïsme de la chose.

Le point sur lequel il avait le plus de mal, c'était que Hiroto couvait Saga et qu'il était le seul à ne pas voir que Saga en avait assez. Tora avait entendu Nao en parler avec Shou deux jours plus tôt. Bien sûr, Hiroto était celui qui connaissait le mieux Saga et donc qui était le plus apte à l'aider, mais de l'avis des trois autres, il en faisait un peu trop.

Et bien que Tora soit jaloux de cette débauche d'attention qui n'était pas le moins du monde portée sur lui, il était assez admiratif de la force de caractère de Hiroto et de la puissance de son lien avec Saga qui ne faisait rien pour remercier le châtain de l'aider. Ça aurait été si simple d'aimer Hiroto et de détester Saga.

Alors Tora évitait les deux meilleurs amis et restait principalement avec Shou et Nao - un peu plus qu'avant. Hiroto parlait avec eux naturellement, même il était le seul à qui Saga daignait répondre. Ils avaient compris au bout de quelques jours que la situation était plus grave que ce qu'ils avaient imaginé. Si défoncer un mur avec son poing n'avait pas suffi pour bannir la colère de Saga, alors quel espoir y avait-t-il sinon le temps?

Tora ne savait pas avec précision quand ni comment il avait commencé à voir Hiroto autrement que comme un ami et collègue. Ça n'avait pas vraiment d'importance. Ça s'était fait graduellement et il avait mis quelques mois à s'en rendre compte. Il n'était pas tombé un jour sur son ami en train de se changer dans les vestiaires, ni n'avait aperçu une photo de lui torse nu sur internet - ça il l'avait fait après. Non, rien de physique au départ, bien que Hiroto soit plutôt beau garçon. C'était surtout sa personnalité qui avait attiré Tora. Sa ténacité à toute épreuve, sa gentillesse et sa grande culture musicale qui en faisait un interlocuteur agréable et passionné, c'était tout ça, Hiroto.

Quand il s'était rendu compte de ses sentiments, Tora s'était juré de ne rien faire pour les concrétiser. Il n'avait pas envie de mettre le groupe sens dessus-dessous – parce qu'il était dès le départ persuadé que Hiroto ne pouvait pas s'intéresser à lui. Ce qui ne l'empêchait pas de vouloir que Hiroto soit proche de lui et de souffrir de cette absence de réciprocité.

La situation n'était pas évidente et la résolution de Tora vacillait selon son humeur. Parfois, la présence de Saga lui donnait envie de rentrer chez lui parce qu'il ne faisait pas le poids face à leur amitié, et parfois ça lui donnait envie de se relever, de montrer qu'il était fort et pouvait supporter ça – évidemment, la deuxième arrivait moins souvent.

Il ne savait pas quoi faire. D'habitude, la musique lui servait d'échappatoire, et malheureusement en ce moment ça n'était plus suffisant. Il avait besoin d'autre chose.

Il fut interrompu dans ses divagations par Nao qui l'appelait.

« Oui?

- Tu étais dans la lune. »

Tora fit un sourire d'excuse et jeta discrètement un regard par-dessus l'épaule de Nao. Saga n'était plus là et Hiroto pianotait sur son portable. Il se reconcentra sur Nao.

« Tu vas bien, Tora? »

Nao avait l'air inquiet. Et curieusement pâle.

« Ça va, ça va. J'ai juste du mal à me concentrer aujourd'hui. Mais toi ça n'a pas l'air d'aller très fort. »

C'était tout aussi stratégique que sincère que de retourner l'attention sur son interlocuteur.

« Oh, tu sais... répondit-il vaguement en se grattant la tête. Je n'ai pas vraiment le contrôle sur mon état, alors... »

Tora fronça les sourcils.

« Mais maintenant que tu n'as plus besoin de veiller sur tout le monde, tu peux t'occuper de toi, non? »

A la surprise du bassiste, Nao rougit un peu puis fit la grimace. Derrière lui, Shou, qui était en train de ranger des partitions dans une chemise leva son pouce.

« C'est ce que je me tue à lui répéter, remarqua-t-il. »

Le batteur aux cheveux rouges leva les yeux au ciel.

« On dirait que j'ai cinq ans, à vous entendre parler.

- Peut-être qu'on changerait de discours si tu hm... allais consulter quelqu'un, par exemple. »

Nao soupira pour la forme.

« Ecoute, je sais que ce n'est pas facile, on en a déjà parlé des centaines de fois, mais Nao... commença Shou. »

Il fut interrompu par Tora qui parla sans trop réfléchir.

« Est-ce que ça te rassurerait si quelqu'un t'accompagnait au début? »

Nao le regarda avec des yeux ronds, tandis que Shou approuva d'un signe de tête.

« Tu... tu serais d'accord pour venir avec moi?

- Ça ne me dérangerait pas, si ça peut t'aider.

- Je te remercie, Tora. »

Nao n'osa pas dire que ça ne changerait peut-être rien pour lui – hormis le fait de savoir que quelqu'un d'autre que Shou tenait à lui – mais ça changeait quelque chose pour Tora car il ne l'avait pas vu aussi impliqué depuis longtemps. Dans le fond, sa proposition lui faisait très plaisir.

Si Tora n'avait pas réfléchi avant de parler, il ne regrettait pas pour autant de l'avoir fait. Le sourire sur les lèvres de Nao en valait la peine.

C'était à la fois une manière de lui rendre la pareille pour la semaine passée, quand Nao était venu jusqu'à chez lui, et égoïstement, une manière de se détourner de Saga et Hiroto.

Tora essayait d'avancer.

[...]

La porte d'entrée de l'appartement claqua, faisant sursauter Kazu qui somnolait devant la télévision allumée. Il était dix-neuf heures et il avait travaillé comme un fou toute la journée.

« Kazu-chan! Je suis rentré, cria la voix du blond dans le couloir.

- Ça va, j'ai entendu, pas la peine de crier.

- Oulà, ça va toi? demanda-t-il d'un ton plus posé en arrivant dans le salon.

- Pourquoi tu poses la question? Je vais bien, c'est toi qui es survolté. »

Ruki posa ses affaires sur un fauteuil et s'affala dans le canapé à côté de son colocataire.

« Je le reconnais. Mais faut dire, aussi, y'a eu des rebondissements aujourd'hui.

- Ah ouais?

- Vers dix-huit heures, on discutait tranquille quand Aoi s'est énervé pour rien. Il a chopé Uruha par le bras et s'est barré avec lui. Avec les deux autres on était un peu perdus, mais du coup on a continué à discuter parce qu'on ne pouvait rien faire pour eux, et puis il était temps qu'ils prennent les choses en main les deux cocos. »

L'expression utilisée par Ruki sembla inquiéter Kazu car il fronça les sourcils et demanda des précisions.

« Comment ça, prendre les choses en main? »

Ruki resta silencieux un instant, tentant de comprendre le trouble de son ami. Il avait bien une idée mais préféra répondre avant.

« Bah s'expliquer quoi, ça faisait une semaine que ça allait mieux pour tout le monde, sauf entre eux deux. Ils continuaient leur jeu du chat et de la souris sans se rendre compte que ça ne pourrait pas durer éternellement parce qu'ils sont quand mêmes potes depuis longtemps. »

L'éclat soulagé dans le regard de Kazu permit à Ruki de comprendre.

« Alors Kazu-chan, on est jaloux?

- Quoi? Non, bien sûr, je sais qu'ils sont juste amis...

- Mouais, le fait même que tu dises ça prouve que tu t'inquiètes de ce qu'il y a entre eux. »

Kazu grogna.

« Et tu sais comment ça s'est passé? demanda-t-il pour changer un peu de sujet. Parce que c'était grave tendu entre eux, non?

- Je ne te le fais pas dire. Uruha m'a juste raconté qu'il avait dû le supplier d'accepter ses excuses et qu'il avait prêt d'abandonner l'idée de se réconcilier avec Aoi car il était trop borné. Maintenant qu'ils sont revenus sur de bonnes bases, j'imagine qu'ils reprendront doucement leurs habitudes. »

Ruki examinait attentivement les réactions pas si discrètes de son colocataire à ses remarques pas si innocentes. Et il était plutôt satisfait du résultat. Visiblement, Kazu ne jouait pas et était sincèrement intéressé par Uruha, ce qui était une bonne nouvelle puisque le roux n'était pas insensible à lui. Ruki n'avait jamais eu l'occasion de jouer les marieuses mais ça semblait diablement intéressant, si tant est qu'ils aient besoin de lui.

« Ce serait cool pour la stabilité de votre groupe.

- T'inquiète pas, ce n'est pas parce qu'Uruha et Aoi vont passer de nouveau du temps ensemble qu'il ne viendra plus en passer avec toi...

- Ruki. Arrête de te faire des films juste parce que je lui ai offert un câlin de réconfort.

- C'est ce qu'on dit, hein. Et quand tu le regardais, c'était pour le réconforter aussi.

- Va te faire foutre, fouineuse. »

Le blond lui envoya un grand sourire.

« Ça veut dire que j'ai raison, yeah!

- Sale môme.

- Rien de ce que tu pourras dire n'entachera ma satisfaction. Tu as des vues sur mon petit Uruha.

- Et je ne comprends pas pourquoi ça a l'air de te réjouir autant, avoua Kazu, reprenant soudainement son sérieux.

- C'est pas évident? Je vous apprécie tous les deux et vous vous êtes très bien entendus dès le départ, ce serait bête de ne pas en profiter.

- Mouais, et si ça se passe mal entre nous, ça sera le bordel non?

- Comme à chaque qu'un couple avec des amis communs rompt, répondit Ruki, pragmatique. »

Kazu se gratta le crâne et réfléchis un instant, avant de sourire joyeusement.

« D'accord, donc j'ai ta bénédiction pour pervertir ton pote alors? »

Le blond fit mine d'être exaspéré.

« Je rêve où tu savais que la conversation allait en arriver là?

- Je ne savais, je l'espérais, nuance.

- T'es vraiment quelqu'un... Uruha ne va pas s'ennuyer avec toi. D'ailleurs, tu as l'air bien sûr de toi je trouve.

- Normal, seuls les aveugles peuvent résister à mon charme, remarqua Kazu, en prenant des airs de diva.

- Bah bien sûr, et ça va les chevilles? »

Ils continuèrent à se chamailler, redevant occasionnellement sérieux pour évoquer leurs sentiments respectifs, ce avec quoi ils étaient assez mal à l'aise. Kazu était satisfait de voir que Ruki le connaisse aussi bien, il n'avait pas eu besoin de se confier réellement, et surtout sa réaction avait été très positive.

Maintenant, il fallait séduire Uruha!


J'espère que ça vous a plu, merci d'avoir lu!

Tonari, voilà enfin ta réponse pour Tora! Tu y avais pensé?