Chapitre 25 – Soirée d'halloween chez Slug

Ce samedi après-midi là, je le passe en tête à tête avec ma meilleure amie, à réviser mon point faible : les potions, tandis que je lui fais travailler son point faible : la métamorphose.

Soudain, Lily soupire fortement, ce qui ne lui ressemble guère alors qu'elle m'explique quelque chose concernant le philtre de la trompette des anges. Lily est passionnée de potions comme je suis passionnée de métamorphose, comme Peter est passionné de Botanique, comme Dorcas est passionnée des créatures magiques, comme Potter est passionnée de Quidditch, Sirius est passionné par les moldus, et Remus est passionné de DCFM, comme Mary est passionnée de divination, comme Marlène est passionnée de sortilèges, comme Emmeline est passionnée de runes, comme Hestia est passionné d'arithmancie, comme Alice est passionnée d'astronomie.

« Lily, d'habitude c'est moi que les potions énervent. Tu veux me parler de quelque chose ? je lâche finalement en poussant du plat des mains mon manuel avancé de potions

-J'ai réalisé quelque chose, commence Lily après avoir dégluti. Pour la première fois en 17 ans de vie, j'ai réalisé quelque chose que j'ai essayé d'ignorer depuis mon premier jour à Poudlard.

-Oh, Merlin, je soupire en levant les yeux au ciel, sentant la catastrophe poindre le bout de son nez.

-Ca a commencé par un béguin. Au début j'ai cru que ça allait disparaître mais à chaque fois que je le vois je ressens toutes ces choses. J'ai l'impression d'être entière avec lui depuis cet été que nous avons vécu ensemble, en faisant des efforts pour toi. J'ai laissé mon animosité de côté, je l'ai vu sous un autre jour que ce tyran brutal. Les épreuves que tout le monde surmonte, toi ou Marlène, m'ont donné envie de vivre la vie pleinement sans me prendre la tête, m'inquiéter, avoir peur du rejet, de la moquerie, des faux semblants. Dès que je le vois, mes épaules se décontractent même si on est en cours. Le monde pourrait brûler et il n'y aurait rien à dire. Chaque fois qu'il est là je me sens en sécurité, même s'il me met hors de moi. Quand il n'est pas là, je me sens perdue. Ca me distrait. Quand il rit c'est comme si ça pouvait effacer tous mes problèmes. Quand il sourit, je veux qu'il continue quoiqu'il arrive….

-Tu es amoureuse, je dis songeusement alors que ses paroles font échos en moi.

-Tu crois ? Que vais-je faire ! Il s'agit de James Potter !

-Tu te souviens de ce que Alice nous dit tout le temps ?

-Que nous ne voyons pas ce qu'il y a sous nos yeux ?

-Oui. Et si tu arrêtais de te voiler la face ? je propose en avançant ma main sur son épaule

-C'est vrai que… commence Lily. Il a retiré son masque d'arrogance et de prétention. Lorsque nous ne sommes que tous les deux… Il montre une nouvelle facette que je n'ai jamais vue. Sa manière de me regarder me trouble. Il a l'air si mature, si sérieux, si sûr de lui. Je l'ai tellement haï et maintenant…

-Il faisait ça pour rejeter ses sentiments, car tu étais une traîtresse de Gryffondor, amie avec Severus. Comme Black lorsqu'il n'a pas accepté le fait que je reste proche des Serpentard. Ils on arrêté de l'embêter, tu sais, Severus et je crois que Potter comme Black regrettent leur comportement impulsif et stupide à présent … Ils n'étaient que des gosses. Il s'est peut-être rendu compte de la vérité, et a arrêté de se mentir à lui-même. Peut-être… Enfin, je continue vivement en détournant mon regard de la fenêtre pour planter mon regard dans celui de la rouquine, je suis sûre qu'il t'aime sincèrement, j'ai pu le remarquer l'année dernière. Même si pendant longtemps je pensais l'inverse. Moi non plus, je ne pouvais pas l'accepter ! Finalement les maraudeurs sont des gens bien, comme les filles nous l'affirment depuis déjà longtemps. A part les événements concernant Severus… Et tu butes à cause de ça ! Tu ne veux pas accepter qu'il soit autre chose mais … Il l'est, nous sommes tous plus que ce que nous montrons pour nous protéger des autres… Surtout qu'il s'est humilié lui même pendant si longtemps, à te courir après aussi désespérément. C'est du harcèlement, mais d'un côté, c'est blessant pour lui. Il a dû en souffrir. Laisse lui une chance, tout le monde a droit à une seconde chance, n'est-ce pas ?

-Tu le penses vraiment ? me demande Lily en me regardant avec un regard larmoyant.

-Qui ne tente rien n'a rien. Tout cela est follement fou, puissant, incroyable, flippant mais… N'est-ce pas ça, l'amour ? Je sais que c'est compliqué pour toi, mais mets ton cerveau en veille et arrête de raisonner en toute logique, pour changer. Nous n'avons pas besoin de tout comprendre, parfois les choses suivent leur cours… Se précipitent. C'est comme ça. Tout n'a pas besoin d'être clair net et précis. Il faut peut-être cesser d'être intransigeant… Les sentiments, ce n'est pas un art mathématique c'est … abstrait et incompréhensible. C'est ce qui en fait quelque chose de beau, quelque chose qu'on ne peut maîtriser. Ca fait peur, ça fait mal, mais je pense que James Potter saura te rentre heureuse. Ca défierait toutes les lois universelles mais… Pourquoi pas ? », je conclue, rêveuse.

Lily soupire en me fixant intensément puis sourit en coin.

« Tu parles de James et moi ou de Sirius et toi ?

-Par Merlin Lily, ne recommence pas, je la gronde avec un soupire hautain. Si tu t'y mets, alors tout le monde est sur mon dos à ce sujet, et je ne veux pas en parler ! J'ai besoin de ne pas en parler, tu comprends ?

-Tu es d'excellent conseil, Poussin, pourtant tu ne les mets jamais en action, au contraire, tu fais toujours le contraire…

-J'ai plus important comme affaires, j'assure fermement en attrapant mon manuel tombé à terre

-Toi aussi, tu dis te permettre d'être… jeune et en vie. Ressentir comme tout adolescent, les frissons, le cœur qui veut sortir de ta poitrine, qui loupe un battement, le cerveau embrumé, les actions au ralenti, les organes qui déménagent… Tous ces symptômes que nous refusons toi comme moi. Tu ne peux pas toujours mettre ça sur le compte de l'alcool. Alisa, tu ne peux pas lui en vouloir indéfiniment d'avoir trouvé un autre camarade. Mets tes conseils à exécution. Ose. Vivre c'est risquer de souffrir. Tu peux prétexter ce que tu veux, il n'y a rien de plus important que ça : profiter. Oublie un peu tes problèmes… Si je le fais, tu le feras ?

-J'y penserai peut-être… j'élude en grattant sur mon parchemin

-Arrête d'être bornée et ouvre toi aux autres… Vraiment, et pas juste pour des choses futiles. Sur le plan personnel et pas juste en surface … Même avec tes amis tu es comme ça ! Et si nous arrêtions d'être aveuglées par la colère et la crainte ?

-Tu veux dire oublier la rancœur ? Le cœur avant la raison ? je me moque

-C'est bien ce que tu m'as proposé, souligne la préfète en chef, tu devrais faire de même, tu serais plus sereine et moins torturée. »

Nous nous regardons et nous remettons au travail. Nous sommes d'accord... Du moins, je suis en partie d'accord.

Mon cœur s'est fortement serré. Ai-je pensé à Black ? Est-il sincère ? Puis-je lui faire confiance ?

Comment savoir, lorsqu'on est Velane, si on est aimée pour son intérieur, et non son physique irrésistible ?

Je suis totalement perdue…

Ça m'apprendra à vouloir aider mon amie, tiens !

« Et puis, Potter n'est pas Severus, je lâche innocemment

-Que veux-tu dire ? »

De l'amour inconditionnel que ton 'soi disant' meilleur ami éprouve pour toi ? Ou du fait que tu avais de profonds sentiments pour lui que tu ne t'es jamais avoué car tu ne voulais pas perdre cette amitié ? Mais que malheureusement, il nous a échappé, et que tu n'es pas capable d'accepter la dualité de l'être humain, la complexité de l'esprit, l'opposition de sentiments contradictoires, de la dureté des temps troubles que nous vivons ?

« Même en colère, Potter ne te traitera jamais de Sang De Bourbe. Il ne te repoussera jamais, par égo. Il n'aura jamais honte de toi, il ne s'en prendra jamais à tes origines ou à ton sang, il s'en fiche réellement. Même si je pense que les événements ont excédé Sev, et qu'il a lâché prise et que ses mots ont dépassé sa pensée… Je sais qu'il ne le pensait pas, mais il n'aurait pas dû … plier aux tensions ! Il a cédé à la colère, à la honte, au désespoir, et s'est raccroché à de mauvais sentiments et aux pensées perfides qu'on lui a insinuées… Juste le temps de quelques secondes, pas assez pour se retenir, mais suffisamment pour le regretter… et vous avez… 'rompu', si on peut dire. Il t'a poussé à bout et tu as craqué. Tu en as souffert, qu'il te juge, qu'il te rejette, comme ton adorable sœur, j'ironise. Mais je pense sincèrement que Potter ne le fera pas. Après tout, ça fait 2 ans qu'il se ridiculise à te courir désespérément après devant tout le monde. »

Lily me lance un de ces fameux regards et me tombe dans les bras en pleurant. Malheureusement, j'ai encore fait mouche.

« C'était mon meilleur ami … Et il m'a … Il m'a…

-Je sais que ça fait mal, je chuchote à l'oreille de la rouquine en lui frottant le dos, le nez dans ses cheveux, telle une mère qui rassure son enfant. Je sais qu'il t'a brisé le cœur et que tu ne peux pas le pardonner. Je sais qu'il n'y a pas de retour en arrière. Vous êtes trop différents à présent… Il faut juste… Passer à autre chose, fermer ce livre de ta vie et passer au suivant, même si ça me peine pour Sev. Non, à vrai dire, il faut arracher la page de ce livre, tu ne peux pas avancer si tu persistes à penser à ta relation avec Sev pour conduire les autres. Tu vas te gâcher la vie ! Quant à Sev… Ça lui servira de leçons, à se laisser influencer de la sorte par ses… 'amis'… Mais pitié, ne te ferme pas aux autres parce qu'une idiote et un imbécile t'ont fait du mal par le passé, d'accord ? »

Adieu révisions, bonjour long câlin et discussions longues.

J'aurai, finalement, dû fermer ma grande bouche et taire ma langue bien trop pendue. Mais j'espère sincèrement, que ça aidera ma petite rouquine préférée… Elle qui ne se confie à nul autre que moi, qui fait la femme forte et dédaigneuse, mais qui dans le fond, n'est qu'une enfant qui a besoin d'être aimée et protégée. Au final, la seule personne qui ne l'ai jamais appréciée avec tous ses défauts et qualités, sans jamais s'éloigner d'elle reste encore moi. Le stéréotype de la Sang-Pure et pourtant, toujours fidèlement à ses côtés, avec notre indéfectible amitié. Et c'est pourquoi, si d'un côté, j'espère récupérer Sev du bon côté, je compte bien diriger Lily, afin qu'elle ne devienne pas une horrible mégère aigrie.

Potion, arrêt cours de potion, 2h d'arrêt.

Le cours de potions est toujours aussi chiant.

C'est comme faire la cuisine. Mais en plus chiant.

Nous étudions la potion explosive, très rare et instable, qui peut exploser à tout moment si elle n'est pas manipulée avec soin.

Je me demande sincèrement si Slughorn a un cerveau quand il nous fait concocter ce genre ce genre d'élixir alors qu'on a les Maraudeurs en classe. Ou moi qui aime tant faire des expériences. Je m'attends à ce que dans les jours à venir, les chambrées de serpents en fassent les frais. Et maintenant que je sais qu'ils ont une cape d'invisibilité, je comprends mieux comment ils font pour rentrer dans leur antre.

Je suis en binôme avec Lily, pour la première fois depuis bien longtemps à ce cours. Et je m'attends à chaque moment que Slug nous sépare en mélangeant maison, ou sexe, voir les deux, mais toujours en me séparant de mes amis et me collant des gens que je ne supporte pas plus de 5 minutes.

Devant nous, Billy Swan et Jasper Stanley, deux Serdaigle, ont l'air passablement concentrés. A côté, Carlisle Hale et Edgar Bones lancent des regards à Rosalie Weber et Emmeline Vance. Les nuls. Derrière, Severus fait équipe avec Aurora Quinn, et franchement, il a l'air loin d'être ravi, car c'est une plaie en potions, à se demander comment elle a eu ses BUSES. Tristan Travers (le cousin d'Aurora) les regarde soi disant discrètement, tandis que Sulpicia Lloyd, une autre Serpentard semble plus occupée à vénérer Aro Parkinson, son mec à tête de dogue.

Je passerai le reste des élèves sous silence, tels que mes amis, qui suivent consciencieusement les règles de l'art des potions.

En passant devant les paillasses, Slughorn s'arrête devant nous :

« Miss Graves, me ferez-vous l'honneur de venir à ma soirée déguisée d'Halloween ?

-Déguisée ? je répète avec dégoût.

-Oui déguisée, ce sera très amusant ! pépie-t-il en faisant frémir sa moustache et rebondir sa bedaine

-Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, ça fait des années que j'évite vos réunions comme la peste alors ne croyez pas que… »

Lily la Tigresse me broie le pied avec le sien, je la foudroie du regard en étouffant une insulte en Russe. Elle m'ignore superbement et offre son plus charmant sourire au maître des potions.

« Nous nous ferons un plaisir de venir ! assure-t-elle

-Vous viendrez accompagnées j'espère ! », s'amuse Slug.

Celui ci nous tourne le dos, non sans jeter des regards vers Potter et Black, et leur faire la même proposition que nous. Black s'apprête à prétexter quelque chose, mais Potter lui fait le même cinéma que Lily avec moi et assure qu'ils viendront, puis, il se penche vers son meilleur ami, furieux, pour lui glisser quelque chose à l'oreille. Ils se tournent tous les deux vers nous, Potter avec un regard d'abruti fini et rêveur vers Lily, et laisse un Black un peu songeur avant de secouer la tête.

« C'est quoi ton délire ! je m'écrie en sortant du cours à la tornade rousse et auburn.

-Il est temps de grandir, c'est toi même qui me l'a dit. Il y aura du monde, des gens importants, pour nous faire un réseau, pour nous aider dans le monde professionnel. Des gens utiles et sympathiques, intéressants, qui nous apprendrons beaucoup et nous ferons avancer ! Des gens qui connaissent peut-être même ton père ou ta famille ! Qui pourraient répondre à tes questions, et qui savent peut-être comment remédier à ton petit problème de contrat. »

Je regarde ma meilleure amie, suspicieuse, intimement persuadée que ce n'est qu'un prétexte pour me piéger salement et me forcer à l'accompagner à ces foutues soirées élitistes, du style haute société sorcière, mais avec un professeur… Navrant !

« Hé Graves ! »

Vous vous en doutez, ça, c'est mon poison pernicieux à moi, la Grand, le Fabuleux, l'Insupportable Sirius Black !

Justement, il nous rattrape Lily et moi, tandis que cette dernière s'arrête pour discuter avec Lupin, Frank et Potter.

« Qu'est-ce que tu as Black ?

-Toi aussi, on t'a piégée pour aller à la soirée déguisée de Slug, constate Black amusé. Et toi aussi, tu es seule pour la sortie de Pré-Au-Lard.

-Qu'est-ce qui te fait dire …

-Pitié, ne me prends pas pour un idiot ! Bref, pourquoi est-ce qu'on n'irait pas à Pré-Au-Lard ensemble pour chercher ces déguisements ? »

Je jauge Black du regard en le toisant méchamment. Et puis quoi encore ?

« Tu peux toujours…

-Arrête, me fait Black en levant les mains en signe de paix et en fermant les yeux, en plus ça t'arrangera, on pourra faire semblant de sortir comme un couple, que tu me fais rentrer dans le droit chemin, ou du moins que tu essayes ce qui rassurera tes amis Mangemorts en puissance et leurs parents Mangemorts.

-Ce ne sont pas…

- Juste cette après-midi et au repas de Slug. Le temps qu'on nous y voit, que tes potes aillent cafter que tu me feras rentrer dans le rang : pas besoin de s'afficher, ils croiront qu'on se fait discret.

-Non mais je rêve ! je m'exclame scandalisée, les poings sur les hanches

-Alors, c'est oui ? On fait semblant que ta mission repentir de Sirius Black fonctionne, et ils arrêtent de se mêler de nos affaires, ce qui nous arrange tous les deux, tu en conviendras. On sait bien que les secrets n'en sont pas à Poudlard, mais j'ai réussi à tenir les miens pendant 6ans et je tiens à continuer jusqu'à la fin.

-Tu y gagnes quoi, toi ?

-Que mon fan club me laisses en paix. », fait-il en lançant un regard vers un groupe de donzelles qui le fixent en gloussant.

Je croise les bras sur ma poitrine, le regard en mode rayon X de Dumbledore.

Pourquoi pas, après tout ? J'aimerai bien qu'on arrête de fouiner dans ma vie, ça ne m'arrange pas du tout ! Quitte à devoir me coltiner l'amitié de Black autant qu'elle serve mes intérêts : qu'on cesse de me harceler.

Au passage, prenez note que je suis contente d'être une fille, aucun mec ne monte un fan club à la gloire d'une fille.

« Ok. Mais n'oublie pas que ma paire de talons est plus élevée que tes critères de sélection Black ! je raille

-Super ! s'amuse Black avec un clin d'oeil. Cornedrue, Lunard, on y va ! Quedver nous attend ! J'ai un rencard avec la famille, parce que je suis gééééniaaaal ! » chantonne-t-il bêtement en rejoignant ses amis

Et ils filent comme des voleurs. Ça ne donne pas une idée d'eux comme étant fiables si vous voulez mon avis ! Des vrais gamins immatures

Lily me prend par la main comme une enfant avec un sourire satisfait au coin des lèvres, suivie d'Alice, Emmeline, Hestia de Dorcas et Marlène (Mary et Pettigrow n'ayant pas continué les potions) et nous partons pour le repas du midi.

En y repensant, au manège Potter-Lily, je comprends mieux pourquoi cette dernière ne nous rejoins plus pour une soirée pyjama dans nos dortoirs, et pourquoi elle ne nous a pas invité depuis 2 semaines. Heureusement que je n'ai pas parié, je risque de perdre…

Sur le chemin de Pré-Au-Lard, nous discutons de tout un tas de choses, sans se prendre la tête, et c'est très agréable. Par moments, lorsque nous croisons des camarades de classe, il me prend par la taille ou par les épaules, et j'ai du mal à me retenir de le frapper : ce n'est qu'un mensonge pour les horribles fouilles merdes de Serpentard qui balancent tout à leurs parents, qui peuvent très bien me pourrir la vie dès ma sortie de Poudlard… Et sachant que quelqu'un a peut-être découvert et balancé mon Père, je me dois de suivre les conseils du directeur et d'être prudente, et d'apaiser leurs tensions avec ma carte joker : fait croire que j'arrive à ramener Black du côté des Sang-Pur.

Et toujours cette inquiétante certitude qui me tiraille : quelqu'un m'observe. Qui ? Pourquoi ?

Une fois aux Trois balais, Black et moi buvons lorsque soudainement, en voyant la bande Rosier rentrer, suivi de son frère, son regard s'assombrit.

« Tire pas la tête Black, c'était presque une bonne journée ! je plaisante. Le mieux est encore de les ignorer.

-Et si … Le fait d'être un Black … Faisait que quelque chose clochait chez moi ? me demande-t-il sans préambules.

-C'est quoi cette connerie ! je m'exclame. Tu tombes dépressif ? Ou deviens skyzo ? T'as fait la fête avec des détraqueurs ?

-C'est une vraie question. 15 ans de vie et d'éducation, de sang et d'hérédité, de lavage de cerveau … ET si dans le fond je me révélais mauvais, et que c'est pour ça qu'ils veulent me récupérer, me faire retrouver leur foutue pseudo raison ? Peut-être qu'ils ont vu ça chez moi. Après tout, nous avons terrorisé Servilus pendant 5ans, et fait des sales blagues aux Serpentard, même à ceux qui n'avaient rien fait ! Peut-être ont-ils raison, je suis aussi pourri qu'eux, n'est-ce pas ? Je ne vaux pas mieux qu'eux, je fais comme eux, juste, ce n'est pas destiné aux mêmes personnes, mais est-ce que je vaux mieux qu'eux dans le fond ? Je ne crois pas. Je suis aussi pourri qu'eux, aussi mauvais, aussi noir….

-Je veux que tu m'écoutes attentivement Black ! je le coupe en posant ma main sur la sienne. Tu as beaucoup de défauts, tu as un sens des farces douteux, des victimes parfois innocentes, mais tu es une très bonne personne, excellente, pleine de lumière, et qui agit foncièrement en fonction d'elle. T'es peut-être arrogant, et hautain, et charmeur, et séducteur, et crâneur, et tout un tas d'autres choses qui m'agacent, mais Potter et toi vous êtes calmés, et ça fait toute la différence. Et tu es quelqu'un de bien ! j'insiste alors qu'il allait me couper. Juste, des mauvaises choses te sont arrivées. Et tu as survécu ! Tu les as enduré en attendant ton heure. Tu as choisi ton chemin, une voie périlleuse et risquée, mais tu as de quoi être fier ! Eux ne sont pas capable de le comprendre parce qu'ils sont trop bornés, donc on va leur faire croire que tu as moyen de te repentir avant de disparaître officiellement de leur radar, d'accord ? Mais je t'interdis de penser une telle chose de toi même ! »

Black me lance un regard digne de tous les mercis du monde. Puis, il se met à me sourire charmeur, ce qui m'agace prodigieusement.

« Quoi encore ? je demande agacée

-Il s'avère que je t'apprécie bien plus que ce qui était prévu, me lance-t-il malicieusement avec un de ces clins d'œil charmeur qu'il réserve à son fan club

-Ta gueule Black. Il faut toujours que tu gâches les bons moments ! »

Non mais quel imbécile, à toujours me chercher !

Mais lorsqu'il a dit ça, mon cœur s'est serré tellement fort… Et je crois même que j'ai rosi. Et je ne rosis jamais ! C'est officiel, Lily m'a lavé le cerveau avec ses mièvreries d'amoureuse. Foutue née moldue !

Le jour d'Halloween, Lily et moi nous préparons pour la soirée de Slug dans son appartement de préfète en chef.

Lily est déguisée en princesse Leïa, un truc de moldu, une espèce de longue robe blanche collant à la peau fendue sur le côté, avec des bottes longues, des manches évasées aux poignets, et une ceinture qui serre sa taille de guêpe. Ses longs cheveux sont enroulés en chignon de chaque côté de sa tête. Elle est vraiment très belle comme ça, je suis chaque fois subjuguée par la beauté de ma meilleure amie.

Quant à moi, je porte une tenue de pirate, ce qui m'amuse fortement. J'ai une chemise aux manches trois quart bordeaux qui tombe sur mes épaules, une ceinture épaisse autour de la taille, un gilet noir aux manches courtes tombant à mes genoux, avec un pantalon en cuir de dragon noir, des bottes hautes du même acabit, mes cheveux lâchés.

Nous montons à notre salle commune pour retrouver les garçons.

« Alors, c'était comment avec Potter ?

-Vraiment sympa ! »

Ok, ce n'est pas suspect du tout. Ça se voit qu'elle ne me connaît pas, pauvre créature.

« Développe ? j'insiste.

-Hé bien, il était doux et attentionné, un vrai gentleman, charmant, il me regarde comme si j'étais la 8ème merveille du monde !

-Pourquoi seulement la 8ème ? Qu'est-ce qui passe avant Lily Evans aux yeux de James Potter ? je me moque, satisfaite de ma réplique.

-Arrête de te moquer. Il était vraiment adulte, et gentil, avenant, et même son humour a évolué !

-Et il embrasse bien ? je fais mine de m'intéresser.

-Mary sort de ce corps !

-Soit. Vous vous êtes rapprochés de manière naturelle et, il faut le dire, inattendu et discrète. Il a dû juger opportun de te montrer son meilleur côté pour une fois et en profiter pour te faire changer d'opinion. Après tout, il s'est assez fait remarquer pendant 6ans ! Et puis entre l'été qu'on a passé à se les coltiner, lui et Black, et le fait que tu vives dans le même appartement des Préfets en chef que lui, sans compter les rondes en tête à tête toutes les semaines… Il a enfin décidé d'arrêter de te harceler, et c'est une bonne chose aussi !Finalement, je pense pouvoir dire que je suis contente pour toi ma Puce. Et s'il te fait du mal, je le torture à la moldue, avec autant de souffrance que 1000 doloris et un brasier de Feudeymon ! », je résume d'un air docte

Mouais, je dis ça, mais il n'y a pas si longtemps j'aurai mis ma main à bouffer à des hippogriffes qu'ils ne seraient jamais ensemble, et nul ne connaît Lily Evans mieux que moi.

Comme quoi, hein !

Lily vire de tous les tons de rouge, ce qui me fait rire à la vue de son teint de poupée en porcelaine.

Puis soudain, elle arbore un air malicieux.

Oh oh, je n'aime pas ça…

« Et toi, avec Black ? lâche-t-elle enfin.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, j'ignore en relevant le menton

-Allez avoue le que tu retrouves chez lui ce que tu adorais tant quand vous étiez gosses !

-Peut-être, mais il a toujours cet air de Mr Parfait.

-Tu m'appelles tout le temps Miss Parfaite et pourtant tu m'adores ! », s'offusque faussement Lily.

Touchée ! Elle m'agace la rouquine.

« J'arrive à faire plus que tolérer sa présence dans mon existence, je finis par concéder de mauvaise grâce.

-Alisa Freya Grindelwald, je sais que tu me caches quelque chose ! Avoue ! Ce n'est pas parce que je ne relève pas que je ne vois pas quand tu me mens !»

C'est quoi ce doigt qui m'accuse et qui s'agite sous mon nez ?

« Bon, ok. Mais tu tiens ta langue !

-Parole de meilleure amie !

-Et pas de réflexions débiles comme Marlène, de blagues douteuses comme Mary, et psychologie à 2 balles comme Dorcas, et encore moins de conseils à la con, on a Alice pour ça ! j'insiste.

-Oui oui ! Allez balance la sauce ! »

J'inspire de manière exagérée et confesse non sans une pointe au cœur :

« Tu te souviens de la soirée des Poufsouffle?

-Pour ton anniversaire ? Bien sûr ! James m'a harcelée et toi tu as disparu un bon moment ! Lâcheuse ! râle-t-elle

-Justement… Black m'a rejoint et … il m'a embrassée…

-Ohhhhhhhhhh… et alors ? s'intéresse Lily en s'asseyant à mes côtés sur son lit.

-Je l'ai peut-être laissé faire…

-Et ? fait-elle en me prenant les mains

-Ok, ça va, c'est bon, j'ai répondu, ça te va ?

-Et alors, vous sortez ensemble en secret ?

-Certainement pas ! On s'est engueulés juste après.

-Pourquoi gâches tu toujours tout ? s'interroge Lily en levant les yeux au ciel.

-Parce que c'est Black, tu sais bien comment il est !

-Et s'il avait un autre côté qu'il essaye de te montrer et que toi tu refuses d'admettre ? Si tu peux le concevoir pour James, tu peux imaginer que son meilleur amie fait pareil, non ?

-Lily… Tu avais promis… je commence agacée.

-Ok, mais avoue que tu te caches la vérité ! Qu'as-tu ressenti ?

-Tout un tas de symptômes liés à l'alcool et au fait qu'il m'horripile… je dis évasive.

-Tu mens tellement bien à tout le monde, que tu arrives à te convaincre toi même ! souligne Lily

-De quoi tu parles ? »

Lily s'agenouille à côté de moi et me passe au rayon X.

« C'était pas l'alcool Alisa, nous savons toutes les deux qu'il t'en faut plus !

-C'était quoi alors ? je la défie

-Les frissons, la chaleur, le cœur qui s'emballe tout ça c'est… Des sentiments Poussin ! », me dévoile la rouquine avec douceur.

Pourquoi me parle-t-elle avec ce ton si maternel, comme si j'étais une enfant à qui il faut tout expliquer ?

Peut-être n'a-t-elle pas tort. Après tout, malgré nos jouxtes verbales et nos désaccords, Black et moi nous sommes beaucoup rapprochés en une année …

« Tu sais, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que lui aussi en a, me confesse Lily en se relevant et en me levant du lit, je suis sûre qu'il a essayé de se déclarer, mais que tu as ruiné tous ses efforts, le poussant à se cloitrer dans ses derniers retranchements : ses jeux ! déclare Lily en observant rapidement sa montre. Allez viens, ils vont s'impatienter. »

Lily Evans, qu'êtes vous en train de me faire ?

Nous sortons de la chambre, et Potter et Black qui sont en train de boire un verre, l'un assis négligemment dans le fauteuil de velours rouge, l'autre accoudé à la cheminée, se tournent vers nous et semblent… Subjugués. En même temps, il y a de quoi.

Oui, je crâne un peu, pourquoi on excuserait les Maraudeurs et pas moi au juste ?

Potter s'approche et lâche :

« Vraiment, sans laideur dans le monde, il n'y aurait pas de beauté à apprécier… lâche-t-il.

-Merci pour le sacrifice Potter. », j'assène avec un sourire amusé

Certes j'apprécie désormais le personnage, mais ne nous voilons pas la face : il est incurable, et c'est tellement drôle de le tacler. Disons que je le tolère, ce qui n'est déjà pas mal.

Lily est morte de rire mais accepte le baiser de Potter de manière discrète et timide, ce qui, soyons clairs, ne lui ressemble pas. Parce que oui, j'ai vu ce baiser !

Black s'approche de moi avec un petit sourire de confusion, ce qui ne lui ressemble absolument pas, et qui m'étonne grandement. Il me fait un baise main avant de lâcher, l'air de rien pour détendre l'atmosphère (c'est moi ou il fait très chaud ?)

« Tu es surprenante Graves.

-T'es pas mal non plus Black.

-C'est donc pour ça que tu me regardes comme ça ! s'exclame-t-il fièrement en bombant le torse

-Je regarde beaucoup de gens, je dis de manière ennuyée, ça ne veut pas dire que je m'intéresse à eux. »

Il éclate de rire en aboyant et nous partons pour la soirée de Slug.

Lorsque nous arrivons, nous percevons divers commentaires du genre « Alors s'ils se disputaient c'était par peur de s'avouer leurs sentiments ? », je t'avais dit que c'était bizarre qu'ils ne se disputent plus autant l'année prochaine ! », « Attends, t'es le seul à pas avoir remarqué qu'ils trainent tous ensemble maintenant ? », « ça, c'est une belle histoire d'amour épique dont Poudlard se souviendra pendant des années ! ».

La discrétion de Poudlard, on peut être sûr que les commères s'en donneront à cœur joie dès demain. Rumeurs, ragots et potins… Combien de temps pour qu'ils se lassent de tout ça ?

Sachez qu'il est impossible de savoir si on parle de Potter et Lily, ou de Black et moi. Ce qui me fait rire, car Black et moi ne sommes même pas un couple (même si le but est de le faire croire aux rapporteurs de Serpentard, et éviter, oh ! je ne sais pas, de se faire attaquer une fois hors de Poudlard ?), à l'inverse Lily qui rayonne aux bras de Potter, qui n'a plus rien du petit connard arrogant qu'il nous montrait tant pendant toutes ces années. Il était temps que ça s'arrête.

« Mes enfants, vous êtes superbes ! s'exclame Slug en s'approchant de nous pour nous accueillir. Quels beaux costumes les garçons, qu'est-ce que c'est ?

-James est un mafieux des années 20, et moi je suis un dandy.

-Cela vous va à ravir ! Et vous mesdemoiselles : resplendissantes ! Venez que je vous présente. »

Le maître des potions nous présenta à un écrivain, des journalistes (super pour colporter des rumeurs hors de Poudlard, merci bien !), un vampire (quelle drôle d'idée Slug, sérieusement !). Le dénommé Sanguini tente de m'hypnotiser, et le temps que je comprenne, j'explose de rire sous les regards agacé de Lily (je dois lui faire honte) et amusé de Black et Potter, fiers qu'il y en ai au moins une qui résiste à cette figure de Best Seller.

Sanguini est un homme grand, émacié, avec des poches sous les yeux et de longs cheveux châtains ondulés, un regard noir et perçant, et un air carnassier à peine caché.

« Désolée l'ami, je dis entre deux éclats de rire, mais voyez-vous, je suis à moitié Velane, je suis donc insensible à votre pouvoir.

-Ca ou autre chose, je me disais qu'il y avait une raison pour que votre magnétisme soit supérieur aux autres, me dévoile Sanguini avec un sourire en coin, mais il n'y a pas que ça …

-Hé ! Mon vieux, s'agace Black en prenant ma main, même si elle n'était pas Velane, elle serait tout aussi attirante !

-Et vous avez amené un preux chevalier, se moque gentiment le vampire avec un air supérieur vers Potter qui allait répliquer, mais je dois avouer qu'il n'a pas tort, ajoute-t-il avec un clin d'œil.

-Sanguini ! tonne la voix de son 'ami' Eldred Worpel. Venez donc vous désaltérer ! »

Dans un coin, Je vois Sev', Rab' et Reg' qui me regardent en coin. Bon, faut que j'aille les saluer quand même.

« Black, c'est ta main sur mon cul ? je demande en le regardant furieusement, incommodée par cette présence sur mon postérieur, gênant par la même occasion mon intention d'aller rejoindre mes amis verts et argent.

-C'était un accident, assure Black

-Black, ta main … Elle est toujours sur mes fesses !

-C'est toujours un accident ! »

Je retire méchamment sa main de mon corps et tourne les talons vers Severus, Rabastan et Regulus.

« Tu vas où Alisa ? me demande Potter.

-Potter, on n'a pas élevé les sombrals ensemble, je grogne en le fusillant du regard.

-'Lys, s'il te plaît, supplia Lily avec insistance.

-Ok Potter, appelle moi comme tu veux, mais c'est la 2ème fois que tu fais une allusion désagréable sur mes fréquentations. A la 3ème je t'écorche vif, c'est clair ? Et à la moldue ! »

Parce que les moldus sont tellement imaginatifs !

Et je tourne les talons sans demander mon reste.

« Salut Beauté ! me fait Rab avec un sourire alors que j'approche avec toute la dignité dont je peux faire preuve.

-Coucou les mecs, qu'est-ce que vous faites dans votre coin comme des asociaux ? », je me moque en leur faisant une bise chacun, agrémenté d'un sourire ravi de les voir là.

Severus lâche un grognement, et j'inspecte la salle du regard. Où est ce con de Rosier ? On ne s'est pas reparlé depuis l'accident de l'an dernier, et je doute que nous redevenions ne serait-ce que vaguement copains comme lors des événements des 28 sacrés, comme avant notre relation.

« T'inquiète, me rassure Rabastan en dodelinant de la tête, Evan n'est pas venu. »

Je hausse des épaules non sans un petit sourire satisfait. Le fait que Lily me force à venir l'a incité à ne pas assister à l'événement, et j'en suis ravie : qu'il me craigne ce sale petit connard égocentrique !

« Tu sais qu'Evan et moi avons toujours été très liés ? Depuis l'enfance et durant toutes ces années à Poudlard… Et je le connais très bien, mieux que quiconque, me murmure Rabastan, de sorte que nul ne nous entende.

-Qu'essayes-tu de me dire, Rab ? je m'impatiente en tapant du pied.

-Hé bien, tu as remarqué que lorsque vous étiez ensemble nous nous sommes éloignés lui et moi. Je le connais, je sais comment réagissent les hommes avec les femmes qu'ils convoitent, et Evan est du genre à avoir le dernier mot, même si la partie en face n'est pas tout à fait d'accord. Disons qu'il s'arrange pour avoir ce qu'il veut…

-Il ne me convoitait pas puisque nous étions déjà ensemble, je le contredis, sûre de mon coup.

-Je sais ce qu'il s'est passé, m'avoue Rab. Les gens ne se méfient pas forcément, car je suis toujours à part avec un livre ou en discussion avec d'autres, mais mon oreille est attentive, et j'agis lorsque les paroles qui me viennent ne me disent rien qui vaille. Je me suis toujours arrangé pour être dans le coin quand vous vous éclipsiez. Pour être sûr qu'il n'aille pas trop loin. Il ne connaît pas vraiment la signification du mot non, surtout avec les filles. Et tu es une très jolie fille. Je ne dis pas que tu ne sais pas te défendre, disons juste que j'avais remarqué que tu étais moins sur la défensive avec lui. En quelques mois, il avait réussi à t'amadouer, et je ne souhaitais pas te voir vivre ce que certaines filles de Serpentard ont pu vivre avec lui. Il n'a malheureusement plus rien du gamin avec lequel nous jouions, enfants. De ce fait, je me suis assuré qu'il ne te force à rien. J'étais là, quand il a essayé, Black m'a devancé certes, mais j'ai eu une conversation avec lui. Et je peux t'assurer que désormais tu peux avoir l'esprit tranquille, il ne s'approchera plus de toi. C'est bien pour ça que maintenant il traîne avec la bande de Mulciber. Ca me peine car ils vont s'enfoncer les uns les autres. Il n'a tout simplement pas apprécié que je me tourne contre lui pour une fille. Mais il me craint suffisamment pour passer à autre chose. », conclue Rabastan avec un clin d'œil.

C'était donc ça. Je m'étais étonnée qu'Evan lâche si rapidement l'affaire, sous prétexte que Black ait contrecarré ses plans une fois. Et avec un sourire entendu, je remercie mon ami d'enfance, d'avoir joué le protecteur, dans l'ombre, pour sauvegarder ma dignité.

Je m'étonne de ne m'être jamais sentie surveillée. Comme quoi, lorsqu'on est trop plongé dans ses pensées, on ne remarque vraiment rien…

Finalement, même en étant profondément méfiante, on peut se tromper sur les gens. Jamais je ne me serai doutée de tout ceci. Et pourtant, je suis d'une clairvoyance et d'une perspicacité sans nom. Pour autant, je fais preuve de naïveté et d'ignorance sur ces sujets précis, et ce, malgré l'amitié que je porte à une fille telle que Mary, sans pudeur et plutôt bavarde.

Rabastan Lestrange, au fait, je vous en ai parlé ?

C'est un très grand gaillard aux cheveux bruns qui tombent au niveau de ses oreilles et aux yeux noirs, bâti de par le Quidditch, fanatique de lecture (même si elles ne sont pas toutes de bonne augure, certes, mais chacun ses fascinations) qui aime s'isoler pour avoir la paix, et il arbore constamment une barbe de 3 jours. Il est très beau. C'est un garçon analytique, synthétique et très compréhensif, toujours très calme. A l'image de Reg, il est assez influençable, surtout qu'il est sous la coupe de son frère aîné, Rodolphus, lui même sous l'emprise de Bella. C'est un excellent duelliste, un des meilleurs en sorts et en enchantement, il déteste la divination, comme tout bon Serpentard. Je ne l'ai jamais vu avec une fille, il est assez discret et solitaire. Il ne sur-joue pas et n'essaye pas d'égaler son frère : c'est un sorcier hors pair et il le sait. Il fait la fierté de ses parents et de son frangin. Il est facile à vivre, et surtout, il ne parle pas pour ne rien dire.

Alors que nous rejoignons Regulus et Severus, J'attrape le poignet de celui-ci, trop occupé à foudroyer d'un regard triste, loin de sa froideur et de son impassibilité habituelles, la direction de Lily et Potter, en train de rire et de danser, et l'entraîne discrètement à l'extérieur. Je sais que ça lui brise le cœur de la voir avec un autre, alors avec son ennemi juré et mortel, je n'ose imaginer sa détresse intérieure… Doucement, j'enlace mon meilleur ami, et lui frotte tendrement de le dos, afin qu'il puisse, pour une fois, se laisser aller à sa tristesse.

Il n'y a vraiment rien à dire, nous savons tous les deux, que Lily et lui, cette amitié, est tout simplement finie depuis qu'il a laissé échappé, excédé par Potter et ses potes, l'insulte la plus horrible pour quelqu'un de la condition de Lily. Qu'il a eu beau s'excuser, il n'a pas su s'expliquer, il n'a pas su se dévoiler entièrement à celle qui fut sa meilleure amie, son amie d'enfance, mais surtout, qui est et restera l'amour de sa vie. La seule femme, en dehors de sa mère et moi, qui a su le comprendre, l'apprécier, l'encourager, l'élever, l'aider, et surtout, voir au delà du physique, du jugement et des moqueries. Je sais que Lily a été là pour lui à bien des moments où je n'existais pas encore dans leur vie, et qu'il s'est toujours accroché à elle comme à une bouée de sauvetage. Mais voilà, la vie étant injuste, la fierté des deux individus en question tellement bien érigée du fait des tortures de la sœur de l'une et du père de l'autre, la peur de rejet, tout cela, a fait qu'ils ont choisi des chemins différents au carrefour décisif que fut la 5ème année. Et désormais, là où Lily vit sa vie de femme de manière heureuse et épanouie, Severus n'a plus que moi pour ne pas sombrer et pour l'accompagner, afin qu'il ne se perde pas trop loin dans l'obscurité dans laquelle il s'est enfoncée. Et Merlin sait à quel point je fais ce qu'il faut pour le récupérer, pour le garder en contact avec son humanité, pour éviter qu'il ne fasse pas quelque chose qu'il pourrait regretter : devenir un monstre implacable et cruel. Car peu importe ce que tout le monde pense, Severus Rogue est une bonne personne, et ce n'est que grâce à mon influence qu'il peut encore s'arrêter et faire marche arrière, et la tentation, la fascination, l'attraction pour la facilité qu'est le mal, même pour des choses les plus négligeables. Car un pas après l'autre, c'est ainsi qu'un être lumineux peut couler dans les affres des mauvaises actions. Tout ce qu'il me faut, c'est un peu de temps pour lui ouvrir les yeux, lui apporter une solution. Et si je n'arrive pas à le faire reculer, tout au moins, j'ai l'intime conviction de l'empêcher d'aller trop loin dans les méandres des Ténèbres, n'en déplaise à Avery, Mulciber, Wilkes, Travers ou Rosier, son gang de Serpentard. Pourquoi croyez-vous que je l'ai poussé vers Rabastan, cet être beaucoup plus mesuré ? Pour que, lorsque je ne suis pas là, Severus puisse profiter d'une bonne influence dans son antre de Serpents. Après tout, son âme n'a pas encore été totalement corrompue par la magie noire. Il peut encore être sauvé.

Après cet instant et quelques mots réconfortants, Severus se reprend, et nous rejoignons mon ami d'enfance et celui que je considère comme mon petit frère, avant qu'il ne soit temps pour moi de retourner en compagnie de Lily, Potter et Black, les deux derniers tentant de retenir leurs regards courroucés lourds de reproches.

Chose que j'ai beaucoup appréciée.

Nous discutons joyeusement, Potter dévorant Lily du regard, celle-ci semblant tout de même assez déstabilisée par ses attentions, Black et moi nous lançant des piques à l'occasion, mais dès que quelqu'un nous observait, il jouait le même manège qu'à Pré-Au-Lard en m'entourant de ses bras, l'air fier et protecteur. Nous dansons et je dois l'avouer, les mets servis chez Slug sont extraordinaires ! Pas sûre que j'y retourne pour autant.

Lorsque nous rentrons, Lily et Potter nous abandonnent à l'intersection entre notre tour et leurs appartements, et Black et moi continuons notre route.

Arrivés aux pieds de nos dortoirs, Black me refait le coup du baise main.

« Tu en serais presque agréable, Black.

-Tu sais, commence Black prudemment en me fixant avec intensité, c'était une très agréable soirée. Et je pense que notre plan a marché.

-Tant mieux alors, je dis en me retournant, bonne nuit !

-Attends ! lâche-t-il en me retenant par le poignet.

-Quoi ? je demande en fronçant les sourcils.

-Et si on essayait ?

-Essayer quoi ? je demande incrédule.

-Hé bien, d'être ensemble. »

Il ne sourcille pas, comme s'il était sérieux, et moi je le contemple, interdite.

Il plaisante, n'est-ce pas ?

« Tu rigoles j'espère ?

-Pourquoi ça serait si choquant ?

-Je ne serai pas un autre nom sur ton tableau de chasse !

-N'exagère pas, soupire Black.

-Je n'exagère pas ! je m'exclame, agacée.

-Ce que je veux dire ma biche, c'est que peut-être, je ne suis pas… Sans cœur, ok ?

-Ne m'appelle pas comme ça !

-S'il te plaît…

-Donc quoi ? je coupe, furieuse, les poings sur les hanches. Tu me dis que tu te souviens de toutes les filles qui t'as abordé, avec qui tu as été et avec qui tu as couché ? Que tu reconnais chacune d'entre elles en un regard ? Que tu te rappelles de leurs prénoms ? A part mes amies bien sûr, j'ajoute sur un ton plein de reproches.

-Les gens changent.

-N'importe quoi !

-Mais on évolue, et moi j'ai grandi, tu ne peux pas le nier ! fait-il en mettant ses mains dans les poches, la mine sombre.

-Oh, et tu vas t'améliorer pour moi ? Je ne te crois pas une seule seconde ! j'affirme en croisant les bras.

-Je ne dis pas que je serai l'homme parfait tout d'un coup, et je ne dis pas que c'est pour toi.

-Oh vraiment ? Hé bien, Sirius Orion Black, je te défie de respecter toutes les filles avec qui tu seras pendant un mois ! Je parie que tu es incapable de tenir aussi longtemps, d'ailleurs.

-ça ne sera pas dur. J'ai prévu d'être qu'avec une seule fille. »

Et là, Black me plante sur place en montant jusqu'à son dortoir.

Mais c'était quoi, ça ? Un nouveau jeu ?

Connard !