note : Un nouveau chapitre qui colle à la période :)
Chapitre 24 : l'enfant timide
Il y avait des endroits où Harry ne pouvait pas emmener Lucius. Il l'avait imposé dans bien des lieux sans se poser de question. Il l'avait imposé à des tables de négociations, chez de nombreux peuples sans que personne n'ose seulement lui demander quoique ce soit concernant sa présence. Lucius était là, si Harry le désirait. Mais il y avait néanmoins certaines limites. Harry ne l'avait pas emmené devant le Basilic, il y avait trop de risques, trop de dangers pour lui. Et puis, il aurait sans doute posé des questions auxquelles Harry n'avait vraiment pas envie de répondre.
Dans le cas présent, Harry ne pourrait pas l'emmener pour d'autres raisons. Ce ne serait pas dangereux, il allait après tout juste rencontrer les parents de Quirinus. Mais il voulait faire bonne impression et les rassurer. Ce n'était pas en gardant avec lui un individu qui risquait d'être associé aux mangemorts, à la magie noire et potentiellement vu comme un prisonnier, qu'il allait réussir. Non, Harry ne l'emmènerait pas à leur rencontre. Par contre, rien ne l'empêchait de l'amener faire les courses pour préparer tout cela.
C'est ainsi que Lucius Malefoy, un sang-pur, particulièrement hostile envers les moldus se retrouva au cœur même d'une ville moldu, loin, bien loin, du Londres sorcier, en plein milieu d'une boutique pour enfant. Le tableau donnait envie à Harry d'éclater de rire. Pourtant, ce n'était pas si évident que ça. Lucius était réellement stressé, inquiet et il n'avait qu'une hâte : repartir.
Quand Harry avait toqué à sa porte, il avait ouvert. Quand il lui avait expliqué où ils iraient, il avait franchement eut envie de faire demi-tour. Harry lui avait dit qu'il pouvait, qu'il ne lui en voudrait pas, mais qu'il serait heureux qu'il essaye. Lucius cherchait toujours à marquer des points avec lui. Il essayait de se faire bien voir. C'est pour ça qu'il s'était retrouvé, habillé en moldu, à prendre le bras du voyageur.
La ville moldus où il avait atterri était bruyante, sale et pleine d'étrangeté. Lucius avait détesté ça mais quand il était rentré dans la boutique, ça avait été encore pire. Et Harry voulait trouver des jouets ici ? Pour un gosse de première année ? Tout ceci était trop inquiétant, vraiment, pour en valoir la peine. Le gosse ne pourrait rien aimer de ce qui sortait d'ici !
Harry lui avait montrer une peluche, qui bougeait ... sans enchantement ! Lucius frissonna. Autour de lui, la musique évolua et une voix nasillarde s'éleva. Lucius sursauta. Il voulait partir. A chaque proposition, il acquiesçait, l'air totalement hagard. Harry le poussa alors jusque dans un rayon où ils étaient un peu à l'abri. Ici, des jouets en bois et rien qui ne bougeait tout seul.
- Calme toi. Il n'y a rien de dangereux ici., murmura Harry tout en sachant que ça n'aiderait pas tant que ça.
Lucius avait peur. C'était une émotion et maîtriser ses propres émotions était une discipline particulièrement difficile.
- Je prends quelques trucs pour le petit, on paye et on s'en va. D'accord ?
Il soutira un hochement de tête très léger. Harry passa entre les rayons et saisit quelques objets avant d'aller jusqu'à la caisse. Voyant que Lucius tremblait légèrement, il saisit sa main et la pressa doucement. L'ancien serpentard sembla se calmer petit à petit, en tout cas il ne retira pas sa main. Le contact d'un autre sorcier le rassurait. Il allait bientôt rentrer dans son monde, loin de toute cette horreur et cette barbarie.
Harry paya et dès qu'ils furent à l'ombre d'une ruelle, il transplana. Lucius trembla plus fort encore en voyant qu'ils n'étaient pas à Poudlard, puis il se calma en comprenant où ils étaient. Harry les avait emmené au pré-au-lard. D'un enchantement, il modifia leurs vêtements, puis il les conduisit jusque dans un établissement qui servait de l'alcool. Un verre était bienvenu et Lucius prit le temps qu'il lui fallu pour s'impregner de l'ambiance qui régnait tout autour de lui. La magie qui courait dans les pierres, dans les tables, dans les sorciers eux-mêmes et même, dans cette boisson.
En le voyant se rassurer ainsi, Harry se fit la réflexion qu'avant de lier les moldus aux sorciers, il y aurait beaucoup mais vraiment beaucoup de travail à faire. Ils ne connaissaient pas suffisamment la technologie contrairement aux moldus dont tout les contes parlaient de magie. L'intégration d'un moldus dans le monde magique était souvent négligée et mal faites, ce qui posait bon nombre de problèmes par la suite. Mais l'inverse était encore pire.
- Pourquoi ... là-bas ?
- Ce sont des cadeaux pour un enfant qui se passionne pour le monde moldus.
Lucius frémit, comme s'il venait de dire quelque chose de particulièrement horrible et il but de nouveau. Lorsqu'il fut plus calme, Harry le raccompagna jusqu'à sa "chambre" dans la salle sur demande. Dans les jours qui suivirent, Harry fit l'effort de le reconduire dans des endroits sereins pour un sorcier.
Néanmoins Harry avait beaucoup de chose à faire, dont rencontrer les parents de Quirinus.
Il leur avait écrit une lettre aux parents du petit. Il avait expliqué la situation avec des mots simples et aussi rassurants que possible. Il avait noté que leur enfant avait un grand potentiel et qu'il fallait l'accompagner pour qu'il s'épanouisse. Il avait précisé qu'il pensait que ce qu'il pouvait lui reprocher dans le futur n'était sans doute qu'un écart de conduite, totalement fortuit et tout à fait évitable. Il avait minimisé le plus possible les choses pour les calmer. S'il en jugeait par le comportement du petit, les parents risquaient d'être des personnes stressées et il ne voulait surtout pas les angoisser davantage.
Il se prépara soigneusement à leur rencontre. Il allait se rendre à leur domicile. Un petit appartement dans les quartiers pauvres de Londres. Alors qu'il se rendait sur place, il se demandait s'ils avaient besoin d'aides financièrement parlant. Combien d'enfants vivaient dans des conditions de pauvreté ? Cette famille devait se ruiner pour payer les uniformes et les livres de Poudlard. Peut-être qu'il pourrait faire un fond commun pour payer les livres aux enfants ? Les imprimeries qu'il aidait en serait sans doute ravie. Ce serait de bons contrats. Les libraires seraient moins enchantés par contre ... Mais c'était difficile d'aider tout le monde en même temps.
Il monta jusqu'à leur étage et grimaca devant la pauvreté recouverte de magie et finallement, il toqua à leur porte. Une petite dame aux cheveux rassemblés en chignon lui ouvrit la porte. Elle bredouilla un "Bienvenu Voyageur" d'une voix trop dévouée à son goût. L'appartement était joliment décoré et très propre. La dame, madame Quirrell, s'accrochait à sa robe. Elle appela doucement son fils et son mari.
- Bonjour Quirinus.
- Bon-bon-bonjour monsieur P-P-Potter., répondit le petit garçon, très sagement.
- Tu te rappelles, j'avais dit que je passerais faire un truc sympa. Bon, c'est pas trop l'époque pour manger une glace, alors je t'ai ramené ça.
Harry lui fit un grand sourire, puis il sortit les jouets, soigneusement emballés dans du papier cadeau. Il y en avait trois. De différentes tailles. Quirinus les saisit, timidement, et observa le papier d'un air étonné. Les motifs ne bougeaient pas. Le papier ne remuait pas. Le papier ne chantait pas des airs de fête. Les papiers étaient moldus ! Il les montra à son père qui parut tout aussi intrigué que lui puis vaguement émerveillé. Ce n'était pas tant le papier que l'idée même que le voyageur ait pris le temps d'une telle attention. Le voyageur allait réellement s'investir pour leur fils. Ce n'était pas qu'une convocation et une lettre. Ce n'était pas qu'un travail de routine. Non, c'était un véritable honneur pour eux.
Ils s'installèrent autour de la petite table de la cuisine, la seule table qu'ils possédaient en réalité et ils parlèrent pendant que l'enfant déballer ses cadeaux très soigneusement. Il prenait garde à ne pas déchirer le papier, si particulier, qui constituait un cadeau en soit. Harry en profita pour s'adresser réellement aux parents.
- Comme je vous l'ai écrit, je pense que tout ira bien pour Quirinus si il est soutenu. J'espère que vous n'avez rien contre l'étude des moldus, car votre enfant pourrait devenir très brillant dans le domaine.
- Nous n'avons pas de soucis avec ça, au contraire, nous sommes pour une meilleure connaissance de la culture moldus., affirma la mère.
A côté d'eux, Quirinus avait sorti un premier jouet, une petite voiture téléguidée. Pour Harry c'était très étrange et il avait beaucoup hésité pas simplement à cause des angoisses de Lucius mais aussi et surtout à cause de l'époque. Si le monde sorcier avait relativement peu changé, il ne pouvait pas en dire autant du monde moldus qui avait été profondément transformé par l'air de l'informatique. Harry expliqua que l'objet pouvait bouger mais uniquement avec une source d'énergie et il lui montra comment enfourner les piles à l'intérieur. Il en avait acheté un certain nombre. Quirinus semblait tellement excité qu'il n'en bégayait presque plus, mais il parlait trop vite pour qu'on ne le comprenne vraiment. L'important était néanmoins clairement visible : l'enfant était heureux.
- Est-ce que nous pouvons faire certaines choses pour améliorer la situation ?, demanda le père au bout d'un moment.
- Encouragez le dans ses passions et soyez attentif à lui. Je pense sincèrement que ça suffira. C'est un petit garçon très intelligent. Il deviendra un adulte génial.
Quirinus sursauta fortement quand, en touchant un bouton du second objet, un bruit se fit entendre. C'était une sorte de boite à musique. Il fallait tourner une manivelle pour faire sonner la musique et on pouvait remplacer certaines pièces pour changer de morceau. Quirinus éclata de rire, totalement émerveiller et très vite, il chercha à comprendre "comment ça marche sans magie ?", une question qui pourrait l'emmener loin.
Le troisième jouet était un jeu de société. Le docteur Maboul. Ils devraient y jouer en famille. Harry expliqua comment devait se dérouler une partie, puis ils en firent une tous ensemble. Durant les années qui suivirent, les Quirrell se souvinrent toujours de ce moment de joie où ils avaient compris, tout au fond d'eux-même, que Harry Potter était réellement venu pour les sauver. Il était attentif, prévenant, amical, doux et gentil. Ce n'était uniquement un guerrier très puissant, chose qu'il était sans doute par ailleurs.
note de fin : merci aux personnes qui scannent des vieux catalogues de jouets ... J'ai bien rigolé pour trouver ce qui se faisait à l'époque côté moldus ! J'espère que tout colle. Qu'en avez vous pensé de ce petit Quirinus ? Et de la relation entre Lucius et Harry ?
