Bonjour à vous !

Alors ça y est, nous voilà en 2005 (enfin, dans l'histoire, hein, sinon, nous sommes toujours en 2019 ;) ). Plus que deux chapitres "Dramione" et deux "Astonald" et le "fameux 29" de 16 000 mots (contre 4000 env. pour les autres) et on pourra passer en mode "next-gen" et chronologie plus classique.

Moi je dis que ça fait du bien, mine de rien... En tout cas, je vous remercie grandement pour votre patience (je le répéterai sans doute) mais 29 chapitres et pas loin de 140 000 mots (hors blabla) pour poser le contexte du Dramione, bah moi je dis qu'il faut être motivé-e, ah ah. Mais bon, y en aura deux fois plus en Dramione, promis !

D'ailleurs, j'ai terminé le chapitre 33 hier. Ca avance doucement mais sûrement. J'espère avancer encore un peu cette semaine...

Bref, je m'égare, une fois deux plus. Il nous reste donc un an et 4 chapitres pour concevoir les enfants et marier tout ce petit monde et révéler la maladie d'Astoria (il n'y a qu'elle qui le sait, pour l'instant). Donc on a encore du pain sur la planche !

Donc bonne lecture à vous et merci encore mille fois pour tous vos retours ! On approche déjà des 500 reviews, c'est juste topissime (comme vous). Et n'oubliez pas, la/le 500e aura droit à une question ;)

Je dédie ce chapitre à Soralinou81.

Des bisous à tou-te-s !


RARA :

Guest (26/6) : Merci à toi pour ta review et bon courage pour tes corrections (si tu n'as pas encore fini...). J'avais laissé suffisamment de pistes pour que vous puissiez deviner qu'elle n'allait pas bien, en effet, ça n'en reste pas moins triste, il est vrai... En écrivant le chapitre, je me disais "allez, tu peux encore changer d'avis, t'es pas obligée de la condamner..." mais voilà ^^
Le Dramione approche à grands pas. J'ai déjà écrit l'un ou l'autre rapprochement physique (mais je ne vous dirai pas de quel genre ;) ). A bientôt !

Cecile : Eh oui, la pauvre... Mais faut ce qu'il faut ! Elle meurt d'une malédiction, dans l'enfant maudit, oui. L'annonce aux autres n'a pas été des plus faciles à écrire (aucun chapitre de 2005 ne l'a été, en fait ^^). Côté Romione, tout va bien, oui. Quelques petits soucis mais rien de plus (normal, quoi). Je suis contente que tu aimes toujours cette histoire, en tout cas, et j'espère que la suite ne t'attristera pas trop (je compte bien garder mon style plus "léger" malgré tout... Je ne voudrais pas que cette histoire vous déprime trop, malgré la maladie d'Astoria). Bref, merci encore !

Marie Per1 : Le couple Dramione n'est pas encore formé mais au niveau de l'écriture, ça avance ;) J'avoue que je n'(av)ai(s) pas hâte de voir mourir Astoria (non, je ne dirai pas si cette scène est déjà écrite ou pas XD) mais faut ce qu'il faut pour arriver où on le souhaite... La partie Ron n'a pas été dure à écrire une fois lancée, c'est juste la transition entre les deux qui me faisait beaucoup douter... Comment on passe d'une telle annonce à une soirée entre potes ?
Je suis contente en tout cas de lire que tu pensais que la maladie était réelle. Ca veut dire que nous avons bien fait notre job ! (merci encore à Deborah pour ça !). Bon été à toi aussi mais je resterai dans le coin, pas d'inquiétude ;) Et merci pour ta review !

Deborah Petra : Merci à toi d'avoir contribué à ce qu'il soit ainsi 3

Guest (27/6) : Je suis désolée de t'attrister ! La maladie peut-être génétique... ou pas. Le guérisseur lui dit qu'ils en savent très peu sur le sujet. Et une maladie génétique ne se transmet pas toujours (vu qu'il y a une autre paire de gênes qui entre en jeu ;) ). J'espère que la suite te plaira ! Merci pour ta review :)


Merci à Damelith, Deborah Petra, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.

Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt


L'Autre

2005 - Drago/Hermione

Drago remontait les allées de la Roseraie, slalomant entre les différentes bulles magiques qui protégeaient les fleurs du climat hivernal.

Arrivé à destination, il tapa des pieds sur le paillasson pour en déloger la neige qui s'y était accumulée et pénétra dans l'atelier d'Astoria. Il vit que la jeune femme était penchée sur son établi, les cheveux attachés, certainement pour qu'ils ne la gênent pas dans ce qu'elle était en train de faire.

Un feu ronflait dans l'âtre, réchauffant la pièce, et Drago retira sa cape, ses gants et son écharpe pour les accrocher à un porte-manteaux.

- Il fait vraiment glacial ! déclara-t-il en se frottant les mains l'une contre l'autre. J'ai lu dans la Gazette ce matin que c'était l'hiver le plus froid depuis 1957 !

Astoria ne répondit rien et Drago réalisa qu'elle ne travaillait pas mais tenait fermement un parchemin froissé entre ses mains. Il hésita à lui demander ce qu'il en était, mais son amie était assez irascible ces derniers temps et il n'avait pas envie de se disputer avec elle. Cependant, il devait admettre que ça titillait sa curiosité.

Au bout de quelques minutes de silence, ne comprenant pas la tension ambiante, il se décida à reprendre la parole.

- Ça va, Rosie ? Tu as reçu une mauvaise nouvelle ?

A sa plus grande surprise, elle commença à ricaner nerveusement. Décidément, il avait beaucoup de difficultés à la cerner, dernièrement.

- Astoria…? insista-t-il, sur ses gardes. Il y a un problème ?

Astoria se tourna vers lui, livide, et lança de toutes ses forces une fiole en verre qui se trouvait sur son établi. Celle-ci se fracassa contre le mur derrière Drago avec bruit, le laissant totalement pantois.

- Asto…, commença-t-il en faisant un pas vers elle.

Une autre fiole suivit le trajet de la première et il s'immobilisa aussitôt, comme stupéfixé.

- ARRÊTEZ. DE. ME. POSER. CETTE. PUTAIN. DE. QUESTION ! cria-t-elle avant de jeter un troisième flacon qui finit dans le même état que les précédents.

Réalisant aussitôt qu'il se passait quelque chose de grave, Drago reprit le contrôle de ses sens pour accourir à ses côtés. Il tenta de la prendre dans ses bras pour la calmer, mais Astoria se mit à le frapper de ses poings en pleurant.

- Laisse-moi tranquille ! Dégage ! Je ne veux voir personne !

Il immobilisa ses mains entre les siennes, abasourdi par sa crise de colère, et tenta de capter son regard pour la calmer.

- Je ne comprends rien à ce qu'il se passe, Rosie, dit-il d'une voix ferme mais douce. Il va falloir que tu m'expliques car là, tu m'inquiètes beaucoup…

Astoria fut prise d'une nouvelle crise de rire qui évolua rapidement en crise de larmes et se laissa finalement retomber tout contre lui. Drago resserra instinctivement ses bras autour d'elle et lui caressa doucement le dos pour tenter de l'apaiser.

Il ne savait pas ce qu'elle avait mais son attitude l'inquiétait énormément. Ce n'était absolument pas dans les habitudes de son amie de réagir ainsi, bien au contraire. Depuis cinq ans qu'il la côtoyait de manière régulière, il ne l'avait jamais vue se mettre dans un état pareil.

- Je vais mourir.

- Pardon ?! dit Drago, confus.

Elle avait parlé tellement bas qu'il n'était pas sûr de l'avoir bien entendue.

- Je vais mourir, répéta-t-elle un peu plus fort, mais toujours blottie contre son torse

- Comment ça, tu vas mourir ? demanda-t-il relevant doucement son visage pour la regarder.

Il ne comprenait rien à ce qu'il se passait.

- Je suis malade et je vais mourir, c'est tout, lui annonça-t-elle, la voix légèrement tremblante. J'avais encore l'espoir que mon guérisseur se soit trompé dans ses analyses, mais son collègue français a bel et bien confirmé son diagnostic. C'est ce qui est noté sur ce parchemin, regarde…

Drago s'en saisit, fébrile, et le parcourut rapidement des yeux. Regret de confirmer vos analyses… Maladie de Bowman-Waits… Plusieurs crises antérieures… Présences de lésions sur la myéline confirmées... Dix ans, peut-être douze…

- Je… Je ne comprends pas…, bredouilla-t-il en laissant retomber le morceau de papier sur l'établi derrière eux.

Il avait l'impression que son cœur était en train de remonter doucement dans sa gorge.

Astoria s'essuya les yeux d'un geste nerveux de la main et alla s'asseoir dans son fauteuil, les genoux repliés contre sa poitrine, avant de répondre.

- Lorsque j'ai eu mon accident de chaudron, en novembre dernier, les urgentistes ont découvert des anomalies en m'auscultant. Ils ont fait venir un neuromage qui a fait des tests plus approfondis et il a découvert que j'avais la maladie de Bowman-Waits. C'est une maladie auto-immune qui s'attaque à mon système nerveux… Mes tremblements, mes fourmillements, mes migraines, mes vertiges… Tout ça en était des symptômes, en fait. Et je n'ai rien vu venir…

- Ok…, opina Drago platement. Mais ce n'est pas si grave, non ? Il doit bien y avoir un traitement ? Il ne faut pas être si pessimiste !

- Je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste. Le mage Kohli, mon neuromage, m'a prévenue. C'est irréversible. Plus le temps va passer, plus ça va s'aggraver. Je vais peu à peu devenir impotente, perdre l'usage de mon corps et… et mourir…

- C'est n'importe quoi ! contra Drago, qui avait de plus en plus de mal à respirer. Tu es tombée sur un incapable, c'est tout ! On va demander un second avis et tout ira bien, tu verras.

- Tu n'as pas écoutée ? releva-t-elle, atone. Le parchemin que j'ai reçu vient justement du second avis…

Drago secouait la tête de gauche à droite sans même s'en rendre compte. Impossible. Astoria ne pouvait pas être malade. Elle était juste particulièrement sensible, rien d'autre. Ces médicomages n'étaient que des incompétents. Il les ferait payer pour avoir osé traumatiser ainsi son amie avec leur diagnostic erroné !

C'était n'importe quoi. Elle lui en aurait parlé directement si c'était si grave. Elle ne lui aurait jamais caché une telle chose pendant plus de deux mois. Il y avait forcément une erreur quelque part.

- Pourquoi me le dire que maintenant ? demanda-t-il. Si c'est aussi grave que tu le dis, pourquoi avoir attendu avant de m'en parler ? On vit ensemble, par Salazar !

Astoria haussa les épaules, comme résignée, avant de répondre.

- Je ne voulais inquiéter personne tant que ce n'était pas sûr à cent pour cent. Le mage Kohli m'a expliqué que l'hôpital sorcier de Lille avait du matériel médical que Ste-Mangouste n'a pas. Il a donc pris un rendez-vous avec son homologue français pour affiner le diagnostic, mais il a fallu attendre, avec les fêtes, tout ça, et…

- Tu n'étais pas à une convention, y a deux semaines, c'est ça ? la coupa-t-il.

- En effet, je suis allée sur place faire des examens supplémentaires. Mon neuromage souhaitait avoir le plus d'informations possible pour doser mon traitement… Vu la batterie de tests auxquels j'ai été soumise, j'ai cru que, peut-être, le résultat serait différent, mais si j'en crois cette lettre…

Drago avait l'impression de ne pas être tout à fait présent. Il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, ce qu'Astoria venait de lui annoncer. Son accès de colère, ses larmes, ce ton détaché… Tout se mélangeait beaucoup trop dans sa tête pour qu'il parvienne à y trouver le moindre sens. C'était totalement absurde.

- Je vais devoir retourner voir mon neuromage pour… pour parler de la suite, annonça Astoria. Tu… Tu viendras avec moi ?

- Je ne vois même pas pourquoi tu poses la question, répondit Drago avant de franchir la distance qui les séparait pour la serrer tout contre lui.

.

Drago était assis en compagnie d'Astoria dans le bureau de Rajan Kohli, son neuromage.

- Je suis ravi de voir que vous l'avez enfin annoncé à quelqu'un, Madame Greengrass, dit-il en souriant doucement.

- Je n'arrive pas à croire qu'elle ait gardé ça pour elle seule durant tout ce temps, grommela Drago en réponse.

- C'est plus fréquent que vous ne pourriez le croire, Monsieur, affirma le guérisseur. Beaucoup de mes patients veulent épargner leurs proches.

- Vous ne devriez pas accepter de poser un tel diagnostic face à une personne seule, lui reprocha-t-il, aigri.

- Ce n'est pas à moi d'en décider. Madame Greengrass est adulte et titulaire de sa capacité juridique. La décision lui revenait.

- Drago, ne commence pas…, le sermonna-t-elle à ses côtés. On en a déjà parlé. C'était ma décision, tu dois la respecter.

Le jeune homme expira bruyamment par le nez mais ne répondit rien. Il était partagé entre le fait de lui donner raison, il aurait certainement réagi exactement pareil à sa place, et la colère qu'il ressentait de ne pas avoir vu à quel point elle allait mal. Quel genre d'ami était-il pour être passé à côté de ça ?!

- Bien, reprit le mage Kohli en sortant quelques feuilles du dossier d'Astoria. J'ai d'ores et déjà lancé la procédure afin de rassembler les différents spécialistes dont vous aurez besoin. Gauvain Anderson a accepté de se joindre à nous. C'est une excellente nouvelle, il a une réelle maîtrise des sorts de motricité, ce qui devrait vous garantir un maximum de mobilité. Vous devrez venir à Ste-Mangouste deux fois par mois, dans un premier temps, afin qu'il puisse essayer de limiter les lésions causées par vos premières crises.

- Très bien, approuva Astoria avant de porter un doigt à sa bouche pour en ronger l'ongle.

- La guérisseuse Ouedraogo s'occupera du suivi régulier…

- Vous n'allez pas me suivre ? l'interrompit Astoria.

- Si, bien sûr, mais Constance est beaucoup plus apte que moi pour vous assister dans vos soins, croyez-moi. Nous nous verrons une fois par trimestre, dans un premier temps, afin de suivre la progression de la maladie, mais Madame Ouedraogo me fera des comptes-rendus réguliers. Si vous le souhaitez, elle pourra également passer chez vous pour vous conseiller sur les aménagements à faire…

- Comment ça ? demanda Drago.

- Des choses basiques comme la literie ou la salle d'eau… Tout ce qui pourra aider Madame Greengrass à rester autonome et à domicile le plus longtemps possible.

Drago se sentait vraiment désemparé. Inutile et désemparé. Il n'osait même pas imaginer ce qu'Astoria devait ressentir.

- Ensuite, reprit le mage Kohli, j'ai consulté l'apothicaire-en-chef de l'hôpital. Je lui ai communiqué les résultats obtenus après vos examens effectués à Lille et son équipe a élaboré un filtre pour renforcer les membranes de vos cellules - et ainsi tenter de limiter les crises. Les premiers flacons seront prêts d'ici une petite semaine. Il faudra en prendre une dose matin et soir, à heure fixe, sans exception.

- D'accord, confirma la jeune femme.

- Et pour finir, conclut le guérisseur, je ne peux que vous encourager vivement à poursuivre vos entretiens avec Jocasta Wainwright, la psychomage qui vous a reçue lorsque je vous ai annoncé la nouvelle.

Astoria confirma d'un hochement de tête et Drago se demanda comment elle faisait pour faire preuve d'un tel sang froid. Elle était là, assise bien droite sur sa chaise, le regard fier. Seule sa fichue tendance à se ronger les ongles trahissait sa nervosité. Et pourtant, le guérisseur face à eux était en train de leur exposer ce qui allait à présent rythmer leurs vies.

La nouvelle de sa maladie avait eu l'effet d'un raz-de-marée sur lui. Oubliée sa méfiance envers son père, oubliée la pression familiale pour répondre à ses obligations de Sang-Pur, oubliés ses flirts sans lendemain, oubliée son obsession malsaine pour Granger. Tout ça lui semblait affreusement secondaire, dorénavant.

A présent, la seule chose qui lui importait était le bien-être d'Astoria et rien d'autre.


Hermione et Ron déambulaient dans les couloirs de Ste-Mangouste en direction de la zone de transplanage.

- Tu te rends compte que Louis est déjà le cinquième petit-enfant de mes parents ? demanda Ron en entrelaçant ses doigts à ceux de la jeune femme.

- Ils ont eu sept enfants, Ron, je pense qu'ils en auront bien plus…

- Encore un rouquin, en tout cas ! Il n'y a que James qui n'a pas hérité du roux Weasley, jusqu'à présent, souligna-t-il.

- C'est vrai ! Je me demande si leur deuxième sera brun également…

- Je n'arrive pas à croire qu'ils remettent déjà ça ! James n'a même pas un an… Ils sont fous ou quoi ?

- Ginny m'a avoué qu'ils n'avaient pas prévu que ce soit si rapproché, lui confia Hermione. Elle pense que sa potion contraceptive n'a pas marché lorsqu'elle a été malade, après le nouvel an…

- Rude… Au final, on peut prendre toutes les précautions qu'on veut, ça peut arriver n'importe quand.

Au détour d'un couloir, Hermione et Ron tombèrent nez à nez sur Drago Malefoy et Astoria Greengrass. Le jeune homme avait son bras enroulé autour de sa taille et elle avait déposé sa tête sur son épaule.

Hermione ressentit un petit pincement au creux de son ventre à cette vue. Hannah lui avait avoué qu'ils vivaient ensemble depuis un moment, elle n'était donc pas surprise outre mesure de les voir l'un avec l'autre, mais elle devait bien reconnaître que ça ne la laissait pas aussi indifférente que ce qu'elle aurait voulu.

Malgré elle, elle tenta de croiser le regard de Malefoy, pour vérifier si ça lui faisait toujours le même effet, mais n'y parvint pas. Il n'avait d'yeux que pour sa compagne.

Elle vit ensuite Astoria Greengrass porter une main à sa bouche et se ruer vers une poubelle pour vomir, Malefoy la suivant de près.

Ron fit une grimace dégoûtée à ses côtés.

- Eh bien, remarqua-t-il une fois qu'ils les eurent dépassés, il semblerait que la future génération de Malefoy soit en route.

- Tu crois ? demanda-t-elle, déçue malgré elle.

- Va savoir… C'est pas comme si c'était intéressant, de toute façon.

Ils arrivèrent peu après à la zone de transplanage et rentrèrent chez eux. A peine la porte passée, Hermione alla s'installer dans le canapé pendant que Ron se servait à boire.

Il lui demanda si elle voulait quelque chose mais elle déclina, songeuse. Malefoy allait-il vraiment devenir père ? C'était une pensée saugrenue… Surtout avec Astoria Greengrass. Elle se souvenait encore qu'il lui avait avoué ne pas être emballé par cette idée lorsqu'ils s'étaient retrouvés à Clairvent, il y a si longtemps.

Il était vrai aussi que ça remontait à plusieurs années. Beaucoup de choses pouvaient changer dans un tel laps de temps. La preuve en était avec elle.

A l'époque, elle était totalement paumée et ne savait pas ce qu'elle allait faire de sa vie. Aujourd'hui, elle avait monté une association d'aide pour les né-Moldus avec l'un de ses meilleurs amis et sortait avec l'autre depuis près de trois ans. Que de chemin elle avait parcouru pour en arriver là !

C'était étrange de repenser à tout ça. Malefoy avait vraiment l'art et la manière de remuer des choses en elle. C'était déroutant et horripilant à la fois ! Surtout que lui semblait toujours tellement indifférent à sa présence…

Quatre ans. Cela faisait Quatre ans qu'elle avait couché avec lui ! C'était d'un pathétique… Tout ça, c'était de sa faute. S'il n'avait pas profité de son absence pour disparaître, ils auraient pu en parler et ainsi, passer à autre chose. Mais non, comme à son habitude, il n'avait pensé qu'à lui et tant pis pour elle. Elle qui ne supportait pas de ne pas pouvoir aller au fond des choses.

Mais quatre ans, tout de même… Il était vraiment temps qu'elle tourne la page. Elle avait un petit ami merveilleux avec qui tout se passait au mieux, elle avait un travail utile et épanouissant, des amis très présents, des parents et une belle-famille adorables. Rien pour entacher son bonheur.

Peut-être que le problème était là, au final. La routine. Le manque de challenge. Peut-être que les raisons de son obsession pour Malefoy n'étaient pas plus compliquées que ça. Son ancien ennemi lui permettait de repousser ses limites, de se dépasser.

Face à lui, elle avait toujours l'impression d'être dans une sorte de compétition. Lui prouver qu'il ne l'atteignait pas. Lui prouver que, bien que né-Moldue, elle pouvait tout réussir au moins aussi bien que n'importe quel Sang-Pur. Lui prouver qu'elle n'était pas celle qu'il imaginait.

Ron, Harry, Ginny, Hannah, Neville, ses parents, ses amis, tous reconnaissaient ses aptitudes et ses capacités sans aucune hésitation. Avec Malefoy, elle avait le sentiment de toujours devoir faire ses preuves et c'était, quelque part, assez stimulant.

Peut-être avait-elle tout simplement besoin d'un nouveau défi dans sa vie, en fin de compte ?

- N'est-ce pas ? demanda Ron, la tirant ainsi de ses pensées.

- Pardon, je n'écoutais pas, s'excusa-t-elle en revenant au présent. Tu disais ?

- Je disais que Will m'avait donné congé deux jours de suite, la semaine prochaine, et je trouvais que ce serait une bonne idée de partir en weekend tous les deux… Pourquoi pas Clairvent ? L'air de la Provence pourrait nous faire du bien, non ?

- Euh, je préférerais éviter d'y retourner, répondit Hermione. J'y suis passée en revenant d'Australie et je n'en garde pas un très bon souvenir…

- Oh… ok, répondit-il, visiblement déçu.

- Pourquoi pas la Belgique ? proposa-t-elle pour lui montrer qu'elle n'était pas contre l'idée de partir avec lui.

- La Belgique ?! Mais y a quoi d'intéressant, en Belgique ?! Il y fait le même temps qu'ici, en plus…

- Il y a les frites, le chocolat, la bière…, énuméra-t-elle, sachant qu'elle ferait mouche avec ce type d'arguments.

- C'est quoi l'arnaque ?

Hermione pouffa légèrement avant de le rassurer :

- Rien de très dramatique, je te rassure. Juste les Musées Royaux des Beaux-Arts. Ils ont apparemment une très belle collection de tableaux animés dans une aile réservée aux sorciers… Et tu verras, non loin se trouve l'un de leurs emblèmes. C'est la statue d'un petit garçon qui fait pipi…

- Sérieusement ?!

- Promis, confirma-t-elle.

- Bon bah va pour la Belgique, alors, approuva Ron. J'irai réserver un Portoloin demain.

.

.

Hermione et Ron se trouvaient allongés, nus, sur le lit de leur chambre d'hôtel en plein cœur de Bruxelles. La jeune femme avait encore le souffle rendu court par leurs ébats. Quand il se donnait la peine d'être à son écoute, Ron se révélait être un amant fabuleux.

Malheureusement, il faisait de plus en plus souvent preuve de paresse, allant à l'essentiel…

- Pfiou ! lâcha-t-il, faisant écho à ses pensées. Ça faisait un moment que ça n'avait pas été aussi… Pfiou !

Hermione leva discrètement les yeux au ciel, amusée malgré elle. Ron était loin d'être parfait mais c'était ce qu'elle aimait en lui. Elle avait parfaitement conscience que certaines personnes ne comprenaient pas ce qu'elle pouvait lui trouver mais elle, elle le savait parfaitement.

Il était amusant, limite insouciant, courageux et prêt à tout pour aider ses proches. Certes, son manque de confiance en lui lui faisait régulièrement prendre de mauvaises décisions - comme lorsqu'il était parti lors de la chasse aux Horcruxes - et il avait légèrement tendance à envier les autres, mais Hermione avait conscience d'être elle-même imparfaite.

Il fallait beaucoup de patience pour gérer son caractère au quotidien. Elle se savait exigeante, envers elle-même comme envers les autres, parfois un peu trop rigide et entêtée. La légèreté dont Ron pouvait faire preuve l'obligeait donc à lâcher prise de temps à autre, pour son plus grand bien.

Quand elle emmagasinait trop de stress, elle finissait toujours par faire n'importe quoi, comme lorsqu'elle avait couché avec Charlie. Ou avec Malefoy. Ou lorsqu'elle avait failli le laisser l'embrasser…

Elle se fustigea aussitôt de penser à nouveau à lui. Elle était irrécupérable !

- Tu penses à quoi, lui demanda Ron en attrapant une boucle de ses cheveux pour jouer avec.

- A toi, à nous, éluda-t-elle. Au fait que je suis bien avec toi, même si certaines personnes ne comprennent pas notre couple…

- Qui ne comprend pas ?! s'offusqua-t-il en se redressant.

- Luna, par exemple. Elle dit qu'on est comme de l'huile et du vinaigre… Qu'on peut faire de bons mélanges, mais seulement avec un liant…

- J'ai toujours dit qu'elle était timbrée, rétorqua Ron. Elle est où, encore, à ce propos ?

- Quelque part en Inde, je crois. Elle a apparemment rencontré quelqu'un. Un certain Rolf Dragonneau.

- Dragonneau… Comme Norbert Dragonneau ?!

- Ah peut-être… Je n'avais pas fait le rapprochement, mais maintenant que tu le dis, c'est probable. Elle m'a dit, dans sa dernière lettre, qu'il était également passionné par les animaux fantastiques.

- Je ne comprendrai jamais comment vous avez pu devenir amies, toutes les deux… Je sais que vous avez fini votre scolarité ensemble, mais quand même…

- Luna peut être de compagnie très agréable, quand elle garde un minimum les pieds sur terre, la défendit Hermione.

- Justement…

- Bon, on n'est pas là pour critiquer mes amies, que je sache ! ronchonna-t-elle en se couvrant de la couverture.

- Hum… A vrai dire, tu as raison, je ne t'ai pas proposé de partir en weekend pour ça…, avoua Ron, les oreilles légèrement rouges.

Hermione reporta son attention sur lui, suspicieuse. Qu'est-ce que son petit ami était encore en train de manigancer ?!

Il se leva, toujours nu, et alla jusqu'à ses bagages avant de revenir jusqu'à elle.

- Je ne sais pas si tu te souviens de la conversation que nous avons eue, le soir où Hannah et Ginny ont annoncé leur grossesse…

- A propos des enfants ? demanda Hermione.

- Tout à fait, oui, confirma Ron. Tu sais ce que j'en pense, mon point de vue n'a pas changé à ce sujet. Je souhaite fonder une famille et je souhaite la fonder avec toi. Je t'aime, Hermione, et j'aimerais vraiment que tu sois la mère de mes enfants…

- Es-tu en train de me demander de faire un bébé, Ronald Weasley ?! interrogea la jeune femme, légèrement surprise.

- Pas tout à fait, dit Ron. Comme je te l'ai dit ce soir-là, je suis assez vieux jeu…

Hermione le vit se mettre à genoux sur le lit, toujours nu. Il lui coinça ses mains sous ses jambes repliées, au niveau de ses cuisses, et ancra ses yeux azur dans les siens.

- Je me suis demandé pendant des semaines comment procéder… Je savais qu'une démonstration publique était exclue, tu n'aimes pas les grandes effusions de sentiments - ce qui m'arrange aussi, cela dit en passant. Un dîner au restau, trop classique… Y en a au moins une fois par semaine, au Boursouflet, c'est dingue… Ça fait donc plusieurs semaines que je me trimballe avec et… par Merlin, je suis en train de tout faire foirer !

Hermione ne put s'empêcher de pouffer avant de s'asseoir pour se mettre à sa hauteur. Son cœur battait de plus en plus vite, appréhendant quelque peu la suite, mais elle le connaissait suffisamment pour savoir à quel point c'était important pour lui.

- Bref ! se ressaisit Ron. Hermione, je t'aime. Je crois que j'ai inconsciemment commencé à t'aimer depuis que j'ai douze ans, quand ça m'énervait que tu baves devant Lockhart. J'aime ton sale caractère, j'aime ta douceur, j'aime ton courage, j'aime ta morale à toute épreuve, même si parfois tu me rends fou. J'aime celui que tu fais de moi. Tu me forces à me surpasser et à ne pas me contenter du strict minimum. Tu m'aides à avancer, à me structurer, à ne pas m'éparpiller. J'ai l'impression de te connaître depuis toujours et, aujourd'hui, je n'imagine plus ma vie sans toi.

Hermione ne prononçait pas le moindre mot, écoutant avec attention la déclaration de son petit ami, consciente de l'importance de ce moment pour leur couple. Elle devait également avouer qu'elle était bien plus émue que ce qu'elle aurait cru…

- Hermione Jean Granger, conclut Ron, acceptes-tu de devenir ma femme ?

Il sortit de sous l'oreiller un écrin de velours rouge qu'il avait dû aller chercher dans ses bagages lorsqu'il s'était levé et l'ouvrit d'un geste fébrile. A l'intérieur se trouvait la bague parfaite, pour elle : un simple anneau d'or orné d'un diamant unique. Un solitaire. Classique, intemporel.

Et Ron la dévisageait, clairement nerveux, guettant sa réponse.

Hermione ne réfléchit pas longtemps. Cela faisait un moment qu'elle était consciente que leur relation prendrait cette tournure, tôt ou tard, et elle avait déjà eu l'occasion de penser à ce qu'elle répondrait le moment venu.

Elle tendit donc une main tremblante vers Ron, les doigts légèrement écartés, avant de prononcer le oui qu'il espérait tant.


.


Alors voilà, Drago est au courant. Elle aura quand même gardé l'info pour elle un certain moment... mais bon, ça ne doit pas être évident à gérer et à annoncer "au fait, je t'ai pas dit, je suis malade". Enfin, chaque personne est différente, de toute façon, et je suis sûre que chacun-e réagi(rai)t à sa manière.

MAIS, vous l'aurez compris, voilà qui va certainement sortir une brunette à bouclettes de la tête de notre cher Drago. Y a de quoi revoir ses priorités dans la vie, non ? (vous allez me dire : il était temps qu'il passe à autre chose, quand même, non ?). Et vu qu'elle semble penser qu'Astoria est enceinte... Mais bon, rassurez-vous, le Dramione reviendra en temps voulu ;)

Et de l'autre côté, je sais que vous étiez plusieurs à attendre ce moment et ça y est : Ron a enfin fait sa demande en mariage !

Pour les belges potentiellement susceptibles sur sa vision de la Belgique, sachez que j'y vis depuis plus de 20 ans et que j'adore ce pays. J'ai hésité à les envoyer en Italie ou en Espagne et je me suis dit "pourquoi toujours le sud ?". Donc voilà. Enfin, j'ai un peu pataugé pour la demande car sur mon plan, j'avais écrit "Demande en mariage de Ron" et rien de plus. Et donc, face à mon clavier, j'étais là : ok, mais il procède comment ? ah ah

Bah voilà le résultat. C'est loin d'être parfait, c'est un peu maladroit, mais je trouve que ça leur va bien :)

J'ai hâte de lire vos retours à ce chapitre, comme d'habitude, et j'espère sincèrement qu'il vous a plu malgré la première partie un peu moins... amusante, dirons-nous.

A mercredi prochain pour la suite !

Bisous à vous et encore merci de me lire.