Hello, c'est Momo ! ^^

JE. NE. POSTE. PAS. A. MINUIIIIT \o/ *sort*

Hm. Doonc. XD Désolée, j'aurais dû poster ce chapitre hier, mais... J'ai pas réussi. XD (Naan, sérieux) Je suis toujours salement malade, j'espère guérir bientôt parce qu'à la longue j'en ai un peu marre u_u

Sinon, je vais répondre aux lecteurs anonymes :

chut : Par rapport au chapitre 22, je suis contente que mon "Axelle" ne t'ait pas traumatisée ! XD Par contre voui, Roxas, il a du mal... Mais c'est pour le bien de ses rechutes comme tu dis =) J'aime bien ce mot d'ailleurs, ça correspond bien à ce qu'il lui arrive tout le temps xD Et si, même si on dirait pas, je compare trèès souvent Roxas à une héroïne de shojo. XD Sinon, pour le chapitre 23, c'est peut-être le mot "crush" ou simplement la pluie qui te fait penser au premier chapitre ? =) En tout cas, je suis contente que tu aimes. ^^ T'en fais pas pour la suite, je compte bien vous faire part de l'homophobie de Roxas, et surtout de son évolution... Merci beaucoup pour tes commentaires en tout cas =)

Par rapport à ce chapitre, c'est enfin ce qu'on attendait : Axel, le re(re-re-re)retour. \o/ Aussi, comme on me l'avait suggéré, j'ai voulu vous donner un peu le point de vue de Vanitas quant à toute l'affaire. J'espère que ça vous plaira ^^

Avec ça, encore un immense merci à mes deux bêta-lectrices Elerina et Cloudy-L x3 Sans elles, je serais rien. =3

Et finalement (je parle beaucoup ce soir XD), je tiens à remercier très fort Kalgalen et Yumeless :3 Pour faire court, j'avais discuté avec Kalgalen de Roxas et nous disions que, puisqu'il évolue, c'est un Pokémon... En l'occurrence, Pikachu, parce que "si tu l'approches trop il t'électrocute" 8D Quant à Yumeless, elle m'a dit dans sa dernière review avoir envie de faire un dessin de ma fanfiction et... C'est chose faite ! =3 Alors, comme ces deux dessins me plaisent beaucoup et que je peux pas m'empêcher de les regarder comme une grosse débilos avec un sourire de six mètres de large, je me DOIS de vous en mettre le lien ici :

Celui de Kalgalen : www .imagesup. org /images10 / 1329342792-pikaxas-15022012 .png (enlevez les 5 espaces)

Celui de Yumeless : yumeless .deviantart. com/art/Crushcrushcrush-285600457 (enlevez les 2 espaces)

Merciii~ :3 Et bonne lecture tout le monde !


Chapitre 25 : Il paraît que les explications ne sont pas toutes bonnes à entendre

Depuis des années qu'il connaissait Roxas, jamais encore Vanitas n'avait ressenti quelque chose d'aussi étrange à son égard.

Si on le lui avait demandé, il n'aurait pas vraiment su comment décrire la chose en question, en fait ; c'était trop profond, peut-être, trop intime et à coup sûr trop bizarre pour que quiconque puisse y piger quoi que ce soit, à vrai dire. Lui-même, il ne savait pas ce que c'était exactement, ce sentiment – mais était-ce vraiment un sentiment ? Par moments, ça remontait soudain à la surface, en un éclair, et ça le poussait à faire certaines choses qu'il n'aurait jamais faites à l'encontre d'autres personnes, et des fois ça l'attaquait lui, en son for intérieur, où ça cassait pas mal de trucs avant de s'en aller – s'en aller pour revenir plus tard, évidemment. C'était chiant.

Mais le pire dans tout cela restait indéniablement le changement – le changement. Cette chose entre ses tripes qui se modifiait chaque jour, à chaque instant, qui le faisait passer d'un côté à un autre, changer d'avis comme de chemise – quoiqu'il ne changeait pas vraiment souvent de chemise, alors plutôt comme de chaussettes ou de sous-vêtements – ; plus ça agissait et plus ça tournait son coeur et sa tête dans tous les sens et moins il savait où il en était, en fin de compte.

Debout seul dans la cuisine, il pria silencieusement pour que le thermos de chocolat chaud face à lui soit de gris trop mat pour lui renvoyer son reflet. Il avait, comment dire, franchement pas envie de voir sa tronche – et au fond, sûrement que c'était dû au fait qu'il avait même pas besoin de se mater pour savoir qu'il avait l'air las, fatigué, éreinté, crevé quoi.

C'était pas qu'il n'avait pas dormi, pourtant, ni qu'il avait fait un cauchemar. C'était pas non plus qu'il s'était donné à fond toute la journée ou que le voyage l'avait fatigué ; et c'était encore moins qu'il avait simplement terminé un autre jour de vie dans son existence. A dire vrai, il avait dormi près de neuf heures, pris le train à l'heure, il était rentré en fin de matinée comme prévu, était revenu dans son cher appartement après avoir passé un peu de temps avec son grand frère, et rien jusqu'ici n'était censé l'avoir crevé ou lassé particulièrement – en théorie, il aurait dû avoir encore la force de vivre les quelques heures qu'il lui restait encore avant qu'il puisse aller se coucher.

Restait que la théorie différait souvent de la pratique et qu'en cet instant-même, Vani ne les avait jamais senties si loin l'une de l'autre. Au final, ce crétin de thermos de merde à la déco métal affichait quand même son putain de reflet, et tout ce qu'il voyait là-dedans, c'étaient ses cheveux en bataille, même pas droits ou bouclés ou attachés ou rien, ses affreux yeux jaunes mais pas de cernes, et son regard effroyablement tout-sauf-fier-et-digne – alors, il soupira et piqua deux tasses à thés dans un placard. Il chopa les deux anses de la même poigne, parce qu'à vrai dire il s'en fichait un peu qu'elles s'entrechoquent, et s'empara du thermos de l'autre main, avant de retourner dans le salon.

Ah, le salon.
Canapé, télé, un classeur de cours qui traînait dans un coin, Playstation, Roxas – et ça, en ce moment, ça résumait assez bien toute sa vie. Surtout les deux derniers trucs, en fait ; parce que d'une part, la Playstation avait toujours été sa console préférée, et que d'une autre, Roxas, bah, c'était son meilleur pote, quoi.
Meilleur pote – deux mots, et ça sonnait bizarre à l'oreille de Vani, cependant, depuis quelques temps.

Un nouveau soupir en prime, il balança vite fait tout ce qu'il transportait sur la table basse et se laissa tomber sur le divan, juste à côté d'un certain blond qui, visiblement trop absorbé par le jeu auquel il jouait, avait pas vraiment dû le remarquer. En même temps, il devait être bien crevé, lui aussi ; rentré avec Vanitas dans la matinée, il s'était rapidement cassé pour aller voir son propre grand frère, et Cloud n'avait daigné le ramener à l'appartement qu'aux alentours de neuf heures – une demi-heure auparavant, quoi. Et Vani avait fait du chocolat chaud dans l'espoir que ça les réveille un peu tous les deux.

« Roxaas, appela-t-il alors, étouffant au passage un bâillement. Mets c'machin en pause, si tu veux du chocolat chaud... »

Il fallut quelques secondes au cerveau de Roxas pour qu'enfin il réagisse aux deux derniers mots de la phrase de son pote ; mais une fois qu'il eut à peu près capté ce dont on lui causait, il balança sa manette sur la table basse et se tourna vers Vani, un semblant de sourire aux lèvres – et c'est là qu'il pigea qu'il savait juste pas comment réagir.

Vanitas servait deux grandes tasses de chocolat bien chaud et lui, assis à côté, il savait pas quoi faire. Il avait décidé de suivre les conseils de Cloud, de pas trop se prendre la tête et de passer une super soirée avec son meilleur pote, en qui il avait plus confiance qu'en n'importe qui ; et pourtant, là, ça bloquait. Que dire ? Que faire ? L'aider ? Accepter simplement ? Accepter comment, aussi ? Sourire, faire la gueule, avoir l'air indifférent ? Ou bien le remercier ?

Un, deux, trois, bam, dans ta gueule – remercier. C'était pas un truc qu'il avait l'habitude de faire, remercier les gens ; mais tout à l'heure, il l'avait dit à Cloud, et à d'autres moments il l'avait dit à d'autres gens, et plus ça avançait plus il avait l'impression de le dire souvent et au final peut-être que c'était le meilleur truc à faire – remercier Vani d'avoir juste pris le temps de s'occuper un peu de lui.
Il avait jamais pensé à vraiment envisager les choses comme ça, mais en fin de compte, c'était peut-être pas si chiant que ça en avait l'air – alors, il essaierait.

« Tiens, fit alors son pote, et il lui tendit l'une des deux tasses fumantes. Fais gaffe à pas te brûler.
– Heu..., hésita le blond ; mais il n'hésita qu'une seconde et poursuivit. Merci... »

Merci.
Aux oreilles de Vanitas ça aussi, ça sonnait vachement bizarre. Merci. C'était quand la dernière fois qu'il l'avait entendu de la bouche de Roxas, déjà ? Il s'en souvenait pas vraiment, mais il avait comme l'intime conviction que d'une, ça remontait assez loin, et que de deux, c'était pas pour un truc aussi banal - parce que les règles de politesse dans la vie de tous les jours, Roxas, ça faisait des années qu'il avait décidé de s'en foutre. Bizarre – c'était bizarre. Etrange.

Juste étrange comme ce truc en lui qui recommençait à faire des siennes ; et si hier ça avait fait mal, si hier ça l'avait poussé à ne pas savoir quoi faire, à l'engueuler parce qu'il se torturait tout seul à communiquer avec un type dont on se fichait complètement, aujourd'hui ça lui donnait juste envie d'aller préparer un deuxième thermos de chocolat.

« De rien, murmura-t-il finalement, avant de prendre une gorgée de sa propre tasse. Ce fut un plaisir. »

En prononçant ces quelques mots il avait laissé ses yeux traîner quelque part au loin, devant lui, et Roxas ne put s'empêcher de se demander pourquoi – mais comme il ne trouva pas immédiatement de réponse, il laissa tomber et reprit en main la manette de la console. Tant pis ; de toute façon, il aurait encore des milliers d'occasions de parler à Vanitas, s'il le voulait vraiment.


Las, Roxas se laissa lentement glisser le long du mur et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, se retrouva assis face à la porte fermée de la salle de classe.

Il soupira.
Deux heures de renvoi en fin de matinée parce que les devoirs, il avait zappé, et maintenant voilà qu'on le virait à douze minutes et demie de la fin du cours parce que, selon son enfoiré de prof de géo, il écoutait pas suffisamment les âneries qu'il déblatérait depuis trois quarts d'heure – soit. Sincèrement, la géo, il en avait rien à foutre, et même que là, il serait rentré si y'avait pas eu Vani ; sauf qu'il vivait avec Vanitas et que, du coup, autant l'attendre, quoi.

Soupir bis – restait un sacré problème, toutefois. Quoiqu'il fasse, à quoiqu'il pense, il ne parvenait pas à arracher son esprit à la scène de la veille, repassée en boucle dans son esprit ; bien sûr, il avait décidé de pas se prendre trop la tête. Bien sûr, il avait décidé de subir les choses comme elles venaient et de pas se torturer pour des trucs qui n'étaient pas encore arrivés. Seulement, entre la théorie et la pratique y'avait bien six kilomètres et sur le coup, c'était pas aussi facile que ça en avait l'air ; parce que d'une part, c'était impossible d'oublier la tronche de Vani hier soir, quelque part entre la tendresse, le désespoir et la lassitude, et parce que d'une autre, son foutu téléphone portable n'avait plus l'air de vouloir quitter l'étreinte de ses doigts.

Sans même le vouloir, à la base, il s'était mis à parcourir ses photos, à changer de chanson toutes les vingt secondes et à naviguer au hasard dans ses messages, comme il le faisait toujours lorsqu'il s'emmerdait à l'intercours ; et puis, il était tombé dessus. Dans ses messages reçus – ceux-là précisément, évidemment. Il avait fallu qu'au hasard il finisse sur ceux qu'Axel lui avait envoyés ces derniers jours – mais putain, il avait pas envie de les relire, pas envie même de savoir qu'ils existaient, et pas envie de se rappeler de ce qu'il y avait répondu, pas envie de réaliser que c'était déjà lundi et qu'en théorie, il était disponible, maintenant.

Presque par automatisme, il ramena ses jambes contre son corps et enfoui son menton quelque part entre ses genoux. Ça faisait chier, tout ça. Dans le genre, vraiment chier ; parce qu'au fond il savait pas qu'en penser, pas comment réagir, pas comment s'y prendre et encore moins que faire, là, dans les minutes qui allaient suivre. Oh, ouais, il aurait pu se lever, prendre ses jambes à son cou et se casser vite fait – mais pour aller où, bordel ? Il avait pas les clés de l'appart à Vani, ou s'il les avait il les utilisait tellement jamais qu'il savait même plus où il aurait pu les foutre, et hors de question de se ramener chez sa débile de mère pour tomber sur son débile de mec ; pas comme ça, pas maintenant, en tout cas. Alors, du coup, fallait qu'il attende ; et après, bah...
Après, il était partagé entre l'envie de se dire qu'il serait bien dans la merde, et celle de simplement pas s'en soucier et de prendre les choses comme elles venaient.

Mais il n'avait pas parlé d'Axel et de son prénom à Cloud – et il savait toujours pas s'il devait l'appeler Axel, Axelle, ou ne plus lui parler du tout.

Et force était d'avouer que plus les choses avançaient, plus il était tenté de suivre cette dernière voie ; et puis, en même temps, y'avait autre chose. Un quelque chose un peu comme une force au-dessus de lui, un quelque chose puissant et indéniable, qui sans cesse, sans cesse, le poussait toujours vers cet enfoiré de travelo, dans sa direction, vers lui sans que Roxas puisse gueuler un bon coup – mais c'était quoi, ça aussi, à la fin ? De la curiosité ? De l'intérêt ? Du dégoût ? Un mélange des trois ? Ou bien encore autre chose ?

Il savait pas. Et il avait franchement pas envie d'y réfléchir. De toute façon, depuis genre trois minutes, les fausses déchirures volontaires et pseudo-classes de son jeans noir, au niveau des genoux, étaient soudainement devenues vachement intéressantes ; et le pire dans tout ça, c'était que l'air passait par ces trous de merde, et que des fois il avait froid, mais qu'il continuait à mettre cette fringue-là et pas une autre parce que, quel que soit le magasin où il aille, quel que soit le modèle qu'il essaie, la plupart du temps, y'avait pas moyen de trouver un pantalon à sa taille.

Ça aussi, ça le faisait chier – trop petit, trop mince, voire trop maigre, les hanches trop fines, et impossible de s'habiller un peu comme il le voulait, ou un peu différemment d'un jour à l'autre, il switchait entre les trois seuls pantalons au monde qui devaient bien lui aller et lui plaire en même temps et pour le reste, c'était tant pis. Hors de question de prendre un jeans bleu, même foncé, de toute façon ; c'était noir, fallait du noir, forcément du noir, un peu grunge sur les bords, et il se chargeait lui-même d'acheter les chaînes, comme celle qui pendait à sa gauche, tintant doucement contre le carrelage lorsqu'il bougeait.

En parlant de bouger, justement, y'allait falloir qu'il le fasse un peu – parce qu'au milieu de sa paume à l'index et au majeur cerclés d'anneaux de métal larges et foncés, son iPhone suffisait à lui faire piger que, dans deux minutes, ça allait sonner. Soupirant une nouvelle fois, plus agacé qu'auparavant, il arrangea vite fait ses cheveux de sa main libre et replaça son casque, correctement sur ses deux oreilles, puis se releva et glissa l'appareil dans sa poche ; plus qu'une minute, et enfin Vanitas sortit, comme toujours en premier, pour lui jeter le regard le plus surpris de la Terre.

« T'es pas rentré ? Demanda-t-il, étonné.
– Nan, répondit Roxas, mais il tourna la tête et regarda ailleurs. Je... J'sais pas, j't'ai attendu. »

Et quand il disait qu'il savait pas, il savait vraiment pas ; mais peut-être qu'en fin de compte, c'était pas mal que Vani soit là, qu'il l'ait attendu. Ça l'obligeait pas à rentrer tout seul, comme ça. D'ailleurs, son pote esquissa un sourire un peu satisfait, un peu étrange mais à coup sûr plus normal que les expressions qu'il lui avait montrées la veille, et tous deux se grouillèrent de quitter le bahut, parce qu'après avoir passé une journée dedans, au final, ils avaient juste envie de rentrer.

Restait toutefois une emmerde sur le chemin entre le lycée et l'appartement ; et ça, c'était pas des moindres. Une énième fois, Roxas soupira. Il savait pas quoi faire, bordel. Le parc. Le parc. Plus il avançait, pas après pas, Vani à ses côtés, plus c'était ce même putain de mot qui revenait, l'agressait, tournait dans sa tête et voulait plus s'en casser, plus du tout ; et il savait pas quoi faire. Pas quoi faire. Pas. Quoi. Faire.

Y aller ? Ne pas y aller ? Et si le rouquin une fois de plus n'était pas là ? Mais c'était con, de toute façon, ils s'étaient pas donné rendez-vous, parce que y'aurait jamais de rendez-vous entre eux, jamais jamais jamais, mais en même temps, il pouvait pas s'empêcher de se dire que peut-être, peut-être il serait là, parce que peut-être il voulait lui parler, et que peut-être il s'était dit que si le blond était disponible lundi il viendrait lundi, ou que peut-être son optimisme de merde l'avait poussé à espérer qu'il vienne et-
Même dans sa tête ça voulait plus rien dire.

Cloud lui avait conseillé d'attendre qu'Axel le recontacte mais il allait passer devant le parc et si le roux s'y trouvait il ne saurait pas quoi faire. Vanitas n'en savait rien, ne savait rien, ou du moins ne savait pas tout et ne lui était d'aucune aide sur ce coup-ci. Et au-dessus de sa tête, le ciel peu à peu se teintait de gris, comme il le faisait toujours pour annoncer la pluie.

Et puis, soudain, sans qu'il ne comprenne trop comment, il arriva à hauteur du parc. Près de chez lui, près du lycée, assez loin de chez Vani, et il n'était même pas sûr de piger pourquoi il avait choisi, instinctivement, d'emprunter ce chemin-là, comme si c'était le seul possible, plutôt qu'un autre. Mais c'était trop tard maintenant, de toute façon ; trop tard pour déconner, trop tard pour réfléchir, trop tard, juste trop tard.

Il tourna la tête en direction de l'aire de jeu – et tout se passa trop vite.
Un parapluie rose, une main sur son épaule, une vibration dans sa poche. Ou bien une main sur son épaule, puis le parapluie, et enfin la vibration, bien après ? Il ne savait pas, il n'en savait rien, à vrai dire ; tout ce qu'il captait encore c'était qu'il voyait au loin ce putain de parapluie rose, trop caractéristique d'un certain putain de travelo de merde, et qu'il sentait la paume large de Vani sur son épaule, mais il avait pas l'esprit assez clair pour se demander quelle tronche tirait son meilleur pote ou à quel moment précis son iPhone avait sonné – mais de toute façon, il s'en foutait royalement.

« Ecoute, je suis pas au courant de tout, mais j'ai vu deux-trois messages sur ton portable et... Soit t'y vas pas, et tu coupes les ponts pour de bon, soit t'y vas maintenant, mais j'veux que tu me racontes tout après. »

Ces mots avaient sonné un peu loin à l'esprit de Roxas, mais c'était pas grave – il avait compris, normalement, à peu près, et le message sur son iPhone qu'il lisait et relisait ne disait pas autre chose d'une seconde à l'autre, alors à quoi bon ?

« Tu crois qu'on peut se voir ce soir ? »

Même pas besoin de spécifier une heure, un lieu – et même sans réfléchir, la réponse était oui. Oui. Y'avait des trucs à mettre sur la table, des trucs à expliquer et fallait qu'il y aille, envie ou pas envie ; il en avait besoin, de toute manière.
Alors, Roxas rangea rapidement son iPhone dans la poche de jeans et, sans même répondre à Vanitas, se dirigea vers le parc.

Il se sentait mieux, bizarrement. Juste mieux. Moins angoissé, moins torturé – plus calme, aussi. Comme si tout allait aller, maintenant ; comme si son chemin était tout tracé, déjà, comme s'il n'avait qu'à entrer dans ce parc et à se diriger vers ce parapluie rose pour régler d'un coup tous ses problèmes. Et tant pis si Vanitas restait en arrière, tant pis s'il décidait de rentrer sans lui, parce qu'une fois qu'il serait face à Axel, eh bien, Axel devrait lui dire, lui raconter tout ce qu'il avait à lui raconter, et Roxas jugerait.
Et ça se déroulerait exactement comme cela, de la manière la plus simple du monde, juste parce que le blond l'avait décidé – il en était convaincu.

Le parapluie au loin s'était vachement rapproché, maintenant.
L'adolescent, plus sûr de lui en apparence qu'en vérité, s'était approché aussi, du coup. Et il se sentait comme dans un vieux western, à vrai dire ; prêt à affronter une rencontre inévitable, pas forcément sans danger, prêt à se défendre et prêt à gagner. De toute façon, un travelo, c'était quoi, en fin de compte ? Un garçon, chétif, mince à coup sûr, pas super fort, du moins pas plus que lui, à l'étroit dans des fringues de meuf, et au moindre propos déplacé, à la moindre remarque qui l'emmerderait un peu, Roxas aurait tôt fait de calmer l'autre idiot d'un bon coup de pied dans les parties – et puis voilà.

Restait le fait que Roxas aurait dû sûrement revoir sa définition d'un travelo avant de venir, et se douter peut-être que l'Axel de ses souvenirs ne correspondait pas forcément à celui qu'il aurait face à lui ce jour-là.
Car si l'Axel de ses souvenirs était franchement ridicule, fringué comme une pétasse, trop souriant et à coup sûr trop masculin pour jouer les jolies nanas au coin de la rue, celui d'aujourd'hui n'arborait pas exactement la même tronche de déterré, le même sourire de blonde de film américain, et les mêmes fringues qu'autrefois.

En l'occurrence, Axel, aujourd'hui, c'était jeans délavé et serré, taille basse contre ses hanches pas forcément plus larges que celles de Roxas – et putain, lui qui pestait déjà contre sa taille qu'il trouvait trop mince, mais bordel, c'était possible qu'un mec le batte sur ce point-là, quoi –, longues bottes à talons – mais bordel, c'était possible, de marcher avec des trucs comme ça sans se péter la gueule tous les trois mètres ? –, cache-cœur beige, pendentif discret et ses longs, longs, interminables cheveux rouges qui tombaient, non, retombaient doucement et harmonieusement sur ses épaules minces, trop minces pour être vraiment viriles.
Et force était de l'avouer, si Roxas ne l'avait pas connu de longue date, pour une fois, il se serait volontiers laissé aller à l'appeler Axelle.

« Hé, le travelo ! Appela-t-il au lieu de ça, mais sa voix mourut au bout de ses lèvres et son dernier mot s'envola sitôt qu'il l'eut prononcé. Je... Mais putain, en fin de compte, tu portes vraiment des faux seins ou alors t'es un trans de merde ? »

Aïe.
Sans même oser regarder l'effet qu'avait eu sa réplique cinglante sur le visage du rouquin, Roxas fit un pas en arrière, regarda sur le côté, et sentit au même moment une goutte de pluie s'écraser sur son front. Bordel. Ça allait pas du tout, en fin de compte – dans le genre, vraiment pas du tout. Il venait de prononcer deux des mots les plus tabous de son vocabulaire dans la même phrase et son coeur, son putain de coeur de merde complètement inutile s'était mis à battre la chamade pour n'importe quoi, tout comme une vieille horloge déréglée sonnait l'heure tous les quarts d'heure un nouveau quart d'heure à chaque minute.

Putain. Sur ce coup, il était mal. Et maintenant il attendait une réponse, une réponse qui ne venait pas ; mais impossible, non, impossible de relever la tête, il n'osait pas, il n'en avait pas le courage, il avait peur.

« Roxas, finit par dire Axel, et l'on pouvait sans souci deviner à sa voix à quel point c'était difficile pour lui de dire un truc pareil. J'suis content que tu sois venu, mais... Tu sais, j'ai vraiment envie qu'on se réconcilie. Alors, bah... »

Peur.
Peur dans les entrailles, peur dans les tripes, peur entre les poumons, peur jusque dans le coeur. Et maintenant, il allait dire quoi, cet enfoiré ? Et surtout, lui, lui Roxas, il allait répondre quoi ? Il tremblait, maintenant. Difficilement, il cligna des yeux et releva la tête, mais il ne put se résoudre à regarder Axel droit dans les yeux – son regard restait fixé sur ses mains, ses gestes nerveux, la bordure délicate de ses manches, le parapluie qu'il passait sans cesse d'un côté à l'autre, et tout ce qu'il disait entrait par une oreille pour résonner dans sa boîte crânienne et ne jamais ressortir par l'autre.

« J'vais te raconter un truc, poursuivit l'autre garçon, et l'adolescent put le voir enrouler nerveusement une longue mèche rousse autour de son index. Mais d'abord heu... Je suis vraiment désolé, pour l'autre fois. Et pour toutes les fois où j'ai pu t'embêter sans le vouloir. »

L'embêter ? Ouais, l'emmerder, quoi – mais étrangement, ce choix de vocabulaire précisément parvint à détendre un peu le blond, et il osa redresser la tête, glissant toutefois les mains dans les poches de son jeans, faute de savoir quoi en faire d'autre. Et puis, ces deux dernières phrases étaient sincères ; dans le sens, plus sincères que tout le reste. Non seulement Axel le pensait vraiment, mais en plus ça lui tenait à coeur, ça s'entendait jusque dans le ton posé mais fragile de sa voix ; et ça, que Roxas le veuille bien ou non, ça le toucha.

« Quand on y pense, ça fait un peu bizarre à tout le monde de savoir que... Que j'suis travesti, reprit l'homme en face de lui, mais cette fois il le regardait droit dans les yeux. Surtout quand on connaît mon prénom... »

Le blond acquiesça mentalement mais ne releva pas oralement et laissa Axel continuer. De toute façon, maintenant qu'il était là, autant l'écouter – et puis, il avait comme le pressentiment qu'il allait en apprendre pas mal, cette fois-ci.

« En fait, pour le prénom..., fit alors le roux, mais il était plus hésitant et son camarade, sans même le vouloir, l'interrogea du regard. Bah en fait... C'est ma mère. »

Sa mère ?
L'espace d'une seconde, Roxas pensa à la sienne – et puis il se demanda comment est-ce qu'une mère, une seule pauvre et débile de mère pouvait changer quoi que ce soit dans la vie d'un enfant qui ne le voulait pas, mais son camarade ne lui laissa pas plus le temps de réfléchir et-

« Je t'en prie, s'il te plaît, attends, attends, je... C'est ma mère. C'est compliqué mais... Tu sais, elle va pas très bien, depuis pas mal de temps, et... Elle voulait une fille, elle a toujours voulu une fille, tu comprends ? Et moi je... Je veux pas la décevoir, je veux pas qu'elle me déteste, tu comprends ? Et je peux pas, je peux pas me comporter comme un garçon, parce que de toute façon les filles m'intéressent pas, et... Et tout aurait été tellement mieux si seulement j'avais pu être une fille, tu sais... »

Hein ? Quoi ? Comment ? Mais d'où ? Pourquoi ? Hé !

« Mais de toute manière, le problème va bientôt plus se poser parce que... – il marqua une pause, ferma les yeux, détourna la tête, les rouvrit, ne le regarda pas, évita ses pupilles inquisitrices – Roxas, je vais me faire opérer. D'ici deux mois, je serai vraiment plus un garçon, et- »

Il ne put jamais finir sa phrase – avant même qu'il ne respire, qu'il ne rouvre la bouche, qu'il ne prononce le mot suivant, Roxas l'avait frappé.


8D

Enfin, Axel. Enfin, un semblant de révélation... En fait, il a balancé le gros de son problème, mais je crois que Roxas n'a pas apprécié certains trucs... J'ai envie de dire : merci d'avoir lu et à la semaine prochaine pour ce qui s'annonce comme une bonne grosse dispute =)