Salut tout le monde,

Je reviens vers vous après quelques semaines d'absence dont je m'excuse encore. J'espère que ce chapitre vous plaira, je n'en suis pas tellement satisfaite, mais je pense que tout deviendra plus intéressant par la suite, quand les choses se dérouleront sans que j'aie besoin d'y réfléchir...

Merci pour vos reviews et vos messages qui me font toujours autant plaisir !

Bonne lecture !

Ewi-laan

RAV :

Rihem : Tout d'abord je te remercie pour ton MP mais ne répondrai ici qu'à ta review, tu comprends bien pourquoi. Je te remercie beaucoup pour ta review, je ne pensais pas que l'enterrement de Gideon puisse autant toucher... En tout cas c'est le signe que j'ai fait du bon boulot et je te remercie de me le montrer ! Et on est toutes un peu (beaucoup) jalouses de Léo je crois. J'espère que la suite te plaira ! A très bientôt !

caramail7701 : Haha, je me suis dit que si je vous prévenais pas j'allais recevoir un paquet de mercrenaires chez moi ! Même si tu m'en veux, je vois que ça a fait son petit effet ^^ Merci pour ta review, je pense que ce chapitre (le début en tout cas) devrait te soulager un peu ;)

Criminal-Minds : Merci pour tes reviews ! Contente que la cérémonie t'ait plu, ce sont des passages à ne pas louper, en tant qu'auteur. Ensuite, est-ce qu'on peut parler d'amour, je ne sais pas, la réponse dans ce chapitre ;) Je te remercie encore beaucoup pour tout ce que tu fais pour Lis en Moi !

* x * x * x * x * x * x * x *

Nos lèvres se séparèrent, mais nous demeurâmes immobiles, comme par peur de briser la douce quiétude dans laquelle nous nous étions plongés. Mes pointes de pieds devenant douloureuses, je me remis en appui sur leur plante. Hotch laissa glisser ses mains légèrement plus bas dans mon dos (tout en restant tout à fait courtois), alors qu'au contraire mes mains remontèrent de son torse à son cou. J'appuyai mon front contre son torse, je ne voulais pas que cette paix intérieure, perdue depuis trop longtemps, ne s'évapore à nouveau.

- Léo... J'aime Haley, tu sais, souffla-t-il dans mon oreille.

- Et j'aime Spencer, répondis-je dans un murmure.

Je ne mentais pas, et je savais que Hotch non plus. Il suffisait de voir sa manière de la regarder, de prendre sa main, pour s'en apercevoir. Quant à moi, évidemment que j'aimais Spencer. Et je savais qu'à l'instant ou Hotch romprait tout contact physique entre nous, la culpabilité se jetterait sur moi pour me dévorer. Parce que l'amour que je ressentais pour Spencer n'avait rien à voir avec la tendresse et la tranquillité dans laquelle je m'étais laissée aller.

Hotch m'offrait un sentiment de sécurité, comme une bulle, un refuge, que ne pouvait m'apporter Spencer. A cause de son manque de confiance en lui, sûrement. Avec lui, je pouvais vider mon esprit, me retrouver en paix avec moi-même, sans sombre pensée à ruminer. Cela faisait des mois, peut être même des années, que je ne m'étais pas autant détendue.

Mais tout cela n'avait rien de sentiments amoureux. Et, en mon for intérieur, j'étais persuadée et convaincue que mon patron n'était pas non plus amoureux de moi. La vache, dit comme ça, ça a l'air carrément malsain. Ce que je veux dire, c'est que Hotch aimait profondément sa femme, parce qu'il me le disait, et parce que je le croyais sans l'ombre d'un doute. Il s'éloigna un peu de moi tout en me gardant dans ses bras. Il détacha ses mains de mon dos et, du bout des doigts, me caressa la joue avant de s'éloigner, comme un rêve s'évapore lorsque vous vous réveillez.

Et tout me revint en pleine tête. Spencer, ses regards, ses "Je t'aime", à quel point je l'aimais... Mais étrangement, je ne m'en voulais pas. Le moment que j'avais passé avec Hotch ne relevait pas du domaine de l'amoureux pour moi, je savais que pour lui non plus. Et je faisais confiance à mon supérieur pour garder secret ce qu'il s'était passé. En fait, si je m'en voulais, c'était surtout de ne pas m'en vouloir. Je secouai la tête comme pour chasser ces pensées, et décidai de rejoindre tout le monde à l'intérieur.

Lorsque je regagnai ma place, Spencer posa une main sur ma cuisse et me demanda, l'air un peu inquiet :

- Ca va ?

Je hochai la tête en guise de réponse et il m'adressa un petit sourire que je lui rendis. Je jetais un rapide regard à Hotch qui, le regard vague, berçait Jack sur ses genoux. Le reste de la soirée se déroula sans encombre, et c'est exténuée que je rejoignis seule mon appartement, après avoir assuré à Spencer que oui, j'étais parfaitement capable de tenir le coup toute seule, et que non, je ne voulais pas de compagnie. Je me connectai sur Skype sans vraiment espérer que qui que ce soit soit connecté à cette heure-ci. Je haussai donc le volume à fond afin que, si un de mes amis français passait par là, je puisse lui répondre.

Ma tête tomba lourdement sur mon oreiller et je m'endormis aussitôt.

Une fois encore, ce fût la sonnerie de mon téléphone qui me réveilla. Cela commençait à devenir une habitude. Comme un automate, je tatônnai afin d'attraper mon portable et décrochai d'une voix peu avenante.

- Allô ?
- Léo, on a une affaire, c'est urgent. On décolle dans deux heures, on aura tout le temps de faire un briefing dans l'avion.

J'ouvris la bouche pour répondre mais je fus interrompue par le bip sonore me signifiant que Hotch avait raccroché. Bon sang ça devait être vraiment grave s'il raccrochait aussi sec. Je n'osai même pas imaginer qu'il puisse y avoir pire que ce détraqué de Hampton. Suspendue entre intrigue et apréhension, je préparai ma valise en dix minutes, sautai dans un jean et un chemisier, et sortis de mon appartement sans me retourner.

Une fois arrivée, je me rendis directement au jet, qui était prêt à décoller. J'embarquai d'un pas rapide et faussement assuré. Toute l'équipe était déjà dans l'avion.

- Désolée, j'ai cru que vous aviez dit "dans deux heures".
- C'est ce que j'avais dit, tu es à l'heure.

Je m'assis sans saluer mes collègues, l'atmosphère était emplie d'une sensation d'urgence.

- C'est une affaire très spéciale sur laquelle on va travailler. Interpol a fait appel à nous pour une série d'attentats à la bombe en France, annonça Hotch.

Mon coeur s'arrêta de battre un instant. Spencer serra ma main comme pour me calmer.

- Où en France ?
- Dans tout le pays. On a eu une première attaque à Marseille, dans le Sud Est. La deuxième à Nancy, à plus de 600 kilomètres au Nord. Et la troisième à Rennes, plutôt dans l'Ouest du pays. Ces attaques sont très espacées géographiquement et pourtant très rapprochées dans le temps.
Je notai, soulagée, que ma ville n'avait pas été attaquée.
- Il sont nombreux, déduisit JJ.
- On nous fait venir en France pour des attaques terrorristes ?
- La police ne pense pas que ce sont des attaques terrorristes, à cause du petit nombre de victimes. De plus, les trois attaques ont visé des lieux isolés, qui n'étaient pas symboliques, et n'ont fait en tout et pour tout que 15 victimes. JJ tu fais un point détaillé ?
L'intéressée se leva pour prendre le relai.
- La première attaque a eu lieu il y a deux semaines, à Marseille, en pleine nuit. Un squatt désaffecté. L'explosion n'a fait qu'une victime, un sans domicile qui dormait à l'intérieur.
La deuxième, à Nancy, il y a une semaine, a touché un restaurant. L'explosion a eu lieu après la fin du service, le patron et cinq de ses employés ont été tués.
Enfin la dernière, hier soir, à Rennes, visait une salle de sport peu fréquentée, huit personnes ont été tuées.
- Il y a une escalade dans le nombre de victimes. Nos hommes prennent confiance.
- Mais ils frappent à intervalles réguliers, cela doit signifier quelque chose pour eux.

Notre réflexion fut interrompue par la voix du pilote qui annonçait le décollage. Chacun s'assit à sa place. Mes pensées tourbillonnaient dans ma tête tellement vite que je n'arrivais même pas à les comprendre. Tout ce que je savais c'était que j'espérais de tout mon coeur que ces gars ne frappent pas au hasard, et qu'aucun de mes proches n'allait être tué. Je me rassurais en me disant que pour l'instant, ils ne s'étaient pas approchés de Bordeaux.

Je vis Reid pâlir en voyant le jet décoller, et cela m'arracha un petit sourire attendri. Quand l'avion fût stabilisé, Hotch se leva et me fit signe de le rejoindre dans la "cuisine". Il me laissa passer devant lui et tourna le dos au reste de l'équipe qui lisait attentivement le dossier, afin qu'ils ne puissent pas entendre ou comprendre notre conversation.

- Tu sais, ces gars ont frappé dans tous les coins de la France, sauf...
- Sauf ma région. Je sais.
- Ca veut dire que soit c'est là qu'ils sont basés et ne veulent pas qu'on les trouve, soit...
- Soit c'est leur prochaine cible. Je le sais aussi.
Il y eut quelques instants de silence. Il semblait me croire incroyablement forte, alors qu'en fait je ne réalisai rien. Ces mots n'avaient aucun sens, et leur association ne voulait rien dire.
- Léo, je ne voulais pas que tu travailles sur cette affaire, mais Strauss a insisté en disant que tes origines seraient un atout précieux.
- Je suis parfaitement capable de bosser là dessus. Mon pays est attaqué, mes amis sont en danger, et si je peux les sauver, je veux le faire.
- Tu es plus courageuse que tu ne le crois. Mais ne confonds pas être forte et être seule. Si ça ne va pas, si tu craques... Personne ne t'en voudra. Et je suis là.

J'inspirai comme pour répondre, mais ne trouvai rien à dire. Je hochai la tête en guise de compréhension, et Hotch s'écarta pour me laisser passer. Je regagnai ma place à côté de Spencer et attrapai le dossier qui trônait sur la table.

Tout ça commençait à devenir carrément terrifiant.