Bonsoir !
Deux sentiments dominent ce soir. D'abord, une petite tristesse parce que, ça y est, nous sommes au 25ème et dernier chapitre de TEQCP. C'est passé vite, non ? Rassurez-vous, il reste encore l'épilogue et quelques OS bonus après. Mais malgré tout, je suis un peu triste de me dire qu'on place un premier point final à cette histoire. J'ai eu du mal à me lancer, je remercie encore Lyra de m'avoir poussée, et je ne regrette pas du tout. Vous avez été un lectorat au top du top ! On est pas loin des 300 reviews, d'ailleurs :O Alors merci à vous !
Et après la tristesse, j'ai aussi beaucoup d'impatience. En ce moment j'avance vraiment sur la nouvelle Dramione, j'écris d'autres trucs en parallèle sur d'autres fandoms, je suis plongée sur mon clavier très souvent. Honnêtement, je me régale et j'ai hâte de vous faire découvrir tout ça.
Revenons à TEQCP. Ce chapitre sera tout plein de dramioneries ! J'espère que ça vous fera plaisir. Et sinon, sur ma page Facebook Damelith, j'ai posé une petite question concernant les OS bonus. Je vous donne la possibilité d'en choisir un parmi 4 propositions. Allez voter en commentaire là-bas si le cœur vous en dit !
Bonne lecture !
Réponses aux reviews anonymes :
Pamplelune : Je suis ravie que tu aimes ! Ne te fais pas de soucis pour Pansy, je te promets qu'elle va trouver chaussure à son pied ... ;)
MZabiniMalefoy : Merci encore de me le dire, ça me touche à chaque fois. Je suis contente que le chapitre t'ai plu. Je te laisse avec le dernier chapitre. a rencontre avec Lucius sera pour plus tard :)
Merci à Lyra Muushya pour sa relecture et, encore une fois, pour m'avoir poussée à publier.
Chapitre 25 : Tu es mon millésime, ma plus belle année. Pour ce bonheur en prime que tu m'a donné je suis à jamais ta terre. C'est ça, être père. (Pascal Obispo)
Un bras au-dessus de la tête et le front appuyé sur la vitre, le souffle de Drago créait de la buée sur le verre. Sa patience commençait à frôler les limites qu'il s'autorisait.
La salle d'attente du service obstétricomagique de Sainte Mangouste était noire de monde. Entre les futures mamans impatientes, les grimaçantes, les calmes et les excitées, il y avait Hermione assise sur sa chaise, relaxée et détendue. Drago tourna la tête vers elle, sa tête glissant contre la vitre créant un petit couinement qui fit rire un nouveau-né. Elle était belle. Elle avait les yeux fermés, elle inspirait et expirait lentement, faisant se soulever sa poitrine au rythme de ses respirations. La grossesse la rendait radieuse et épanouie. Ses pommettes étaient naturellement roses et ses cheveux tout bouclés autour de son visage étaient plein d'éclat. Drago avait envie de les embrasser et de s'imprégner de l'odeur de monoï de son shampooing.
Hermione était maintenant enceinte de cinq mois et son ventre était de plus en plus arrondi. Ses mains reposaient d'ailleurs dessus, l'index de sa main droite dessinant dessus de vagues motifs abstraits. Ils n'avaient eu que quelques rendez-vous de contrôle chez l'obstétrimage et l'apprenti sorcier grandissait à merveille. Enfin, Drago nourrissait l'espoir que ce soit un sorcier et non une sorcière, même s'il garantissait à Hermione qu'il n'allait pas l'abandonner si c'était une fille. Mais au fond de lui il préférait un garçon et ne s'en cachait pas. Jusque-là, le mage en charge de la grossesse d'Hermione n'avait pas réussi à identifier le sexe du bébé. Il pratiquait la magie, certes, mais cette dernière avait des limites. En effet, le bébé était tellement agité qu'il avait été dans l'incapacité de dire s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille.
Drago revint s'assoir à sa place à côté d'elle. Il se mit à gigoter sa jambe, signe de son impatience, et il sentit une main se poser sur sa cuisse ainsi qu'un regard sur lui.
« Prends ton mal en patience, chéri. »
« Ça fait deux heures que je prends mon mal en patience, sachant que la patience n'est pas ma vertu première. Non mais qu'est-ce qu'ils foutent là-dedans ? Elle attend des octuplés ou quoi ? »
« Qui sait. » dit-elle en haussant les épaules. « C'est à nous juste après, on n'en aura plus pour longtemps. »
Elle l'embrassa, essayant de calmer un peu son impatience. Drago se détendit nettement sous la pression de ses lèvres, l'odeur de monoï parvenant petit à petit à ses narines. Il chuchota ensuite contre sa bouche.
« De toutes les femmes enceintes de la pièce, c'est toi la plus belle. »
Il vit nettement ses pommettes rosir encore plus. Elle se mordilla même la lèvre inférieure.
« Flatteur. »
« Réaliste. Et puis je couche déjà avec toi, je n'ai aucune raison de te flatter. »
Elle le tapa à l'épaule et il pouffa de rire.
« Miss Granger, monsieur Malefoy ? »
Les deux concernés tournèrent la tête vers l'obstétrimage et se levèrent d'un seul homme. Il les invita à le suivre et ils s'exécutèrent.
Le médecin posa quelques questions à la future maman avant de la laisser s'allonger sur la table d'examen, le futur papa à ses côtés. Drago attrapa la main d'Hermione et riva ses yeux sur son ventre arrondi et dénudé.
« Alors alors, est-ce que ce petit voyou ou cette petite canaille va finir par nous montrer ce que nous voulons voir … »
Le mage, le docteur Julian Marshall, un petit homme rondouillard dégarni très expérimenté, appliqua une crème sur le ventre d'Hermione et agita sa baguette au-dessus en murmurant une formule magique. Une image en noir et blanc apparut dans les airs, mouvante. Drago, qui avait appris des précédents rendez-vous, devina la silhouette de son futur enfant et se mit à sourire quand les battements de son cœur se firent entendre.
« Ah, il ou elle semble moins agité que les fois précédentes. »
L'obstétrimage déplaça la pointe de sa baguette sur le ventre d'Hermione avant de s'arrêter là où, apparemment, cela devenait intéressant.
« Voilà … » chuchota-t-il avant de les regarder tous les deux. « Voulez-vous toujours savoir le sexe de ce bébé ? »
Hermione et Drago échangèrent un regard avant d'hocher la tête dans un mouvement parfaitement synchronisé.
« Alors je peux vous affirmer sans hésitation qu'il s'agit d'un garçon. »
La main de Drago se serra automatiquement sur celle d'Hermione et, s'il avait pu, il aurait entamé une petite danse dans le cabinet pour témoigner de sa joie. Un garçon. Ils allaient avoir un garçon. Il aurait dû parier tous ses gallions, il le savait. Les Malefoy avaient toujours été capables de ne faire que des garçons, cela devait être inscrit dans leur patrimoine génétique, alors il n'y avait aucune raison pour que lui, fasse une fille.
De son côté, Hermione était amusée du comportement de Drago. Pour elle, fille ou garçon cela lui était égal du moment qu'ils avaient un bébé en bonne santé, mais elle savait que Drago espérait vraiment avoir un garçon. Question de transmission d'héritage certainement. Et le voir ainsi contenir sa joie par pudeur, par respect et par éducation la faisait sourire.
Le docteur Marshall leur confirma que le futur bébé était en parfaite santé, tout comme la maman qui le faisait pousser avec brio. Il leur donna les photographies animées de l'échographie et les futurs parents quittèrent la salle d'examen puis le bâtiment. Une fois dehors, Drago laissa exploser toute sa joie.
« Un garçon ! »
Il se tourna vers Hermione, un large sourire peint sur son visage. Il n'y avait aucun doute sur la sincérité de ce sourire. Il transpirait le bonheur par tous les pores de sa peau.
« On va avoir un garçon ! »
Il saisit Hermione dans ses bras, la décolla du sol et la fit tourner dans les airs, déclenchant un éclat de rire cristallin chez la jeune femme. Il la reposa par terre avant qu'elle n'ait la nausée et prit délicatement son visage entre ses mains.
« On va avoir un garçon. » répéta-t-il, les yeux brillants. « Merci. »
Il captura ses lèvres avec un mélange d'amour, de passion et de fièvre, pour lui témoigner toute sa gratitude de lui offrir ce cadeau. Il n'en disait mot mais la paternité était quelque chose d'important pour lui. Il n'avait peut-être pas eu, durant son enfance, la présence d'un père idéal mais il s'était fait la promesse - il y a longtemps déjà - de ne pas suivre le mauvais exemple de son père et de devenir, lui, un modèle pour les futures générations Malefoy.
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Le docteur Marshall avait dit à Hermione qu'elle ne devrait pas tarder à sentir du mouvement dans son ventre. La brune attendait donc avec impatience que son apprenti sorcier témoigne enfin de sa présence par un petit coup ou une galipette.
Ce matin-là Hermione ne donnait pas cours. Elle profitait de la douceur du mois de mai pour flâner dans le parc de Poudlard, le nez en l'air et les yeux presque clos, s'imprégnant des douces odeurs d'arbres en fleurs. Beaucoup de souvenirs de ses années d'études lui revenaient en mémoire et elle se disait que si à l'époque on lui avait dit qu'elle attendrait l'enfant de Drago Malefoy, elle aurait ri au nez de la personne tant cela lui aurait paru inimaginable.
Elle choisit de s'assoir sur un banc de pierre qui faisait face à la cabane du garde-chasse. Hagrid n'occupait plus ce poste depuis quelques années mais elle se plaisait à repenser à cet homme si imposant, si robuste et pourtant si sensible avec qui Harry, Ron et elle avaient partagé de tendres moments.
Mais soudain, une douleur particulière et inhabituelle la fit sortir de sa rêverie. Un tiraillement dans le bas de son ventre la fit grimacer. Ce n'était pas une douleur insupportable mais juste nouvelle. Elle n'en avait jamais eu de similaire jusqu'alors. La crampe se fit ressentir quelques fois avant qu'elle ne se fasse surprendre par quelque chose ressemblant étrangement à un mouvement. Elle se redressa alors d'un coup, étonnée, pensant avoir rêvé, et glissa ses mains sur son ventre rond. La brune n'eut à patienter qu'une ou deux minutes pour que l'agitation dans son ventre ne se manifeste encore. Son bébé bougeait. Mini Malefoy montrait enfin qu'il existait. Elle sentit les larmes de joie poindre dans ses yeux et dut faire un effort surhumain pour les retenir et ne pas passer pour une idiote devant les élèves qui flânaient eux aussi dans le parc.
Cependant, un petit groupe de Serdaigle de septième année composé de quatre filles s'arrêta à sa hauteur.
« Vous allez bien, professeur Granger ? » demanda la seule blonde du groupe qui avait remarqué le trouble de sa professeure.
Hermione hocha la tête, un sourire ému sur les lèvres.
« Je ne pourrais pas aller mieux. »
Les filles lui sourirent avant de reprendre leur balade.
Hermione quitta son banc et prit la direction des cachots. Elle ne devait pas vivre ce moment seule, c'était inconcevable. Lorsqu'elle eut atteint la salle de classe de Drago elle toqua poliment à la porte et elle entendit une voix rauque et autoritaire lui dire sèchement d'entrer. Elle leva les yeux au ciel en se promettant de lui dire, un jour, d'arrêter de jouer au vilain professeur, et ouvrit la porte. Quand elle croisa le regard de Drago, ce dernier fronça les sourcils, étonné de sa présence. Puis il les détendit avant d'afficher une mine contrariée. Si elle venait, ici, dans les cachots, sans attendre de le retrouver au déjeuner, c'était que quelque chose n'allait pas, non ?
« Faîtes chauffer la potion. Lorsqu'elle est verte, vous ajoutez les crochets de serpent jusqu'à ce qu'elle devienne turquoise et ensuite du mucus de véracrasse jusqu'à ce qu'elle devienne rose. »
Drago chargea un Serpentard de superviser la classe pendant qu'il s'éclipsait, tout en spécifiant de ne le déranger que si le cachot était sur le point d'exploser ou de prendre feu. Il sortit de sa salle et poussa un peu la porte pour que les oreilles indiscrètes n'entendent rien de leur conversation.
« Quelque chose ne va pas ? » s'enquit-il juste après lui avoir volé un baiser.
« Tout va parfaitement bien. »
Hermione prit les mains de Drago et vint les poser sur son ventre. Le blond fronça les sourcils, intrigué par son geste, mais écarquilla les yeux quand il sentit du mouvement sous sa main droite. Il déplaça ses deux mains du côté où il venait de sentir bouger et petit à petit, ses lèvres formèrent un sourire radieux.
« Tu … wahou. Depuis quand ? » bredouilla-t-il dans une voix affaiblie par l'émotion.
« À l'instant. Je rêvassais dans le parc et il a tenu à se montrer. Je ne pouvais pas profiter de ce moment seule, il fallait que tu sois là. »
Drago s'accrocha à son regard comme à une bouée de sauvetage. Hermione aurait mis sa baguette à brûler que ses yeux étaient brillants de larmes de joie. Son sourire aurait pu paraître niais à quiconque d'extérieur mais Hermione savait qu'il s'agissait du sourire le plus heureux qui soit. Le plus beau sourire qui lui eut été donné de voir, d'ailleurs. Il était beau comme cela, à sourire, insouciant et heureux. Il courba légèrement le dos pour être plus près de son ventre, ses mains toujours posées dessus, le protégeant comme un objet précieux.
« Salut toi. C'est papa … »
Il sursauta légèrement en sentant un nouveau coup sous ses doigts.
« Ah, dois-je en déduire que tu m'entends ? »
« Il paraît qu'il entend, oui. Et qu'une fois né il reconnaît les voix qu'il a entendues quand il était encore dans mon ventre. »
Le côté Miss-je-sais-tout d'Hermione n'était définitivement pas effacé.
Drago se redressa, passa un bras autour des épaules d'Hermione pour la rapprocher de lui, sa main droite restant irrémédiablement fixée sur son ventre, et embrassa sa tempe.
« Tu es consciente que maintenant qu'il bouge, je ne vais plus te lâcher ? »
« Ça me va, je suis prête à prendre le risque. Ça va faire vingt ans que je te supporte, je ne suis plus à ça près. »
Elle afficha un sourire amusé auquel Drago répondit d'une moue faussement agacée.
« Vingt ans, tu imagines ? La première fois que j'ai posé les yeux sur toi tu avais des dents de castor et des cheveux si emmêlés. Tu avais cet air si innocent qui contrastait avec ton intelligence. Tu m'agaçais, par Salazar. »
« Et la première fois que j'ai posé les yeux sur toi tu avais beaucoup trop de gel dans tes cheveux plaqués en arrière et tu avais toujours le menton relevé … Oui voilà, comme ça, ce petit air hautain et supérieur. »
Drago avait pris son petit air fier de gamin capricieux et prétentieux avant de rire.
« Vingt ans plus tard on est prêts à accueillir un enfant. Un enfant qu'on a fait ensemble en plus. »
« C'est dingue. Mais tu sais quoi ? »
« Hum ? »
« S'il fallait changer quelque chose dans notre histoire, je ne changerais rien. Car je ne suis pas sûre que cela nous mènerait au même point. »
Drago retrouva son sourire candide et heureux.
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Hermione avait mené sa grossesse sans accroc et sans incident, mini Malefoy se révélant être le bébé le plus tranquille de l'histoire de toutes les grossesses de la Terre. Il remuait la journée et se calmait le soir venu, laissant la jeune femme dormir sereinement.
Elle avait également tenu à être de surveillance aux examens de fin d'année, que ce soit aux BUSES ou aux ASPICS. À six mois de grossesse, elle ne pouvait plus cacher son ventre et tout le monde avait fini par comprendre que le père était le professeur de potions.
Pour le plus grand bonheur de la directrice, Hermione avait fait un si bon travail avec ses élèves que tous avaient obtenus de très bons résultats à leurs examens. Lorsque Minerva lui avait demandé si elle souhaitait conserver son poste l'année suivante, Hermione avait refusé à contrecœur. L'expérience avait été un franc succès et, en temps normal, elle l'aurait reconduite. Elle avait adoré partager son savoir, transmettre ses connaissances, aider des élèves et revenir sur les traces de la Hermione de onze ans. Si elle n'avait pas accepté ce poste, sa vie aurait été différente à l'heure actuelle. Mais voilà, son terme étant fixé pour le mois de septembre, elle voulait être opérationnelle pour la venue du bébé et ne pas commencer l'année sans pouvoir la terminer. Elle avait alors pris des heures pour se justifier, essayant par-là de se convaincre elle-même que non, refuser ce poste pour se consacrer à son enfant n'était pas une faiblesse ni une acceptation à se laisser entretenir par un compagnon fortuné.
Elle avait alors promis à Minerva de revenir l'année suivante, une fois que mini Malefoy serait plus grand.
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Le mois de juillet avait été chaud en Grande-Bretagne. Du moins, pour Hermione. Avec ses presque dix kilos en plus, elle ressentait encore plus la chaleur que tout le monde.
Elle avait causé une frayeur à tout son entourage quand, à la fin du mois de juillet alors qu'ils étaient réunis pour l'anniversaire de Harry, elle avait eu de fortes douleurs semblables à des contractions. Drago l'avait alors rapidement emmenée à Sainte Mangouste, d'où ils étaient revenus bredouilles car c'était une fausse alerte.
Hermione s'était alors affalée dans une chaise de jardin sur la terrasse du 12 Square Grimmaurd, en poussant un lourd soupir.
« Ce n'est pas aujourd'hui qu'il va se pointer. » souffla-t-elle.
« En même temps le terme n'est prévu que pour dans un mois et demi. » dit Drago en servant deux verres d'eau fraîche.
« Pour James j'ai accouché avec un mois d'avance. » intervint Ginny. « Et regardez-le. »
Tous regardèrent James qui jouait dans le jardin avec son balai-jouet, suivi par son frère qui pleurnichait, voulant lui aussi s'amuser avec.
« Moi aussi je suis un enfant prématuré mais ce n'est pas une raison pour que mon fils suive l'exemple. »
« Aah mais tout s'explique alors ! » se moqua Harry, hilare, alors que Drago se vengeait en lui jetant une bougie dessus.
« Ferme-là, Saint Potter. Ce n'est pas parce que c'est ton anniversaire que tout t'est permis ! »
Le ton autoritaire et froid était contré par le sourire amusé que Drago affichait.
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Les futurs parents avaient passé presque la totalité du mois d'août dans la maison de vacances que Drago possédait en bord de Manche. Hermione avait passé toutes ses journées en maillot de bain tant elle avait chaud. Malgré tout, l'air marin vivifiant lui faisait le plus grand bien et lorsqu'elle avait trop chaud, elle piquait une tête.
Ils étaient ensuite rentrés à Pré-Au-Lard à la fin du mois pour que Drago ait quelques jours tranquilles pour préparer sa rentrée et ses cours.
Hermione ouvrit toutes les fenêtres du salon, espérant créer un petit courant d'air qui l'aiderait à respirer convenablement et à ne pas suffoquer.
« On était tellement mieux en bord de mer … Toi qui répètes sans arrêt que tu pourrais ne pas travailler tant tu as de l'argent, tu ne crois pas que c'est le moment d'abandonner ton poste et que nous fuyions pour nous installer, je ne sais pas, en Finlande par exemple ? Ou en Islande, tiens. Je suis sûre que tu trouverais un poste de potionniste ou d'apothicaire à Reykjavik. »
Drago leva lentement les yeux du parchemin qu'il écrivait et la dévisagea.
« A condition qu'on n'emmène personne avec nous. »
« Personne ? »
« Personne. »
« C'est une mauvaise idée alors. »
Hermione passa ses mains sur son ventre et sourit quand mini Malefoy donna un petit coup. Elle ne s'en lasserait jamais. Ce bébé était déjà très taquin, s'amusant à lui répondre quand elle tapotait son ventre, comme pour lui signifier qu'il allait bien.
La jeune femme laissa la fenêtre ouverte et rejoignit Drago. Elle lui prit sa plume de la main et le fit se décaler légèrement pour qu'elle puisse prendre place sur ses cuisses. Elle glissa tendrement ses bras autour de son cou avant d'embrasser ses cheveux.
« Tu ne crois pas qu'il faudrait qu'on réfléchisse à un prénom ? » proposa Hermione. « Parce que, nous connaissant, ça va prendre des jours avant qu'on arrive à se mettre d'accord. »
« Ça serait nettement plus facile si tu n'avais pas des goûts douteux. »
« Je te demande pardon ? » s'offusqua la brune en se redressant.
« Qui appelle son chat Pattenrond ? »
Elle lui tapa l'arrière de la tête tandis qu'il se moquait d'elle en riant. Il l'enserra à la taille pour la forcer à venir se rassoir sur lui.
« J'aimerais juste que l'on respecte quelque chose, après je serai totalement ouvert d'esprit je te le promets. »
« Dis-moi. »
Elle s'amusa distraitement avec une petite mèche blonde et elle le sentit clairement ronronner sous ses gestes.
« Dans ma famille il y a comme une tradition, celle d'appeler les enfants selon des étoiles ou des constellations. Personne n'a dérogé à la règle depuis très longtemps et j'aimerais perpétuer la tradition. C'est important, je trouve. Les valeurs familiales des Black et des Malefoy peuvent être contestables parfois mais il y a des choses, comme celle-là, que j'aimerais conserver. »
Touchée par le respect envers sa famille dont faisait preuve Drago, Hermione glissa sa main sur sa joue pour attraper ses lèvres et l'embrasser doucement, son autre main caressant la racine de ses cheveux au niveau de sa nuque.
« On peut garder cette tradition avec plaisir. » chuchota-t-elle contre sa bouche.
Elle le sentit sourire grandement avant de se faire embrasser avec plus de ferveur.
« Merci. »
« C'est normal. Tu as des traditions familiales et c'est tout à ton honneur de vouloir les respecter. »
« Il y a d'autres traditions qu'on évitera, par contre, si on ne veut pas que cet enfant devienne une nouvelle version de moi quand j'étais gosse. »
« Non, merci. Grandir avec un Malefoy m'a suffi, j'aimerais en élever un correctement si tu n'y vois pas d'inconvénient. »
Elle gloussa alors que Drago vint se venger avec des chatouilles sur ses côtes. Hermione se mit à rire aux éclats, un rire naturel et spontané qui venait résonner contre les murs de la pièce. Le blond mit fin au supplice quand elle le pria d'arrêter en lui disant qu'elle avait constamment envie de faire pipi et que c'était dangereux de la chatouiller ainsi si longtemps.
Hermione essuya une petite larme qui perlait au coin de son œil avant de lâcher sa tête contre l'épaule de Drago.
« Et donc, as-tu pensé à un prénom dans cette lignée ? »
« Je n'y ai pas vraiment réfléchi. » avoua Drago.
Les idées un peu farfelues d'Hermione se mêlèrent à celles plus réfléchies et raisonnables de Drago, avant qu'ils ne finissent par se mettre d'accord sur un prénom. Lorsque Drago l'avait évoqué sans y croire vraiment, Hermione avait arrêté tout mouvement et toute réflexion.
Son fils s'appellerait ainsi.
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Depuis le premier jour du mois de septembre, Drago se réveillait en se disant que peut-être, son fils allait naître aujourd'hui. Chaque matin il se levait le premier, préparait le petit-déjeuner et attendait qu'Hermione se lève pour lui demander comment elle se sentait et ce lundi treize septembre ne dérogeait pas.
La tête plongée dans sa tasse de café, il émergeait tout doucement. Le bruit des pas d'Hermione dans l'escalier puis la sensation de ses lèvres chaudes dans sa nuque terminèrent de le sortir de sa brume matinale.
« Tu sais quel jour on est ? » marmonna-t-il dans un bâillement
« Lundi. »
« Mais encore … »
« Le treize, je crois. Non ? »
Elle s'installa en face de lui à table et porta à ses lèvres sa tasse de thé avant de tartiner des toasts de confiture.
« Tout à fait. Et … ? »
« J'ai l'impression que tu essayes de me faire passer un message ou que je dois me souvenir de quelque chose. »
Drago la regarda d'un air blasé. Était-elle réellement à ce point à côté de ses pompes ? Il savait que la fin de grossesse la fatiguait énormément mais au point de ne pas se souvenir de ça …
« Tu me désespères, parfois. Le terme de la grossesse. C'est aujourd'hui. »
Il la vit écarquiller les yeux aussitôt en rougissant légèrement, comme honteuse d'avoir oublié une telle chose.
« Oh … Oui, c'est vrai. » souffla-t-elle en posant ses mains sur son ventre, au paroxysme de la grosseur comme elle le disait. « Mais à mon avis je n'accoucherai pas aujourd'hui. Il n'est pas du tout agité et je ne ressens aucune douleur particulière. »
Le blond fut un peu déçu. Il attendait ce jour avec impatience et pensait réellement que son petit blond arriverait aujourd'hui. Il haussa nonchalamment les épaules.
« De toute façon, McGonagall est prévenue. À la moindre inquiétude tu m'envoies un patronus et je serai là. »
Hermione sourit alors tendrement. Le même sourire que lorsqu'elle le regardait dormir ou préparer des potions. Le sourire de l'admiration et de l'amour.
« Ne te fais pas de soucis, Drago, tu ne manqueras rien. »
Elle tendit sa main vers lui et il la saisit, glissant ses doigts entre les siens.
« J'espère, sinon je m'en voudrais. »
« Il n'y a aucune raison que tu loupes quoi que ce soit. Mais en attendant tu devrais te dépêcher, tu as cours dans vingt minutes et tu n'es même pas habillé. »
Drago embrassa ses doigts avant de terminer son café d'une traite. Une fois prêt, il prit tout de même le temps d'embrasser Hermione comme si c'était la dernière fois qu'il le faisait, et de s'accroupir devant son ventre.
« Hey, mini Malefoy, si jamais l'envie te prend de te pointer aujourd'hui comme c'est prévu, aies au moins la délicatesse de le faire ce soir quand je serai rentré du travail. »
Ses mains de chaque côté de son ventre, il l'embrassa au-dessus du nombril avant de se relever.
« Fais attention à toi. À ce soir. »
« Ça ira. Je vais déjeuner avec Harry sur le Chemin de Traverse ce midi, il est seul avec les enfants. »
« Le Chemin de Traverse ? » s'inquiéta soudainement Drago, soucieux de la savoir loin de lui si proche de la date butoir.
« Ça te pose un problème ? » dit-elle en glissant ses doigts dans ses cheveux.
La traîtresse. Elle savait qu'il ne répondait plus de rien lorsqu'elle touchait à sa crinière. Il lâcha un soupir presque résigné avant d'ancrer son regard dans le sien. Ses yeux chocolat pétillaient de joie de vivre, elle était radieuse.
« C'est loin … le Chemin de Traverse. Si jamais tu as un problème, ce sera plus long pour ton patronus d'arriver à moi. »
« Si tu essaies de me dire qu'il va falloir que je reste enfermée jusqu'à ce que ton héritier décide de se pointer, c'est mort, Malefoy. Oublie. »
Il grimaça à l'emploi du nom de famille. C'est vrai qu'ils l'employaient respectivement de temps en temps, pour taquiner l'autre ou pendant une dispute. Mais il n'aimait pas trop ça.
Il glissa derrière son oreille une mèche de cheveux qui s'était échappée de sa queue de cheval.
« Bon, puisque tu n'es pas d'accord pour la séquestration je vais devoir te laisser faire ce que tu veux. Les femmes et leur indépendance … On n'aurait jamais dû vous la donner. »
Elle exprima son mécontentement en le frappant à l'épaule.
Amusé, il l'embrassa une dernière fois avant de quitter leur maison pour rejoindre Poudlard.
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« Qui peut me dire à quoi sert le Polynectar ? »
Quelques élèves levèrent la main pour répondre à la question de leur professeur de potions et Drago prit un malin plaisir à interroger une Poufsouffle qui n'avait rien demandé à personne et qui essayait de se faire oublier au fond de la classe.
« Stenson, je vous écoute. »
La jeune fille, timide, les cheveux blonds coupés au carré, tremblotante, déglutit péniblement. Drago s'amusa de cette panique qui s'emparait d'elle avant d'être plus indulgent et d'interroger la Miss-je-sais-tout de Serdaigle.
« Le Polynectar est une potion qui permet à un sorcier ou une sorcière de prendre temporairement l'apparence d'un autre être humain. » récita-t-elle d'un ton solennel.
« Bien. Cinq points pour Serdaigle. Quelqu'un connait la durée de la préparation de cette potion ? »
La Miss-je-sais-tout de Serdaigle leva la main à la vitesse d'un boulet de canon mais Drago donna sa chance à quelqu'un d'autre.
« Un mois ? Je crois. » tenta le Poufsouffle interrogé.
Drago hocha la tête en attribuant cinq points à la maison des jaunes et noirs.
« Tout à fait. Il faut un mois pour la réaliser et la préparation est très complexe. Prenez une plume, un parchemin et notez. »
Quand les élèves furent tous équipé d'une plume, Drago se mit à dicter la longue liste d'ingrédients nécessaires pour la réalisation du Polynectar. Il allait attaquer la dictée des différentes étapes de préparation de la potion quand un élégant cerf argenté fit irruption dans les cachots, faisant sursauter tout le monde.
Le patronus de Potter.
Le cerf délivra son message et Drago blêmit dans l'instant. Il fallait qu'il rassemble ses pensées, sa rationalité et qu'il ne panique pas.
« Je … hum. Je vais devoir m'absenter. Une urgence. Miss Hale, allez chercher le professeur McGonagall et dîtes-lui que j'ai dû partir pour l'urgence dont elle est au courant. Teddy. »
Le susnommé bondit presque de sa chaise, étonné de l'emploi de son surnom devant toute la classe mais vu l'urgence, il se dit que Drago devait avoir d'autres fléreurs à fouetter que de s'attarder à être condescendant et hautain.
« Tu surveilles la classe en entendant la directrice et … putain. Je vais être papa. »
L'adrénaline monta en flèche en lui pour se répartir dans tout son corps. Les élèves se mirent à parler entre eux avec une joie communicative. S'agissant d'élèves de deuxième année ils connaissaient l'idylle entre leur professeur de potions et leur ancienne professeure de sortilèges.
Drago n'attendit pas que le professeur McGonagall soit là. Il attrapa sa cape au vol et fila à toute allure jusqu'à l'aire de transplanage du grand hall avant de focaliser son esprit sur Sainte Mangouste.
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Le travail avait duré presque cinq heures.
Cinq interminables heures durant lesquelles Drago se répétait qu'il aurait préféré se faire de nouveau attaquer par un hippogriffe insolent plutôt que de subir les assauts répétés d'Hermione sur sa main à chaque contraction et à chaque poussée. Elle avait beau être petite, elle avait de la force c'était indéniable.
Mais elle avait été si courageuse. Et toutes les douleurs s'envolèrent lorsque le docteur Marshall déposa sur la poitrine d'Hermione un tout petit bébé d'une cinquantaine de centimètres avec un fin duvet blond sur le sommet de la tête.
Drago serrait les dents, faisant rouler ses lèvres entre celles-ci pour ne pas se laisser dépasser ses émotions. Quand il vit Hermione lâcher prise et pleurer de joie tout en caressant fébrilement la joue de cette petite créature qui ne faisait pourtant que pleurer, Drago oublia tout principe qui disait qu'un Malefoy ne montrait pas ses émotions et ne pleurait pas. Oh ce n'était pas un torrent de larmes, seulement une qui quitta son œil gauche pour rouler sur sa joue.
Il approcha doucement sa phalange de la joue de son fils et sa caresse sembla l'apaiser puisque ses pleurs s'atténuèrent.
« Salut fiston … » souffla-t-il à son fils qui gardait obstinément les paupières closes.
Le jeune homme embrassa Hermione sur le front. Elle était toute transpirante, elle avait le visage rougi par l'effort, ses boucles brunes collaient à son front mais il ne l'avait pourtant jamais trouvée aussi belle.
« Tu as été formidable. »
« Désolée … » murmura-t-elle en faisant un signe de la tête vers sa main. « Pour ta main. J'y suis peut-être allée un peu fort. »
« Peu importe, c'est déjà oublié. »
Il pressa ses lèvres contre les siennes. Le baiser était à la fois doux mais empreint d'une passion qui signifiait que c'était le début de quelque chose de nouveau.
La sage-mage qui avait assisté le docteur Marshall pendant l'accouchement leur enleva leur petit garçon quelques minutes le temps de faire quelques tests, de le nettoyer et de l'habiller d'un pyjama bleu nuit avec des étoiles dorées brodées sur le ventre.
« Alors, comment s'appelle cette petite merveille ? » demanda la sage-mage en déposant à nouveau le bébé dans les bras d'Hermione.
La brune leva les yeux vers Drago. Le blond hocha la tête, ils n'avaient parfois besoin que d'un regard ou d'un sourire pour se comprendre.
« Hélios. Hélios Malefoy. »
Drago eut un petit mouvement de surprise. Avait-il bien entendu ?
« Mais … On avait dit Malefoy Granger, non ? La dispute à ce sujet m'a suffisamment grillé les neurones pour que je m'en souvienne. »
Hermione avait tenu à ce que ce bébé porte aussi son nom. « Après tout, tu ne t'y es pas mis seul pour le faire ! » avait-elle ronchonné pendant des heures. Drago avait finalement capitulé.
« J'ai réfléchi. Hélios Malefoy c'est parfait. »
Un sourire s'étira sur les lèvres de Drago. Hélios Malefoy. Son fils, son héritier, sa descendance, son mini Malefoy, son indiscutable petit blond.
« Alors bienvenu parmi nous, Hélios. »
Comme dirait Jean-Louis Aubert, " voilà, c'est fini ". On dit un premier au revoir à cette histoire.
C'est un au revoir, pas un adieu, puisque l'épilogue et les bonus arrivent, comme je vous le disais plus haut. Mais quand même, ça fait bizarre.
J'espère que ça vous a plu. On se donne rendez-vous mercredi prochain pour l'épilogue ? N'oubliez pas d'aller voter sur ma page Facebook pour l'OS bonus que vous souhaiteriez lire !
Du love pour vous !
