Bonjour tout le monde,

Voici le 25ème chapitre et comme promis, grande révélation aujourd'hui. Cette révélation conditionnera la suite de l'histoire et la relation entre Dean et Castiel.

Mais je vous laisse en prendre connaissance.

Merci de m'écrire et de me lire

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Victim d'Avenged Sevenfold

Chapitre 25 : Révélations

« Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance, la mort ... »

Jean Christophe Grangé

Castiel ne connaissait que quelques uns des hommes et femmes avec lesquels Adam avait servis. Il en avait croisé beaucoup lors de son enterrement mais la plupart ne connaissaient pas la nature exacte de sa relation avec le jeune homme. Ils avaient toujours voulu rester discret sur leur amour. L'armée n'était pas un endroit où l'homosexualité était encouragée ou même tolérée. Beaucoup des personnes qui y servaient continuaient de désapprouver les couples de même sexe. Adam n'aimait pas l'idée de se cacher mais il ne voulait pas non plus compromettre sa carrière. Castiel avait été du même avis que lui.

Les rares personnes à avoir été mises au courant étaient les amis les plus proches d'Adam. Ils étaient trois seulement. Tous avaient servis avec le jeune soldat durant de longues périodes.

Le premier était Joshua Gards. Adam l'avait rencontré au tout début de sa carrière. Il était bien plus âgé que lui et l'avait aussitôt pris son aile. Joshua était quelqu'un de calme et de posé. Quelqu'un d'extrêmement tolérant. Les soldats les plus gradés le consultaient régulièrement quand ils avaient un doute sur leurs décisions. Certains disaient en plaisantant qu'il était dans le secret des Dieux. Il était même connu pour être celui vers qui le Major qui dirigeait la caserne où Adam se trouvait se tournait. Il ne ressemblait pas réellement un soldat et n'avait pas le profil de quelqu'un qui s'était battu un jour. Il avait pourtant un dossier exemplaire et s'il n'était plus vraiment sur le terrain à présent, il n'en était pas moins un de ses meilleurs soldats. Adam s'était lié d'amitié avec lui en parlant de jardinage et de leur passion commune pour la botanique. Joshua avait deviné qu'Adam était gay sans même qu'il ait besoin de le lui dire. Et il l'avait encouragé à ne pas se cacher. Il lui avait conseillé de vivre pleinement son histoire d'amour avec Castiel. Ce dernier l'avait rencontré à deux reprises et avait été impressionné par l'immense tolérance dont il faisait preuve. C'était pourtant quelqu'un de très religieux et d'extrêmement pieux. Il était paradoxal.

La deuxième personne était Rachel Evans. Elle avait servi à côté d'Adam dans beaucoup de leurs déploiements. Elle pouvait sembler stricte et bornée mais elle était quelqu'un de bien. Adam avait longuement hésité à se confier à elle. Mais après un appel passé à Castiel lors d'une opération en Irak, il avait ressenti le besoin de parler de la difficulté d'être loin de l'homme qu'il aimait. Rachel l'avait surpris en acceptant son homosexualité sans même poser la moindre question. Elle avait elle même connu l'intolérance et le jugement des autres. Quand elle était encore adolescente, elle était tombée enceinte et avait choisi d'élever seule sa fille à seulement quinze ans. Les gens l'avaient montrée du doigt. Ils l'avaient rejetée et elle avait longtemps été la risée du village où elle avait grandi. Adam s'était alors lié d'amitié avec elle. Castiel également quand ils s'étaient rencontrés à leur retour. Elle était drôle et sensible. Elle n'avait jamais parlé à qui que ce soit du secret d'Adam. Elle avait été une amie pour lui et avait énormément souffert de sa mort. Elle avait quitté l'armée après son accident pour s'occuper de sa fille. Ce qui était arrivé à Adam lui avait de toute évidence fait prendre conscience de ce qui comptait réellement dans la vie. Castiel avait parfois des nouvelles d'elle mais il ne l'avait plus vue depuis son enterrement.

Le dernier soldat qu'Adam avait mis dans la confidence était Gabriel Tricks. Castiel ne savait pas trop quoi penser de lui. Il ne ressemblait en rien à un soldat. Il était étrange et parfois totalement déstabilisant. Il avait réussi étonnamment à gravir les échelons dans l'armée alors même que son dossier regorgeait de faits que la police militaire aurait du sanctionner sévèrement. Il était connu pour avoir jouer des tours à la plupart des gradés de son escouade. Certains s'en étaient plaints mais Gabriel avait continué à mener une carrière brillante. Adam s'était retrouvé sous ses ordres peu de temps avant sa blessure. Il avait souvent dit à Castiel qu'il avait peur de servir avec lui. Il ne lui faisait pas forcément confiance pour savoir ce qu'il faisait. Il plaisantait toujours même dans les situations les plus graves et ne semblait rien prendre au sérieux. Mais il était brillant. Extrêmement brillant. Adam avait fini par le comprendre. Et il était extrêmement protecteur envers les hommes qui servaient sous ses ordres. Ca avait été évident le jour où il avait fait payer à l'un de ses hommes les remarques homophobes qu'il avait faites à Adam. Ce n'était qu'une plaisanterie de mauvais goût mais le jeune soldat en avait beaucoup souffert. Il refusait de croire que les gens pouvaient être aussi mauvais. Qu'ils pouvaient se montrer cruel quand on était différent. Il avait été confronté à la dure réalité le jour où l'un de ses camarades avait évoqué son homosexualité sans même savoir qu'il était gay. Quand il s'était moqué de lui en tenant des propos extrêmement insultants. Gabriel l'avait entendu et s'était chargé de le lui faire payer sans même consulter Adam. Il lui avait alors mené la vie dure. Castiel se souvenait notamment que son petit ami lui avait raconté comment Gabriel avait aspergé tous les vêtements de cet homme de poil à gratter. C'était enfantin mais cela avait rendu cet imbécile complètement fou. Après deux semaines passées à éviter chacun des pièges que Gabriel lui avait tendu, il avait fini par demander son transfert. Adam avait alors confronté son supérieur pour lui demander s'il en était responsable. Gabriel n'avait rien admis mais il était évident qu'il était l'auteur de chacune de ses « plaisanteries ». Ils étaient alors devenus amis. Castiel ne l'avait rencontré que rarement. Il ne savait pas comment se comporter avec lui et était toujours mal à l'aise en sa présence. A la mort d'Adam, il avait été content de le voir à l'enterrement. Il avait lui aussi quitté l'armée le lendemain. Personne n'avait eu de ses nouvelles depuis.

Castiel savait qu'il pouvait compter sur ses trois personnes si toutefois il en avait besoin. Elles avaient été claires à ce sujet après la mort d'Adam. Mais il n'avait jamais fait appel à eux. Il n'aurait pas pu se confier à eux facilement. Ils n'étaient pas réellement amis. Ils n'avaient pas eu le temps de le devenir.

Il ne s'attendait pas non plus à ce que l'un d'entre eux le contacte pour prendre de ses nouvelles. Joshua servait toujours. Rachel vivait à l'autre bout du pays et Gabriel semblait avoir disparu de la surface de la Terre. C'était sans nul doute mieux ainsi. Ils faisaient partis de la vie d'Adam et ils rappelleraient sans nul doute bien trop au jeune docteur l'homme qu'il avait perdu.

Ce fut d'ailleurs ce qui expliqua son immense surprise quand il reçut un soir un message de Gabriel lui demandant s'il pouvait passer le voir le lendemain. Castiel avait cru pendant un long moment que l'ancien camarade d'Adam s'était trompé de numéro. Il ne savait même pas comment il avait pu avoir ses coordonnées. Il accepta toutefois de le voir. Gabriel était quelqu'un de bien et il ne doutait pas une seconde de son attachement à Adam.

Comme convenu, l'ancien soldat se présenta à l'appartement de Castiel à onze heures le lendemain matin. Il avait le visage fermé et le jeune docteur comprit dès qu'il lui ouvrit la porte qu'il n'était pas venu uniquement pour prendre de ses nouvelles. Il était là pour lui dire quelque chose d'important.

Castiel le fit entrer après l'avoir salué puis l'invita à s'installer à la table de la cuisine. Gabriel accepta le café qu'il lui proposa et le sucra très largement. Castiel prit place en face de lui avec une tasse de thé. Ils ne dirent rien pendant de longues secondes, la tension devenant rapidement palpable dans l'air. Gabriel avait toujours été quelqu'un d'enjoué et de joyeux. Trop si Castiel en croyait ce qu'Adam lui disait. Mais c'était également l'une de ses qualités. Rien ne semblait jamais l'atteindre et il voyait toujours le côté positif des choses. C'était un point qu'il avait en commun avec le jeune soldat.

Castiel trouvait cela totalement surréaliste de l'avoir dans son appartement, dans sa cuisine alors qu'ils n'avaient échangé que quelques mots du vivant d'Adam. Mais il avait la sensation qu'il était venu pour une bonne raison et il avait besoin de savoir laquelle.

- J'aurais du prendre de tes nouvelles durant ces cinq années … je suis désolé, confia finalement Gabriel en levant le nez de sa tasse.

Castiel fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Il ne voyait pas pourquoi l'ancien camarade et supérieur d'Adam se sentait coupable de ne pas l'avoir appelé. Il ne lui devait rien. Ils n'étaient pas amis.

- Je ne sais pas si Adam te l'avait dit mais il m'avait demandé de veiller sur toi. C'est quelque chose qu'on fait souvent quand on est soldat. On sait qu'on peut mourir à n'importe quel moment et qu'on laisserait des gens détruits derrière nous. C'est réconfortant d'avoir la certitude que quelqu'un sera là pour eux si nécessaire. J'en avais fait de même pour ma petite amie Kali. Adam m'avait promis de veiller sur elle s'il m'arrivait quelque chose. Je sais qu'il l'aurait fait et cela me fait me sentir encore plus mal de ne pas avoir été là pour toi.

Adam n'avait effectivement jamais rien dit de tout cela à Castiel. Il pouvait comprendre que son petit ami ait fait jurer à Gabriel de garder un œil sur lui. Même s'il ne jugeait pas cela nécessaire. Il avait des amis et ils étaient plus à même de l'aider. Ils l'avaient fait d'ailleurs. Il finit par hocher la tête.

- Je sais que sa mort n'a pas été facile à supporter pour toi … pour vous tous d'ailleurs. Et je ne t'en veux pas, assura t-il pour rassurer Gabriel.

Ce dernier hocha la tête puis remis une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Ils avaient considérablement poussé depuis qu'il avait quitté l'armée. Ils encadraient à présent son visage et lui donnaient l'air d'un adolescent attardé même s'il avait presque quarante ans.

- Adam était comme un petit frère pour moi. Je l'aimais vraiment beaucoup. J'étais là quand … quand c'est arrivé. C'est moi qui lui ait apporté les premiers secours. Je suis désolé de ne pas avoir pu en faire plus.

Castiel ne lui en voulait pas non plus pour ça. Les blessures de son petit ami étaient trop importantes. Son bras était quasiment arraché après l'explosion. Gabriel n'aurait rien pu faire pour l'aider. Il l'avait maintenu en vie jusqu'à l'arrivée des secours. Il n'avait aucune raison de s'en vouloir. L'amputation était inévitable.

- J'aurais du être là après aussi. J'étais son supérieur et il était sous ma responsabilité. J'aurais du pouvoir le protéger. J'aurais du être à sa place.

Castiel n'aimait pas ce qu'il entendait. Il comprenait ce que Gabriel ressentait mais ce qu'il lui disait le mettait mal à l'aise. Cela faisait écho à ce qu'il vivait depuis cinq ans. Il faisait de son mieux pour oublier sa propre culpabilité et il avait du mal à accepter celle des autres. Il était persuadé que Gabriel n'aurait rien pu faire pour son petit ami. Sa présence constante à son chevet n'aurait rien changé. Adam était déterminé à mourir et personne n'aurait pu le convaincre du contraire.

- Ce n'est pas de ta faute … ce n'est pas de la mienne non plus et ce n'est certainement pas de celle d'Adam. Ce qui s'est passé est … c'est terrible mais toi et moi savons que nous n'aurions pas pu le sauver, expliqua t-il alors que sa gorge le brûlait et semblait sur le point de se nouer.

Depuis la mort d'Adam cinq ans plus tôt, il pensait à lui chaque jour. A chaque seconde, chaque minute de la journée, il se souvenait de l'homme qu'il aimait. Mais jamais avant il n'avait autant parlé de lui en aussi peu de temps. L'évoquer avec Dean et Sam l'avait épuisé. Il aurait aimé pouvoir ne plus l'évoquer pendant quelques temps. La venue de Gabriel avait bouleversé tous ses plans.

- Après ce qui lui est arrivé, je ne pouvais pas retourner là bas … je ne pouvais plus servir l'armée. J'étais … je ne voyais plus vraiment de raisons de me battre. La guerre nous arrache toujours les personnes que nous aimons le plus et je savais que je ne pourrais jamais survivre à une deuxième perte comme celle d'Adam. Rachel était du même avis que moi.

- Tu as des nouvelles d'elle ? Demanda Castiel, pour changer de sujet.

Gabriel fit tourner sa tasse de café entre ses mains durant quelques secondes avant de répondre.

- Je sais qu'elle va bien et sa fille aussi. Elle vit en Floride aujourd'hui. Elle a un travail et elle a retrouvé une vie normale. Je ne lui ai pas reparlé mais je ressentais le besoin de vérifier que tout se passait bien pour elle.

Castiel ne savait pas grand chose de Gabriel et il était surpris de voir à quel point il tenait aux personnes qui avaient servi sous ses ordres. Il savait qu'Adam et lui étaient amis mais il avait à présent la certitude qu'il avait de l'affection pour chacune des personnes qu'il avait rencontrées à l'armée. Son petit ami avait eu raison de penser qu'il était quelqu'un de bien. Castiel ne doutait pas une seconde qu'il ferait n'importe quoi pour lui s'il le lui demandait. Mais il ne comprenait pas pour autant la raison de sa venue chez lui. Peut être était il juste venu pour s'excuser et s'assurer que Castiel avait repris pieds.

- Et toi ? Comment vas tu ? Ressentit il alors le besoin de demander.

Gabriel but une gorgée de son café avant de secouer la tête.

- Pas vraiment bien comme tu dois l'avoir deviné. Quand j'ai quitté l'armée, je suis rentré chez moi auprès de Kali mais … j'étais devenu quelqu'un de différent et elle n'a pas … je ne crois pas qu'elle me reconnaissait. Je ne lui en veux pas. Elle a fini par me quitter pour un de ses collègues de travail. Un certain Baldur quelque chose … je ne suis plus vraiment sûr.

- Je suis désolé de l'entendre, assura Castiel.

Il l'était réellement. Il savait que la mort d'Adam avait bouleversé beaucoup de personnes en plus de lui. Il avait juste ignoré à quel point. C'était quelque part réconfortant. Il aimait l'idée que son petit ami avait réellement compté pour ces gens. Même s'il savait qu'il aurait été dévasté de les voir aussi malheureux à cause de lui.

- Merci Castiel … c'est gentil à toi de me le dire mais ce n'est pas pour ça que je suis là, déclara alors Gabriel d'un air sérieux.

Ca ne collait pas à la personne qu'Adam lui avait décrite et il était totalement déstabilisé. Il hésita à demander à Gabriel de se taire. Il savait qu'il n'aimerait pas ce qu'il allait entendre. Mais il était également incroyablement curieux. Il était persuadé que Gabriel ne serait pas venu si ce n'était pas important. Il avait compris à présent que l'homme avait probablement veillé sur lui à distance. Le fait qu'il ait décidé de sortir du silence ne présageait rien de bon.

- Après ma rupture avec Kali, j'ai commis pas mal de bêtises. Je ne savais pas quoi faire de ma vie et je n'avais personne pour me maintenir dans le droit chemin. J'ai fréquenté les mauvaises personnes et j'ai … je ne suis pas fier de ce que j'ai fait les premiers temps. Tout a changé le jour où j'ai rencontré un homme qui … un homme qui avait servi dans l'armée en même temps qu'Adam et moi. Nous sommes devenus amis et … nous nous sommes soutenus mutuellement.

Castiel hocha la tête pour encourager Gabriel à continuer. Il ne comprenait où il cherchait à en venir mais il devinait qu'il avait besoin de parler. Il était prêt à l'écouter. Adam aurait voulu qu'il l'aide et s'il le devait, il le ferait.

- Il savait beaucoup de choses sur beaucoup de personnes et il pensait être en danger. Je croyais qu'il exagérait mais il s'est confié à moi un jour où il avait trop bu et … Castiel, il m'a avoué des choses sur Adam.

Castiel fronça alors les sourcils alors que son cœur accélérait son rythme dans sa poitrine. Il sentit un frisson remonter sa colonne vertébrale et pendant une seconde, il eut envie de prendre la fuite. Il ne savait pas ce que Gabriel était sur le point de lui dire mais il n'était pas sûr d'être capable de l'entendre. Il restait persuadé que rien de ce qu'il pouvait apprendre de son petit ami effacerait l'amour qu'il avait pour lui. Mais il était encore extrêmement fragile et il n'avait pas les épaules suffisamment larges pour porter plus de secrets. Il resta toutefois immobile sur sa chaise alors que Gabriel détournait les yeux.

- Cet homme était … il avait servi avec un soldat particulièrement instable et dangereux. Un soldat qui avait tenu des propos qui l'avait effrayé … il les a rapportés à leurs supérieurs mais personne n'a accepté de l'écouter. Jusqu'au jour où … où cet homme en a agressé un autre simplement parce qu'il était gay.

Castiel était sur le point de paniquer. Il pouvait sentir l'angoisse monter en lui à la façon dont sa respiration s'accélérait au fil des secondes. Il commençait à avoir une idée de ce que Gabriel allait lui dire et cela le terrifiait. Adam ne pouvait pas lui avoir caché le fait qu'il avait été agressé par un autre soldat. Ou même chahuté en raison de son homosexualité. Ils se disaient tout ou presque.

- Il l'a envoyé à l'hôpital avec plusieurs côtes cassées et un fracture du crâne. L'armée l'a alors renvoyé sans délai. Ils ont prétexté des désobéissances aux ordres pour que l'affaire ne s'ébruite pas et qu'elle n'entache pas la réputation de l'organisation dans son ensemble. Mais mon ami savait qu'il recommencerait … il savait qu'il n'en avait pas fini.

Castiel ferma alors les yeux pour tenter de retrouver un semblant de calme. Il se savait sur le point de pleurer et il avait envie de garder un peu de contrôle sur ses émotions. Il ne comprenait pas comment un homme pouvait avoir autant de haine. Comment on pouvait vouloir faire du mal à quelqu'un simplement en raison de ses préférences sexuelles, de sa couleur de peau ou de quoi que ce soit qui le rendait différent. Il savait que le monde regorgeait de personnes de ce genre mais il n'avait jamais été confronté à l'une d'elle directement. Ce que Gabriel lui disait lui faisait froid dans le dos. Et il savait qu'il ne lui avait pas encore tout dit.

- Mon ami a gardé un œil sur lui même après qu'il ait quitté l'armée à son tour. Il avait la sensation qu'il préparait quelque chose et … de toute évidence, il avait des complices à droite et à gauche. Il a fini par apprendre pour l'homosexualité d'Adam. Je ne sais pas comment mais quelqu'un lui en a probablement parlé. Il est devenu une cible pour lui.

Castiel secoua la tête en posant ses deux mains sur son visage. Ce n'était pas possible. Il refusait que quelqu'un ait pu faire du mal à son petit ami. Il avait eu raison de penser qu'il n'était pas suffisamment solide pour entendre ce que Gabriel avait à dire. Chacun des mots qu'il prononçaient le détruisait un peu plus. Il sursauta quand il sentit une main se poser sur son avant bras. Il rouvrit les yeux et vit que Gabriel le regardait avec les yeux brillants. Il semblait lui aussi sur le point de pleurer.

- Il ne m'en a pas dit plus ce jour là et … j'étais ivre moi même … je n'ai pas vraiment fait attention à ce qu'il me disait. Je ne pensais pas que cela avait réellement de l'importance. Adam était mort et ce type ne pouvait plus lui faire de mal. Il y a quelques mois maintenant, mon ami est mort d'une overdose. Dans ses affaires, j'ai trouvé des lettres … des lettres que certains soldats avaient reçues de cet enfoiré qui les surveillait. Toutes contenaient des menaces plus ou moins claires. Elles n'étaient pas signées mais elles provenaient toutes du même homme et …

Gabriel s'interrompit et retira sa main du bras de Castiel. Ce dernier écarta alors les siennes de son visage et laissa les larmes couler sur ses joues. Il se força à garder les yeux rivés sur Gabriel. Il avait l'impression de vivre un cauchemar éveillé. Il ne comprenait pas pourquoi la vie s'acharnait ainsi sur lui. Il en avait assez.

- J'ai commencé à fouiller à droite et à gauche … j'ai mené ma propre enquête. Castiel, ce que j'ai découvert est … je devais venir te le dire. J'aurais pu agir dans ton dos mais j'estimais que tu avais le droit de savoir. Cet homme a … je crois … non, je sais que cet homme a retrouvé Adam après son accident. Je suis sûr qu'il avait des complices au sein de l'hôpital où il se trouvait et qu'il …

Castiel lui fit alors signe de se taire. Il savait ce qu'il allait entendre mais il n'en était pas capable. Car ce que Gabriel était venu lui avouer bouleverserait toute sa vie. Il ne pouvait pas l'ignorer. Il savait qu'il allait devoir se plonger dedans pour faire sortir la vérité. Mais il n'était vraiment pas sûr d'être la personne idéale pour ça. Il n'avait pas d'influence et plus aucun contact au sein de l'armée. Il aurait aimé que Gabriel ne vienne pas le voir.

- Tu penses qu'il ne s'est pas suicidé c'est ça ? Demanda t-il après de longues secondes de silence.

Gabriel hocha alors la tête lentement et Castiel laissa échapper un sanglot. Il avait la sensation que tout s'effondrait autour de lui. Il n'avait pas accepté la mort d'Adam. Il savait qu'il ne le pourrait jamais. Mais un suicide était quelque chose sur quoi personne n'avait de maîtrise. Un meurtre en revanche … cela impliquait qu'il y avait des coupables … des personnes à qui s'en prendre. Castiel avait peur de ce que cela impliquait. Peur de ce que cela le pousserait à faire. Si toutefois Gabriel avait raison, il allait devoir se venger. Il retrouverait cet homme et lui ferait payer la mort de l'homme qu'il aimait. Il n'envisageait même pas de le traduire en justice. Non. Il le tuerait.

- Je suis presque sûr qu'il a été assassiné. Ils ont déguisé ça en suicide et tout le monde y a cru parce qu'Adam n'allait pas bien et … parce qu'il ne parvenait pas à surmonter sa blessure. Mais je sais à présent qu'il n'aurait pas choisi la mort de lui même … il était plus fort que ça. Il ne t'aurait pas abandonné. Il t'aimait bien trop.

Castiel continua de pleurer en silence durant quelques secondes. Tout se bousculait dans sa tête à présent. Il aurait du savoir qu'Adam était incapable de mettre fin à ses jours. Il aurait du comprendre qu'il n'aurait pas baissé les bras. Il avait un genou à terre mais il aurait surmonté l'épreuve. Il avait cru ce que les médecins avaient dit simplement parce que c'était ce qu'il y avait de plus simple. Il avait manqué de confiance en son petit ami. Il avait eu tort. Il avait perdu cinq ans à croire à un mensonge. Et à présent, tout était bouleversé. Adam avait été tué. On lui avait arraché l'homme qu'il aimait simplement parce qu'il était gay. Il se sentait trahi et coupable. Il aurait du savoir. Il aurait du deviner que quelque chose clochait. Qu'Adam ne l'aurait jamais abandonné.

- Mon Dieu, souffla t-il alors. Mon Dieu, qu'est ce que …

Il ne finit pas sa phrase. Gabriel reprit alors la parole.

- Je sais ce que tu penses parce que je suis passé par là moi aussi. Tu te dis que tu aurais du deviner … que tu aurais du comprendre. Mais personne n'aurait pu savoir. Ils ont fait les choses bien.

- Je n'avais pas le droit de douter de lui … d'accepter simplement son suicide sans même me poser de questions. J'aurais du savoir qu'il était plus fort que ça … j'ai douté de lui et j'ai douté de la force de son amour … de sa force tout court d'ailleurs. Quel genre de petit ami cela fait il de moi hein ?

Gabriel ne répondit pas tout de suite et Castiel détourna aussitôt les yeux. Il ne savait pas ce qu'il convenait de faire à présent. Par où devait il commencer ? Si tout ceci s'avérait vrai, il devait agir. Commencer par trouver des preuves puis par trouver qui était responsable de la mort de son petit ami. Il allait avoir besoin d'aide. Il pouvait compter sur Meg et Gabriel. Mais il allait devoir également mettre Kate au courant … Dean et Sam et … Castiel ne parvenait plus à respirer. Ses poumons le brûlaient et sa gorge semblait avoir doublée de volume. Il se leva de sa chaise en titubant et se pencha en avant pour tenter de reprendre sa respiration. Il entendit Gabriel se remettre debout à son tour et s'approcher de lui. Quand il posa une main sur son épaule, Castiel ferma les yeux.

- Cela fait de toi quelqu'un de normal … quelqu'un d'accablé par le chagrin et la perte de l'homme qu'il aimait. Adam n'allait pas bien et il … il s'était renfermé sur lui même. Il refusait de parler. Il était en pleine dépression et son suicide était quelque chose de plausible. Quelque chose d'envisageable. Son meurtre en revanche … cela continue de me sembler surréaliste alors même que je suis presque sûr de moi. Tu ne dois pas t'en vouloir Castiel. Parce que j'ai besoin que tu sois fort … et j'ai besoin que tu m'aides à le venger.

Castiel savait que Gabriel avait raison. Mais cela ne changeait en rien la souffrance qui l'avait envahi et lui donnait la sensation qu'il sombrait à nouveau. C'était comme apprendre la mort d'Adam à nouveau. Il avait envie de se raccrocher au fait qu'à présent, il avait quelqu'un à qui reprocher sa disparition. Quelqu'un sur qui passer sa colère. Cela lui offrirait peut être une chance de faire enfin son deuil. Mais il ne parvenait pas à y penser pour le moment.

- Je n'ai toujours pas le nom de cet homme … mais je sais qu'on finira par le trouver ensemble. J'ai besoin de toi Castiel. Tu dois le faire. Tu dois te montrer fort pour Adam … pour le venger et venger au passage tous ceux qui ont été victimes comme lui de ce monstre.

Castiel hocha alors lentement la tête. Il aurait tout le temps de penser à ses erreurs quand il aurait réussi à se débarrasser de l'enfoiré qui avait tué son petit ami. Il se redressa doucement et s'essuya le visage. Adam méritait d'être vengé. Cela permettrait à Castiel de sa racheter pour les cinq années où il avait ignoré la véritable raison de sa mort. Les cinq années où il avait cru à un mensonge.

- Ok … ok, par quoi on commence, souffla t-il une fois qu'il eut retrouvé un semblant de calme.

Gabriel le regarda une seconde avec les sourcils froncés avant d'hocher la tête. Il retourna ensuite s'asseoir à table et attendit que Castiel ait pris de nouveau place en face de lui.

- On doit trouver des preuves avant tout. On va fouiller les affaires d'Adam … voir si oui ou non, il avait reçu des lettres de menaces. Ensuite, il faudra trouver la personne qui les a écrites. Quand on aura son identité, on pourra …

- Le tuer, compléta Castiel déterminé.

Il n'avait pas l'intention de laisser cet homme vivre. Pas alors qu'il avait tué l'homme qu'il l'aimait. Qu'il avait gâché sa vie et celle de Kate. C'était un monstre et le monde se porterait mieux s'il n'en faisait plus parti. Castiel avait toujours été opposé à la peine de mort mais c'était différent. Cette fois, il jugeait que c'était l'unique solution viable. Il allait venger Adam.

- Le tuer, oui, confirma Gabriel.

Castiel n'était pas vraiment surpris de l'entendre abonder dans son sens. Il savait que Gabriel avait toujours eu à cœur de voler aux secours de ceux qui étaient victimes de la cruauté des autres. Jusque là, ça n'avait jamais été aussi grave et il avait eu recours à des solutions moins radicales. Mais Castiel ne doutait pas une seconde de vouloir le meurtrier d'Adam mort à son tour. Il ne devait plus faire de mal à qui que ce soit. Ils ne devaient surtout pas lui laisser la moindre chance de briser d'autres familles … d'autres vies.

- Castiel je suis désolé, déclara ensuite Gabriel d'une voix douce.

- Pourquoi ? S'étonna aussitôt Castiel.

Gabriel haussa les épaules.

- Pour tout je suppose … pour ne pas avoir compris plus tôt … pour ne pas avoir plus d'informations à te donner … pour ne pas pouvoir m'en occuper seul et … pour te confronter à la réalité de manière aussi brutale. Je ne sais pas … simplement pour ne pas pouvoir en faire plus. J'aurais aimé t'épargner toutes ces souffrances. J'aurais aimé avoir pu sauver Adam.

Castiel ne lui en voulait pas. Il lui était reconnaissant d'être venu le trouver. Il avait encore beaucoup de mal à accepter la vérité mais il était satisfait de la connaître. Cela lui donnait une chance d'agir. Cela ne ramènerait pas Adam. Cela ne ferait pas disparaître le chagrin qu'il ressentait mais cela le forçait à envisager les choses sous un autre angle. Il était coupable de ne pas avoir compris que le suicide d'Adam était un mensonge mais il ne se sentait plus coupable de sa mort. Il y avait un seul responsable et c'était l'homme qu'il allait tuer. Ensuite, il pourrait peut être reprendre le cours de sa vie. Il l'espérait. Ce n'était toutefois pas encore à l'ordre du jour.

- Je ne comprends pas comment j'ai pu … comment je n'ai pas pu avoir des soupçons plus tôt. Et probablement que je m'en voudrais toute ma vie de ne pas avoir compris plus tôt que quelque chose clochait. Mais … ce que tu viens de me dire est un … soulagement n'est pas le mot adéquat … c'est … c'est comme si la culpabilité que j'avais ressentie jusque là à l'idée de ne pas avoir compris l'importance du désespoir d'Adam avait disparu. Je n'ai plus que de la colère … de la haine contre celui qui est responsable de sa mort. Mais plus contre moi … plus de la même manière. Je ne sais pas si ce que je dis à un sens mais c'est ce que je ressens, confia t-il.

Gabriel ne semblait pas choqué par ce qu'il entendait. Castiel avait du mal à s'expliquer mais à mesure que les secondes passaient, tout devenait plus clair dans son esprit. La mort d'Adam n'était pas moins horrible ou plus facile à accepter parce qu'il en connaissait la cause réelle. Mais à présent, le rôle qu'il avait joué était différent. Il avait toujours cru qu'il aurait pu sauver d'Adam. Qu'il aurait du le sauver. Il savait à présent qu'il n'avait jamais eu la moindre chance. Bien sûr, il continuait de s'en vouloir de ne pas avoir compris avant qu'il s'était trompé. Mais il ne se sentait plus responsable de sa mort. Et il se détestait de s'en sentir soulagé.

- Je te promets qu'on va le venger … je te promets que je ne laisserais pas tomber avant qu'on ait retrouvé ce salopard. Il va payer, jura Gabriel.

Castiel ne doutait pas une seconde de sa détermination. Pas plus qu'il n'avait peur de le voir le laisser en plan. De toute évidence, il se sentait responsable de ce qui était arrivé et il était déterminé à se racheter. Castiel comptait sur lui. Il venait juste de bouleverser sa vie et de lui offrir une chance incroyable. Il allait la saisir. Il savait qu'Adam n'aurait probablement pas cautionné la décision qu'il venait de prendre. Il lui aurait très certainement reproché de ne pas être capable de rester maître de ses émotions. De faire les choix moralement acceptables. Mais il savait également que son petit ami aurait réagi exactement de la même façon. Il aurait tué quiconque lui aurait fait du mal. Ce n'était peut être pas moral mais c'était nécessaire. Cet homme devait mourir.

- Je n'en doute pas … Je le traquerais jusqu'au jour où je mettrais la main sur lui … il … il a gâché ma vie … il m'a détruit et il m'a poussé à m'en vouloir chaque jour pendant cinq longues années. Il m'a privé de l'homme que j'aimais, Kate de sa seule famille et …

Il se retint d'aborder le sujet de Dean et Sam. Il ne voulait pas mettre Gabriel au courant de leur existence. Pas tant qu'eux ne savaient pas ce qui s'était réellement passé. Ils avaient le droit de savoir. Il les mettrait au courant quand tout serait fini. Ou peut être avant. A vrai dire, il n'était pas encore totalement sûr. Dean pourrait l'aider. Il était fort possible qu'il ait des relations au sein de l'armée qui leur ouvriraient des portes. Mais il n'avait pas besoin de problèmes en plus de ceux qu'il devait déjà gérer. Une nouvelle fois, sa situation faisait écho à celle d'Adam. Lui aussi était gay et lui aussi aurait pu être une cible pour l'homme qui avait tué son demi frère. Il avait eu la chance de lui échapper. Mais cela pourrait ne pas durer. Castiel avait énormément de choses à prendre en considération. Il allait devoir faire le point avant de faire quoi que ce soit.

- Il n'avait pas le droit. Adam aurait du vivre … on aurait du pouvoir vieillir côte à côte. Mais il me l'a enlevé. Il ne l'emportera pas au paradis.

- Tu sais qu'Adam n'aurait probablement pas été d'accord, rappela Gabriel aussitôt.

Castiel savait qu'il ressentait le besoin de se rassurer sur le fait que Castiel ne changerait pas d'avis. Mais il n'avait aucune raison d'avoir peur. Le jeune docteur était déterminé.

- Il ne l'aurait peut être pas été mais je sais qu'il aurait fait la même chose s'il avait été à ma place, avança t-il avec certitude.

Adam était quelqu'un de paradoxalement pacifiste. Il avait beau avoir été un soldat une bonne partie de sa vie, il n'aimait pas la violence. Ce qui l'avait séduit dans l'armée était l'idée de faire quelque chose de sa vie. D'être utile. De défendre la paix. Il était prêt à se montrer violent si c'était nécessaire mais il n'était jamais plus heureux que quand une mission se passait sans qu'il ait besoin de sortir son arme. Il n'était pas soldat pour tuer des gens. Il était soldat pour les sauver.

Toutefois, Castiel savait que cela ne s'appliquait pas lui. Si quelqu'un lui avait fait du mal, il l'aurait tué sans hésiter.

- Sans doute oui. Tu sais, il t'aimait vraiment comme un fou, assura Gabriel en souriant.

Castiel n'en avait jamais douté. Il avait eu peur que son amour n'ait pas suffi à sauver son petit ami mais il n'avait absolument jamais eu le moindre doute de la force de celui d'Adam. C'était une des choses qui lui avait permis de rester debout après sa mort. Une des rares choses qui lui donnait encore de la force. A présent, c'était principalement la colère qui le motivait. Le désir de vengeance. C'était la première fois qu'il ressentait quelque chose d'aussi fort.

- Quand il m'a parlé de toi pour la première fois, j'ai compris que tu étais l'homme de sa vie. Qu'il t'aimait plus que la vie elle même. C'était beau à voir … magnifique. J'étais jaloux de lui parfois. J'avais Kali mais mes sentiments n'ont jamais été aussi forts pour elle. Vous étiez … c'est comme si vous étiez des âmes sœurs. Je ne sais pas si c'est quelque chose en quoi je crois mais Adam avait presque réussi à me convaincre.

Castiel sourit tristement. C'était la première fois que l'une des personnes qui avaient servi avec Adam lui tenait de tels propos. Il n'avait jamais réellement eu écho de la manière dont les camarades d'Adam le percevaient. Il ne savait pas non plus comment ils percevaient les sentiments de son petit ami pour lui. Entendre Gabriel lui assurer que son amour était évident lui faisait chaud au cœur. Il avait peut être gardé pour lui le fait qu'il était un homme mais il n'avait pas réussi à camoufler la force de son amour. Leur histoire avait été belle. Elle avait été unique et Castiel ne pensait pas pouvoir vivre quelque chose de semblable à nouveau.

- Il tenait beaucoup à toi aussi, expliqua t-il alors en regardant Gabriel droit dans les yeux.

Ce dernier haussa les épaules. Visiblement, la culpabilité qu'il ressentait lui faisait oublier tout le reste.

- Tu n'en as peut être pas conscience mais tu étais plus qu'un ami pour lui. Tu étais comme son frère. Il me parlait souvent de toi. Il savait qu'il pouvait tout te confier. Il n'y avait que trois personnes au sein de l'armée en qui il avait suffisamment confiance pour se montrer totalement honnête … Joshua, Rachel et toi … mais c'était de toi dont il parlait le plus souvent.

- C'était vraiment quelqu'un de bien, souligna Gabriel.

- Le meilleur, confirma Castiel aussitôt.

Il savait que Gabriel était de son avis. Adam avait laissé une bonne impression chez toutes les personnes qu'il avait côtoyées. Il n'y avait qu'à voir le nombre de personnes présentes à son enterrement pour le réaliser. Il avait été respecté dans l'armée mais également dans sa vie personnelle et civile. Tout le monde l'aimait. Tout le monde sauf le salopard qui l'avait tué. Depuis qu'il l'avait appris, Castiel s'était surtout concentré sur les émotions que cela avait créées chez lui et sur la colère et la haine qu'il ressentait. Mais il n'avait pas encore pris une seconde pour penser à ce que cela avait du faire ressentir à Adam juste avant qu'il ne meurt. Qu'avait il pensé juste avant de se faire tuer ? Avait il regretté ce qu'il était ? Etait il en colère ou juste déçu de se retrouver confronté à la cruauté du monde qu'il avait cherchée à ignorer jusque là ? Avait il été soulagé de mourir alors qu'il était au plus mal psychologiquement parlant ? Castiel sentit de nouvelles larmes lui monter aux yeux. Il aurait pu vivre une belle vie avec Adam. On l'en avait privé. Il ne comprenait pas comment on pouvait haïr quelqu'un simplement parce qu'il était différent.

- Tu devras lui dire, déclara alors Gabriel d'une voix forte.

Castiel fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Il ne voyait pas où l'ancien soldat voulait en venir.

- Dire quoi et à qui ? Demanda t-il alors que les larmes roulaient librement sur ses joues.

Gabriel lui saisit la main par dessus la table et la serra dans la sienne avant de répondre.

- Tu devras dire à cet enfoiré qu'il a privé le monde d'un homme bien et que tu ne fais que rééquilibrer la balance. Tu devras lui dire qu'il n'a pas réussi et que tu continues de l'aimer. Qu'il y aura toujours des hommes pour aimer d'autres hommes et des femmes pour aimer d'autres femmes. Je refuse qu'il pense avoir gagner avant de mourir. Et il ne faudra surtout pas que tu pleures devant lui. Parce que ce serait lui faire trop plaisir.

Castiel ne savait pas s'il avait dit ce qu'il pensait à voix haute ou si Gabriel avait simplement deviné ce qui se passait dans sa tête. A vrai dire, ça n'avait pas réellement d'importance. Il avait la sensation d'avoir trouvé un ami en Gabriel. Il avait fini par oublier son existence. Cinq années s'étaient écoulées depuis la dernière fois où ils s'étaient vus. Mais ils avaient quelque chose en commun. Ils aimaient tous les deux Adam et ils voulaient tous les deux le venger. Ils avaient une chance ensemble. Ils auraient le soutien de Meg et peut être celui de Dean si toutefois il acceptait de s'en mêler. La mort d'Adam ne resterait pas impunie. Castiel le refusait. Et peu importe ce que cela leur coûtait. Il se fichait de finir en prison. Ou mort. Il emporterait l'homme qui avait tué Adam avec lui. Le reste n'avait aucune importance.

- Merci d'être venu me trouver Gabriel. Le fait que tu m'aies mis au courant a beaucoup d'importance pour moi. Et je sais qu'Adam t'en serait reconnaissant.

Ou il me détesterait de t'avoir exposé à un danger évident. De te faire courir un risque.

- C'est en venant ici que tu veilles sur moi comme tu le lui avais promis. Si tu ne m'avais rien dit, la culpabilité aurait fini par me tuer. Tu viens de me sauver la vie Gabriel. Je veux que tu le saches.

L'ancien soldat hocha alors la tête et Castiel sut aussitôt que le message était passé. Il ne savait pas s'il aurait eu l'approbation d'Adam ou si son petit ami l'aurait encouragé le venger si toutefois ils pouvaient communiquer. Mais il n'avait pas le choix. Il n'avait pas d'autres options. L'armée ne traiterait jamais le problème. Ils chercheraient à l'étouffer. Castiel le refusait. L'homme qui avait tué Adam avait signé son arrêt de mort cinq ans plus tôt. Et il était réellement temps que la sentence soit appliquée. Il n'y en avait qu'une à la hauteur de l'acte. Œil pour œil. Dent pour dent disait on. Ca n'avait jamais été aussi vrai pour Castiel.