Bonjour à tous et à toutes!
Me voici de retour avec un nouveau chapitre. Je sais, les délais de publications sont complètement anarchiques mais le plus important c'est que vous ayez les chapitres non? ;)
Tout d'abord je vais commencer par les éternels remerciements : Merci et bienvenue aux nouveaux lecteurs, merci pour les ajouts en favorit, les follows et les nombreux reviews! C'est toujours un plaisir de lire vos avis, et c'est en plus extrêmement motivant (ce qui n'est pas négligeable depuis quelques temps où je cours après le temps justement pour réussir à écrire.)
Sinon, le projet d'écriture collaborative prends fin. Je voudrais remercier tous les participants! J'espère que ce petit projet vous à plu et que vous apprécierez ce que j'ai fait de vos idées (à découvrir au fur et à mesure des chapitres, je n'ai pas pu tout mettre ici évidemment).
Si ça vous a vraiment plu, j'ai d'autres idées de projets auxquels vous faire participer ( ou plutôt on m'a soufflé d'autres idées ;) ), à vous de me dire si ça vous intéresse ou pas. Si oui, je vous en parlerais prochainement.
trêve de blabla. Voici donc le chapitre 25!
La suite arrivera... quand elle arrivera. Peut-être demain ou dans 10 jours, qui sais?
Bonne lecture à tous!
XXV-
Je me sens bien. Tellement bien même que je n'ai absolument aucune envie de bouger d'où je suis, ni même d'ouvrir les yeux. Je m'enfonce un peu plus sous la couette, en me blottissant sur l'oreiller confortable.
Je respire doucement, savourant le délicat parfum des draps. Ils sentent encore un peu la lessive mais ce n'est pas cette odeur qui me plaît le plus. Non, c'est quelque chose de plus subtil, de plus agréable encore. Je bouge un peu la main sur le matelas avant d'ouvrir doucement les yeux. Lexa n'est plus là, mais son odeur est partout sur les draps. Sans ça, j'aurais facilement pu croire que j'avais rêvé toute la soirée d'hier mais je sais que ce n'est pas le cas.
Je m'étire avec précaution. Les douleurs sont encore bien présentes mais tout à fait supportables ce matin, et ma tête ne me fait presque plus mal. Le bruit d'une musique me parvient depuis le salon. Je n'arrive pas à deviner ce que c'est mais le tempo est entraînant sans être violent pour autant et fait monter ma bonne humeur d'un cran.
J'aimerais rester là dans le confort de ce lit entourée de l'odeur rassurante de Lexa, mais une partie de moi est bien décidée à se lever et profiter à fond de cette journée qui s'annonce vraiment agréable.
Je me faufile discrètement dans le petit couloir et m'arrête pour observer la scène devant moi. Lexa s'active dans la cuisine, en pleine préparation de ce qui ressemble fort à un bon petit-déjeuner. Elle est tellement concentrée sur ce qu'elle fait qu'elle ne m'a pas encore vue. J'en profite pour l'observer en silence quelques instants. Elle verse le lait dans un saladier et remue la pâte avec un fouet de façon très sérieuse. Quand elle semble satisfaite de la texture, elle se tourne vers la gazinière et retourne des tranches de bacons qui grillent doucement dans une poêle chaude.
La voir ainsi s'activer à la tâche est absolument adorable. Un sourire vient recourber le coin de mes lèvres et ma bonne humeur monte encore d'un cran. Oui, décidément cette journée s'annonce bien.
Je me décide enfin et avance de quelques pas.
- Bonjour.
Elle se retourne, légèrement surprise. Elle ne devait pas s'attendre à ce que j'apparaisse aussi près d'elle sans qu'elle s'en rende compte. Mon sourire ne m'a pas quittée et je ne cherche même pas à le lui cacher.
- Oh, salut. Tu as bien dormi ?
- Très bien, et toi ?
Elle acquiesce d'un signe de tête, sans vraiment oser soutenir mon regard, au lieu de quoi elle préfère se concentrer sur autre chose.
- Oui, merci.
Je l'observe se déplacer agilement dans la cuisine. Elle récupère un verre d'eau et une boîte de pilules qu'elle me tend sur le plan de travail.
- Comment va ta tête ? Et le reste ?
Je fais semblant de faire l'inventaire de mes blessures en bougeant doucement chaque articulation, à l'exception de mon poignet toujours coincé dans son attelle.
- Pas mal du tout. Je crois que je suis presque guérie.
Elle se retourne vers moi pour voir si je suis sérieuse ou si je fais semblant. Je lui adresse mon plus beau sourire. Il va vraiment falloir qu'elle se détende un tout petit peu.
Pour lui faire plaisir et lui éviter plus de stress, j'attrape le verre d'eau et avale mes cachets rapidement, avant de faire le tour du plan de travail et d'aller mettre mon verre dans le lave-vaisselle. J'en profite pour faire le tour de la cuisine et jeter un coup d'œil à ce qui est en train de cuire pendant que Lexa continue de s'activer. Des œufs brouillés, des pommes de terre sautées, du bacon et… mon doigt a à peine touché la pâte dans le saladier que je me prends une petite tape sur la main.
- Aïe !
J'exagère volontairement et me retourne vers Lexa qui me regarde de son air sérieux. Mon doigts recouvert de pâte est en suspens entre nous deux et l'espace d'un instant j'ai la terrible envie de lui étaler sur le bout du nez, juste pour rire. Ne sachant pas trop comment elle prendrait cette blague, j'opte pour une autre tactique. Je plante mes yeux bleus dans le vert émeraude en face de moi, la défiant du regard, et sans me défaire de mon sourire j'approche doucement mon doigt de mes lèvres et le glisse dans ma bouche. Je ferme les yeux une seconde, laissant le bout de ma langue savourer la pâte sucrée autour de mon index. Hummmm, des pancakes, c'est bien ce que je pensais. Quand j'ouvre les yeux et retire le doigt de ma bouche, fière d'avoir eu raison, Lexa ne m'a pas quittée des yeux. Elle fixe mes lèvres, ou peut-être mon doigt, une expression indéchiffrable sur le visage. A côté de nous, les toasts sautent du grille-pain et elle se détourne rapidement, retrouvant toute sa concentration lorsqu'elle entreprend de mettre les tranches parfaitement grillées dans une assiette malgré la légère teinte rosée qu'ont pris ses pommettes. Intéressant. Ce n'est probablement pas comme ça que je vais réussir à détendre l'atmosphère, mais l'idée de pouvoir la déstabiliser et la faire rougir me plaît. Peut-être un peu trop même.
J'aide Lexa à finir de préparer notre repas sans me départir de mon sourire. J'ai l'impression qu'un vrai soleil brûle à l'intérieur de moi et j'aimerais lui en faire profiter, alors je déploie toute mon énergie positive à essayer de la faire rire.
OoOoO
A la fin du repas, j'ai presque réussi ma mission. Lexa est bien plus détendue et sans avoir pu la faire rire franchement, j'ai au moins réussi à la faire sourire. D'ailleurs ce sourire n'a pas quitté son visage depuis, et l'atmosphère qui règne maintenant dans cet appartement me donne presque envie de la rejoindre dans sa séance de sport.
Puisqu'elle ne peut pas me laisser seule, elle ne peut ni aller à la salle de sport ni courir. A défaut, elle a installé dans le salon un tapis de yoga sur lequel elle s'applique à enchaîner des mouvements fluides et contrôlés entrecoupés des postures fixes nécessitant force et équilibre.
Confortablement installée sur le canapé, je l'observe ouvertement, fascinée. Ça a l'air tellement facile quand on la regarde faire. Il me suffit de m'imaginer faire la même chose pour que mon corps me fasse souffrir. Outre mes blessures physiques dues à mon accident, je n'ai pas une once de sa souplesse, de son équilibre ou de sa force. Chacun de ses gestes est ample, gracieux et parfaitement maîtrisé. Aucun de ses muscles ne semble trembler sous l'effort et dieu sait qu'avec la tenue qu'elle porte je suis capable de voir la contraction du moindre de ses muscles.
Ce n'est pas étonnant qu'elle ait un corps aussi parfaitement dessiné après tout. Même si elle m'a déjà dit qu'elle ne faisait pas ça pour ça, nul doute que tout ce sport joue un rôle important dans l'entretien de sa silhouette parfaite.
Quelques mouvements plus tard, elle se redresse et se positionne à genoux sur son tapis. Assise sur ses pieds, les mains bien à plat sur ses cuisses, elle ferme les yeux et prend de profondes inspirations. Elle laisse entrer l'air dans ses poumons avant de le relâcher très progressivement. Elle fait ça plusieurs fois et à chaque nouvelle expiration ses épaules se détendent un peu plus comme tout le reste de son corps. Je regarde son buste monter et descendre au rythme de sa respiration et sans que je ne m'en rende vraiment compte, ma respiration vient se caler sur la sienne. Je sens mon propre corps se relâcher tout comme mon esprit.
Après une dernière expiration, Lexa finit par se lever. Elle se retourne vers moi, un doux sourire aux lèvres.
- Tout va bien ?
Je lui retourne son sourire.
- Très bien.
A vrai dire, je me suis rarement sentie aussi bien, ou alors c'était il y a vraiment très longtemps. Elle ramasse rapidement son tapis, qu'elle roule agilement et glisse sous son bras avant d'aller le déposer dans sa chambre. Quand elle revient, elle a retrouvé son air sérieux.
- Je vais à la douche. Si tu as besoin de…
Je la coupe d'un petit geste de la main. Elle est vraiment adorable quand elle fait ça, mais elle ne peut pas continuer à s'inquiéter pour moi de la sorte. Je ne vais pas me transformer en un tas de poussière d'un claquement de doigts. Il va falloir qu'elle cesse de s'inquiéter autant sans raison.
- Tout va bien Lexa, je t'assure. Tu peux aller prendre ta douche tranquille. Je ne bouge pas d'ici.
- Et…
- Et s'il y a le moindre problème je t'appelle, je sais. Maintenant va profiter de ta douche. Tout ira bien.
Je la gratifie d'un sourire rassurant pour finir de la convaincre. Finalement elle se détend de nouveau et se dirige vers la salle de bain d'un pas léger. Quelques minutes plus tard j'entends l'eau de la douche se mettre à couler. Mon esprit s'évade dans un endroit où il n'avait encore jamais osé aller. Il faut dire qu'après ma petite expérience de ce matin et la séance de yoga, j'ai donné à mon imagination de quoi fonctionner. Sans parler de mon rêve quand j'étais dans le coma dans lequel j'ai eu le plaisir de goûter à son corps... J'ai presque encore l'impression de sentir les caresses de ses doigts sur moi. Je me souviens de la douceur de sa peau, de son goût, de son odeur…
Je me ressaisis rapidement quand la suite des événements me revient à l'esprit. La vision du sang couleur d'encre sur mes doigts... Je ne veux plus penser à tout ça. Ce n'était qu'un rêve. Un stupide rêve. Tout ça n'a jamais existé, et Lexa est bel et bien là, nue sous la douche, à quelques mètres de moi. Ça suffit, Clarke !
J'attrape la télécommande et allume la télé pour essayer de me focaliser sur autre chose que sur les bruits de l'eau qui coule. Je zappe rapidement avant de m'arrêter sur un programme au hasard et je monte un peu plus le son. A l'écran devant moi, un homme nous explique comment il se débrouille pour survivre seul en Alaska. Je ne suis pas une grande adepte de ce genre d'aventures mais j'admire les gens capables de survivre en milieu hostile avec aussi peu de choses, seulement leur tête pour réfléchir.
Visiblement l'homme aux cheveux gris et à la barbe de la même couleur est sur les traces d'un animal. Probablement pour en faire ses prochains repas. Il explique en chuchotant comment il arrive à suivre l'animal sans se faire repérer et comment il compte s'y prendre pour l'attraper. Je suis complètement avec lui lorsque quelqu'un frappe à la porte d'entrée.
Qui peut bien venir ici ? Peut-être que c'est Sienne ? Je me lève et me dirige vers l'entrée. Je regarde rapidement par le judas de la porte avant d'ouvrir.
- Salut Clarke, je suis contente de constater que tu vas mieux. Ma cousine est là ?
Je reste un instant interdite. Je ne m'attendais pas du tout à voir Anya ici. Lexa ne m'avait pas prévenue qu'elle était dans les parages et encore moins qu'elle devait passer. En réalité ce qui me surprend le plus, c'est le ton froid et détaché qu'elle a utilisé pour me parler. La dernière fois qu'on s'est vues, elle était plutôt souriante et chaleureuse.
- Salut Anya, ça me fait plaisir de te voir. Lexa est sous la douche, elle ne devrait pas en avoir pour très longtemps.
Je n'ai pas l'occasion de lui demander d'entrer qu'elle me passe à côté et s'avance dans le salon. Elle semble passablement contrariée et j'ai comme l'impression que ma présence ici n'y est pas pour rien. Je ne suis pas très à l'aise quand je ferme la porte d'entrée et m'avance dans le salon.
- Je peux te proposer quelque chose à boire ?
Elle se retourne vers moi et plante son regard glacé sur moi.
- Je t'avais dit de ne pas la faire souffrir.
J'avale la boule qui vient de se former dans ma gorge et garde la tête haute en soutenant son regard. Je me souviens très bien de son avertissement mais elle ne connaît pas toute l'histoire.
- Je n'ai jamais eu l'intention de la blesser.
- Peut-être mais c'est pourtant ce que tu as fait.
- Je…
Elle me coupe la parole d'un simple geste de la main. Tout à coup j'ai l'impression d'être une gamine qu'on réprimande et je déteste ça.
- Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé entre vous. Lexa n'a pas voulu me le dire. Mais quoi que ce soit, c'était suffisamment important pour qu'elle décide de se couper du monde pendant plusieurs jours avant de réapparaître à l'autre bout du pays. Elle faisait bonne figure quand je l'avais au téléphone mais je la connais, et ça faisait très longtemps que je ne l'avais pas vue aussi mal.
Ses paroles me font l'effet d'un coup de poing. Je ne sais pas quoi dire. Il n'y a rien à dire. Elle secoue doucement la tête de gauche à droite avec un petit claquement de langue désapprobateur.
- Je n'ai aucune foutue idée de ce qui a bien pu lui passer par la tête pour revenir ici à ton secours. Et encore moins pour être restée après que tu l'aies foutue dehors alors que ça faisait plusieurs jours qu'elle veillait sur toi jour et nuit.
Je sens son regard glisser sur moi de la tête aux pieds avant de revenir planter ses iris glacés dans les miens.
- Enfin si, j'ai bien ma petite idée, mais je te préviens Clarke, t'as pas intérêt de déconner maintenant, ou la prochaine fois c'est moi qui t'envoie à l'hôpital et je ferai en sorte que tu n'en sortes pas, crois-moi.
Je ne sais pas si ses menaces sont vraiment sérieuses, mais je n'ai pas trop envie de le vérifier et de toute façon j'ai trop souffert moi aussi dans cette histoire pour prendre le risque de retenter l'expérience. Visiblement ce détail semble complètement lui échapper, ce qui a le don de m'agacer.
- Je sais que tu tiens beaucoup à ta cousine, mais je tiens à elle moi aussi ! Je n'ai pas l'intention de faire deux fois la même erreur. Au cas où tu ne le saurais pas, ça n'a pas été facile pour moi non plus.
- Anya ?
On se retourne toutes les deux pour voir Lexa entrer dans le salon. Elle nous jauge du regard à tour de rôle avant de s'arrêter à côté de moi et de regarder sa cousine.
- Tout va bien ?
- On ne peut mieux, cousine !
Anya semble avoir retrouvé son sourire taquin et sa bonne humeur dès que sa cousine est entrée dans la pièce. Je la préfère comme ça. A côté de moi, Lexa ne semble pas vraiment convaincue mais elle ne dit rien.
- Je suis venue t'apporter ça.
Elle lève la main et secoue un dossier que je n'avais pas encore remarqué. Je sens Lexa se raidir quand elle tend la main pour récupérer les papiers.
- Il y a du nouveau ? Pourquoi Titus ne m'a pas envoyé les mises à jour par mail comme convenu ?
- Je voulais juste m'assurer que ma cousine préférée allait bien et puisque tu n'as pas daigné décrocher ton téléphone hier soir, je me suis déplacée en personne. Quitte à venir ici autant joindre l'utile à l'agréable tu ne crois pas ?
Encore une fois Lexa ne semble pas convaincue. De mon côté je me sens légèrement mal à l'aise de savoir que si Lexa n'a pas décroché son téléphone hier soir, c'était à cause de moi. Entre ma crise d'angoisse et notre mise au point, je ne lui ai pas laissé beaucoup de temps pour s'occuper de ses affaires.
Elle feuillette les pages rapidement avant de refermer le dossier et de le poser sur l'îlot central de la cuisine qui la sépare du salon.
- Merci.
Une sonnerie retentit dans l'appartement. Lexa se dirige vers la porte d'entrée et vérifie qui vient de sonner à l'aide de la caméra. Elle active ensuite l'interphone en s'adressant au petit boîtier devant elle.
- Vous pouvez monter. Cinquième étage. Porte 53.
Je me demande bien qui ça peut être encore. Lexa reste devant la porte d'entrée prête à ouvrir mais se retourne vers nous, ou plutôt vers sa cousine.
- Tout se passe bien au bureau ?
- Comme sur des roulettes. Je pensais que tu me faisais plus confiance que ça.
Elle la taquine, mais Lexa ne semble pas avoir très envie de rire de ça. Quelqu'un frappe à la porte et Lexa ouvre, non sans avoir jeté un rapide coup d'œil par le judas avant. On n'est jamais trop prudent, non ?
- Bonjour Lexa !
Je reconnais immédiatement cette voix avant même d'avoir vu la tête brune passer la porte.
- Bonjour.
- Octavia, Raven. Entrez.
Lexa n'a pas besoin de le répéter deux fois, Octavia entre presque en courant pour venir me sauter dans les bras. A mon grand soulagement, elle ralentit avant que son corps n'entre en contact avec le mien et me prend délicatement dans ses bras dans une étreinte amicale. Elle s'éloigne ensuite sans me lâcher les bras et m'observe attentivement.
- Tu as l'air d'aller mieux.
Je la regarde avec un sourire attendri.
- Oui, ça va. Lexa s'occupe bien de moi.
Elle me gratifie d'un clin d'œil et d'un petit sourire plein de sous-entendus.
- Salut, Clarke.
Octavia me lâche doucement pour que Raven puisse venir me prendre elle aussi dans ses bras mais avec beaucoup plus de retenue.
- C'est vrai, tu as meilleure mine.
- Merci.
Je suis touchée de la voir ici. On ne peut pas dire que j'ai fait beaucoup d'efforts pour être sympa avec elle ou pour devenir son amie, pourtant elle s'est toujours montrée très agréable et patiente avec moi. Je pensais qu'elle m'en voudrait pour l'accident et pour Finn, et c'était probablement le cas au début, mais finalement, pour je ne sais trop quelle raison, elle m'a pardonné. Je crois que j'apprécie vraiment cette fille même si je ne la connais pas très bien.
- Bon, eh bien je crois qu'il est temps que j'y aille, moi.
Les deux filles se retournent de concert, surprises d'entendre une voix dans leur dos.
- Oh, Anya ! Je ne savais pas que tu étais là. Comment vas-tu ?
Le ton familier qu'emploie Octavia me prend au dépourvu. Je ne savais pas qu'elles se connaissaient. Après tout, Anya est la sœur de Lincoln, adoptive certes, mais ça n'aurait rien d'étonnant qu'elles se soient déjà rencontrées.
- Bien, a priori.
Elle ponctue sa réponse d'un geste théâtral qui la désigne tout entière pour bien mettre en avant le fait qu'elle soit en un seul morceau et vu le petit sourire qui accompagne son geste, j'ai comme l'impression qu'elle n'est pas peu fière du morceau qu'elle représente. Son regard s'accroche quelque seconde à celui de Raven avant qu'elle ne se détourne.
- Bon, Octavia, Raven, ravie de vous avoir revues - et Clarke ? Fais attention à toi.
Visiblement elle connaît aussi Raven, mais je n'ai pas vraiment le temps d'y prêter plus d'attention. Sa petite remarque qui se veut amicale sonne surtout comme une mise en garde à peine voilée, ce qui me déstabilise légèrement.
je la regarde se diriger vers la porte d'entrée et s'arrêter à côté de Lexa.
- A plus tard cousine, et ne t'en fais pas, on s'occupe de tout.
Je ne sais pas exactement de quoi elle parle, mais je note mentalement de demander à Lexa quand tout le monde sera parti.
- Oh, en fait Raven, elle ronronne comme un petit chat ! T'as fait du super boulot, merci.
- Ne me dis pas que t'es venue en moto !? T'as vu le temps qu'il fait ?
-Oh toi ma chère cousine, tu as vraiment besoin de relâcher un peu de pression ! Profites-en, tu as tout ce qu'il te faut sous la main !
Elle lui adresse un clin d'œil avant de rigoler devant l'air choqué de Lexa. Est-ce que c'est mon esprit qui est encore mal placé ou est-ce qu'elle vient sérieusement de dire à Lexa de… Non je ne préfère pas y penser.
Avec un dernier signe de la main, Anya franchit la porte et la referme proprement derrière elle.
Un étrange silence plane dans l'appartement, jusqu'à ce qu'Octavia le rompe, brisant la tension qui venait de s'installer.
OoOoO
Octavia et Raven ont passé une bonne partie de la journée avec nous. Elles ne sont parties qu'en fin d'après-midi parce que soi-disant j'avais l'air fatigué et que je devais me reposer. Ce qui est vrai, mais ça l'était déjà en début d'après-midi et ça ne les a pas empêchées de rester discuter de tout et de rien.
Je ne me plains pas, j'adore leur compagnie, mais je ne suis pas sûre que Lexa soit aussi ravie que moi. En tout cas elle semble presque soulagée quand elle ferme enfin la porte derrière elles, nous laissant seules toutes les deux dans le calme bienvenu de l'appartement.
- Je suis désolée.
- Pourquoi ?
Je la regarde se diriger vers la cuisine pendant que je réfléchis à une réponse.
- Tu veux un thé ?
- J'adorerais ! Merci.
Elle attrape la bouilloire qu'elle remplit d'eau avant de le reposer sur son socle et de la mettre en route.
- Alors, pourquoi tu es désolée ?
- Octavia et Raven. Je ne pensais pas qu'elles resteraient aussi longtemps. C'est chez toi ici et… enfin je ne veux pas t'imposer leur présence.
L'eau se met à bouillir. Lexa récupère deux tasses dans le placard juste au-dessus d'elle et dépose un sachet de thé dans chacune d'elles avant de les remplir d'eau bouillante.
- Ça ne me dérange pas, je t'assure.
Elle pose les deux tasses sur la table basse avant de venir s'installer confortablement sur le canapé à côté de moi.
- Tu as besoin de voir tes amies et honnêtement je les aime bien, même si elles parlent beaucoup.
Je suis touchée par ce qu'elle me dit mais sa dernière réplique me fait rire. C'est vrai qu'elles parlent beaucoup ! Je me penche pour attraper ma tasse et Lexa fait la même chose.
- C'était sympa de revoir Anya.
Elle semble réfléchir un instant, les yeux perdus au fond de sa tasse de thé.
- Pourquoi est-elle ici ? En ville, je veux dire.
Je la regarde tremper délicatement ses lèvres dans la boisson chaude, dans l'attente d'une réponse.
- Elle s'occupe de l'entreprise pendant mon absence.
Je n'avais même pas pensé à ça. Maintenant que Lexa doit s'occuper de moi, elle ne peut plus gérer son travail au bureau Wood et c'est entièrement de ma faute. Comme si elle avait entendu mes pensées, Lexa finit son explication.
- En fait je lui ai demandé de venir prendre ma place le jour où je suis partie. Il fallait quelqu'un pour gérer les bureaux ici et Anya connaît bien le travail. En plus c'est une personne de confiance. J'avais besoin d'elle ici.
L'évocation de son départ me sert le cœur. Je repense aux paroles d'Anya. J'ai tellement souffert pendant ces quelques semaines, pourtant je n'avais pas vraiment envisagé que Lexa puisse en souffrir également et l'imaginer endurer ça à cause de moi m'est juste insupportable. Je force mon esprit à se focaliser sur autre chose pour ne pas me laisser submerger par ses pensées négatives.
- Et pourquoi ne pas avoir repris ta place maintenant que tu es rentrée ?
- Parce que j'ai besoin de temps pour m'occuper de certaines choses et je ne peux pas le faire correctement si je dois en plus gérer l'entreprise.
Je suppose que ces « choses » dont elle doit s'occuper me concernent directement. Je suis même très probablement l'une de ces « choses » en question. Elle a déjà trop souffert à cause de moi, je ne veux pas en plus être un poids pour elle.
- Tu sais, tu n'es pas obligée de t'occuper de moi.
Elle semble surprise et lève les yeux vers moi.
- Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire.
Elle pose la tasse et se lève. Elle se dirige vers la cuisine avant de revenir en tenant le dossier rapporté par Anya, qu'elle pose sur le canapé entre nous deux.
- En fait, je voulais plutôt parler de ça.
Elle pousse le dossier vers moi.
- Tu peux regarder si tu veux.
Je prends le dossier et commence à tourner les pages une à une. Je ne comprends pas la moitié des choses que je lis. Il y a des photos, des relevés bancaires, des copies de mails, et tout un tas d'autres documents.
- C'est l'enquête sur…
Je ne suis pas certaine de savoir exactement sur quoi porte l'enquête alors je ne finis pas ma phrase.
- Oui. C'est tout ce qu'on a sur l'accident d'avion de mes parents, et maintenant, ton accident de voiture.
Une sensation désagréable s'empare de moi, et je cherche à cacher mon malaise en me replongeant dans la lecture des documents. A côté de moi, je sens Lexa se rapprocher.
- Comme je te l'ai dit, on n'a jamais rien pu trouver concernant l'accident de mes parents. Comme son nom l'indique tout porte à croire qu'il s'agit bel et bien d'un accident. Une défaillance technique pour être exacte. L'avion a disparu au milieu de l'Atlantique.
Elle tourne quelques pages et sort des photos de ce qui ressemble à des bouts de ferrailles rouillés.
- C'est tout ce qu'on a retrouvé de l'avion.
- Tu es certaine que c'était bien leur avion ?
Je m'en veux toute suite d'avoir posé la question. Je suppose que l'enquête à déjà déterminé tout ça, sinon ils n'auraient pas déclaré ses parents morts. Pas sans en avoir la certitude en tout cas.
- Oui. Tu vois les numéros ici ?
Elle montre du doigt des numéros partiellement effacés par la rouille.
- C'est le numéro de leur avion. En plus, le plan de vol correspond avec l'endroit où on a retrouvé les débris, en prenant en compte le temps écoulé et les courants. C'était bien leur avion.
Elle en parle d'une façon tellement détachée, c'est comme si tout ça ne la touchait pas vraiment. Comme si ce n'était pas ses parents qui étaient à bord de cet avion dont il ne reste plus que quelques morceaux en piteux état. Pourtant je sais que ce n'est pas le cas et que ce détachement vient uniquement de son professionnalisme et de cette carapace qu'elle s'est forgée au fil des années.
- On a toujours été persuadé que l'avion avait été saboté, mais il nous a été impossible de savoir comment exactement. On a essayé par tous les moyens possibles de relier Nia ou un de ses proches à l'accident mais tu t'en doutes, sans preuve du sabotage c'était perdu d'avance. Sans compter que les caméras de surveillance de l'aéroport privé ont comme par hasard eu une défaillance deux jours avant l'accident, et personne ne s'en est rendu compte évidemment puisqu'elles continuaient de filmer mais n'enregistraient plus rien. Pas de preuves vidéo, pas de preuves matérielles, rien. Nia avait un alibi en béton le soir de l'accident, tout comme ses plus proches collaborateurs et conseillers, mais rien ne dit qu'elle n'a pas pu embaucher une personne indépendante pour faire le sale boulot à sa place.
J'ai vu assez de séries policières pour savoir que dans ce genre de cas, on retrouve souvent une trace sur les comptes bancaires. Trouver quelqu'un pour commettre un meurtre, ça coûte cher.
- Et je suppose qu'il n'y a aucune trace de transaction financière louche dans les comptes de Nia ou de son entreprise ?
- Non rien, tout est clean évidemment.
- Et pour l'accident de voiture ?
J'ai encore du mal à imaginer que quelqu'un ait pu s'en prendre à moi volontairement dans le simple but d'atteindre Lexa. En plus, Finn était également dans cette voiture et il était parfaitement étranger à tout ça.
Elle me reprend le dossier des mains et tourne quelques pages. Je vois passer des photos d'une carcasse de voiture mais elle les retourne rapidement, m'empêchant de voir plus précisément. Je ne suis pas sûre d'être prête à voir ces photos de toute façon. Elle tourne encore quelques pages avant de s'arrêter, de lire, puis de tourner encore la page. Je l'observe silencieusement pendant qu'elle étudie ce qui doit être les dernières informations fournies par le détective.
- Encore une fois, on n'a pas grand-chose de concret. L'homme qui était au volant de la voiture qui vous a percutés ne semble avoir aucun lien de près ou de loin avec Nia ou l'entreprise Azgeda. Pour le moment il est toujours dans le coma et il y a de grandes chances pour qu'il n'en sorte pas, ce qui est plutôt arrangeant pour Nia puisqu'on ne pourra probablement jamais interroger cet homme.
Je n'avais jamais pris le temps de penser à la personne qui était dans l'autre voiture. Un homme est entre la vie et la mort et jusqu'à présent, ça ne m'avais même pas frôlé l'esprit.
- Ce qui est étonnant c'est que cet homme n'avait aucuns papiers sur lui. Personne ne sait qui il est, et la voiture qu'il conduisait avait été déclarée volée quelques jours plus tôt. Il n'apparaît dans aucun fichier de la police, ni aucun de nos fichiers internes. Personne ne semble savoir qui il est et d'où il vient.
Je comprends que ce genre de coïncidences puisse troubler Lexa et les détectives, mais ce qui me dérange le plus pour le moment c'est d'imaginer que quelque part, il y a peut-être une famille qui attends le retour d'un homme qui ne rentrera jamais. Il laissera peut-être des parents, une femme et des enfants derrière lui, sans jamais qu'ils ne sachent ce qui est réellement arrivée. Cette pensée me brise le cœur. Et puis, si cette personne était bel et bien engagée par Nia pour me nuire, pourquoi suis-je ici en ce moment alors que lui est dans un si mauvais état ? Tout ça ne me semble pas logique. D'autant plus si Nia avait déjà réussi à faire disparaître un avion dans l'océan avec à son bord deux personnes aussi importantes que les parents de Lexa.
Celle-ci semble voir mon mal-être puisqu'elle referme le dossier et le pose sur la table basse.
- Je suis désolée, Clarke. Je pensais que tu aurais voulu savoir.
- Non, tu as raison. Je voulais savoir. Merci.
- Tu as l'air épuisé. Je te propose d'aller prendre ta douche pendant que je regarde ce qu'on peut manger ce soir, et après tu iras te reposer ?
L'idée est bonne. Très bonne même. Je commence sérieusement à avoir faim, et parler de l'accident m'a donné envie de me laver, allez savoir pourquoi.
Je me lève du canapé et attrape les deux tasses que je dépose dans le lave-vaisselle avant de me diriger vers la salle de bain.
je retire mon pantalon doucement et pose les mains sur le bas de mon sweat, avant de m'arrêter. J'entends le frigo et les placards de la cuisine s'ouvrir et se refermer. J'hésite un instant.
- Lexa ?
J'entends la vaisselle qu'elle pose sur l'îlot central et ses pas se rapprocher de la porte puis s'arrêter.
- Tout va bien ?
J'hésite encore un moment. Je sais qu'elle ne fait que me répéter que si j'ai besoin de quelque chose je peux compter sur elle, mais je ne suis pas sûre qu'elle avait ce genre d'idées en tête. Pourtant j'ai vraiment besoin d'elle.
- Est-ce que tu pourrais m'aider ?
Le silence derrière la porte me met légèrement mal à l'aise. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre.
- Est-ce que tu pourrais m'aider à… enlever tout ça ?
Je la vois déglutir mais elle reste parfaitement maîtresse d'elle-même. Elle arrive même à m'adresser un petit sourire rassurant avant d'accepter.
- Bien sûr. Lève les bras.
Je m'exécute sans un mot. Mettre les bras en l'air n'est pas vraiment très agréable mais c'est toujours mieux que de me débattre seule avec mon sweat-shirt. Elle attrape le bas du vêtement avant de le faire glisser lentement vers le haut. Plus ses mains montent, plus elle est obligée de se rapprocher de moi, si bien que lorsque j'arrive enfin à sortir ma tête du col, nos visage ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et sa poitrine frôle dangereusement la mienne. L'espace d'un instant, le temps se fige. Son regard plongé dans le mien, je peux y lire une douceur et une tendresse qui me déstabilisent complètement. Doucement je baisse les bras, l'aidant à faire glisser les manches de mon sweat, et lui permettant par la même occasion de remettre un peu de distance entre nous.
Il ne me reste plus que mon tee-shirt et ma culotte. Je n'ai pas mis de soutien-gorge ce matin car la pression du bandeau sur mes côtes est vraiment trop douloureuse.
- Est- ce que tu pourrais…
D'un signe du doigt elle me fait comprendre la fin de sa phrase. C'est plus sage en effet. Je me retourne et lève une nouvelle fois les bras.
Mon tee-shirt a beau être long, il n'arrive pas à cacher l'intégralité de mon sous-vêtement. Je sens ses doigts glisser sur la peau de mes hanches quand elle attrape le tissu. Ce simple contact innocent m'envoie des fourmillements dans tout le corps. Je me concentre sur ma respiration alors que dans mon dos je sens la chaleur du corps de Lexa qui s'approche de plus en plus. Sa poitrine vient frôler mes omoplates quand elle se hisse un peu plus pour m'aider à passer ma tête dans l'encolure étroite du vêtement.
Je reste dos à elle et descends doucement les bras, profitant du tissu pour cacher ma poitrine nue avant de me retourner.
Je lui adresse un sourire timide en la remerciant et elle disparaît de la salle de bain. Je relâche le souffle que je n'avais pas conscience de retenir. Tout mon corps réagit de façon de plus en plus intense à la proximité de Lexa et ça devient vraiment dur à gérer. Je crois que cette douche je vais la prendre froide, très froide !
OoOoO
Pour le dîner, Lexa a opté pour quelque chose de simple mais d'efficace : des pâtes avec une sauce tomate légèrement épicée. C'est divin.
Je finis de l'aider à débarrasser et ranger la vaisselle.
- Ça te dirait de regarder un film,ou peut-être une série ?
J'ai beau être fatiguée, je n'ai pas très envie d'aller me coucher tout de suite. Je n'ai pas eu le courage de lui demander de dormir encore avec moi cette nuit, et je ne suis pas du tout pressée de devoir la laisser pour aller me coucher.
- Oui, tu veux regarder quoi ?
- Je ne sais pas, on pourrait regarder ce qu'ils proposent sur Netflix ?
- C'est une bonne idée.
On se dirige ensemble vers le canapé et on s'installe confortablement, chacune de notre côté. Lexa prend la télécommande et allume l'écran avant de se connecter rapidement sur son compte Netflix.
- Tiens, je te laisse jeter un coup d'œil. Je reviens.
J'attrape la télécommande et la regarde s'éloigner vers sa chambre. Je commence à regarder les nouvelles séries proposées, quand Lexa revient avec une grosse couverture.
Elle se réinstalle sur le canapé dans l'un des angles en posant la couverture sur elle.
- Viens.
Elle soulève un morceau de la couverture et m'invite d'un signe de tête à venir m'installer à ses côtés. Je ne me fais pas prier et vient volontiers me blottir au milieu du petit cocon qu'elle m'offre.
- Alors, on regarde quoi ?
- Tu as déjà vu Stranger things ?
- Non, mais j'en ai entendu de bons échos.
- Parfait.
D'un clic, je lance l'épisode avant de baisser un peu l'intensité de la lumière du salon grâce au bouton prévu à cet effet sur la télécommande. La technologie peut faire des choses fabuleuses !
Alors que l'épisode commence, une question me revient à l'esprit.
- En fait, comment Anya et Raven se connaissent ?
- Oh, Raven l'a aidée à réparer sa moto qui était tombée en panne sur le parking de l'hôpital.
Je hoche la tête en silence. Je ne savais pas que Raven était douée en mécanique. En même temps, il y a plein de choses que je ne sais pas sur elle mais je compte bien remédier à ça. Enfin pas tout de suite, parce que pour le moment la seule chose dont j'ai envie c'est de me laisser couler contre le corps chaud de la femme à mes côtés et d'oublier tout le reste.
