Bon allez, c'est vraiment la fin cette fois. Cet épilogue conclut la fic. Profitez en bien!
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Le nom de l'entreprise s'étalait en larges lettres stylisés le long de la paroi de verre et de chrome, l'ensemble était noirci par les intempéries, ravagé par les quelques mois durant lesquels ils avaient été abandonné. Le laboratoire de recherche FUJI était célèbre au japon et de par le monde pour avoir caché en son sein, le premier clonage reproductif humain. Il avait développé ses trente dernières années –en grande partie en les testant illégalement sur les dits clones- une vaste gamme de médicaments révolutionnaires dont certains n'auraient jamais les autorisations de mise sur le marché. Établis au pied du Mont Fuji, le laboratoire ne possédait plus rien : son nom et les contrats qui lui était lié, mais aussi une bonne partie des terres escarpées -que des touristes du monde entier venaient visiter- avait été intégralement réquisitionné par l'armée. Ou du moins les touristes venaient visiter le Mont Fuji le long des chemins balisés et des sentiers d'escalades et de randonnés autorisés, car les terres du laboratoire étaient interdites, délimités par de hauts grillages barbelés et des militaires armés accompagnés de molosses.
Plus d'un s'était interrogé sur l'utilité de si vastes terrains, les plus médisants avait eu raison en avançant l'existence de laboratoires top secret leur permettant de créer l'ensemble de ses médicaments révolutionnaires… mais pas seulement hélas. L'entreprise avait toujours maintenu que la possession de ces terres ne faisaient que suivre l'éternelle slogan qu'affichait le laboratoire FUJI: « Pour un avenir meilleur ». Et n'offrait-il pas un avenir meilleur pour la génération de demain en ne s'arrêtant pas uniquement à guérir les maladies mais en utilisant leurs énormes bénéfices dans l'achat de lieux d'exception dans le but d'en faire des domaines protégés de la négligence humaine? Ils avaient seulement oublié de protéger l'homme.
L'entreprise avait seulement cherché à se faire bien voir, en en profitant même pour dissimuler ces odieuses expériences. Sous tout rapport, le laboratoire FUJI avait été aussi malhonnête que détestable.
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Et pour avoir été là lors de sa chute six mois plus tôt, Natsuki Kuga ancienne neurobiologiste, en avait beaucoup à dire..
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Natsuki haïssait ce lieu. Il le hantait sans cesse dans ces songes. Un labyrinthe sans fin de ténèbres où ne se trouvaient que la mort et la souffrance. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle l'aurait brûlé jusqu'à ces fondations quitte à ce que le mont Fuji lui-même soit recouvert de flammes. Parfois, elle rêvait l'avoir fait avant que Shizuru ne meure. Elle serait peut-être encore là.
Sa main glissa dans la poche de sa veste de moto, beaucoup trop chaude pour la période et en tira son paquet de cigarettes. Elle tapota jusque ce qu'une en sorte et la glissa aussitôt entre ses lèvres. Sa main libre avait déjà récupéré le briquet de sa poche de jean. Elle fit jaillir une flamme qu'elle regarda avec attention. Il aurait été si simple de le balancer dans les épines et broussailles sèches qu'il l'entourait. Tout se serait aussitôt enflammer. Si facile.
Elle alluma sa cigarette et inspira profondément.
Elle fumait beaucoup trop. Mai comme Nao ne cessaient de le lui répéter, mais honnêtement qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ?
Comment pouvait-on s'attendre à ce qu'elle aille bien alors qu'elle avait presque touché du doigt ce qu'elle avait cherché durant 8 années. Shizuru avec elle. Le rêve que la réalité détruisait chaque jour.
A son grand soulagement, la silhouette si reconnaissable de Viola apparut. Son cœur se serra. Il ne serait jamais habitué, il espérerait toujours voir Shizuru apparaitre plutôt qu'elle.
« Désolée, commença la nouvelle arrivante, la réunion était un peu chaotique. »
Depuis six mois, tout avait été chaotique. Natsuki ne pouvait sortir dans la rue s'en entendre parler du procès. Les magazines économiques parlaient de l'impact de la chute de FUJI sur le marché, les magazines scientifiques parlaient de long en large du clonage humain. On parlait d'éthique, de droit de l'homme et de crime contre l'humanité. Andrew Peterson était décrit comme le scientifique nazi de son siècle.
C'était sa fille Viola qui avait averti les autorités en découvrant les atrocités menées par son père. On avait fouillé sa vie, étudié ses comptes, on l'avait soupçonné, accusé comme on l'avait fait pour son mari –décédé la nuit où la réalité avait éclaté. Les Walton avaient réagis rapidement. D'excellents avocats étaient venus la protéger elle, ses filles et la société Walton. Ils avaient amplement aidé à détruire Andrew Peterson. Le verdict n'était toujours pas rendu. On s'attendait à ce que le procès soit encore long et médiatique. Il y avait tellement de recherches et d'études à examinés. Des médicaments et des protocoles avaient été retirés des marchés. Des scientifiques étaient mis au banc, d'autres étaient recherchés.
Natsuki n'avait pas voulu savoir ce qu'il était advenu d'Iroshi et d'Azusa. Leur aide ne pouvait réparer tous les méfaits dont ils étaient coupables pour avoir participé à de telles expériences.
Beaucoup avait été éclaboussé, mais Natsuki n'y avait pas travaillé assez longtemps pour être inquiétés. Viola s'en était finalement bien sorti. Les autorités lui demandaient sa participation pleine et entière, et elle se retrouvait parfois à devoir venir à FUJI reconnaitre certains chercheurs ou les aider à vérifier certains comptes quand ils n'avaient personne d'autres sous la main.
Si Natsuki était venue à l'apprécier, c'était parce qu'elles vivaient une peine similaire, mais cela s'arrêtait là. Viola avait ses enfants et ses beau parents pour la soutenir, le visage de son mari allait lentement se brouiller et s'effacer pour ne rester que sur les photos. Ses sentiments en feraient de même.
Natsuki n'avait plus de famille. Sa mère n'était pas loin d'être le monstre qu'avait été Peterson et son souvenir même avait un gout amer. Au moins, elle lui avait donné Shizuru. Le plus dure toutefois… c'était de savoir qu'elle ne pourrait jamais oublier le visage de Shizuru. Pas en continuant de côtoyer Viola. Elle allait la voir vieillir comme Shizuru aurait vieillir. La voir aimer comme Shizuru l'aurait aimé.
Kami-sama… elle savait qu'elle sortait avec Reito ! Bien sûr aucun ne le lui avait dit, mais le jeune homme avait été si attentionné envers Viola et ça n'avait jamais été secret que Shizuru était le genre de personne qui lui plaisait. Elle et Mai s'il fallait être honnête. Elle avait vu les regards qu'ils s'échangeaient, les sorties régulières, leurs appels hebdomadaires, leur message... Si rien ne s'était encore produit entre eux, ça n'allait pas tarder. Même Natsuki pouvait le voir.
Et c'était affreux à voir. Elle avait juste la sensation… la sensation… que Shizuru avait choisi Reito sur elle que l'univers avait compris son erreur et rectifier le tir pour que Shizuru aime enfin celui qu'il fallait.
Même si la réalité était encore pire puisque Shizuru était morte.
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C'était injuste.
« Natsuki ? »
La jeune femme remarqua que –tout entière plongée dans ses pensées- elle avait terminé sa cigarette. Un peu plus elle se brûlait les doigts.
« Désolée, je réfléchissais. »
Une lueur -mélange d'inquiétude et de pitié- éclaira son regard. Viola s'en était remis, probablement parce que son cœur abimé avait justement réussi à trouver quelqu'un pour le réparer. Après réflexion, Reito –gentleman comme il était- n'avait probablement pas encore fait un geste envers elle. Il allait se languir d'elle jusqu'à ce qu'elle fasse le premier pas ou qu'il considère son deuil terminé. Ce n'était qu'une question de temps.
« Sur quoi portait la réunion ? demanda-t-elle finalement. »
Officiellement Viola n'avait pas le droit d'en parler, mais Natsuki n'était pas non plus censée avoir participé à la « chute de FUJI ».
« Il y a un vide juridique pour les clones humains. On débat en haut lieu sur leur statut. Ce sont des êtres humains et ils doivent être libres pour certains, d'autres affirment qu'ils sont le produit de la science et que des brevets devraient être déposés, que l'entreprise les possède.
-C'est une blague ? gronda Natsuki.
-A priori non. Dans l'état actuel des choses, ils sont considérés comme des individus à part entière mais la destruction de la partie du cerveau censé gérer leur sentiment… ils ne peuvent pas les juger pour meurtre. Ce sont des victimes, mais des victimes dangereuses. La discussion portait sur leur sort. Comme je suis… l'original, il estime que je suis comme leur… mère ? Sœur ? Le seul membre de leur famille.
-Que va-t-il leur arriver ? s'enquit-elle en lui tendant un second casque de moto. »
Viola grimaça mais s'en empara. A la base, Reito était le seul à devoir passer la chercher mais le jeune homme avait demandé au dernier moment à Natsuki de le remplacer.
« Elles vont être envoyées dans différents centres spécialisés en neurologie où ils vont essayer de réparer les dégâts. Certains travaux de mon père vont leur être transmis pour ça, mais ils n'ont pas trop d'espoir. Ce ne sont plus des cobayes et ils ne pourront rien faire de trop expérimental. Avec un peu de chance ils parviendront peut être à… les débarrasser du conditionnement. »
Natsuki chaussa son casque, la discussion était close.
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« Allez, viens.
-J'ai autre chose de prévu. »
C'était un mensonge. Viola le savait. Pour continuer à avoir un toit et de quoi se nourrir, Reito avait offert un poste à Natsuki. Un emploi factice. Elle avait un poste, les compétences pour et le salaire avec, mais elle ne se présentait jamais au travail. Reito la payait sur ses propres deniers et ne disait rien. Quand elle se sentirait prête, lui avait-il dit, elle pourrait réellement y travailler. En attendant, elle passait ses journées à végéter dans son minuscule studio. A fumer et boire plus que de raison. Nao et Mikoto se sentaient suffisamment responsable pour la trainer hors de son désespoir aussi souvent que possible mais elles avaient aussi leur vie. Chie passait parfois, mais elle s'était entendue avec Viola pour avoir l'exclusivité de son témoignage. Viola préférait. Elles savaient toutes deux ce qui devaient être dit et ceux qui devaient être caché. Sa carrière avait donc décollé au point qu'elle en regrettait presque son petit côté paparazzi pénard de l'époque.
Mai et Tate avait annoncé leur fiançailles il y avait à peine une semaine, Mai plus consciente que jamais de la valeur de la vie ne voulait pu perdre de temps. Natsuki s'attendait à ce qu'elle annonce prochainement une grossesse ou quelque chose du même genre. C'était la suite logique.
Mikoto n'avait toujours pas découvert d'âme sœur, mais l'éloignement de Fuuka lui avait fait du bien. Elle s'était quelque peu détacher de Mai et la bague de fiançailles avait fini d'effacer les dernières traces d'espoir et de sentiments.
La vie de tous continuait. Mais Natsuki s'en sentait incapable.
« Allez, insista Viola en la tirant à sa suite dans la Minagi, Corp. »
Natsuki sentit un début de panique l'étreindre. Les laboratoires l'oppressaient depuis. Si elle se sentait un jour prête à retourner travailler elle chercherait quelque chose de différents. Elle se demanda si Mai l'accepterait comme serveuse. Viola avait cofinancé –pour ne pas dire financer à elle seule- un petit local à Fuuka en bord de plage où Mai comptait ouvrir un petit restaurant bar. Mai avait promis de la rembourser aussitôt que possible.
Elle avait décidé de réaliser tous les projets qu'elle n'avait jamais osé ou qu'elle pensait encore trop tôt et Natsuki se demandait si elle pourrait s'y incruster. Serveuse ou barmaid en bord de plage. Plus de paillasse, de labo, de sciences. Une vie simple.
Elle y songerait sérieusement une fois sorti d'ici, mais Viola l'entrainait toujours plus loin. Natsuki ferma les yeux dans l'ascenseur tentant de refouler sa panique et de ne pas éclater en sanglot. Ce n'était pas elle. Elle était plus forte que ça.
« Tout va bien Natsuki. J'ai simplement quelque chose à t'offrir. »
Natsuki ouvrit les yeux et reconnut aussitôt une partie de l'équipement.
La matrice de production et d'incubation pour les clones. Et d'autres appareils dont elle ignorait tout. Intact. Fonctionnel et prêt à être utilisé dans les sous-sols de Reito.
« Ce n'est pas aussi difficile d'accès que celui de mon père, mais Reito pense que personne n'ira fouiner ici. Une partie de ses labos sont en train d'être déménagé et celui-ci a été officiellement vidé.
-Pourquoi… pourquoi ces trucs sont là ? balbutia-t-elle en reculant. Les autorités…
-Cette nuit-là, je n'ai pas appelé les autorités immédiatement, avoua Viola. J'ai proposé pas mal d'argent aux miliciens de mon père pour déplacer cet équipement autre part et disparaitre. Un de mes hommes les a récupérés sur une route de montagne et apportés dans un entrepôt au nom de Reito. Nous venons de les installer récemment. »
Natsuki restait silencieuse, elle se rappelait que les mercenaires –ou les miliciens quel que soit le terme que Viola préférait- ne s'était en effet guère manifesté lorsqu'ils étaient sorti du laboratoire zéro. Natsuki en était d'autant plus stupéfiée et effrayée que Viola les ait recruté à son tour, surtout pour récupérer ce matériel. Tous les éléments de ces cauchemars semblaient reprendre vie sous ses yeux.
« Les autorités savent qu'ils manquent dans leur check-list, ils supposent que les hommes et les scientifiques de mon père les ont emmenés dans leur fuite, probablement pour continuer leur expérience. Mon père lui-même doit penser que ce sont ses miliciens qui ont emportés ses précieuses machines et c'est tant mieux. »
Avec le monte-charge au fond du puit, les mercenaires avaient récupéré l'équipement essentiel en moins d'une heure sous la supervision du professeur Iroshi.
Si Natsuki était plus attentive, elle l'aurait d'ailleurs vu Azusa et lui en train vérifié les branchements et réglés les machines.
Viola les avait caché et protégé des autorités. Comme elle l'avait fait pour chacun d'eux. Son père présentait suffisamment de signe de folie pour justifier la présence imaginaire de gens dans ce labo ce soir-là. Les Minagi –des concurrents qu'ils voulaient voir chuter depuis longtemps-, Chie –la journaliste dont le nom ne lui était venu qu'à la lecture de l'interview de sa fille par cette dernière-, Natsuki –une employée qu'il avait parfois croisé. Aucune preuve de leur existence dans le laboratoire zéro, les autorités n'avaient même pas pris la peine de vérifier ses informations.
Pour Iroshi et Azusa, il y avait cependant suffisamment de preuves pour les inculper mais les autorités ne les avaient pas trouvés. Ils les supposaient responsables du vol du matériel de clonage. C'était vrai d'une certaine manière.
Pour Mai, Peterson avait été incapable de fournir de nom ou de description particulière.
Quant aux clones, aucun de leur témoignage n'avait été retenu. Leur parti pris et obéissance flagrante pour Peterson rendaient tout témoignage de leur part caduque.
La réalité était simple. Après le départ de Natsuki et de ses amis, Viola avait engagé les mercenaires pour voler le matériel sous la supervision d'Iroshi, après quoi il avait déclenché un système de nettoyage chimique. Toutes possibles traces ADN de Natsuki et des autres avaient été détruite. Les corps de Robert et Shizuru avaient été fortement altérés en conséquence, mais c'était le prix à payer pour leur sécurité. Dans leurs cellules isolées, Peterson et les clones avaient regardés la scène sans pouvoir intervenir.
Quand les autorités étaient arrivés et lui avaient demandé comment Viola avait fait pour ne pas voir le vol du matériel, elle avait expliqué avoir dû sortir et trouver un téléphone fonctionnel. Ça lui avait pris du temps. Beaucoup de portes fermées et tous les « gardes » disparus. Elle avait finalement dû prendre son véhicule et conduire jusqu'à la première traces de civilisations pour passer son appel au secours.
Le téléphone éclaté chez elle et celui de son mari au fond du puits avait convaincu les autorités de la véracité de ses propos. Ils en avaient conclu que le labo avait dû être vidé durant ce laps de temps –et c'était le cas. Elle évitait simplement de dire que c'était son idée.
Pour faciliter les choses, Andrew Peterson avait ce soir-là éteint toutes les caméras du complexe. Chose qu'il faisait couramment lorsque plusieurs clones sortaient de son labo. Il se protégeait et cela avait amplement aidé Viola à monter sa mise en scène.
« Tout ça devrait être détruit, rétorqua simplement Natsuki terrifié que Reito puisse songer reprendre de telles recherches.
-Je suppose que oui, admit Viola. Mais j'en ai discuté avec Reito et on s'est dit que ça pouvait bien servir encore une fois. Pour créer un dernier clone, mon génome…
-Arrête. Je ne veux pas d'un clone, je veux Shizuru. Détruisez cette machine. »
Natsuki n'était pas stupide, elle avait compris ce que Viola voulait lui offrir. La jeune femme devait pourtant être consciente qu'un clone était un individu à part entière.
Viola se glissa adroitement entre Natsuki et l'ascenseur par lequel elle voulait s'échapper. Natsuki était furieuse à présent. Comment pouvaient-ils songer une seule seconde à… ?
Viola lui glissa de force quelque chose dans la main, la forçant à refermer ses doigts dessus et à ne pas les rouvrir tout de suite.
« On n'a pas volé que les matrices, avoua Viola. On a volé l'immortalité. »
Devant le regard abasourdi de Natsuki, elle s'empressa de s'expliquer.
« C'est comme ça que mon père à appeler sa machine. Celle qui dessine les cartes neuronales, qui « copie-colle » des structures cérébrales existantes à la perfection. Elle recrée la personnalité, les souvenirs, les caractères, l'expérience, les connaissances… »
Elle relâcha la main de Natsuki et celle-ci y découvrit une simple clé USB.
« C'est… Shizuru, indiqua Viola. Du moins celle qu'elle était 4 mois avant… sa mort. Mon père sauvegardait régulièrement… sa carte neuronale. Au cas où. C'est tout ce qui fait d'elle un être unique est là. »
Natsuki sentit les battements de son cœur s'accélérer.
« C'est la seule sauvegarde, lui précisa Viola. Iroshi et Azusa estiment que la matrice et les produits pour accélérer la croissance te fourniraient un individu d'à peu près ton âge en deux ans. Le clone en sort… aussi vierge qu'une toile blanche. La matrice l'isole de tout stimulus indésirable. Puis il suffit… de copier la carte neuronale enregistré sur cette clé et « l'immortalité » remodèle son cerveau, ces cellules… peu importe comment ça fonctionne. Et elle se réveillera comme si rien ne s'était jamais produit. »
Devant le silence de Natsuki, Viola crut bon de poursuivre.
« Elle… sera dénuée de cicatrice, elle sera vierge de toutes blessures et maladies. Elle n'aura pas les yeux rouges, c'est tout. Iroshi a essayé de m'expliquer le pourquoi de cette différence mais… »
Viola haussa les épaules en un signe d'incompréhension. Elle n'était pas parvenue à suivre les explications d'Iroshi.
« Mais à part cela, ce sera elle. »
Ce ne serait plus une ex-HiME, elle n'aurait ni la marque ni la force qui en résultait. Mais ce serait elle. Il ne manquerait que les quatre mois avant sa mort. Natsuki devrait lui dire « je t'aime » une nouvelle fois et Shizuru découvrirait le gout de leur baiser et de leur étreinte. Tout serait une première fois pour elle.
« Je sais que… toutes ces machines et leur résultat sont discutables mais personne ne te force en rien. »
La main de Viola recouvrit la sienne, celle qui tenait la clé USB. Une pression rassurante.
« Utilise-la ou détruit-la. Cette salle, ces machines… et même ces chercheurs. Ils sont tout à toi. »
Son regard vrillé aux siens, Natsuki comprit que si Robert avait eu une carte neuronale, Viola lui aurait rendu la vie à travers cette technologie. Son message était passé, son cadeau offert, Viola la planta là, devant l'ascenseur.
Natsuki baissa les yeux sur la clé et l'observa. Puis ses doigts se refermèrent avec précaution dessus.
Elle tenait Shizuru dans creux de sa main.
