Bonjour à tous ! Concernant le chapitre précèdent vous avez été deux à trouver la réponse à l'énigme, Atlasan et un Guest, bravo à vous !
La solution était "Veux tu être ma petite amie". Le code donnait l'emplacement d'un mot et le numéro de la phrase appropriée. Je vous mets la solution en détail :
« Hermione (phrase 1),
Veux-tu participer à un jeu ? (phrase 2) Tu devras faire preuve de persévérance et de détermination (phrase 3). Tu devras être rusée pour réussir cette épreuve (phrase 4). Ma surprise t'attend au bout du chemin (phrase 5). Je sais qu'une petite énigme ne te fera pas peur (phrase 6). La voici : « Même silencieux, même sourd, je peux être ton meilleur ami si tu sais m'écouter et me parler » (phrase 7).
Bonne chance
P.S : J'aime bien l'Histoire».
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4.6
12.7
Est ce que cela vous semble plus clair maintenant ?
Je vous laisse avec un nouveau chapitre et on se retrouve dans deux semaines !
Chapitre 24 – L'avenir dans les étoiles
PDV Heiwana, du 23 février au 25 mars 1996
Je crois que je vais tuer Potter. J'en suis même certaine. Cet abruti a donné une interview dans le Chicaneur dans laquelle il clame encore une fois le retour du Seigneur des Ténèbres. Et manque de bol, un bon nombre d'élèves a reçu une copie du journal ce matin. Ce qui fait donc que grâce à l'effet boule de neige, la majorité de Poudlard sera au courant d'ici quelques heures. Et beaucoup risquent de croire Potter. Mon plan pour le faire passer pour un fou est en train d'échouer. Si mon père apprend ça, je suis dans la merde jusqu'au cou.
Au regard que me lance Drago, je sais qu'il pense la même chose. Nous devons agir, et vite. Nous faisons passer le mot parmi les élèves de notre maison, à midi nous tiendrons une réunion dans notre salle commune. Il va falloir passer à la vitesse supérieure, je veux bien aider Potter dans sa quête pour tuer le Lord, mais je dois quand même penser à sauver ma peau.
Lorsque arrive l'heure, je suis satisfaite de voir que la quasi-totalité de ma maison est au rendez-vous. Je constate que Drago a encore beaucoup d'influence et ça pourra m'être utile pour la suite. Je me décide à prendre la parole.
- Vous avez sans doute lu les propos scandaleux qu'à tenu le balafré dans l'immonde torchon qu'est le Chicaneur ? Il est hors de question que les élèves de notre maison croient ces immondices. Croyez-vous vraiment que Vous-Savez-Qui est de retour ? Croyez-vous vraiment que si c'était le cas certains d'entre nous seraient encore à Poudlard, sous la surveillance de Dumbledore, au lieu d'être dans nos familles ? Ici à Serpentard nous ne sommes pas des idiots. Nous croyons ce que nous voyons ! Et savez-vous ce que j'ai vu l'année dernière ? J'ai vu Potter être jaloux de l'attention que nous portions à Diggory, le vrai champion de Poudlard. J'ai vu Potter porter le cadavre de ce même Diggory et être sacré champion du tournoi. Et surtout j'ai entendu Potter propager des rumeurs comme quoi Vous-Savez-Qui serait de retour dans l'espoir de nous faire oublier la mort suspecte de ce pauvre Cédric !
Si vous donnez de l'importance aux propos de Potter, alors vous n'avez rien à faire ici et vous pouvez partir. Parce qu'ici nous savons la vérité. Et je vous le dis, en l'honneur de la mémoire de Cédric nous n'oublierons rien. Je veux que chacun d'entre vous rappelle à Potter ce qu'il a fait ! Je veux que jamais il n'oublie qu'il est un assassin ! Est-ce que c'est clair ?!
J'ai vraiment honte de tenir des propos pareils. J'ai vraiment honte de manipuler mes camarades dans l'espoir qu'ils accusent Potter et qu'ils le fassent passer pour un menteur. Mais je dois faire ce qui est le mieux pour moi. Pour l'instant, je dois plaire à mon père. Sans ça je ne serai pas marquée à la fin de l'année scolaire et je ne pourrai pas gagner la confiance du Lord et pouvoir jouer mon rôle dans cette guerre à venir.
La réunion se termine et je sais que j'ai réussi. J'espère que Drago ne m'en voudra pas trop. En me rendant à la Grande Salle, je constate qu'un nouvel amendement de notre directrice a été affiché. Tout élève aperçu en possession du Chicaneur sera renvoyé. Et merde. Est-ce qu'Ombrage à une idée de comment marchent les adolescents ? On leur interdit un truc et ils vont s'empresser de le faire. D'ici demain, toute l'école aura lu le journal. Heureusement que j'ai briefé les élèves de ma maison.
Durant l'après-midi, deux rumeurs semblent s'être emparées de Poudlard. D'un côté les pro Potter qui croient en son histoire et de l'autre les anti Potter qui le prennent pour un menteur. Et malheureusement le balafré a plus de monde dans son camp que prévu. Je ne sais pas quoi faire. Putain.
Et comme si ça ne suffisait pas, cet après-midi j'ai divination suivi d'un double cours de défense contre les forces du mal. Je crois que je vais faire une crise de nerfs. Si Trelawney annonce encore une fois la mort de Potter je vais réaliser sa prédiction en jetant ce crétin du haut d'une tour. Ou pas vu que ça rendrait Hermione triste. Putain.
Heureusement la vieille chouette semble d'une humeur délicieuse puisqu'elle annonce à Harry qu'il ne mourra pas et qu'il aura douze enfants. Mon Dieu. Je crois que je préférais encore quand elle annonçait son décès finalement. Parce que là, je me suis imaginée accompagnant Hermione chez un Potter père de famille avec douze marmots aussi cons que lui autour de moi et en fait c'est un cauchemar. Je vais voir si je peux pas lui jeter un sortilège de stérilisation, je ne veux pas prendre de risque. Bon sang, je perds la tête. J'ai vraiment besoin de dormir. Et d'embrasser Hermione. Mieux, d'embrasser Hermione puis de m'endormir dans ses bras. Voilà, ça c'est un bon plan. Du coup, je passe tout mon cours à chercher un moyen d'entrer dans les dortoirs de Gryffondor puis dans la chambre de ma copine. Et j'avoue que ça m'occupe tellement que je ne vois pas la fin du cours arriver.
Je dois m'armer de courage pour affronter le cours d'Ombrage. Son bouquin je vais lui faire bouffer. Non mais sérieusement, elle croit quoi ? Qu'on va affronter des ennemis en leurs lançant des bouquins à la tronche ? Cela dit, j'imagine bien la tronche du Seigneur des Ténèbres si on lui lançait un exemplaire de l'Histoire de Poudlard au visage. Je crois que ça me ferait même rire.
Et merde, j'ai imaginé la scène et ri à haute voix. Et la professeure a cru que je me foutais d'elle. Merde, merde, merde.
- Mon cours vous fait rire mademoiselle Selwyn ?
- Non professeure.
- Alors puis-je savoir l'objet de votre amusement ?
- Je repensais à la défaite de Gryffondor contre Poufsouffle lors du match de quidditch de ce week-end. Je suis désolée professeure.
- Restez concentrée.
Je rêve ou je viens d'échapper à une retenue et à une perte de points ? Je ne vais pas chercher à comprendre, je vais juste remercier le ciel pour ce coup de chance.
Aux regards interloqués que me lancent les autres élèves, je comprends non seulement que m'entendre rire les a surpris mais que le semblant de laxisme d'Ombrage les a choqués. En même temps, mon père bosse au ministère, donc j'imagine que la dame en rose a intérêt à rester dans mes bonnes grâces. Et mais ce n'est pas bête ça. Pas bête du tout. J'ai une idée de génie ! Je vais me servir d'elle pour parvenir à mes fins. Le cours me semble d'un coup devenir plus intéressant et je fais de mon mieux pour donner l'exemple d'une bonne élève.
Dès que le cours se termine, je cours jusqu'à la bibliothèque. J'ai une certaine fille de Gryffondor à y retrouver. Je m'installe à notre table habituelle et elle me rejoint quelques instants plus tard. Je l'embrasse furtivement et, par Merlin, la sensation de ses lèvres contre les miennes me rend dingue. Je dois me retenir pour garder notre baiser chaste. Mais nous sommes ici pour travailler, le plaisir viendra ensuite. Après l'effort, le réconfort comme on dit.
Avant que nous commencions nos révisions, je lui fais part de ma journée et des évènements qui se sont produits. Elle ne semble pas ravie par mon petit discours de ce midi mais elle comprend que je n'ai pas eu le choix. De plus, lorsque je lui expose mon petit plan concernant Ombrage elle trouve l'idée plutôt bonne et me conseille d'en parler à Drago avant de la réaliser. Par Morgane, cette fille est brillante.
Nous nous mettons au travail et je m'aperçois que j'ai pris un peu de retard dans mes révisions, surtout en potions. Je vais devoir mettre les bouchées doubles si je veux être prête à tempos pour les BUSES. Mais bon, au moins dans les autres matières je vais assurer.
Après une bonne heure à bachotter, j'ai vraiment faim. Enfin, j'ai surtout envie de taquiner ma copine. Elle est concentrée sur son livre de sortilèges. Ses sourcils sont froncés et elle fait une petite moue adorable. Je décide de lui faire du pied. Pour se faire j'enlève l'air de rien ma chaussure droite, et tout en faisant semblant de lire, je fais glisser mon pied le long de sa jambe, le remontant tout doucement le long de sa jambe. Elle tousse et je relève ma tête. Elle me regarde avec un air interrogateur et je me contente de sourire en continuant mon manège. Elle choisit de reprendre sa lecture. Qu'importe. Je la veux et je l'aurai. Je remets ma chaussure et me lève le plus silencieusement possible de ma chaise. Elle pose son regard sur moi et je m'approche doucement d'elle. Je vérifie que personne ne nous épie et je pose mes lèvres dans son cou tandis que mes mains se posent sur ses hanches. Je laisse une nuée de baises le long de son cou, puis remonte vers sa joue et enfin j'atteins mon objectif à savoir ses lèvres. Je sais que je ne dispose que d'un court instant, nous sommes dans un lieu public et n'importe qui peut débarquer à tout moment. Je choisis donc de juste passer ma langue sur ses lèvres avant de retourner m'asseoir. Ses yeux se posent sur moi, ses pupilles sont dilatées. Elle se mord la lèvre. J'ai envie de plus, mais ce n'est ni l'endroit, ni le moment.
Mon estomac me rappelle à la réalité. Je range mes affaires et elle fait de même. Elle dépose un léger baiser sur mes lèvres avant de rejoindre la Grande Salle pour le repas. J'attends dix minutes avant de sortir de la bibliothèque.
Lorsque je rejoins enfin Drago à notre table, la conversation tourne encore et toujours autour de l'article paru dans le Chicaneur ce matin. J'écoute les conversations d'une oreille attentive tout en mangeant. L'avantage de la purée c'est que le bruit de la mastication ne me dérange pas. Les élèves de ma maison semblent majoritairement d'accord pour ne pas croire Potter. Bien, au moins mes propos ont été aussi efficaces que faux. Je finis mon assiette et je pars me coucher. J'ai besoin de dormir.
Le lendemain, c'est en cours de soins aux créatures magiques que j'ai enfin un moment seule avec Drago. Hagrid nous a mis par équipe de deux, j'en profite donc pour me mettre un peu à l'écart du groupe avec mon partenaire. Je lui explique l'idée que j'ai eu pour pouvoir gagner un peu de contrôle sur cette école et surtout la confiance d'Ombrage. Après tout, toute l'école est contre elle, elle va donc avoir besoin de soutiens. Et quoi de mieux qu'une brigade d'élèves de Serpentard triés sur le volet pour faire régner l'ordre dans l'école. Des élèves de confiance, avec des parents hauts placés au Ministère afin qu'elle puisse se faire bien voir d'eux. Elle ne pourra pas résister à cette proposition. Et de mon côté je m'assure de pouvoir protéger le club de défense de Potter en connaissant les informations qu'à Ombrage sur eux.
Drago trouve que mon idée est bonne. Il me demande juste d'attendre un peu avant de la mettre en place, sinon Ombrage sentira le piège arriver. Il faut d'abord la mettre en confiance. Ensuite nous pourrons passer à l'attaque.
Nous nous rapprochons discrètement du reste du groupe et nous plaçons stratégiquement vers Harry et Ron afin d'écouter leur conversation. Ils parlent de l'anniversaire du rouquin qui tombe lundi prochain. Apparemment ils prévoient une fête. Ça veut dire qu'Hermione va vouloir passer du temps avec lui. Alors ça c'est mort. Je refuse. Bon je n'ai pas vraiment mon mot à dire mais quand même. Ce type est un gros sac à merde. Hm. Je peux toujours m'arranger pour qu'il ait une retenue ce jour là. Mais après Hermione va m'en vouloir. Putain pourquoi sont-ils amis déjà ? Je ne comprendrai jamais.
Le cours touche à sa fin et je m'empresse de rentrer me mettre au chaud. Ce mois de février est plutôt frisquet et je rêve de me caler au coin du feu avec un bon livre. Une fois arrivée dans ma salle commune, je pique le fauteuil d'un élève de première année et je sors mon bouquin. C'est un ouvrage sur l'Histoire de la sorcellerie dans le monde et notamment les guerres franco-anglaises au Moyen-Âge. Alors que les moldus se battaient entre eux avec leurs épées et leurs boucliers nous les aidions dans l'ombre. Par exemple une sorcière française notable, Jeanne d'Arc, les a même aidés mais sa seule récompense fut de périr sur le bucher. Enfin selon la version moldue. En réalité, elle s'est jetée un sort anti brûlure et a transplané tranquillement. Les moldus étaient contents, pour eux la sorcière était morte. En vérité elle a vécu une vie longue et prospère et a même eu des enfants. La moralité de l'histoire, c'est que les moldus sont parfois un peu abrutis quand la magie se passe sous leurs yeux. Mais tant mieux, sinon nous n'aurions pas pu rester cachés aussi longtemps et être en sécurité. Car les moldus ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas. Ils cherchent à l'anéantir au lieu de vouloir l'étudier. Nous pourrions tous vivre en harmonie. Après tout, certains sorciers sont nés-moldus et leurs familles le vivent bien.
Perdue dans ma lecture, je ne me rends pas compte qu'il est l'heure pour moi de rejoindre Harry pour notre leçon. Je me suis entrainée sur mon patronus et j'ai réussi à entrevoir une forme. Je n'ai pu déceler ce que cela représentait mais c'était assez imposant. Je cours jusqu'à la salle sur demande et j'arrive pile à l'heure. Nous nous mettons tout de suite au travail, et je n'arrive pas à exécuter le sort. Je ne suis pas concentrée. Être en présence de Harry me met mal à l'aise quand je pense à ce que je dois lui faire endurer. Il semble comprendre mon trouble puisqu'il prend la parole.
- Je comprends ce que tu as fait tu sais.
- Pardon ?
- Les élèves de Serpentard semblent prendre un malin plaisir à me discréditer et je sais que tu n'y es pas étrangère.
- Je n'avais pas le choix Harry. Je dois continuer à te faire passer pour un menteur pour satisfaire mon père.
- Je sais. Je ne t'en veux pas.
- N'en veux pas à Drago non plus.
- Pourquoi ?
- Il a les mêmes ordres que moi. Ça ne l'enchante pas plus que moi.
- Tu parles de Drago Malefoy là ?
- Oui. Lui et moi, on est dans le même bateau.
- J'en doute. Il me cherche depuis ma première année.
- Les gens changent.
- J'ai l'impression qu'il y a plus à l'histoire que ce que tu veux bien me dire.
- Il est plus que ce qu'il laisse paraître c'est tout.
- Je vois. On s'y remet ?
- Allons-y.
C'est le cœur plus léger que je reprends ma leçon. Mais je n'arrive toujours pas à lancer le sort. Je ferme les yeux et inspire un grand coup. Et je repense au sourire de Hermione lors de la Saint-Valentin, lorsqu'elle a accepté de devenir ma petite-amie. Je repense à la chaleur de son regard lorsqu'elle me dévisage. Je repense à son sourire, celui qui m'est réservé. Je repense à la douceur de ses lèvres.
- Spero Patronum !
J'ouvre les yeux et je vois une forme d'ours argentée sortir de ma baguette et parcourir la pièce. J'ai réussi. J'ai réussi à faire un patronus corporel. Mon dieu, j'ai réussi ! Je ne peux retenir ma joie et même Harry me sourit.
- Excellent !
- Tu vois que tu es un bon professeur ! Tu peux définitivement l'enseigner aux autres !
- Je peux te poser une question ?
- Hm ?
- Quel souvenir heureux tu as utilisé ?
- C'était plus le souvenir d'une personne qu'un souvenir heureux.
- Ha ?
- Je sais pas, j'ai pensé à elle et c'est comme si tout mon corps vibrait de bonheur.
- Hermione est au courant que tu l'aimes ?
Quoi ? Comment il sait que je parle d'elle ? Ce garçon est terriblement perspicace parfois, ça me sidère. Je prétexte qu'il se fait tard pour m'enfuir. Je ne suis pas prête à subir un interrogatoire en bonne et due forme. En plus, j'ai sommeil. Je rentre vite me coucher, un sourire aux lèvres.
La semaine se passe tranquillement, et bientôt nous sommes lundi. Ce qui veut dire l'anniversaire du rouquin. Il a l'air tout heureux alors que nous sommes à la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Il reçoit une lettre, probablement de sa famille. J'aurais aimé que sa mère lui fasse parvenir une beuglante comme lors de notre deuxième année, ça c'était vraiment drôle. J'espère qu'Hermione viendra quand même à la bibliothèque ce soir, je n'ai pas trop pu la voir ce week-end. Et j'ai besoin d'un bisou.
En parlant du loup, elle vient rejoindre Ron à sa table. Elle lui fait même un bisou sur la joue. Mon sang commence à bouillir. Comment peut-elle embrasser ce troll mais pas sa copine. Okay, respire Selwyn. Tu ne vas pas être jalouse de ce pauvre type quand même. Quand même, si je dois embrasser ma copine aujourd'hui, je lui nettoierai la bouche avant. On n'est jamais trop prudent. Peut-être que sa connerie est contagieuse. Drago me file un coup de coude, apparemment je fixe Weasley depuis trop longtemps. On va finir par croire que je m'intéresse à lui.
Le point positif c'est qu'aujourd'hui il n'aura que des cours de merde. Et pendant le cours de potions, Rogue décide de nous répartir en groupe de deux. Et deviner qui se coltine le rouquin ? Gagné, c'est moi. Drago est avec Hermione. Au moins il peut lui dire du bien de moi.
Putain mais qu'il est con. S'il fait foirer notre potion, je lui plonge la tête dedans. Alors qu'il s'approche pour verser un ingrédient dans notre chaudron, je m'aperçois qu'il a pris une trop grosse dose. Je lève les yeux au ciel et lui demande de s'asseoir afin que je puisse m'occuper de notre concoction. Il refuse au motif qu'il sait ce qu'il fait. Je soupire. Je lui rappelle qu'il n'est qu'une gargouille et qu'il ne sera jamais accepté en potions l'année prochaine donc autant qu'il laisse travailler ceux qui ont une chance de réussir. Il s'énerve et le bout de ses oreilles devient rouge. Qu'il est ridicule. Je n'ai pas de temps à perdre avec lui. Je m'assois et le laisse faire. J'en profite pour rédiger un parchemin de compte-rendu de l'exercice. Au moins j'aurai une bonne là-dessus. Un étrange gargouillement me fait lever les yeux de mon papier. Génial, notre potion fait des grosses bulles. Ron est complétement décontenancé. Alors que le professeur s'approche, je choisis d'enfoncer Weasley.
- Je t'ai dit que tu mettais trop de poudre de larves séchées dans le chaudron par Merlin. Laisse-moi rectifier ça et ne t'approche plus de ce chaudron.
Je corrige son erreur et quand Rogue arrive à notre table, tout est en ordre. Il choisit quand même d'interroger Ron sur ce qu'il s'est passé. Ce dernier bafouille un semblant d'excuses. Rogue retire dix points à Gryffondor et en rajoute quinze à ma maison. Il ordonne au rouquin de suivre mes directives puisque je sais ce que je fais. Ce dernier fulmine. Bien fait. Il a failli me coûter une bonne note.
Le cours se termine et je remets un échantillon ainsi que mon parchemin au professeur. Normalement c'est un optimal assuré. J'ai bien fait de réviser d'arrache-pied.
Le reste de la journée se déroule tranquillement, mais malheureusement Hermione ne me rejoint pas à la bibliothèque, elle doit sûrement fêter l'anniversaire de l'autre tâche. Tant pis, je vais me coucher un peu déçue. Mais les amis passent avant tout, je peux le comprendre, même si cet ami est un crétin notoire.
Le lundi suivant, la journée semble bien partie. Mais à l'heure du diner un événement plus ou moins tragique se produit. Alors que je me ressers une assiette de patates frites, un brouhaha venant du Hall m'alarme. Je vois que les élèves commencent à sortir et je me décide à les imiter. Le spectacle qui s'offre à moi est pitoyable. Le professeur Trelawney se balance d'avant en arrière sur sa malle, en plein milieu du Hall tandis qu'Ombrage la toise depuis l'escalier. Mais que se passe-t-il bon sang ? Je comprends bien vite que Trelawney est en train de se faire virer. Ce n'est pas un bon professeur, et certainement pas une vraie voyante mais elle fait partie de Poudlard, elle ne peut pas se faire licencier comme ça. Puis c'est à Dumbledore de le faire, c'est lui le directeur.
Le professeur McGonagall intervient et enfin le directeur fait son apparition. Il autorise Trelawney à rester à Poudlard. Il l'informe même qu'il a trouvé un professeur en remplacement. Ombrage semble outrée. En même temps, elle se croyait toute puissance et en un instant la réalité l'a frappée en pleine face. Elle n'est rien ici, qu'un élément perturbateur qui ne restera pas éternellement.
Le nouveau professeur de divination arrive enfin et je le reconnais. C'est le centaure qui m'a sauvée l'autre jour. Son nom est Firenze apparemment. Il a l'air gentil. Puis de toute façon, du moment qu'il n'annonce pas la mort de Potter à chaque cours, on devrait bien s'entendre. Quand Ombrange voit la créature, j'ai l'impression qu'elle va défaillir. Aurait-elle peur des centaures ? Intéressant. Connaître les points faibles de ses ennemis est un atout majeur. Elle remonte l'escalier d'un pas rapide, sûrement pour aller se plaindre au Ministre de la Magie. Grand bien lui fasse. Tant que Dumbledore sera là, elle n'aura aucun pouvoir réel. Cet homme est un des plus grands sorciers de tous les temps, et ce n'est pas un politicien qui lui fera peur.
Le directeur parcoure la foule du regard et j'ai l'impression que ses yeux se posent sur moi un peu trop longtemps. Que sait-il au juste ? Je suis sûre qu'il a connaissance de plus de choses qu'il ne le laisse paraître. Je n'aime pas vraiment sa façon de me dévisager. Est-il au courant de ce qu'il se passe dans ma vie ? A-t-il été prévenu que je joue un double-jeu? Peut-il lire les secrets de mon cœur. Je secoue la tête. Non, je me fais des idées. Il ne peut pas savoir.
Je décide d'aller me coucher. Il se fait tard.
Deux jours plus tard, j'assiste à mon premier cours de divination avec Firenze. Je suis étonnée de me retrouver dans une telle salle de classe. Le sol est recouvert d'un moelleux tapis de mousse et on y a planté des arbres. Leurs branches luxuriantes se déploient à la surface du plafond et devant les fenêtres, laissant filtrer dans toute la pièce des rayons obliques d'une lumière verte, douce et tachetée. Firenze se tient debout au milieu de la clairière, dans un espace dépourvu d'arbres. D'un coup il fait apparaître un ciel étoilé et nous demande de nous allonger au sol. Puis nous avons fait brûler de la sauge et du observer les volutes de fumées. Aucun de nous n'a réussi à voir quelque chose et selon le professeur cela est dû à notre nature humaine. En gros parce que nous sommes humains nous sommes idiots. C'est un mec avec un corps de cheval qui nous dit ça. En plus, ce n'est pas comme si la divination était une science utile hein. Au moins avec Trelawney je prévoyais une catastrophe et j'avais une bonne note. Avec Firenze je sens que cela va être plus compliqué. Je comprends mieux pourquoi Hermione a abandonné la matière.
Lorsque je la retrouve plus tard à la bibliothèque elle m'accueille avec un sourire. Elle me demande si j'ai aimé la divination d'un petit air narquois et je n'ai qu'une envie, l'embrasser pour la faire taire. Mais aujourd'hui la bibliothèque est pleine alors je me retiens. A la place, je m'assois à côté d'elle pendant qu'elle m'aide à réviser le cours de métamorphoses. Nous devons continuer de prétendre qu'elle me donne des cours particuliers. Au moins, nous pouvons passer du temps ensemble. Peu à peu la bibliothèque se vide et nous sommes seules, enfin si on oublie madame Pince. Je pars chercher un bouquin dont j'ai besoin dans un rayon quand j'entends un bruit derrière moi. J'ai à peine le temps de me retourner que je suis plaquée contre le mur le plus proche. Hermione pose ses mains sur mes hanches avant de m'embrasser fougueusement. Je ne cherche pas à comprendre avant de lui rendre son baiser. Mes mains se glissent sous sa chemise pour caresser sa peau. Merlin qu'elle me rend folle. Elle insère sa langue entre mes lèvres et je dois me faire violence pour retenir un gémissement. Je n'ai vraiment pas envie de me faire attraper maintenant. Elle interrompt notre baiser et me dévisage en souriant. Et sans dire un mot elle retourne à notre table. Cette fille sera ma perte. Je me recompose une attitude neutre et je la rejoins. Elle m'attend comme si de rien n'était.
- Je te revaudrai ça.
- On verra
- C'est tout vu.
- Oui oui.
Je lève les yeux au ciel. Avec tout ça j'ai oublié de prendre mon livre. Je file le chercher en vitesse. Je rédige mon parchemin en silence. Rien que l'avoir près de moi me satisfait.
Madame Pince nous vire au bout d'un moment afin de fermer les lieux. Je dis au revoir à Hermione et je rejoins ma salle commune.
Une certaine routine finit par s'installer. Entre les cours, mes séances de révisions avec Hermione et mon temps de détente avec Drago, les jours passent assez rapidement.
Cependant, en ce jeudi 25 mars, un évènement inattendu prend place. Alors que je m'apprête à rejoindre la Grande Salle pour déjeuner, une main m'attrape par le bras et m'entraîne dans une salle de classe vide. C'est Harry.
- Potter ? Mais qu'est-ce qu'il te prend ?
- Je dois te parler.
- De ?
- Hermione ?
- Elle va bien ? Elle est où ?
- Elle va bien. En fait elle est radieuse. Je ne l'ai jamais vu comme ça.
- Et qu'est-ce que ça a à voir avec moi ?
- Je suis au courant.
- De ?
- Que vous êtes ensemble. Elle me l'a dit.
- Ha ?
- Je suis content pour elle. Je pense que tu es bien pour elle.
- Merci.
- Je n'ai pas fini.
- Je t'écoute.
- Si jamais tu lui fais du mal, si jamais tout ça n'est qu'un petit jeu pour toi, si jamais tu lui brises le cœur, je te retrouverai Selwyn. Je ferai en sorte que ta vie soit un enfer. Je te le promets.
- Hormis le fait que je n'ai pas peur de toi Potter, je peux également t'assurer que ce n'est pas un jeu pour moi. Je tiens vraiment à elle.
- J'espère bien.
- Est-ce que tu es le seul au courant ?
- Elle n'a rien dit à Ron si c'est ta question. Je doute qu'il le prenne aussi bien que moi.
- C'est même certain. C'est tout ce que tu avais à me dire ?
- Oui.
- Super, parce que j'ai faim.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre et je pars manger. Se faire menacer ça ouvre l'appétit. Je suis contente qu'elle ait parlé de nous à Harry. Ça veut dire qu'elle assume d'être avec moi donc qu'elle tient vraiment à moi. Que tout ça c'est du sérieux. Je ne suis pas stupide, je sais que nous n'avons que quinze ans. Je sais qu'une guerre se prépare. Je sais que nous serons dans des camps ennemis, que bientôt nous seront séparées. Je sais que le temps qu'il me reste avec elle est compté. Je sais que les chances que nous survivons toutes les deux à cette guerre sont minces. Mais je sais aussi que je l'aimerai aussi longtemps qu'elle me le permettra. Je sais que quand je porterai la marque des ténèbres, ce sont mes souvenirs avec elle qui me permettront de tenir le coup. Je sais que quand je devrai œuvrer pour Voldemort c'est savoir que je fais tout ça pour elle qui me donnera un but.
Je jette un coup d'œil en sa direction. Je la vois rire avec Ginny. J'aimerai tant pouvoir la rejoindre et rire avec elle. J'aimerai tant pouvoir l'embrasser devant tout Poudlard. J'aimerai tant pouvoir partager plus que des moments volés avec elle. Mais pour l'instant, nous devons rester dans l'ombre. Si seulement j'étais un centaure, j'aurais pu lire notre avenir dans les étoiles. Et savoir si j'espère pour rien. Savoir si nous avons une chance. De pouvoir nous aimer au grand jour. Sans mage noir pour nous tuer, sans personne pour nous juger.
Je n'ai plus faim. Je quitte la table et pars me réfugier dans la bibliothèque. J'ai envie de chialer putain. Je m'installe à notre table et prends ma tête entre mes mains. Je sens un corps se serrer contre le mien, et je sens son odeur. Elle reste là, à me prendre dans ses bras. Je me sens en sécurité, apaisée. Tant pis pour le futur. Tant pis pour la guerre à venir. Je ne veux penser qu'à ce moment. Je veux profiter du présent avec elle. Parce que les instants que nous passons ensemble sont la raison pour laquelle je suis heureuse. Parce qu'elle est ma petite-amie et c'est tout ce que j'ai besoin de savoir présentement. J'aime Hermione et je crois que c'est réciproque.
