Chapitre 25 : Déposition

La nuit avait été particulièrement courte et pas aussi reposante qu'il l'aurait souhaité. Les bruits et les odeurs de la chambre d'hôpital où il se trouvait, avait dérangé en permanence ses sens en alerte. Vieux réflexe de soldat dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Les passages réguliers du personnel soignant pour les soins ou pour seulement la surveillance, aussi discret furent ils, le tirèrent de son sommeil l'obligeant à faire face à chaque fois aux questions qu'il se posait sur Tony.

Il avait en une seule nuit, échafaudé tout un tas de scénario plus dingue les uns que les autre mais n'avait pas trouvé d' explication satisfaisante. S'il l'avait pu il se serait levé pour marcher et quitter cet endroit qui sentait un peu trop fort l'antiseptique mais il était incapable de se mettre seul assis dans son lit, alors il n'osait même pas imaginer la douleur qu'il ressentirait s'il essayait de se mettre debout.

Finalement les heures passèrent et le retour de Jenny se fit plus rapide que ce qu'il avait escompté. Il aurait aimé avoir l'occasion de parler à ses agents avant de discuter avec elle mais il se doutait qu'elle ne lui en laisserait pas l'occasion. Elle ne voulait pas prendre le risque qu'ils se mettent d'accord sur le déroulement des opérations. Elle voulait pouvoir confronter leurs dépositions à la recherche d'une erreur.

Gibbs savait qu'elle n'en trouverait pas, pas plus que de mensonge ou d'indice de trahison. Le plan qu'ils avaient suivit quasi aveuglement et sans vraiment le comprendre, avait été parfait. Elle allait pourtant chercher parce qu'elle était un bon agent et qu'elle avait des responsabilités envers sa hiérarchie. Il ne lui cacherait rien, d'essentiel tout du moins, sur ce qui s'était passé, mais il garderait pour lui certains éléments qui pourraient paraître louche aux yeux de son ancienne coéquipière.

« Bonjour Madame le directeur. » L'accueillit-il quand elle entra dans sa chambre.

Elle n'était pas seule. Deux hommes vêtu de costumes sombre l'accompagnaient en arborant un air sévère et intransigeant qui lui fit hausser les sourcils. L'absence de Ducky lui fit craindre le pire, puis il comprit que Jenny faisait les choses en grande pompe pour montrer sa bonne volonté et son intégrité aux autres agences. Le légiste avait dû être prier d'attendre qu'ils aient recueillit sa déposition

« Messieurs. » Salua-t-il avec un sourire ironique. « Suis je en état d'arrestation? »

« Ne dis pas n'importe quoi, Jethro! » Intervint Sheppard . « Ces messieurs sont là pour le compte de la CIA et du FBI. Nous nous sommes mis d'accord, entre directeurs, pour que nos rapports soient tous rédigé ensemble afin que nous classions le plus rapidement cette triste affaire. Au cas où tu l'aurais oublié, nous avons travaillé ensemble sur cette enquête pour le moins complexe. Les agents Smith de la CIA et Jervis du FBI sont les représentants de leur directeur qui n'ont pu se libérer pour cet entretien.»

« Je suis à votre disposition . » Repondit Gibbs fixant un peu plus longuement l'homme qui devait appartenir au FBI. Il l'avait déjà vu au côté de Fornell mais aussi quand Jenny avait débarqué chez lui quelques jours auparavant pour récupérer Tony.

« Commençons alors! » Proposa Jenny en s'asseyant sur une chaise non loin du lit alors que les deux hommes restaient en retrait près du mur du fond faisant face au lit de Gibbs. « L'agent Smith va enregistrer notre conversation et nous en ferons une transcription que nous te ferons signer plus tard. »

« Méthode habituelle. » concéda Gibbs.

« Il faut bien que quelqu'un respecte le règlement. » Crut bon de faire remarquer l'agent de la CIA en déposant le petit magnétophone sur la table à roulette qu'il déplaça pour que l'appareil puisse enregistrer toutes leurs voix sans qu'on le bouge à nouveau.

« Si vous voulez, mais dans ce cas expliquez moi comment et pourquoi de tels psychopathes ont pu agir aussi librement alors que vous étiez sensé les avoir à l'oeil? » Demanda vivement l'ancien marine.

Il n'avait pas posé cette question dans le but d'obtenir une réponse mais plus pour savoir comment s'établissait la hiérarchie de ceux qui étaient venu lui tirer les vers du nez. Il examina donc avec soin les réactions des trois personnes qui se trouvaient face à lui. L'agent de la CIA, un homme encore jeune rougit gonflant légèrement les joues comme un enfant prit en faute et honteux. Il s'apprêtait à répliquer quand l'agent du FBI, un peu plus expérimenter et habitué sembla-t-il à Gibbs à agir promptement avec des agents plus jeune, le retint d'un geste de la main.

« C'est à nous de poser les questions, agent Gibbs. » Lui répondit Jervis avec un sourire polis.

« Tout à fait. » Approuva Jenny en hochant la tête. « Et nous nous attendons à ce que tu y répondes honnêtement. »

La réaction de Jenny lui parut plus mitigé et plus timide qu'il ne l'aurait souhaité. Il était clair qu'ayant le plus haut grade et le niveau d'ancienneté le plus élevé, elle avait le droit d'exercer une certaine autorité sur tous les agents présents dans sa chambre pourtant elle se rangeait, sans garder de distance, à l'avis de l'agent Jervis. Pourquoi, cela restait à découvrir, mais cela indiquait clairement qui dirigeait le débat et ce n'était pas pour déplaire à Gibbs.

« Et bien j'attends. » Dit-il en fixant son attention sur l'agent du FBI pour leur montrer qu'il savait qui arbitrait leur conversation.

« Nous savons qu'après avoir quitté les locaux du NCIS contre l'ordre formel que vous avait donné Madame le directeur, vous et vos collègues êtes allé chez vous. » résuma rapidement l'agent Jervis en plissant les yeux. «Nous aimerions savoir ce que vous avez fait jusqu'à ce que nous venions vous chercher le lendemain matin? »

« Nous avons continué à mener l'enquête sur la personne qui en avait après mon agent. » Répondit Gibbs sans montrer la moindre hésitation. « Notre priorité était de la neutraliser avant qu'elle n'ait le temps de mettre ces menaces en exécution. Je pense que vous avez eut le temps de vous informer sur cette menace.»

« Vous saviez pourtant qu'en quittant le NCIS, vous désobéissiez à un ordre directe. Pourquoi ne pas avoir accepté de partager vos informations et vos découvertes avec nous ? » continua Jervis en croisant les bras sur sa poitrine.

« Et bien parce qu'il me semblait flagrant qu'aucun d'entre vous ne semblait décidé à orienter l'enquête vers notre principal suspect. Il était clair pour mes hommes et moi-même que votre objectif différait grandement du notre, puisque votre intention première était d'utiliser mon agent pour soi-disant mettre en évidence sa relation avec une organisation terroriste. »

« Vous savez tout comme nous que ce ne sont pas les preuves qui manquent. » continua l'agent du FBI avec un demi sourire.

« Tout dépend du point de vue. » Répondit Gibbs du tac au tac se demandant ou voulait en venir Jervis. Il se souvenait parfaitement de lui quand il avait accompagné Jenny et plus tard lors des évènements dans le parc. Il savait que l'homme n'était pas venu seul et que son coéquipier n'était personne d'autre que l'agent Austin, celui appartenant à « la main gauche de Dieu ». « Si vous connaissez le dossier aussi bien que cela vous devez reconnaître que des erreurs ont été commises par les soit disant « gentils » de l'histoire. »

« Vous savez qu'il est inutile de chercher à blanchir l'agent DiNozzo, alors pourquoi vous entêtez à essayer? Pourquoi vouloir nous empêcher de démanteler cette organisation criminelle? »

« Parce que tout ceci appartient à son passé. Tony n'a plus aucun rapport avec eux. » Assura Gibbs.

Un mensonge bien entendu. Gibbs le savait mais il n'allait pas les laisser considérer Tony comme un suspect. Si ces gens avaient fait correctement leur travail à l'époque du pensionnat tout aurait pu être différent. « La main gauche de Dieu » n'aurait pas eut à intervenir à chaque nouveau jeu et Tony aurait eut une vie différentes. Il était trop tard pour y changer quoique ce soit, mais il s'arrangerait pour disculper Tony de toute implications avec « la main gauche ».

« Et si nous pouvions vous apportez la preuve que c'est faux? » tenta l'agent Jervis en haussant les épaules.

« Je ne vous croirais pas. »

« Jethro, nous avons retrouvé une carte postale dans la veste de Renthworth. » Intervint doucement Jenny bien décidé à ne pas le laisser se braquer et s'enferrer dans un silence qui ne serait bon pour personne.

« Et alors? D'après ce que j'ai cru retenir de ce que tu m'a dit hier soir, Renthworth est mort au moment ou un entrepôt nous tombait sur la tête ! Comment veux tu que nous ayons quelque chose à voir là dedans! »

« Agent Gibbs, ce que nous sommes bien décidé à découvrir c'est si quelqu'un a prit contact avec vous pendant que vous et votre équipe vous trouviez à vote domicile. » Expliqua L'agent Jervis.

Gibbs fit un rapide calcul en entendant ses paroles. Ils en étaient encore à se demander comment la main gauche avaient fait pour avoir toujours un coup d'avance sur eux. Pathétique estima Gibbs mais il savait qu'il devait répondre avant que son silence ne paraisse être une réponse suffisante qui leur ferait déduire effectivement il y avait eut contact chez lui.

« Non. » Répondit-il sèchement sans hésiter. « Vous devez bien le savoir puisque vous aviez placé des véhicules en surveillance devant ma maison. »

Il remarqua la moue boudeuse de l'agent de la CIA, le haussement d'épaule de Jenny et surtout le petit sourire en coin de l'agent Jervis qui hocha doucement la tête.

« J'espère que vous ne vous attendiez pas vraiment a ce qu'il réponde par un oui! » Marmonna l'agent Smith en lançant un regard courroucé à Jenny et à l'agent du FBI.

« Bien évidemment, Agent Smith. » répondit Jenny en appuyant sur le bouton stop de l'enregistrement pour retourner en arrière effacé son intervention. « Nous n'allons pas non plus admettre qu' un agent terroriste à réussi à s'infiltrer dans la maison sous surveillance d'un ancien marine sans qu'aucun des agents en faction n'aient réussi à être alerté. Nous ne sommes pas aussi incompétent, n'est ce pas? »

Le jeune homme baragouina dans sa barbe quelques mots incompréhensibles en hochant difficilement la tête admettant la justesse des paroles de Sheppard. Gibbs comprit alors que le jeune agent ne devait pas avoir beaucoup d'expérience ce qui permettait à son ancienne coéquipière et à l'agent du FBI de le manipuler assez facilement.

Mais cela révélait aussi que la CIA se lavait les mains de cette affaire. En perdant Renthworth et Valdwiller, cette agence avait perdu les éléments qui constituaient pour elle un intérêt. Leurs recherches et leur expérimentations, voilà ce qui attisait la convoitise de la CIA. Même si l'enquête sur « la main gauche de Dieu » avait pesé dans la balance à un moment cela n'avait été qu'un argument pour pousser le FBI et le NCIS à agir dans leur sens et pour les détourner de Valdwiller.

Devant tant de calcul et de manigance, Gibbs aurait bien exprimé sa façon de penser au jeune agent mais celui-ci n'était qu'un pion, déjà abandonné par ses supérieurs. Il soupira et se concentra de nouveau sur Jenny et Jervis.

« Bien sûr agent Gibbs, nous voulions juste nous assurer que vous sachiez que nous savons. Revenons sur ce que vous aviez découvert. » Annonça Sheppard en remettant l'enregistrement en route.

« Nous cherchions l'adresse du parc où l'enregistrement qui se trouvait dans le cube, nous demandait de nous rendre pour y rencontrer le responsable de tout cela. De plus j'avais envoyé les agents McGee et David chez le suspect que nous avions identifié grâce à l'infirmière qui avait tenté d'agresser Tony à Bethesda. Quand ils sont venu nous rejoindre, nous avons mis en commun nos informations pour tenter de les lier les unes aux autres. »

« C'est de cette manière que vous avez découvert l'identité du poseur de bombe? » Demanda Jervis.

« Oui » répondit Gibbs en grimaçant de douleur. Il ignorait depuis quand cet interrogatoire avait commencé mais il se sentait épuisé par l'attention qu'il leur avait accordé. Il fit un effort pour continuer. Il ne voulait pas remettre cette discussion à plus tard. Il voulait se débarrasser une bonne fois d'eux pour s'inquiéter de ce qu'il pourrait faire pour retrouver Tony. « L'agent McGee a chercher des indices pouvant mettre en évidence que Valdwiller connaissait Tony et Renthworth. »

« Cela s'est avéré positif et concluant. » affirma Jenny en fronçant les sourcils, voyant bien que Gibbs luttait contre sa douleur et sa fatigue.

« Bien plus que cela. » Assura-t-il en serrant les dents. Sa jambe le faisait souffrir. « McGee a même pu remonter jusqu'à Maître Capriotti. Il a facilement démontrer que les dossiers sur lesquels travaillaient Valdwiller était en majorité des clients du cabinet de cet avocat ou bien lié a des dossiers que Tony avait gérer du temps ou il était policier. C'est de cette manière que nous avons trouvé l'affaire de Greg Karson, un criminel que Tony avait arrête après qu'il eu fait exploser une usine qui déversait des produits toxiques dans une rivière. Son père défendait les intérêts de la societé en cause et Tony avait fait de son mieux pour apporté son soutien à Karson qui avait accepté une peine minimale de prison en échange de son témoignage contre la société mais faute de preuve et avec une bonne dose de pot de vin, ce fut à peine si on en parla dans les journaux locaux! »

« Où intervient Valdwiller là dedans? » S'étonna Jervis.

« Karson avait écopé de 5 ans de prison ferme. Il a fait appel au bout de deux pour bonne conduite. Le juge a demandé une évaluation psychologique et Valdwiller s'est aimablement proposé pour intervenir. Débordé comme le sont les tribunaux, le juge n'a pas fait le difficile surtout vue l'excellente réputation qui précédait le psychiatre et il a accepté. C'est de cette manière que Valdwiller a commencé à fournir ses bons soins à Karson jusqu' à en faire son pion dormant

« Ce ne sont que des suppositions! » s'exclama le jeune homme de la CIA.

« Troublantes et assez nombreuses pour soulever un doute raisonnable. » trancha Jervis. « Il est dommage que Karson ne puisse pas témoigner de l'implication de Valdwiller. Il risque de nouveau de payer pour un autre car nous n'avons rien qui prouve que ce soit Valdwiller qui lui ait demandé de réaliser ses bombes. »

« Lapin blanc. » Marmonna Gibbs comme pour lui même avant de reprendre un peu plus haut pour les trois autres qui le fixaient avec beaucoup d'intérêt. « Personne hormis quelqu'un ayant vécu au pensionnat ne savait pour le lapin en peluche blanc. Personne en dehors de ceux impliqués dans la fuite de Tony ne savait l'importance de cette peluche. Karson ne peut pas l'avoir deviné. Ce ne peut être qu'une information que lui a confié Valdwiller. »

« Pure spéculation qui ne tiendra pas dix secondes devant un juge. » Crut bon de faire remarquer l'agent de la CIA en haussant dédaigneusement les épaules.

Gibbs n'ignorait pas que le jeune homme avait parfaitement raison. Il n'avait aucune preuve permettant de soutenir cette théorie qui il le savait était la seule explication. Il ne voulait pourtant pas céder l'avantage à cet arrogant personnage qui le prenait de haut. Il s'apprêtait à répliquer quand la porte s'ouvrit sur un agent du NCIS qui se pencha à l'oreille de la directrice qui pâlit en écoutant ce que l'homme lui soufflait.

« Impossible! » s'exclama-t-elle en se levant d'un bond.

« Non, madame le directeur. Le corps a déjà été transporté chez Ducky pour les premières constatations. »

Elle marqua une hésitation regardant Gibbs en se mordant la lèvre inférieure puis sembla prendre une décision.

« Je dois superviser les opérations afin de m'assurer que la procédure soit respecté et qu'aucune preuve ne disparaisse. Cette disparition tombe un peu trop bien pour être une coïncidence. »

« Si vous pouviez nous tenir informer... » Commença l'agent Jervis en fixant froidement la jeune femme rousse.

« Bien entendu.. » L'interrompit elle avant qu'il ne développe davantage sa pensée. « On vient de m'avertir que Karson a été retrouvé pendu dans sa cellule. »

« Quoi? » S'exclama l'agent de la CIA en bondissant comme s'il venait de se faire piquer par une bestioles à un endroit sensible.

« Je le croyais sous bonne garde... » S'étonna Jervis en fixant l'agent de la CIA qui avait prit une teinte pivoine et gonflé les joues d'indignation.

« Nous le gardions sous constante surveillance dans une cellule de haute sécurité! » Répondit le jeune agent aux sous entendu de l'agent du FBI. « Pourquoi l'autopsie a t-elle été confie a vos services... »

Il semblait de plus en plus dépassé par la tournure des événement ce qui fit sourire Gibbs.

« Il semblerait que les agents que le FBI et le NCIS avaient délégué pour recueillir le témoignage de ce suspect soient ceux qui ont découvert le corps. » Expliqua L'agent sans se préoccuper du regard noire que lui lançait Jenny. Il ne prêtait d'ailleurs plus aucune attention à la jeune femme, plongeant son regard dans le gris métallique de celui de Gibbs. L'ancien marine connaissait très bien cet agent même s'il n'avait que peu de rapport entre leurs équipes. « Il semblerait d'après le premier constat sur la scène de crime que Karson était décédé depuis quelques heures. Apparemment le service des légistes de la CIA ne répondait pas alors d'un commun accord les agents sur place ont décidé de faire appel au labo du NCIS. »

« Je pense que nous avons autre chose à faire que d'écouter des rumeurs! » Coupa Jenny avec un regard noir pour son agent qui ne broncha pas.

Tout comme ses autres collègues du bureau naval, il avait entendu certains détails sur l'affaire et tout comme les autres chef d'équipe, il était arrivé à la conclusion que quelque soit l'embrouille politique qui se cachait derrière cette affaire, Gibbs n'avait pour but que de protéger et venir en aide à l'un de ses hommes. Ce que tous respectaient et comprenaient. Ce qu'ils auraient tous fait à sa place.

Les ragots selon lesquels ledit agent avait put appartenir à une organisation terroriste les faisaient presque rire, tellement le fait d'envisager cette éventualité leur paraissait incongrue. Si effectivement DiNozzo avait appartenu à un quelconque groupement criminel, Gibbs ne s'acharnerait pas à vouloir le sauver! Il aurait lui même trouver le moyen de neutraliser la taupe. Si bien que leur décision avait été prise d'une manière tacite dans un premier temps, en fait temps qu'il restèrent simple spectateur ils se gardèrent d'intervenir, mais des que Jenny leur demanda d'agir, ils savaient tous qu'il prendrait position pour soutenir l'ancien marine.

Gibbs s'en rendait compte. Il se demandait comment cela avait pu lui échapper. Comment et pourquoi il n'avait pas vu et prêter attentions aux petites intentions qu'avaient fait ses collègues depuis que Jenny et le FBI avait débarqué en grande pompe à son domicile. Il fronça les sourcils réalisant que son attention avait été détourné pour qu'il ne s'aperçoive de rien. Il maudit Nino qui devait encore se trouver derrière cela.

« Nous devons mettre fin à cet interrogatoire pour le moment. » déclara Sheppard dans un soupir. « Je dois me rendre rapidement au bureau pour m'assurer que toutes les précautions nécessaires sont prises. »

« Je vais rester avec l'agent Gibbs a fin de nous assurer qu'il ne disparaisse pas.» Annonça Jervis s'attirant un hochement de tête reconnaissant de Jenny et un regard interrogateur de la part de Gibbs.

Ne restait plus qu'au jeune agent de la CIA à faire un choix. Il semblait mal à l'aise et hésiter sur la décision à prendre. Ni Jenny et Jervis ne lui facilitèrent la tache, le fixant avec intensité attendant sa réponse. Il finit par se plier à la décision qui lui semblait la plus logique. Ces patrons avaient déjà montré assez ouvertement leur désintérêt pour cette affaire maintenant que Renthworth et Valdwiller était hors d'état de nuire. Il devait donc se concentrer sur cette mort plus que suspecte qui arrivait à point pour le poseur de bombe. Il devait s'assurer que l'homme était réellement mort et qu'il ne s'agissait pas d'un plan tarabiscoté pour permettre à Karson de s'évader.

Ce fut pourquoi il déclara suivre les agents du NCIS qui retournaient dans leur locaux. Il n'avait pas vraiment confiance en Jenny et son équipe pour mener une enquête impartiale. Il pris soin avant de partir de récupérer l'enregistrement de la déposition de Gibbs et salua les deux hommes d'un léger signe de tête.

Une fois seul, Jervis se tourna vers Gibbs dans l'intention d'être le premier à parler mais l'ancien marine fut le plus rapide.

« Pendu, hein? » Questionna l'agent du NCIS.

Le sourire sur le visage de l'agent du FBI s'élargit.

« Fornell a trouvé que ce plan était excellent. Après tout, il avait parfaitement marché pour lui, n'est ce pas? » répondit Jervis en haussant les épaules.

« Le FBI a donc décidé de permettre à Karson de s'échapper? » Continua Gibbs cherchant à comprendre le but que poursuivait Fornell qui semblait avoir récupérer son poste et son influence au sein de son agence sans y laisser trop de plume.

« Karson n'est qu'une victime. Il a payé sa dette à la société pour ses antécédents de poseur de bombe. En tant que pion dormant, nous savons qu'il n'était pas maître de lui même lors des évènements du parc. De plus il n'a pas fait de dégât qui pourrait justifier...»

« Hormis l'appartement de Tony... »

« Peut être. » fit Jervis en s'approchant pour s'asseoir sur la chaise que Jenny avait occupé le temps qu'elle avait été présente dans la chambre. « L'affaire se présentait assez mal pour lui devant la justice puisqu'il est le seul à être encore vivant et qu'il serait particulièrement difficile d'établir son état de pion dormant maintenant que Tony l'a désactivé! »

« J'ai l'impression que vous me cacher des choses. » Fit remarquer Gibbs en fronçant les sourcils.

« Nous sommes pareils, vous et moi. » Soupira Jervis. « Même si nous n'avons pas toutes les informations, nous avons tous les deux un coéquipiers hors du commun ayant la fâcheuse manie de s'attirer des ennuies. Cependant nous croyons en leur loyauté et nous sommes prêt à les défendre. »

« Vous craignez que votre agent n'ait dépassé les limites légales sur cette affaire et vous tenter de le couvrir? »

« J'ai un peu de mal à croire qu'aucun détail n'est échappé aux éminences grises qui nous ont tous manipulé. C'est pourquoi j'aimerais que nous confrontions nos points de vue sur ce que nous savons sur l'affaire depuis que nous avons été impliqué! »

Gibbs hocha la tête approuvant la démarche de l'agent du FBI. Ce qu'il venait de lui révéler était suffisant pour que l'ancien marine lui accorda une confiance relative. Il espérait juste que les intérêts de Tony et d'Austin concordaient car sinon il savait que l'agent du FBI serait un adversaire implacable.

A suivre...