Une bonne année pour tout le monde, que des jours meilleurs vous soient accordés. Sorciere noire.
Noël et désillusion.
Lucius et Severus descendirent les escaliers un peu préoccupés de l'état d'Harry. Sous les guirlandes et les boules qui garnissaient les rampes et les plafonds du manoir, les deux hommes discutaient de son bien-être. Harry avait l'air si fragile et si faible et Lucius était soucieux car il savait qu'il n'allait pas arranger les choses.
-Tu crois que ça va aller ? S'inquiéta l'homme blond.
-Je pense que c'est le transplanage une fois de plus qui a provoqué les nausées, il faudra qu'il les évite vraiment à l'avenir, répondit le professeur de potions. C'est vrai que là nous n'avions pas le choix malheureusement.
-Heu…...là c'est sûr, ça ne lui réussit pas !
-Ne te fais pas de souci, tout devrait bien aller, Lucius.
Le blond se demanda si Severus avait une idée exacte de son tourment, se doutait-il de ses questions qu'il se posait sans cesse, ou avait-il évité sciemment ses interrogations ?
-Dis ! Interrogea de nouveau le blond étonné pour ne pas dire perplexe devant la décoration depuis qu'il était entré dans le manoir et qui voulait arrêter de penser à son départ. Est-ce toi qui as demandé à ton elfe une telle profusion de décoration ?
-Certainement pas, tu me connais mieux que ça, non ! Crois-tu que j'aurais permis une avalanche de niaiseries ! S'exaspéra le Serpentard aux yeux noirs. Je crois qu'Harry et Poppy ont combiné ça derrière mon dos comme deux garnements malicieux.
-Que vas-tu faire ? Pouffa Lucius Malfoy en repoussant une guirlande scintillante qui venait de se poser sur son épaule.
-Rien, si Harry est heureux comme ça je ne vois pas pourquoi je le lui interdirais, il faut bien que je fasse quelques concessions de temps à autre.
-As-tu prévu quelque chose pour ce soir, je te signale que c'est No……
-Noël, oui je sais, se crispa l'homme allergique au nom même de la fête ridicule que les gens semblaient adorer. Tout le monde me le répète depuis une semaine, comme si j'avais des trous de mémoires !
-Quand il s'agit d'halloween de la st-Valentin ou de Noël tu as toujours des trous de mémoire, ricana Lucius. Mais là j'ose espérer que tu vas faire un effort pour Harry. Lui as-tu acheté un cadeau au moins ?
-Hein ! Ben non pourquoi ?
Lucius soupira en claquant la langue et en retirant sa cape qu'il avait encore sur ses épaules.
-Je reste ici à surveiller ton morveux et toi tu te dépêches de partir à Pré-au-lard pour lui trouver un cadeau satisfaisant, vu !
Le maître des potions s'arrêta net en bas des escaliers et regarda son ami.
-Et je prends quoi ? Tu sais que je n'ai jamais fait un cadeau personnel à quiconque jusqu'à maintenant. Je n'ai aucune idée de quoi lui offrir !
-N'as-tu pas une idée ? Il s'agit de ton amant, chéri, et du père de ton futur enfant qui plus est !
-D'accord tu ne veux pas m'aider, je trouverais seul, pesta l'homme en sortant du manoir dans une envolée de cape récalcitrante.
Lucius Malfoy se rendit, mélancolique, dans le salon où cinq minutes plus tard Poppy lui porta un plateau des meilleures choses de sa cuisine pour le faire patienter jusqu'à ce soir. A vrai dire le Serpentard n'avait pas faim, il se sentait mal à l'aise pourtant il ne pouvait pas reculer, il pensait toujours que c'était, selon lui, la meilleure chose à faire.
L'elfe fit virevolter les boules de Noël qu'il avait suspendu à ses longues oreilles, il était content aujourd'hui, il était allé voir monsieur Harry qui dormait paisiblement et puis pour la première fois il s'était vraiment amusé comme un fou à décorer la grande maison. Maître Snape n'avait pas lancé son regard noir ni rouspété quand il avait vu ce qu'il avait fait durant son absence, finalement monsieur Harry avait raison, maître Snape avait capitulé, bien malgré lui mais il l'avait fait.
Poppy pensa que le jeune sorcier serait ainsi plus reposé pour le réveillon de ce soir, il avait passé du temps à la cuisine à lui préparer de bons petits plats, il voulait que tout soit parfait pour ce jour de fête. Le premier Noël du Gryffondor au manoir Prince.
Trois heures plus tard Severus Snape revint, de la neige plein les cheveux. Il se secoua, posa sa cape sur une chaise et d'un geste envoya ses paquets sous le sapin où patientaient bien sagement d'autres cadeaux qui n'attendaient que des mains empressées pour les déballer.
L'homme regarda Lucius endormi sur le canapé, il savait que le blond tramait quelque chose, il le connaissait assez pour savoir qu'il allait fuir une fois de plus. Ce qu'il redoutait c'était la réaction d'Harry, comment le garçon allait prendre ce déni ? Est-ce qu'il n'allait pas prendre cette fuite comme un refus de Lucius de l'aimer ? Enfin il verra ça le moment venu et d'après ce qu'il savait du Serpentard cela n'allait pas tarder il l'avait bien senti tout à l'heure avant qu'il ne parte au village.
Le maître des potions s'installa près de la cheminée pour se réchauffer alors que Lucius se réveillait.
-Déjà de retour ? Lui Demanda-il en s'asseyant.
-Tu en as de bonne toi ! Voilà trois heures que je suis parti, j'ai eu un mal fou à trouver ce que je voulais, répliqua Severus. La plupart des…….magasins étaient fermés.
-Donc tu as fait tes achats ! Et tu as trouvé ton bonheur ? Le taquina Lucius Malfoy.
-J'espère, répondit simplement le professeur Snape. Et pas la peine de m'interroger je ne te dirai rien, Lucius.
-Oh ! Mais moi je ne veux pas le savoir, mentit le blond qui en mourrait pourtant d'envie.
-Tu meurs de curiosité ! Sale Serpentard vicieux.
-Aucunement, Severus, seulement j'espère que tu ne lui as pas acheté un livre de potions, ricana le blond. Je sais que tu en es capable.
-Harry n'a jamais été capable de faire une potion correctement, ce n'est pas maintenant que je vais les lui apprendre.
-Si tu le dis. Ah au faite ! Pendant que tu étais parti choisir un présent pour ton cher et tendre, Draco a envoyé un hibou, lui apprit le blond. Il dit que ses obligations sont remplies en Amérique et qu'il sera là ce soir parmi nous.
-En voilà un là-haut qui sera content de revoir ton fils.
-Oui, ils s'entendent plutôt bien on dirait deux frères, approuva Lucius. Pour des anciens ennemis je trouve que la vie est drôle parfois, tu ne trouves pas ?
Le professeur Snape ne répondit pas, il regardait, interloqué, un père-noël miniature poursuivre des lutins rigolards qui s'enfuyaient avec son bonnet qu'ils venaient de chaparder, ceux-ci couraient aussi vite qu'ils le pouvaient sur le tapis du salon pour échapper au bonhomme tout vêtu de rouge et qui vociférait après eux en leur montrant son poing.
-Je me demande où Harry et Poppy sont allés chercher des trucs pareils, ronchonna-t-il. Non mais regarde-moi ces horribles petites créatures braillardes ! Et la taille de ce sapin, il est immense, comment ont-ils fait pour le faire rentrer ?
-Ce sapin est magnifique, arrête de râler. Je n'ai jamais vu une maison autant décorée pour les fêtes, ricana le blond tout en sachant que cela allait énerver Severus Snape. On se croirait carrément dans la maison de ce gros homme vêtu de rouge et qui a la prétention de visiter toutes les cheminées des moldus en une seule nuit.
Vingt heures, Harry se réveilla en s'étirant. La nuit était déjà tombée mais quelqu'un avait eu la prévenance de laisser une torche allumée. Le jeune Gryffondor se doucha puis se rhabilla avec soin d'une chemise blanche et d'un pantalon noir un peu serré mais qui lui allait super bien. Draco lui avait choisi cette tenue exprès pour des occasions spéciales et Noël était une fête spéciale.
Le jeune sorcier enfila ses chaussures après s'être passé un coup de peigne. Il mit un léger parfum et rejoignit Severus et Lucius dans le salon, leur salle de prédilection. En faite ils étaient trois, remarqua Harry, Draco était présent et il fut heureux de le revoir. D'ailleurs il le lui fit savoir en l'étreignant contre lui et tous deux s'affalèrent sur le canapé en riant.
Le petit brun admira la tenue des deux Serpentards debout. Severus était vêtu d'un pantalon noir et avait passé une chemise verte un peu fluide qui lui seyait à merveille. Décidément ses robes cachaient des trésors et il était dommage qu'il ne se mette pas plus souvent en valeur, il était à croquer.
Lucius dont les cheveux étaient attachées derrière son dos arborait une chemise gris perlé avec un pantalon noir lui aussi, un homme très séduisant, aussi beau l'un que l'autre chacun dans leur genre mais irrésistibles et attirants au possible.
Harry s'arracha à la contemplation des deux sorciers avant de dériver vers des pensées lubriques, pas le moment de penser à ça. Il regarda la décoration de Poppy qui vraiment ne passait pas inaperçue. L'elfe avait fait tout ce qu'ils avaient prévu, il y avait même tous les petits personnages qu'ils avaient trouvé dans un magasin de Pré-au-lard. Les petits bonhommes voyageaient dans toute la maison, Harry ne les quitta pas des yeux subjugué qu'il était par leurs dynamismes et parfois leurs mimiques grotesques et leurs facéties.
-Tu vas mieux ? Lui demanda Severus en coinçant exprès sous son pied un bout de tissu rouge qu'un des lutins traînait derrière lui.
-Parfaitement bien, répondit le jeune homme en le rejoignant et en se faufilant entre ses bras. Alors qu'est-ce que tu penses de la décoration ? Ça te plait ? Sourit Harry ingénument.
-C'est…… coloré et bruyant, dit Snape en poussant du pied le lutin qui mordait sa chaussure pour essayer d'attraper le bonnet du père-noël qui était coincé dessous. Mais très jolie, ajouta-t-il sous le ricanement moqueur de Lucius et le haussement de sourcil de Draco qui savait que l'homme n'avait jamais apprécié les guirlandes et encore moins les fêtes en générale.
-Merci, chuchota Harry contre les lèvres de Severus. Je sais que tu n'aimes pas trop ça et je promets de ne pas en abuser, ajouta-t-il en embrassant l'homme avec délice.
-Dans ce cas merci, je crois que ma patience ne pourrait supporter ça plusieurs jours de suite, ajouta le professeur Snape qui voyait le lutin lui faire toute une série de grimaces après qu'il ait libéré le chapeau rouge. Cela dit tu m'excuseras si quelques lutins sont écrasés par mégarde, ça se faufile partout ces horribles petits bonhommes, ajouta pince sans rire Snape. On ne les voit pas forcément.
Le petit lutin vêtu de vert courut se mettre à l'abri derrière le pied de la table et regarda le professeur d'un œil courroucé.
-Severus ! Tu ne feras pas une telle chose, n'est-ce pas ? Pas question que tu les écrases, ils sont si mignons.
-Ne peut-on arrêter ce sapin agaçant qui chante ces affreux chants de Noël, mon cœur, supplia Severus, qui au moins espérait avoir gain de cause pour ça. Là je crois que ma raison pourrait en prendre un coup s'il ne cesse pas sur le champ.
-Si tu veux oui, se gaussa le jeune sorcier en faisant taire le sapin d'un petit geste de la main avant de se blottir de nouveau entre les bras protecteur de son doux amant aux yeux d'onyx.
Le professeur de potions en profita pour passer sa main le long de son dos et caresser sa chute de reins, il ramena le sorcier un peu plus près de lui et l'embrassa de nouveau sans que Lucius ne fasse un seul geste pour les rejoindre.
A vingt-deux heures tous passèrent dans la salle à manger et le repas commença, les plats défilèrent servis par Poppy et ses fameuses boules de Noël toujours pendues aux oreilles. Voir l'elfe ainsi affublé amena un rictus au maître des potions qui préféra se taire pour ne pas faire de peine aux deux manipulateurs qui avaient ourdis ces ornements scintillants et les petites pestes qui tournaient toujours autour de la table.
Les hommes apprécièrent le saumon en passant par le velouté de cèpes et la coquille st-Jacques. Un carré d'agneau fut ensuite servi suivit d'un rôti puis d'une papillote de caille aux raisins sans parler du dessert. Une montagne de choux à la crème, de bûches glacés, de macarons à la banane faits exprès pour Harry, et tout ça servit avec les meilleurs vins que Poppy trouva dans la cave et du jus de citrouilles pour le jeune sorcier à l'estomac fragile.
Tout était magnifique et merveilleux, rien n'aurait pu gâcher le bonheur du Gryffondor. La discussion était légère et agréable. Draco parla des anecdotes qui lui étaient arrivées pendant son voyage, Lucius étrangement était silencieux ce soir mais Harry mit ça sur le compte de la fatigue.
Repus, les quatre hommes se levèrent de table pour boire un dernier verre au salon, un long moment plus tard Draco se leva et les pria de l'excuser mais il était attendu par un ami pour finir la soirée chez lui. Harry le taquina mais quand il vit Lucius se lever aussi et faire venir d'un accio sa cape et sa canne son sourire s'effaça.
Nous y voilà, pensa le professeur Snape, fataliste. Le grand Lucius Malfoy va disparaître sans aucune explication.
-Tu ne restes pas ? Questionna l'homme qui connaissait déjà la réponse et qui vit Harry se raidir à ses côtés.
-Non, il était convenu que je ne reste que deux jours ici, je dois rentrer chez moi j'ai des charges à assumer.
-Un vingt-cinq décembre ! S'insurgea Harry mécontent de la décision de l'homme, tu te fous de nous ! Mais qu'est-ce qui te prend ? Je croyais…..
-Ecoutez, commença le blond pour couper court aux reproches qui allaient fuser. Ces deux jours ont été plaisants mais tout a une fin, je dois retourner chez moi et ne cherchez pas à me retenir, ce n'est pas ce que je veux.
-Alors d'accord, répondit Harry d'une voix basse pleine de regret. Repars chez toi si c'est ce que tu désires, tu es libre après tout tu ne nous as jamais rien promis.
-Harry je……
-Non, Lucius, tu es libre de faire ce que tu veux je viens de te le dire, je ne t'en veux pas pour ça, ajouta le survivant pourtant blessé en lui-même. Ce n'est pas comme si tu tenais à nous, n'est-ce pas, pour toi c'était une expérience de plus, tu t'es juste amusé.
-Non ! Se récria l'homme contrarié et blessé, comment peux-tu penser ça, Harry !
-Tes actes le prouvent, si nous avions quelque peu compté pour toi tu ne chercherais pas à fuir. Sache seulement qu'il n'en n'était pas de même pour Severus et moi, Lucius.
-Je sais, je suis le seul fautif.
Draco regarda son père, ébahi. Il s'était passé quelque chose entre les trois hommes et apparemment son père faisait machine arrière. Le jeune Serpentard n'y comprenait plus rien. Lucius alla dans le hall et transplana sans ajouter un mot, Severus non plus ne parla pas et après que Draco fut parti Harry alla se coucher le cœur un peu triste. Severus le rejoindrait plus tard, lui assura-t-il en se retournant pour faire face à la cheminée.
Personne ne songea à ouvrir les cadeaux et puis Harry voulait respecter la tradition et les déballer le matin de Noël. Et puis franchement là il n'avait pas le cœur à ça.
En bas dans le salon, Snape réfléchissait. Lucius reviendrait vers eux il en était intimement convaincu, oui mais dans combien de temps ? L'aristocrate devait se poser un tas de questions et tant qu'il n'aurait pas répondu à ses interrogations il se tiendrait éloigné d'eux. Harry et lui n'avaient plus qu'à patienter et laisser la vie suivre son cours normal.
