Bonjour tout le monde,

Et non, je ne vous ai pas oubliées. Ca reste encore un peu dur en ce moment mais je pense à vous et j'essairai de ne plus vous faire autant attendre. Le prochain chapitre est en cours d'écriture. Il ne sera peut être pas prêt pour la semaine prochaine mais je vais quand même essayer de vous le publier rapidement.

Merci à mes deux bétas pour leur soutien et aussi à vous pours tous vos messages de compréhension et d'encouragements. Merci d'être là, tout simplement.

Je ne bavarde pas plus, je vous laisse juste avec ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira.
Bisous à toutes
Puce


Chapitre 24: Réveils

Bella POV

Je me réveillais doucement dans un endroit inconnu, les yeux gonflés et les joues encore empreintes de mes larmes séchées. Mais j'avais la sensation d'avoir bien dormi et de me sentir plus sereine. Je réalisais alors que mon dos était plaqué contre un torse solide qui n'était pas celui dont j'avais l'habitude. Un souffle chaud et régulier effleurait ma nuque et deux bras puissants me maintenaient dans ce confortable cocon.

Je connaissais ce corps, je connaissais cette odeur subtile et masculine. Son parfum, la douceur de sa peau, en quinze ans, rien n'avait changé. L'espace d'un instant, la panique me subergea. Qu'est-ce que je faisais là ? Qu'avais-je fait ? Où était donc Alvin ?

Alvin… A l'évocation de son prénom, ma mémoire revint et je sentis les larmes au bord de mes paupières. Aujourd'hui, je devrais faire face, affronter les regards de reproches des gens que j'aimais. J'étais venue me réfugier chez Edward pour éviter ces regards, m'accorder un répis avant de devoir annoncer à tous qu'Alvin m'avait quittée parce que je ne l'aimais pas assez. Du moins parce que j'avais été incapable de lui prouver que je l'aimais suffisamment.

Quand tout le monde apprendrait où j'avais passé la nuit, ce serait pire. Je les entendais déjà : « On t'avait pourtant prévenue », « Alvin s'est senti menacé et tu lui donnes raison en courant directement chez Edward à la moindre difficultés ». Ils auraient raison, j'avais aggravé mon cas mais pour le moment, il m'était impossible de le regretter. Je refermais les yeux pour profiter de ces dernières minutes d'apaisement.

« Tu es réveillée ?
-
Mmmh, un peu.
-
Comment tu te sens ?
-
Pas trop mal… En réalité… J'étais en train de me dire que je profite actuellement du meilleur moment car les jours qui arrivent, vont l'être beaucoup moins. Quand les autres vont l'appendre, ça va être ma fête.
-
Ils le savent tous probablement déjà, j'ai appelé Alice hier soir pour lui dire que tu étais là et qu'elle ne s'inquiète pas.
-
Tu as bien fait. Elle arrive quand ? – Je le sentis sourire dans mon dos.
- Dans une demi-heure.
-
OK… Tu m'offres un café ? J'en ai besoin.
- J'y vais. »

Il se leva et son étreinte rassurante me manqua aussitôt. J'étais déjà toute habillée, je fis donc juste un passage rapide par la salle de bain pour me rafraichir. Je descendis et le trouvais exactement dans la même position que la veille, debout dans sa cuisine, face à son plan de travail. Mais cette fois, il m'avait entendue arriver et il se retourna vers moi en souriant, une tasse de café fumant à la main :

« Et un café pour la petite dame ! Tu as faim ? Tu n'as pas mangé grand-chose hier soir. Tu veux que je te fasse griller des toasts ?
-
Non merci, je ne mange pas le matin d'habitude. Ce matin encore moins que les autres.
-
Je ne vais pas te faire la leçon, je n'ai pas de bonnes habitudes dans ce domaine moi non plus.
-
Alors café ?
-
Café. »

Il entrechoqua sa tasse avec la mienne avant de la porter à ses lèvres. Je fis de même et sentis une vague de chaleur descendre dans ma gorge. Son café était délicieux. Un silence rassurant nous enveloppa mais il fut de courte durée. J'avais à peine bu trois gorgées que la sonnette retentit. Alice… Edward se leva avec un léger soupir.

« Ne bouge pas, je vais ouvrir, ça doit être Alice. Je l'emmène ici, vous y serez mieux pour discuter. »

Au moment où il allait disparaitre, je l'interpellais :

« Edward ? – Il se retourna légèrement surpris – Merci. – Il me sourit avec tendresse.
- Je t'en prie, c'est normal. »

Deux minutes plus tard, ma tornade de meilleure amie déboulait dans la cuisine suivie d'Edward, il lui servit un café et s'éclipsa en nous disant de prendre le temps qu'il nous faudrait, qu'il reviendrait dans quelques heures. Je le regardais partir avec regrets, il me manquait déjà. Mais Alice ne me laissa pas le temps de m'appesantir.

« Bella, ma chérie, comment tu te sens ? Mon dieu, j'étais si inquiète. Pourquoi n'es-tu pas venue à la maison ? – Je parvins à l'interrompre.
- Al', une question à la fois tu veux. Je n'ai pas beaucoup dormi et j'ai un peu la tête en vrac. Ca va à peu près. Je crois que je ne réalise pas vraiment en fait. Je me dis que c'est un mauvais rêve et que je vais me réveiller.
-
Et bien si tu n'as rien de pire comme cauchemar que de passer la nuit avec Edward Cullen, je t'envie ma vieille.
-
C'est vraiment le moment là, tu crois ?
-
Non, désolée. Je t'écoute, raconte. »

Et je lui racontais la scène de la veille, notre dispute, mon choix. Elle m'écouta attentivement sans m'interrompre.

« Tu sais Al', je m'en veux terriblement. C'est de ma faute. Je sais que j'ai tout fichu en l'air. Rose m'avait prévenue, je n'ai pas su le rassurer suffisamment, pas su le convaincre qu'Edward est un ami et c'est tout. J'aurais peut être dû le suivre, accepter de tout quitter par amour pour lui. C'est ça ! J'aurais dû le faire mais maintenant c'est trop tard.
-
Bon t'as fini ton délire? De un, si tu étais partie hier soir, laisse moi te dire que je prenais le premier avion pour venir te botter le cul en direct et te ramener ici manu militari. De deux, je suis désolée de te dire ça mais Alvin a pris la bonne décision, pour vous deux. Quoi que tu fasses, tu n'aurais jamais pu le convaincre de quelque chose que tu es la seule à croire.
-
Mais…
-
Mais rien du tout Bella, la seule qui pense encore qu'Edward est ton ami. C'est toi.
-
Tu dis n'importe quoi. Tu l'as regardé, Edward n'est pas pour moi. Les années ont fait de lui un véritable dieu vivant. Il est magnifique, doux, attentionné. Il va de succès en succès. Les femmes qui font partie de sa vie sont certainement d'un tout autre niveau que le mien, je ne suis que la petite Bella, qu'il aimait bien dans sa jeunesse. Et puis pourquoi on parle de ça ? Tu vois, c'est exactement pour ça que je ne suis pas venue chez toi hier soir. J'étais mal et je savais que vous mettriez tous, les raisons de cette rupture sur mon comportement avec Edward. Je me sens suffisamment coupable, je n'ai pas besoin que vous en rajoutiez, ni toi, ni les autres. »

Elle me regarda d'un air peiné.

« Bella, tu as vraiment pensé qu'on te ferait des reproches ? – Elle se leva pour me prendre dans ses bras alors que je me remettais à pleurer. – Ma chérie, nous serons toujours là pour toi, je pensais que tu le savais depuis le temps. Nous aimions bien Alvin, certes, mais notre amie, c'est toi Bella et c'est toi et toi seule qui compte pour nous.
-
Alice, je suis désolée, je fais tout de travers. Comment je vais faire ? Je n'ai même pas le courage de retourner à l'appartement.
-
Je viendrai avec toi, on prendra juste quelques affaires et tu viendras passer quelques jours à la maison, on avisera par la suite.
-
Merci Al'. »

Pour seule réponse, elle me serra contre elle avec plus de force et je me laissais aller à son étreinte. Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi, sans parler. Ce fut Edward qui nous interrompit. Il ramenait mes vêtements de la veille qu'il avait lavés, séchés et apparemment repassés. (N/A : je veux le même)

« Non pas que tu ne sois pas sexy dans mes fringues ma belle, mais je me suis dit qu'Alice ne te laisserait jamais sortir dans cette tenue.»

Il me fit un clin d'œil et j'appréciais ce petit air de légèreté qu'il arrivait à insuffler dans ces moments difficiles. Je montais me rhabiller et pliais soigneusement les vêtements qu'il m'avait prêtés. Je ne l'entendis pas arriver derrière moi.

« Ca va aller ? – J'eus un léger sursaut.
- Ca va aller. Pour tes fringues, je vais les emporter pour les laver, je te les ramènerai.
-
Non laisse tomber, j'ai une machine à faire tourner de toutes façons.
-
Tu es sûr ?
-
Certain. Alice t'attend je crois. Je sais que ce n'est pas vraiment le moment mais on se voit bientôt ?
-
Je ne sais pas, j'ai besoin de faire le point. Je vais peut être partir quelques temps à Forks chez mon père pour réfléchir à toute cette histoire.
-
OK, je comprends. Tu me donneras de tes nouvelles quand même ?
-
Promis. Au revoir Edward et encore merci pour tout.
-
Au revoir Bella. »

Je m'approchais de lui doucement et me hissais sur la pointe des pieds. Comprenant mes intentions, il se pencha vers moi. Je déposais alors un doux baiser sur sa joue avant de me retourner et de quitter la chambre.

Edward POV

Ce matin là avait été le plus doux des réveils. Ma Bella, endormie dans mes bras. Encore quelques mois auparavant, je n'aurais même pas osé rêver d'un moment pareil. Et là, elle se tenait dans mon lit, au creux de mes bras, paisiblement endormie. Je l'avais sentie se réveiller à regret, sachant pertinemment que mon moment de bonheur prenait fin.

Je lui préparais son café et nous le bûmes tranquillement tous les deux dans un silence confortable comme si nous le faisions tous les matins. Hélas, la sonnette interrompit ce doux moment et je m'éclipsais pour la laisser avec Alice. Je tentais vainement de m'occuper pendant qu'elles discutaient dans la cuisine. Au bout d'une heure et demie, n'en pouvant plus, je me saisissais de son linge propre et retournais la voir.

Elle monta se changer et je la rejoignis au bout d'un petit moment. Elle me proposa de laver mes fringues mais je refusais catégoriquement sous un prétexte bidon. Je voulais garder son empreinte ici. Son « au revoir » ressemblait à un adieu et mon cœur se brisa. L'avais-je encore perdue ? Quand elle quitta la chambre, mes forces m'abandonnèrent et je m'effondrais sur le lit, le nez enfoui dans l'oreiller qu'elle avait occupé quelques minutes plus tôt.

Au bout d'un temps qui me parut infini, je reçus un texto d'Alice :

« Courage, elle reviendra. Laisse-lui juste un peu de temps. Je m'occupe d'elle. »

Comment pouvait-elle être aussi sûre d'elle ? Comment y croire encore ? Je ne méritais pas de seconde chance et Bella venait de perdre l'homme qu'elle aimait, par ma faute. Je lui avais encore fait du mal alors que je m'étais promis que ça n'arriverait plus. Mais une petite voix au fond de moi me rappela mon autre promesse. Ne rien lâcher, ne plus baisser les bras, et continuer à me battre pour elle.

Les mots et les notes de la veille revinrent à mon esprit. Il fallait que je compose à nouveau, pour elle. Je retournais à mon piano et travaillais pendant des heures. Cette chanson, je la lui offrirai, je ne me cacherai plus. Et elle devrait être parfaite.

Deux mois plus tard

L'hiver battait son plein et il faisait aussi froid dans mon cœur que dehors. J'étais sans nouvelle de Bella depuis son départ. J'avais essayé, au début, de lui envoyer des « textos », puis de l'appeler mais toutes mes tentatives étaient restées vaines. Alice m'avait appris alors que Bella avait coupé son portable et n'appelait que depuis le téléphone de Charlie, une fois par semaine environ.

Je pouvais au moins savoir qu'elle allait bien, qu'elle prenait le temps dont elle avait besoin. Son rédacteur en chef lui avait accordé un congé exceptionnel de douze semaines. Mais je n'en savais pas plus et cela me minais complètement. Je n'arrivais plus à créer quoi que ce soit depuis le jour de son départ, comme si j'avais mis tout ce qui me restait dans cette dernière chanson.

Les commandes s'accumulaient et mon agent devenait fou. Mais je m'en foutais. Sans elle, je n'écrivais rien de bon de toute façon. Mes proches s'inquiétaient pour moi, je le voyais bien mais je n'avais pas la force de jouer la comédie pour les rassurer. Les fêtes de fin d'années avaient été moroses et je m'en voulais désormais de gâcher encore l'existence de tout le monde.

Les amis de Bella faisaient beaucoup d'efforts pour moi ce qui me surprenait chaque jour un peu plus. Ils m'avaient même convié à fêter la nouvelle année avec eux mais je n'avais pas eu le courage d'y aller. Ils souffraient eux aussi de son absence et c'était en partie de ma faute si elle n'était pas là.

Ce matin là, Emmett m'invita à le rejoindre pour faire une partie avec Jasper, Ethan et lui. Quant j'arrivais, il était encore seul :

« Ca va vieux ? Tu tiens le coup ?
-
Ca va. Et toi ?
-
On fait aller, Rose devient folle qu'on soit sans nouvelle comme ça. Moi, elle me manque, c'est juste pas pareil quand elle n'est pas là.
-
Je vois ce que tu veux dire. Je suis désolé, c'est de ma faute si on en est là.
-
Et Cullen ! T'as fini oui ? C'est la faute de personne et puis moi je pense que c'est un mal pour un bien. Il était cool Alvin mais ma petite Belinette, elle n'est jamais aussi heureuse que quand t'es là, racaille. Et on pense tous pareil même si ça trouerait Jazz de devoir l'admettre.
-
Ca lui plairait de t'entendre dire ça.
-
Bah, je ne risque rien, je suis le plus gaillard. Par contre tu ferais bien de t'en rappeler aussi cette fois parce qu'on n'a jamais su exactement à quel point t'as merdé la dernière fois mais à la prochaine bêtise, je cherche plus à comprendre hein ?
-
Il n'y aura pas de prochaine bêtise, crois moi.
-
J'espère bien. Sur ce, viens que je te botte le cul un peu avant que les autres n'arrivent.
-
Va falloir courir plus vite pour me botter le cul mon pote. »

Un ballon, un panier, rien de tel pour évacuer un peu de pression. Nous nous arrêtâmes quand les autres arrivèrent. Emmett et moi nous tournâmes vers Jasper comme un seul homme. Il comprit aussitôt :

« Elle va bien, je lui ai parlé hier soir. Elle a encore besoin d'un peu de temps mais elle pense à vous et vous lui manquez. Elle a décidé de changer d'appart', on doit déménager ses affaires samedi prochain. Vous êtes OK pour nous donner un coup de main ?
-
Pas de souci, répondit aussitôt Emmett. Pour ma part, j'hésitais.
- C'est que je ne suis pas sûr qu'elle apprécie que je mette le nez dans ses affaires.
-
Alice a dit que tu devais venir, intervint Jasper. Tu la connais, elle viendra te chercher par la peau du cou de toute façon.
-
OK, souris-je, je viendrai vous aider mais confirme avec Bella que ça ne la dérange pas. »

La partie fut acharnée, nous avions tous besoin de décompresser. Au bout d'une heure de jeu, mes poumons étaient sur le point de rendre l'âme mais le vide créé par la fatigue physique me fit du bien. Nous nous séparâmes presque joyeusement et Jasper me suivit vers le parking. J'allais monter dans ma voiture lorsqu'il m'arrêta.

« Ed ?
-
Yep !
-
Je sais que je n'ai pas été cool avec toi depuis ton retour mais je voulais te dire.
-

- Je suis content que tu sois revenu. Elle a besoin de toi.
-
Merci Jazz', venant de toi c'est important pour moi.»