Salut tout le monde,
Désolée, ce sera une note une peu solennelle cette semaine étant donné que je viens tout juste d'apprendre la raison pour laquelle cela fait plus d'un mois que je n'ai pas de nouvelles de ma correctrice et amie Yasmina. Et qu'à mon ton vous pouvez deviner qu'elles ne sont pas bonnes.
Je ne peux que prier pour qu'elle soit réveillée lorsqu'on atteindra les chapitres qu'elle n'a pas pu corriger, car c'est une lectrice avant d'être une correctrice, qui aime cette fic et s'en voudrait de louper la suite. Mais encore avant d'être une lectrice, c'est surtout une amie, ainsi je souhaite plus que tout qu'elle soit rapidement revenue parmi nous le plus tôt possible. Car je ne veux pas la perdre, que c'est une fille avec qui j'aurais tellement ri et pleuré, et qu'une simple voiture emporte si jeune quelqu'un d'aussi remarquable serait l'ultime manière de me faire détester le monde, moi l'optimiste.
Voilà, malgré tout, vous, prenez soin de vous, si jamais vous avez des messages de soutien, ils sont évidemment plus qu'acceptés et précieux; je les garderais et les donnerais à Yasmina lorsqu'elle se réveillera (car j'en suis au stade où je refuse l'idée que cela n'arrive jamais).
Désolée pour la note sombre en début de chapitre, mais c'est pas seulement ma fic, c'est aussi celle de Yasmina. Et que l'idée de continuer de poster sans qu'elle ne lise me fend bien trop le coeur pour faire comme si de rien était. Soyez heureux, vivez, surtout; moi je vous le souhaite plus que tout parce que bordel même si ça fait chier parfois, c'est beau la vie. Comme le dit Celty, "le monde n'est pas aussi dur que vous ne le croyez".
Have a good read, et merci à Yasmina pour la correction.
EDIT : Oh mon dieu, dieu est réel, car Yasmina s'est réveillée aujourd'hui. Je me sens mal de vous avoir fait peur comme ça; alors je préviens rapidement, et encore merci de vos mots, elle aussi a été super émue lorsque je lui ai dit.
4. Avancer face au vent
Sousuke passa la porte et se sentit revenir des années en arrière. Au milieu de l'appartement plutôt bien fourni de Mikoshiba s'étalaient les personnes qu'il avait connues au lycée. Il serra la main du grand roux, et fut immédiatement accueilli par Momotarou qui était bras-dessus bras-dessous de sa sœur, les joues roses, chacun ayant déjà une bouteille à la main.
Il put enfin remarquer, maintenant que celui-ci avait enlevé son costume d'affaires, que Momo avait vraiment grandi, et que sa posture s'était élargie, s'approchant désormais un peu de celle de son frère. La taille était de famille, car il pouvait presque lui parler sans baisser la tête, et cela fut bien utile pour le petit rouquin quand il le coinça dans l'étau de ses bras pour le tirer vers la cuisine où l'attendaient toutes les bouteilles nécessaires pour une bonne soirée de réunion entre anciens camarades.
Là-bas, il y trouva Nitori, et siffla quand il y vit un jeune homme ayant perdu son visage poupin au profit d'une posture droite et de ses cheveux fins argentés plus longs que dans son souvenir, et sans cette ignoble coupe au bol. Il resta bouche bée quelques instants, alors que son ancien kouhai avait les yeux qui brillaient.
« Yamazaki-san!
– Bon sang, Nitori, toi aussi t'as vachement grandi! Vous vous nourrissez à quoi, quand je suis pas là? »
Son cadet éclata de rire, les pommettes un peu roses, mais ne s'appesantit pas sur la question, enchaînant en lui demandant ce qu'il devenait. Et la réponse du plus jeune ne le surpris pas tant que cela :
« Iwatobi? Je ne pensais pas, répondit-il, choisissant d'être sincère dans sa surprise. C'est assez inattendu.
– L'université n'était pas pour moi, fit-il avec un bref haussement d'épaules, se servant un verre tout en suivant ses deux précédents partenaires de relais dans le salon. Je suis bien, là-bas, je m'amuse pas mal avec les gosses qui s'y trouvent.
– Tant mieux, alors. » répondit-il avec un doux sourire. Lui, il était parti en droit à Osaka, et travaillait très dur pour passer le barreau, en étant déjà à sa dernière année. Cela soufflait un peu Sousuke, qui se rendait compte d'à quel point tous ses amis étaient adultes, et il avait l'impression que lui, au bord de la plage, entouré de mômes, n'était certainement pas à leur niveau.
Une bouffée d'affection l'envahit, et Momo choisit cet instant pour rappeler qu'il existait, faisant comprendre à Sousuke qu'il avait beau avoir grandi, il resterait toujours le même, bien trop enthousiaste pour être supportable plus d'une soirée.
« Et alors, senpai, pourquoi on avait plus aucune nouvelle hein? C'est pas gentil de quitter Tokyo sans prévenir quiconque! Moi je voulais vraiment aller vous voir et vous montrer à quoi je ressemblais, mon diplôme en main, j'étais très classe ce jour-là!
– Momo, grogna sa sœur. C'est quoi ces manières, il vit pas pour toi tu sais?
– La ferme! J'étais triste! »
Nitori leva les mains comme pour les apaiser :
« Allons, Momo, ce n'est pas grave...
– Je suis désolé. »
Les mots de Sousuke leur fit relever des têtes surprises, comme si c'était la dernière chose à laquelle ils s'attendaient. Alors, un peu gêné, il alla gratter l'arrière de sa nuque, et expliqua :
« Ça a été un peu dans tous les sens pour moi, j'ai eu besoin de me retrouver seul. Mais si je suis à Tokyo, c'est pas juste pour ces cons en maillot de bain, ajouta-t-il avec chaleur. J'avais aussi très envie de voir ce que vous deveniez, et vous m'épatez. Je suis assez fier, en fait. »
Les yeux de l'ancien nageur de brasse s'écarquillèrent, et il secoua la tête comme pour lui répondre que cela n'en valait pas la peine, un peu ému malgré tout; alors que Momotarou, définitivement déjà paf, lui tombait à nouveau sur le dos en s'excusant.
Une dizaine de minutes plus tard, il s'asseyait sur une chaise avec Gou et Seijuurou, le reste des invités n'étant pas encore présents. La jeune fille travaillait à mi-temps dans un bureau de design, rêvant de rejoindre une filiale d'accessoires sportifs, elle passait ses derniers examens cette année. Et, rapidement, il dut en venir à leur demander comment et quand, un sourire carnassier aux lèvres.
Il se retint de rire en comparant leur version à celle que lui avait raconté Rin, qui avait été bien plus simple et dite sur un ton blasé. Cela s'était visiblement fait progressivement; quand Gou était venue à Tokyo pour l'université, ils s'étaient vus plusieurs fois, jusqu'à ce que Mikoshiba lui fasse une déclaration enflammée, et qu'elle réponde d'un ton plat qu'il fallait être aveugle pour ne pas voir ce qu'il pensait d'elle. Ils avaient décidé de tenter l'expérience (à condition qu'il cesse de l'appeler Gou-kun), et ils en étaient là, visiblement très satisfaits, et entamant leur troisième année ensemble.
Et l'impression qu'il allait passer la soirée à tenir la chandelle s'intensifia quand débarquèrent Nagisa et Rei, main dans la main, respirant presque l'amour visqueux. Le blond vint cependant s'accrocher à son bras alors que son petit ami allait discuter avec les plus jeunes; babillant à quel point il était heureux que lui et Rei aient enfin des vacances, ses études d'histoire et le travail d'ingénieur de Rei leur prenant tout leur temps libre. Mais Sousuke n'eut pas le temps de lui tapoter la tête d'un air compatissant que la porte s'ouvrit en grand, et que surgit l'un des rois de la soirée.
« Hey! Salut tout le monde!
– Désolé on a oublié le tapis rouge, diva. »
Le commentaire sarcastique de Sousuke atteint rapidement les oreilles de Rin qui plongea sur lui, son sourire large, et l'attrapa par la nuque pour coincer sa tête sous son aisselle et lui frotter le cuir chevelu, récoltant de nombreux rires de l'assemblée.
Il se débattait, grognant et riant à moitié, jusqu'à ce qu'ils tombent face à la porte encore entrouverte qui fut à nouveau poussée, plus doucement, et qu'il croise deux yeux verts. Il se figea brusquement, et, un moment, entendit le reste des conversations comme un fond sonore.
« Ah, vous êtes là! On attendait plus que vous!
– Désolée, il a fallu dénicher Haruka-san...
– Oh, Mako-chan, tu nous ramènes quelqu'un, quel tombeur! Pourquoi j'étais pas au courant?
– Ah, je suis Ikura, ravie de vous connaître, désolée de m'incruster mais Makoto a insist- ...euh, Makoto? »
Comme traversé par un spasme, le châtain détourna ses pupilles de celles de Sousuke qui sentit ses épaules se serrer. Haru, sur le côté, ne dit rien, bien que son visage parle pour lui.
« Erm, euh mince, je suis désolé, j'étais ailleurs... pardonne-moi, Ikura : je te présente Nagisa et Rei, je t'en ai déjà parlé. »
Un frisson parcourut Sousuke, et Rin, toujours collé à lui, le sentit forcément. Il le lâcha lentement, le regardant avec intensité et un peu de crainte, alors que la jeune femme répondait, sans voir le malaise qui planait encore entre certains :
« Ah oui, ceux avec qui tu as fais le fameux relais? glissa-t-elle avec un sourire fin. Oh que je les connais, parfois tu es en boucle sur eux! »
Un rire résonna, et enfin le brun reprit face, s'éclaircit la gorge. Il serra les poings, puis fit un pas vers l'attroupement à l'entrée, la jeune femme le repérant rapidement.
« Oh, Sousuke-san, cela fait tellement longtemps! Vous allez bien?
– Très bien, acquiesça-t-il, la gorge serrée. Et toi? »
Son rire cristallin retentit, et elle secoua la tête :
« Pas facile d'avoir un copain qui est stressé par les JO comme si c'était lui qui y participait, mais on s'y fait, répondit-elle avec un air enjoué, récoltant un geignement de Makoto, qui semblait décidé à ne pas le regarder en face.
– C'est pas vrai, j'ai juste hâte!
– Hm... fit-elle en levant sa main, qui était croisée avec celle de l'autre étudiant. Je crois reconnaître des ongles rongés, pourtant...
– Mais non! » répondit-il en baissant rapidement l'étreinte de leurs doigts.
Ils se dispersèrent ensuite un peu partout dans l'appartement, et de petits groupes se formèrent, Rin grommelant alors qu'il était forcé à se servir du jus, interdit d'alcool jusqu'à la fin de la compétition. Ils restèrent dans leur coin, alors que son ami lui parlait de son expérience au Village, Momotarou pas bien loin, ébahi face à ses anciens senpai au sommet du monde.
Sousuke se retrouva ensuite à discuter assez longtemps avec Ikura qui s'était rapidement détachée de son petit ami, allant rencontrer tout le monde. Et cela confirmait ce qu'il pensait : il l'appréciait vraiment beaucoup, tant qu'il lui demanda de le tutoyer, bien qu'elle persiste à utiliser un suffixe en lui parlant. Elle était charmante, ainsi que brillante, il ne put s'empêcher d'être bouche-bée lorsqu'elle lui confia être quadrilingue et avoir des bases dans toute une autre dizaine de langues. Elle reparla avec un rire dans la voix de la conversation vieille d'un an où ils s'étaient trouvés des similarités dans leurs goûts culinaires, et elle lui donna son numéro de portable pour qu'ils puissent se voir pendant qu'il était à Tokyo, et qu'il lui fasse enfin goûter à son fameux tonkatsu.
Parfois, il tournait la tête, et croisait le regard de Haruka. Il se souvenait de ses mots, eux aussi datant de l'année passée, et pouvait effectivement déceler une certaine méfiance à l'égard du couple dans sa posture. Sousuke ne pouvait cacher avoir été surpris en comprenant que Makoto, contre toute attente, avait décidé d'être avec une femme alors qu'il lui avait auparavant expliqué être cent pour cent homosexuel. Il se disait que tout existait dans ce bas monde, de toute manière, qu'elle était très sympa, et avait l'air de s'entendre très bien avec lui. Il ne souhaitait rien d'autre, quoiqu'en pense Rin qui était passé, les avait vus plongés dans une discussion, et avait eu un sourcil haussé révélateur de ses doutes.
Mais la brune fut rapidement emportée par la sœur Mikoshiba et Gou, qui l'engagèrent dans une discussion entre filles où il n'avait clairement pas sa place, bien qu'elles aient tenté de le faire rester avec quelques sujets, notamment sur ses récentes conquêtes. Il avait envoyé une pichenette sur le front de la plus jeune rousse, qui était en première année d'université, puis était allé se chercher à boire.
Il n'avait pas vraiment remarqué qui il manquait dans le salon, et ne put empêcher le léger coup au cœur qu'il reçut quand il tomba sur Haruka et Makoto, discutant doucement d'un sujet visiblement sérieux, jusqu'à ce que le brun ne le repère et sorte.
« Hé, Haru, je n'ai pas fini- »
Ses mots se perdirent dans le silence de la cuisine, alors qu'ils se dévisageaient, seuls dans la même pièce pour la première fois depuis très longtemps. La dernière fois, Sousuke s'en souvenait. Cette nuit semblait même soudain aussi vivace qu'au premier jour, alors que le châtain lui murmurait des mots qui avaient changé sa vie, lui disait de retourner à Iwatobi, qu'il y avait plus important que les autres, qu'il devait apprendre à s'aimer.
Il sentit sa poitrine se serrer un peu, mais tenta, bien qu'ils sachent pertinemment l'un comme l'autre que ce n'était certainement pas le sujet qu'ils avaient actuellement en tête.
« Un problème avec Nanase? »
Se mordant la lèvre inférieure, il répondit d'une voix un peu plus rauque que celle dont il avait l'habitude, son sourire lui aussi un peu cassé.
« D-Des préoccupations avant les Jeux... J'ai beau être l'un des seuls à savoir le lire, il y a des choses pour lesquelles je suis impuissant... »
Il hocha la tête, inspirant lentement. Ils étaient un peu inconfortables, à se fixer d'un bout à l'autre de la cuisine, mais Sousuke ne se sentait pas vraiment de faire un pas en avant maintenant. Il essaya d'être naturel quand il demanda, bien que son estomac baisse dans son ventre, alors qu'il se rendait compte que tout ce qu'il craignait le plus pouvait arriver, désormais :
« Comment tu vas? »
Makoto cilla, semblant un peu pris de court, mais hocha la tête.
« Très bien, merci. Et toi?
– Ça peut aller. » il s'éclaircit la gorge, détournant un instant les yeux. « Je bosse dans ton ancien lycée, tu sais...
– Oui. J'étais heureux de l'apprendre. Tu t'occupes du club de natation, c'est ça?
– Ouais.
– Pas trop de trucs embarrassants datant de mon époque, j'espère? »
Un vrai rire lui échappa et il secoua la tête :
« Non, pas que je sache. Ils sont surexcités de savoir qu'un de leurs senpai est nageur pro désormais.
– Je peux imaginer... même si Haru n'est pas comme Rin, s'esclaffa-t-il. Il serait sans doute gêné devant eux.
– Il était pourtant pas gêné quand il a tenté de grimper le grillage menant à la piscine... »
La conversation glissait naturellement, aussi simplement que des années auparavant. Cela continuait de terrifier Sousuke autant qu'il y prenait du plaisir. Il enchaîna, sans réfléchir :
« Ça a l'air de bien fonctionner avec Ikura. Je suis content pour toi, c'est une fille très sympa. »
Le sujet fit ouvrir un peu plus grand ses yeux au châtain, qui hocha la tête.
« O-Oui. Je l'ai rencontrée quelques temps avant que l'on se revoie l'été dernier. C'est par Rin que je l'ai rencontrée, elle travaillait comme interprète internationale de leur attachée de presse, c'est elle aussi, visiblement, qui lui a présenté un de ses amis. Elle devait accompagner Haru à Iwatobi pour le travail, m-mais il s'est trouvé que... finalement, ce n'était plus seulement pour ça. »
Il hocha la tête, et n'eut pas le temps de dire quoique ce soit que Makoto reprit, la voix tendue :
« Ça t'a surpris? »
Il put aisément comprendre de quoi il parlait, et il hésita quelques secondes sur sa réponse, passant une main sur sa cuisse.
« Un peu. Mais bon, l'important, c'est que tu sois heureux. Je te fais confiance pour ça. »
Son cœur battait fort en le disant, et quand leurs regards se croisèrent de nouveau, il sentit une chaleur familière dans sa poitrine, un doux nœud qui s'apparentait à la nostalgie, et sûrement aussi à de l'affection.
« Merci. »
Le mot plana entre eux, dans l'atmosphère tendue de la cuisine. Il parvint légèrement à croasser une réponse :
« Je t'en prie. »
Un silence lui répondit, et ils se mirent à fixer leurs pieds. Des souvenirs de la gare, de l'envie de prendre une main, l'envahit soudain. Il avait peut-être un peu peur, plus qu'avant, tout à coup. Ce n'était pas bon. Il fallait qu'il se reprenne. Mais c'était sans compter sur Makoto, qui enchaîna, le regard brillant :
« E-Et toi? »
Il eut envie de répondre non sur un ton de l'évidence, tout en le regardant droit dans les yeux. Il eut envie de faire un pas, le pas de trop. Il eut envie de s'asseoir, car il se sentait un peu débordé par ce qu'il se passait, et que c'était la première fois qu'il buvait depuis un moment.
« J'ai eu quelques copines, oui. Mais pas encore le grand amour comme toi. » tenta-t-il d'ironiser pour cacher son soudain malaise.
Cependant, Makoto entrouvrit la bouche, et laissa passer un vague non, comme pour venir le contredire, mais celui-ci mourra dans sa gorge. Il n'ajouta rien. Sousuke, son autre main glissant sur le tissu de son pantalon, envoya :
« En tout cas, content de te voir. Ça me fait plaisir. »
Il tourna les talons sans se rappeler ce qu'il était venu chercher dans la cuisine.
/
Rin leva la tête en voyant passer Haru, le visage fermé. Vidant son verre, il s'approcha, tentant :
« Eh, ça va? »
Le brun haussa vaguement les épaules, les yeux baissés. Un silence plana, alors que le brun ne semblait pas prompt à répondre. Cela faisait plusieurs jours qu'ils ne se parlaient presque pas, et Rin était un peu inquiet. Il avait eu, lui aussi, son début d'angoisse avec son arrivée au Village Olympique; mais discuter avec les autres l'avait finalement relaxé, et permis de se concentrer uniquement sur ce qui venait. Il oubliait tous ses problèmes, que ce soit les journalistes ou Akage. Mais, s'il aurait aimé ajouter Haru à la liste, être sur le point de nager aux JO à ses côtés ne pouvait pas vraiment lui permettre de le laisser de côté... et comme souvent, il en était de toute manière bien incapable.
Il insista, car Haru était vraiment étrange en ce moment, et qu'il ne pouvait empêcher une peur sourde de se répandre dans son ventre à l'idée de la dernière fois que cela s'était produit. Lorsqu'il avait abandonné sa course au beau milieu.
« Stressé?
– Pas vraiment.
– Je sais pas, t'as pas l'air à fond pendant l'entraînement ces derniers jours... »
Les yeux se levèrent vers lui, une vague agacée les recouvrant.
« Tu ne vas pas t'y mettre aussi.
– Quoi?
– Je vais bien, laissez moi. »
Il commençait à s'en aller, mais Rin, perdant rapidement patience, se laissa tomber épaule contre le mur pour bloquer Haru dans son avancée. Evidemment, le brun aurait juste pu l'éviter, mais il ne le fit pas. Le nageur de papillon ne chercha même pas à comprendre pourquoi il ne bougeait pas.
« Makoto aussi t'a fait la morale?
– Décale-toi. » répondit-il seulement, les sourcils froncés.
Le ventre de Rin se serra, car il ne voulait pas l'obliger à parler, mais qu'il se confie à lui. Ils allaient nager aux Jeux, ils y étaient enfin, ils étaient proches. Maintenant, ils ne pouvaient se permettre de se cacher des choses. C'était leur rêve, à eux deux, ils s'y rendaient pour eux-même ainsi que pour l'autre. Alors il passa une main sur son front, puis balança son pouce en direction d'une porte derrière lui :
« Dans ce cas, on va autre part. »
Et, étrangement docile, Haruka le suivit. Un sentiment plaisant se répandit en Rin, celui d'être quelqu'un à qui le brun faisait confiance, et lui confierait ses craintes. Il voulait le rassurer, et que dans deux semaines on les voie, sur un podium, tous les deux.
Ils passèrent le pas d'une chambre, et à peine eut-il refermé qu'il se retrouva dos au mur, plaqué par un corps chaud, deux bras serrés autour de sa taille, et un front douloureusement collé contre son épaule.
« H-Haru!
– Tais-toi deux minutes. »
Ses épaules crispées se détendirent lentement, et il finit par enrouler ses bras autour de sa nuque, un peu maladroitement, ne voulant pas l'étouffer. La respiration du brun était calme, et il se cala inconsciemment sur elle alors qu'il se disait que Haru était soit un idiot, soit un connard, à faire ça alors que Rin lui avait clairement exprimé ses sentiments. Peut-être qu'il n'avait pas compris, ou croyait qu'ils étaient partis. Il aurait voulu, mais... non, bien sûr que non.
Cela durait depuis un moment en plus, et le pire c'est qu'il gardait espoir. Haru ne lui avait jamais clairement dit qu'il n'était pas intéressé, ou attiré, juste qu'il ne devrait jamais l'embrasser à nouveau, et il faisait référence à l'aéroport. Est-ce que c'était peut-être de le prendre par surprise, ou de faire ça dans un lieu public? Il ne le savait pas, et parfois se prenait à espérer. Il en était actuellement là, alors qu'Haru était dans ses bras : souhaiter que ce ne soit pas quelque chose de ponctuel, que ce soit encore le cas, plus souvent, quand il veut.
« Hey, tu peux tout me dire, tu sais. »
Ses mots furent chuchotés, et il sentit les cils de Haru battre contre sa peau, le chatouillant un peu. Sa bouche fut un peu sèche, soudain, mais il poursuivit, sa voix sans s'en rendre compte plus douce, tendre :
« Dans deux semaines, on ne pensera plus qu'à la natation. Alors si t'as des incertitudes, dis-les moi. Que je les fasse partir. Parce que si on doit perdre, ce sera seulement si on est pas assez forts physiquement. Le mental, on l'aura à 100%, jusqu'au bout. »
Le brun déglutit, fermant les yeux. Puis sa voix, grave et douce, souffla contre sa poitrine, semblant résonner en lui.
« Oui.
– Vraiment?
– Ça va aller, ne t'inquiète pas. C'est passager. »
Il se mit à bouder, la poigne de Haru se desserrant, et les deux restant collés sans bouger.
« Ben la prochaine fois, tu me dis.
– Hm.
– Pour de vrai! »
Finalement, il le lâcha, hochant la tête. Puis, sans attendre, plaça sa main sur la poignée, et sortit, laissant Rin bras ballants, et un peu frustré, au fond. Il le suivit cependant, conservant ses yeux sur son ami nageur de Free, qui avait l'air un peu mieux. Il se sentit sourire, satisfait malgré tout.
Ce fut jusqu'à ce qu'il le voie lever les yeux vers la porte qu'il avait tout à l'heure franchie. Car Sousuke en sortit, les traits sombres, et à travers l'entrebâillement, Rin aperçut Makoto contre le plan de travail, une main venant lentement recouvrir son visage. Un coup fut comme porté à son cœur, tandis que les sourcils de Haru se baissaient.
« Woah, attends, c'est quoi ça– Sousuke! »
Son appel n'attira heureusement pas tellement d'attention étant donné que tout le monde était plongé dans une conversation, ou un verre; et que de la musique défilait en fond. Son meilleur ami le regarda une seconde, avant de froncer les sourcils, comme pour lui tonner pas maintenant.
« Calme-toi, murmura Haru en se tournant vers lui.
– Je suis calme, juste... ah, je savais que c'était pas une bonne idée, il peut dire ce qu'il veut, je le connais, c'est pas rien... Je te retrouve après. »
Sans y réfléchir une seconde de plus, il fusa à travers la pièce, suivant le brun qui se dirigeait vers le couloir qui menait aux toilettes. Rin ferma derrière lui, et, en se retournant, tomba sur Sousuke front contre le mur, un verre à la main. Il soupira en le voyant arriver.
« Non, commence pas...
– Fais pas chier, explique-moi. »
Le plus grand rentra sa tête dans ses épaules, et souffla lourdement, frustré.
« Ça craint.
– Hm.
– C'est pas censé se passer comme ça.
– Qu'est-ce qu'il a dit? »
Ses bras tombèrent contre le mur lorsqu'il se retourna pour s'y adosser, frappant légèrement le papier peint avec son verre vide.
« C'est pas qu'il a dit quelque chose. C'est pas... » il grogna, se pinçant le nez. « Il est le même. Moi, j'ai changé... mais pas jusque-là. Je suis super faible. C'est dingue, on a parlé que deux secondes... et j'ai l'impression de revenir cinq ans en arrière, c'est frustrant. On dirait que... »
Un long rire le secoua, et il se redressa, les yeux fixant le vide, les lèvres tordues en une moue ironique.
« Je suis heureux pour lui, peu importe ce que tu crois. Mais bordel, j'étais pas prêt pour ça, c'est tout. Ça va aller, c'est juste que... c'était peut-être pas le meilleur moment. Peut-être que ça le sera jamais vraiment. J'ai vraiment un gros béguin, c'est dur de s'en débarrasser, et on s'entend tellement bien, c'est pour ça que j'ai paniqué : je sais que c'est comme ça que tout va remonter et je ne veux pas. J'ai pas le droit, et c'est tout bonnement injuste de lui faire ça. »
Il expira lentement par le nez, et vint poser une main sur l'épaule de son ami près de lui, l'écoutant en silence. Derrière la porte, le bruit des festivités s'intensifiait.
« Merci, mec.
– J'ai pas fait grand chose, là...
– Tu t'inquiètes, c'est déjà pas mal, vu la débilité de la chose. » sur ces mots, Sousuke secoua la tête comme pour se rassembler, et se redressa maladroitement sur ses pieds.
« Attends, on y retourne déjà?
– Ouais. Un verre serait pas de refus.
– Mais il est là-
– Te fais pas de bile. Et puis c'est ta soirée, je vais pas la foutre en l'air. Allez, » il se retourna et lui fit un sourire rassurant. « Ton meilleur ami est un gros con quand il s'agit de la sociabilité, ça devrait plus te surprendre, ni t'inquiéter. »
Rin n'était, comme souvent, pas d'accord. Mais s'il pouvait bien faire une chose, quand Sousuke était comme ça, c'était de l'aider à se changer les idées. Il ne se priva pas. Il le fit promettre, pour se venger du fait qu'il n'aurait pas le droit à une goutte d'alcool, qu'il devrait boire pour deux, et avait intérêt à finir la tête dans les toilettes.
/
La porte de la cuisine fut doucement poussée, et Ikura s'y glissa, buvant un peu de vin avant de se faire annoncer d'un éclaircissement de gorge.
« Hey, cariño... et bien alors, tu avais disparu. »
Makoto releva la tête en cillant, puis lui répondit d'un sourire doux.
« Ne te moque pas si je te dis que je n'ai aucune idée de ce que ça veut dire...
– Tu me connais mal. » répliqua-t-elle, joueuse. Puis elle vint se placer à ses côtés, déposant son verre, puis glissant une main sur la sienne. « Ça va?
– Heu, oui... »
La brune lui envoya un regard qui signifiait clairement qu'elle ne le croyait pas, et il tenta, un peu gêné :
« Tu l'as bien dit, je ne peux pas m'empêcher d'être anxieux... c'est pour bientôt.
– Cela passera vite, ne t'inquiète pas. Et puis... » elle passa son pouce sur sa peau, tendre. « J'ai un très bon pressentiment.
– Haru n'est pas en forme, fit-il avec une plainte, et ses dents venant mordre sa lèvre inférieure. Je t'ai parlé de cette course où... »
Elle se pencha et vint doucement embrasser cette lèvre tiraillée, ce qui le fit se tourner vers elle, surpris du geste.
« Il ira bien. J'ai travaillé avec lui, je ne pense pas qu'il soit le même que depuis cette époque, non? » il fut forcé de secouer la tête. « Il sait très bien ce qui arrive, et il se peut qu'il veuille être seul pour se recentrer, faire descendre la pression. Que tu le couves n'arrangera rien. Je suis désolée, je pense qu'il a surtout besoin que son meilleur ami lui change les idées, en ce moment, plutôt que s'inquiéter. »
Sa mâchoire se ferma un peu, puis il fit balancer sa tête en arrière, gémissant.
« Ce n'est pas facile...
– Allez, tu es plus fort que ça. » s'esclaffa-t-elle en enfonçant son index dans ses côtes, le faisant sursauter. Rapidement son rire résonna dans la cuisine, détendant l'air électrique qui y planait depuis qu'il y était entré. Ils finirent l'un contre l'autre, Makoto enserrant doucement sa taille courbée, et caressant ses cheveux.
Ikura recula finalement un peu son visage de son torse, sa main jouant avec ses mèches courtes pour mieux diriger son visage vers elle, et elle souffla :
« Makoto, je peux te demander quelque chose? »
Sa posture se changea un peu en entendant ceci, ainsi que le ton un peu plus sérieux que sa petite amie venait de prendre. Il observa son visage, ses yeux en amande grand ouverts et vifs, et hocha vaguement la tête, un peu appréhensif. Ikura le regarda une seconde de plus, et il savait que lorsqu'elle faisait ceci, elle était capable de tout voir en lui. Rien ne lui échappa de l'expression de son visage lorsqu'elle lui demanda, finalement, directe :
« Sousuke-san et toi, vous êtes sortis ensembles, non? »
A cet instant, il perdit toute voix, ses yeux élargis, et une ombre sombre appelée peur grimpant sur sa colonne vertébrale, et le faisant trembler. Elle sembla hésiter une seconde en le voyant, mais insista, un vague sourire au coin des lèvres, pas très heureux mais compatissant.
« Je veux dire, on est ensemble depuis plus d'un an, Makoto, je ne t'avais jamais vu comme ça avant. Au début, je me suis demandé si c'était une dispute, ou si vous ne vous appréciiez pas, mais j'ai bien vu la façon dont vous vous regardiez. Je me posais la question, et avec ce qu'il s'est produit tout à l'heure, disons que c'était assez clair... »
Ses mains tremblèrent, alors qu'il était véritablement cerné, et ne savait quoi dire, à part balbutier, le cœur battant :
« I-Ikura, je... Il... ce n'est pas...
– Je me suis trompée? » fit-elle avec un sourcil haussé, n'y croyant pas vraiment, et sa théorie plus que confirmée étant donné sa réaction.
Il se détacha d'elle, cachant son visage dans ses mains, inspirant lentement. Elle tiqua, et alla les attraper.
« Makoto, regarde-moi. »
Lentement, il les baissa, refusant toujours de croiser son regard, l'intérieur de son corps se tordant violemment sous la peur qui l'envahissait, alors qu'il voyait le plus gros mensonge de sa vie, celui qu'il serait hétérosexuel, lui sauter au visage; et qu'en plus de ça, déjà, tout à l'heure... Mais Ikura ne bougea pas, et sa voix resta douce.
« Calme-toi, Makoto, tout va bien. Je savais très bien que lorsqu'on s'est rencontrés, tu n'avais jusque-là jamais rien fait avec une fille. J'ai bien compris que tu étais homosexuel. Et je te connais, je sais que tu n'aurais jamais feint pendant une année si tu ne ressentais rien pour moi. »
Il tourna soudain ses yeux vers elle, la gorge serrée.
« Je suis même flattée de savoir que, si toutes les autres filles n'attirent pas ton regard, moi j'ai réussi à te plaire... » son sourire s'élargit, et elle frotta son épaule. « Et je t'ai déjà dis que je m'en fiche du sexe, je ne suis pas asexuelle pour rien. »
Le visage tourné vers le bas, il fut forcé d'acquiescer, sa main se retrouvant dans l'autre plus petite. Il observa le mouvement de leurs phalanges, son cœur battant encore la chamade. Sa voix était minuscule lorsqu'il parvint à prononcer :
« Je ne suis jamais sorti avec lui. » il ferma les yeux, resserra sa main sur la sienne.
« Tu peux me raconter, dans ce cas, s'il te plaît? » elle réajusta une mèche derrière son oreille, et poursuivit doucement. « Je n'aime pas te dire ça comme cela, presque comme un ordre, mais... je pense que j'ai le droit de savoir. Surtout que l'on va souvent se croiser, ces trois prochaines semaines.
– Je comprends. »
Il soupira, et passa une main dans ses cheveux, sans trop savoir de quelle manière expliquer. Finalement, il alla au plus simple.
« Je, nous étions très amis, en fait. J'ai fini par l'apprécier plus que je n'aurais dû, alors qu'il était hétéro. Ensuite j'ai compris qu'il... ressentait la même chose. Mais il ne s'est rien passé, il a fini par partir à Iwatobi.
– Parce qu'il ne voulait pas tenter quelque chose avec toi? » demanda-t-elle, presque offusquée, et il cilla, surpris de la voir comme ça, prête à le défendre, soutenir sa relation avec un homme alors que c'était elle sa petite amie. Cela le fit au moins doucement rire, car elle était sincère, et pas jalouse, bien que cela prouve simplement qu'ils avaient beau s'adorer, être très bien tous les deux, ils savaient que cela ne durerait pas pour toujours.
« Non, c'était pour une autre raison, un peu plus personnelle. En fait... » il grimaça, et passa une main derrière son crâne, se sentant lentement plus à l'aise, alors qu'il parlait de ce qui avait été le plus grand amour de sa vie, qui se trouvait en ce moment-même à moins de vingt mètres d'eux. « C'est moi qui l'ait poussé à y aller. »
Il sentit alors le regard ahuri qu'elle lui lança, et se crut revenir des années en arrière, face à Rin, ou Haru, qui ne saisissaient pas leur décision. Il expliqua :
« Il n'était pas heureux, à Tokyo, absolument pas. C'était la seule solution, on y a réfléchi. C'est pour ça qu'il ne s'est rien passé entre nous deux. Maintenant, il habite à des centaines de kilomètres, ç'aurait été stupide de continuer. »
Elle croisa ses bras, l'observant par-dessous, semblant réfléchir, jusqu'à marmonner :
« Ça va pas.
– Huh? »
Un sourire moqueur fit son apparition au coin de ses lèvres.
« Ça aurait été si vous vous étiez séparés à cause d'une dispute, ou que vous n'étiez pas compatibles. Là, ça fait très Roméo et Juliette, je suis mal barrée.
– Ikura, alla-t-il immédiatement la saisir par les épaules pour lui répondre, sincère et un peu paniqué. Il ne se passera rien! Il n'est là que quelques semaines, puis je ne le verrais plus. Rien ne changera, je t'assure. »
Ses yeux furent rieurs, et elle pencha la tête.
« Ça m'aurait jamais traversé l'esprit que tu me trompes, de toute manière. Et puis, ça se verrait sur ton visage.
– Je suis sérieux!
– Makoto, relax. » elle prit en coupe son visage, et murmura : « Il n'y a pas de souci. Je ne te quitte pas. Je sais que tu tiens à moi, et je te fais confiance. Simplement... » elle ferma les yeux, et quand elle les rouvrit, ils étaient peints d'une certaine détermination. « Peut-être que c'est le moment que tu réfléchisses. Tu tiens beaucoup à lui, encore aujourd'hui, et je pense, vu les têtes de Haruka-san, que je ne suis pas la seule à le croire. Alors si jamais dans les prochaines semaines, tu te rends compte qu'il vaut mieux tout arrêter maintenant, je veux que tu me le dises tout de suite. Sinon, ce que tu feras sera simplement malhonnête envers moi, et je n'aime pas trop souffrir. »
Il ouvrit grand les yeux, la bouche elle aussi entrouverte.
« T-tu es sérieuse?
– Bien sûr que je le suis.
– Mais il va repartir, de toute manière! »
Elle secoua vaguement la tête et répondit, douce, compatissante :
« Et si, en seulement quelques semaines, tu comprends que cela suffit pour laisser passer des années sans vous voir, c'est que sortir avec moi n'est clairement pas la chose à faire. Qu'il est temps que tu y penses.
– Je ne peux pas faire ça, Ikura, c'est inhumain! » il secouait la tête, déboussolé. « On ne va tout de même pas se séparer alors qu'il va repartir...!
– Ce serait inhumain pour toi de te voiler la face et laisser passer une histoire à laquelle tu tiens vraiment; et ce serait surtout inhumain pour moi que l'on continue alors que tu es amoureux de quelqu'un d'autre. » contrattaqua-t-elle avec vigueur.
Et il ne put rien répondre à ceci. Il pouvait seulement fixer le sol en se sentant trembler, et elle vint doucement l'embrasser, soufflant :
« Ce n'est pas une compétition, Makoto. Je t'aime beaucoup, assez pour te souhaiter d'être avec quelqu'un que tu aimes vraiment, et pas assez pour avoir véritablement le cœur brisé si l'on se sépare. J'irai très bien, et on restera amis, je peux te le promettre. Je te laisse choisir, les deux sont valables. Attends de voir les prochaines semaines, et réfléchis. J'y pensais depuis un moment, de toute manière. Si tu es sérieux avec moi, que tu penses que cette relation nous mènera quelque part, on continue. Sinon, il viendra un moment où il faudra arrêter, de toute façon. »
Elle descendit ses mains le long de ses bras, jusqu'à venir enfermer ses mains dans les siennes, pour ensuite le tirer vers le salon, enjouée.
« Allez, arrête de faire la tronche, on va rejoindre les autres. Momotarou doit me montrer les photos de ses insectes, je veux voir ça, ça a l'air tordant vu la tête de sa sœur! »
Il déglutit, sans encore savoir quoi faire, que tirer de tout ce que venait de lui dire la femme qui se tenait devant lui, et qu'il trouvait merveilleuse, qu'il aimerait tant aimer, couvrir de bonheur. A laquelle il voulait jurer que Sousuke repartirait à Iwatobi, et qu'il l'oublierait.
Mais ce serait cacher le pincement au cœur que cela lui faisait, et la vérité indéniable que le baiser qu'ils venaient de partager lui avait fait moins d'effet que de se tenir à deux mètres de lui, seuls dans cette cuisine.
/
La soirée se termina sur un air un peu plus gai, voire mélancolique, alors que l'alcool était consumé, qu'ils partaient dans les vieux souvenirs. La fratrie Mikoshiba ne cessait de s'échanger de grandes embrassades, les deux plus jeunes terriblement fiers de leur aîné, et Gou les observait avec une légère larme à l'œil. Elle en profita alors pour se jeter sur son frère qui tomba du pouf sur lequel il était assis, et Nagisa se joint au câlin, tout pour embêter son Rinrin. Sousuke, lui, l'observait avec un doux sourire, passant l'essentiel de la fin de soirée avec Haruka, contre toute attente. Il semblait que leurs retrouvailles à la piscine, quelques jours plus tôt, les avaient beaucoup rapprochés, et il arriva même un moment où il finit par lui marmonner qu'il n'avait plus besoin de l'appeler par son nom de famille.
Il était environ vingt-trois heures quand ils durent quitter les lieux, car les rois de la soirée avaient un entraînement strict à respecter. Certains vraiment bourrés restèrent dormir sur le canapé, et Sousuke faillit faire semblant de s'être endormi avec Momo, quand il comprit qu'il devait à nouveau faire face à Makoto avant de partir. Mais la perspective de passer la nuit avec un rouquin baveux et bientôt vomissant ne l'attirait pas non plus tellement. Il prit alors sur lui, ne pouvant empêcher la gêne qui plana entre eux lorsqu'ils se serrèrent la main, puis il sortit rapidement de l'appartement.
Mikoshiba restait dormir chez lui, pour sa dernière nuit avec Gou avant les Jeux. Haru haussa un sourcil quand Nagisa se mit à rire en disant que le petit frère allait sûrement être réveillé par les bruits de son frère, ce qui fit rougir d'embarras Rei, et de colère Rin, qui lui tonna de ne pas parler de la vie sexuelle de sa sœur devant lui.
Finalement, les nageurs se séparèrent de leurs anciens kouhai, ainsi que de Sousuke, se dirigeant vers la voiture de Rin garée pas loin, pour rentrer au Village. Ils traversèrent la ville en ébullition avec l'approche des Jeux, des touristes de tous les pays déambulant dans les rues. Le nageur de papillon, en conduisant, jetait de rapides regards en coins à son camarade, qui demeurait silencieux en observant par la fenêtre. Le souvenir de ce qu'il s'était produit plus tôt lui repassa en mémoire, et il lança :
« Ça va mieux? »
Il fallut quelques secondes, mais le brun répondit finalement, d'un mouvement de tête que Rin aperçut à peine, concentré sur la route. Il tenta malgré tout de poursuivre la conversation, n'appréciant pas le silence pesant.
« J'ai vu que tu traînais avec un pongiste, au Village...
– Hm.
– Il est sympa? Le seul que j'ai croisé, c'est le nouveau, là, il paraît qu'il fait entrer des filles à tour de bras dans sa chambre.
– Hoshino-san?
– Ouais, je crois, les gens l'appellent Peco? J'ai pas trop eu le temps de parler avec lui, faut dire que ces types du volleyball ont un grain, mais ils sont assez marrants. » il s'esclaffa tout seul, se rappelant de leur soirée de la veille, au restaurant olympique. « Tu devrais voir ce petit rouquin, une vraie fusée, il la ferme jamais. Il traîne tout le temps avec un grand brun, Oikawa-san m'a dit qu'il s'appelait Tobio, et faudrait vraiment que vous discutiez, je suis sûr que ce serait drôle. »
Haru ne dit rien un moment, avant de marmonner :
« S'il est plus bavard qu'Oikawa-san, je ne suis pas sûr que je veux le rencontrer.
– Nan, mais c'est pas dans le même genre. Plus enfantin, peut-être un peu benêt, je sais pas trop, mais j'ai rapidement pu les voir à l'oeuvre, c'était quelque chose. Lui et le grand, ils sont incroyables.
– Le volley ne m'intéresse pas.
– Sois pas rabat-joie, c'est pas une raison! Et puis, faudra les soutenir, c'est quand même notre pays! »
Avec un soupir, son ami se détacha de la fenêtre.
« J'irai voir les matchs de Kong, avant tout.
– Un chinois?
– Le pongiste dont tu parlais.
– Il est bon?
– S'il est ici, c'est forcément le cas, répondit-il, pince-sans-rire.
– Ah, oui, pas faux... »
Rin hocha la tête, avant de froncer les sourcils, et grommeler :
« T'iras d'abord me voir, non?
– Non, j'irai en priorité voir Mikoshiba.
– Hey! »
Enfin, un vague sourire tordit ses traits, et il souffla :
« Bien sûr que je serais là. Et puis, on participe tous les deux au Free.
– Vrai. »
La pensée de s'affronter, tous les deux, à nouveau, face au monde entier, lui fit l'effet de papillons dans le ventre. Il commençait à vraiment avoir hâte, ne pouvait plus attendre que ce jour arrive. L'impatience le recouvrait véritablement, tout comme l'envie contradictoire que le temps se ralentisse, que cela ne finisse jamais, pas tout de suite.
Sa main sur le levier de vitesse fut recouverte par celle de Haru, qui ne sembla même pas remarquer son geste. Rin, lui, sursauta, et fixa avec de grands yeux son ami, avant de se rappeler qu'il devait fixer la route, bien que toute son attention ne soit pas centrée dessus. Cela recommençait. Il appréciait. Mais cela le rendait vraiment tout chose, toujours. La voix tremblante, il fit comme si de rien était, poursuivant la conversation :
« E-Et c'était sympa de discuter avec Ikura, en tout cas, cela faisait longtemps que je l'avais pas vue. Elle et Makoto sont encore ensemble, je m'y attendais pas.
– Mmh.
– Entre lui, Mikoshiba, et Nagisa et Rei, ils finissent tous casés, h-hein... fit-il rapidement, tentant de rendre l'atmosphère confortable, en tout cas pour lui. Un jour on va vraiment se retrouver à tenir la chandelle-
– Comment ça? »
Il cilla, et haussa un sourcil, la main sur la sienne se relevant un peu. Son cœur battit plus fort.
« Ben... je sais pas pour Momo, mais il est plutôt beau gosse maintenant, il aura sûrement une fille qui lui tombera dans les bras, une de ses partenaires Hongkongaises peut-être-
– Tu n'es plus avec le type de la dernière fois? »
Son ventre se serra en repensant à Akage, et il souffla, ne comprenant pas vraiment d'où voulait en venir Haruka.
« E-euh, non, sinon il serait là ce soir... enfin, ça fait un moment!
– Ah bon?
– Ouais, déjà quatre mois, je crois... »
Le brun inspira brusquement, et Rin grimaça, la main sur la sienne se retirant immédiatement alors qu'il pouvait littéralement sentir l'air se tendre, et son ami sur le point de s'énerver. Tout ce qu'il ne souhaitait pas.
« Depuis mars. Juste au moment où je l'ai rencontré.
– Haru-
– J'y crois pas... »
Et avec ce sifflement, il croisa les bras et se remit à observer l'extérieur, la mâchoire fermement close. Rin, cependant, ne put s'empêcher de rétorquer :
« De quoi, c'est quoi le problème!
– Tu sais très bien quel est le problème. »
Les mots se répercutèrent dans l'habitacle. Haru lui parlait de ça? Sincèrement? Tout à coup? Il ne savait pas si c'était le stress des derniers jours, mais cela ne ressemblait pas à son ami de répondre, de ne pas se muer dans son silence. Peut-être qu'il avait besoin d'évacuer, comme s'il voulait se battre, s'engueuler, et alléger son esprit. Et, à vif, Rin l'était aussi, après cette soirée, après Sousuke, après le corps et la main de Haru sur sa peau.
« J'y peux rien, ok? C'est pas de ma faute!
– C'est parce que tu ne réfléchis jamais.
– Bordel, Haru...! »
Il cracha une insulte dans sa barbe, et mit son clignotant pour aller se garer, car si ça continuait il allait avoir un accident. Une fois arrêtés, il laissa son front retomber sur le volant, sa poitrine lourde, l'impression que tout tombait, les masques, les faux-semblants, les mensonges. Et il souhaitait, au fond, que cela soit le cas.
« Rin, redémarre la voiture.
– Non! »
Il redressa la tête, et vociféra, perdant réellement tout contrôle de ses mots, ceux-ci débordant, ne demandant qu'à sortir, quand il les retenait depuis des années :
« Nan, je redémarre pas, nan je continue pas à rouler comme si de rien était! Tu t'attendais à quoi, Haru? Que je me contenterai d'avancer, comme ça, tranquille, alors que tu viens, que tu me... prends dans tes bras, que tu me prends la main? Je suis humain, ok! »
Perdant patience, le brun détacha sa ceinture, et sortit de la voiture, sous le regard écarquillé de Rin, qui se mit à crier :
« Hé! Haru! Tu vas où, comme ça! On peut pas aller au Village sans voiture! »
Il ne pouvait pas partir comme ça. Pas maintenant, c'était important, ils devaient parler, maintenant que tout était dévoilé, il ne pourrait plus rien cacher. Mais la porte fut refermée à son nez, et il se détacha rapidement, la mains tremblantes, avant de hurler :
« Reste ici, merde! »
Il ne lui répondit pas, les mains dans les poches, et s'engouffrant dans les portes menant au métro. Rin tressaillit, avant de regarder le numéro de la ligne, et de s'apercevoir avec la bouche sèche que c'était celle qui menait à son appartement. Il aurait juste pu retourner dans sa voiture, et reprendre la route, mais il refusa de laisser Haru fuir. Il claqua alors sa portière, et conduisit chez lui, jurant comme un charretier quand il se perdit, ou quand il fut coincé dans la foule de Shinjuku, puis lorsqu'il fallut trouver une place pour se garer. Cela lui prit plus d'une heure, à parfois se figer en se demandant ce qu'il faisait, à être tenté de faire demi tour, ou d'appeler Sousuke.
Mais il n'en fit rien, car il se trouva finalement devant la porte de l'appartement de son ami, les joues roses après avoir couru dans les escaliers car l'ascenseur était en panne. Haruka n'avait jamais changé d'appartement, depuis son arrivée à Tokyo à dix-sept ans. Il ne changeait en rien, il restait accroché au statu quo, à ses habitudes. C'était pour cela qu'il n'avait pas voulu changer d'équipe pour une plus cotée et payant mieux, c'était pour cela qu'il commençait à avoir peur des Jeux, c'était pour cela qu'il repoussait Rin.
Il abattit son poing sur la porte, mais aucune réponse ne vint. Il frappa plus fort, encore, appela son portable, cria son nom, jusqu'à ce que le battant soit violemment poussé, et qu'un Haruka en colère ouvre, ses yeux brillants et ses pommettes rouges. Sans tarder, Rin vociféra :
« Tu fuis pas pendant qu'on s'engueule, toi, surtout pour quelque chose d'aussi important, t'as pigé! » asséna-t-il en secouant un doigt en face de son visage.
Mais il ne put continuer son engueulade qu'un poing attrapa le devant de sa veste et le tira dans le vestibule, fermant violemment la porte derrière lui, certainement car il faisait beaucoup de bruit. Il se retourna, pas prêt de s'arrêter de crier :
« Tu m'écoutes, ouais- »
Il eut à peine le temps de voir deux pupilles bleues, plus acérées que jamais, plus qu'après cette course abandonnée en terminale; que les mains revinrent le pousser, cette fois contre le mur, suivies de lèvres qui s'écrasèrent sur les siennes.
Il écarquilla les yeux, comme électrocuté, mais Haruka plongea une main dans ses cheveux, les tirant au passage, et approfondit le baiser, glissant une jambe entre les siennes; et ce que son genou vint appuyer, ce n'était pas une erreur : c'était son entrejambe.
Sa colère disparut, alors qu'il répondait, plus qu'enthousiaste, et un immense poids sembla se soulever de ses épaules. Sa langue vint à la rencontre de l'autre, et il soupira longuement, dévorant les lèvres de l'autre homme, ses mains entourant sa nuque pour descendre lentement sur son dos, et vers ses fesses. Là, il glissa sur les muscles fermes, et fit un mouvement en avant, rencontrant les hanches de Haru.
Il gémit dans le baiser, sentant son excitation monter, ses mains souhaitant tout toucher, ses pieds souhaitant bouger, les mener vers une chambre, un lit, mais aussi rester, ne pas s'arrêter, pas tout de suite, car il n'avait peur que d'une chose : c'était qu'Haru arrête, soudainement, cesse cette folie qu'il n'appréciait que bien trop, cet espoir qu'il avait pourchassé et qui semblait valoir le coup.
Haru le coinça contre le mur, continuant de venir rencontrer son bassin, alors que leurs bouches glissaient l'une sur l'autre, insatiables, et encore coléreuses pour le brun. Il finit par se détacher pour prendre une longue inspiration, et Rin ne s'arrêta pas, embrassant sa gorge, descendant vers les clavicules qu'il pouvait apercevoir. Il ne pouvait plus se contrôler, les halètements de son ami désormais dans son oreille, son fantasme vivant dur contre sa cuisse, et venant à sa rencontre, de son propre gré.
Des dents vinrent se saisir de son lobe d'oreille, et il lâcha un cri étouffé dans la peau de l'autre homme. Les battements de son cœur s'intensifièrent, et ses mouvements de bassins s'accélérèrent, alors que sans pouvoir résister une seconde de plus, bien trop submergé par les sensations, l'excitation, l'adrénaline; il gémissait et jouissait dans son boxer.
Il ne savait pas si Haru l'avait suivi, ou non, tant il se laissa retomber contre le mur, en nage, transpirant et frémissant. Il lui fallut au moins une minute pour se remettre, et quand il le fut à peu près, il chercha les lèvres de Haru, pour l'embrasser encore, car il ne s'en laissait pas, et ne s'en lasserait sûrement jamais. Mais le brun se déroba, le laissant soudainement froid, alors qu'il reprenait finalement ses esprits, et apercevait son ami s'essuyer la bouche, les épaules serrées, et les yeux détournés. Il avait toujours l'air en colère. Son torse se gonfla quand il inspira lentement, et il gronda :
« C'est bon, maintenant? »
Toute satisfaction post-orgasme disparut quand il entendit ses mots, son sang se glaçant. Il cilla doucement, la réalisation de ce qu'il venait de se passer lui tombant dessus, mais l'empêchant de prononcer un seul mot. Haru, l'air vraiment dégoûté en passant une main sur sa gorge, enleva rapidement ses chaussures.
« Je vais prendre un bain. Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, rentre au Village, et laisse-moi tranquille. »
Ses yeux s'écarquillèrent si grand qu'il en eut mal. Mais s'il voulut souffler un mot, un son, celui-ci resta coincé dans sa gorge. Les mains tremblantes, l'envie de vomir le recouvrant, il ne sut que faire d'autre que de marcher d'un pas tremblotant dehors, jusqu'à sa voiture. Il se sentit cependant incapable de rentrer, et être seul. Il n'était même pas certain de pouvoir reprendre la voie rapide dans son état.
Alors, roulant lentement, il finit dans le parking de son immeuble, grimpa les étages, et ouvrit sa porte. Son appartement était dans le noir, et plus rangé qu'il n'en avait l'habitude. Il l'ignora, enlevant sa veste, et ouvrant la porte de sa chambre pour y voir Sousuke dormant à poings fermés.
Il fut silencieux en prenant des vêtements, surtout un boxer propre, et hésita à prendre une douche, mais se contenta de mouchoirs pour se nettoyer, avant de glisser dans son lit, réveillant son meilleur ami qui cria, la voix aiguë :
« Bordel c'est qui?! »
Il n'eut pas le temps de se retourner que Rin entoura son torse de ses bras, et plongea son visage dans le haut de sa nuque, familière, rassurante. Heureusement, le brun le reconnut rapidement :
« Rin? Putain, tu fous quoi, il est quelle heure, et pourquoi t'es là-
– Sousuke, demain. »
Ses bras tremblèrent, il se souvint des yeux froids de Haru.
« Quoi...? marmonna-t-il, le sommeil et l'alcool le rendant de nouveau pâteux, avec l'adrénaline qui descendait.
– Demain. »
Il cessa de bouger, encore appuyé sur son coude, sa tête tournée au maximum vers lui.
« Rin...?
– S'il te plaît. »
Après de longues secondes, il acquiesça, et se recoucha avec un long soupir. Rin, lui, tenta de calmer les soubresauts de sa poitrine, alors qu'il revoyait Haru passer devant lui, son pantalon un peu déformé par son érection.
Il fondit, finalement, en larmes, deux larges bras détachant sa prise pour qu'il se retourne et vienne le serrer contre son cœur. Aucun d'entre eux ne dormit beaucoup, cette nuit-là.
A suivre...
Ouais, je suis désolée, c'est pas folichon cette semaine; et c'est une coïncidence avec ce qu'il s'est passé!
Voici donc les noms desdits sportifs qui participent aussi au JO. Etant fan de Haikyuu, j'ai pas résisté, surtout que j'imagine régulièrement quelle serait la dreamteam avec tous les persos qu'on connaît actuellement, et donc voilà déjà Oikawa, Hinata et Kageyama, bien que j'en mettrais quelques autres ensuite ;) Dans un autre style, il y a aussi une référence à Ping-Pong, l'anime de sport de ma vie; avec l'ami de Haru étant Kong, et une référence à Peco/Hoshino, perso principal du manga de ce génie de Taiyou Matsumoto.
En tout cas, j'espère que ça vous a plu, et à la semaine prochaine!
