Errance


Cette fic est écrite dans le cadre de la soixante-sixième nuit d'écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "événement". Le but du défi était d'écrire une fic (OS) en une heure de temps, idée, écriture et postage compris.

Disclaimer : Rien à moi, ou presque.

Mot de l'auteur ravi : Le cap des deux cents commentaires est passé, sponsorisé par Griseldis. Merci beaucoup de vos retours de lecture, ils comptent tous beaucoup pour moi.


Chapitre 26 : Événement

Deux jours qu'ils avaient atterri au Square Grimmauld, dans la panique d'une poursuite inattendue. Deux jours qu'ils tournaient en rond sans but réel, livré à un sort peu anticipé, si ce n'est par Hermione. Deux jours que Ron se rongeait les sangs sur le sort de sa famille. Quarante-huit heures. Deux mille huit cent quatre-vingts minutes. Cent soixante-douze mille huit cents secondes.

La Gazette du sorcier n'en avait pas parlé.

D'une certaine manière, c'était plutôt attendu : le quotidien était devenu partial et politiquement engagé contre Harry Potter et ses alliés. Propagandiste, il ne développait que les unes orientées ou les potins inoffensifs. Il n'y avait donc pas le soupçon d'une ligne d'information sur le mariage, pourtant cent pour cent sorcier, de Bill et Fleur Weasley-Delacour. A défaut de nouvelles des survivants – mieux valait y penser positivement – Ron espérait que l'événement avait fait l'objet d'un encart dans la rubrique mondaine, entre l'annonce d'une levée de fond pour les sorciers en détresse et celle d'une soirée en l'honneur des vainqueurs du championnat national de bav'boules. Non! Rien de rien! Il n'y avait rien.

Ron plaça machinalement le bout de ses doigts entre ses lèvres et mordilla consciencieusement.

Quiconque espérait encore qu'il épargne ses ongles était un indécrottable optimiste. A force de les ronger, il finissait même par douter de leur existence. Il s'attaquait désormais à la peau durcie et jaunie qui les avait remplacés. Quelques jours d'attente le rendaient incroyablement nerveux. Hermione et lui avaient pourtant anticipé la tourmente, l'éloignement des proches, les difficultés à suivre Harry et même le manque probable de nourriture – sa seconde source d'angoisse. De la théorie à la pratique, il y avait un monde qu'il n'avait envisagé.

Scrutant à nouveau la Gazette, ligne par ligne, mot par mot, comme pour y découvrir un sens caché, Ron soupira de frustration et le regretta immédiatement.

Il ne pouvait se laisser aller à ses penchants moroses. Il n'en avait pas le droit. Il savait pertinemment qu'il lui fallait être un roc. Le moindre signe de faiblesse de sa part altèrerait ses amis, leur équilibre et leur fragile mission. S'il flanchait, il entrainerait le trio dans sa chute et avec lui le monde sorcier. Il ne pouvait pas se le permettre.

L'avant-veille, il avait compris les fleurs et les oiseaux, les roses et les colombes, et l'amour niais, mielleux et naïf entourant son frère et sa belle-sœur. Il s'était imaginé à leur place, sans dégout ni honte pour sa virilité. Il avait entrevu son futur, son événement familial et heureux. Il s'était rêvé aux bras d'Hermione, célébrant à leur tour l'espoir d'un monde meilleur.

Il se le promettait : son mariage à lui serait relayé par la Gazette du Sorcier!


Les commentaires, c'est rose et colombe; ça apporte du bonheur sans rognure d'ongle.