Résumé : Voldemort n'est plus, Harry l'a vaincu. Mais à quel prix ? Hermione est plongée dans le coma, victime d'une magie dont il ignore tout. Cependant, contre toute attente, un jeune sorcier bien particulier semble pouvoir lui venir en aide. Harry va alors découvrir le dernier secret qui entoure sa famille... #résumépourri !

Statut : En cours d'écriture.

Pairing : Drago et Hermione. Bah ouais, ils sont trop mignons, tous les deux !

Raiting : M, parce que je préfère prévenir que guérir... S'il y a besoin de changer par la suite, on verra. Pour le moment, je laisse comme ça.

Genre : Romance, évidemment. Famille, c'est le nœud de l'histoire. Et aussi un peu de suspense, parce que je suis sadique et que vous aimez ça !

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...

Note d'Auteur : Bonjour tout le monde !
Bon. Comment vous dire... En fait, non, je crois que je n'ai rien de plus à vous dire. En ce moment, ma vie IRL est un peu... compliquée - pour être gentille - et j'ai pas beaucoup de temps à accorder à mon ordi... Ca fait un bout de temps que je vous en avez parlé, et comme vous avez put le remarquer, puisque je met de plus en plus de temps à publier, ca ne s'est toujours pas arrangé. Du coup, je préfère pas vous donner de date pour le prochain chapitre, ni pour quoi que ce soit d'autre, en fait. Ca fait chier, croyais moi ça me botte autant que vous. Mais c'est comme ça. Pour le moment, je n'ai aucune idée de quand et comment je pourrais publier la suite.
Voilà voilà. C'est pas joyeux, je sais, désolée.
Bon, sinon. J'avais dans l'idée de vous parler d'un projet concernant une prochaine fiction, mais, là encore, c'est reporté. Je vais pas commencer à envisager d'écrire une troisième fic alors que j'ai déjà un peu de mal à terminer celle-ci (non pas que j'ai pas les idées, hein, je sais exactement quand et comment cette histoire va se finir, mais j'ai juste pas le temps de l'écrire...)
Oh. Et, pour finir. Je crois que je vais laisser tomber l'idée de la page Facebook, pour le moment. Depuis sa création, il n'y a que ma tite môman qui y est active. Et ma belle sœur quand elle y passe. Je n'ai pas vraiment de retour d'autres personnes. Donc bon... Cette idée est un flop.
Du coup, voilà. Je vais tenter de ne pas mettre trop de temps pour le prochain chapitre. Allez, j'vous donne quand même une tranche, parce que je pense pas mettre plus d'un mois avant la prochaine publication. Donc voilà. Vous pouvez espérer le prochain chapitre pour, au plus tard, fin novembre.
Sur ce, je vous laisse à votre lecture.
Dabisous !


Le Poids du Silence

Chapitre 26 : Première Piste


Lundi 20 Juin 1999 - Début de matinée - Square Grimmaurd

Lorsqu'elle se réveilla, Hermione mit quelques secondes à émerger totalement du sommeil. Elle se sentait bien, sereine, comme sur un petit nuage. Elle aurait aimé rester éternellement dans la douceur de ses draps de soie. Drago avait vraiment eu une bonne idée de lui proposer de changer sa literie...

Drago...

Elle se redressa en sursaut, une main sur la bouche pour étouffer son cri de surprise - ou de panique, elle ne savait le dire - et tâta son corps de l'autre main. Elle était nue.

Totalement nue.

Brutalement, les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire.

Elle avait couché avec Drago Malefoy.

Quelqu'un avait vandalisé le bureau de son frère et elle avait couché avec Drago Malefoy.

Elle avait obtenu ses ASPIC avec les meilleures notes possibles, quelqu'un avait vandalisé le bureau de son frère, et elle avait couché avec. DragoMalefoy.

Dieu de qu'elle aurait aimé se gifler.

Elle observa rapidement sa chambre et nota, non sans une pointe de déception, qu'elle était seule dans la pièce. Drago n'était nulle part en vue, ce qui n'était pas vraiment étonnant, vu qu'il avait enfin obtenu ce qu'il voulait d'elle.

Là aussi, elle aurait voulu se gifler.

Il n'était pas comme ça. Tout du moins, s'il avait été, du temps de Poudlard, le plus grand manipulateur que cette terre ait connu, il ne l'était plus. Elle espérait sincèrement ne pas s'être trompée sur son compte. S'il s'avérait qu'il était toujours le salaud qu'elle avait détesté toute sa scolarité, s'il s'avérait qu'il ait utilisé ses dons de stratège pour abuser de sa confiance, s'il s'avérait qu'elle avait offert sa virginité - sa virginité, bon sang ! - au plus vil Serpentard, elle ne s'en remettrai jamais.

Déjà qu'elle n'était pas certaine de s'en remettre...

Mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête ?! Elle s'était toujours imaginé offrir sa fleur à l'homme de sa vie. Elle s'était juré de se préserver pour lui, pour le seul et unique, celui qu'elle aimerait de tout son être et qui le lui rendrait au centuple. Elle s'était même promis de rester vierge jusqu'au mariage. Et Dieu savait à quel point elle en était loin. Elle était bien trop jeune ! Elle venait tout juste de sortir de l'école, et il lui restait encore ses études supérieur à faire, un travail à trouver, une carrière à mener. Les garçons, les relations amoureuses, le sexe, tout ça ce serait pour plus tard. Lorsqu'elle serait devenue une femme accomplie.

Et elle venait de tout gâcher pour Drago Malefoy.

Ce n'était pas comme si elle était amoureuse de lui, n'est-ce pas ? Non, non, non ! Elle n'était pas amoureuse de Drago Malefoy. Non, non, non. Impossible.

Et pourtant...

Pourtant, il prenait soin d'elle comme rarement quelqu'un l'avait fait. Harry prenait soin d'elle, mais comme une soeur. Ses parents adoptifs, les parents Weasley et le Professeur McGonagall avaient pris soin d'elle, comme si elle était leur propre fille. Ronald avait pris soin d'elle, mais plutôt comme d'une amie sur laquelle il devait veiller, une amie asexuée, puisqu'il avait mit sept ans à comprendre qu'elle était une fille, une fille amoureuse de lui...

Ronald ! Oh, bon sang ! Mais qu'avait-elle fait ?!

A deux doigts de faire une crise d'angoisse, elle se leva et se mit à faire les cents pas dans sa chambre, toujours nue, tout en se passant les mains dans ses cheveux emmêlés pour tenter de se calmer.

Ronald faisait partie du passé. Il fallait qu'elle trouve le moyen de cesser de culpabiliser. Elle l'avait aimé, plus qu'elle ne pourrait jamais l'expliquer. Il avait été son premier amour, même si celui-ci était resté à sens unique pendant trois ans avant qu'il n'ouvre les yeux. Elle l'avait aimé de tout son coeur, lui avait été dévouée corps et âme. Mais il était mort. Aussi brutal et douloureux que ce soit, il était mort. Et il ne reviendrait jamais. Elle devait tourner la page. Guérir la blessure de son coeur et aller de l'avant.

Mais quand même. Passer de Ronald Weasley à Drago Malefoy...

Non seulement, c'était la plus haute trahison dont elle pouvait faire preuve, mais en plus, ils n'avaient absolument rien en commun ! Sauf le Quidditch, peut-être. Et encore, Ron était un fier défenseur des Canons de Chudley, alors que Drago ne jurait que par les Harpies de Holyhead...

Mais comment savait-elle ça ?!

Pour se calmer, elle entreprit de faire quelques exercices de respiration. Elle se détendit rapidement et se remit à analyser posément les événements.

Elle avait couché avec Drago Malefoy.

Et alors ? Ce n'était pas non plus comme si elle l'avait fait avec Voldemort, n'est-ce pas ? Rien qu'à cette idée, un long frisson de dégoût lui remonta l'échine et une nausée frappante la fit se plier en deux. Elle inspira deux grands coups, et secoua la tête pour chasser cette horrible vision. Non mais franchement… Quelle analogie stupide !

Dans les faits, tout était simple. Drago avait été parfait. Doux, tendre, attentif et attentionné. Presque aimant. Presque, parce qu'il était totalement impossible qu'il l'aime... Pas lui. Pas elle. Non. Impossible !

Dans son esprit, en revanche, tout était bien plus compliqué. Justement parce qu'il n'existait aucune notion d'amour entre eux, et qu'elle avait bien du mal à accepter d'avoir succombé au plaisir de la chair dans sa forme la plus primitive. Certes, elle ne pouvait pas nier qu'elle était attirée par Drago. Ce désir couvait depuis suffisamment longtemps pour qu'elle ne puisse plus fermer les yeux. Mais de là à parler d'amour ? Impossible. Et pourtant...

Pourtant, tous les maudits romans qu'elle avait lu parlaient de ces sensations qu'elle éprouvait avec lui. De ces papillons dans le ventre qu'elle ressentait chaque fois qu'il la regardait, chaque fois qu'il la touchait. De cette impression de vide quand il n'était pas dans la même pièce qu'elle.

Sans parler du plaisir qu'elle éprouvait chaque fois qu'il prenait soin d'elle, ou qu'il lui offrait un cadeau, ou qu'il avait ce genre de petites attention que les autres n'avaient pas, comme de lui tenir sa chaise ou de lui préparer son petit déjeuner…

Et bon sang ce qu'il lui manquait ! Sans cesse. Quand il n'était pas là, elle se demandait où il était, ce qu'il faisait, s'il pensait à elle aussi…

Pire qu'une adolescente pré-pubère !

Mais ça n'avait rien à voir avec l'admiration et la dévotion qu'elle avait éprouvée pour Ron. Bien au contraire. Elle passait son temps à se disputer avec Drago. Ils étaient sans cesse en conflit, jamais d'accord sur un sujet.

"Tout comme avec Ron" lui fit remarquer une petite voix dans sa tête.

Sur ce point, elle avait raison...

Mais alors. Etait-elle réellement amoureuse de Drago ?

Elle ne voulait pas y croire. Même si tout le lui indiquait. Elle s'y refusait. Elle ne voulait pas accepter l'idée d'être tombée amoureuse de lui. Ce serait bien trop compliqué. Même s'il avait changé, même s'il n'était plus le même garçon qui l'avait persécuté, même s'il prenait soin d'elle comme personne ne l'avait jamais fait. Elle s'y refusait. Elle ne pouvait pas tomber amoureuse de Drago Malefoy.

Elle ne devait pas tomber amoureuse de Drago Malefoy.

Elle ne s'en remettrait jamais.

Fier de sa décision, elle s'empressa d'ouvrir en grand les portes de son armoire pour y chercher sa tenue de la journée afin d'aller prendre une douche. Après ça, elle irait parler à Drago. Elle irait lui expliquer, le plus calmement possible, qu'ils avaient fait une erreur. Une erreur certes délicieuse, formidable, inoubliable, mais une erreur tout de même. Que tout ça n'était que le résultat du trouble émotionnel qu'elle subissait depuis qu'elle était sortie du coma, et que ce n'était pas la solution. Qu'il ne faudrait plus jamais reproduire cette erreur.

Peut-être même envisagerait-elle de trouver un appartement rien qu'à elle. Elle ne se sentait pas le coeur assez cruel pour lui demander de partir. Et bien qu'elle ait toujours rêvé de vivre avec Harry, de rattraper le temps perdu durant toutes ces années où elle avait été éloignée de son frère, elle saurait partir. Pour se protéger. Pour s'éloigner de la tentation, et de la peine de coeur qu'elle subirait si elle venait à y céder…

Toute à ses pensées, elle n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir derrière elle...

En revanche, elle sentit sa présence avant même de le voir. Penchée en avant, la main tendue vers son jean fétiche - qui ne ressemblait à rien mais qui était ô combien confortable - elle se figea un instant. A peine une micro-seconde. Tout juste le temps de réaliser que, dos à la porte, ainsi penchée, totalement nue, elle devait lui offrir une vue exceptionnelle. Son coeur loupa un battement. Elle se redressa d'un seul mouvement et, le temps d'une fraction de seconde, se sentit paniquer.

Puis elle se souvint. De son corps, elle n'avait plus rien à lui cacher. Il avait déjà tout explorer cette nuit là.

Rouge écarlate - de honte, ou de désir, elle ne voulait pas savoir - elle se tourna lentement vers lui. Debout à l'entrée de la porte, uniquement vêtu d'un pantalon de Quidditch - et donc totalement torse nu ! - il tenait dans ses mains un plateau contenant un petit-déjeuner qu'il avait, sans aucun doute, préparé pour elle.

Le temps d'une seconde, elle se demanda pourquoi il n'avait pas utilisé sa baguette pour faire léviter le plateau, plutôt que de le porter comme un moldu l'aurait fait.

Et la seconde suivante, elle aperçut le bouquet de fleur posé sur le plateau. Une rose rouge, un brin de lavande et un lys. Ses trois fleur préférée.

A cet instant précis, elle sut. Elle sut qu'elle avait déjà perdu.

Elle était complètement folle amoureuse de Drago Malefoy.

XXX

Il était complètement fou amoureux d'Hermione Granger.

Il avait beau se répéter cette phrase en boucle dans son esprit, depuis la veille au soir, il n'arrivait toujours pas à y croire. Il était complètement fou amoureux d'Hermione Granger et elle venait de lui offrir sa première nuit d'amour.

Il était l'homme le plus heureux du monde.

C'est ce qu'il ressentit, à l'instant même où il pénétra dans la chambre de la jeune fille. Elle se tenait juste devant lui, penchée en avant, totalement nue. Son postérieur tendu vers lui semblait l'attendre, le réclamer, lourd de mille promesses… Une vision enchanteresse qu'il aurait put savourer jusqu'à la fin de sa vie...

La seconde suivante, Hermione se redressait d'un bond, rouge écarlate. Lentement, elle se tourna vers lui et le dévisagea des pieds à la tête. Lorsque ses yeux se posèrent sur le torse nu du blond, son regard devint concupiscent, et elle se mordit la lèvre. Puis elle remarqua le plateau repas, et ses yeux s'illuminèrent.

À l'instant même, Drago aurait put le lui dire. Ce qu'il voyait dans le regard de la jeune fille était largement suffisant pour lui assurer que ses sentiments étaient réciproques. Il pouvait. Il le voulait. Il entrouvrit les lèvres, les mots magiques sur le bout de la langue, et…

« Je croyais que tu étais parti » lâcha-t-elle du bout des lèvres. Puis elle écarquilla les yeux, surprise par son aveu.

Drago fronça les sourcils, à la fois choqué et blessé par ces propos. « Je ne suis pas comme ça. » Il avança et déposa son plateau sur le lit, avant de se tourner lentement vers elle. « Je pensais que tu l'avais compris, maintenant. »

Elle eut la délicatesse de paraître embarrassée.

« Désolée. Je... » elle hésita, se balança nerveusement sur ses pieds tout en se triturant les mains. « Je… Tu... On… »

Le blond se mordit la lèvre, à deux doigts de lâcher une mauvaise plaisanterie. Au lieu de ça, il se dirigea vers l'armoire, se saisit d'un peignoir et le déposa tendrement sur les épaules d'Hermione.

« Arrête de réfléchir » lui souffla-t-il à l'oreille. Entre ses mains, il la sentit se figer, le souffle coupé. Doucement, il l'embrassa au creu du cou, juste sous le lobe de son oreille. « Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ? » Elle secoua la tête en signe de négation, il sourit. « Tu veux qu'on en parle ? »

A nouveau, elle se figea. L'instant d'après, elle s'écartait de lui, refermant les pans de son peignoir - plus pour occuper ses mains que pour lui cacher son corps - tout en faisant les cent pas.

« Cette nuit a été... » commença-t-elle d'une voix déterminée, avant de s'interrompre subitement. Drago fronça les sourcils.

« Fabuleuse ? Inoubliable ? » continua-t-il d'une voix séductrice, avant de feindre l'horreur : « Ne me dis pas que tu as trouvé ça catastrophique ?! »

Elle éclata de rire. « Non, bien sûr que non. C'était parfait. Mais... » A nouveau, elle s'interrompit, visiblement incapable d'aller au bout de ses pensées.

« Tu regrette ? » demanda-t-il avec sérieux, tout en priant pour que la réponse soit négative.

Elle ne répondit pas.

Elle détourna le regard.

Il s'avança d'un pas. « Arrête de réfléchir, Hermione. »

« Mais comment veux-tu que j'arrête de réfléchir ?! » s'exclama-t-elle. « Je ne peux pas mettre mon cerveau sur "off" et ne plus penser à rien ! » ajouta-t-elle en le fusillant du regard.

Il lui aurait bien répondu que si, elle pouvait, et que cela s'appelait l'Occlumencie, mais elle semblait à deux doigt de faire une crise de panique, et l'humour ne semblait pas être la meilleure solution.

Il ne savait pas quoi lui répondre. Il ne savait pas quoi lui dire pour apaiser ses angoisses. Alors, il fit ce qu'il savait faire de mieux. Ou, tout du moins, ce qui lui semblait normal de faire.

Il s'avança jusqu'à elle et la prit dans ses bras. Elle enfouit son visage dans son cou, et il huma l'odeur fruitée qui se dégageait de ses cheveux. Ils restèrent ainsi un long moment, puis elle se détacha doucement de lui et plongea son regard dans le sien sans dire un mot. Elle y cherchait des réponses aux questions qu'elle ne parvenait pas à formuler. Il le voyait dans ses yeux.

Il inspira une grande goulée d'air, pour se donner du courage, et soutint son regard.

« Je ne regrette rien » commença-t-il, et il vit dans ses yeux le soulagement que cet aveu provoqua chez elle. « Je ne regrette pas ce qui s'est passé cette nuit. Je ne regrette pas ce qui s'est passé entre nous ces dernières semaines... » Il vint coller son front contre le sien et reprit d'une voix douce : « Je ne sais pas où ça va nous mener. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Tout ce que je sais, c'est que je ne veux pas que ça s'arrête. » Cet aveu, c'était beaucoup plus qu'il ne se sentait capable de lui confier. « Ces dernières semaines ont été magnifiques. J'ai envie de voir jusqu'où ça peut aller... » Il plongea son regard dans le sien, profond, sérieux. « Et toi ? »

Lentement, elle hocha la tête en signe d'assentiment. Il lui sourit et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

« Le café va refroidir » finit-elle par lancer.

XXX

Lundi 20 Juin 1999 - Quelques minutes plus tard.

« Au fait, Rogers a modifié nos horaires » lança-t-il rapidement.

Hermione se figea, tourna lentement la tête vers lui, et fronça les sourcils.

« C'est à dire ? » demanda-t-elle, les lèvres pincées.

« Ton frère est déjà parti » lâcha-t-il prudemment.

« Quoi ? » s'exclama-t-elle, tout en jetant un coup d'oeil à son horloge. « Mais il n'est même pas encore 7 heures ! »

« Rogers le veut au bureau à 6 heures et demie » avoua-t-il.

« Et toi ? Quelles sont tes horaires ? » demanda-t-elle, boudeuse.

« Je dois être au bureau à 8 heures. »

« C'est raisonnable » nota-t-elle. Puis elle remarqua son air coupable, et plissa les yeux, suspicieuse. « Et tu finis à quelle heure ? »

« Et bien... » commença-t-il, prudent. « Etant donné que je dois enquêter sur cette affaire tout en faisant ma formation en accéléré... » il déglutit avec difficulté, baissa les yeux et lâcha simplement : « Je vais probablement rentrer vers 22 heures. Tous les soirs. »

Le silence s'installa, pesant. Finalement, il osa relever la tête et se sentit immédiatement coupable. Hermione regardait en direction de sa fenêtre, le visage fermé, les yeux embués de larmes qu'elle tentait de contenir.

« Hey, Hermione. Ne pleure pas... » Il la prit dans ses bras, la serra fort contre lui. « Ce n'est que le temps de l'enquête. Ou jusqu'à la fin de ma formation. Après ça, j'aurais des horaires moins chargés... »

« Je sais... » commença-t-elle d'une voix enrouée. « C'est rien, ne t'inquiète pas. C'est juste que... » elle hésita, soupira, et finit par avouer. « J'avais espéré qu'on pourrait profiter un peu de quelques jours tous ensemble. Harry devait prendre des vacances, et comme tu ne devais commencer ta formation qu'en août... »

« Tu avais des projets ? » demanda-t-il soudainement. Ça semblait tellement évident…

Elle secoua les épaules. « Rien de spécial. » Elle mentait mal. Très mal. Drago le lui fit remarquer, et elle sourit tristement. « J'avais espéré que vous auriez pu m'aider à retrouver mes parents. » Il fronça les sourcils, perplexe, à deux doigts de lui faire remarquer que ses parents étaient morts, mais elle ajouta nerveusement : « Mes parents adoptifs. Les Granger. Ils ne sont peut-être pas mes vrais parents, mais ils se sont occupés de moi comme tels. Et ils me manquent... »

Le blond ferma les yeux, à peine quelques secondes. Il ne s'attendait pas à cette révélation. Il s'en voulait de ne même pas y avoir songé avant elle. Après tout, Hermione avait été élevée par ces gens. Pendant onze ans, elle avait cru qu'ils étaient ses vrais parents, et elle les avait aimé comme tels. Elle les aimait encore comme tels, même après avoir appris la vérité. Ça semblait tellement évident. Elle voulait les revoir. C'était parfaitement compréhensible.

« Très bien » lâcha-t-il enfin, en croisant son regard. Elle écarquilla les yeux, surprise. « Je verrais tout à l'heure ce que je peux faire pour t'aider. Peut-être existe-t-il un moyen de les retrouver. Tu les as envoyé en Australie, c'est ça ? »

« En Nouvelle-Zélande » corrigea-t-elle, la voix pleine d'espoir.

« J'en parlerai à Rogers » promit-il. « Pourquoi ne demanderais-tu pas à Ginny de t'accompagner ? Ça vous ferait du bien. A toutes les deux. » Il ne doutait pas un seul instant que les deux jeunes filles avaient mille choses à se raconter. Il se souvenait parfaitement des discussion bien trop féminines de Pansy et Milicent, dans les dortoirs des Serpentards, et même si Hermione n'était pas vraiment du genre à colporter des ragots, Ginny était bien de celui à vouloir tout savoir dans les moindre détails…

« Oui, tu as raison. C'est une excellente idée ! » lança-t-elle tout en se levant, déjà prête à écrire à sa meilleure amie.

Drago lui sourit.

« Pendant que j'y pense... » reprit-il sérieusement, « c'est quoi ton patronus ? » demanda-t-il, l'air de rien.

« Une loutre » répondit-elle en fronçant les sourcils, surprise. « Pourquoi ? »

Le blond tenta de réprimer le frisson d'angoisse qui le saisit aux tripes.

« Au cas où nous aurions besoin de contacter l'autre » répondit-il d'un air évasif. « Le mien, c'est un paon. » Il fronça les sourcils en voyant son expression horrifiée. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien ! » s'empressa-t-elle de répondre.

« Hermione ! » gronda-t-il.

« C'est juste que... » elle soupira. « Pourquoi aurions nous besoin de joindre l'autre ? »

Il se serait volontier jeter un sort Multigifles pour l'avoir inquiété inutilement.

« On sait jamais » bota-t-il en touche, tout en secouant les épaules.

Elle l'imita tout en se rasseyant sur le lit. Il lui sourit.

« Donc, tu veux retrouver tes parents. » Elle hocha la tête, il insista. « Pourquoi ? Je veux dire, pourquoi maintenant ? »

« Pourquoi pas ? » lança-t-elle, tout en croquant dans son croissant. Il haussa un sourcil, elle sourit. « Ça fait un moment que j'y pense. » Elle finit sa viennoiserie en deux bouchées supplémentaires. « Je culpabilise un peu de les avoir écarté comme ça de ma vie » ajouta-t-elle d'une voix calme. « Surtout quand je pense à Harry, qui n'a pas eu la même chance que moi... » elle lui lança un regard embarrassé, avant de rapidement détourner les yeux.

« Et quand tu pense à moi aussi, je suppose ? » demanda-t-il, légèrement amusé de sa réaction.

« Je suis désolée » s'empressa-t-elle. « C'est juste que... » elle rougit, se mit à triturer ses doigts. « On peut pas vraiment dire que tu as eu une enfance idéale. Et Harry encore moins. Alors que moi... » elle baissa les yeux. « Tu comprends ? J'ai eu des parents qui ont tout donné pour moi. Ils m'ont aimé, me l'ont montré, m'ont tout offert. Tout en sachant qu'un jour, je connaîtrai toute la vérité. Et moi, je leur ai tourné le dos... »

Elle essuya une larme solitaire sur sa joue, et le blond lui prit la main, qu'il caressa tendrement.

« Tu as fait preuve d'un immense courage... » commença-t-il d'une voix douce, « pour accepter de t'effacer de leur mémoire comme tu l'as fait. Tu les as protégé, il n'y a rien de mal à ça. »

« Je sais » affirma-t-elle. « Mais j'aurais dû partir à leur recherche dès mon réveil. »

« Alors c'est pour ça que tu culpabilise ? » demanda-t-il, surpris. Elle hocha la tête, et il leva les yeux au ciel. « Hermione… Dis-moi à quel moment tu aurais pu aller les retrouver ? Pendant que tu faisais le deuil de ton meilleur ami ? Ou bien peut-être pendant que tu passais tes journées à réviser pour tes ASPICs ? » Elle grimaça. « Ils ne t'en voudront pas, si c'est ce dont tu as peur. Tu as passé toute une année en cavale, puis une autre dans le coma. Et depuis, tu as tenté de retrouver un équilibre. Maintenant que c'est chose faite, tu peux aller les retrouver. J'aurais agi de la même façon, à ta place. »

Ce n'était peut-être pas tout à fait exact. A sa place, il n'aurait sûrement pas effacer son souvenir de la mémoire de ses parents pour partir avec son meilleur ami dans une quête suicidaire afin de tuer le plus grand mage noir de leur époque. Non. Il aurait plutôt changer son apparence pour recommencer une vie anonyme à l'autre bout du monde, loin des soucis et de la guerre. C'est ce qu'il aurait fait, si ça n'avait pas été équivalent à signer l'arrêt de mort de ses parents. Mais il ne le lui dit pas. Et lorsqu'il vit le visage de la brune s'émerveiller de gratitude, il s'en félicita.

Alors, doucement, elle s'approcha de lui et captura ses lèvres avec une infinie douceur. Il n'était pas habitué à ce genre de baiser. Il n'était pas habitué à ce que ce soit elle qui l'embrasse. Il fut momentanément désarçonné par ce contact si pur et si tendre. Puis il fit glisser sa main dans la chevelure tout emmêlée d'Hermione et l'attira vers lui pour un baiser bien plus passionné.

Elle ne s'était toujours pas habillée…

XXX

Lundi 20 Juin 1999 - Milieu de matinée - Ministère de la Magie, Bureau des Aurors.

« Malefoy ! » rugit la voix de Rogers dans son dos, tandis qu'il remontait le couloirs en direction du bureau de celui-ci.

« Chef » le salua-t-il poliment lorsque l'homme arriva à son niveau, rouge de colère. « Un souci ? »

Rogers l'observa longuement, les sourcils froncés par la concentration, avant d'acquiescer d'une signe de tête discret. Puis il lui fit signe de le suivre et repartit en sens inverse. Curieux, Drago l'accompagna jusqu'au... bureau de Harry. Le blond haussa un sourcil, sans pour autant faire le moindre commentaire. La seconde suivante, son ami et colocataire les faisait rapidement entrer dans la pièce.

Avant même qu'il n'ait pu ouvrir la bouche pour saluer son ami, et pour lui faire part de son étonnement de retrouver l'endroit tel qu'il avait toujours été, les deux hommes pointaient leurs baguettes magiques sur lui d'un air menaçant.

« Où nous sommes-nous rencontré pour la toute première fois ? » demanda brusquement le brun.

« Mais qu'est-ce que tu... » commença-t-il, mais Harry s'avança d'un pas et lui enfonça le bout de sa baguette magique dans la joue.

« Réponds-moi ! » insista-t-il, visiblement à bout de nerfs. « Où nous sommes-nous renc... »

« Dans la boutique de Mme Guipure ! » capitula Drago, agacé. « Sur le Chemin de Traverse, la veille de notre toute première rentrée à Poudlard. Tu faisais tes achats avec Hagrid. »

Le brun baissa enfin sa baguette, tout en soupirant de soulagement, puis se tourna vers leur supérieur.

« C'est bien lui, aucun doute » lui affirma-t-il.

« Vous en êtes sûr ? » interrogea Rogers d'un air suspicieux, sa baguette toujours pointée sur le blond. « N'importe qui pourrait savoir que... »

« Non » le coupa Harry. « Tout le monde pense que nous nous sommes rencontrés à Poudlard, lorsqu'il a insulté Ron devant toute notre promotion avant de me proposer son amitié. »

« Euh, au cas où vous l'auriez oublié, je suis toujours là... » rappela Drago, qui se sentait de plus en plus confus. « Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il se passe, ou bien est-ce que je dois aussi vous raconter comment j'ai perdu ma virginité ? »

Harry esquissa un semblant de sourire, qu'il ravala dès qu'il aperçut le regard sévère de leur patron. De son côté, le blond ne s'en émoustilla pas plus que ça. Ils venaient de le menacer avec leurs baguettes, semblaient douter de son identité, et ne lui donnaient aucune raison valable à cet accueil des plus charmants. Il pouvait bien se permettre une mauvaise plaisanterie, peu importait ce qu'en pensait son supérieur.

« Nous avons un espion au sein du bureau » lui annonça Rogers au bout de quelques secondes, tout en baissant finalement sa baguette.

« Et vous pensez que quelqu'un utilise du polynectar pour prendre l'apparence d'un employé » déduisit Drago, ce qu'ils confirmèrent d'un simple hochement de tête. « Comment le savez-vous ? »

Harry poussa un profond soupir tout en se massant l'arrête du nez par dessous ses lunettes.

« La semaine dernière, nous avons appréhendé un suspect potentiel... » commença-t-il d'un air las. « Quelqu'un que nous soupçonnions d'avoir participé à la dernière… mauvaise plaisanterie dont nous avons été victimes. » Il contourna son bureau, fouilla dans une pile de parchemin qui se trouvaient là, en extirpa celui qu'il cherchait, et le lui tendit. « Jackson Martin. Tu ne te souviens peut-être pas de lui, mais il était... »

« Avec moi à Serpentard » termina Drago à sa place en découvrant une photo de son ancien camarade. « Il a deux ans de plus que nous, et il n'a jamais prit part à la guerre. Je ne sais pas ce qu'il a fait en quittant Poudlard… »

« Il s'est enfui » lui apprit Rogers, d'un air légèrement écoeuré. « Il a quitté le pays avec ses parents lorsque le retour de Voldemort a été officialisé. »

Pas besoin d'user de Légilimencie sur son patron pour comprendre qu'il n'approuvait absolument pas ce genre de comportement. Le blond se retint cependant de tout commentaire et les laissa poursuivre.

« Je disais donc » reprit Harry d'une voix toujours aussi lasse. « Nous avions retrouvé sa piste grâce au témoignage d'un moldu sans domicile fixe qui avait dormi près de l'entrée des visiteurs, la nuit où le bureau d'Aldrik a été incendié, et avait surpris deux hommes louches sortir précipitamment de la cabine téléphonique. Enfin, bref. Nous l'avons arrêté et mit en détention provisoire le temps de l'interroger. Il nous a d'ailleurs appris pas mal de choses intéressantes… »

« Potter ! » l'avertit Rogers, et les deux jeunes apprentis se tournèrent vivement vers lui.

« Chef... » commença Harry, visiblement agacé. « Il ne nous servira à rien si nous ne lui donnons pas toutes les informations en notre possession ! »

Ils échangèrent un regard assassin, et leur supérieur finit par baisser les armes.

« Très bien Potter » lança-t-il furieusement tout en se dirigeant vers la porte. « Je vous laisse vous en charger. Mais je vous préviens, je vous considère responsable de Malefoy. S'il fait le moindre faux pas, s'il se passe quoi que ce soit qui n'aurait pas dû se produire, ou si l'affaire vient à s'ébruiter... »

« Vous m'en tiendrai rigueur, c'est compris, Chef » lui assura le brun avec force et conviction.

L'homme hocha la tête d'un air entendu, avant de quitter le bureau d'un pas furibond. La porte trembla longtemps encore après qu'il l'eut claquée derrière lui.

« Il ne me fait pas confiance » affirma Drago, légèrement vexé.

« C'est une tête de con ! » cracha Harry, ce qui fit sursauter son ami. « Désolé. C'est un très bon Auror, mais un Chef pitoyable. »

Le blond hocha lentement la tête. Il n'avait pas encore eu l'occasion de se faire son propre avis sur les capacités de son nouveau supérieur. Mais il savait très bien à quel point Harry avait du mal à le supporter. Combien de fois le brun était-il rentré au Square en pestant contre Rogers pour x ou y raison ? Le Chef du Bureau des Aurors n'appréciait que très peu l'Élu, et lui menait la vie dure pour la simple raison qu'il s'appelait Harry Potter, et qu'il était donc forcément arrivé parmi les meilleurs de son année pour la seule et unique raison qu'il avait Vaincu. Tout du moins, c'est ce qu'en pensait Rogers. Et Harry avait beau tenter de faire ses preuves par tous les moyens, son supérieur ne pouvait s'empêcher de le considérer comme un vulgaire pistonné.

« Allez, maintenant qu'il est parti, raconte-moi tout » lui proposa Drago tout en prenant place sur son fauteuil habituel.

Le brun s'assit également à son bureau, posa les coudes sur la planche en chêne et se prit la tête à deux mains.

« Martin nous as avoué qu'il n'était qu'un simple exécutant » lâcha-t-il finalement, après un soupir théâtral. « Il faisait parti d'un groupe de protestants dont l'objectif était de mettre la pression au Ministre afin qu'il finisse par avouer publiquement tous les Secrets de la Guerre. »

Le blond hocha la tête, pas vraiment surpris.

« Ce qui veut dire qu'ils ont un chef » conclut-il. « Quelqu'un qui leur donne des ordres. »

« Exactement » confirma le brun. « Mais il n'avait aucune idée de son identité. Il recevait ses ordres par le biais de Gallions ensorcelés. »

Cette information tomba comme une enclume sur l'estomac de Drago. Ainsi, les techniques de communication qu'employaient l'Armée de Dumbledore, en cinquième année, avaient été divulguées à d'autres personnes. Par qui ? Comment ? Pourquoi ? Et surtout, à qui ? Harry lui avait parlé des Gallions ensorcelés à l'époque où ils enquêtaient sur le sortilège d'ancrage. Et encore, uniquement après que le blond lui ait sauvé la vie, lors de l'interrogatoire de Goyle. Une fois qu'il avait eut parfaitement confiance en lui. Il imaginait très mal les membres de l'AD fournir une telle information à une personne indigne de confiance.

Donc. Soit leur ennemi était une personne de confiance qui les avait trahi, soit cette personne avait obtenu cette information en manipulant un membre de l'AD.

En espérant que ce n'ait été que de la manipulation…

« Est-ce que tu en as parlé à Hermione ? » demanda-t-il soudain.

Harry ferma fort les paupières, comme s'il avait redouté cette question.

« A ton avis ? » finit-il par soupirer. « Comment crois-tu qu'elle réagira quand elle apprendra qu'un groupe de Protestants utilisent ses idées à des fins illégales ? »

« Elle pétera un cable... » commença-t-il.

« Non » le coupa Harry. « Elle culpabilisera. En ce moment, elle a bien plus tendance à s'inquiéter et à culpabiliser qu'à réellement péter les plombs. »

Du point de vue du blond, ça restait discutable. Avec lui, elle perdait souvent les pédales. Néanmoins, il se n'en fit pas la réflection.

« Et donc, » reprit-il au bout d'un certain temps. « Quel est le rapport avec le Polynectar et l'éventuel espion ? »

De nouveau, le brun poussa un profond soupir.

« Martin s'est échappé » lui annonça-t-il, et Drago ne put s'empêcher de sursauter légèrement sous la surprise. « Cette nuit. On a retrouvé des traces de polynectar dans sa cellule. Quelqu'un a forcément dû l'aider, puisqu'il avait été fouillé à son arrivé en détention. Et nous ignorons si le polynectar n'a servi qu'à le dissimuler lui ou... »

« Ou si celui qui l'a aidé en utilise également » fini le blond à sa place.

Harry acquiesça, et le silence tomba entre eux.

Drago n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ça du tout. Il se leva et se mit à arpenter la pièce de long en large, une main derrière son dos, l'autre pinçant son menton d'un air songeur.

Soudain, son regard se posa sur une feuille de parchemin égarée dans un coin de la pièce, coincée sous le pied du sofa qui longeait la porte d'entrée du bureau. Il se figea, victime d'un flashback désagréable. Des images de son cauchemar de la nuit virent flotter devant ses yeux l'espace d'un instant, et la bile lui monta à la gorge.

« Drago ? » s'inquiéta Harry. « Est-ce que tout va bien ? »

« Hermione... » souffla-t-il simplement, le coeur au bord des lèvres.

Le brun fronça les sourcils, et Drago lui expliqua le contenu de son rêve.

« Ecoute... » enchaîna-t-il sérieusement, une fois son récit terminé. « Je sais que Rogers ne croit pas une seconde à cette possibilité. Mais j'ai un mauvais pressentiment. Vraiment. » Harry hochait la tête, pensif. « Mon cauchemar… La loutre… C'est le patronus d'Hermione ! »

« Bah, oui ! » s'exclama le brun, comme si c'était une évidence. « C'est un jeu de mot avec notre nom de famille... »

« Sauf que je n'en avais aucune idée jusqu'à ce matin ! » s'exclama Drago. « Ça ne m'était jamais passé par l'esprit. En tout cas, pas consciemment. » Il se remit à faire les cent pas, cherchant comment convaincre son ami de la véracité de ses propos. « Ecoute, je sais que tu ne crois pas vraiment en l'art Divinatoire mais... »

« Alors là, je t'arrête tout de suite ! » l'interrompit Harry. « Je te rappelle que le Professeur Trelawney a fait une prophétie qui concernait Tom Jedusor et qui a plus ou moins dicté les dix-huit premières années de ma vie. Alors, si. Je crois à l'art Divinatoire, même si je pense que c'est une magie qu'il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup !, de précaution. »

Ils échangèrent un regard lourd de sens, et le blond finit par hocher la tête.

« J'ai poursuivis la Divination, après les BUSEs. » annonça-t-il alors. « J'ai étudié le sens des rêves. Je suis certain que c'est un moyen qu'a utilisé mon subconscient pour me mettre en garde. » Il inspira profondément. « Ta soeur est en danger, Harry. J'en suis plus que persuadé. Cette photo, sur la dépouille de la loutre de mon cauchemar. Elle n'existe pas. Et elle m'a fait comprendre ce que voulait dire cette partie de la menace qui n'avait aucun sens… "L'infidélité est soeur de Trahison"... Hermione a trahi Ron, en cou… en se rapprochant de moi. »

Il se mordit l'intérieur de la joue, fort, espérant de pas s'être trahi auprès de son ami. Ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion d'en discuter, avec Hermione, et il ne savait pas si la jeune fille se sentait prête à avouer l'ampleur de leur relation à son frère. Dans le doute, il préférait ne rien dire.

Malheureusement pour lui, Harry avait l'ouïe fine.

« Hermione a trahi Ron en cou… quoi ? » demanda-t-il, un sourire vicieux sur son visage.

Et là, Drago comprit. La lueure malicieuse qui brillait dans les yeux vers du Survivant ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose.

« Tu nous as entendu, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, anxieux.

« La prochaine fois, tu penseras à jeter un sort d'insonorisation à la pièce » acquiesça le brun sans se défaire de son sourire.

Drago en aurait presque hurler de frustration.

« Et ? » demanda-t-il enfin, son angoisse ne l'ayant toujours pas quitté.

« Qu'est-ce que tu attends de moi, au juste ? » lui demanda Harry. « Ma bénédiction ? Tu sais très bien ce que j'en pense. Je ne vous ai pas jeté dans les bras l'un de l'autre pour vous mettre des bâtons dans les roue maintenant... »

Le blond en soupira de soulagement.

« Cependant ! » s'exclama son ami, ce qui fit automatiquement renaître son anxiété. « Si tu t'avises de la faire souffrir... »

Drago leva les yeux au ciel.

« Par pitié, Potter ! » lâcha-t-il, à la fois amusé et exaspéré. « Ne me sors pas le discours menaçant du frère surprotecteur. Tu sais parfaitement que je ne ferais rien qui puisse lui faire du mal » affirma-t-il le plus sérieusement du monde. « Elle en a déjà assez bavé comme ça. »

Harry hocha lentement la tête, tout en s'enfonçant dans son fauteuil.

« Je ne vais pas te mentir… Je ne m'y attendais pas vraiment » finit-il par avouer. « Enfin, pas au début. C'est ta mère qui m'en a parlé la première. Après cette première soirée chez elle, avec Hermione. Elle l'avait senti. Elle était même prête à parier 500 Gallions que vous finiriez ensemble avant la fin de l'été. Avec le recul, heureusement que je n'ai pas parié... »

Drago en était bouche bée. Ainsi, sa mère avait tout compris dès le premier jour ? Il fit marcher sa mémoire, tentant de se souvenir de la relation qu'il entretenait avec Hermione à ce moment là. Il ne lui fallut pas longtemps pour se souvenir de la complicité qui existait déjà, à l'époque. La jeune fille ne s'était réveillée depuis longtemps, mais il passait déjà ses nuits avec elle. Et ce fut ce soir là qu'il l'embrassa pour la première fois, après être rentrés au Square…

« J'ai eu peur, au début » poursuivit Harry. « Je n'avais pas peur que tu la fasse souffrir, pas consciemment en tout cas. J'avais surtout peur d'elle, de la façon dont elle vivrait cette éventuelle relation. Sa culpabilité, tout ça. J'ai pensé venir t'en parler, puis lui en parler à elle. Et j'ai finalement décidé de laisser faire les choses, tout en gardant une oeil sur vous. Mais, j'avoue avoir été légèrement surpris, la nuit dernière. Je ne m'attendais pas à ça. » Il rougit. « Enfin, je veux dire. Je ne pensais pas que vous en étiez déjà là... »

« Ok, stop ! » le coupa Drago. « Je t'arrête là. Je ne tiens pas à avoir ce genre de discussion avec toi. J'ai eu droit à mon lot d'avertissements et de conversation gênante, entre mon père, Severus, et même ma mère… Je crois avoir fait le tour de la question. »

Ils éclatèrent de rire, ce qui sembla effacer la légère tension qui régnait jusque là.

« Les choses ont un peu… échappées à notre contrôle » avoua le blond. « Ta soeur a souvent paniqué, ce qui n'a pas facilité notre relation. Ou, plutôt, si, en fait. Ça l'a facilité, parce que j'ai dû m'ouvrir et me confier à elle pour la rassurer. » Il réfléchit quelques secondes. « Et puis, après, c'est moi qui ait paniqué. Comme un imbécile. J'ai failli tout faire foirer. J'ai failli lui faire du mal. J'avais tellement peur de la faire souffrir, encore, que j'ai bien manqué d'y parvenir involontairement. Hier… » Il se tut, un peu gêné d'avoir ce genre de conversation avec le frère d'Hermione. « Hier, j'ai pris conscience de ce que je ressentais pour elle. »

Là, le silence qui s'installa fut lourd, pesant. Chargé de mots qu'aucun d'eux n'osait prononcer.

Finalement, Drago plongea son regard droit dans celui de son ami.

« Je suis amoureux d'Hermione » finit-il par lui avouer. Il ne savait pas trop pourquoi il le faisait, mais il sentait que c'était la bonne chose à faire. Un peu comme il l'aurait fait pour rassurer James Potter, s'il avait été encore en vie. En vie et inquiet pour sa fille. Harry était le seul parent qu'il restait à Hermione. Il lui devait au moins le respect d'être franc et honnête avec lui. Non seulement pour ça, mais aussi en l'honneur de leur amitié. « Je suis amoureux d'elle, et ça me fait peur. Ça me fait peur parce que je crois que je n'ai jamais ressenti ça, et je ne sais absolument pas comment agir. C'est nouveau, pour moi. Pour elle aussi, en quelque sorte. Alors... » Il déglutit difficilement. « Alors peut-être que je ferais des erreurs. C'est même presque certain. Mais jamais je ne pourrais lui faire du mal en toute connaissance de cause. »

Il se sentit mieux, après cette confession. Comme soulagé d'un poid.

« J'ai confiance en toi, Drago » lui assura Harry, et ce fut à cet instant précis que Drago comprit qu'il attendait effectivement sa bénédiction. Non pas qu'elle lui était nécessaire - maintenant qu'il avait prit conscience de ses sentiments pour la brune, il ne pouvait plus faire machine arrière - mais elle lui était au moins bénéfique. Il n'aurait pas à se battre contre Harry, ni à faire ses preuves. Et surtout, il n'aurait pas à vivre avec l'impression d'avoir trahi son ami.

Le silence qui suivit fut apaisant. Presque relaxant. Le blond prit quelques minutes pour faire le point sur les révélations de ce début de matinée. Un détail lui revint alors en mémoire, et une idée brillante lui vint à l'esprit.

« Au fait ! » lança-t-il soudain. Le brun redressa la tête du parchemin qu'il était en train d'étudier pour l'interroger du regard. « Ce matin, Hermione m'a avoué qu'elle désirait partir à la recherche des Granger. » Il fut étonné de constater que cette nouvelle ne surprenait pas le frère de la brune. « Elle comptait sur nous, mais vu ce qui se passe en ce moment… Du coup, je lui ai proposé de faire ses recherches avec Ginny. » Dans sa poche, il croisa les doigts pour que cette proposition ne soit pas mal accueillie par Harry, mais le jeune homme se contenta simplement de hausser un sourcil, l'invitant à poursuivre. « Je me suis dit… enfin, avec ce qui s'est passé entre Ginny et toi ces derniers temps, et ce qui vient juste de se produire entre Hermione et moi… Enfin… J'ai pensé qu'elles apprécieraient de faire une petite virée entre fille. » Le visage du brun se tordit dans un rictus moqueur, et le blond leva les yeux au ciel. « Bon, ok, en réalité, ça ne m'enchante pas vraiment de savoir qu'elles vont parler de ça. Mais Hermione semblait vraiment enchantée à l'idée de passer du temps avec sa meilleure amie. Et puis, Ginny est capable de prendre soin d'elle, si jamais elles rencontraient une quelconque difficulté. »

« C'était une bonne idée » approuva enfin Harry. « Tu sais quand elles comptent partir ? »

« Absolument pas » ce qui était la pure vérité. « Hermione devait lui écrire dans la matinée et me tenir informé de ce ta copine lui répondrait. Mais... » il hésita. « Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je crois qu'elles devraient se mettre en route le plus vite possible. » Harry fronça les sourcils. « Au moins, elles seraient loin de toute l'agitation qui court ici en ce moment. »

Et du danger qu'Hermione court, pensa-t-il. Et bien qu'il n'eût pas prononcé cette pensée à voix haute, le brun l'avait parfaitement compris.

« Alors occupons-nous de ça tout de suite ! » lança-t-il avec un faux enthousiasme.

Drago n'était pas plus enchanté que lui à l'idée d'envoyer les deux jeunes filles au loin aussi rapidement. Mais il l'était encore moins de savoir qu'Hermione courrait un éventuel danger à rester ici, le moral dans les chaussettes et une épée de Damoclès au dessus de sa tête.

« Et que fait-on concernant l'espion ? » demanda-t-il soudain.

« J ? » proposa Harry, et le blond hocha la tête.

John. Son indic. L'ombre de son ombre.

Il allait devoir passer faire un tour dans l'Allée des Embrumes.

XXX

Lundi 20 Juin 1999 - Fin de soirée - Allée des Embrumes

Drago fit retomber le capuchon de sa cape de sorcier sur son visage pour protéger son anonymat, bien que la nuit noire lui accordait suffisamment de discrétion. Dans les ruelles sombres de l'Allée des Embrumes, il n'était jamais trop prudent. C'était une règle de survie. Une règle de base. Un principe fondamental.

Remontant rapidement la rue principale du quartier malfamé, il tenait fermement sa baguette le long de son poignet, prêt à s'en servir en cas de danger. L'oreille aux aguets, les yeux à l'affût du moindre mouvement, il tourna à gauche, puis à droite, fit le tour du bâtiment en face de lui, avant de revenir sur ses pas. Une fois certain que personne ne le suivait, il s'engouffra dans une petite boutique sans enseigne et s'empressa de refermer la porte derrière lui.

L'échoppe, assez modeste, était plongée dans le noir. À l'aide d'un Lumos qu'il maintint le plus faiblement possible, il éclaira son chemin au travers des étalages de produits divers et variés. Il passa négligemment devant les têtes réduites profondément ensommeillées, puis devant le présentoir à baguettes magiques bon marché, et dont il ne doutait pas de l'illégalité de leur vente dan cet endroit.

Il finit sa course entre l'étagère à potion, dont la plupart des fioles contenaient des poisons aux multiples effets, et le bac à sabot de licorne, dont la vente était totalement interdite depuis plusieures décennies.

Maintenant qu'il était officiellement un apprenti Auror, tout ces détails le mettaient quelque peu mal à l'aise. Si quelqu'un le voyait ici...

Prudemment, il se pencha et, à l'aide d'un sort informulé, il fit apparaître sur le plancher la trappe qu'il cherchait. Il l'ouvrit et s'engouffra dans la cave du magasin.

Sur la table située en face de l'échelle, une centaine de bougie éclairaient la pièce et rechauffaient les murs de pierres humides. Au centre de la cave, une autre table faisait office de plan de travail, et un énorme chaudron y était posé, dégageant des effluves écoeurante qui offrirent à Drago une subite envie de vomir. Un autre sort informulé plus tard, une bulle d'oxygène entourait des voix respiratoires et lui assurait une première protection contre les effets néfastes de ce qu'il devons être du poison.

Juste à côté de la table, à même le sol, un jeune garçon d'une quinzaine d'années se tenait accroupi et observait tout un tas de parchemins disposés là, les sourcils froncés par la concentration, un pot de plantes dans chaque main, hésitant visiblement sur l'ingrédient qu'il devait ajouter à sa mixture. Ses longs cheveux bruns encerclaient son visage d'enfant, dont les pommettes étaient encore gonflées, malgré la maigreur du reste de son corps.

« Je te conseil l'asphodèle... » lança subitement Drago, dont la voix claqua comme un fouet, ce qui fit sursauter l'adolescent. « A moins que tu ne tienne à faire exploser ta boutique avec tes pousses d'orties. C'est toi qui voit. »

Il ne put retenir son sourire en voyant l'air à la fois ébahi et frustré du jeunot. Néanmoins, le garçon reprit rapidement contenance et se redressa d'un bond, reposant brusquement les bocaux de plantes sur le plan de travail avant de se frotter les mains sur son jean délavé. Puis il se tourna vers le blond. Malgré leur différence d'âge, l'adolescent était tout aussi grand que l'adulte, même s'il ne faisait aucun doute qu'il manquait cruellement d'une bonne vingtaine de kilos pour être en parfaite santé physique. Son corps semblait bien trop grand pour lui, et ses gestes en étaient maladroits et hésitants.

Lentement, il s'inclina en une petite révérence.

« Monsieur D » le salua-t-il poliment. « C'est un plaisir de vous accueillir ici... »

« Garde tes politesses pour tes autres clients, John » le coupa sèchement Drago. « Je ne suis pas l'un de ces sorciers pompeux et arrogants. Comment vas-tu ? Tu as encore grandi, depuis la dernière fois... »

Le brun lui sourit avec reconnaissance, avant d'accepter la main que lui tendait chaleureusement le blond. Après une brève accolade, l'adolescent se remit rapidement à tourner autour de son chaudron.

« Je ne rentre plus dans mes t-shirts » finit-il par avouer, tout en ajoutant trois feuilles d'asphodèle dans sa mixture. Le liquide bouillonna quelques secondes, avant de prendre une jolie teinte rose. « Que me vaut l'honneur de ta visite ? Tu viens voir si j'utilise ton argent à bon escient ? »

« Je me fiche bien de ce que tu fais de mon argent, J » lâcha le blond tout en levant les yeux au ciel. « Bien qu'il serait bon de t'acheter quelques vêtements, et un peu de nourriture saine aussi, éventuellement. »

Parce qu'en effet, John portait un vieux t-shirt taché et troué, trop petit pour lui d'au moins deux tailles. Quant à son jean… il était ajusté à son tour de hanche, mais lui arrivait à la moitié des mollets lorsqu'il se tenait debout. Drago pinça les lèvres devant ce spectacle affligeant, et l'adolescent lui sourit, des étoiles dans les yeux.

« Qu'importe mes vêtements » lança-t-il joyeusement. « Je ne reçois jamais de visite et il y a des choses bien plus intéressante à acquérir que de simple morceaux de tissus… »

« Oui, comme de la nourriture… » gronda le blond. « Tu sais, ces choses délicieuses que l'on cuisine, ou que l'on commande toutes faites, et qu'on ingurgite pour survivre et garder un poids correcte… Bien que dans ton cas, quelques kilos supplémentaires ne ferait pas de mal à tes muscles... »

« C'est bon ? » demanda John d'un air amusé. « Tu as finis les préliminaires ? On peut passer aux choses sérieuses ? » Il souriait toujours comme un dément. « Viens voir ma dernière invention ! »

Il s'en alla rapidement, faisant tomber sur son passage trois bocaux en verre aux contenus douteux, et guida Drago jusque dans une deuxième cave, aménagée en petit salon confortable.

L'apprenti Auror n'avait jamais réellement apprécier rendre visite à son indic. L'adolescent vivait dans une cave, bon sang ! Il ne voyait jamais la lumière du jour, et une odeur de moisissure semblait imprégner les murs. Ce n'était pas un endroit sain. Pas pour un gamin de quinze ans. Même dans sa situation… Mais John ne voulait rien entendre. Et même si Drago ne manquait jamais de lancer quelques sortilège d'entretien à ce logement d'infortune, et même s'il gonflait toujours un peu plus la bourse qu'il laissait sur son passage, même s'il faisait sans cesse quelques allusions sur la possibilité de loger lui-même le garçon, John campait sur ses positions et ne cessait de lui répéter qu'il se sentait très bien "chez lui" …

« Regarde ! Regarde ça, Drago ! » l'adolescent jubilait, lui désignant de son long doigt squelettique une cage à lapin.

Perplexe, le blond s'approcha et l'observa glisser une petite boîte en bois tout au fond de la cage. Lorsque le lapin s'en approcha, les narines en l'air, une fumée opaque s'en échappa, stupéfixiant l'animal. Drago haussa les sourcils.

« Un nuage Stupéfix ? » demanda-t-il, s'assurant d'un nouvel informulé que sa bulle d'oxygène ne l'abandonnerait pas.

« Exactement ! » se réjouit le garçon tout en tapant des mains. « J'ai mit des semaines à le mettre au point, et ça y est ! Il est prêt ! » Il fronça néanmoins les sourcils, visiblement frustré. « Quoique je n'ai pas encore trouvé le moyen de garder la victime dans son état une fois le nuage évaporé. Mais tant que mon lapin respire la fumée, il est to-ta-le-ment immobilisé. Génial, non ? »

« Hin hin » marmonna le blond, réellement impressionné. « Tu compte le faire breveté ? »

« Et puis quoi encore ? » s'exclama John. « Tu tiens à ce que je perde mon anonymat ? J'aime ma tranquillité, Drago. Je ne veux pas qu'on vienne me chercher des noises… Non, non, non ! »

Maladroitement, il contourna la cage à lapin pour se jeter dans le canapé. La seconde suivante, il se mettait à rouler une cigarette, ajoutant à son tabac quelques herbes "thérapeutiques". Le blond ferma les yeux.

« Alors, D » lança l'adolescent tout en léchant la feuille de son joint. « Que me vaut ta venue ? Je suppose que si tu t'es déplacé en personne, ce n'est pas pour venir prendre des nouvelles de mes dernières inventions. » Il se saisit d'une bougie dégoulinante de cire brûlante et s'en servit pour allumer son pet. Il recracha un épais nuage de fumée opaque, toussant ses poumons par la même occasion. « C'est quoi cette fois ? La journaliste, ou le bureau de ton nouveau collègue ? Hmm ? »

Drago ne fut même pas étonné de découvrir que son indic était déjà au courant de son nouveau travail.

« A moins que ce ne soit au sujet des parents adoptifs de ta nouvelle copine ? » lâcha John, un sourire vicieux aux lèvres, ce qui stupéfia le blond. « Ou bien de cette inconnue qui fait amie-amie avec Molly Weasley depuis l'enterrement de ce pauvre Ronald... »

« Attends ! » le coupa Drago. « Mais de quoi est-ce que tu parles ?! »

John afficha un sourire machiavélique, tout en l'invitant à s'asseoir prêt de lui.

« Tu en veux ? » demanda-t-il en lui présentant son joint. Drago refusa d'un signe de tête impatient.

« Parle, John ! » le pressa-t-il. « Tu es au courant de bien trop de choses à mon goût, et je n'aime pas ça. »

L'adolescent éclata de rire.

« Très bien, très bien ! » accepta-t-il. Il tira deux bouffées de son joint avant de se tourner vers lui, un air de conspiration au visage. « Ton pote Potty est passé me voir après l'enterrement de Weasley. Il y avait croisé une nana inconnue au bataillon. Plutôt mignonne, soit dit en passant. Il m'a demandé d'enquêter sur elle... »

Drago se souvenait effectivement de cette histoire, mais il pensait qu'Harry avait laissé tombé, puisque lui-même avait demandé à John d'enquêter sur cette Sami Skeeter…

« Et donc ? » demanda-t-il au bout d'un certain temps de silence.

« Et donc, » reprit John. « J'ai mené ma petite enquête sur cette nana. Elle s'appelle Alice Dupont. Elle a 21 ans et est une née-Moldue de nationalité Française. Mais surtout... » Il fit une pause théâtral, prenant le temps de tirer une nouvelle bouffée de son joint. « C'était la petite-amie de ce pauvre Ronald Weasley. »

L'information lui fit l'effet d'un coup de poing en plein plexus solaire. Ronald Weasley avait eue une petite amie ? Quand ? Où ? Comment ? Et surtout, pourquoi n'en avait-il parlé à personne ? Il n'en avait même pas fait mention dans ses lettres d'adieu ! Ni celle à sa mère, ni celle à Harry. Et encore moins dans celle d'Hermione…

Hermione ! Comment réagira-t-elle à cette annonce ? Elle qui avait tant aimé le rouquin ? Elle qui s'était sentie tellement mal, tellement coupable de se rapprocher du pire ennemi de son tout premier amour… Se sentirait-elle trahie ? Ou bien verrait-elle là un signe qu'elle avait bel et bien raison d'aller de l'avant ? Il n'en savait rien, et, en toute honnêteté, ça lui foutait la trouille.

« Tu en a parlé à quelqu'un d'autre ? » demanda-t-il, la voix blanche de toute émotion. « Tu en as déjà parlé à Harry ? »

« Non » lui assura l'adolescent. « Je n'en ai pas encore eu l'occasion. En revanche, ce que je peux te dire, c'est que Mademoiselle Dupont s'est présentée à Molly Weasley il y a environ un mois de ça. Et depuis, elles se rencontrent une fois par semaine pour prendre un thé chez Florian Fortarôme. »

« C'est compréhensible » hocha-t-il de la tête. « Cette fille doit vouloir faire son deuil en continuant d'apprendre à mieux le connaître au travers de ses souvenirs d'enfance. Quant à Molly, elle voit probablement en elle un moyen de savoir tout ce qui est arrivé à son fils quand il est parti... » Il se releva du canapé et se mit à faire les cent pas dans la pièce. « Je serai moi-même curieux de rencontrer cette jeune fille. Tu dis qu'elles se rencontre une fois par semaine ? Quel jour ? »

« Jamais le même... » marmonna John d'une voix pâteuse. « Mais la prochaine fois, je t'enverrai un hibou... »

« Non, c'est trop risqué » refusa Drago. « Je te rappelle que je suis apprenti Auror, maintenant. Si quelqu'un vient à apprendre que j'ai des contacts avec toi… Je ne donne pas cher de ma peau… Ni de ma carrière... »

L'adolescent dodelina de la tête, complètement défoncé. Le blond reprit sa place à ses côtés sur le canapé et lui mit une petite gifle sur la joue.

« Hey ! » s'exclama John, d'une voix toujours aussi pâteuse.

« Reste lucide encore quelques minutes, John ! » le rabroua Drago tout en lui arrachant son joint des mains. Le garçon tenta de récupérer son bien, mais ses geste maladroits étaient rendus bien trop lents par les effets des herbes, et il finit par abandonner tout en marmonnant des paroles incompréhensibles. « Tu as des infos sur les parents d'Hermione ? » demanda alors le blond.

« 'Sais pas ! » lâcha l'adolescent. « P'têt bien... »

« JOHN ! » hurla alors Drago, à bout de patience.

Le garçon sursauta, tout ses sens en alerte.

« Ok, ok... » il tenta de se lever, mais retomba mollement dans les coussins du canapé. « Tu peux m'passer ça, steuplé ? » demanda-t-il à Drago en lui désignant un pichet d'eau posé sur la table.

Le blond le lui tendit, et John se mit à y boire comme un assoiffé. La seconde suivante, son visage devenait pensif, rêveur. Encore une seconde plus tard, un long frisson lui parcourut l'échine et ses yeux retrouvèrent toute leur espièglerie.

« Ah, mec... » il grimaça. « Franchement, quand tu vois que je commence à fumer, pose toutes tes questions ou laisse moi me défoncer tranquil... » il s'arrêta de lui même en apercevant le regard assassin du plus âgé. « Ok, d'accord. Bon. Les parents de ta petite amie ? Ils sont à Hamilton, en Nouvelle-Zélande. Ils ont adopté un orphelin du pays, mais j'crois bien que c'en est un de notre guerre à nous, si tu vois c'que j'veux dire... »

Ainsi, les parents d'Hermione avaient adopté un nouvel enfant ? Ces gens avaient vraiment le cœur sur la main, aucun doute possible. Et, en plus, un enfant sorcier ?

« Tu es sûr de toi ? » insista-t-il.

« Ouaip' ! » confirma John tout en se levant avec énergie. « Ils se nomment Aiden et Emily Thorne, et leur fils s'appelle Daniel. Elle devrait pouvoir les retrouver facilement avec ça. »

« Et comment se fait-il que tu ais déjà toutes ces informations avant même que je ne te les ai demandées ? » interrogea Drago, méfiant.

« Parce que c'est mon boulot » lança joyeusement l'adolescent. « Tout savoir sur tout et deviner à l'avance ce que tu vas me demander... »

« Mouais » acquiesça le blond. « Dans ce cas, tu sais déjà qui a vandalisé le bureau de Potter et où je peux le trouver ? »

« Malheureusement, non » grimaça John. « Ce que je sais, en revanche, c'est que l'apothicaire du coin a récemment vendu une très grande quantité de polynectar à un type, inconnu, jamais vu dans le coin. »

« Donc, tu n'as rien... » accusa Drago.

« J'ai l'apothicaire, c'est déjà pas mal... » sourit l'adolescent. « Au moins, tu as une piste. »

Et tandis qu'il reprenait son joint et tirait une très grosse bouffée, Drago se leva et quitta la pièce comme si de rien n'était.

Oui. Il avait une piste, et c'était déjà pas mal.

Au passage, il fit tomber une grosse bourse pleine d'argent, moldu et sorcier. Un de ces jours, il faudrait vraiment qu'il ensorcelle cet argent pour obliger John à le dépenser convenablement.

Un de ces jours…


Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous aura plut. Je suis plutôt contente de savoir que mon Lemon a été assez bien reçu, la dernière fois. J'en remettrai peut-être un autre avant la fin de l'histoire, on verra. En tout cas, j'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de la réaction d'Hermione. Et de tout le reste. Ce début d'enquête... Je vous l'ai dit, maintenant, on va être un peu plus fixé sur l'enquête... Ca va devenir... différent.
Enfin bref, je m'arrête là ! Je vous dit à très bientôt, je l'espère. Dès que possible, promit. Je ne vous oublie pas !
Dabisous !
Yumi Kate