Chapitre 26: L'ordre chronologique
Gibbs sentait que la douleur de sa cuisse se rappelait à son bon souvenir. Ce fût pourquoi, il accueillit avec soulagement l'infirmière qui entra dans sa chambre peu de temps après le départ de Jenny. Si la jeune femme fut surprise par la présence de Jervis, elle n'en laissa rien paraître et d'un ton professionnel, elle assura à l'agent du NCIS que le chirurgien qui l'avait opéré passerait le voir en fin de matinée pour voir l'évolution de sa plaie. Elle lui demanda s'il n'avait besoin de rien et l'ancien marine répondit séchèrent que pour le moment son traitement anti-douleur était tout ce qui l' intéressait.
« Il vous faudra certainement de l'aide pour réaliser vos soins d'hygiène. » Lui répondit fermement l'infirmière qui ne se laissa pas impressionner par le regard quasi mortel qu'il lui accorda. « Vous devrez attendre qu'une aide soignante se libère pour qu'elle puisse vous aider... »
« Je me débrouillerais tout seul » l'interrompit Gibbs alors que l'agent du FBI se demandait s'il n'aurait pas du sortir de la chambre pour ne pas être témoin de cet étrange duel.
« Pas si vous tenez à récupérer entièrement l'usage de votre jambe! » Lui répliqua la jeune femme. « Sans oublier les autres blessures qui n'arrangent pas votre capacité à vous mouvoir seul. »
« Vous exagérez, mademoiselle. Je ne suis pas en si mauvais état que cela! » S'énerva Gibbs en tentant de se redresser pour lui démontrer qu'il pouvait... En fait non, elle avait entièrement raison: il était incapable de faire un mouvement sans que son corps ne lui envoie des signaux de détresse. « Cela peut certainement attendre que j'en ai fini avec mon visiteur? »
« Certainement. » conclu la jeune femme en lui tendant les comprimés qui le soulageraient. « Essayez cependant de ne pas trop vous fatigué. »
Sur ces bonnes paroles, elle sortit accordant un regard sévère aux deux hommes qui acquiescèrent d'une légère inclinaison de la tête. Jervis qui avait cédé la place près du lit à la jeune femme pour qu'elle puisse accéder au mieux aux machines de surveillance, reprit place sur la chaise en essayant de garder pour lui l'amusement qui étirait ses lèvres. Le regard bleu métallique qu'il croisa en se tournant vers Gibbs lui glaça un instant le sang avant qu'il ne réponde en se retenant de rire.
« Promit, Agent Gibbs, mon rapport ne fera aucun commentaire sur ce petit intermède. »
« Je l'espère bien! » Marmonna Gibbs d'une voix menaçante et où perçait une pointe d'amusement. « Dans votre intérêt! A qui comptez vous transmettre un rapport? »
« A ma hiérarchie, bien entendu. » répondit sans hésitation Jervis avec un sourire. « Nous avons tous les deux décidés de confronter ce que nous savons des événements pour découvrir si un détail n'avait pas échappé aux tête pensantes de cet organisation, pouvant ainsi mettre en péril nos collègues. »
Gibbs hocha la tête montrant son accord et laissa Jervis reprendre les explications. Si l'agent du FBI pensait qu'il y avait plusieurs cerveaux derrière la conception de ce plan abracadabrant, il n'allait pas le détromper. Pas tout de suite en tout cas, il fallait qu'il soit certain de la confiance qu'il pouvait accorder à Jervis
« J'avoue que pour ma part, je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds quand Fornell m'a appelé pour me dire qu'il était mis à pied. Avec Austin, nous étions venu le chercher à l'hôpital pour le conduire avec une suspecte dans vos locaux, mais il n'avait rien expliqué. Austin, lui en savait plus mais ne semblait pas décidé à en parler. Sur le moment j'étais un peu curieux mais une fois de retour au bureau la routine à reprit son cour même si le comportement de mon jeune collègue était un peu inhabituel. »
« Comment cela ? » questionna Gibbs qui voulait se faire une idée plus précise du caractère de l'agent Austin.
« Calme, concentré. Un brin nerveux peut être. Austin en générale est un fanfaron qui ne passe pas inaperçu! Il a une grande gueule et ne l'ouvre rarement à un moment opportun. »
« Me rappelle un peu quelq'un. » Marmonna Gibbs en souriant.
« L'agent David a eut la même réflexion après que nous ayons été chargé de sa surveillance... »
« Surveillance? » S'inquiéta Gibbs.
« Ah » soupira l'agent Jervis. « Après les évènements du parc, l'agent David à été placé sous surveillance car nous ne voulions pas que vous puissiez la contacter sans que nous en soyons avertit. »
Gibbs se rappela que Ducky lui avait parlé de cela la veille au soir. Si le FBI avait pris en charge Ziva, qui s'était occupé de McGee? Il avait aussi remarqué la manière dont l'agent du FBI avait prononcé le « nous » avec une certaine condescendance qui ne pouvait être attaché qu'à la seule représentante directe des hautes autorités qui eut été présente dans le parc, autrement dit Jenny.
« Et l'agent McGee ? »
« Agent Gibbs, on ne va pas s'en sortit si vous ne me laisser pas vous relater les événements dans leur ordre chronologique! » Crut bon de faire remarquer Jervis en se pinçant l'arête du nez.
« L'agent McGee. » répéta fermement Gibbs en serrant les poings sur les draps. Jervis réalisa que l'ancien marine n'abandonnerait pas le sujet tant qu'il ne lui aurait pas fournit de réponse satisfaisante.
« Votre agent à été sommé de regagner le bureau sous la surveillance de ses collègues. D'après ce que j'ai crut comprendre votre directrice avait prévu pour lui tout un tas d'analyse de donnée et de fichiers en retard qui allait le confiner pour des mois dans le sous sol de vos locaux. »
Soulagé, Gibbs sentit l'étau qui s'était resserrer sur sa poitrine disparaître alors que ses poings se détendaient. Il ferma les yeux un court instant.
« Vous ne devriez pas vous inquiéter pour son geste. Personne sur les lieux hormis ceux à qui il était destiné, n'en connaissait la signification. De plus disons pour faire simple qu'il a été le plus rapide de nous deux. » continua Jervis avec détermination ce qui fit rouvrir les paupières à l'ancien marine.
Gibbs aurait bien insisté pour obtenir plus de détail mais d'un geste de la main, l'agent du FBI y mit un holà et reprit son récit là ou il avait été interrompu quelques minutes plutôt.
« Bref, nous attendions avec impatience des nouvelles de notre chef. Fornell nous a d'abord demandé de nous renseigner sur un certain Valdwiller. Comme cela semblait plus qu'urgent, nous n'avons pas traîné pour réunir tout ce que nous avions sur cet homme. Nous avons fait vite mais aucun de nous ne s'attendait à ce que Fornell me téléphone dans l'instant qui suivit pour me dire qu'il était mis à pied. Il m'a juste précisé qu'Austin était dans un sale bourbier et que j'allais rapidement devoir décidé si je devais le couvrir ou le dénoncer. J'avoue que cette annonce m'a sur le moment déstabiliser. Quand le directeur est intervenu à son tour, pour nous expliquer le but de notre enquête, mettre fin aux agissements d'une organisation terroriste, je me suis demandé ce que mon partenaire pouvait bien avoir à faire là-dedans! Et pourquoi Fornell avait été mis à pied? »
« Des questions auxquelles vous avez trouvé des réponses vous permettant de faire votre choix. » Intervint Gibbs qui souhaitait que l'agent du FBI lui donne un maximum de renseignement
« Évidemment, même si dans un premier temps j'ai du me fier à mon intuition plus qu'aux preuves qui avaient tendance à s'accumuler contre les décisions que pouvaient avoir pris Fornell et qui me poussait à croire qu'il était possible que mon partenaire ne travaille pas uniquement pour le gouvernement. » Répondit sans hésiter Jervis en hochant la tête avant de reprendre son récit là ou il avait été interrompu. « Comme nous avions eut un contact récent avec notre chef, le directeur une fois tenu informé de ce que nous avait demandé Fornell, a décidé de nous envoyer enquêter sur Valdwiller à son domicile et à son cabinet. C'est comme cela que nous nous sommes retrouvé face à vos agents. »
« Je croyais que seul Austin était intervenue chez Valdwiller? »
« Oui je me suis contenter de faire le guet dans la voiture. » Admit Jervis avec une expression satisfaite qui laissa Gibbs dubitatif. « Austin insistait pour que je le laisse agir seul, mais comme ce n'était absolument pas dans nos habitudes, je rechignais à le laisser partir. Il m'a menacer. »
« Pardon? »
« Avec son arme. Il l'a pointé sur moi, visiblement navré de devoir en arriver là, mais sans la moindre hésitation. » sourit Jervis. « C'est là que j'ai posé mon propre ultimatum. Si j'acceptais de le laisser rejoindre seul vos agents, il devait me promettre de me fournir des explications sinon il pouvait tirer je ne céderais pas. J'ai crut un court instant qu'il allait m'assommer. Je ne l'avais jamais vu aussi furieux. Mais il a accepté le marché et je l'ai regardé s'éloigner vers l'immeuble de Valdwiller. Quand il est revenu, j'ai bien remarqué que ce qui était arrivé dans le cabinet du psychiatre, l'avait perturbé. Austin n'en a rien laisser paraître devant vos agents mais quand nous les avons quitté, il semblait fébrile et hagard. Sans que je ne lui demande il m'a raconté. »
Jervis marqua une pause pendant laquelle il sembla se replonger dans la scène de la confession de son partenaire. Gibbs le laissa dans ses pensées tout en observant les traits du visages de son interlocuteur se tendre et ses poings se serrer sur ses cuisses. L'ancien marine respecta le silence de l'agent du FBI. Il ignorait tout de ce qu'avait pu révéler Austin mais il se doutait que cela devait avoir un rapport avec le troisième jeu.
Gibbs avec l'aide des membres de l'équipe avait réussi à comprendre ce qui s'était passée au pensionnat et dans le deuxième, mais il n'avait pratiquement aucune information sur le troisième jeu. Celui qui avait eut lieu à l'université. Celui où Brad et Tony s'était retrouvé. Celui où il se doutait qu'encore une fois la Justice n'avait pas été ce que l'on attendait d'elle.
Gibbs aurait voulu obtenir les détails de cet événement, il n'aimait qu'un pan du passé désastreux de Tony lui reste caché, mais il savait que Jervis par respect pour Austin ne lui dévoilerai rien. Il n'insista pas. Quand il aurait retrouvé DiNozzo, il lui tirait les vers du nez. Il pouvait attendre de se retrouver face à Tony. Il préférait même entendre ce récit de la bouche de son agent. Gibbs croyait que s'il arrivait à ce que Tony se confie de lui même, il aurait ainsi la confirmation que l'italien lui faisait réellement confiance.
« Et quand il a eut fini, j'ai ... Jamais, malgré le côté sordide des affaires que nous avons l'habitude de traiter au sein du FBI, je n'ai eut autant envie d'éliminer le responsable des atrocités qu'Austin venaient de me confier. »
« C'est la raison pour laquelle vous disiez que McGee avait été le plus rapide? » Questionna Gibbs.
Jervis hocha la tête en fermant les yeux. Il reprit le temps de respirer profondément plusieurs fois avant de plonger son regard dans celui de Gibbs. Il était décidé à expliquer à l'agent du NCIS qu'il ne lui donnerait aucun détail sur le troisième jeu. Il fut cependant surpris de voir le calme et l'impassibilité de son interlocuteur. Encore plus qu'en Gibbs se fendit d'un sourire et qu'il résuma de son propre chef les évènements à partir desquels l'agent du FBI avait stoppé. Jervis en fût soulagé et écouta avec attention.
« Des que McGee et Ziva nous ont rejoint nous avons cherché à établir des liens entres les différents protagonistes et Tony ce qui s'est avéré assez facile vu les documents qu'ils avaient rassemblé chez Valdwiller. Remonté la trace jusqu'à Karson ne se servant des archives des enquêtes que Tony avait mené en tant que policier, s'est avéré assez simple pour un informaticien du niveau de McGee. »
Gibbs reprenait ce qu'il avait dit dans la déposition enregistré. Il ne comptait pas faire allusion à Peter. Même si Jervis devait se douter que « la main gauche » leur avait fournit un coup de main pour analyser les données, il ne voulait pas lui en apporter la confirmation. Pas par manque de confiance, mais pour ne pas mettre l'agent fédérale dans une situation embarrassante s'il venait à être interroger sur cet entretien par ses collègues ou sa hiérarchie.
« Après cette mise au point, Austin et moi avons regagné le bureau où nous avons fait notre rapport avant d'être envoyé devant votre domicile pour y faire le guet. » Termina Jervis dans un soupir las.
« Ah! » S'exclama Gibbs comprenant soudainement pourquoi Fornell semblait aussi confiant en arrivant dans son garage. Il devait savoir qu'il pouvait faire confiance aux hommes détaché par le FBI pour surveiller sa maison. Et puis s'il se souvenait bien, Austin avait envoyé un message à Ziva lui demandant de dire à Gibbs de descendre. Ne désirant pas fournir plus d'explication il enchaîna avec quelques mots accusant sa cuisse de le faire souffrir.
« La suite, vous la connaissez tout autant que moi... » reprit Jervis.
« Oui. Il n'était pas plus de 7 heure du matin quand vous avez débarqué manu militari à mon domicile. »
Si Gibbs s'était attendu à voir débouler chez lui une équipe du NCIS avec Jenny à leur tête, bien décidé à reprendre les rennes de l'enquête et à les faire tous rentrer dans le rang, il n'avait pas prévue qu'elle le ferait avec la grosse artillerie et qu'elle autoriserait les agents qui l'accompagnaient à utiliser tous les moyens à leur disposition pour neutraliser les membres de son équipe.
Elle avait agit comme si elle s'était attendu à une résistance de leur part. Mais les intentions de Gibbs et des autres, même si elles n'étaient pas de se rendre aux conditions imposées par la jeune femme, n'étaient pas de se livrer à une bataille rangé dans son salon.
Heureusement, Peter était reparti des les premières lueurs de l'aube après que Tony et lui aient longuement discuté entre deux états de somnolence de la part du brun. Au début, Ducky et Gibbs s'étaient inquiété, mais les deux DiNozzo les avaient rassuré en leur assurant que cet étrange processus était normal. C'est ainsi qu'il avaient mis au point leur plan pour la suite des opérations et chacun avait dû revoir les différents actes de sa participation avec les deux hommes et ce jusqu'à ce qu'ils soient satisfait de leur prestation.
Au matin, Tony qui avait fini par reprendre connaissance, avait tenté de prévenir Gibbs, un peu tardivement, de cette éventuelle intervention musclée mais l'ancien marine n'avait pas eut le temps de lui répondre que déjà sa porte volait en éclat pour laisser entrer un groups d'agent lourdement armé et décidé à les maîtriser.
Quand figé par la rapidité de l'intervention et par le brouhaha des exclamations de la procédure, telles « haut les mains! », « Lâchez votre arme, madame! », « Allongez vous sur le sol, face contre terre les mains sur la tête », Gibbs et les siens avaient fini par obtempérer, il remarqua l'air satisfait de Jenny. Elle semblait ravie d'avoir pu leur mettre la main dessus, rapidement et sans bavure pour ainsi reprendre la direction des opérations. Elle allait être déçue.
« Bien, je ne crois pas que vous soyez en position pour nous imposer quoi que ce soit. » Commença Jenny en faisant quelques pas entre les corps allongés de ses agents. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le FBI, leur impartialité dans cette affaire sera le garant pour notre agence que nous ne vous traitons pas avec un régime de faveur inapproprié. »
Gibbs maintenue à terre par un agent du NCIS se déhancha pour la suivre du regard alors qu'elle se plantait devant Tony avec un sourire vainqueur. Gibbs lui aurait bien dit sa façon de penser avec colère, devant le mépris et la satisfaction qu'elle affichait de voir l'italien entièrement sous son contrôle mais Tony fut plus rapide et malgré l'état de faiblesse où il se trouvait, malgré la position inconfortable dans laquelle il se trouvait avec l'homme du FBI qui le maintenait au sol, le mot qu'il prononça suffit à rassurer ses coéquipiers et à déstabiliser la jeune femme qui recula d'un pas ne comprenant pas sur le coup ce que voulait dire l'italien.
« Rouge. » Marmonna Tony en souriant.
« Quoi, Agent Dinozzo? » Voulu savoir la directrice tout en faisant signe à ses hommes de relever tous le monde.
« Tu crois que c'est le moment pour ce genre d'activité d'adolescent attardé, Tony! » S'impatienta Ziva sans arriver à cacher totalement l'amusement et le soulagement qui faisait briller des petites étincelles dorées dans ses yeux.
Abby pouffa doucement de rire alors que Ducky se raclait la gorge, hésitant entre fou rire et gê avait gardé les yeux baissé alors que ses joues s'empourpraient. Il sembla que même l'agent du FBI qui maîtrisait Tony manquait de s'étouffer de rire si un de ses collègues ne lui avait pas tapé sur le haut du crâne avec un mouvement si souple que Gibbs sentit l'habitude derrière la désinvolture du geste. Gibbs fronça les sourcils. Il venait d'apercevoir une étrange cicatrice dans le cou du jeune agent fédérale et il se souvenait parfaitement de la description sommaire que lui avait fait Ziva de l'agent Austin!
Voyant qu'elle n'arriverait rien à obtenir d'eux, Madame le directeur se tourna vers Gibbs qui se contenta de hausser les épaules avec un sourire satisfait.
«Aucun de vous ne semble se rendre compte de la situation dans laquelle nous sommes ! » S'énerva plus qu'elle ne l'aurait voulu Jenny. Elle voulait garder son calme et agir avec professionnalisme mais leur attitude la mettait hors d'elle. « Vous êtes tous soupçonner de fautes grave et de manquement à votre engagement envers notre agence. »
« Nous n'accusons personne pour le moment. » Rectifia l'agent du FBI plus âgé en aidant l'agent Austin à relever Tony, pendant que les autres faisaient de même avec le restant des membres de l'équipe. « Nous avons pour objectif de découvrir si la menace d'une explosion terroriste dans un des parcs de la capitale est réelle. »
« Parfaitement réelle, Agent...? » Répondit Gibbs en se massant les poignets que son collègue du NCIS venait de relâcher avec une petite moue d'excuse.
« Jervis. Agent Fédéral Norman Jervis. Et voici l'agent Thomas Austin. Nous avons été détaché auprès du NCIS pour vous aider dans cette enquête. Et nous aimerions que vous coopériez en nous révélant tout ce que vous avez découvert à propos de cette bombe. »
« Pas de souci. »
« Quoi? » S'étonna Jenny en se pointant devant lui les mains sur les hanches visiblement décontenancée par sa réponse. « Tu comptes suivre nos ordres sans rechigner? »
« C'est bien ce que tu souhaites, une coopération totale entre les agences pour en terminer au plus vite et avec les meilleurs résultats possible, non? Cela devrait te satisfaire de voir que nous sommes du même avis que toi? »
« Je te connais assez pour savoir que tu te laisses bien trop facilement faire pour ne pas avoir une idée tordue derrière la tête. »
Gibbs se mordit la lèvre inférieure. Pas parce que Jenny avait vu juste, ce qu'elle crut comprendre en voyant cette moue ennuyée sur son visage. Non mais bien parce que Tony avait prévu sa réaction à elle. De manière si précise que Gibbs avait dû se retenir de sourire devant la scène que lui faisait la jeune femme, exactement comme Tony la lui avait décrite quelques instants plutôt.
Il soupira s'attirant un regard aiguisé de la part de Jenny. Depuis qu'il avait dormit, après la dernière intervention de Daniel, Tony était différent. Gibbs n'arrivait pas vraiment à mettre le doigt sur ce qui le dérangeait mais il sentait qu'il y avait quelque chose d'étrange, non d'étranger par moment dans le comportement de son agent.
« Que mijotes-tu, Jethro? » Le tira de ses réflexions la voix de Jenny. Un nouveau soupir, lui ne mijotait rien par contre les évènements semblaient suivre le cour que Tony avait choisit pour eux. Avec une précision quasi miraculeuse. Il lança un rapide coup d'oeil à l'italien qui tout comme le reste de l'équipe, suivait avec attention leur conversation.
« Rien, en dehors du fait que si tu comptais nous mettre sur la touche, une fois que nous t'aurions donnée les informations sur le lieu où doit exploser la bombe, tu te trompes! » Répondit Gibbs.
« Et pourquoi devrais-je prendre le risque de vous laisser intervenir quitte à vous voir faire de nouveau cavalier seul? »
« Tu n'as pas le choix. Il se trouve que le poseur de bombe s'attend à voir arriver Tony. Si tu envoies n'importe qui d'autre et qu'il se doute de quelque chose, il n'hésitera pas. Il fera exploser la bombe. »
« Comment peux tu en être aussi certain? » Balbutia Jenny en reculant d'un pas et en palissant.
« Parce que comme l'infirmière que nous avons arrêter ce matin, il n'est qu'un pion dormant agissant pour le compte d'un malade. Il a dû être programmer pour attendre Tony. Si il ne le voit pas il fera sauter la bombe. »
« Comment connaît-il votre agent? » S'étonna l'agent Austin. Gibbs ne sentit aucune hésitation dans sa voix. Rien ne prouvait qu'il connaissait Tony, ni même qu'il s'inquiétait pour le brun. Pourtant Gibbs avait l'impression que l'état de santé de Tony préoccupait vraiment l'agent du FBI. Il s'aperçut alors que le plus jeune soutenait comme il pouvait Tony pour lui permettre de se tenir droit. C'était imperceptible à qui n'y prêtait pas attention mais sans l'aide d'Austin, Tony se serait certainement écroulé.
« Parce que Tony l'a arrêté il y a quelques années » intervint McGee en voyant que Gibbs était concentré sur quelque chose qui l'inquiétait.
Abby et Ziva vinrent l'aider en révélant ce qu'elles savaient de l'enquête sur Karson. Ils eurent le temps de faire un résumé complet avant que Gibbs ne sorte de ses sombres pensée. Tony n'était pas encore remis et la journée qui s'annonçait ne lui permettrait certainement pas de se reposer suffisamment pour favoriser sa guérison.
« Bien, puisque je n'ai pas le choix, je vais m'arranger pour que l'opération se passe avec un minimum de risque. Vous serez séparé et je vais assigner à chacun de vous une « nounou » digne de ses capacités! »
« Pardon! » S'exclama avec véhémence Ziva à qui l'idée d'avoir quelqu'un qui regarderait par dessus son épaule ne plaisait absolument pas. Sa réaction avait été on ne peu plus naturelle et ce malgré le fait qu'elle savait, tout comme les autres, que la directrice allait en arriver à cette conclusion.
« Parfaitement, agent David. Vous serez en équipe avec L'agent Jervis! McGee vous serez avec l'agent Austin. DiNozzo bien que l'idée de vous refiler à la CIA, m'ait effleuré l'esprit, je vais vous garder encore un temps avec nous et vous mettre sous la surveillance d'une équipe du NCIS... »
« Wahou! Une équipe entière rien que pour moi? » S'exclama Tony avec un sourire. « C'est trop d'honneur, madame le directeur! »
Jenny ne prêta aucune attention aux élucubrations de Tony et continua sa répartition. Abby et Ducky étaient priés de regagner leur laboratoire respectif et d'y rester jusqu'à nouvel ordre. Quand à Gibbs, elle s'accordait de le garder à l'oeil.
« Excusez moi... » Intervint l'agent Jervis.
« Quelque chose ne vous plaît pas, Agent Jervis? » S'inquiéta Jenny.
« Non, hormis un détail pour le transport, nous préférions garder un oeil sur l'agent DiNozzo. Nous ne mettons pas en doute votre intégrité mais vous feriez preuve de bonne foie, en nous le confiant pour le transport. »
« Entendu. » concéda la jeune femme à regret mais ne pouvant objecter sans risquer que cela ne paraisse suspect.
Gibbs ne quittait plus Tony des yeux. La pâleur et l'épuisement de son agent lui était insupportable. Il savait que les deux agents du FBI, le ménagerait autant que possible, mais cela serait il suffisant.
Il n'eut pas le temps de s'en préoccuper davantage car Jenny donnait le signal de départ.
« Madame le directeur! » L'invectiva Tony avec un sourire charmeur alors qu'il passait par l'ouverture béante de la porte d'entrée de Gibbs. « Le tailleur n'était peut être pas de mise pour une opération comme celle-ci. »
Jenny fronça les sourcils se demandant où il voulait en venir quand l'allusion qu'il avait fait quelques instants plutôt à quelque chose de rouge, la fit fulminer et lui courir après. Elle revint dans la maison bredouille, les agents du FBI avaient déjà embarqué Tony. Gibbs lui accorda un sourire mais se garda bien de faire un quelconque commentaire; tout comme les autres qui riaient tous sous cape. Jenny d'un geste nerveux lissa sa jupe et rajusta sa veste en leur ordonnant de regagner les différents véhicules.
Tony s'en tirait bien. Il les savait tous inquiet à son sujet. A sa manière, il tentait de leur dire que tout allait bien.
A suivre...
